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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Février 2022.
Profitez bien des nouveautés ! Le récapitulatif est ici !

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Gabriel Ecklin
UMS 2ème Année




Je me réveillais serein à ses côtés. Elle n'avait pas refait de cauchemars, c'était une petite victoire pour moi. On déjeuna rapidement, on avait déjà une heure de retard. L'ambiance était plutôt joyeuse autour du petit déjeuner, malgré qu'on était un peu crevé. On avait ça en commun, notre passion pour les moldus. Ou plutôt disons qu'on partageait les mêmes sentiments vis à vis d'eux. A savoir, qu'on acceptait très bien ces gens sans pouvoirs, et on se sentait bien à leur côté. J'ai toujours pensé que ça faisait du bien à Lena, née moldu, de retrouver et vivre dans cet univers de temps en temps. Et c'était toujours une joie de l'y accompagner.

"Il faudrait se faire ça plus souvent !" Avais-je dit entre deux bouchées de pancakes et deux gorgées de jus de citrouille.

Je passais dans la salle de bain. Un jean noir, une chemise sombre, une veste jetée sur mes épaules. J'avais l'air d'un moldu parfait. On quitta notre appartement à l'université pour aller se trouver un Magicobus. Le trajet fût un peu long et j'étais toujours étonné qu'on arrive toujours entier lors de ces transports là. Je préférais cent fois le Transplannage à ce moyen de locomotion. On était balloté dans tous les sens. C'était peu agréable, mais il fallait bien pour une fois que c'était moi qui subissais et qui avait la nausée.

"Oui pourquoi pas un robot moldu, où un téléphone portable ? On pourrait convertir les parents ? Je suis sûr que c'est pas compliqué à comprendre ! Le plus dur sera de leur expliquer ! Quoi que papa..."

On descendit dans une rue passante. Ce monde me faisait sourire. Je sentais Lena envahie d'une émotion positive elle aussi. On commença à s'avancer comme de simples moldus sur ces trottoirs où les gens avaient tous l'air pressé, malgré leur sac chargés de vêtement ou autres achats. Le samedi était le jour de repos pour la plupart des moldus, mais malgré ça, ils avaient toujours l'air stressés ou inquiets.

On regarda plusieurs restaurant avant de se décider, c'était marrant comme les cartes étaient différentes des notre. On s'installa dans un qui avait l'air de nous attirer et nous convenir à tous les deux. En entrant j'avais une drôle de sensation. Il y avait quelque chose d'excitant et de grisant à être ici incognito. On ne pouvait pas se servir de la magie. On devait tout faire à la moldu. Et c'était tellement bizarre de ne pas voir nos manteaux s'enlevaient tout seul pour venir se mettre seuls à un porte-manteau. Ni de voir des verres de bienvenue volés vers nous. Tout était calme, platonique. Rien ne voler dans tous les sens, aucun serveur qui transplannaient avec des plats. Aucun plats qui arrivaient par magie sur les tables. On s'installa et regarda la carte. J'avais choisi un bœuf bourguignon. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, si ce n'est du bœuf. Tout était forcément plus long avec eux. Car ils devaient préparer les plats en cuisine sans magie. Mais c'était aussi le jeu, et c'était bien ce qu'on avait envie de voir, de vivre avec Lena.

« Si on vivait dans ce monde toi et moi, je pourrai quand même faire du droit ! Et je pourrais parler de mes cauchemars à un… comment on dit déjà… un psychanalyste. C’est fou quand même ! Tu sais ce que tu ferais toi, comme étude ? »

Je levais ma tête alors que je regardais la carte des desserts pour tout à l'heure. Sa question était très intéressante. Vivre dans le monde moldu avec elle ? Je me mis à sourire à cette perspective. Je la voyais bien dans ce monde. Je me voyais aussi bien dans ce monde, sans pour autant oublier la magie. Je n'avais pas vraiment pensé un métier sans magie. Je savais que des sorciers le faisaient.

"Mmmhh j’imagine quelque chose de proche, d'équivalent à Gardien du Secret pour les moldu ? Comme dans les séries qu'on regarde. Agent du FBI, agent secret, quelque chose où je bosse dans l'ombre et ou mon identité est secrète, pour protéger les gens, secourir la population sans être au devant de la scène ?!"

Sous entendu sans être comme un Auror.

"Si tu devenais par exemple avocate ou juge, je t'enverrai des clients !" Je lui fis sourire qui se voulait maléfique.

"Tu aimerai vivre dans ce monde ?"

Elle avait eu l'air d'y avoir pensé. Même à un psychanalyste. Dans notre monde on avait des Psychomage, mais elle n'avait pas exprimé le fait de vouloir leur parler. Peut-être que je pourrai aborder ça la prochaine fois avec elle. Lors d'un prochain cauchemar ?

Le serveur nous apporta nos entrées. On avait commandé les mêmes. Oeuf mimosa. Déjà parce qu'on savait ce que c'était des œufs. On regarda nos plats et on se regarda ensuite en éclatant de rire. Le serveur se retourna vers nous surpris.

"Ce n'était pas ce que vous aviez commandé ?"

"Si si, merci beaucoup ! Excusez-nous, c'est parfait !"

Je me retins de rire de nouveau. C'était agréable de découvrir de nouvelles choses. Les œufs étaient accompagnés d'une sauce étrange, citronnée, le goût était plutôt bon. Pas commun avec ce qu'on connaissait déjà, logique.

"Je crois que je serais bien ici moi. Je serais capable de m'habituer à tout ça. Ce calme !" Je la regardais en souriant avant de poser mes yeux autour de nous pour observer les gens. Il était vrai que la magie donnait quelque chose de plus vivant chez nous. Il n'y avait qu'à voir nos journaux. Les images bougeaient, vivaient, alors qu'ici, tout était, comment dire...trop plat, sans volume. Ça avait un côté rassurant et reposant cela dit. Un côté plus prévisible aussi, plus paisible donc. Vivre dans le monde moldu avec nos pouvoirs devaient être un réel luxe.

On termina notre repas. Le bœuf bourguignon était tout bonnement un délice ! En dessert, on ne se risqua pas à une surprise décevante, on prit un moelleux au chocolat. Lena avait fait le plan d'attaque de l'après midi avant la comédie musicale du soir. J'avais accepté de me laisser trimbaler partout où elle le voudrait, et sans râler. Le serveur revint à nos côtés.

"Vous avez bien mangé les tourtereaux ? Vous désirez un café ? Un digestif ?"

Je souris devant cette expression, j'avais bien compris ce terme. Tourtereau. Il faisait partit de la déclinaison bizarre des mots moldu pour désigner des amoureux. C'était plutôt amusant de le voir en direct plutôt que dans un cours très théorique. Mais cette fois, le fait qu'on m'associe comme le copain de Lena ne me dérangea pas plus que ça. Ce moldu ne nous connaissait pas, on ne se ressemblait pas et je sentais presque une sorte de fierté d'être aux côtés de Lena qu'on prenait pour ma copine. Ici tout était nouveau, et c'était comme un jeu. On ne risquait rien, surtout pas de remarques désobligeantes ou de gens choqués. Je me tournais alors vers ma sœur et lui lançais un clin d’œil complice sans relever ou contredire le terme du moldu.

"Et bien...essayons ce digestif pour voir !"

Je n'avais strictement aucune idée de ce qu'ils appelaient comme ça ici. Mais j'étais aussi là pour découvrir leur mode de vie. Il allait me donner quelque chose pour digérer mon repas donc ? Un médicament ? J'attendais avec impatience !

