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And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down.

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Nom et Prénom : Stephen Nott
Activité: 3ème année de droit à l'UMS
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Préfet de Serpentard • Langue de Plomb • Maraudeur
Stephen Liam Nott
MessageSujet: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Dim 6 Nov - 0:16


Gabriel Ecklin
UMS 2ème Année




Je venais de terminer un cours sur la politique Moldu et je me dirigeais vers le Scitis. Fastidieux mais fascinant ce cours. La deuxième année de Magie Avancé était assez indigeste. Mais je devais bien faire avec, les Gardiens du Secret étaient bien peu nombreux pour lâcher l'affaire. Et tout ceux qui étudiaient dans ce sens étaient assez choyés par les professeurs, il fallait le dire. On avait des devoirs plus souples et des possibilités de les rendre plus large. J'avais donc un planning qui n'était pas non plus insoutenable, ce qui me permettais de passer du temps au QG des Insurgés et de bosser leurs stratégies. Mais aussi de retrouver régulièrement ma sœur Lena, qui était arrivé à l'U.M.S cette année en septembre.

J'étais ravi de la retrouver. J'avais passé un an un peu loin d'elle. Moi à l'U.M.S, elle à Poudlard. Et je ne l'avais vu que durant les vacances, et sur quelques week end au Pré-Au-Lard quand je pouvais me libérer pour les voir, elle et Jena, qui nous rejoindrai sans doute l'année prochaine à son tour. Lena était ma petite protégée. Je devais l'avouer. Elle était arrivé chez nous alors que j'avais tout juste 8 ans, j'avais déjà Jen qui avait 6 ans. J'étais déjà un grand frère, je n'avais donc pas eu de mal à m'approprier ce rôle avec elle aussi à l'époque.

Je me souviens encore des nuits passées dans sa chambre, réveillé par ses hurlements en pleine nuit, lors de cauchemars. Où elle revivait sans doute l'accident et la mort tragique de ses parents. Je me souviens de sa petite voix, encore timide et apeurée, qui me demandait de rester près d'elle. Les premières fois elle demandait, et rapidement elle n'avait plus eu besoin de le faire, je restais à ses côtés, pour qu'elle se rendorme. C'était devenu une habitude, une routine. Quelque chose de normal pour moi, pour elle. Un repère. Il n'y avait eu que mon départ qui avait changé nos habitudes. Je ne savais pas vraiment comment elle avait franchit ce cap, celui de mon départ. Moi je ne l'avais pas vraiment bien vécu. J'avais eu l'impression de l'abandonner. Tout comme l'année dernière quand j'étais arrivée ici.

Mais Lena s'en sortait bien. C'était quelqu'un de fort. Une fille remarquable. J'étais fière d'elle, de son évolution. Mes parents aussi. Je faisais attention à ce qu'il ne lui manque jamais rien. Même à distance je lui faisais savoir que j'étais là pour elle. Un hibou, une discussion par Poudre de Cheminette.

J'étais justement en train de la rejoindre. Tous les vendredi c'était notre point de rencontre : la Bibliothèque. On filait souvent manger ensemble après ça et se balader dans le labyrinthe jusqu'à Stonehenge pour "fêter" la fin des cours et le week end. On rattrapait un peu le temps perdu. Elle était en droit, ça ne m'étonnait pas plus que ça. Elle avait un goût pour la justice prononcé, et son don était très efficace. Trop efficace. J'avais parfois l'impression d'être un vrai livre ouvert pour elle, ce qui me mettait mal à l'aise. Il n'y avait qu'avec elle où je me sentais vraiment moi même, ayant l'impression d'être incapable de lui mentir.

Pourtant il y avait bien une chose que je ne voulais pas qu'elle sache. C'était mon recrutement chez les Insurgés. Je ne voulais pas qu'elle le sache, pour ne pas l'inquiéter. Pour ne pas la motiver à venir. Car j'étais sûr qu'elle serait capable de s'enrôler pour la justice et permettre aux créatures magiques de ne pas perdre leur liberté. Elle était comme ça Lena, toujours prête à aider les gens dans l'injustice. Mais elle était trop jeune, c'était mon rôle de la protéger. Plus tard peut-être ? Et je n'avais qu'une angoisse maintenant qu'elle était si près du QG, c'était que quelqu'un la contacte, pour son don... Il fallait que je la préserve de ça. Que je reste vigilant.

Je poussais les portes de l'immense bibliothèque au plafond sans fin menant droit vers des nuages magiques, et j regardais autour de moi quand je l’aperçus. Un sourire foudroya mon visage. Elle finissait de remplir un parchemin. J'arrivais à sa hauteur et déposais un baiser sur son front, la faisant sursauter.

"Il parait qu'il y a des mini chaudron au chocolat ce soir au réfectoire ! C'est pas tes préférés ? Ils sont plus meilleurs qu'à Poudlard tu vas voir !"

C'était toujours un régal de lui présenter les nouveauté de l'université que je connaissais depuis plus d'un an maintenant. J'aimais lui faire visiter les lieux, lui donner les bons plans pour passer au self rapidement, les nouveautés gustatives, les astuces pour trouver les amphithéâtres, les raccourcis. L’initier aux environs de l'école. Très différents de Poudlard. Comme nos longues balades sur la plage le soir tombé. Il n'y avait plus de couvre feu à l'U.M.S, comme il pouvait y en avoir à l'école de sorcellerie. C'était un changement : passer du statut d'élèves surveillés par des Préfets (que nous avons été tous deux) et étudiant avec des libertés.

"Tu as fini de réviser madame la juge ?!"


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Nom et Prénom : Lena Standford
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Lena Standford
MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Dim 6 Nov - 10:46
A new beginning
Gabriel Ecklin & Lena Standford

Gabriel a émis l’idée d’une colocation. Shani m’a dit qu’elle cherchait un appartement plus grand pour elle et une amie. L’équation est toute trouvée. Je me suis réjouie au début d’avoir Gabriel rien que pour moi. La première fois qu’on vivait ensemble, rien que tous les deux. Mais je ne sais pas ce que je me suis imaginée. Que j’arriverai à surmonter ça ? Qu’il finirait par m’aimer ? Je ne sais pas, mais le fait est que nous ne pouvons plus rester seuls ensemble, j’ai décidé de tourner la page, et je suis en plus avec quelqu’un, même si c’est encore nouveau. C’est donc naturellement que j’ai proposé à Shani de visiter l’appartement, pour qu’elle voie si ça lui conviendrait. Avoir quelqu’un me permettrait de ne pas trop me languir quand Gabriel sera en stage et de ne pas me faire d’illusion quand il sera là, ce qui me permettrait de me concentrer sur Amadeus. Pour Shani et son amie, nous serons à jamais « le frère et la sœur », sans aucun autre avenir possible.

Elle doit passer ce soir, après les cours. C’est pour ça que je regarde nerveusement le sablier. Il est écoulé depuis longtemps mais le professeur ne s’arrête pas. Tout le monde s’agite sur sa chaise, certains ont même déjà rangé leur parchemin. Il faut toujours que ce soit quand on a quelque chose de prévu qu’il se lance dans sa litanie sans fin. Quand il s’arrête enfin, je range précipitamment mes affaires dans mon sac et pour une fois, je suis l’une des premières à partir. Je suis coupée dans mon élan, saisie par une main et attirée contre un torse et contre des lèvres que je commence à connaître. Je souris en embrassant Amadeus. Il n’est pas souvent sur le campus, et j’apprécie passer du temps avec lui quand il est là. C’est aussi une de mes motivations pour ne pas passer trop de temps à la maison. Je lui explique en riant que je ne peux pas rester, que je dois rentrer pour cause de visite à une future colocataire potentielle, en oubliant de préciser « avec mon frère ». Je ris, chatouillée par ses baisers, mais je me sépare de lui. Je quitte le bâtiment en trottinant presque pour regagner l’appartement.

Je grimpe les escaliers quatre à quatre et ouvre la porte, pour me trouver nez à nez avec Shani et Gabriel. Je suis un peu surprise de les voir plantés là devant la porte. Je laisse tomber mon sac en refermant derrière moi, avec l'impression d'avoir interrompu quelque chose.

« Salut Shani, Gabriel ne t’as pas encore fait visiter l’appartement ? »

Je lui donne un coup d’épaule, à Gabriel, j’aurais imaginé qu’il lui aurait fait le tour du propriétaire. Puis j’entraine Shani dans l’appartement. Bon, le salon et la cuisine, elle connait, c’est visible. Puis la salle de bain.

« Bon, une seule douche pour quatre personnes, va falloir la jouer serrée. Gabriel est le pire ! »

J’adresse un clin d’œil à Gabriel. Je ne l’ai pas beaucoup vu ces derniers temps. Entre l’université, les leçons de Samuel, les cours avec Miss Hakar et Amadeus, je suis particulièrement occupée.

« Ici tu as la chambre de monsieur, là, la mienne et tu pourras choisir entre ces deux-là… »

Je lui montre les deux pièces suivantes, chichement meublées, mais accueillantes. Ça me fait un peu bizarre maintenant, comme lors de mon arrivée à Poudlard.

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Dernière édition par Lena Standford le Dim 11 Déc - 15:48, édité 1 fois
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Stephen Liam Nott
MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Dim 6 Nov - 16:08


Gabriel Ecklin
UMS 2ème Année




Je souriais. Lena devait redécouvrir tout un autre monde. L'université n'avait rien avoir avec Poudlard, et j'aimais voir ses yeux émerveillés à chaque nouvelles découvertes. Comme depuis qu'elle avait 7 ans. C'était un spectacle attendrissant dont je ne me lassais pas. Elle était ce petit moment de normalité dans ce monde spectaculaire. Ma bulle d'oxygène.

Ma famille l'avait adopté sous conseil du directeur de l'orphelinat, Mr Wool, un né-moldu qui avait vu le potentiel magique de Lena avant même qu'il ne se manifeste vraiment chez elle. Mes parents ne souhaitaient pas vraiment avoir de 3ème enfant. Mais quand on était allé voir Lena, ce fut le coup de cœur pour ma mère. Elle avait été envahie à l'époque d'un profond désir maternel pour cette petite fille. Quand on rentrait à la maison, sans elle, c'était un déchirement pour ma mère. Mes parents avaient lancé rapidement la procédure d'adoption et avec Jena on se faisait déjà à l'idée d'avoir une nouvelle sœur, plus de bêtises à faire avec elle. On avait préparé sa chambre. Un cocon pour elle, pour l'accueillir sereinement, tendrement. Je me souviens encore des détails de la décoration. C'était doux. Comme elle. Papa était enthousiaste , mais il était le plus modéré de tous. Nous disant que ça ne serait pas facile pour elle, et donc pour nous. Qu'elle avait déjà 7 ans et toute une histoire derrière elle, une lourde histoire. Qu'elle ne connaissait pas le monde des sorciers et qu'il faudrait y aller en douceur avec elle.

On avait tous été très patient, la faisant rentrer dans notre monde petit à petit. Et assez rapidement quand même, elle découvrit la magie, qui faisait partie inhérente de la famille, dans tout notre quotidien. Au début, les parents n'utilisaient pas trop de sorts "violents" pour elle. Par exemple, mon père, en rentrant du Ministère de la Magie, ne transplanait jamais dans la maison. Il le faisait devant la porte, et tapait avant d'entrer, comme des gens "normaux", des No-Maj, des moldus. On demandait à la famille de faire pareil quand ils venaient nous rendre visite et rencontrer Lena, et de ne pas utiliser la poudre de Cheminette aussi. Pour ne pas la brusquer.

Elle posait beaucoup de questions et je crois qu'elle en gardait aussi beaucoup pour elle. J'étais celui avec qui il y avait le plus d'accroche, avec une vrai relation de confiance. Déjà, parce que j'étais 2 ans plus grand que Jena, et qu'elle m'avait identifié comme ressource pour elle. J'étais plus grand, mais aussi qu'un enfant...et le contact passait parfois mieux qu'avec les parents, ces grands adultes qui étaient devenus son nouveau papa et sa nouvelle maman. Plutôt violent comme sentiment. Surtout après avoir subi les brimades à l'orphelinat. Ma mère avait essayé les premiers temps de la consoler lors de ses cauchemars, mais Lena n'était pas aussi rassurée que quand un copain/frère venait taper l'incruste dans son lit. C'était pas tellement que je trouvais les mots. Mais j'avais le chic pour être présent, sans être étouffant, sans lui demander des comptes comme pouvait faire ma mère quand elle la questionnait sur son cauchemars. Je me contentais d'être présent, de plaisanter, de jouer ou de lui lire une histoire, fredonner une chanson. J'étais pas là pour remuer le couteau dans la plaie.

Je la voyais encore un peu comme ça, quand je retrouvais ses étincelles de surprise et de découvertes dans ses yeux. Encore aujourd'hui. Comme maintenant, quand elle était persuadée qu'il n'y avait rien de meilleur que la nourriture de Poudlard. Et j'aimais être celui qui lui faisait découvrir ce monde, comme il y avait presque dix ans.

« Il me faudra encore plus de sept ans et venir à bout de ces parchemins avant d’être juge, ne t’emballe pas. »

"Je me fais pas de soucis pour ça. T'es du genre coriace dans les études ! Et pendant 4 ans je pourrais t'avoir à l’œil et te garder dans le droit chemin ! Je suis sûr que tu voudras faire pleine de conneries avant de te ranger derrière ton rôle de Juge !"

Je fis un clin d’œil pendant qu'elle rangeait ses livres en me souriant. J'imaginais, maintenant, ici, avec toutes ces libertés, qu'elle pouvait rencontrer ou tomber sur des fréquentations douteuses. Je n'étais pas, pour ainsi dire, rassuré. Surtout que l'université était moins "sûre" que Poudlard.

Dans les couloirs se trouvaient des Purificateurs par exemple. Si à Poudlard les jeunes étaient à peine majeur, ici, il y avait de tous les âges. De 17-18 ans à 26-30 ans, sans compter les professeurs, tous exotiques les uns que les autres. C'était vraiment un autre monde, plein de magies différentes. Des options plus importantes qu'à l'école. Ce n'était plus que de la théorie, c'était le début du vrai monde. Où on pouvait utiliser la magie en dehors de l'école. C'était nouveau.

Mais c'était grisant aussi et je savais que Lena allait se plaire dans ce nouveau chapitre de sa vie. Je devais donc être là, pour mettre un peu le holà. Elle n'était pas naïve, mais elle était tolérante et sans arrière pensées. Mais elle ne savait pas qu'il se tramait des choses, dans l'ombre. Avec ce Ministre de la Magie qui voulait réduire la liberté des créatures magiques. Un combat se préparait, et je ne voulais pas qu'elle en prenne partie. Pas alors qu'elle venait à peine d'être majeure et diplômée de Poudlard.

« Oh attends, il y a un point en sortilèges et enchantements que j’aurais voulu… »

"On est vendredi ! Pas de mais...pas d'excuse ! On file !"

J'attrapais ses épaules et je la dirigeais vers la sortie avec moi. Je n'étais pas en train de l'empêcher de faire ses devoirs. Je connaissais ma sœur, elle était sérieuse et studieuse, et je la laissais tranquille la semaine. Je voyais qu'elle bossait bien. Ce n'était pas comme si je l'empêchais de réussir, je savais ce que je faisais : je lui permettais de décrocher, d'avoir des moments de détente pour revenir plus sereine dans les études. Merlin, elle avait du passer sa 7ème année à bachoter sans moi à Poudlard...

J'entendais des filles gloussaient. Un simple regard me permis de voir qu'elles nous observaient. Je ne pouvais que leur offrir un grand sourire. Ça faisait un moment que je n'étais pas sorti moi, tiens...

« Elles sont folles de toi. Je suis sûre que si tu vas à la soirée des étudiants de médecine, elles vont se jeter à tes pieds. »

Je penchais alors ma tête vers Lena tout en continuant de marcher. Je levais un sourcil avant d'éclater d'un rire sincère et de continuais d'afficher un sourire.

"C'est vrai que l'année dernière, la soirée avait été sympa ! Faudra que tu viennes un de ces quatre à une soirée étudiante ! Mais fait gaffe aux boissons, ils ont la main lourde avec l'alcool !"

