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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Février 2022.
Profitez bien des nouveautés ! Le récapitulatif est ici !

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Ludwig Strofki Valdemar
UMS 1ère Année


8 Janvier 2019 - UMS

Comme toujours je suis assis au fond de sa classe. Je l'observe. Aujourd'hui elle ne porte pas sa béquille. Je me retiens depuis des mois de la suivre quand on quitte les cours. Je sais que je pourrai passer des heures à la regarder, à l'épier, mais je me l'interdis. Ce n'est pas correct pour elle. Et encore moins respectueux. Je n'aurai pas de mal à trouver où elle habite, ce qu'elle fait de ses temps libres. Son odeur ne me quitte pas depuis septembre. Mes heures de cours m'en disent déjà assez. Je ne ressens aucun fluide magique en elle. Je sais ce qu'elle est. Une moldue. Mais sa présence ici me dit aussi autre chose. Elle connait les sorciers, c'est une Cracmol. Des êtres si rares qu'ils semblent damnés. Un peu comme nous les vampires. Il faut que je lui demande pour en être sur, mais l'UMS n'accueille aucun moldu.

J'écoute ses cours avec délice. Je m'apprivoise sa voix, ses mouvements, chacun de ses sourires mal assurés. Elle est gracieuse, tellement gracieuse. Mais elle porte un masque. Elle est délicieuse à regarder, si mystérieuse que j'ai l'impression de percer une énigme à chaque cours. Je me délecte de chacune de ses intonations, de ses mimiques. Je réponds presque timidement à ses questions. Elle connait bien son sujet, bien évidemment, et je fais celui qui découvre tout un monde. Parce qu'il me semble que j'oublis tout quand elle est là et que je découvre à travers elle quelque chose de différent.

Elle est jeune et j'ai déjà vécu tant d'années, mais elle a ce petit quelque chose d'écorché en elle. Elle me plait. C'est terriblement surprenant. Pas effrayant, mais troublant. Je me suis bien gardé d'en parler à Tobias et Elisabeth. Elle est donc mon petit secret, mon bout d'oxygène. Le rythme dans sa poitrine me berce, je le connais par cœur. Je me surprends parfois à laisser aller mon Occlumancie pour la ressentir encore mieux.

Je la fixe sans pouvoir baisser mes yeux quand elle m'observe ou passe à côté de moi. J'ai conscience que je dois être déstabilisant pour elle. Mais ici je suis le plus troublé des deux. Elle m'intrigue. C'est une battante, je le voie, je le sens. Elle est là, dans ce monde entouré de magie, sans pouvoir la pratiquer, mais elle irradie quand même. Elle a sa place au milieu de nous. Elle est ancrée à la vie et c'est ce qui me plait. Elle n'est pas sorcière, pas créature magique, mais elle brille quand même. J'ai envie d'en savoir plus sur elle, mais je n'ose pas franchir les limites. Je ne sais pas comment l'aborder sans lui faire peur. Qu'on soit clair, je suis un vampire, même si je suis doté d'une aura envoûtante, les moldus sentent la différence.

J'attends la fin du cours avec une infinie tristesse. Je tarde, je suis toujours le dernier, alors que j'arrive toujours le premier. Je traîne, ce n'est pas mon genre, mais avec elle ça le devient. J'apprécie les quelques minutes où nous nous retrouvons seuls. Elle me parle, du cours, de la leçon, c'est un jeune professeur et jamais le sourire ne disparaît de mon visage lors de nos cours échanges.

Je la remercie, l'aide à ranger la salle, comme je le fais souvent et je m'en vais sans en dire plus, sans en demander plus, et sans quitter mon sourire. Elle ne demande pas grand chose non plus. On s'observe, on se jauge depuis plus de 4 mois. Mais aujourd'hui, après la réunion de ce week end au QG des Insurgés, j'ai envie d'en savoir plus. J'ai besoin d'en savoir plus.

Je me laisse entraîner par les effluves de son odeur si particulière. Elle est unique, elle laisse une traces indélébiles dans mes narives. Je la sens dans chacun des endroits qu'elle foule dans cette université, avec un plaisir exquis. Je traces son passage le plus récent. Je tends l'oreille sur le son d'une mélodie que je connais trop bien : du piano. J'espère, j'espère qu'au bout de ma marche, je vais la trouver devant le gros piano blanc de la salle de musique. Et c'est le cas. Je m'arrête dans l'encadrement de la porte que je pousse doucement. Elle est seule. Je reste silencieux, regardant ses doigts volaient sur les touches. Je souris. Je connais la mélodie et je me laisse totalement embarqué dans sa magie. C'est un spectacle majestueux. J'écoute le morceau en entier. Je suis saisi par cette douceur.

Elle termine la musique avec grâce et je la vois en commencer une autre. Johann Pachelbel . Cette fois ci, je connais la partition. Je m'approche d'elle, ses doigts cafouillent sur le piano en me voyant. "Pardon, je ne voulais pas te faire peur." Je la tutoie, il me semble impossible de faire autrement, même si c'est mon professeur. Il n'y a pas là un manque de respect de ma part. Je vouvoie toujours les gens que je ne connais pas, mais il me semble tellement la connaitre. Ma voix est douce et posée.