"Je te ferai goûter !" Avais-je annoncé à ma sœur.


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Gabriel Ecklin & Lena Standford
Ça me fait bizarre d’être ici, dans le Londres Moldu avec Gabriel. Ici, c’est différent. On est différent. Alors bien sûr que j’aimerais faire ça plus souvent : sortir avec lui, ne pas être vue comme sa petite sœur, être entourée de gens qui ignorent tout de la Legilimancie ou des problèmes qui ont fait du mal à Poudlard. Etre là, assise dans ce restaurant, ça me fait le plus grand bien. Je regarde tout : les verres, les couverts, je songe aux cadeaux que nous pourrons faire aux parents. J’imagine tellement leur tête face à un téléphone… Ici tout est stable, calme. A sa place. Rien ne bouge seul, et les serveurs en revanche vont et viennent à toute vitesse. Dire que mes parents biologiques ont grandi dans cet environnement. Ils n’ont pas connu les photos qui bougent, les créatures fantastiques, les objets bougeant seuls. Peut-être qu’ils travaillaient dans un restaurant ? Je ne sais pas. Ce monde aurait dû être le mien. Du moins en partie. Du coup, c’est assez amusant de repérer les similitudes, le fait qu’au final, je pourrais presque avoir la même vie dans cet univers… Pour Gabriel, ce serait peut-être plus compliqué, ses études tournant véritablement autour de la magie… Quoique… En réalité, il s’adapterait facilement, et les Moldus ne le rebutent pas. En fait, je l’imagine assez facilement agent secret.

« Mais pas comme James Bond. Tout le monde sait toujours qui il est. Et en plus, il multiplie les conquêtes. Vraiment pas toi. Mais le reste t’irait bien et nous ferions une excellente équipe. »

Je trinque avec lui. A l’eau, parce que ne connaissant pas les boissons, je n’ai pas couru de risque. Il y en a bien assez avec la nourriture ! Est-ce que j’aimerais vivre dans ce monde ? Hum…

« Sans renoncer à la magie ? Je crois que je pourrais me plaire. Il faut travailler dur ici, et c’est plus… logique ? Pas de risque qu’on fouille dans ta tête – je fais un sourire, c’est sûr qu’on ne croiserait pas beaucoup d’être comme moi ici – ou qu’on se soit joué de toi à cause de la métamorphomagie. Mais surtout ici, on ne serait pas pourchassé par certaines histoires. Ce serait une façon d’être tranquille. »

Pas de légende compliquée sur la pauvre orpheline née de parents moldus et adoptée qui multiplie les cauchemars et qui a des sentiments pour son frère. Pas de guerres intestines sur la nature des gens. Ici, ce serait un moyen de mettre tout cela sur pause. Mais je ne pourrais pas renoncer à la magie. Parce qu’elle fait partie intégrante de moi, parce que c’est tout de même plus simple avec elle. Et parce qu’elle embellit tout. Mes cauchemars viennent forcément d’ici en plus, de ce monde où je suis née. J’y trouverai peut-être des réponses.

Les œufs qui arrivent nous font éclater de rire. Alors c’est ça, un œuf mimosa ? Moi je pensais qu’il y aurait comme une fleur, le mimosa quoi. Eh bien non. C’est juste un œuf avec une sauce. Je goûte avec méfiance. C’est particulier, mais pas mauvais. Je souris quand il évoque le fait qu’il pourrait être bien. Oui, ça calme, ici, on est surtout coupé de tout le monde. On n’a pas à être tout ce que les autres attendent de nous. Bon, il apprécie aussi les Moldues, il faut dire.

Je pioche un bout de son bœuf « bourguignon ». Ça fond dans la bouche. Moi j’ai pris un truc qui s’appelle « blanquette ». C’est très étrange ! En revanche, ils se débrouillent très bien sur le gâteau au chocolat. Moldu ou magique, c’est une valeur sûre. Et puis, il nous faut au moins ça pour tenir le coup tout l’après-midi, car j’ai bien prévu de repartir avec tous les cadeaux de Noël. Je plisse le front en entendant le serveur. Tourtereaux ? Ce ne sont pas des oiseaux ? On ne ressemble pas à des oiseaux… Et on n’a pas mangé de tourtereaux… Mais Gabriel me fait un clin d’œil. J’aurais presque envie de me glisser dans la tête du serveur pour savoir ce que cela veut dire, mais les règles sont les règles. Quand il disparait derrière la porte battante, je me penche vers Gabriel.

« Ça veut dire quoi tourtereaux ?
- C'est un terme que les moldus emploient pour parler de gens amoureux. »

Oh !... oh. Deux fois en moins de vingt-quatre heures… Mon cœur ne devrait pas s’emballer, mais je constate que cette fois, il n’a pas reculé. Et qu’il sourit. Ce monde serait-il si différent qu’il changerait Gabriel ? Je rougis un peu quand le serveur revient. On irait donc bien ensemble. Il pose un verre minuscule devant Gabriel, je plisse le nez, intriguée. Et encore plus quand il en avale une goutte.

« Alors c’est quoi ?
- ça ressemble à du whisky Pur Feu. »

Il me tend le godet. Ça sent fort, mais j’avale, confiante… Avant de regretter amèrement. Ça pique, ça brûle, et mon visage se tord dans une grimace.

« C’est dégueulasse ! »

J’ai parlé un peu trop fort je crois, car le serveur m’adresse une drôle de tête… Puis on se remet en route, arpentant les quartiers, admirant les vitrines. Certaines sont animées et ça me fascine que les Moldus soient tout de même capable de faire cela sans magie. En passant près d’une « bouche de métro » - et ça ne ressemble pas du tout à une bouche – un mouvement de foule nous entraine. Spontanément, j’attrape la main de Gabriel, pour qu’on ne soit pas séparées. C’est idiot, mais j’apprécie ce geste. J’apprécie qu’il n’ait pas honte. Mais penser à cela me ramène à hier.

Juste le temps de nous écarter un peu de la foule et on rentre dans une boutique de téléphonies. On découvre d’ailleurs les « tablettes » et les jeux. Papa serait complètement dingue ! Pour maman j’ai pensée à une étole. Une vraie étole Moldue. On entre alors dans un magasin et mes yeux se perdent sur les tissus. Je m’égare aussi sur une robe très belle, un superbe dos nu. Mais je la repose, ce n’est pas mon objectif, et surtout, je repère des parents, avec une petite fille. A peine trois ans. Souriante, heureuse.

Une vie moldue toute simple. Moi c’est à son âge que j’ai perdu les miens. Ça me rappelle que je pourrais très bien aller à l’orphelinat. Je suis majeure, ils devraient me fournir toutes les informations sur mes parents biologiques. Mais je ne peux pas. Pas avec Gabriel, je ne veux pas qu’il se fasse d’idée. La mère pose sa fille, le temps de regarder un vêtement avec son mari, je les regarde tous les deux, amoureux et n’ayant pas à se cacher. Je les envie tellement. Puis je réalise que je n’ai plus la petite dans mon champ de vision. Et pour cause… Elle a repéré Gabriel et le regarde… presque amoureusement. Elle lui fait un grand sourire avant d’attraper un pan de son jean, attirant son attention. Il lui sourit, s’occupant un peu d’elle et ce spectacle est… douloureux. Un jour il aura des enfants. Et moi je serai leur « tata ».