Je sentais Lena me forcer à m'arrêter. Rooh elle allait encore me dire qu'elle ne voulait pas trop sortir dans ce genre de soirée. Mais elle ne se tourna pas vers moi pour me parler. Elle regardait un groupe d'étudiant discutaient au dessus de ce qui semblait être un journal. Je fronçais les sourcils. Ils parlaient d'un sujet que je n'avais pas envie d'aborder avec elle.

Par Salazar ! Je sentis aussitôt les émotions de ma sœur m'envahir un peu. Enfin je ne savais pas si c'était ses émotions, ou celles de ceux qui lisaient le journal. Je ne pouvais pas le savoir vraiment, avec son don... C'était encore un peu nébuleux pour moi. Elle se serra près de moi. Ça arrivait de temps en temps, qu'à cause de la legilimencie, je sois, par ricoché, atteint. Elle me regardait, me demandant de sortir. Je sentais qu'il fallait agir et disparaitre d'ici.

Alors je refermais mes bras autour d'elle, une main dans son dos et l'autre sur sa tête que je posais contre ma poitrine. Je fermais les yeux et me concentrais sur le lieu à atteindre. Dedans ? Dehors ? Pourquoi pas dehors, il fallait changer d'air. On irait au restaurant universitaire tout à l'heure. Je transplanais vers la plage. Le bruit des vagues, le sable dans les pieds. C'était déstressant non ?

On atterrit dans un craquement sonore habituel à ce sort. Les pieds...dans l'eau. Oui je sais, c'était fait exprès pour, détendre l'atmosphère et changer rapidement de sujet. Cependant, je me devais de la rassurer et de l'amener ailleurs que ce qui se lisait sur le journal.

"Te tracasse pas pour ça. Il se passe plein de choses ici. Et avec toutes les formations...y'a des tensions, des rivalités entre cursus. C'est des choses qui arrivent. Certains prennent partis pour ci pour là. Je suis sûr que c'est pas aussi terrible que ce que les journaux racontent. Bien que..l'année dernière ça a du être difficile à Poudlard, avec tout...ces enlèvements. La mort de ce jeune étudiant, loup-garou. Grant, Carl Grant ?! Enfin... Mais ne t'en préoccupe pas, futur juge, tu auras le temps dans 8 ans de traiter ce genre d'affaires"

J'espérai qu'elle ne me questionne pas trop. Qu'elle n'utiliserait pas son don ou je ne sais quoi sur moi. Je savais qu'elle ne "regardait" pas dans ma tête. Car elle ne m'avait jamais parlé du QG des Insurgés ou tout autre réunion avec eux. J'aurai pu lui dire que c'était un groupe secret des futurs Gardiens du Secret. C'était ce que j'avais prévu si elle devenait trop indiscrète.

Je profitais d'embrasser une nouvelle fois son front, avant de me rendre compte que je l'avais encore dans mes bras. L'habitude de la garder un peu, pour qu'elle gère son mal-de-transplanage. Je la relâchais aussitôt et me penchais pour saisir de l'eau entre mes mains et lui envoyer dessus. Le regard brillant de malice.


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Nom et Prénom : Lena Standford
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Lena Standford
MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Dim 6 Nov - 21:25
And I’ll keep you around so I’ll know that I’ll never let you down.
Gabriel Ecklin & Lena Standford
Quatre ans… Quatre ans à vivre comme ça, ensemble, avec ce changement qui s’est opéré en moi je ne sais pas comment. Et lui qui veut me « garder à l’œil », comme une petite fille. Il y a cette part de moi qui sait bien que ce n’est pas normal de ressentir ce que je ressens. Mais d’un autre côté, il n’est techniquement pas « mon frère », ou seulement sur un bout de papier. Je n’arrive pas à croire que ce serait si mal… Je lève les yeux au ciel quand il évoque la possibilité que je fasse de conneries. La rebelle de la « famille », ce n’est pas moi, c’est Jena. Moi les seules choses contraires au règlement que j’ai pu faire, c’était lors de ma cinquième année… C’est une honte quand j’y pense, l’année où j’étais préfète, censée montrer l’exemple… Mais bon, ça fait partie des rares choses que je n’ai jamais avouées à Gabriel. Je sais ce qui lui fait peur. J’ai toujours été cadrée, à la maison ou à Poudlard, et ici… Ici c’est ce que certains étudiants nomment « la liberté ». Mais pour moi, ça reste une école.

Et en plus, ce genre de fête, comme celle des étudiants en médecine, ce n’est pas pour moi. Non, les fêtes où les gens se trémoussaient comme des débiles qui venaient de s’électrocuter ou qui se battaient avec du poil à gratter, ce n’est pas pour moi. Sans compter tous ceux qui viennent souffler leur haleine alcoolisée à la figure. J’ai déjà bu de l’alcool – une fois majeure, bien sûr – mais jamais au point d’être ivre. Et puis je ne serais jamais invitée dans l’une de ces soirées. Sans compter que ça ne me parait pas la meilleure période pour ce genre de manifestations, surtout si j’en crois les dernières nouvelles. Je m’arrête, frappée par la peur et la curiosité qui dominent tout à coup. Est-ce que c’est si sérieux, cette histoire avec les créatures fantastiques ? Est-ce que c’est si grave, alors que tout le monde fait comme si tout était normal ? Il faut que je sorte, je n’ai pas envie de me ridiculiser parce que la peur de tout le monde m’aura envahie. C’est tellement urgent que je ne cherche même pas à négocier, ce sera transplanage. Je n’aime pas trop ça, mais peu importe. Je m’agrippe aux pans de son haut, cale ma tête contre son ton torse, essayant de taire ce frisson et de le mettre sur le compte de la peur.

Je me sens tout à coup super mal, comme si on avait secoué mes organes dans tous les sens. J’ai vomi la première fois qu’on m’a fait transplaner. La deuxième fois aussi… et la troisième. J’ai appris à me maitriser depuis, mais je n’ai jamais pu passer mon permis à cause de ça. Sans compter que j’ai peur. Tout comme je ne pourrai jamais conduire ou être aux commandes d’un quelconque véhicule. Je pris quelques secondes pour calmer cette sensation de vertige en restant accrochée à lui… Et les pieds dans l’eau… Super, rien de tel que des chaussettes trempées dans des chaussures trempées. Il a l’air si peu préoccupé par tout ça, mais j’ai l’impression qu’il y a un truc qui cloche. Je ne saurais pas l’expliquer, c’est… plus une sensation que… Je connais le type dont il parle, celui qui est mort. Enfin, le connaitre est un bien grand mot, mais il est le père du bébé de Lya. Enfin, si je le dis, il va paniquer… et risquerait de me faire un sermon sur les relations. Son baiser sur le front me remet bien sur terre… tout comme l’eau qu’il m’envoie à la figure. Et à cause de son rire et de son regard, cette sensation disparait aussi vite qu’elle est apparue. Et je me mets à mon tour à l’arroser. Elle est glaciale en plus cette eau !

« Arrête Gabriel ! Arrête ! »

Je ris en lui intimant ces « ordres », mais mes cheveux prennent toute l’eau. Je trotte pour sortir de l’eau et ôter mes chaussures et chaussettes sur le sable sec. Puis je secoue mes cheveux, qui tombent en une cascade ondulée.

« On se serait fait tuer si on était rentré dans cet état à la maison… »

Si « maman » nous avait vus dans cet état. Mais ces mots ne franchissent pas mes lèvres. « Maman »… elle reste « maman » alors que je n’arrive plus à regarder Gabriel comme mon frère. Mes chaussures à la main, je me remets en marche. On a déjà longé la plage plus d’une fois, mais ça reste agréable. Parfois on croise des groupes de sorciers qui s’amuse autour de feus, se lançant des sorts comme des gamins. D’autre fois, ce sont des coureurs… Des couples aussi parfois.

« Je ne suis quand même pas rassurée de savoir Jena seule à Poudlard. Je veux dire… même si tu dis que ce n’est certainement pas si grave… ce qui s’est passé à l’école… ça s’est vraiment passé. Je suis bien ici, mais j’ai hâte de rentrer pour revoir tout le monde. »

A la maison, avec tout le monde, je me sentirai en sécurité. C’est ce que j’avais ressenti quand, à sept ans, j’avais mis les pieds dans cette grande maison. On ne m’y traitait pas comme un monstre et il y avait des gens pour me protéger, pour guérir mes cauchemars. Même quand on m’avait insultée pour la première fois de Sang-de-bourbe, les Ecklin m’avaient rassurée.

« Il faudra qu’on aille à Pré-au-Lard ou qu’on pousse jusqu’à Londres pour faire les achats de Noël. Hors de question qu’on fasse tout à la dernière minute comme l’année dernière ! »

Surtout que si on va à Londres, je pourrais essayer d’en profiter pour aller à l’orphelinat. Ça me laisserait le temps de m’y préparer. Tout ça pour quoi dans le fond ? Obtenir des réponses sur quoi ? Mes parents sont des Moldus, ils sont morts. Je ne sais pas ce que je cherche, ni pourquoi je le cherche.

« Mais tu sais, y a quand même un truc super bien ici… »

Je fouille dans mon sac tout en disant cela. C’est tout nouveau pour moi, mais je me dis qu’il faut bien une première fois à tout. Alors très vite, je sors ma baguette et la pointe vers Gabriel.

« Rictusempra ! »

Il parait qu’ici et maintenant que je suis majeure, j’ai le droit d’utiliser la magie, autant en profiter non ?

« Ça c’est pour m’avoir trempée ! Si tu t’excuses, je serai peut-être magnanime. »

Je me redresse, tête haute, prenant une pose volontairement exagérée de femme méprisante, me regardant les ongles.

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Stephen Liam Nott
MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Lun 7 Nov - 22:13


Gabriel Ecklin
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« Arrête Gabriel ! Arrête ! »

Mais je ne m'arrêtais pas. Plus elle criait, plus je continuais. C'était trop bon de la voir s'amuser, se détendre. Et elle avait une de ces têtes avec les cheveux trempés. Elle tentait d'esquiver en sortant de l'eau tout en retirant ses chaussures.

"Tu triches !" lançais-je dans son dos.

Elle fit une remarque sur les parents. Elle n'avait pas tord, mais moi j'observais ses cheveux. Ils avaient bien poussé. J'étais peu habitué à les voir si libre, au vent. Ou alors je n'avais pas fait attention avant. Bref. Je reportais mon regard sur elle. Son visage changea un peu d'expression. Je m'approchais d'elle en trottant derrière elle et l'imitais en sortant mes chaussures qui pesaient trois kilos chacune à présent.

Ma gorge s'était serrée. Mais je devais prendre sur moi. Je savais qu'elle pouvait sentir si j'étais trop anxieux. Je pris une grande inspiration pour contrôler mes émotions. Ne pas faire trop augmenter mon rythme cardiaque. Ne pas avoir l'air trop tendu, trop inquiet, car oui j'étais inquiet pour Jena, je lui écrivais d'ailleurs régulièrement, prenant la "température" de Poudlard dans chacune de mes lettres.

Mais Jena était...plus rebelle. Plus je-m'en-foutiste, plus distante avec ces choses. Elle n'était pas une créature magique, donc il y avait moins de risques pour elle. Même si c'était une tête brûlée, elle ne se laissait pas marcher dessus, et elle avait quand même assez de jugeote pour ne pas prendre partie contre les créatures.

Alors que Lena...c'était différent. Elle était tellement loyale et investit, qu'elle serait capable de se lancer à fond dans ce projet de "défense" du plus faible et là, elle serait plus explosée à des représailles. Et s'ils venaient à apprendre son don...ils pourraient la manipuler, pour qu'elle s'en serve dangereusement. Pour qu'à son tour elle tourmente l'esprit des gens. Je m'empêchais de frissonner à cette idée. Si jamais on touchait à un seul de ses cheveux...j'étais sûr que je ne répondais de rien. Je serrais mon poing et respirais discrètement une nouvelle fois pour me reconcentrer.

"J'ai hâte aussi de rentrer ! Je déteste le matelas d'ici ! Et j'ai hâte que Jena te rassure si je ne suis pas capable de le faire... Ta sœur est coriace et je crois qu'elle fait fuir jusqu'aux trolls en personne, inutile de croire qu'elle est en danger à Poudlard. Je suis sûr qu'ils ont augmenté la sécurité depuis...l'année dernière."

Où j'avais eu si peur pour elles... Je me souvenais qu'à l'époque, les filles venaient discuter par cheminette pour me rassurer dès qu'elles pouvaient. Je sentais qu'elle commençait à changer de sujet. J'étais soulagé. Il ne fallait pas qu'on s’épande sur le sujet, ça devenait trop...compliqué pour moi.

"Si ton petit estomac le supporte, je t'amène où tu veux. Mais on fait pas les boutiques de vêtement. Tu m'as tué l'année dernière. T'as 14 000 tenues à la maison avec Jena. Je suis pas...vos trucs de shopping, je veux plus ! On demandera à Jena de venir, vous ferez votre truc, et je vous attendrai aux Trois Balais."

J'avais passé des heures à les voir défiler dans la boutique de Guipure. A rouler des yeux quand elles hésitaient entre 12 mêmes robes blanches à mes yeux. A glousser, pour au final, finir en robe de sorcier à l'école. J'ouvris la bouche en grand !

"En fait, c'est mes Gallions que tu veux !"

Je ricanais à cette idée. "Des Gallions et un porteur de sac !"

D'ailleurs, elle fouillait son sac. De bien ici ? Je ne me doutais de rien avant que son sort frappe ma poitrine et m’envoie au sol, littéralement écroulé de rire. Je me tordais de tous les côtés. La maline !

"Arrête ! J'ai...haha...j'ai....hahaha...compris ! Hahaarg, Stop ! Lena !"

Je reprenais mon souffle.

"Pardon...haha mais ta tête, c'était. Ok pardon ! Je m'excuse !"

Elle arrêta le sort et je repris une respiration normale. Je finissais de rire. Époussetant mes habits du sable. C'était qu'elle avait de la ressource maintenant. A la maison, j'étais imbattable quand la magie était interdite encore pour elle en dehors de Poudlard. La méthode moldu était suffisante sur elle, elle n'avait pas la force physique de se défendre contre moi, ni Jena. Mais là...là elle jouait dans la cours des grands. Mais j'étais persuadé, baguette, magie ou autre, que la méthode moldu était toujours la plus efficace. Aussi, je fonçais sur elle par surprise et la soulevais sur mon épaule, fonçant vers la mer pour l'y jeter dedans. Je me trempais aussi, tombant à moitié dans l'eau.

J'éclatais de rire devant sa surprise, reprenant sa posture de toute à l'heure. Tête haute, torse gonflé.

"Parce que tu crois encore pouvoir battre ton grand frère à ce jeu ?"

Je fis un sourire fier et joueur.

"Même pas en rêves !"

Je me mis à courir vers les habitations.

"Le premier arrivé aura la douche !" Et je disparu dans un craquement sonore.

Oui je savais que ce n'était pas club. J'avais transplané dans l'appartement. J'allais dans la salle de bain et allumais l'eau chaude puis je retransplanais de nouveau. Aux côtés de Lena qui avait commencé à sortir de l'eau. J'avais atterrit derrière elle et dans un "BOUH" sonore je la saisissais contre moi pour transplaner de nouveau. Il allait être violent ce voyage !

Je revins dans la salle de bain. Conscient qu'elle aurait un peu plus de mal à émerger pour ce coup là. Je la laissais seule dans la salle de bain en lâchant un "Et mets pas deux heures à t'habiller, il restera plus de chaudron au réfectoire !" derrière la porte.

Je m'affalais sur le canapé. Trempé, mais c'était pas grave, un sort et il serrait de nouveau sec. Tant pis pour le sable aussi. La magie était là pour ça. Merlin que ça faisait du bien de se détendre autant. Surtout quand on savait ce qui se tramait dans l'ombre. D'ailleurs, demain, je devais aller au QG, il fallait que je trouve une excuse pour Lena... Juste le temps d'une petite réunion. Mais sans lui dire que c'était pour réviser...car le week end, on ne faisait rien de tout ça.