"Continues...s'il te plait..." Je lui souris, l'encourageant à le faire. Une partition pouvant se jouer à quatre mains. "Je peux ?!" Je m'installe à ses côtés, elle se déplace, dubitative, pour me laisser une place sur le banc de piano. Je place alors mes doigts et tourne à peine mon regard vers elle. Elle reprend et je me cale sur le rythme. Ce moment est hors du temps. J'observe ses doigts plus que les miens. Si seulement elle sait le nombre d'années que je joue ce morceau au piano...

Si j'avais eu un cœur il serait au sommet de ses palpitations. Je me force à cligner des yeux régulièrement et entretenir un rythme normal de respiration humaine. Je ne veux pas l'impressionner, ni l'inquiéter en étant si proche d'elle. La musique se termine et je ne veux pas partir. "Merci !" J'ose enfin un regard vers elle. "C'était magique." Et je le pense au sens littéral. Même si elle ne peut pas faire léviter ou ensorceler des objets, moi elle venait de me transporter et de m'envoûter totalement. "Tu joues depuis longtemps ?"


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I can feel you halo
Ludwig Strofki & Riley Kane
Aujourd’hui est une belle journée. Il fait certes très froid, mais le soleil a répondu présent et il est encore plus agréable d’en savourer un rayon qui frôle notre nez ou notre joue. Et puis ce matin, je me suis réveillée et levée sans douleur. J’ai pu danser un peu avant d’endosser mon costume de professeur. C’est un rôle dans lequel je ne me serai jamais imaginé, mais la vie en a décidé autrement. C’est agréable, surtout avec cette classe là. Ils sont attentifs, intéressés – ou en tout cas, ils font bien semblant ! Mais je suis convaincue que le monde magique a beaucoup à apprendre du monde moldu. Alors aujourd’hui, je leur parle des moyens de locomotion. Les trains, les voitures, les scooters, les motos, les bateaux, les avions aussi, sans rentrer dans les détails trop techniques que je ne maîtrise pas et qui les ennuieraient. Je passe dans les rangs sans difficulté, ma jambe m’épargnant aujourd’hui. Ils m’écoutent. Certains plus intensément que d’autres, comme cet étudiant avec qui il m’arrive d’avoir des échanges riches et hautement intéressants quand il passe m’interroger à la fin d’un cours. Ludwig, j’ai repéré son nom sur ses travaux.  Et je dois reconnaitre qu’il est mon… point de repère. Quand j’ai donné mon cours pour la première fois, j’ai fixé mon attention sur lui. Et quand je paniquais, il était mon point d’appui. Il a quelque chose de… différent des autres étudiants, mais je n’arrive pas encore à savoir quoi exactement.

Aujourd’hui, il m’aide à ranger, les livres sont lourds, même s’ils ne sont plus vraiment au gout du jour, les moldus évoluent bien plus vite que les sorciers ne le pensent et quand il s’en va, je me rends compte que j’ai le sourire aux lèvres. C’est une nouvelle année, elle ne peut qu’être meilleure que celle qui vient de s’écouler. Pour parachever ce jour, je décide d’aller dans une aile bien peu fréquentée de l’UMS : les arts. Les sorciers ont tendance à délaisser la danse, la musique, le dessin. Forcément, il n’est pas question d’utiliser sa baguette dans ce genre de cours et la baguette pour les sorciers, c’est l’équivalent du portable pour les moldus : une extension de la main ! Pourtant, j’ai eu l’occasion de voir des chorégraphies mêlant la magie et le talent, c’était époustouflant ! Mais bon, ce n’est pas encore ancré dans les mœurs.

Je gagne la salle de musique. Elle est dotée d’un magnifique piano blanc au son parfait. Je m’installe, caresse les touches comme je le fais à chaque fois. J’inspire, je ferme les yeux et je me lance. Les premières notes, je les joue à l’aveugle, pour m’imprégner du rythme et de la mélodie, puis je regarde la partition et mes doigts. Je me laisse envahir, emporter par une autre force, comme je le fais lorsque je danse. En art, nous ne sommes que des interprètes, un moyen d’expression d’une force qui nous dépasse.

Je laisse planer le silence de très longues secondes après la dernière note. Pour la solennité du moment, parce que j’ai besoin de cela pour revenir à moi. Je choisis un autre morceau dans mon sac et commence à jouer. Sauf que je détecte un mouvement et je manque plusieurs notes en relevant la tête. Ludwig ? Qu’est-ce qu’il fait là ? Etudiant les moldus et en plus errant dans l’aile des arts ?