« Lena ? Lena ! »

Je tourne la tête vers la femme, avant de comprendre qu’elle s’adresse à sa fille. Lena ? La petite s’appelle comme moi ? Vraiment déroutant, mais il y a une sorte de continuité alors, si elle a foncé vers Gabriel…

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Gabriel Ecklin
UMS 2ème Année




"C'est dégueulasse mais j'adore voir ta tête !" Je me mis à rire à l'expression écœuré de son visage. Ces mimiques que j'aimais tant, comme quand je lui faisais de mauvaises farces à la maison. Ce côté du monde non magique me faisait du bien. J'étais beaucoup plus à l'aise et détendu. Je n'avais aucune pression des créatures magiques, tout les soucis qui se trouvaient de l'autre côté n'avaient pas passé cette autre dimension. Comme si ici, on était protégé. Comme si on était dans une bulle, dans une autre époque. Tout ici m'amusait. On pouvait être n'importe qui. On pouvait s'inventer une histoire, un métier, une vie.

Et je trouvais Lena beaucoup plus détendue aussi. C'était peut-être qu'une impression, mais elle paraissait moins distante avec moi, elle ne faisait plus la gueule ou je ne savais quoi. C'était peut-être de ça dont elle avait besoin. De lâcher la pression, les cours, les responsabilités, les devoirs, l'U.M.S, la legilimencie. Elle n'était plus la jeune sorcière épuisée par les esprits des gens, leurs pensées, leurs humeurs négatives, tristes et que sais-je. Elle était une jeune femme normale, du moins, ici, on était personne. On était normaux, sans particularités, sans qu'on attende quoi que ce soit de nous. On était exempt de tout stress.

On quitta le restaurant de bonne humeur tous les deux et on commença à arpenter les rues, et ruelles. Il y avait du monde. On était bousculé, je rattrapais sa main pour qu'on ne soit pas séparer par un attroupement. J'étais content de voir que j'étais encore sa bouée, sa réassurance. C'était con, mais je faisais que penser à son rêve, celui où j'étais un incapable derrière un mur. J'avais peur de devenir celui qui était inutile. Alors je serrais fort la main qu'elle me tendait et on bifurqua dans un magasin d'électronique.

Mes doigts commencèrent à pianoter sur les tablettes et les téléphones. Cette technologie était quand même assez magique. Envoyer un message écrit par exemple, qui disparaissait dans le téléphone pour apparaitre dans un autre, même à l'autre bout du monde. Rien à voir avec nos hiboux lents et parfois capricieux.

"Et si on s'en achetait pour nous ?" Je me tournais vers ma sœur, c'était pas con comme idée. On pourrait ainsi se faire passer des messages plus rapidement. Et même se parler de vive voix. Finalement on craqua aussi pour nous deux en plus de notre père. Je connaissais un sorcier qui "craquait" ce genre de technologie pour qu'on est pas besoin de payer un abonnement comme les moldu, c'était pratique. Peut-être pas correct, mais pratique quand même.

Lena voulait une sorte d’écharpe pour maman. Enfin une étole m'avait-elle reprise. A peine avais-je mis les pieds dans le magasin que je m'ennuyais ferme. Je regardais à droite et à gauche, faisant mine de m'intéresser en hochant la tête de temps en temps quand Lena me montrait différente couleurs. Et puis au moment où je m'y attendais le moins, une petite tête blonde me tira la jambe. Je me penchais vers elle, et on commença à échanger, avant que je ne m'accroupisse pour lui demander où était ses parents. La petite me les pointa du doigt et je me tournais vers eux. Je lui donnais la main et on si dirigea ensemble vers eux. La mère sursauta et attrapa sa fille dans les bras, me remerciant de tout cœur. Je me retournais alors vers ma sœur, ses yeux étaient expressifs, elle semblait avoir vu...un fantôme, un souvenir. Lena. Cette petite s'appelait comme elle. Même moi ça me fit frissonner. Je n'étais pas bête, je la connaissais. Je me doutais de son émotion. Une petite fille, avec ses parents moldu.

Je m'approchais d'elle. Je soulevais son menton, pour qu'elle me regarde. "Et tu imagines peut-être que cette petite Lena recevra sa lettre pour Poudlard d'ici quelques années ?" Je lui fis un tendre sourire, penchant ma tête sur le côté. Comme pour tenter de la sonder. "Si tu savais le nombre de fois où j'ai souhaité être dans ta tête, pour chasser tous tes fantômes." J'appuyais doucement sur son menton pour pouvoir baisser sa tête et déposer un baiser sur son front.

Je la relâchais, le cœur lourd. Je ne pouvais pas imaginer une seconde ce qu'elle vivait, ce qu'elle ressentait, et je me sentais parfois démunie, sans trouver les mots qu'il fallait. Alors je lui disais une chose que je pensais sincèrement et que je lui disais parfois, pour la rassurer. "Je t'aime tu sais ?" Je lui donnais un coup d'épaule pour la faire réagir. "Frère ou pas, j'ai eu de la chance de te rencontrer. T'aurait pu passer à côté du plus beau mec de l'univers, tu te rends compte ? Ne jamais m'avoir connu ?" Je voulais dédramatiser l'instant, dédramatiser son orphelinat. Faire de l'humour, grossir l'ironie. Je voyais qu'elle avait du mal à en rire. Je voulais qu'elle détourne son attention. "Hein ma tourterelle ?" Lançais-je avec amusement, faisant référence au serveur qui nous avait pris pour des amoureux. Ce qui était plutôt amusant, ce qui j'espérai la fasse rire.


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Gabriel Ecklin & Lena Standford
Si on achetait des téléphones pour nous ? Au départ, je ne sais pas vraiment pourquoi. On vit ensemble, on étudie au même endroit, il y a les cheminettes et les hiboux. Mais très vite,  l’évidence me frappe. Gabriel est en deuxième année, ce qui veut dire qu’il va commencer ses stages. Et vu sa formation, ça peut l’éloigner.Un téléphone nous permettrait de nous parler, de nous écrire sans avoir à attendre des heures.

« Si ça ne coûte pas trop cher, c’est une bonne idée. »

Je n’ai pas du tout la notion des valeurs dans le monde Moldu, aussi je me fie entièrement à Gabriel. J’observe la boite contenant le téléphone. Il va falloir apprendre à s’en servir maintenant. Plus simple pour moi : le magasin de vêtements et de tissus. D’abord attirée par une robe, mon attention se reporte sur une petite fille. Une Lena donc. Blonde mais spontanément attirée par Gabriel. Mes parents ont certainement déjà eu des frayeurs comme ceux-là. A me chercher dans un magasin. Peut-être même que ma mère ou mon père a crié mon nom durant l’accident. Je ne me souviens de rien. C’est ma vie et je ne m’en souviens pas. Est-ce que cette moldue recevra un jour une étrange lettre et découvrira un monde inconnu de ses parents ? Je sens qu’on me relève la tête et je croise le regard de Gabriel.