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Lena Standford
MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Mar 8 Nov - 18:51
And I’ll keep you around so I’ll know that I’ll never let you down.
Gabriel Ecklin & Lena Standford
Je ne peux m’empêcher de rire quand Gabriel émet l’idée que Jena ferait fuir jusqu’au troll. La vision est à la fois… tordante et réaliste. Il a certainement raison, Jena est une force de la nature, elle donne l’impression que rien ni personne ne pourront jamais l’atteindre et qu’aucun obstacle ne saurait lui résister. On est tellement différente elle et moi. On s’est toujours bien entendu, c’est vrai, mais nous ne sommes pas aussi complices qu’on pourrait le penser. Nous ne sommes pas souvent du même avis, je suis trop rabat-joie pour elle, trop sérieuse. Et elle, elle est trop irresponsable et trop casse-cou pour moi. On ne s’est vraiment rapprochées que lorsque Gabriel est entré à Poudlard. Nous nous sommes retrouvées pour la première fois toutes les deux, et on s’est « découverte ». C’est elle qui, la première, a dû sentir que quelque chose ne collait pas dans notre « famille », m’encourageant à en apprendre davantage sur mes parents biologiques. Mais que l’on soit clair : il est hors de question que qui que ce soit lui fasse le moindre mal, là je n’hésiterai pas à me battre… même si je suis nulle.

Je vais donc l’écouter. Il ne panique pas, c’est qu’il ne se passe rien de grave, n’est-ce pas ? D’aussi loin que je me souvienne, il a toujours su me calmer. Des cauchemars aux crises d’angoisse, il a toujours été… la force tranquille. Mes terreurs nocturnes ne devenaient dans sa bouche que des cauchemars. De simples cauchemars qui ne pouvaient pas m’atteindre. Il a toujours su être un roc dans mes tempêtes intérieures. Bon, aujourd’hui il est responsable de l’une d’entre elle à son insu, mais en tout cas sur ce point, sur la question du conflit ou du mal qu’on semble vouloir aux créatures fantastiques, s’il me dit que tout va bien, alors c’est que ça doit être le cas. On peut donc se concentrer sur le présent. Ou plutôt le futur. Je m’y prends tôt, mais cette fois, je ne veux plus courir les boutiques le 23 décembre pour trouver tous les cadeaux.

« Parce qu’on est vraiment obligés de transplaner ? »

Je fais la grimace. Je n’aime vraiment pas ça. Par contre, je prends un visage outré en entendant la suite.

« T’exagères, on n’a pas autant d’affaires et si on a été si longues à choisir, c’est parce que tu ne nous as pas aidées du tout ! »

Et la suite… Merlin… il est totalement irrécupérable. Oui, c’est bien connu, je suis une femme vénale et profiteuse. Je le frappe au bras, avec ma force de moustique. Et un moustique moldu.  Mais si les muscles ne sont pas mon point force, j’ai désormais un atout en étant une sorcière majeure… et bientôt Gabriel paie le prix de son insolence en se tordant de rire sur le sable. Mais j’attends ses excuses avant de lever le sort, comme promis.

« Voilà qui est mieux. Et tu seras quand même porteur de sac pour les cadeaux. »

Avec une petite moue méprisante en prime. Ça ne me va tellement pas, mais pour une fois que je gagne contre lui, ça vaut le coup d’en profiter un peu. Je range ma baguette dans mon sac… et là, avant que je ne comprenne ce qui m’arrive, je me retrouve soulevée, les pieds battant dans le vide.

« Gabriel NON ! Lâche-moi ! Lâche-m… »

Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le penser, je finis totalement immergée, avec le bon goût désagréable de l’eau salée dans la bouche. Finalement, j’aurais préféré qu’il ne me lâche pas… Quel traître, j’aurais dû me douter de son sale tour ! Je me redresse, peinant à cause des vêtements qui pèsent maintenant une tonne. Et Gabriel qui transplane. Sale tricheur ! Comme si déjà naturellement j’avais une chance de le battre, mais là… Par Salazar ! Mes cours ! Ils sont dans mon sac ! Mon sac qui a pris l’eau ! Je l’ouvre et fouille frénétiquement à l’intérieur afin de m’assurer que mes parchemins ont été préservés. Et là, je sursaute en laissant échapper un cri ridicule sous la surprise. Et de nouveau le vertige, la nausée et l’impression qu’on a foutu tous mes organes dans un shaker.

Au moment où ça s’arrête et que Gabriel me lâche, je suis obligée de m’appuyer sur le rebord du lavabo, comme pour me stabiliser.

« J’te déteste », que je murmure en grommelant… Et en pensant « si seulement… ».

Peut-être ma part Moldu qui n’aime pas du tout le transplanage… Non, c’est stupide. Mais bon sang, c’est horrible. Je me déshabille, laissant tomber mes affaires par terre, avant de me glisser sous la douche qu’il a… Il a préparé la douche ? L’eau chaude me fait un bien fou. Je tends le visage vers le jet, enlève le goût salé sur ma peau. Je m’enveloppe ensuite dans une serviette, avant de constater un problème technique. Toujours enroulée dans ma serviette, je sors de la salle de bain, trottinant pour atteindre ma chambre, lançant tout de même à Gabriel :

« Et comment tu veux que je sois rapide si je n’ai pas de vêtements secs et propres ! »

Et ce n’est qu’après coup – bien après à dire vrai – que je devais réaliser qu’un coup de baguette aurait suffi… J’ouvre mon placard, en sort une petite robe toute simple, ni trop chaude ni trop légère. Parfaite pour la saison. Mais mes cheveux, eux restent trempés, et c’est en les séchant frénétiquement que je reviens dans le salon. Je me laisse tomber sur le coin heureusement sec du canapé, me tournant vers lui.

« Je n’ai pas trop de devoirs ce week end. Tu ne veux pas qu’on aille à Londres demain ? En plus il y a Wicked en ce moment, et il parait que des sorciers se sont mêlés à la troupe moldu, il y a des rumeurs qui disent qu’ils jouent demain soir. »

Bon, à mon avis, ils ne vont pas faire de « vraie » magie… la loi, tout ça, mais rien que l’idée que de vrais sorciers jouent dans cette comédie musicale, on ne peut pas manquer ça ! Et puis, au moins, à Londres, on serait entourés d’inconnus, pas des gens qui nous regardent comme un frère et une sœur ou me renvoient cette image en plein visage. Etre avec lui dans un contexte différent de l’école, de la maison, ça peut être bien aussi.

« Et au passage tu veux évidemment bien me donner ta part de chaudron… pour le double transplanage ? »

Et je lui adresse un grand sourire innocent. Allez, il n’a pas le droit de me dire non. En plus, pour une fois que c’est moi qui lui propose de sortir… Et pour les chaudrons… c’est sacré.

« Et par pitié, peu importe ce que tu veux faire ce soir, même cette fête sur la plage là, mais je t’en supplie, plus de transplanage. »

Bon, je ne tiens pas non plus à cette fête spéciale « été sur la plage » pour laquelle certains étudiants ont fait de la pub – loin de moi l’envie de me balader en bikini et paréo à cette période de l’année – mais franchement, là, je ne suis pas prête pour une surprise qui nécessite un transplanage.

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MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Mer 9 Nov - 22:44


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Je me tournais vers la voix, avant de baisser les yeux devant Lena qui traversait l'appartement dans sa serviette. Yeux que je levais en l'air ensuite. Un simple accio et ça aurait été réglé. Aaah ces jeunes. Avant que je n'ai pu trouver le courage de me lever jusqu'à la salle de bain, Lena débarqua avec une proposition qui me surprenait. Elle voulait sortir...elle me proposait quelque chose de sympa en plus. Il était clair que je ne pouvais refuser ça. Pour une fois que ça venait d'elle. Un sourire s'afficha sur mon visage.

"Tu m'as déjà vu refuser une invitation dans le monde moldu ? Si ça peut te faire sortir la tête de tes bouquins, je viens plutôt deux fois qu'une !"

Ça faisait un moment que je n'étais pas allé dans le monde des no-maj en dehors du boulot. Et elle proposait une comédie musicale qui était intéressante et je voulais voir de plus près si effectivement des sorciers se seraient glissés dans la troupe, et comment ils faisaient pour interagir dans le monde moldu sans se faire voir. Bon c'était peut-être une déformation professionnelle. Mais ça me faisait plaisir de sortir avec Lena. Sortir de ce monde, pour aller dans celui où elle était née. Et puis elle m'avait piqué de curiosité maintenant.

J'éclatais de rire. Elle perdait pas le nord celle là avec le chaudron. "Je te donne ma part, juste parce que le chocolat fait des miracles quand la magie fait mal. C'est comme pour les détraqueurs ou quand on est face à un épouvantard. Un peu de chocolat et ça disparait. Je suis pas pressé que tu passes ton permis de transplanage tu sais...alors je te donnerai ma portion avec plaisir !" Et puis ce sourire. Arf je remarquais que je ne pouvais rien lui refuser. J'étais faible. Mais elle ne m'avait jamais donné une raison pour lui dire non. C'était facile avec elle, c'était facile entre nous.

« Et par pitié, peu importe ce que tu veux faire ce soir, même cette fête sur la plage là, mais je t’en supplie, plus de transplanage. »

Je soulevais un sourcil. "Vraiment, tu es prête à me suivre sur une fête à la plage si je ne transplane pas avec toi ? J'en reviens pas Lena ! Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de ma sœur ?" Oui c'était surprenant, qu'elle ait ne serait-ce que penser à aller à cette fête. Et pourquoi pas ?! Je n'avais pas vraiment prévu de chose à faire ce soir. Mais c'était plutôt sympa sur certain coin de plage, où quelques cursus plus posés faisaient un truc sympa autour de feu. Il y avait de la musique, de quoi cramer des bonbons Weasley sur les braises. Non vraiment, finalement c'était pas mal.

"Ça serait sympa d'y aller. Mais plutôt avec ma promo. Ils sont plus "calmes". Je pense qu'il n'y aura pas -trop - d'effusion de magie. Ça te dis ? On y va à pied cette fois... Et pour Londres, un Magicobus ? On fait comme ça ?"

Je me levais du fauteuil d'un bond. Direction la douche. J'enlevais dans le salon le haut qui me collait à la peau. "Je fais vite" Disais-je en me retournant avant de m'enfermer dans la salle de bain.

J'en sortis quelques minutes après. Lavé et habillé. Pantalon noir, t-shirt blanc. Rapide et efficace. Je me rendis compte à ce moment là qu'elle était en robe. Ce n'était pas souvent. Ce n'était pas non plus jamais, mais assez peu pour que je le remarque. Je détournais mon regard, comme si j'étais gêné et j'allais récupérer une veste pour la soirée sur la plage.

"On passe manger d'abord ? J'te dois le chaudron..."

Bon, pas de transplanage alors. Qu'est-ce qu'il fallait pas faire. On quitta l'appartement pour se diriger vers le campus. La restauration était toujours ouverte et on trouva une table vide. Ce n'était pas rare à cette heure ci la cafet était déserte.

"Dis moi, tu veux sortir ? Puis tu te mets une robe. Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu as un truc à me dire ? Un petit copain dans les parages ? J'espère qu'il est tout aussi doué et beau que moi, sinon je vais pas être d'accord !"

Je fis mine de regarder à droite et à gauche comme si quelqu'un allait débouler à tout instant. Rooh je la charriais un peu, qui aime bien châtie bien comme disent les moldu. Mais il fallait reconnaître que ça faisait beaucoup pour une soirée : la robe, la soirée sur la plage, la sortie à Londres. C'était pas vraiment la Lena toute calme et posée que je connaissais. D'un côté je préférai ça, plutôt que des questions sur les créatures magiques. L'université était en train de la changer, peut-être ? Sa majorité, son diplôme, ses études... Ça allait trop vite ? Hein oui que ça allait trop vite...


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MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Jeu 10 Nov - 17:13
And I’ll keep you around so I’ll know that I’ll never let you down.
Gabriel Ecklin & Lena Standford

Je suis tellement contente qu’il accepte. Et c’est vrai qu’avec lui, je peux jouer la carte du monde Moldu, c’est important pour ses études. ça commence à l’être aussi pour moi, à titre plus personnel. Mais ça, j’évite d’en parler. En tout cas, pour le moment, tout se passe bien. Il a dit oui pour Londres et oui pour les chaudrons. Que du positif sommes toutes !

« Je ne suis pas pressée de le passer non plus, tu sais. Mais je sais qu’il faudra bien que je le fasse, c’est quand même pratique et il arrivera un jour où tu en auras marre de me trimballer partout. »

Genre quand il aura une … officielle. Déjà avant, quand je le regardais comme un grand frère, ça m’agaçait qu’il soit avec des filles, parce que ça impliquait qu’on soit moins souvent ensemble, même si je n’étais pas jalouse de leur proximité ou de leur intimité. Aujourd’hui, j’appréhende cette réalité plus que de raison. Parce qu’il faudra accepter, parce qu’il faudra sourire parce qu’absolument tout le monde s’attendra à ce que je réagisse en sœur. Au moins demain on sera tous les deux, comme si le reste du monde n’importait pas.

« Mais si je dois apprendre à transplaner… quand je serai prête… Tu crois que tu pourras m’aider ? »

Il n’y a que lui qui soit capable de calmer mes angoisses. Et celle-ci est tout sauf logique. Si cette peur est due à l’accident, alors je devrais angoisser dans tous les moyens de transport… Or là, c’est la perspective d’être responsable, de rater un transplanage en accompagnant quelqu’un… En tout cas, pour ce soir et demain, je n’en veux plus, j’ai eu ma dose. Bon évidemment, il s’est engouffré dans la brèche et à saisi l’opportunité de la fête. Qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de ma sœur ? Je ne suis pas ta sœur, Gabriel, et j’ai grandi, c’est aussi simple que ça… Mais c’est tellement le bordel.

« Je suis juste Lena, j’ai dix-huit ans, et je suis étudiante en droit. Enchantée. »

Et je lui tends la main, pour la serrer comme si nous venions de nous rencontrer. J’aimerai tellement qu’il me voie ainsi. Juste Lena. A la limite Lena Standford. Pas Lena « ma petite sœur ». Lena, la jeune femme majeure, qui connait les choses de la vie. Pas la Lena encore gravée dans son esprit.

« Tu as peur que je sois victime de la mauvaise influence des autres ? Je vais imaginer toute ta promo en vieillards avec ton « ils sont plus calmes ». Mais allons-y, ce sera cool de rencontrer tes amis. Et merci pour le Magicobus. »

Je lui serre la main, instinctivement, pour le remercier, puis il se lève d’un bond, visiblement revigoré par la perspective de cette soirée sur la plage. Mon regard le suit, avant que mon cœur ne loupe un battement. Bien sûr qu'en onze ans je l’ai déjà vu torse nu, c’est immanquable, mais je n’ai jusqu’à présent jamais porté de regard désireux sur lui. Sauf que là, ça n’éveille absolument pas en moi le dégoût qui devrait être automatique à la fin de son frère à moitié nu et ça n’éveille pas non plus d’amour sororal. Loin de là même. Je tourne la tête rapidement. Il n’a pas intérêt à faire ça trop souvent. Quand il disparait, je me prends le visage entre les mains. Bordel, Lena, qu’est-ce que tu fous ?

J’attrape un gilet au moment de partir. Le maudissant silencieusement de son choix. Le t-shirt blanc qui lui va diablement bien. Direction le campus et surtout la restauration, nettement moins bondée qu’à l’accoutumée, vu l’heure. On s’installe à une table pour commencer à manger, même si je lorgne clairement sur les chaudrons. Néanmoins, là où les Ecklin m’ont marquée de leur empreinte, c’est que je m’oblige à manger mon repas dans l’ordre. Une bonne leçon un jour où j’ai été prise la main dans le sac en train de manger des chaudrons justement, alors qu’on n’avait même pas mangé le plat de résistance.

Je m’arrête net de mâcher quand il me demande si je n’ai pas un truc à lui dire. Merde, il sait ? Il le sent ? Il… ah non. Je roule des yeux en soupirant.