« Non, non… j’ai été surprise, c’est tout. »

Il semble si posé, si gentil. Et je me fais la réflexion que sa voix accompagnerait magnifiquement certaines musiques. Je ne réalise même pas qu’il ne s’adresse pas à moi comme devrait le faire un étudiant avec son professeur. Il m’encourage à continuer et j’ai immédiatement envie de m’exécuter mais déjà, il me demande s’il peut m’accompagner. Je suis surprise, et je n’ai pas l’habitude de jouer à quatre mains. Il faut avoir une confiance absolue en son partenaire, accepter de ne pas avoir le contrôle sur toutes les notes, comme en danse quand on doit faire une pirouette dangereuse. Je continue de jouer mais je me décale, posant sur lui un regard rapide. Il est charmant. Ses traits son d’une douceur… sans âge. C’est très étonnant. Mais déjà je me reconcentre sur les notes et sur ses longs doigts qui dansent avec une aisance captivante. Il joue bien. Il joue étonnamment bien.

Le morceau me parait bien plus court qu’à l’accoutumée, c’est passé si vite… Les secondes de silence sont intenses, je n’ose le regarder. Je ne sais pas pourquoi, c’est idiot, je le vois si souvent en cours. Magique… J’ai un petit rire nerveux. Est-ce sarcastique ? Est-ce une moquerie ? Je n’en ai pas l’impression, pas de sa part. Peut-être ne sait-il pas ? Non, tout le monde est au courant pour la professeur cracmol. Professeur… Il ne devrait pas me tutoyer. Mais c’est étrange maintenant, on a le même âge, on a joué un morceau. C’est vraiment étrange.

« Depuis… presque douze ans, mais je ne suis pas une virtuose. Ce sont les non sorciers qui m’ont appris. Et… toi ? Ce morceau n’est pas des plus simple et tu sembles le maitriser à la perfection, tu dois jouer depuis longtemps. »

Ses yeux sont… je ne saurais dire… Ils révèlent tant de choses et en cachent tellement d’autres. Ses traits sont fins, son sourire est apaisant. Oh, je ne devrais pas avoir de telles pensées ;

« D’où te vient cette curiosité pour les non-sorciers et pour leurs arts ? Il est rare de rencontrer des gens qui s’y intéressent comme tu le fais et qui ne jugent pas. »

Il est tellement rare de pouvoir échanger avec ce genre de personne, et j’aime discuter alors, pourquoi ne pas en profiter ?

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Ludwig Strofki Valdemar
UMS 1ère Année


8 Janvier 2019 - UMS

Je n'arrive pas à la lâcher du regard, il est intense. Je jalouse Samuel de savoir percer l'esprit des gens. J'aimerai savoir ce qu'elle pense. Pas une virtuose ? Pourtant mon oreille ne souffre pas en l'écoutant. Elle a un bon niveau, on voit qu'elle y joue régulièrement, ses doigts ne sont pas engourdies ni hésitants sur les touches et elle n'a fait aucune fausse note. Je lâche un petit rire. "Je ne me souviens plus, ça me semble faire des années maintenant. J'y joue certainement moins que toi. Parfois pour ma sœur et ma nièce." Je baisse mes yeux. On a un piano à la maison, et il n'est pas rare qu’Élisabeth me demande d'y jouer pour endormir Manen. Mais en dehors de ces moments je n'y joue pas vraiment. Par contre j'aime en écouter.

Je relève mes yeux sur elle. Je mémorise son visage que je n'ai jamais vu d'aussi près. Chaque détails. Elle est d'une douceur sauvage. Elle est typée. J'ai l'impression qu'elle peut fuir d'une seconde à l'autre et je me sens les épaules de l'amadouer. Elle est de ces femmes qu'il faut apprivoiser. Elle ne doit pas faire confiance rapidement, ni facilement. J'aime sa question, je souris, je ne peux que sourire avec elle.

"Tous les non-sorciers n'aiguisent pas ma curiosité, pas comme ça, pas comme toi." Si j'étais humain j'aurai rougi de mon audace révélation. J'ai la sensation qu'il faut que je sois honnête, dès le début avec elle et avec moi. Elle me plait, et il faut que j'arrête de ne faire que la survoler, comme je le fais depuis presque 5 mois. Le temps est un traitre quand on est vampire. Mais elle, elle est humaine et le temps ne défile pas comme pour moi. "Je suis juste fasciné, j'imagine. Comme les moldu qui rêvent de notre magie ? Je ne connais aucun moldu qui ait connaissance de ce monde. Il n'y a aucun sort capable de créer la musique que tu engendres avec tes doigts. La magie imite seulement. Elle a ses limites. J'imagine que si elle n'est pas en toi pour te donner le statut de sorcière, c'est que tu n'as pas besoin d'elle. Chaque créature sur terre a sa place, une place bien définie, mais qui a son importance." Je suis bavard, je suis rarement bavard. Elle délie ma langue avec une facilité déconcertante. Je soulève ma baguette et touche le piano avec son bout. Les touches se mettent alors à s'enfoncer seule et répéter une mélodie. Je me penche vers elle.