« Lequel de nous deux est censé pouvoir lire les esprits ? »

Il me connait trop, c’en est effrayant parfois. Pourtant, il ne voit pas le principal. Heureusement d’ailleurs. Enfin, je ne sais pas. Est-ce que je voudrais qu’il le sache ? Mais je risquerais de le perdre. Parce qu’il a eu ce geste de recul hier. Aujourd’hui c’est un peu différent, mais personne ne nous juge, car personne ne nous connait. Est-ce qu’on pourrait vivre ici, à deux ? Oh non Gabriel, tu n’aimerais pas être dans ma tête…

« Mes fantômes font partie de moi. »

Mon cœur se serre quand il m’embrasse sur le front, comme une enfant. Je résiste à l’envie de me serrer contre lui, de glisser mes mains dans son dos. J’ignore si cette Lena ira à Poudlard, mais je lui souhaite que son cœur ne traverse pas les mêmes épreuves que le mien qui se brise à l’instant. Je ferme les yeux, ma gorge se noue. Si tu savais comme je t’aime Gabriel, mais tais-toi, je t’en supplie…. Je ne parviens pas à lui parler. Ce n’est pas la première fois qu’il me le dit, et avant je pouvais répondre « moi aussi ». Mais là, aujourd’hui, c’est différent. Et si mes parents n’étaient pas morts ? Et si j’avais grandi Moldu ? Je l’aurais forcément croisé à Poudlard, mais m’aurait-il seulement regardée ? Il est déjà sorti avec des moldues, il n’y aurait pas eu d’interdit, il ne m’aurait pas regardée comme sa petite sœur. Mais ce lien si particulier… existerait-il ? Je ne fais même pas attention à ses plaisanteries, n’ayant pas le cœur à cela. Toute ma vie réelle et ma vie imaginée défilent dans ma tête. Quelle ironie tragique. Le sort, en m’arrachant à mes parents, m’a offert une autre famille parfaite et a contribué à ce lien, qui rend mes sentiments si forts, et impossibles à partager.

« M’aurais-tu seulement regardée si les choses avaient été différentes, ô plus beau mec de l'univers ? »

J’essaie de tout verrouiller, de ne rien laisser transparaitre. Heureusement que le magasin n’est pas rempli, je peinerai à me contrôler. Le couple quitte la boutique. La petite, dans les bras de sa mère, nous jette un regard et nos yeux se croisent. Tout peut changer pour elle, d’une seconde à l’autre. Elle me ressemble un peu, c’est étrange.

« Tu es doué avec les enfants. Tu seras un bon père. »

Moi en revanche, je ne m’imagine pas maman. Pour transmettre quoi ? Un don envahissant ? Des origines floues ? Et avec qui aurai-je un enfant ? Le seul avec qui j’ai envie d’être se tient à côté de moi, et je gâterai ses enfants.  Je ne parviens pas à avoir l’air détaché et enjoué comme il serait pourtant normal de l’être. Mais je ne veux pas parler, je ne peux pas parler. Je fais mine d’être subjuguée par un tissu, avant de me reprendre intérieurement. Je suis aussi là pour ma mère, alors je dois bien choisir. Et je finis par trouver celui qui lui conviendra. Une belle étole, aux couleurs lumineuses, comme elle.

« J’ai songé à un album de musique pour Jena, elle a des goûts un peu étranges que je ne comprends pas bien mais je suis sûre qu’il y a des similitudes. Le spectacle est à 20h, on a encore largement le temps. »

Je veux juste sortir, ne pas penser à ce qui aurait pu se passer et à ce qui ne sera jamais. J’ai le cœur en miettes et je sais que je dois étouffer tout cela. J’irai me renseigner à l’Orphelinat, je me forcerai à rencontrer des gens, des garçons. Mais une fois dans la rue, je prends conscience que j’ai rendu l’ambiance pesante. Je montre une sorte de pigeon qui traine sur le trottoir devant nous.

« Tu m’as comparée à ça, en m’appelant tourterelle ? Je vais être vexée ! Alors que je suis la femme parfaite dans tout l’univers, je lui souris. Mes fantômes m’ont permis de te rencontrer et je suis contente même si je me pose beaucoup de questions sur… tout ça, je me hisse sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue. Je t’aime aussi… mais on n’a pas fini nos courses. »

Ces mots m’ont arraché la bouche. Des mots pensés, des mots vrais, cachés sous une expression de petite-sœur.

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Gabriel Ecklin
UMS 2ème Année




Ses fantômes faisaient partie d'elle. Cette phrase restait bloquée dans mon esprit. L'idée de ne plus être celui qui pouvait les chasser - comme quand on était gosse - me faisait du mal. Mais je n'en disais rien. Ce n'était pas le moment de jeter de la poudre de cheminette dans la cheminée. Je prenais conscience en cet instant, que ma petite sœur n'était plus vraiment l'enfant que je pouvais protéger contre vent et marée. Que le simple fait de la faire rire lui ne lui faisait plus envoler ses problèmes.

Je me rendais compte qu'elle avait grandit et ses soucis avec, et que je n'avais pas suivi le train en marche. Qu'avais-je raté ? Qu'avais-je fais de mal ? J'avais l'impression qu'elle mettait de plus en plus de barrières entre nous. Comme si elle ne voulait plus que je l'aide. Je me sentais de plus en plus impuissant, de plus en plus mis de côté. C'était peut-être ça la signification de ce rêve, moi derrière le mur... Je voulais ne pas trop y penser. Il n'y avait qu'à voir, elle trouvait déjà trop kitch de dire à son frère je t'aime. Elle restait silencieuse. Il y a quelque temps de cela elle m'aurait répondu qu'elle m'aimait aussi. On aurait dit qu'elle se rebellait, comme les gosses qui ne voulaient plus que les parents les embrasse devant les copains et copines. Elle fit tout de même de l'humour.

"Bien sûr que je t'aurais remarqué, tu rigoles ? Je serai pas passé à coté de ça !"

Je lui fis un clin d’œil. Que croyait-elle ? Bien évidement que je l'aurai remarqué. Je ne savais pas comment aurait évolué notre relation, mais je ne serais très certainement pas passé à côté d'une née-moldue.

Je répondus par un sourire quand elle affirma que je ferais un bon père. J'aimais les enfants, c'était vrai. C'était chez moi depuis que j'étais gosse. C'était très certainement cette tendresse et cette patience qui avaient fait ma si bonne entente avec Lena.

Elle se concentra sur notre objectif de cadeau de Noël. J'étais un peu déçu. De pas avoir eu mon "je t'aime", mon baiser en retour. C'était ridicule, mais c'était des petits rien qui me faisaient dire qu'on était encore proche tous les deux. Bon sang Lena, que se passait-il ? Qu'avais-je fait ? Car je pensais de plus en plus à quelque chose que j'aurai fais de mal.

"De la musique pour Jena ? Je marche !" Avais-je répondu d'un ton las. Je devais me ressaisir. Qu'elle ne perçoive pas trop ma déception.

Et au dehors, elle avait finalement peut-être ressentit ? Elle fit de l'humour sur les tourtereaux. "On est d'accord, on est bien trop parfait tous les deux pour être comparé à ces oiseaux !" Et puis je savourais enfin son baiser, et son je t'aime.

S'était-elle forcée à me le dire car elle l'avait perçu ? Je ne le saurai probablement jamais, mais le résultat était là. J'étais soulagé, et elle devait le sentir par contre, un poids d'inquiétude avait quitté ma poitrine. Mon cœur se regonflait d'espoir. Tout n'était pas perdu."Allez vient, on continue "

Tout naturellement je m'emparais de sa main pour qu'on avance dans cette foule un peu plus oppressante. C'était ce qu'ils appelaient les soldes où quoi ? Cette affluence était impressionnante. Si je n'étais pas avec Lena, j'aurai transplané pour aller plus vite. Mais au lieu de ça on fit à la manière moldu et on traversa habillement la foule jusqu'à un magasin de musique. On se fit conseiller par un moldu en demandant conseil auprès du vendeur. On expliqua la personnalité de Jena en évitant de parler qu'on ne connaissait strictement rien à leur groupe. Le CD en poche on quitta la boutique et on flânait au grès de nos envies, mais surtout de Lena. Il était pas loin des 18h, la nuit commençait à tomber.