« Personne ne t’arrive à la cheville. »

ça m’échappe. Sincère et spontané, je n’ai rien senti m’échapper. Souris Lena, prends un air amusé pour qu’il pense que tu plaisantes toi aussi.

« Il n’y a personne. Et de toute façon, je sais très bien que j’aurais beau te présenter n’importe qui, tu ne le trouveras jamais assez bien pour moi. »

Personne depuis que j’ai pris conscience de ce que je ressens. Même si je me dis que peut-être, il faudrait… que je me « force » à fréquenter quelqu’un pour me chasser ces pensées monstrueuses de ma tête.

« J’ai juste grandi. Je ne suis plus une petite fille timide et apeurée de tout. Je peux m’amuser moi aussi, je peux être marrante et jolie tu sais. »

Mais ça, je doute qu’il le perçoive un jour.

« Et toi dis-moi. Comment ça se fait qu’un bel et intelligent futur Gardien du Secret et ancien joueur de Quiddich se contente d’aller à une fête et à Londres avec moi ? »

Alors qu’il a genre toutes les sorcières à ses pieds. Sans compter les Moldus, il nous en a ramenées à la maison. Je ne sais pas trop ce que je veux entendre. Du moment qu’il ne me fait pas le coup du « je veux profiter de ma sœur une dernière fois parce que je vais me marier et m’installer à l’autre bout du pays avec elle dans trois jours »…

Cette pensée éveillant un vent d’angoisse en moi, je croque dans mon chaudron, bien que je n’aie pas terminé mon repas.

« Merlin ! T’avais pas menti ! C’est encore meilleur qu’à Poudlard ! »

J’avale goulument le restant avant de tendre la main pour m’emparer de celui de Gabriel. Le chocolat reste décidément le meilleur remède. Puis vient le moment de rejoindre la plage. On entend les rires et les exclamations au loin. Sa promo semble bien agitée, quoi qu’il en dise. Un garçon s’approche de nous, les bras grands ouverts.

« Gabrieeeeeeeel ! Tu es venu mon pote ! Et accompagné en plus ! »

J’ai un sourire face à ce garçon, qui, à mon avis, n’en est pas à son premier verre. Mais je dois reconnaitre que si les autres parlent fort et rigolent, ils ne semblent pas ivres ou utilisant la magie à outrance. Il agite sa baguette et un verre nous apparait entre nos mains, à Gabriel et à moi.

« Par contre, je me fais un point d’honneur à avoir toutes les premières danses ! »

Et sans que je puisse réaliser ce qui se passe, il attrape ma main libre et m’entraine dans une danse, manquant de me faire renverser mon verre.

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MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Dim 13 Nov - 0:10


Gabriel Ecklin
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« Personne ne t’arrive à la cheville. »

Je manquais de cracher mon jus de citrouille dans sa figure en rigolant. Il fallait toujours qu'elle en rajoute. J'étais peut-être un peu son "modèle" depuis que j'étais jeune, depuis qu'elle était arrivée à la maison, mais il fallait qu'elle cesse de dire de telles âneries maintenant. Une chose était sûre, elle avait quand même pris de moi pour son côté sérieux, et j'en étais fier et heureux, on pouvait pas en dire autant de notre sœur bien trop tête brulée à mon goût. Le genre de personnalité imprévisible qui me...dérangeait.

Et elle avait raison. Il me semblait bien difficile de trouver quelqu'un assez bien pour elle. Oh bien sur que je plierais à son choix. Qui étais-je pour décider de cela à sa place ? L'amour ne se choisissait pas, et quel que soit son choix, je devrai m'y plier. Mais j'aurai bien son copain à l’œil. Elle méritait quelqu'un de bien. D'assez solide pour elle. Droit dans sa tête. Fiable. Quelqu'un pour affronter son passé, mais aussi son avenir. Quelqu'un qui pourrait la protéger, l'aimer comme il se devait. Pas un con qui lui ferait du mal et briserait ses ambitions et ses rêves.

Elle était comme la prunelle de mes yeux. Et si je pouvais, je la garderai toujours à mes cotés pour m'en occuper. Pas comme une gamine ou une enfant.... Non. Mais pour être là, si elle avait besoin de moi. J'avais toujours l'impression que j'étais le seul à pouvoir avoir assumer ce rôle, à savoir ce qui était le mieux pour elle. Je l'avais vu grandir. J'ai été là pour toutes les étapes de sa vie. Le grand frère protecteur. Mais un jour, il y aura un homme à ma place. Un homme qui prendra le rôle de mon père, et le mien. Oh bien sur je resterai son frère, mais je ne serai plus la première personne qu'elle appellera en cas de soucis. Et ça, ça allait être dur à encaisser.

J'avais quelque peu conscience qu'elle devait aussi en avoir marre de moi, que je sois toujours dans les parages. Peut-être aurait-il mieux fallu qu'elle prenne une autre colocation ? Un appartement seule ? Peut-être fallait-il que je sois moins présent ? Plus distant, que je la laisse passer le week end avec quelqu'un d'autre par exemple ? Je me rendais compte que j'étais souvent là, trop peut-être ? J'étais étouffant ? Je l'empêchais peut-être de faire des choses ?

« J’ai juste grandi. Je ne suis plus une petite fille timide et apeurée de tout. Je peux m’amuser moi aussi, je peux être marrante et jolie tu sais. »

Sa phrase ne m'aida pas à me rassurer. Mon visage si souriant tout à l'heure devint un peu plus fermé et sérieux. Merde, peut-être que j'étais en train de déconner avec elle ? Peut-être n'osait-elle pas me dire certaines choses? Elle avait débarqué à l'UMS, elle voulait peut-être se sentir un peu plus...libre ? Sans sa famille autour ? J'étais un peu trop "là", trop sur elle ?! C'était peut-être pour ça que je la trouvais bizarre.

"Tu es marrante...arrêtes ! Bien sûr que t'es drôle ! On rigole bien tous les deux non ? Jolie aussi, enfin, sans doute, je crois, oui, enfin je suis pas là pour juger, mais tu plais, c'est sûr. J'ai eu des échos." Je passais ma main dans mes cheveux. Gêné par mes réflexions et par ce que je devais lui dire pour la rassurer sur son physique. C'était une belle fille, je le savais - soyons honnête - mais c'était pas à moi de décider ces trucs là. Mon rôle de grand frère s'arrêtait là non ? " Je...peut-être que d'ailleurs tu as envie d'aller en ville avec quelqu'un d'autre que moi demain ? Je me dis que peut-être tu aimerai avoir rancard avec quelqu'un d'autre que moi... J'ai le droit de te saouler aussi, tu peux me le dire ? Je saurai te lâcher si tu as besoin...que tu te trouves un copain, ce genre de chose que font les filles en entrant à l'université. Sortir avec les copines..."

J'espérais qu'elle serait capable de me le dire. Sincèrement. Comme quand Jena me remettait à ma place quand on était tous sur Poudlard. Je savais que je pouvais être chiant. Mais je voulais bien faire. J'étais le plus grand. Et mes parents m'avaient bien éduqué sur le rôle de la famille, du grand frère. Nos liens à tous étaient forts. On était uni, soudé, bien plus que certaine familles déjà proches les uns des autres, on s'était toujours tout dit. Tout, sauf depuis que j'étais chez les Insurgés... Surtout Lena et moi à vrai dire. Ses cauchemars nous avaient réuni plus qu'il ne le fallait. A passer des heures dans le noir à parler de choses et d'autres pour qu'elle arrive à retrouver le sommeil, il en fallait des sujets de discussion pour lui faire oublier tout ça.

« Et toi dis-moi. Comment ça se fait qu’un bel et intelligent futur Gardien du Secret et ancien joueur de Quiddich se contente d’aller à une fête et à Londres avec moi ? »

Elle me fit retrouver mon sourire. Je secouais ma tête comme pour lui dire que sa description était du "n'importe quoi", et j'avalais une bouchée d'une bœuf que j'avais dans mon assiette.

"Héé, j'en fais encore de temps en temps du Quiddtich, quand y'a des matchs d'étudiant. Mais ça devient rare. Et puis j'ai pas le droit de sortir avec ma sœur pour une fois ? J'aime passer du temps avec toi. Les sujets de discussion sont...différents. Et puis, si tu veux tout savoir, ça fait un moment que j'ai pas eu de vrai relation, juste quelques flirts. Je suis dans un cursus particulier et je n'aimerai pas me retrouver avec une femme qui ferait le même métier que moi. Je fuis un peu les relations sérieuses. Je devrai partir souvent, partout dans le monde, il faudrait que j'ai une femme qui ait un pied à terre, que je retrouverai en rentrant. Qui serait mon repère, ma bouée d'oxygène. Pas d'une femme qui serait elle aussi à l'autre bout du monde alors je rentre et que j'aurai envie de changer d'air. Et j'attire que ce genre de femmes..." Marmonnais-je dans ma barbe la dernière phrase.

Je soufflais las. Avalant un nouveau morceau de viande sans envie et appétit. J'avais l'air soucieux. A vrai dire j'avais déjà réfléchit à la question avant qu'elle ne me la pose. Depuis que j'étais arrivé à l'UMS, bien sûr que j'avais eu des copines, mais pas le genre d'histoire qui durent. Jamais plus loin que quelques soirées. J'étais encore jeune certes. Je pouvais toujours m'amuser. Mais dans quatre ans, j'allais partir dans les quatre coins du globe. J'espérais d'un côté ne pas être seul quand je le ferais. Ne pas rentrer seul à la maison. Parce que même si j'étais le plus indépendant de la famille, je m'étais habitué à la dépendance de Lena. Je m'étais habituée à prendre soin d'elle. Chaque séparation avaient été difficile pour moi. De ne plus être présent, mais je tenais bon à chaque fois, en me disant que dans 1 an, elle serait de nouveau à mes côtés, à Poudlard ou ici. Mais dans 4 ans...elle aura sa vie, j'aurai la mienne. Et je ne voulais pas d'une femme comme moi...

J'avais besoin de quelqu'un de posé. Et je ne savais pas trouver ça. Je ne savais pas, car j'attirais beaucoup d’allumeuses qui me voulaient sur leur tableau de chasse, des filles directes, ambitieuses, entreprenantes, sûres d'elles. Des filles qui aimaient les belles gueules, les gars sérieux mais baroudeur, audacieux aux traits un peu mystérieux. Des femmes qui voulaient vivre des aventures, un peu de danger. Les timides, les posées, les sensibles, les plus douces, elles...elles ne venaient jamais à moi.

J'avais besoin aussi qu'on prenne soin de moi. De rencontrer la douceur et pas que des filles survoltées et trop dynamiques. Et puis je n'avais pas tellement le temps pour draguer à droite et à gauche. Entre les études, les Insurgés, Lena, les retours en famille pendant les vacances. Quand ? Je m'étais toujours dit que je finirai avec une moldu. Une femme qui n'avait pas conscience de la magie. Distante à tout ça. Qui ne jugerait pas. Qui ne serait pas dans toutes ces histoires. Peut-être une fois que je serai sur le terrain ?

On termina le repas sur quelque chose de plus léger ! Les chaudrons au chocolat, arrosés de jus de citrouille. Puis le ventre plein, comme promis, on se dirigea - à pied - vers la plage. Ça nous aida à digérer, enfin surtout Lena qui avait pris ma part de gâteau.

J'étais content de présenter ma sœur à mes amis. Sauf qu'ils ne savaient pas que c'était ma sœur. Pas encore. Je n'étais pas très expansif sur ma vie privée. Mes potes ne savaient pas vraiment grand chose au final sur moi. Je leur avais dit la base en soirée, j'avais toujours mes parents, j'avais des sœurs. Mais je n'avais pas raconté toute ma vie, ni celle de Lena. C'était l'occasion qu'ils découvrent un peu de moi. Je n'étais pas un futur Gardien du Secret pour rien.

Tout de suite on était accueilli les bras ouverts par Helano, un chouette gars aux origines brésilienne. Il était très ouvert, trop ouvert. Mais je l'aimais bien. Un bon gars qui était avec moi chez les Insurgés. Forcément, ouvert et tolérant comme lui il était enrôlé à mes côtés ! Il tentait de me rendre jaloux en prenant Lena pour sa pseudo "première danse", sans doute parce qu'il pensait qu'on était en couple. Ce n'était pas rare que j'arrivais accompagné d'une fille lors de ses soirées.

Je me mis à rire en voyant l'air perdu et surpris de Lena embarquée dans une danse inattendue. J’apportais mon verre à ma bouche, les regardant amusé, pensant à la tête que ferait Helano en sachant toute l'histoire sur mon "accompagnante". Je l'entendis dire à Lena que je n'étais pas très jaloux. Il faisait semblant de la séduire, où peut-être qu'il le faisait réellement ? Mais je partais du principe que c'était un jeu pour lui, pour me rendre jaloux, comme à chaque fois. Sauf qu'aujourd'hui j'étais plus amusé qu'autre chose, chose qui devait l'intriguer.

Je sentis une main dans mon dos me saisir par la taille. Je me retournais et vis alors Coralie. Une fille de mon cursus avec qui je flirtais souvent en soirée. "Ben alors t'es venu accompagné ce soir ? Tu te lasses déjà de moi ?" Je fis un demi rire. C'était vrai que quand les soirées étaient ennuyeuses, Coralie avait l'honneur de les rendre plus...sympa. Mais ce soir je n'avais pas tellement envie. Et il n'y avait qu'à voir son comportement. Si j'étais vraiment venu avec quelqu'un, de quel droit pouvait telle agir de la sorte et être aussi entreprenante alors que j'étais censé ne pas être célibataire ? Heureusement qu'il n'en était rien. Je saisis ses mains un peu baladeuses. "Mais alors Co', je suis donc le seul gars potable des soirées où tu vas ?" Quelques potes se mirent à rire à ma réflexion et elle eut l'air de se vexer un peu avant de me voler un baiser et partir plus loin.

Je serrais mes mâchoires. Voilà le type de femme que je ne voulais pas pour mon futur. Alors que je me retournais vers ma sœur et Helano, histoire d'être sûr qu'il ne lui faisait pas de misère, je le vis débouler à côté de moi avec elle.

"Aaah mais parce que vous êtes dans une relation libre ? C'est à la mode chez les sorciers en ce moment !"

Je le regardais perplexe. Et il poussa doucement Lena vers moi. L'air de dire "je te parle de ça". Et ça me revint. Oui bien sûr... "Oh Helano, je te présente ma sœur, Lena, elle est arrivée à l'U.M.S cette année. Lena, je te présente Helano, un bon pote de promo !"

Helano eut la mâchoire décrochée, percutant le truc. "Canoon la petite sœur ! Mais alors, vous vous ressemblez pas du touuut ! J'ai cru que..."

"Lena n'est pas...pas vraiment...ma sœur. Je veux dire. On a pas les mêmes parents." Je jetais un coup d’œil à Lena. Je ne voulais pas la blesser ou quoi que ce soit. Je ne crois pas avoir du un jour me justifier sur ça devant elle. Le fait qu'elle n'était pas du même sang que moi. Quand je disais qu'elle était ma sœur, les gens ne posaient jamais plus de questions que cela. Bien qu'on ne se ressemble pas du tout. J'étais donc un peu gêné de dire qu'elle n'était pas "vraiment" ma sœur. J'avais peur de lui faire du mal, de raviver des choses. Je me concentrais pour ne pas la laisser percevoir mon malaise intérieur.

Mais Helano était vif d'esprit et il comprit rapidement. "Oooh ouai je vois, c'est ta sœur, pas vraiment ta sœur, mais alors vous n'êtes vraiment pas ensemble hein ?" Je fis un pas de recul, un peu surpris. "Non bien sûr que non..." Puis je me mis à rire.

C'était bien là mon pote, à ne voir le mal nulle part. Comme s'il était seulement possible qu'il y ait un truc entre nous. Je n'avais jamais vu Lena autrement qu'une membre de ma famille. On avait grandit ensemble, c'était ridicule. Non ? Mais Helano était toujours là pour mettre les pieds dans le plat. Même chez les Insurgés quand il avait demandé à Vladmir, l'un des chef, pourquoi il était dans ce groupe lui. Alors que Vladimir est un vampire...