"Où est le plaisir ? Le bonheur procuré par l'interprétation du morceau ? C'est comme mettre un...disque c'est ça ?" Oui je retenu sa leçon. "Que ce soit l'Art, ou tous métiers dont sont capables certains non-sorciers, c'est ça leur vrai magie. Aucun sorcier n'est capable de conduire une voiture, un avion. Aucun non-sorcier n'est capable de conduire un balai dans le ciel. Je suis dépendant de la magie et elle est dépendante de moi. Toi tu ne dépends de rien, ni de personne, si ce n'est que de toi. Et il n'y a rien de plus magique." Je suis dépendant de la magie, du sang, de Tobias, de tellement de choses, que je pourrai tout aussi bien devenir dépendant d'elle. Il suffit d'un battement de paupière, d'une accélération de son cœur, d'un soupir.

J'arrête l'enchantement du piano. Et je lève mes yeux en l'air, comme pour chercher quoi répondre sur mon intérêt et mon non jugement. J'ai bien conscience qu'elle a raison, je suis un cas assez rare et je ne peux m’empêcher de penser à mon frère. Je repose mon regard sur elle. "Je crois au contraire que je juge beaucoup Riley." Je pince mes lèvres et les ouvre rapidement dans un sourire. Il est délicieux son prénom roulant sur ma langue, je m'en étonne. "Jane Austen, une non-sorcière anglaise, bien avisée disait : ne jamais changer d'avis, nous appellerons cela de l'entêtement. Changer d'avis à bon escient, c'est le fait de quelqu'un dont le jugement reste en éveil." Ce qui est d'autant plus intéressant pour un vampire qui ne connait pas le repos, ni le sommeil. Je suis en perpétuel éveil de la vie, des gens. "Et toi dis moi, qu'est-ce qui te pousse à venir dans ce côté du monde ?" Ne m'en déplaise...bien au contraire. J'hume délicatement et discrètement l'air, celui qui me sépare d'elle. Il est délicieux. Je ne vois vraiment pas pourquoi Tobias trouve qu'ils puent. Pas tous, pas elle. Certainement pas elle.


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I can feel you halo
Ludwig Strofki & Riley Kane
Pour quelqu’un qui n’y joue que peu, il se débrouille bien. Je note aussi dans un coin de ma tête qu’il a une sœur et une nièce. Il est chanceux, moi je suis fille unique, je ne sais pas ce que cela fait que d’avoir des frères et sœurs. D’un autre côté, je comprends mes parents, une cracmol dans la famille, c’est suffisant. Je rougis quand il m’affirme être curieux de ma personne. Il est vrai que je suis, pour beaucoup, un monstre de foire, une étrange créature qu’on prend un certain plaisir malsain à observer. Pourtant, je n’ai pas l’impression que c’est ce qui l’anime. Il ne dégage aucune animosité, aucune crainte, aucun mépris. C’est ce qui me fait rougir, d’ailleurs. Parce que les autres regards, j’y suis habituée, j’ai mes barrières contre eux.

Il a des paroles réconfortantes, que très peu m’ont déjà dites. Souvent, on présente plutôt ma condition sous un jour négatif : la magie n’a pas voulu de moi, la magie m’a rejetée. Imaginer que je n’ai pas de pouvoir parce que je n’en ai pas besoin est bien une pensée que j’ai effleurée, mais seule contre tous, il n’a jamais été aisé de m’en convaincre. En revanche, j’aime sa façon de penser, notamment sur le fait que chaque être est important, d’une manière ou d’une autre. Les Moldus ne sont pas inférieurs aux sorciers, et les sorciers ne leur sont pas inférieurs. Je l’observe, je regarde sa baguette et le tour qu’il réalise. L’enchantement fonctionne et les notes si durement apprises naissent sans difficultés sur le piano. Sans aucun effort.

Je reste à boire ses paroles, si sensées, si ouvertes, si généreuses. A ceci près qu’un sorcier pourrait apprendre à voler et à conduire, il lui suffirait simplement de laisser sa baguette de côté. Mais en dépit de tous les efforts qu’il voudrait bien faire, un moldu ou un cracmol comme moi ne pourra jamais voler sur un balai.

« Je suis ravie qu’il y ait des gens pour comprendre certaines choses comme tu le fais. Les arts sont magiques, avec ou sans l’intervention d’une baguette. Mais ce qu’il y a de magique, ce n’est pas tant le spectacle qu’ils donnent, une baguette sans émotion pourrait le faire comme tu l’as justement montré. Non, la vraie magie, elle est dans ce qu’on ressent quand on joue, quand on danse, quand on peint. Quand on est transporté par cette force qui nous envahi, quand on est dépossédé de soi, quand on se surpasse. L’interprétation, comme tu dis, elle met tout le monde sur un pied d’égalité. »

Qui est-il ? Il me semble différent des autres sorciers, sur bien des points, mais je ne saurai dire quoi exactement. Un sorcier, ouvert aux moldus, musicien à ses heures perdues, et maintenant féru de littérature. Il m’intrigue, tout comme m’intrigue le fait que je ne peux m’empêcher de sourire quand il parle. Néanmoins, mon sourire s’efface brièvement, avant de revenir, quand il me pose la question. Une question somme toute légitime, mais qui nécessite de réveiller quelques souffrances.