"Ça te dit qu'on s'arrête dans un de leur bar pas loin de la salle de spectacle ? Histoire de se réchauffer autour d'un de leur chocolat chaud ? J'crois qu'on prend pas trop de risque !"

Elle avait validé l'idée. On avait les bras plein, aussi on se dirigea vers une ruelle vide et je sortis ma baguette. Je lançais un sort pour rapetisser les cadeaux et les faire rentrer dans le sac à Ralonge de Lena. Être moldu c'était bien, être sorcier c'était mieux pour ce genre de chose. Nous avions à présent plus de liberté de mouvement.

Au moment de sortir de la ruelle il se mit à pleuvoir d'un coup. Des trombes d'eau nous tombèrent dessus. J'eus d'abord le réflexe de sortir la baguette pour nous faire une sorte de parapluie magique, mais Lena m'arrêta avant que je ne le fasse. J'avais presque oublié le monde dans lequel on était. Et surtout les gens qui étaient déjà tout autour de nous et pouvaient me voir me servir de la baguette, même pour faire apparaitre un vrai parapluie moldu.

Il ne restait plus qu'une solution. J'enlevais ma veste et je serrais Lena contre moi afin qu'on profite tous les deux de cette précaire solution. On se mit à courir vers le bar le plus proche. Je poussais la porte le premier et fit rentrer ma sœur. On était trempé. Mais il suffirait d'un petit sort dans les toilettes chacun notre tour pour être de nouveau au sec. En attendant on rigolait bien. L'ironie de la situation. Nous n'aurions pas été de ce côté du monde, on ne serait certainement pas mouillé. C'était les côtés ludiques et aventureux que de se la jouer non magique.

"Y'a pas que des avantages finalement !" Je souriais, tout en lui replaçant une mèche trempée derrière son oreille. Ma douce Lena, qu'est-ce que je ne ferais pas pour toi ? Si tu savais à quel point tu es importante pour ma vie, si seulement tu pouvais le sentir, le voir. Si seulement ça pouvait suffire à te rassurer ?

Je fis filer ma sœur la première aux toilettes pour qu'elle se sèche et je commandais pour nous deux des chocolats chauds. Quand elle revint j'y allais à mon tour. Personne n'avait remarqué, les moldu ne remarquaient pas ce genre de détail que leur esprit ne pouvait pas réaliser.

Pendant que j'étais dans les toilettes, j'avais pensé à mon futur stage. Il était pour bientôt. Et j'angoissais pas mal à vrai dire. Lena allait se retrouver seule et je la trouvais moins bien depuis quelques semaines. C'était peut-être l'occasion de lui proposer une colocation ? Je m'installais à table et le serveur arriva au même moment. Les bols étaient fumant et je vis Lena s'y précipitait pour se réchauffer les mains contre le récipient. J'en fis de même.

"Dis moi Lena, tu sais que je vais avoir des stages. Bientôt d'ailleurs. J'ai pensé que cet appartement était bien grand, et je ne suis pas vraiment tranquillisé de t'y laisser seule alors que tu viens juste d'arriver à l'UMS. Que penses-tu d'une colocation ? Ça serait possible pour toi ?"

Je pensais à son don, peut-être qu'il était bien trop instable en ce moment pour vivre à plusieurs ? Mais elle avait dit qu'il s'était adapté au dortoir de Poudlard, et que maintenant, seule avec moi, il prenait des libertés en quelque sorte.


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Gabriel Ecklin & Lena Standford

Pense-t-il vraiment ce qu’il dit ? Gabriel était l’un des Serpentard les plus populaires qui soient, attirant l’attention de toutes les plus belles filles de Poudlard. Et des Moldues. Pourquoi se serait-il intéressé à une née-moldue qui passait inaperçue ? Puis je repense à notre conversation d’hier, à la cafétéria. Il cherche une fille – non, une femme – réservée, sérieuse, posée. Une partie de moi ne peut s’empêcher de songer que j’aurais pu être cette fille. Mais aurions-nous encore ce lien si particulier, qui est né précisément avec le temps et la proximité ? Je l’ignore. La vérité, c’est que j’avance dans un flou total depuis que j’ai pris conscience de ce que je ressens pour lui. Je sais juste que ce ne sera jamais réciproque, que ça ne sera jamais acceptable et accepté, qu’il faut que je me tourne vers d’autres personnes. Encore faut-il que j’en trouve la force. Alors pour le moment, je me contente de petit pas et de me focaliser sur les choses sur lesquelles j’ai encore un certain contrôle, comme le cadeau de Jena. Je sens d’ailleurs que Gabriel commence à se lasser, il n’a jamais aimé courir les boutiques, comme notre père. C’est certainement un truc d’homme.

La deuxième chose que je peux encore arranger, c’est l’ambiance de l’après-midi. Je sais que je l’ai blessé, lui refusant ce lien de frère et sœur. Je sais donc que pour le rendre heureux, je dois le rétablir. Quitte à ce que ça me détruise encore un peu. J’en profite aussi un peu. Ce sera la seule et unique manière pour moi de lui dire que je l’aime. Cette vérité me frappe de plein fouet aujourd’hui, parce que même ici finalement, il n’y a pas d’espoir pour nous. Il faut que je passe à autre chose, comme j’ai décidé un jour de cesser d’espérer le retour de Seth. Sauf que je sais que cette fois, la douleur sera incomparable. Elle l’est déjà, en un sens, quand il me prend la main. J’essaie de me concentrer sur la foule, qu’il faut traverser, plus que sur cette sensation.

La boutique de musique quant à elle m’offre une bonne distraction. Parce que c’est un monde totalement inconnu. Aucun de ces groupes Moldus n’a été entendu dans notre monde il me semble. Mais Jena devrait aimer. Le vendeur lui sélectionne un disque presque sur mesure. Puis on reprend notre errance, sans but. Je tente de ne pas penser à lui, au fait que je devrais lui trouver un cadeau à son tour. C’est lui qui me tire de mes pensées, avec une proposition que je ne peux pas refuser.

« Oui, je commence à avoir froid ! »

Mais avant, il faut trouver une solution pour tous nos sacs, parce que sinon, on en profitera pas du spectacle. Et c’est là que le monde moldu connait ses limites. Aussi, nous profitons de notre nature de sorciers pour régler discrètement ce petit problème. Oui, être sorcière mais vivre dans le monde moldu ne m’aurait pas déplu, en dépit de toute la prudence dont il faut faire preuve. Prudence que Gabriel manque d’oublier en voulant nous protéger de la pluie qui s’abat soudainement. Il n’est tout de même pas question qu’il ait des ennuis avec la justice pour quelques gouttes.  Au lieu de cela, j’ai l’impression de revivre une scène classique des séries qu’on regarde ensemble lui et moi. Il nous couvre de sa veste, nous obligeant à une proximité tellement classique qu’elle en est innocente pour lui. On court, pour se mettre à l’abri. Il fait froid, par conséquent, entrer dans ce bar est une vraie bouffée de chaleur. Le voir trempé me fait rire. Depuis quand n’avons-nous pas été dans cet état ? On doit être ridicules, mais humains. Je le regarde, terrifiée à l’idée qu’il puisse lire dans ma tête, lire à quel point je le trouve sexy avec son t-shirt trempé, collé à sa peau, les gouttes d’eau glissant sur son visage. Je baisse instinctivement les yeux quand il replace une mèche de cheveux derrière mon oreille, comme une adolescente le ferait face à son premier émoi. Il m’envoie me sécher après cela. Une fois seule dans les toilettes, je prends une grande inspiration et me regarde dans le miroir.