"Ben quoi mon gars ? Pourquoi tu fais cette tête ? Vous n'avez pas le même sang, on aurait vu bien pire tu sais !? Avec les sangs-purs, entre cousin pour pas sortir des rands, tout ça tout ça. Bref ! Bon alors Lena, faisons plus ample connaissances...ton frère m'aime bien, c'est déjà un bon point pour nous deux non ?"


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MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Dim 13 Nov - 11:57
And I’ll keep you around so I’ll know that I’ll never let you down.
Gabriel Ecklin & Lena Standford

On rigole bien tous les deux, ça c’est vrai. On a toujours bien ri. J’esquisse un sourire quand il dit que je suis jolie. Bon, ça a l’air compliqué à sortir mais il me trouve… Ah, non, ce n’est peut-être pas lui qui me trouve jolie, il en déduit juste ça à cause de commentaires d’autres personnes. J’ai eu des petits-amis à Poudlard, dont Seth, qui a compté plus que tous les autres réunis, mais je n’ai jamais parlé de lui à Gabriel. Et depuis que je suis arrivée ici, à l’UMS, je ne me suis pas intéressée aux garçons. A cause de cette chose qui s’est produite en moi. Et puis, je dois reconnaitre que j’ai passé tout mon temps libre à la bibliothèque ou avec Gabriel. Les sorties entre filles, où l’on peut rencontrer des garçons, ce sont des moments assez rares en fait. D’ailleurs, il embraye sur ce sujet. Je me surprends à faire non frénétiquement de la tête. Je sais qu’il a raison, que je devrais sortir avec d’autres personnes, mais je ne veux pas.

« Si je ne voulais pas y aller avec toi, je n’aurai pas demandé, arrête. Je te l’ai dit, je ne suis pas une petite fille, je peux aller à Londres toute seule ou accompagnée de qui je veux. »

Je préfère réorienter la discussion sur lui après, parce que ça me met mal à l’aise de parler de ça avec lui. Avant j’y arrivais pourtant, mais là, ça coince. Nous avons toujours été unis. Dès le début, il y a eu cette connexion entre nous. J’aime mes parents, j’aime Jena, mais avec lui, c’est différent, c’est particulier. J’ai toujours eu la sensation que nos vies suivraient le même chemin. Pourtant, il faut se rendre à l’évidence, nos routes seront peut-être parallèles, mais il y aura toujours d’autres personnes pour les parcourir avec nous. Et il sera prêt avant moi. Un jour, il tracera sa route avec une fille, et moi, je devrais, comme le reste de la famille, me contenter de marcher loin d’eux. Les chaudrons m’aident à poser la question et surtout à encaisser la suite. Si je veux tout savoir ? Non, je ne veux rien savoir… J’aimerais tellement bloquer mon esprit et me rendre sourde… Mais ça ne marche pas comme ça, moi je suis une éponge à pensée et à souvenirs. Pas l’inverse.

Je me force à ne rien imaginer quand il évoque quelques flirts. Toutes les filles sont folles de lui, évidemment que forcément il ne se comporte pas en moine. La suite en revanche est quelque chose de nouveau. C’est une conversation que nous n’avons encore jamais eue. Je n’y ai jamais pensé. Je n’ai jamais réalisé que dans moins de quatre ans, il partirait. J’ai eu tellement de mal à m’enraciner quelque part, moi qui aie poussé dans un monde qui n’était pas le mien, que je n’ai jamais envisagé de partir. Peut-être que je n’officierai pas à Londres, mais dans les parages. Moi, je suis celle qui reste. Et lui, il sera celui qui part. Je serai toujours là, quand il reviendra, mais comme nos parents. Sûrement pas comme Jena, je pense qu’elle partira dès qu’elle sera diplômée. Je n’en ai pas encore vraiment parlé avec Gabriel, mais je doute qu’elle nous rejoindra à l’UMS. Je baisse un peu la tête, parce que sa vie à lui se dessine dans mon esprit. C’est peut-être à cause de mon don, mais les imaginations et projections des autres, leurs désirs, sont particulièrement clairs dans ma tête.

« En attendant que tu trouves cette femme, on sera là, nous. »

J’essaye de lui sourire. Quand il aura trouvé cette femme, c’est évident, notre lien sera rompu. Parce que les rares moments où il sera de retour, il devra profiter de sa bulle d’oxygène. J’aimerais tellement qu’il ouvre les yeux, j’aimerais tellement lui crier que je suis cette fille, que je pourrais l’être.  Comment lui dire ? Comment trouver le courage de rompre un tabou et de lui parler au risque qu’il me voie comme un monstre ? Je réalise que c’est ce qui m’a plu en Seth, et en Gabriel, ce côté aventurier, sans peur, mais assez doué pour me donner l’impression d’être la seule personne qui compte ; leur douceur et leur courage ; le grain de folie dans ma vie. Mais au lieu de ça, je me venge sur les chaudrons au chocolat. C’est censé faire du bien quand on a mal…

On prend ensuite la direction de la plage, marchant calmement, le ventre et le cœur lourd. Heureusement qu’on atteint rapidement la fête et les deuxième années qui ne sont pas en reste niveau joie de vivre. Et en moins de temps qu’il en faut pour dégainer sa baguette lors d’un duel, je me fais embarquer dans une danse. Surprise, je ne réalise pas vraiment ce qui se passe. Je vois juste le regard amusé de Gabriel, avant de reporter mon attention sur ce garçon – plutôt beau, si je veux être objective. Légèrement métissé.

« Rassure-toi, Gabriel n’est pas très jaloux. »

Il m’adresse un sourire qui devait être particulièrement attractif si je comprenais un tantinet ce qui se passait. Je sens sa main dans le creux de mes reins et je ne pense qu’à une chose : ne pas renverser mon verre. Et alors que le jeune homme me fait tourner, j’aperçois un truc bizarre. Tout en dansant et en souriant de temps en temps à mon « partenaire », je tente de regarder par-dessus son épaule. C’est qui cette fille ? L’une de ses conquêtes apparemment. Et là, je sens que mon « partenaire », m’attrape le menton entre deux doigts afin de m’obliger à tourner la tête vers lui.

« Toi en revanche, tu sembles jalouse…
- Non, non, c’est pas ce que tu… »

Et là il me soulève légèrement pour me faire tourner une nouvelle fois en riant. Et la moitié de mon verre se renverse sur le sable. Puis il s’empare de nouveau de ma main libre pour m’attirer vers Gabriel et les autres, et faire une remarque qui me fait rougir comme une tomate. Pourquoi est-ce qu’il me pousse en plus ? Je me sens complètement idiote là et je me tiens droite comme un poireau, la main libre agrippée à mon bras droit, pensant le long de mon corps. Je ne sais pas du tout où me mettre. Je force un sourire quand le dit Helano me regarde de nouveau, avant d’avaler une grosse gorgée de ma boisson. Je ne suis pas du tout habituée à ce qu’on dise de moi que je suis « canon », surtout aussi ouvertement devant moi. Et c’est la première fois qu’on nous confond avec un couple, ou qu’on nous le dit. Et l’espace d’une seconde, je me mets à me dire qu’ici ce serait possible, qu’ici on ne sait rien de notre vie, pas comme à Poudlard. Et cette frêle lueur d’espoir grandit un peu plus quand Gabriel se sent obligé d’expliquer que je ne suis pas sa sœur. Ça n’est jamais arrivé. J’ai toujours été « Lena, ma petite sœur ». Jamais il n’a nuancé et expliqué que non, je ne le suis pas. Il a l’air gêné de dire ça devant moi, si seulement il savait.

« Ses parents se sont occupés de moi. »

J’appuie son propos en lui souriant. Je suis à l’aise avec ça, en plus, nous ne portons pas le même nom de famille, alors je suis habituée à raconter mon histoire. Heureusement, ça n’est qu’une gêne passagère de sa part, il ne manquerait plus que ça le mette réellement mal à l’aise.

Toutefois, c’est la suite qui aggrave les choses. Helano… je rêve où il évoque le fait qu’on pourrait être ensemble sans que ça ne choque ? Comme s’il n’y avait aucun tabou… J’ai envie de le prendre dans mes bras et qu’il devienne mon meilleur ami. Si seulement Gabriel n’avait pas fait ce qu’il vient de faire. Je me glace d’un coup en voyant son mouvement de recul, comme si le dégoût venait de le percuter de plein fouet. Son rire m’achève. S’il n’y avait pas autant de monde, je crois que je me serai effondrée en larmes. C’est la première fois. La première en onze ans qu’une chose qui soit liée à ma personne le dégoûte. C’est la première fois qu’il s’écarte. Et ça fait encore plus mal que tout ce que j’ai pu vivre à l’orphelinat. Je me prends une telle claque. Ça n’arrivera jamais. Je suis un monstre de ressentir ça, au moins, c’est très clair aujourd’hui. J’écoute à peine ce qu’Helano raconte, et pourtant, il semble tellement ouvert lui. Sauf que je n’y crois plus moi-même. Quand je percute qu’il me parle, je comprends que je ne peux pas rester muette, je ne peux pas laisser voir que ça m’a atteint plus que ça ne le devrait.

« Le deuxième bon point, ce serait que tu m’offres un verre. »

Je lui montre mon gobelet, vide ou presque. Et là il se fend d’une révérence et prend un air sérieux.

« Pour vous, ma dame, je lutterai contre vents et marées pour vous quérir ce verre. J’y cours, j’y vole ! »

Et paf ! Il transplane. Quelle fichue manie. Je croise le regard de Gabriel, en me disant que c’est une chance qu’il ne soit pas Legilimens lui aussi, parce que c’est une vraie tempête qui se déchaine là, maintenant. Je sursaute quand Helano réapparait auprès de moi, me tendant mon verre. Verre que je bois d’une traite.

« Si tu as besoin d’intimité ce soir, je me débrouillerai pour rentrer. »

Je deviens acerbe, je le sais. Surtout que Gabriel m’a bien expliqué en long en large et en travers qu’il ne cherche pas une fille comme elle. Sauf qu’il ne cherche pas une Lena non plus. Je force un sourire, avant d’embarquer Helano à mon tour pour danser. Mais ça tourne dans ma tête, je revois le recul de Gabriel, j’entends son rire, et ça prend des proportions de dingue dans ma tête. Je sais ce qui se passe, ça arrive quand je fais des sortes de crises d’angoisse, je perds le contrôle et je capte aussi les angoisses des autres. Je perçois la vexation de la nana repoussée par Gabriel, la rupture d’un des gars, tout ça se couple à ma douleur et c’est infernal. J’attrape un autre verre que j’avale de nouveau d’une traite, alors que je n’aime pas forcément, mais il faut que j’éteigne tout ce qui se passe en moi.

« Oh Lena, doucement ma jolie. »

Helano tente de me reprendre le verre des mains, mais je le repousse.

« Ça va, je suis majeure et vaccinée. »

Je m’écarte alors de lui, pour traverser la foule des fêtards. Je n’ai plus aucun filtre, ressentant tout ce qu’ils ressentent et ça m’énerve. Mon crâne menace d’exploser. Je percute des corps en mouvement en n’ayant plus qu’une seule envie : m’isoler et être toute seule pour n’avoir plus que ma propre angoisse à gérer. Mais tout à coup, je me retrouve face à la nana qui visiblement a eu une histoire avec Gabriel.

« Alors comme ça tu es la sœur de Gabriel ? Il n’a jamais parlé de toi. »

Je déteste son sourire.

« T’inquiète, il n’a jamais parlé de toi non plus. »

Je veux la contourner, mais elle me bloque. Merlin, ce n’est pas le moment.

« J’aime pas trop qu’un homme me rejette, je voulais juste savoir si tu avais quelques conseils… Il te fichera la paix. A moins que tu sois le genre de fille à coller son grand-frère partout. »

Je croise son regard, et ses souvenirs des nuits avec Gabriel me frappent de plein fouet. Je détourne le regard, fronçant les sourcils.

« Pousse-toi. »

Je la pousse à l’épaule pour passer, mais voilà qu’elle s’énerve et je n’ai pas envie d’un scandale

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MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Mer 16 Nov - 12:39


Gabriel Ecklin
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Je n'étais pas à l'aise, mais heureusement elle ne paraissait pas vexée par mon intervention maladroite. Elle avait su trouver les mots. Seulement ça me faisait bizarre qu'elle parle des parents comme les miens et non comme les siens aussi. Bien sûr que ses vrais parents étaient mort, mais depuis qu'elle avait 7 ans on était sa nouvelle famille. Il me semblait bien que c'était la première fois qu'elle parlait comme ça. Non ? Peut-être aurait-il fallu qu'elle prenne notre nom de famille ? Était-ce une erreur de la part de mes parents ? Je me souviens qu'ils disaient que c'était bien pour elle, qu'elle garde des souvenirs de sa famille, leur nom. Quelle ne pouvait pas tout perdre. A l'époque j'avais compris, mais maintenant ?

La question que mon ami me posa ensuite me perturba légèrement. Pas que j'aurai eu honte d'être avec Lena, non, mais ça ne se faisait pas. Je ne répondis pas à Helano pour sa deuxième tirade. Il enfonçait le clou le copain, sympa. J'étais assez gêné maintenant. Je n'avais jamais eu de telles pensées envers Lena. Elle n'était pas de mon sang, pas même une cousine éloignée, mais... j'avais grandit avec elle. On s'entendait bien. On était proche, mais je ne l'avais jamais regardé autrement que comme Jena. Je l'avais connu à 8 ans et à cet âge le regard était encore innocent, et j'avais grandit avec ce regard sur elle. J'étais son frère et elle me considérait comme tel. Je devais être ce repère pour elle. Être ce qu'elle attendait de moi. C'était important, pour son équilibre, ça l'avait aidé petite, pourquoi ça changerait maintenant ? Non mais pourquoi je pensais à ça ? C'était ridicule. C'était comme ça, point. Je devais assurer, assumer, bref, il m'était impossible de débattre là dessus avec mon ami. Encore moins en la présence de Lena.

« Le deuxième bon point, ce serait que tu m’offres un verre. »

Je ne saurais dire pour quoi, mais sa phrase me dérangeait. Un truc tiquait. Et puis bien entendu, Helano vola à son secours. J'aimais beaucoup mon ami, j'avais confiance en lui. C'était un chouette type, mais il aimait les femmes. Il était coureur du jupon. Respectueux de le gente féminine mais il brisait souvent des cœurs, car il ne restait pas longtemps avec la même fille. Et...il était hors de question qu'il mette ma sœur dans son..sa..enfin hors de question. J'allais lui dire d'y aller molo. Chasse gardée pour...quelqu'un de moins volatile.

On entendit un craquement de réapparition et Lena s'approcha de moi après avoir bu cul sec son verre offert par Helano. Je fronçais les sourcils. Je n'aimais pas tellement ce que je voyais. Mais je ne fis aucune remarque. Je fus déconcerté par sa proposition.

"Qu'est-ce que ...?"

Ce ton qu'elle venait d'employer ! Malgré son sourire forcé je le sentais mal. Je l'avais peut-être finalement vexé tout à l'heure ? Ou Helano ? Je ne savais pas trop bien. Ce qui était parfois agaçant, c'était qu'elle pouvait en savoir beaucoup sur les autres, mais quand Lena n'allait pas bien, si elle ne parlait pas, il n'était pas toujours évident de savoir ce qu'elle avait. Elle pouvait augmenter notre anxiété, ou tout autre émotion pour nous berner, sans vraiment le vouloir, mais ça donner le change et il était plus difficile d'identifier son émotion à elle, bien que j'avais appris avec le temps, à barrer un peu son chemin et ses effets sur moi.