« Plusieurs raisons en réalité. J’ai vécu dix ans dans le monde des sans-pouvoir et à dire vrai, je m’y plaisais. Mais il y a des choses que sorcier ou pas, on ne peut prévoir et contrer. Mon rêve ne pouvait plus se réaliser, ni dans un monde ni dans l’autre, et je ne pouvais pas non plus espérer réaliser mon second. »

La danse ici ou là-bas, m’est interdite à haut niveau et qui aurait l’idée saugrenue d’embaucher une danseuse qui risquerait la paralysie à chaque chorégraphie ? Quant à mon autre plaisir, la musique, je ne suis pas assez talentueuse et assez reconnue pour vivre de concert ou jouer de l’orgue dans une église.

« Et puis ma mère est tombée malade, il fallait que je sois auprès d’elle pour lui dire au revoir. »

Je parle peu, voire jamais, de ma mère. Elle est morte d’une longue maladie comme disent pudiquement les moldus. La magie ne peut pas tout, elle n’a pas pu la sauver. Mais au moins j’étais là, présente avec elle. Et aujourd’hui, avec lui, je suis capable d’en parler.

« Tout cela sans compter que l’UMS avait bien besoin d’un professeur pour redorer l’image des Moldus », dis-je en souriant pour détendre l’atmosphère.

Mes doigts glissent sur le piano, jouant une petite mélodie improvisée, juste des sons, comme ça, pour la beauté du geste.

« Et toi, dis-moi. En quel cursus es-tu exactement ? Quel est le choix de raison pour un esthète tel que toi ? »

L’art, s’il est souvent le choix du cœur, n’est que rarement celui de la tête. Une vérité tellement vérifiée dans le monde des sorciers. Je me demande à quel corps de métier il compte vouer ses talents dans l’avenir.

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Ludwig Strofki Valdemar
UMS 1ère Année


8 Janvier 2019 - UMS

J'aime sa voix, j'aime ce qu'elle me dit. Elle m'enchante. On voit la passion dans ses paroles. On le voit tellement que je me dis que ce qui est magique, c'est aussi de voir l'autre possédé par un art. J'aimerai la voir elle. Fait-elle que du piano ? J'aimerai être transporté dans son monde en même temps qu'elle y va. Elle a de la grâce, des doigts délicats, des lèvres qui disent "embrasse moi".

Je vois bien que ma question la perturbe, ou plutôt perturbe sa pression sanguine. Je vois une expression sur son visage, une ombre qu'elle porte parfois en court. Ce petit côté souffreteux qu'elle a parfois avec sa béquille. Ce qu'elle me dit m'intrigue, m'inquiète. Elle a des rêves, qu'elle dit irréalisables. Je plisse un peu mes yeux. "Pourquoi seraient-ils irréalisables ?" C'est comme si elle me lance un défis. "Est-ce qu'il serait déplacé de te demander quels sont ces rêves ?" Je veux savoir, je veux savoir si il y a, ne serait-ce qu'une seule possibilité pour que je l'aide à réaliser un de ses rêves. Je me sens chanceux grâce à Tobias, j'ai pu vivre mille vies, mille rêves, sans souffrir de regrets ni d'échec. J'ai eu le temps de réaliser des envies. Je peux avoir le rêve de réaliser les siens à présent. C'est ridicule, je ne la connais pas. Mais j'ai choisi, je l'ai choisi.

Mon visage prend dix ans quand elle m'apprend pour sa mère. Je sais que pour les humains c'est important une mère. J'image, pour la comprendre, ce qui se passerait en moi si je perdais Tobias. Il n'est pas ma mère, mais il est mon créateur. Et j'ai l'immense chance, encore une fois, qu'il soit éternel, ce que n'était pas sa mère. La mort a un aspect plus subtil quand on l'est déjà. Que dirait-elle si elle savait pour moi ? "Je suis sincèrement désolé de l'apprendre. J'image combien tu l'aimais infiniment pour abandonner en partie tes rêves pour elle..." Mes yeux la remercient pour cette confidence. La situation la dérange, elle change de sujet en faisant de l'humour. "L'UMS ne s'est pas trompée dans son choix." Je souris, je souris parce qu'il n'y aurait pas meilleure professeur qu'elle.

Je regarde ses doigts qui glissent sur le piano. Je me dis que je pourrai la regarder ainsi pendant des heures. J'ai envie de prendre soin de chacun de ses doigts, de les embrasser un par un, d'apprivoiser ses mains, de les sentir sur moi. J'aimerai être un de ses chef d'oeuvre, tout parait plus beau de son point de vue, sous sa perspective.

Je souris. Mon regard ne pouvant se détourner d'elle. C'est étrange de devoir lui dire ça. "Je fais des études de Protection Magique, je souhaite devenir Oubliator." J'observe sa réaction. Je vais devenir, très probablement un membre de la Brigade de Réparation des Accidents de Sorcellerie. Je serai celui qui efface la mémoire aux moldus après l'avis des Gardiens du Secret.