Ça suffit maintenant, Lena. Tu ne peux plus continuer comme cela, tu dois absolument passer à autre chose. Je hoche la tête, comme si je répondais à mon reflet. Je m’assure d’être seule, sort ma baguette et me sèche d’un sort avant de ressortir.

Quand il file à son tour aux toilettes, je regarde autour de moi. Je dois avoir cette vie-là, insouciante. J’observe un couple, la fille n’est pas amoureuse, je le vois. Mais elle se dit qu’avec le temps ça viendra. Voilà ce que je dois faire. Me donner une chance et donner une chance à un garçon de gommer ces sentiments anormaux. Le serveur et Gabriel arrivent au même moment. J’ai toujours adoré coller mes doigts aux mugs brûlants. Je renifle le chocolat moldu, avant de reporter mon attention sur Gabriel.

Une colocation ? Gabriel et moi sommes si fusionnels que j’ai toujours repoussé l’idée qu’on ne soit pas que tous les deux. Ça avait été un bonheur au début, et j’ai toujours songé que Jena ne viendrait jamais mais partirait directement conquérir le monde. Sauf qu’il est devenu clair que ce n’est plus tenable. Parce que vivre avec lui ne fait qu’augmenter ce que j’éprouve et m’empêche de tourner la page. Ai-je envie que des gens s’immiscent dans notre vie ? Non. Mais il faut quelqu’un pour nous regarder comme des frères et sœurs et me renvoyer cette image en plein visage quand je l’oublie.

Je me cale contre le dos de la chose, le mug entre les mains. Il me brûle mais ce n’est pas grave. J’en avale une gorgée terriblement sucrée et chaude. Le grand frère veut protéger sa petite sœur, encore un moyen de nous éloigner. Puis viendront ses stages. Il faut défaire ce lien, même si ça fait mal.

« Tu sais, je suis une grande fille, capable de prendre soin d'elle. Mais tu as sans doute raison. Je ne me suis jamais retrouvée complètement seule, et ce serait bien d’avoir quelqu’un d’autre, un esprit auquel je ne suis pas habituée, pour forcer… tu sais quoi à se tenir tranquille. J’ai juste un peu peur pour mes cauchemars, être réveillé la nuit par une fille qui hurle, tu sais que ce n’est pas agréable. »

Ça, ça va être le gros point noir. Mais c’est nécessaire. Oh, je sais que mon don ne posera pas problème. Il faut faire ce qu’il faut et même si j’ai du mal à imaginer quelqu’un entre nous, c’est pour notre bien à tous les deux.

« Tu as déjà une idée de qui pourrait nous supporter ? Et… tu sais déjà où tu vas être envoyé pour ton stage ? »

Dire que l’an prochain ce sera mon tour… dur à croire et pourtant. D’ici là, il faudrait donc réfléchir à qui pourrait partager notre vie. Les choses vont changer à partir de maintenant. C’est une certitude.

« On pourra s’appeler avec nos… portables. On mange avant le spectacle ? »

On commande  des nachos, je ne sais pas ce que c’est et Gabriel non plus. Autant dire que ça nous fait bien rire quand on voit la tête du plat qui arrive. On mange en plaisantant. A un moment je me penche par-dessus la table pour passer mon pouce près de ses lèvres où s’étale un filet de fromage récalcitrant.

« Le mec le plus beau de l’univers vient de prendre un coup à son sex-appeal. »

Je souris, avant de me rendre compte que j’ai, une nouvelle fois, lamentablement échouer à mon désir de rétablir la distance salvatrice entre nous. On finit le plat et il est bientôt l’heure d’assister à Wicked… avec un casting de Sorciers ! On fait la queue dans le froid, bien que la pluie ait cessé, et je grelote un peu. Puis vient notre tour.

« Rangée H, sièges 126 et 127, m’sieur dame. »

Un petit sourire discret. Effectivement, ils nous prennent encore pour un couple. On se fraye un chemin jusqu’à nos places. Les lumières de la salle s’éteignent et ceux de la scène s’allume. La musique retentit. Et l’histoire conte celle d’une enfant rejetée pour sa différence. Je dévore l’acte avec avidité, regardant partout, admirant l’ingéniosité des moldus pour réaliser ces effets – qui seraient toutefois plus réalistes chez nous. Je soupçonne même un moment un vrai tour de magie. Je suis tellement dedans que je ne fais même pas attention au fait que j’ai attrapé la main de Gabriel, et que je ne la lâche pas.

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Gabriel Ecklin
UMS 2ème Année




Oui je le savais qu'elle était une grande fille, du moins, je commençais à m'en rendre compte, parce qu'elle me filait entre les doigts depuis qu'elle était entrée à l'UMS. Je ne devais plus nier l'évidence. Toutefois je fus rassuré qu'elle accueille cette proposition avec réflexion et qu'elle se rende compte qu'elle n'avait jamais vécue seule. Pendant 7 ans elle avait vécu en dortoir, où à la maison entourée de la famille pendant les vacances. Moi même j'avais pris une colocation en arrivant ici, et si Lena n'était pas arrivée, quand l'appart s'était vidé de mes colocataires j'en aurai repris un. J'étais indépendant, mais c'était quand même agréable de ne pas manger seul par exemple.

Effectivement il y avait le soucis de ses cauchemars. Je souriais quand elle disait cela. Oui je savais que ce n'était pas agréable. Ça me tirait de mon sommeil en panique, parce que je savais que c'était elle. Et d'autant plus maintenant, que je savais le contenue de ses rêves. "Peut-être pouvons nous réfléchir à un Assurdiato dans la pièce les jours où je ne suis pas là ?" Histoire d'insonoriser la chambre de Lena en mon absence ? "Je n'ai personne en tête, peut-être une camarade à toi ? Après tout, elle vivra avec toi quand je ne serai pas là, autant que tu choisisses."

Oui j'avais délibérément dit "elle", car je ne voyais pas un homme venir dans notre colocation. Il en était hors de question. Je savais comment les choses pouvaient dériver sur le campus. Certains sautaient sur l'occasion de la coloc pour faire des plans foireux avec les filles. Et si en plus le gars pigeait que je partais quelques jours par mois... Non une fille c'était bien pour Lena.

"Je pense que mon premier stage va être à New-York, je dois visiter le MACUSA avec la classe !"

Je lui fis un grand sourire. J'avais hâte d'y être et en même temps, je voulais régler ce soucis de colocation avant de partir, car je me sentais un peu coupable de l'abandonner maintenant que ses cauchemars s'intensifiaient et que son don était plus...puissant ?

"Bien évidement, c'est obligatoire ! Des messages et au moins un appel par jour ! Hors de question que tu prennes tes aises pendant que le chat n'est pas là !" Je souriais en lui faisant un clin d’œil.

On mangea rapidement, le plat était bon et c'était une découverte pour nous deux, bien évidemment. Étrangement je fus gêné par son geste. N'allez pas me demander pourquoi, mais soudainement je le trouvais...différent. J'écoutais sa phrase à moitié, un peu perturbé. Mais je lui fis un nouveau sourire en réponse au sien. La sentiment fut fugace, pas assez pour que j'y prête plus attention à vrai dire. Je continuais de manger sereinement.

On ne tarda pas pour filer au spectacle. Nous avions de bonnes places. Ce faisait du bien de rentrer dans la salle, il y faisait chaud. Je perçu encore une fois qu'on nous prenait pour un couple. Oui ici on nous prenait pour des tourtereaux. Dans ce monde, personne ne savait qu'on était frère et sœur. Cela n'appartenait qu'à nous. C'était un constat étrange. Comme la sensation de tout à l'heure.