J'en revenais pas. Je la regardais partir danser avec mon pote. Besoin d'intimité ? Parce que quoi ? Elle avait vu Coralie ? Ça l'avait peut-être vexé de croire que j'allais passé la soirée avec cette fille, alors qu'à la base je venais avec elle ? Elle ne voulait pas se retrouver seule. Ça devait être ça. C'était pour ça qu'elle avait pris les devant avec Helano, histoire de pas se retrouvait toute seule. Mais je n'avais pas l'intention de finir ma soirée avec Coralie, pas cette fois. J'avais dit que je venais avec ma sœur, c'était pour rester avec elle et la raccompagner. Pourquoi avait-elle pris la mouche aussi vite bon sang ? Elle me connaissait non ? Je ne l'avais jamais laissé tombé si ? Vraiment, y'avait bien un truc qui clochait, et j'allais finir par le savoir un jour ou l'autre, quand madame se sera décidée à me le dire.

Je décidais de la laisser un peu et d'aller parler avec les autres qui me saluaient à côté d'un feu. Elle était avec Helano. C'était un coureur de jupon, mais un gars sûr et fiable, elle ne risquait rien avec lui. Je m'installais à côté des gars de ma promo qui me tendirent un verre. Je commençais à discuter avec eux quand j'entendis du mouvement. Mon instinct me poussa à me lever comme certains. Ça chauffer sur la plage ? Non ça crier. Coralie ?

Ça se passait un peu plus loin. Coralie vociférait, comme à son habitude. J'allais me rassoir l'ignorant quand je reconnue la fille avec elle. Lena. Mon cœur fit un bon. Déjà pour le fait que Coralie s'en prenne à elle et aussi parce que Lena n'était jamais dans les embrouilles. Je ne la connaissais pas comme ça.

Alors que Lena tenta de la "fuir" Coralie l'attrapa par le bras. Tout se passa alors très vite. Je ne savais pas qui avait cogné la première. Mais Coralie finit au sol, son visage était saisi d'une grimace. Et je compris - quand tout le monde s'écarta autour d'elles - avec la même grimace. Lena ! Son don était en train d'empiéter sur tout le monde. Sa colère ou je ne savais quelle émotion dont elle était saisie était en train de s’emparer des autres. Il fallait la sortir de la rapidement avant que...

Un des gars du groupe frappa d'un beau coup de poing un autre mec. "Petit connard ! Cyril m'a dit que t'avait baisé avec Morgane ! Vous êtes des salauds tous les deux !" Le gars regardait l'homme à terre et Morgane sa présupposé copine. La colère était visible sur son visage. Une bagarre générale était sur le point d'éclater. Il fallait calmer Lena. Je déboulais à ses côtés rapidement.

"Lena, calme toi..."

Je tentais de mettre ma main sur son épaule pour la tourner vers moi, mais elle esquiva.

"Hey ! C'est moi..."

Son regard était différent. Elle était ... envahie par les autres. Je connaissais ça, je reconnaissais ce moment, où l'angoisse était trop vive pour elle, pour qu'elle gère toute seule son don. Ou tout s'emparait d'elle, comme un Détraqueur s’emparerait du bonheur de ses victimes. Moi même c'était difficile de ne pas me laisser happer par sa colère en ce moment. Celle qu'elle projetait à tout le monde. Mais je n'avais aucune raison de l'être pour ma part, bien heureusement. Je n'avais pas de motif ou quelque chose actuellement qui m'énervait. Peut-être bien Coralie, mais pas assez pour me laisser guider par cette haine. Pas comme Eric qui venait assommer l'amant de sa copine dont il avait du apprendre l'existence ce soir. La porté de sa magie avait encore grandit à ce que je voyais depuis l'année dernière et l'année d'avant. Les gens commençaient à se disputer autour de nous.

"Lena, regarde moi. Regarde moi !!"

Je saisis son visage entre mes deux mains pour la forcer à me regarder. Personne ne nous remarquaient, ils étaient trop absorbés par les petites scènes de ménages qui se déroulaient tout autour d'eux à droite et à gauche. Telle fille reprochait à telle autre fille de pas être une assez bonne copine, une autre reprochait à sa meilleur amie qu'elle avait reluqué trop longtemps son copain ce soir...

Je devais comprendre ce qui lui arrivait, ce n'était pas simple. Ce n'était jamais simple. Je devais l'apaiser. Je devais la centrer sur une seule émotion. Canaliser toute les autres. Enfin, je devais l'aider à ce qu'elle le fasse toute seule. Je pouvais juste être là et la guider.

"Lena, tout va bien. Je ne comptais pas partir. Je n'allais pas te laisser seule. Je suis venu avec toi, pour repartir avec toi tu sais ? Je n'avais pas l'intention de te quitter. OK ? Je suis là."

Je tentais ce coup là, ne sachant pas vraiment ce qui la travaillait ainsi. Mon visage se voulait rassurant. Mes yeux recherchaient au fond d'elle une émotion positive de sa part. Ça chahutait derrière nous. Mais ça avait l'air de chahuter en elle aussi. Il fallait vraiment agir.

"J'avais promis, mais c'est un cas d'urgence..."

Je la serrais alors dans mes bras et je transplanais à l'appartement. Il fallait l'éloigner des autres pour ne pas qu'ils s'entretuent et je devais l'éloigner elle de toutes ces ondes négatives pour qu'elle se canalise.

Je la gardais dans mes bras, le serrant fort contre moi. Pour le mal du transplanage et pour le reste. Pour être là. Pour la rassurer. Pour lui envoyer tout l'amour que j'avais pour elle. Toute la confiance. Toute la force. Je lui laissais entrapercevoir tous ces moments où on avait tout affronté tous les deux. Toutes ces soirées, ces nuits. Je caressais ses cheveux, sa tête enfouie dans mon cou.

"Ça va aller...je sens que ça se calme."

C'était dur. C'était dur de tout encaisser. De plus en plus dur depuis qu'elle grandissait. Ça me demandait une plus grande concentration. Mais ça me vider de mes forces. Lutter contre elle en quelque sorte, contre sa magie, son don qui était plus fort que ma petite maitrise en Oclumencie. Mais jusqu'à présent ça marchait, et je pouvais rester celui qui lui faisait le plus de bien.

"Il va falloir que tu me dises, ce qui t'a mis en colère ? Que je comprenne ce qui s'est passé ce soir ?"

Je la gardais toujours contre moi.

"C'est ce que j'ai dis à Helano ? Je suis désolé, je ne rentrerai pas dans les détails la prochaine fois si tu veux. Mais c'est la première fois que quelqu'un... Ce n'était peut-être pas une bonne idée. Tout ce monde...l'alcool les a désinhibé et c'était peut-être trop à gérer pour toi ? Je suis désolé."


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Nom et Prénom : Lena Standford
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Lena Standford
MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Mer 16 Nov - 14:57
And I’ll keep you around so I’ll know that I’ll never let you down.
Gabriel Ecklin & Lena Standford

J’ai l’impression de vivre un cauchemar éveillée. J’ai mal, et d’une douleur nouvelle dont je me serais bien passée. Pourquoi est-ce que je suis étonnée ? Gabriel est un homme droit, juste, moral. Et moi ce que je ressens c’est… Ce n’est pas socialement acceptable. Ce n’est peut-être pas moralement acceptable. Je devais me bercer d’illusion quand je me disais que ce n’était peut-être pas si anormal. Je veux juste étouffer ce que je ressens, oublier la douleur de ce geste de recul, de dégoût. Mais je n’y arrive pas, j’ai l’impression que je vais me noyer dans ma propre colère et ma propre déception. Ça m’étreint le cœur, me brûle les poumons, comme mes angoisses nocturnes. Mais je n’arriverais même pas à crier cette fois, tellement j’ai l’impression que tout est noué à l’intérieur. Une noyade intérieure, avec le monde extérieur qui m’écrase. Les rancunes des autres fait croitre ma colère et ma colère se répercute sur les autres. Je sais comment ça marche, mais je ne contrôle rien. Il faut que je m’isole, il faut que je quitte cette foule à qui je fais du mal et qui m’en fait tout autant.

Mais il faut croire que cela serait trop simple. Et cette fille là… qu’est-ce qu’elle me veut bon sang ? Et pourquoi faut-il que je croise son regard, et que je capte par là même le souvenir de ses nuits avec Gabriel… pourquoi faut-il que j’y superpose son mouvement de recul ? Je n’ai pas envie de discuter avec elle, je veux juste partir, elle ne peut pas le comprendre ça ? Non, visiblement, elle ne le peut pas. Quand je sens sa main se refermer sur mon bras, mon regard se fait noir, et cette fois, quelque chose se brise en moi. Les rares barrières qui me permettaient encore de contrôler un minimum ou au moins d’avoir conscience de ce qui se passait, s’écroulent. Je ne suis plus que la somme de ma colère et de celle de tous les autres. Un magma inconscient et qui ne peut être contenu.

D’un geste brusque et fort, je la frappe en plein visage, sans vraiment me rendre compte de ce que je fais. Je ne me suis jamais battue avant cela. Jamais. Ou quand on se chamaillait, je perdais tout le temps. Je la regarde au sol, les poings serrés à m’en faire blanchir les articulations. Je veux juste détruire ces images dans ma tête. Si j’avais été en mesure de réfléchir, j’aurais compris que je déployais ma jalousie et que je me nourrissais de celle des autres. Mais là, c’est inutile, c’est comme si ma conscience était complètement éteinte. Je n’entends rien, ça me dévore juste toute entière. Et quand on ose encore me toucher, je suis prête à récidiver et à frapper, portée par l’adrénaline. Le fait que ce soit Gabriel retient encore, je ne sais comment, mes gestes, comme si quelque part dans tout ce brouillard intérieur, il avait encore un écho.

Mais cette fois, je me sens loin, trop loin pour revenir. Il n’a pas idée à quel point ça fait mal, de ne plus savoir qui on est, où on est, de ressentir tout ça, ces émotions qui ne sont pas forcément les miennes, ces souvenirs qui ne sont pas non plus les miens. C’est à peine si je le perçois, comme si l’obscurité était maximale. Je sais que ce n’est qu’une sensation, mais elle me tenaille. Il y a tellement de gens en colère, tellement… Mon souffle devient saccadé, je respire beaucoup trop vite et finalement, peu d’air remplit mes poumons. C’est comme lors des cauchemars.

Je sens qu’on me tient, je sens comme une chaleur lointaine sur mes joues, mais j’essaie de respirer. Mon regard se fixe, sur des prunelles marrons, mais elles, je les vois, je les perçois dans mon brouillard et dans ma tempête. J’entends des mots, faibles, presque indistinct, et ils se heurtent à un mur violent. J’ai aimé deux hommes. L’un m’a abandonné, l’autre le fera, quoi qu’il en dise. Puis je me sens comme démembrée, aspirée, passée au mixeur. Et ça, même en pleine crise, je reconnaitrai un transplanage. Mais ça tue tout. Les cris, le vacarme des émotions, tout ça cesse d’un coup, me laissant dans un vide total. Je me sens épuisée, j’ai froid, mais les échos sont encore là, soulignant ma douleur à moi. Mais maintenant que le bruit a disparu, je peux ressentir d’autres choses, je me rappelle de ma première nuit « de crise », quand Gabriel avait su quoi faire après que les parents aient essayé en vain. Son retour à la maison après son entrée à Poudlard. Le regard que j’ai échangé avec lui avant que le Choixpeau ne rende son verdict. Et les nuits, les si nombreuses nuits. Mes bras glissent dans son dos quand je parviens à commencer à me détendre. Mais je l’enserre, ayant l’impression que j’allais réellement me noyer ou disparaitre dans le néant si je le lâchais. Je me concentre pour garder tout en moi quand il me demande ce qu’il s’est passé. Je ne dois pas lui transmettre, il ne doit pas savoir. S’il sait… S’il me rejette… Je me force à ne rien laisser filtrer. Surtout qu’il est toujours persuadé que le problème vient d’ailleurs.

« Je suis désolée… » je reste encore un peu accrochée à lui, le temps de m’assurer que mes jambes pourront me porter et que les barrières sont bien de nouveau érigées. Mes bras glissent, le relâchant alors, et je n’ose le regarder dans les yeux.

« Je n’ai rien maitrisé. Je ne sais pas si c’est le monde, ou l’alcool, ou le stress lié à tout ce qui se passe, j’ai relâché ma vigilance et ma concentration. J’ai oublié que j’avais ce don, l’espace d’une minute et… »

Et j’ai rarement cumulé autant de mensonges à son égard. Mon regard croise le sien, j’ai tellement honte. Honte d’avoir le cœur qui chavire, honte de mettre comportée de la sorte, honte qu’il m’ait vu dans cet état. Je me recule encore un peu plus.

« Ce n’est pas ce que tu as dit sur les parents. Ce n’était que la vérité. C’était comme un cauchemar. J’ai l’impression que tous moldus qu’ils étaient, mes parents biologiques m’ont dotée d’un bien étrange héritage. »

Si seulement je savais d’où tout ça provient… Mais pour le moment, ce n’est pas le plus important.

« Quand j’ai intégré Poufsouffle, j’ai eu du mal les premiers temps, entre les cauchemars et mon pouvoir qui s’agitait en pleine journée… j’ai dû m’habituer à vivre constamment entourée. J’ai perdu cette habitude… Pas besoin de barrière avec toi. »

Peut-être qu’il faudrait quelqu’un avec nous, ici. Jena sera potentiellement là l’an prochain, mais peut-être qu’une tierce personne me permettra de garder mes sentiments dans une boite, comme un garde-fou.

« J’suis désolée d’avoir gâché la soirée. Je… J’ai besoin de sucre, je vais faire du thé. Je t’en fais une tasse aussi ? »

Il faut que je m’occupe et surtout qu’on arrête de parler de ça. Cette sensation de ne pouvoir rien lui dire est plus que désagréable…

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MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Jeu 17 Nov - 22:05


Gabriel Ecklin
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Je n'y croyais pas une seconde. J'écoutais ses excuses, mais...ça ne me satisfaisait pas. Oui j'avais bien vu qu'elle avait perdu le contrôle, qu'elle n'avait rien maitrisé. Mais l'excuse du monde, de la fête, je n'arrivais pas à le croire, à l’intégrer. Elle ne me mentait pas, pas vraiment, mais un truc clochait dans son discours. Poudlard était toujours plein de monde, les salle commune, les cours, la Grande Salle pour manger.

Et puis, elle ne me regardait pas. Depuis quand baissait-elle les yeux devant moi ? J'étais un futur Gardien du Secret, je savais mentir aux gens, changer leur mémoire pour qu'ils oublient d'avoir vu de la magie, que le monde des sorciers existent. Mais je voyais aussi quand les gens me mentaient, et ma sœur, aussi légilimens qu'elle était, même si je ne pouvais pas savoir ses pensées, ne passait pas à la trappe. Y'avait un truc qui clochait, mais depuis quelques jours déjà.

"Ce n'est rien, ne sois pas désolé pour ça." Je ne savais quoi dire de plus sur le coup. D'un côté, j'étais vexé qu'elle ne m'en dise pas plus. D'un autre, j'avais bien vu qu'elle n'avait pas pu contrôlé ça. Qu'elle était mal et que j'avais bien fait de tout stopper. Je ne pouvais pas forcer plus. Si y'avait bien un truc chez Lena, c'était qu'il ne fallait pas la brusquer, sinon elle se refermait comme une huitre.

Elle relèva enfin les yeux vers moi. Je penchais ma tête sur le côté, continuant de l'écouter, l'air grave. J'essayais de comprendre. De réunir toutes les idées dans ma tête. "Comme un cauchemar". Mais en plein jour ? J'ouvris la bouche devant cette révélation. C'était assez problématique. Franchement problématique !

Je ne pouvais pas être toujours là pendant ses nuits, loin de là depuis qu'elle était rentrée chez les Poufsouffle à ses 11 ans. Mais ça se passait la nuit, les gens dormaient. Mais là, si elle commençait à avoir ce genre de crise lors des journées, ça allait être vite incontrôlable, et je ne pourrai agir comme je l'avais fait aujourd'hui.

Elle parla de ses parents et mon cœur se serra. C'était autant d'informations qui me faisaient me dire qu'effectivement, elle ne partageait pas mon sang, ma famille. Qu'elle avait eu une vie avant d'entrer dans la mienne. Qu'un jour tout ça nous rattraperait peut-être. Que ça aurait tellement plus simple de savoir d'où elle venait. Je fronçais mes sourcils.