Ça me parait tellement improbable d'étudier tout ça. Dans toute ma vie, j'aurai pu étudier et exercer des dizaines, peut-être même des centaines de métiers, mais je ne l'ai jamais fait. J'ai enfin fini par convaincre Tobias de se poser ici, et bien évidemment, Elisabeth n'est pas pour rien dans son choix. Elle n'a que 19 ans et elle n'est pas immortelle. Parce que sinon on a de l'argent, des héritages, on ne manque de rien. C'est l'avantage d'avoir des centaines d'années et d'avoir des biens, des pieds à terre. Elisabeth est celle qui dépense le plus, en nourriture par exemple, ou pour Manen, ce qui est normal. Alors la notion de travailler, c'est assez étrange pour un vampire et encore plus d'étudier. Mais ça me plait. Je suis éternel, ce métier n'a pas été choisi par hasard et je ressens le besoin de le lui dire.

"J'ai de nombreux souvenirs qui s'accumulent au fil des années, je suis quelqu'un qui n'oublie jamais rien. Je me souviens de ma très petite enfance. Je pense saisis la douceur pour effacer un souvenir, et le faire dans le respect de ce qu'il était pour la personne à qui je l'efface. J'aime ne pas laisser un vide quand je le fais..." Je pince mes lèvres, soucieux de ne pas en dire trop. Je ne peux pas lui dire, que j'ai des souvenirs d'époques que j'ai traversé et que ce métier d'effaceur de mémoire a tout son sens. Alors non, je ne peux pas encore lui dire pourquoi, que je suis un vampire. J'appréhende sa réaction. Je connais celle des sorciers, j'imagine celle des moldus, mais qu'elle sera celle de Riley ? J'ai besoin de le savoir, j'ai horreur de m'attacher. Et je m'attache à elle. Je ne peux pas jouer un jeu, je ne peux pas tomber sous le charme de quelqu'un si je ne suis pas moi-même, entier. Je ne veux pas lui mentir, mais je veux aussi la protéger. Mieux elle en sait, moins elle est en danger avec moi. Pourtant, je ne peux pas être quelqu'un d'autre, elle ne peut pas s'attacher à quelqu'un d'autre, à une image tronquée de ma personne.


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I can feel you halo
Ludwig Strofki & Riley Kane
Pourquoi est-ce irréalisable ? Parce que c’est la vie. C’est idiot cette expression, c’est ce qu’on dit quand il n’y a tout simplement rien à dire. Et là eh bien… c’est la vie. J’ai accepté ce qui m’est arrivé mais c’est toujours difficile d’en parler. Parce que le dire à voix haute, ça rend les choses réelles, ça empêche de les rejeter au loin. Ce n’est pas une question à laquelle je suis habituée. Généralement, les gens me posent plutôt des questions sur ma condition de cracmol. Pas sur mes rêves.

Mes yeux demeurent baisser sur les touches, le temps que je trouve mes mots, le temps que je verbalise. Je pourrais me contenter d’un haussement d’épaules et d’un « c’est la vie ». Généralement, les gens s’arrêtent à cela, ils ne creusent pas.

« Parce que… je ne suis pas musicienne de formation, j’ai vraiment travaillé sur le tard, et il me faudra encore des années avant d’être reconnue comme musicienne, digne de jouer de l’orgue. »

Je relève mes yeux sur Ludwig. La douceur de son regard pousse à la confession. C’est… extrêmement dérangeant d’un certain point de vue.

« J’étais danseuse. J’ai toujours aimé danser et je voulais vouer ma vie à cet art. J’ai eu un accident et aujourd’hui… Eh bien… Tu as pu en voir les effets. Il y a des jours comme aujourd’hui où tout va bien. Mais quand je me fatigue trop, un de mes nerfs peut être compressé et je perds l’usage de ma jambe. Alors je ne peux plus vraiment envisager une carrière dans ce domaine. »

Quelques notes sont glissées sur le piano, jusqu’à une fausse note volontaire. Ma partition a été brisée, interrompue nette.

« S’il te plait, ne dis pas que tu es « désolé ». J’ai entendu cela trop de fois et tu n’y es strictement pour rien. »

Je lui souris. Je sais que les gens sont mal à l’aise avec ce genre de révélation. Et manque de chance pour lui, ce n’est que la première étape, puisqu’après, je me surprends à lui parler de ma mère. Et ce n’est pas non plus un sujet très joyeux. Mais ça encore, c’est la vie. Perdre sa maman à cause d’une maladie que même la magie ne peut soigner, c’est la vie. Et je sais à quel point la vie est cruelle. J’ai un faible sourire à son « désolé ». Cela arrive tout le temps.