On était vraiment différent, j'en prenais conscience. Ici, on pouvait être d'autre personne. Ici on pouvait être un couple. Mon cœur s'emballa un peu sous cette révélation. Pourquoi ça me perturber autant, et pourquoi maintenant ? Après avoir passé la journée avec Lena, dans ce monde, avec tous les indices et les suggestions des gens peut-être ? D'abord le serveur, puis les vendeurs, et maintenant ici dans la salle de spectacle. On avait même un siège double, sans séparation.

Et Lena, est-ce que ça la déranger ? Était-ce pour ça qu'elle était étrange depuis le début de la journée ? Ça me rappelait hier soir, avec Helano, peut-être avait-elle été vexée en fait, qu'on nous confonde, qu'on nous prenne pour un couple. Et d'un coup, je sentis qu'elle m'attrapait la main, fixant droit devant elle, concentrée sur l'histoire, la musique. Je sentais par moment qu'elle la serrait un peu plus fort lors d'un passage plus tendu, plus triste. Je la regardais faire, agir.

Je passais le spectacle à écouter et réfléchir en même temps. Mais j'étais émerveillé par ce que je voyais. Et percevait à peu près quand c'était du moldu ou du sorcier. Mais je n'osais pas interrompre la concentration de Lena pour en parler avec elle. L'entracte sonna. Les lumière réapparurent et je sentais Lena lâchait ma main.

"Tu aimes ?" Je souriais, voyant encore des étoiles dans ses yeux. Bien sûr qu'elle avait aimé. Je me redressais un peu, reprenant une consistance.

"Tu veux quelques choses à manger ? J'ai vu des gens passaient avec des paniers, y'a des trucs à boire et à grignoter !" D'un coup, je ne savais plus quoi lui dire. Comment si j'avais perdu mes moyens. Comme si je ne trouvais plus rien d'intéressant à lui dire. J'étais encore un peu perturbé par tous mes questionnements.


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Gabriel Ecklin & Lena Standford

Gabriel a de la suite dans les idées. Un Assurdiato, ça permettrait à notre colocataire de ne pas entendre mes cris. Je ne peux m’empêcher de songer au fait qu’il ne l’a jamais utilisé. Pourquoi ? Après tout, ce ne sont que des rêves et il a besoin de dormir. Pourtant, il s’est toujours levé pour venir me rassurer. A Poudlard, j’avais dû recourir à certaines stratégies, mais mes nuits s’étaient considérablement apaisées. Je ne comprends pas bien pourquoi ça a repris en redoublant d’intensité depuis quelques semaines. Je hoche la tête, approuvant sa proposition, je n’ai pas vraiment envie de passer pour une folle auprès de quiconque. Une camarade à moi… Mais qui ? Je ne fais pas partie de ces filles entourées de copines ou qui sont totalement inséparables de leur « BFF ». Jusqu’à présent, Gabriel a toujours été mon seul meilleur ami. Je n’avais besoin de personne d’autre pour un rôle aussi important. Il faudra que je me renseigne auprès de mes connaissances. Certaines pourraient être intéressées, et il devient plus que nécessaire pour moi d’avoir un garde-fou.

« Oui… Oui, tu as raison. J’en parlerai autour de moi. Ce sera bien mieux que de se retrouver avec une inconnue. »

Et je ne serai pas à l’aise avec un garçon. Avec deux filles, le schéma familial serait restauré, Gabriel se comportera encore plus comme un grand-frère, ça me rappellera la maison. Le pire schéma qui soit, parfait donc pour brider complètement mes sentiments. Son sourire me fait sourire. Je sais que ça va me faire bizarre de le voir partir, on ne s’est pas quitté d’une semelle depuis des semaines, mais je sais qu’il sera heureux. On dit tellement de bien de New-York… c’est une expérience extraordinaire pour lui et il va forcément être excellent dans ce qu’il aura à faire. Et puis, il sera amené à partie de plus en plus souvent, de plus en plus loin, de plus en plus longtemps avec sa formation et le métier qu’il a choisi.

« Tu penseras à moi en visitant le tribunal. Et si vous avez un quartier libre dans la Voie Lactée, ramène-moi un truc. »

Et puis, on s’appellera, avec cette technologie moldue. Si elle est assez puissante. Ce ne sera pas pareil, mais nettement mieux que les cheminettes et les hiboux qu’on utilisait lors de sa première année à Poudlard, ou de ma dernière.

On a ensuite pris la direction du spectacle qui me fait vibrer, angoisser, rire. Ça fait tellement longtemps que je ne suis pas allée voir un spectacle. Et voir la façon dont les Moldus nous perçoivent c’est… juste ridiculement drôle. Et puis l’entracte arrive. Je lâche Gabriel, me détendant, revenant au monde réel.

« J’adore. Et je risque de chanter les chansons à l’appart pendant des jours et des jours ! »

J’étais tellement concentrée sur la pièce que je n’ai pas du tout prêté attention aux marchands de friandises qui seraient apparemment passés.

« Oh tu veux dire… comme dans le train ? Goûtons leurs bonbons ! »

Je n’ai jamais mangé de friandises moldues. Est-ce qu’ils ont des chocogrenouilles ? Ou des Plumes en sucre ? On descend quelques rangées pour atteindre le chariot. Bon, pour être honnête… je ne connais rien du tout. Je finis par choisir des oursons au chocolat et des têtes brûlées. Si les oursons m’amusent bien que totalement statique – je m’attendais un peu bêtement à ce qu’ils s’agitent et chantent – les têtes brûlées en revanche me font faire une grimace terrible.

« Ils ont vraiment des idées bizarres ! »

Ça pique, c’est acide et au final, même pas bon. Je discute un peu avec Gabriel de certains « effets spéciaux », c’est comme ça que les Moldus disent. On en soupçonne certains d’être de la vraie magie. Mais ils n’oseraient tout de même pas, pas devant autant de non-maj… n’est-ce pas ? On regagne nos places peu avant la reprise, et j’observe la foule. Il y a des familles, beaucoup d’enfants. Tous des Moldus. Qui ne se doutent de rien. Peut-être que quelques enfants ici auront un jour une lettre de Poudlard. Et les parents qui ne se doutent de rien. J’étais trop petite pour ce genre de représentation. Mais peut-être qu’on y serait allés avec mes parents biologiques. Peut-être que Gabriel emmènera ses enfants. Ça reprend, et je regarde de nouveau le show émerveillée.

Quand ça s’arrête, j’applaudis à pleine main, avant de montrer à Gabriel la foule dans la fosse qui se masse au pied de la scène pour avoir une photo avec les acteurs et chanteurs. Ils sont fous ! Les Moldus sont fous ! Sauf qu’au lieu des appareils photos, ce sont… des téléphones qu’ils brandissent. Etrange… Mais  du coup, ça fait germer une idée dans ma petite tête. Je me penche vers Gabriel.

« Couvre-moi ! »

Heureusement, les gens nous ignorent totalement, trop occupés à quitter les gradins. Mais discrètement et cachée par Gabriel, je rends à l’une des boites contenant un téléphone sa taille normale. Je sors l’appareil de son emballage et essaye de comprendre le bazar avec la batterie et le reste. J’allume le téléphone, émerveillée comme dans le magasin. Je découvre les icônes. Ah voilà, l’appareil photo.