"Je ne sais pas qui ils sont, mais je sais qui tu es toi. Tout héritage qu'ils t'ont laissé sans réponse est à toi. Et tu peux y trouver des réponses par toi même. Même sans eux. Tu as un don formidable Lena...si j'avais ton don, j'aurai aimé répondre à tes questions...t'aidais plus, tu le sais, je te l'ai toujours dit. Tes cauchemars essaient peut-être de te dire quelque chose ? Sont-ils plus nombreux dernièrement ? Plus forts ? Vois-tu un lien quelconque ? Ce que je sais, et cela depuis que nos baguettes nous ont choisi, et qu'elles choisissent leur sorcier, c'est que la magie ne fait pas les choses par hasard. Même si tu penses avoir un don et un héritage trop grand pour toi, sache que c'est faux. Si tu as ce pouvoir en toi, c'est que tu es capable de le maitriser..."

J'avais confiance en ma sœur. Elle paraissait chétive, mais elle avait une force démesurée en elle. Si son don avait progressé, il ne fallait pas rester comme ça.

"Peut-être qu'un professeur pourrait t'aider avec ça ? Sans ébruiter ton don ? Il faudrait trouver des stratégies pour éviter que ça ne recommence... Je ne pourrais pas être toujours là."

Et puis elle parla de Poufsouffle, son arrivée à Poudlard, le fait de devoir s’habituer à la foule. Et je devais comprendre par là, que depuis qu'elle vivait seule avec moi, elle se laissait aller niveau maitrise.

Elle se leva alors faire du thé, j'avais hoché la tête en disant oui pour une petite tasse aussi avec elle. J'en étais sûr. Je devais l'étouffer. Ce questionnement me rongeait, il fallait que je l'aborde. Au moins ça...

"Tu veux partir ?"

J'étais apparu dans l'encadrement de la porte, soucieux.

"C'est ça que tu n'oses pas me dire ? C'est ça qui te ronge au point d'en faire des cauchemars en pleine journée ? Parce que tu peux tout me dire..."

Je passais une main dans mes cheveux.

"Quoi ? mais... mais non enfin ! Pourquoi je voudrais partir ?"

Je fermais mes yeux. Oh Lena, il y a tellement de raisons... J'avais la sensation qu'elle essayait de me préserver. C'était infernal comme sensation. J'avais une boule au ventre, comme si cette conversation allait déterminer notre relation. Comme si...j'allais la perdre.

"Parce que je suis trop présent ? Peut-être que tu as besoin d'autre chose ? De t'ouvrir à d'autres personnes ? On a été très fusionnel, depuis qu'on est gosse, et peut-être que tu en as marre de ces conneries ? J'ai bien réfléchis tu sais, peut-être, que ça te dérange tout ça ?"

Et c'était peut-être Helano qui l'avait mise mal à l'aise ? En prétextant qu'on était un couple. Ça l'avait peut-être gênée, elle s'était peut-être sentie humiliée ? Étant vraiment très présent, peut-être trop proche d'elle ? Que les gens pensent que j'étais avec elle lui empêchait de faire des rencontres ? Et peut-être avait-elle besoin de ça, de faire des rencontres ? De ne pas être seulement dans mon ombre. C'était peut-être pour ça qu'elle avait ensuite demandé un verre et une danse à mon ami ? Pour "prouver" qu'elle existait, qu'elle était célibataire ou je ne savais quoi ?

"Ces conneries ? C'est ce que toi tu penses de notre relation ? Que ce ne sont que des conneries ? J'ai l'impression que c'est toi qui a envie de partir là, déjà tout à l'heure... Comme si je voulais aller à Londres avec quelqu'un d'autre et le fait que ... Ecoute... laisse tomber ça, je ne sais pas ce que j'ai d'accord."

J'eus un haut le cœur. Je ne m'étais pas aperçu de la portée des mes paroles. Ce n'était absolument pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais qu'elle comprendre. Je voulais juste me remettre en question avec elle. Ma manière d'agir, de faire...

"Non...non bien sûr que non ce ne sont pas des conneries. Je ne voulais pas dire ça. Mais on est proche tous les deux. Non ?"

Je me rapprochais d'elle.

"On l'a toujours été...je..."

On le sera peut-être pas toujours... Je ne savais pas comment aborder ça avec elle. Je me sentais mal. Je ne voulais pas qu'elle pense que je voulais partir.

"Peut-être que tu as besoin d'autre chose qu'un grand frère trop protecteur ? Peut-être que je t'étouffe ?"

J'avançais encore vers elle. Je sentais que ça avait été de trop cette conversation. Je voulais me faire pardonner. Je ne voulais pas qu'on se dispute. Je ne voulais pas lui causer plus de tords et d'angoisses pour ce soir.

"Je suis désolé d'accord." Je la tirais vers moi pour la prendre dans mes bras. Bah ouai, c'était la méthode radicale. Je la tenais d'une main et frottais mon autre main sur sa tête. La décoiffant sauvagement. Je voulais l'entendre rire. Je voulais lui enlever cette sorte de masque qui était apparu à mes dernières paroles.

"Je n'ai pas envie de partir. Je n'ai pas envie que tu partes. Mais je veux trouvais des solutions pour que tu te sentes mieux, d'accord ?" Je la relâchais sous ses coups de coude. Je rigolais avant de prendre un air plus sérieux et d'accentuer la suspicion sur mon regard, je la pointais du doigt, comme si je lui faisais la morale, mais c'était surjoué. Je ne voulais pas non plus la brusquer.

" Je sais Lena que tu ne me dis pas tout. J'm'en fiche, tu as le droit de pas tout me dire. Mais je suis prêt à tout entendre. Je serai toujours là pour toi quoi qu'il arrive..."

Je récupérais des tasses dans le placard.

"Je sais ce qui se mari bien avec une tasse de thé...une série moldu, ça te dit ?"

Et je changeais de sujet. Elle l'avait dit : "laisse tomber". Je comptais bien me faire plus discret sur mes préoccupations. Je traversais la cuisine pour sortir du placard le poste de télévision. Je l'avais récupéré de la maison. C'était un objet qui projetait des images sur des histoires inventées par les non-maj. On aimait bien se faire ça en famille. Lena et moi on aimait les mêmes genre, on était le plus accros à ces légèretés fictives.

La soirée fut calme. On discuta sur nos personnages préférés mort ou pas encore morts. Mais on ne dévia pas sur la conversation de tout à l'heure. Pourtant, j'y avais pensé pendant chacun des épisodes. On décida enfin d'aller au lit et de partir le lendemain vers 10h, histoire de manger en ville dans un restaurant moldu, ce qui nous excitait autant l'un que l'autre.

***

J'avais laissé la porte ouverte, comme chaque soir depuis que Lena vivait ici. Son hurlement me perça de part en part. Je me redressais d'un coup sur mon lit, trouvant dans le noir - par tâtonnement - ma baguette. Je sautais du matelas, prêt à en découdre avec celui qui faisait souffrir ma sœur.

Mais arrivé dans sa chambre, je m’aperçus qu'elle dormait. Ce fut un peu un choc. C'était en réalité un cauchemar. Depuis Septembre, elle n'en avait jamais fait des comme ça. Elle semblait lutter contre une force invisible. J'arrivais alors près d'elle en m’asseyant sur le rebord du lit.

Les réveils ne devaient pas être forcés. Je caressais alors son dos patiemment et parlais doucement. "Je suis là, ce n'est qu'un rêve. Ce n'est pas ta réalité. Je suis ta réalité Lena, viens me rejoindre, réveilles -toi."


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MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Ven 18 Nov - 21:47
And I’ll keep you around so I’ll know that I’ll never let you down.
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Que veut-il que je lui dise ? Je ne peux pas lui confier la vérité, c’est impossible. Déjà parce que c’est une situation délicate, mais aussi parce qu’il a eu ce geste. Ce geste de recul, bien gravé en moi. Alors que lui dire à part un mensonge ? Franchement, je ne vois pas, je n’y arrive pas, je ne pourrai jamais. Il y a tellement de vides en moi en ce moment que je ne sais pas comment les gérer. Le vide créé par ces sentiments qui ne seront jamais réciproques. Le vide que je ressens quand je me réveille après un cauchemar, impuissante à lutter contre ces forces. Le vide de ma naissance, des trois premières années de ma vie. J’ai l’impression que certaines choses sont liées, intrinsèquement. Je regarde Gabriel quand il dit savoir qui je suis. Il ne le sait pas si bien que cela, que je songe intérieurement. En revanche, je pense aussi que mes rêves ne sont pas anodins, mais je ne comprends pas leur message. Ce sont toujours des images de morts, de violence, de sang, j’ai l’impression d’avoir mal, de souffrir, même si je sais que c’est purement psychique. J’ai un sourire las quand il affirme que je suis assez forte. Ce n’est pourtant pas du tout ce que je ressens actuellement.

« Ils ont repris oui. Ça c’était pourtant calmé, je n’ai pas la moindre idée de ce qui a pu se passer pour que ça recommence. Mais si aujourd’hui, c’est la colère que j’ai ressenti, ce n’est pas ce qui prédomine dans mes cauchemars. Ce ne sont pas des images… très jolies. J’ignore si c’est lié, je n’en suis pas certaine. Mais c’est fatigant… »

Tellement fatigant. Je me souviens il y a quelques années, suite à une série de cauchemars, j’avais essayé de ne plus dormir, mais j’avais été tellement épuisée que je m’étais effondrée. Quand mon organisme ne supportera plus les effets de la legilimancie et de mes rêves, il se mettra forcément en pause. Demander de l’aide à un professeur… C’est une idée. Les Ecklin ont pu m’aider à appréhender ma nature de sorcière et qu’ils font au mieux avec mon don, ils ne possèdent pas toutes les réponses. C’est une idée, mais il faut encore que je me renseigne. Par contre, je n’aime pas la suite, qui ne fait qu’accentuer ce creux dans mon cœur. « Je ne pourrai pas être toujours là ».  Je le sais, dans tous les cas, quoiqu’il se passe ou ne se passe pas, qu’il partira. Mais cette perspective est encore si lointaine que je ne l’ai jamais vraiment réalisée.

Je prépare le thé quand il me pose la question la plus idiote que j’ai jamais entendue. J’ai envie de lui hurler que non, bien sûr que non, je ne veux pas partir, que je voudrais rester avec lui et rien qu’avec lui. Je ne comprends pas d’où il sort ça. Et c’est de pire en pire. Je me demande franchement combien e gifles mentales je suis encore capable d’encaisser. Des conneries ? C’est ce qu’on est ? C’est ce qu’il pense de notre lien. Conneries. Le mot résonne dans ma tête et me fracasse le crâne à grands coups, et je commence à me demander s’il n’est pas en train de me virer de sa vie, purement et simplement. Peut-être qu’il veut, qu’il attend que je me trouve quelqu’un pour se débarrasser de son envahissante « petite sœur ». Je sens que ça remonte, la colère, la souffrance… Et finalement cette même douleur étrange que dans mes cauchemars, comme s’il m’arrachait le cœur à mains nues.

Quand je lui parle, quand je formule, je sens que je n’aurai pas la force de supporter une nouvelle vague en moi, que je vais être totalement submergée. Je préfère couper court, je préfère qu’on arrête de parler de ça. Si c’est ce qu’il pense, alors peut-être qu’il faudrait que je parte… Mais cette seule pensée suffit à me donner la nausée. J’essaye de me concentrer sur ses mots, pour contrôler e déferlement intérieur qui me menace.

Oui bon sang ! Ouvre tes yeux ! Bien sûr que j’ai besoin d’autre chose qu’un grand frère protecteur !

« Arrête, Gabriel, s’il te plait, j’veux pas qu’on parle de ça. »

Je me passe une main sur le front, fermant les yeux. L’idée qu’on se sépare, l’idée de devoir m’arracher à lui… J’essaye d’ériger encore plus haut mes barricades et je ne me sens mieux que lorsqu’il me sert dans ses bras. Comme si j’étais complète. Je peux respirer, jusqu’à ce qu’il se mette à me frotter les cheveux. Je me débats, riant, doucement… puis plus spontanément. Il me dit qu’il ne veut pas qu’on se sépare, mais il sait que je ne lui dis pas tout. Heureusement, il ne revient pas à la charge, m’offrant un répit. On se vautre alors dans le canapé, pour regarder ce que les Moldus appellent une « télévision » et une « série télé ». C’est terriblement addictif cette chose ! Mais l’épuisement de tout ce qu’il s’est passé, me fait assez vite piquer du nez. Et demain, nous devons partir pour Londres.

Je n’ai pas eu de mal pour m’endormir, je pense même que j’ai pu profiter de quelques heures de vrai sommeil partiellement réparateur. Mais c’est arrivé… c’est forcément arrivé…

Je cours, je cours à en avoir les jambes et les poumons en feu.  J’ai mal, les branches me lacèrent le visage. Je vois des silhouettes, troubles, floues, je ne vois pas de qui il s’agit, mais je sens au plus profond de mes entrailles que je dois les rejoindre, qu’ils sont… importants. Et plus je cours, pus je distingue une des silhouettes. Gabriel ! Les autres restent flous, mais je vois que Gabriel me fait de grands signes, qu’il me tend la main. Puis c’est comme si je heurtais un mur invisible. Je m’écrase lourdement au sol. Me redressant un peu, je vois Gabriel frapper le mur invisible, je devine qu’il crie mon nom, mais rien. Je n’entends rien. Et il désigne, horrifié, quelque chose derrière moi. Je tourne la tête et une ombre énorme me tombe dessus et plante ses griffes acérées dans ma poitrine, et je sens qu’elle veut m’arracher le cœur. Je hurle de toutes mes forces… J’essaye de l’empêcher de sortir mon cœur de ma poitrine, mais je suis tellement impuissante, et j’ai mal, ça fait si mal. Je vais mourir, je vais mourir face à cette chose indistincte. Qu’est-ce que c’est ? Quelle créature fait cela ? Je suis en sueur, je ne vais pas y arriver, et il y a ce bruit, un étrange bruit… On dirait des mots mais je ne comprends pas, j’ai une main dans la poitrine bon sang ! Mais cette voix, si familière… on dirait…

« Gabriel ? »

C’est impossible, ça ne peut pas être lui, il est… il est où ? Je sens une légère chaleur dans mon dos. Mon nom, j’entends mon nom. Je ne sais pas.

« Réveilles-toi »


J’ouvre les yeux, manquant une respiration, comme si j’avais transplané. Il me faut quelques secondes pour réaliser où je suis et que ma tête cesse de tourner. Je suis dans mon lit… évidemment. Je penche un peu la tête, pour trouver Gabriel. J’ai tellement envie de pleurer, je n’ai plus la moindre force. J’attrape sa main, avant de plonger mon regard dans le sien.

« Pardon de t’avoir réveillé… Tu peux rester un peu ? »

Quand nous étions plus petits, il pouvait rester des heures et on parlait de tout, tout ce qui pouvait me distraire et me changer les idées. J’attends qu’il s’allonge, au-dessus de la couette, tandis que je suis emmitouflée dedans comme cherchant un cocon. Mais cette fois, je n’ai pas envie de me cacher, de cacher ce que j’ai vécu.

« Tu veux voir ? »

Il m’avait demandé si je voyais un lien, si mes cauchemars devenaient plus violents. Je n’ai jamais partagé ça, ni avec lui, ni avec personne d’autre. Parfois, je les décrivais, mais jamais je ne lui ai proposé d’utiliser ma légilimancie pour lui transmettre ce que j’ai ressenti, ce que j’ai vécu. Bien sûr, il n’en aura que des bribes, mais j’ai tellement l’impression d’être folle que j’ai besoin de savoir si c’est normal d’avoir si peur de chimère. Je le regarde dans les yeux, ses grands yeux noisette. Je n’ai pas envie de lui faire mal, mais il est aussi la seule et unique personne avec qui je pourrai me mettre à ce point à nue.