« Je n’ai pas abandonné pour elle. J’ai abandonné à cause de la vie. Mais disons que je suis revenue de ce côté du monde pour elle. Elle m’a ouvert un nouveau chemin, qui m’a mené ici. »

Serai-je revenue dans le monde sorcier sinon ? Je n’en suis pas certaine. Comment le saurais-je de toute façon ? Nous n’avons pas de contrôle sur ce qui est passé, autant se concentrer sur le présent. Et le présent, c’est lui et moi, dans cette salle de l’UMS. Protection magique, donc. Un domaine dans lequel je ne connais rien. Oubliator… je crois savoir ce que c’est. Ça consiste en effacer la mémoire des moldus qui auraient vu la magie. Les sorciers ne veulent pas du tout que leur monde soit connu. Alors quand une erreur est commise, ils effacent les traces, tout simplement.

« A mon tour de poser une question. Pourquoi ? Pourquoi avez-vous si peur que les non sorciers connaissent votre existence ? Vous pensez réellement qu’il n’y a aucun moyen de simplement vivre en paix ? »

Je n’ai pas de pouvoir moi, je pourrai très bien être victime de ce sort sans même m’en rendre compte. J’imagine que Ludwig veut simplement protéger tout le monde. Mais peut-on protéger en mentant ? Moi je ne voudrais pas oublier. Je ne veux rien oublier, même les pires moments. Le mépris des autres enfants, la souffrance lors des premiers mois de séparation, la douleur des entrainements, mon accident, la rééducation, la mort de ma mère. Je ne voudrais rien omettre, jamais.

Je suis troublée par ses mots. Quelque part, il y a des gens qui décident pour d’autres, des gens qui décident d’en priver d’autres de leur mémoire. Et lui, il y contribue, mais avec une précision presque chirurgicale. Je suis heureuse qu’au moins il cherche à combler le vide ainsi créé.

« D’un autre côté, j’ai toujours été loin des conflits et des problèmes que ce soit entre les sorciers et les moldus, ou les problèmes entre les sorciers eux-mêmes, qui pourraient se répercuter sur les moldus. Et je suppose que si une guerre devait éclater, pour une raison ou pour une autre, les gens comme moi seraient les plus exposés… Oublier pour protéger c’est ça ? »

Faire oublier pour éviter qu’une guerre éclate et qu’on soit battus à plates coutures ? Peut-être, je ne sais pas. En réalité, je ne connais pas encore toutes les subtilités et toutes les lois. J’ai grandi dans le monde moldu, j’ai forcément un regard encore… enfantin et j’ignore énormément de choses sur la réalité de ce monde. Comme ces histoires là, qu’on lit dans les journaux. J’ai l’impression qu’il se passe beaucoup de choses par ici et pas forcément des bonnes.

« Je suis encore un peu perdue sur ce monde, je n’en comprends encore tous les enjeux et toutes les subtilités. Je ne veux pas paraître offensante, je suis plus moldu que sorcière finalement. Peut-être que… Enfin, que tu pourrais m’expliquer ce que j’ignore encore de cette partie du monde ? »

Rares sont ceux qui acceptent de prendre une cracmol sous leur aile. Et même si je suis revenue depuis quelques années, je n’ai pas encore décidé de faire partie de ce monde, pleinement. C’est certainement une erreur de ma part, mais il est vrai que je demeure en marge. Les gens de mon âge ont grandi ici, tout leur semble naturel, ce n’est pas encore le cas pour moi. J’ignore beaucoup des lois, je ne comprends pas bien ces histoires de conflits. Ludwig pourrait avoir, me semble-t-il, la patience de m’apprendre.

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Ludwig Strofki Valdemar
UMS 1ère Année


8 Janvier 2019 - UMS

Qui a décidé qu'elle n'est pas digne ? Bien sûr je comprends ce qu'elle veut dire. Mais si elle ne peut pas en jouer professionnellement, elle peut en faire quand même. Elle en fera. Avec moi, c'est décidé. Elle ne peut rentrer dans une Eglise la nuit pour jouer à son aise, mais moi oui. La magie offre des privilèges, et aussi peut-être mon côté vampire. Un jour Riley, tu joueras pour toi, mais aussi pour moi.

Mes yeux épousent les siens. Une danseuse, bien sûr une danseuse. Cette douceur, mais aussi cette force dans ses mouvements. Elle en faisait professionnellement avant...un accident. Mes poils se hérissent, mes sourcils se froncent. Elle m'inquiète. Un nerf, humain ils sont si fragiles, un bout de rien, mais qui fait tellement tout et qui la fait souffrir surtout. Oui je comprends mieux sa béquille. Un regroupement d'axones est à l'origine de sa fragilité. Celle là même qui me murmure de prendre soin d'elle.

Je me surprends à penser comme Tobias. Si je la transforme, ce nerf ne la ferait plus souffrir. Et elle pourrait danser, elle aurait même le temps de devenir une professionnelle d'orgue. Je souris intérieurement seulement à cette idée totalement inacceptable. Frère, il se peut que je te comprenne, il se peut qu'elle soit celle qui me fasse tout comprendre de la vie que j'arpente depuis des centaines d'années pourtant.