« Rapproche toi et souris ! que j’ordonne à Gabriel en collant nos épaules, avant de brandir le téléphone devant nous. Un clic et notre image figée apparait sur l’écran. Comme ça, je suis sûre que tu ne m’oublieras pas à New-York ? »

Elles sont vraiment étranges les photos moldue : elles ne bougent pas ! Mais on peut en prendre tellement… C’est incroyable. Mais surtout l’heure s’affiche.

« Oh, il est tard ! On n’a même pas pu voir les acteurs… »

Je ne sais même pas s’il y a encore des magicobus  à cette heure-ci. Ce qui voudrait dire... transplanage ? Oh non...

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Gabriel Ecklin
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« J’adore. Et je risque de chanter les chansons à l’appart pendant des jours et des jours ! »

Je me mis à rire. Je n'en doutais pas UNE seconde ! Mais j'aimais ça, sa bonne humeur, son enthousiasme pour toutes les petites choses de la vie. Son côté vivant et heureux de vivre. Etait-ce tous les gosses qui avaient frôlé la mort qui étaient comme elle ? Où était-ce elle qui était si spéciale ?

Je m'amusais de voir sa tête faire des grimaces avec les bonbons qu'on avait pris. Moi j'aimais bien. Ce goût pétillant en bouche. "Rooh aller arrêtes, ce n'est pas pire que les Bertie Crochue goût crotte de nez si ?" Je me demandais, après réflexion, qui des moldus et des sorciers étaient les plus bizarres finalement ?

Le reste de la soirée était plus détendue, mais le malaise en moi ne partait pas. Je passais un très bon moment, mais j'avais comme un goût amer en bouche. J'étais censé être le Gardien des Secrets et non pas en être victime. Pourtant je sentais comme quelque chose de sournois qui se profilait à l'horizon, sans que je puisse savoir quoi et comment. J'avais vraiment besoin de sommeil. La nuit avait été courte et riche en émotion et en révélations. Dire que j'appréhendais la suivante était un euphémisme. J'étais terrifié à l'idée que Lena soit terrassée par un nouveau cauchemar.

Je sursautais quand Lena et la salle entière se mirent à applaudir? J'en fis de même automatiquement. Le spectacle était fini et l'essentiel était le temps passé avec elle et les étoiles dans ses yeux. Avait-elle passé un bon moment ? Ou ça avait été aussi un peu plus pénible pour elle vers la fin ? Ça je n'allais pas lui demander.

J'écartais un peu ma veste au dessus d'elle pendant qu'elle montait le téléphone portable. Je souriais amusé par son énergie et sa motivation à faire comme tout le monde ici. Comme un simple moldu. Je me rapprochais comme elle le demandait et je souriais, heureux.

"Bonne idée !Je pourrai aussi faire ça, t'envoyer des images d'où je me trouve, je te ferai visiter le MACUSA en photos figées."

Je sentais à sa voix qu'elle angoissait pour l'heure. Et je lui confirmais qu'il n'y avait plus de Magicobus. "Mais j'ai une idée, viens..."

Je lui pris donc la main et la fis sortir avec moi de la grande salle de spectacle, on sortit devant le bâtiment où des grandes voitures noires étaient garées devant. Des Taxi Londoniens. "Tout va bien se passait !"

Je voyais son appréhension sur son visage. Peut-être que je lui demandais beaucoup de monter dans cette voiture. Mais je savais qu'elle était capable, et puis elle était avec moi. Tout se passerait bien, je ne la laisserais pas avoir peur une seconde. Si le gars conduisait mal, j'avais toujours l'option du transplanage. "Bonsoir ! Alors où je vous dépose, à l'hôtel je suppose ?" Nouvelle allusion.

"Non, à vrai dire nous voudrions aller ici !" Je montrais un plan sur la banquette du taxi. C'était la rue qui permettait, par le fond d'un bar, de rejoindre le Chemin de Traverse. "Oh oui cette rue est magnifique pour une dernière balade en amoureux !" Bon ça devenait de plus en plus gênant mais je ne fis pas de remarques. "Oui s'il vous plait !" Avais-je seulement répondu pour ne pas tomber dans les interminables et inexplicables explications. Pourtant il aurait simplement fallu que je dise qu'on était frère et sœur.

On resta à se tenir la main tout le long du trajet. Je voulais qu'elle soit rassurée. Il fallait dire qu'on était pas vraiment à l'aise, mais l'un avec l'autre, l'expérience était plus facile à vivre. Surtout que le chauffeur était très prudent et roulait calmement. Il n'était pas pressé. On arriva à bon port et je payais en argent moldu le chauffeur qui n'avait pas arrêté de nous questionner tout le trajet. Du coup on s'était amusé à s'inventer une vie avec Lena. Ça avait permis qu'elle pense à autre chose et qu'elle oublie l'angoisse de la voiture. Elle était avocate et j'étais agent de sécurité. En sortant de la voiture on s'était lâché, riant à plein poumons, s'étant contenu tout le long de la route. Je n'avais pas rigolé comme ça depuis des semaines, des mois peut-être ! Ça faisait vraiment du bien.

On rentra dans le pub moldu anglais et je filais avec Lena à l'arrière, ouvrant la porte de secours. On se dirgea devant un mur de brique. Un coup d’œil à droite et à gauche pour s'assurait qu'il n'y avait personne et je déplaçais les briquettes. Le passage vers le Chaudron Baveur s'ouvrit et on retomba enfin dans le monde sorcier qu'on connaissait si bien. D'un coup, tout était bruyant, animé. C'était un peu un choc de revenir dans ce monde après avoir été au "calme" durant une journée entière. Il devait être 1h du matin. Mais il y avait encore du monde, encore de la vie. Je cherchais une cheminée.

"Ça va nous rapprocher de l'appart. On n'aura plus qu'à transplaner du hall de l'UMS ? Ça ira ?"

Effectivement, à cette heure ci, l'école devait être fermée, donc impossible d'en sortir autrement que par Transplanage. Mais c'était toujours ça de gagner pour le mal de Lena. Elle n'aurait pas à subir un très long transplanage. On disparut dans la poussière verte de la poudre de cheminette pour réapparaitre dans l'Agora.

"Respire un grand coup, ça sera rapide. Si tu le fais avec moi, ça sera moins difficile. La règle des 3 'D': Destination, Détermination, Décision. Tu visualises l'appartement. Tu te motives, tu es sûre de toi. Que ça va marcher. Et tu prends la décision, on le fait à 3 ça marche ?" Je lui pris la main que je serrais fort pour qu'elle se sente en confiance.

"Tu visualises l'appartement...tu vas y arriver, je suis là, je t'accompagne dans le geste, tu es prête ! 1....2....3" On disparut du hall dans un craquement sonore.

Je gardais Lena contre moi quelques secondes. "Alors ? Mieux ?" J'espérais que l'idée qu'elle visualise elle aussi pouvait lui permettre d'accompagner le geste et de soulager un peu ses maux.

"Bon et bien, c'était bien génial comme expérience, mais je suis épuisé, toi aussi je suppose. Tu veux...tu veux que je reste un peu ce soir ? Le temps que tu t'endormes ?" Mon regard insistait un peu. "Comme avant ? à la maison ?" Faisant référence chez les parents. Je vus qu'elle hésita, mais elle hocha la tête pour approuver.

Chacun notre tour on fila à la salle de bain et je la retrouvais dans la chambre et me posait par dessus ses couvertures, attendant qu'elle s'endorme paisiblement. Je luttais pour ne pas piquer du nez à mon tour. Mon esprit était reposé à ses côtés. Une fois que j'entendis sa respiration calme et lente, je me relevais pour gagner mon lit et faire une nuit sans rêves.


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