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MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Dim 20 Nov - 18:07


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Elle revint enfin à elle, nébuleuse comme d'habitude. Mais revenir cette fois paraissait plus difficile. Comme je m'en voulais. Cette soirée avait été difficile pour elle, et c'était moi qui avait eu cette idée de la trainer là. On aurait pu rester tranquille toute la soirée à regarder des films et séries moldu, comme au bon vieux temps... Elle n'aurait peut-être pas eu cette crise ce soir ?

Elle m'attrapa la main et me demanda de rester, c'était d'une évidence. Pourquoi demandait-elle ? Je commençais à grimper sur le lit, restant à ses côtés comme j'avais tellement l'habitude de le faire. Mon visage fit face au sien, et je la regardais d'un œil bienveillant, un doux sourire rassurant sur mes lèvres.

"Toujours !"

Alors qu'on aurait pu parler de tout et de rien, que j'aurais pu la faire rire, changer de sujet, penser à autre chose jusqu'à ce qu'elle s'endorme, elle me surprit en me demandant de "voir". Mon visage trahissait la surprise.

"Vraiment ? Tu es sûre ?"

Elle ne m'avait jamais montré. J'avais une ou deux fois demandé, mais elle ne l'avait jamais fait. Par pudeur, par choix, elle avait toujours gardé ça secret. Une partie d'elle que je ne connaissais pas encore. Je ne savais pas trop comment réagir au fond. Elle allait me passer ses souvenirs. Entrer dans ma tête. S'arrêterait-elle là ? Elle ne devait en aucun voir mes souvenirs des Insurgés. Je devais être prudent et cessais d'y penser. Il fallait que mes derniers souvenirs soient elle, la soirée, l'école. Je commençais alors à me nourrir de ces images mentales. C'était plus prudent. Bien que j'étais sûr qu'elle ne chercherait pas à voir autre chose, ou voir plus loin, mais je ne devais pas prendre de risque.

"Bien sûr que je veux voir !" Je hochais la tête déterminé à présent.

Je la sentais hésitante. Cela faisait onze ans qu'elle cauchemardait sans montrer à personne ce qu'elle voyait. C'était normal qu'elle ait une appréhension. On avait parfois des descriptions, quand elle en parlait, pour comprendre ce qu'elle vivait, mais elle n'avait jamais utilisé son don de cette manière. J'étais touchée qu'elle en éprouve le besoin maintenant, et avec moi.

"Je suis prêt Lena, depuis des années, vas-y..." La rassurais-je.

Pourtant moi aussi j'appréhendais ce moment, mais elle n'était pas censée le savoir ni le sentir. Je bloquais tout ça pour ne pas la parasiter. J'avais confiance en son don et n'avait pas peur qu'elle me blesse.

Elle posa une main sur mon visage, le bout de ses doigts sur ma tempe. Je sentis le froid envahir mon cerveau, comme si un liquide gelé dégoulinait sur ma tête lentement. Une sensation peu agréable mais qui n'était pas douloureuse. Des images commençaient à s'imposer à moi. Lena avait les yeux fermés, elle se concentrait. Je voyais ses yeux bougeaient derrière leur orbite. Les images ne me paraissaient pas claires. Tout était brouillé, rayé, grisé. Il fallait que je cède la barrière que je mettais avec elle.

Je n'arrêtais pas de me répéter que je pouvais lui faire confiance, baisser de la vigilance, il fallait que je lui permette un espace dans mon esprit, pour qu'elle y distille ses souvenirs. Je devais créer volontaire une faille dans la barrière psychique que j'avais créé depuis plus d'une dizaine d'année.

Elle ouvrit ses yeux, sentant le problème. "Ok...ok on va y arriver, laisse moi quelques secondes..." Je fermais à mon tour mes yeux, je me laissais aller. Je faisais machine arrière dans un processus qui était plutôt stable en moi depuis longtemps. J'ouvris les yeux, j'étais prêt à présent. Elle l'avait compris et je sentis de nouveau ce froid sur ma tête qui partait de ma tempe.

Les images rentrèrent en moi avec une telle violence que ça m'en soulevait le cœur. J'eus une pensée sur le fait que je pouvais comprendre ce qu'elle vivait avec les transplanage à présent. Je ne pouvais pas les arrêter, les images étaient d'abord rapides, comme si une marche accéléré s'était enclenchée, comme si elles remontaient le temps, et ça se stoppa. A présent les images se déroulèrent dans le bon sens, à la vitesse à laquelle Lena l'avait vécu dans son cauchemar. J'étais soufflé par temps de détails. Sa magie, son don était impressionnant. J'avais l'impression de l'avoir rêvé moi même tellement c'était troublant de réalité.

Je me voyais impuissant devant ma sœur. Le mur ne cédait pas, et je voyais cette force se rapprochait d'elle. Et je hurlais, frappais plus fort. C'était étrange, de me voir ainsi, et de ne pouvoir agir. De me voir de loin. Je sentais la terreur de Lena, ses sentiments, ses émotions, je ne les avais jamais perçu autant et aussi clairement, c'était dévastateur. Je me hurlais à moi même, d'agir, de faire quelque chose, de ne pas laisser les choses se passaient comme ça. Mais je ne pouvais rien faire, je ne pouvais pas lutter sur un souvenir qui n'était pas le mien. C'était au delà de la frustration, j'étais complètement démunie et abattu.

Je commençais à m'agitait sur le lit, et quand elle enleva sa main - que je revins à moi - je pris une grande inspiration comme si j'étais resté trop longtemps sous l'eau. Je me redressais sur le matelas, essoufflé et déboussolé. Ma tête me tournait.

Au delà de son rêve, de son interprétation, je ne pouvais pas rester comme ça. Je la saisis dans mes bras et la serrais contre moi. J'avais besoin de la rassurer, de me rassurer. De lui promettre qu'un truc pareil ne se produirait pas. "Jamais je laisserai faire une chose pareille. Je me battrai plus que ça, je...je ne laisserai aucun mur se mettre entre nous."

Peut-être que c'était la traduction du mur psychique que j'introduisais entre nous ? Peut-être que c'était un message pour dire qu'il était temps que je laisse cette barrière, qu'il fallait qu'on apprenne à vivre tous les deux sans filtre ? Que par la force des choses, il fallait qu'elle puisse entrer dans mon esprit, me lire et par la même occasion me transmettre ses émotions, ses ressentis, comme à la soirée ce soir avec les autres sorciers ? Mais ça voulait dire ne plus avoir aucun secret pour elle, et est-ce que j'étais prêt à ne plus en avoir aucun ?

Je la lâchais. La regardant à présent dans les yeux. Ce que je venais de vivre était intense. "J'aimerai qu'à présent tu me montres tout, à chaque cauchemar, je veux voir. Je veux en connaître l'évolution, je veux partager ça avec toi. Je ne veux pas rester derrière ce mur...je veux être de l'autre côté, avec toi !"


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MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Dim 20 Nov - 20:33
And I’ll keep you around so I’ll know that I’ll never let you down.
Gabriel Ecklin & Lena Standford

Je voudrais tellement être une sorcière normale. Sans cauchemars, sans sentiments anormaux. J’aimerais tellement ne pas avoir besoin de lui, mais je n’y parviens pas. Toujours, bien sûr qu’il resterait toujours, mais comme un grand frère. Et ça, je ne suis pas certaine de le supporter pour toujours. Une chose est sûre en revanche, c’est que ce qu’il s’est passé aujourd’hui, ce n’est pas rien. Je n’arrive plus à contrôler, éveillée ou non, et ça, Gabriel en a été témoin. Il faut faire quelque chose, il a besoin de comprendre, autant que moi, d’où viennent ces rêves qui nous pourrissent pas mal l’existence. Alors je lui propose, pour la première fois en onze ans, de partager ça avec moi. Ce sera la chose la plus intime qu’on ne fera jamais, la plus personnelle aussi. Je ne veux pas le brusquer, s’il refuse, je ne pourrais pas lui en vouloir. Mais il accepte. Je sais que je vais lui faire du mal, et je n’aime pas trop cette perspective. Toutefois, il n’y a que lui. Il n’y aura jamais que lui avec qui je pourrai partager ça, je le sens. Mes yeux se replongent dans les siens quand il m’affirme être prêt.

J’effleure alors sa tempe. Je suis faible et ce sont des émotions violentes, si je n’ai plus spécialement besoin du contact visuel, être au plus près de son esprit m’aidera, comme une béquille de soutien. C’est la première fois que je fais ça avec lui, ça me fait bizarre, mais je me détends et je laisse les choses se faire. Je glisse doucement dans sa tête pour lui transmettre les souvenirs de mon cauchemar. Mais quelque chose me gêne, ce n’est pas aussi fluide et aussi limpide que d’habitude. Pourquoi ça bloque ? Je connais Gabriel, ça devrait être facile… Peut-être que je suis trop fatiguée… Ou peut-être qu’il a peur, que ça le dérange que j’entre dans son esprit. Je rouvre les yeux, mais il m’encourage à recommencer. Ce que je fais. Et cette fois, c’est plus facile. C’est douloureux aussi, les images ne sont pas faciles à supporter, mais j’ai moins mal, tout simplement parce que cette sensation, je l’ai focalisée sur Gabriel.

Il s’agite, je le sens sous mes doigts, mais il faut me mener jusqu’au bout. A quoi ça mène, ce genre de rêve ? Qu’y a-t-il à comprendre là-dedans ? J’enlève ma main quand le rêve est terminé et je le regarde avoir la même réaction que celle que j’ai à chaque fois… l’impression d’avoir lutté pour sa vie pendant des heures. Je m’en veux de lui avoir infligé ça… Et tout à coup, il me prend dans ses bras. Je l’enserre, parce que je sais à quel point c’est important d’avoir un point d’ancrage dans ces circonstances. Je ferme aussi mes bras sur lui, sauf que je ne peux rien dire. Oh si Gabriel, il y a un mur. Et il y aura toujours un mur qui sera entre nous. Mais le plus triste, c’est que tu n’en as aucune idée… Il me regarde, droit dans les yeux pour la suite. Tu ne seras jamais vraiment de l’autre côté avec moi, Gabriel. Moi je le sais… Pourtant, ça fait des mois que j’attends ça, que j’attends une telle promesse de sa part. Oui, je voudrais passer mes nuits avec lui, lui confier mes peurs, mes doutes, mes envies. Je désirerais qu’il partage ce que j’ai de plus intime, qu’il affronte tout avec moi… Mais pas comme il l’entend.

« C’est mon fardeau, Gabriel… »
- Ton fardeau tu peux décider de la partager tu sais ? Ca fait déjà 11 années que tu le portes. Je suis là maintenant, plus rien nous sépare. Ni nos anciennes maisons à Poudlard, ni notre distance...regarde, je suis là...je peux le partager avec toi. »

Oh Gabriel… Ne peux-tu donc pas te taire ? Le mur il est là, invisible comme dans le rêve. Et chacun de ses mots m’arrache un peu plus le cœur, comme la créature dans mon cauchemar. Je sens que je vais pleurer, alors stupidement, je me cale contre lui, la tête contre son bras pour qu’il ne voie pas mes larmes. J’attends juste d’être certaine de pouvoir maitriser ma voix pour reprendre.

« Promets-moi juste qu’on arrêtera dès que ça deviendra trop pénible, tu n’auras qu’un mot à dire et je couperai la connexion. »

Je finis par m’endormir lourdement, sans rêve cette fois.


*
*   *


On s’est réveillé avec une heure de retard sur ce qui était prévu, un peu embrouillés encore de la veille. Un jean, une blouse en toile blanche et une veste assez chaude sur le dos, un thé chaud et des pancakes dans le ventre et on part en Magicobus direction Londres. Mais pas n’importe où : le monde Moldu. Le monde dans lequel j’aurai dû passer onze ans de ma vie, avant d’intégrer Poudlard. Officieusement, j’ai envie de découvrir ce monde. Officiellement, j’ai aussi envie de trouver les cadeaux de noël, et des cadeaux originaux. Les Moldus sont forts pour ce genre de choses. Il suffit de voir la télévision.

« J’ai pensé à un jeu d’échecs moldu ou à un kit de faux magicien ou une espèce de robot de cuisine, les Moldus ont vraiment des idées trop bizarres ! »

Je dis ça en regardant les rues à travers la vitre. ça fait un moment qu’on roule et bientôt, on pourrait descendre et marcher dans les rues, au milieu des Moldus qui ne sauront rien de nous. Le magicobus s’arrête, et je sors, fébrile. Tous ces gens… sans pouvoirs, qui nous ignorent royalement, qui nous bousculent aussi, ça m’amuse ! On regarde quelques devantures, mais évidemment, on ne détourne pas de notre objectifs : manger dans un restaurant moldu avant de nous occuper du reste. Et on en trouve un qui a l’air plutôt bien. Quelques moldus nous regardent, mais ce qui est bien, c’est qu’on ne nous lance pas le regard du « ah oui, ce sont les frères et sœurs Ecklin ! ». Il y a plein de plats sur la carte que je ne connais pas, et je ne trouve pas des plats connus. Il n’y a même pas de bière au beurre. Aussi je me retrouve à commander un peu au hasard.

« Si on vivait dans ce monde toi et moi, je pourrai quand même faire du droit ! Et je pourrais parler de mes cauchemars à un… comment on dit déjà… un psychanalyste. C’est fou quand même ! Tu sais ce que tu ferais toi, comme étude ? »

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MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down. Dim 27 Nov - 14:49


Gabriel Ecklin
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Je lui fis la promesse de lui dire si ce qu'elle allait me partager à l'avenir serait trop dur pour moi. Mais au fond de moi, je savais que je ne laisserai rien paraître, pour elle. Pour prendre soin d'elle. C'était elle qui vivait le plus dur. Je pouvais supporter, encaisser, assumer tout ce qu'elle me montrerait. Je ne pouvais pas la laisser tomber, pas sur quelque chose d'aussi important et qu'elle avait en quelque sorte dissimuler pendant 11 ans. Maintenant qu'elle s'ouvrait autant à moi, qu'elle me permettait de voir, je n'allais pas faire machine arrière. Même si c'était dur de comprendre ce qu'elle vivait et de la voir souffrir, je lui devais bien ça. Elle me faisait confiance.

Elle trouva le sommeil rapidement. Mais pas moi. J'étais dans mes pensées, les images qu'elle m'avait montré se frayaient un chemin indélébile dans ma tête. J'aurai aimé trouvé une solution pour l'apaiser des horreurs qu'elle voyait. Et je ne comprenais pas pourquoi elle me voyait aussi impuissant dans ses cauchemars. N'étais-je pas assez fort, assez protecteur pour Lena ? Était-ce là un signe de ce qu'elle pensait de moi dans la réalité ?

Je l'observais dormir, elle avait l'air si paisible pourtant là. A quel rythme faisait-elle ces rêves ? J'aurai eu envie d'être plus utile, plus serviable. Que dirait mes parents ? J'étais toujours celui qui la comprenait le mieux. J'avais l'impression d'être au bout des solutions, et je ne devais pas penser et agir comme ça. Il fallait que je lui offre autre chose. Une perspective plus joyeuse que ce qu'elle voyait dans ses cauchemars. La sortie de demain était parfaite et tombait à pic. Il fallait aussi que je l'éloigne des... OH !

J'avais complètement oublié. J'avais accepté cette sortie, mais je devais me rendre au QG des Insurgés. Il fallait que je trouve un moyen d'annuler. Je savais que Samuel Hansen était aux Estudines comme nous. Je devais le contacter pour lui faire comprendre que je ne viendrai pas et qu'il prévienne Aamos et Vladimir. Je sortis alors doucement du lit et attrapais dans le salon un parchemin. J'y écrivis un message codé pour Samuel. Je sortis ma baguette et lançais un enchantement. Le papier prit vie et se faufila sous la porte. Il avait pour destination l'appartement d'Hansen. Une bonne chose de faite.

J'hésitais une seconde, mais je finis par revenir dans le lit de Lena. J'avais promis de rester un peu, mais après ce qu'elle m'avait montré, je ne trouvais pas correct de la laisser toute seule cette nuit. Je grimpais sur le lit et fini par trouver le sommeil.


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MessageSujet: Re: And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down.

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And I’ll keep you around so I’ll know. That I’ll never let you down.
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