J'entends le malaise, j'attends la note qui se brise sous ses doigts. J'ai envie de lui dire qu'elle n'est pas brisée, qu'elle est en train de se rebâtir. Que je vais l'aider, que je vais être sa béquille pour le reste de ses jours, si elle veut bien de moi. Non je ne le dirai pas kjei*, non je n'ai pas pitié de toi. Tu es un rayon qui se meurt dans le soleil, mais tu vas devenir ta propre étoile, je vais y veiller. La vie l'a mené vers moi. La mort m'a mené vers elle. Tragique, magique.

Je souris à sa question pertinente, son aplomb, sa curiosité, son intérêt pour la paix. La pacifiste en moi s'émeut. "Je pense que pour vivre en paix avec les non-sorciers, il faudrait déjà que les sorciers vivent en paix entre eux. Ce qui n'est pas le cas actuellement."

Je ferme mes yeux une seconde. Oui, elle a affreusement raison, elle en serait la première touchée. Ça s'est déjà fait dans le temps. Les moldus, cracmols, né-moldus, tous dans le même panier. Il y a 20 ans, Lord Voldemort. En ces temps, un ère sombre se prépare. Maintenant le tour des créatures magiques. "Les sorciers n'aiment pas se sentir menacés, en infériorité. Il y a bien plus de moldus que de sorciers. Ils ont peur, comme les moldus, de ce qu'ils ne connaissent pas. La peur fait faire des choses cruelles. Ils ne connaissent pas les moldus. Les Lois Sorcières protègent les non-sorciers, c'est ce que je serai. Je serai la Loi. Oublier pour protéger oui. Tu ne peux pas avoir peur de ce que tu ne connais pas. C'est mieux ainsi, tant que le monde des Sorciers n'est pas sûr, c'est mieux ainsi."

Ma main frôle la sienne sur le piano, je reprends des notes dans son chemin. Je frissonne, je ne frissonne jamais. Je redécouvre cette sensation. Ce n'est pas ma peau, ni mes poils, c'est mon cœur inerte qui tremble quand nos mains se touchent.

"Il n'y a aucune offense dans tes mots Riley. J'apprécie ta conversation, tes questions. Ce monde est complexe. Je me ferais un plaisir de te conter son histoire, ses enjeux, ses mystères. Surtout si ça me permet de passer plus de temps avec toi." Je souris, passant mes yeux tour à tour sur les siens. "Je serai honoré d'être ton professeur d'études des sorciers" Je penche ma tête et dans un mouvement naturel je me saisis de sa main et y dépose un baiser. Je la hume, elle ne s'en rend pas compte, mais elle me transperce, elle me foudroie et j'ai l'impression, que l'instant d'une seconde, mon cœur s'est remit à battre. Je lâche délicatement sa main.

"Je pourrai te montrer sa faune et sa flore. Es-tu déjà allé à Stonehenge ? Il n'y a pas de lieu plus enchanté pour commencer la découverte de cette partie du monde..." Je lui tends une main, qu'elle trouvera fraîche, mais je ne cache rien. J'omets, mais je ne cache rien.

Il était encore tôt, pas de risque de croiser de vampires, pas de risque de croiser mon frère à vrai dire. Il devait de toute manière être certainement auprès de Reese pour vérifier qu'elle ne s'était pas évadée de sa prison dorée.


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Ludwig Strofki & Riley Kane
Les sorciers et les non-sorciers font les mêmes erreurs. Ce sont fondamentalement des êtres humains, avec le même cerveau, le même cœur. Et hélas, la guerre fait partie d’eux. Les gens se déchirent dans le monde moldu, surtout en ce moment. Et c’est hélas également le cas pour les sorciers. Ce sont ces histoires avec les créatures ? J’ai lu des articles sur des enlèvements d’enfants loup, sur des meurtres perpétrés par les vampires. Alors la paix est donc à ce point menacée ? C’est désespérant, pourquoi avons-nous si peur de ce qui n’est pas comme nous ?

« Mais tu ne peux pas aimer non plus ce que tu ne connais pas. »

Et ça, c’est triste. Comment les sorciers cesseraient-ils de redouter les moldus alors qu’ils ne les étudient pas réellement, qu’ils se contentent de les garder à bonne distance, de voyant en eux qu’un nombre dangereux ? Et comment les Moldus pourraient accepter les sorciers et les apprécier si on leur cache éternellement leur présence ? C’est un problème insoluble, du moins pour le moment. Néanmoins, si quelque chose se prépare effectivement, il vaut peut-être mieux préserver l’étanchéité de nos deux mondes. Je frissonne au contact de sa main. Il a froid. C’est étonnant, je n’ai pas l’impression qu’il fasse froid. J’ai même un peu chaud.

Je rougis quand il évoque le fait de passer du temps ensemble. On ne devrait pas. En réalité, même si nous avons sensiblement le même âge, je suis officiellement son professeur, et il ne serait pas bien vu qu’on passe du temps ensemble, même sans arrière-pensée. D’un autre côté, je suis aussi étudiante. Et il s’agit surtout d’un échange de bon procédé. Je dois en apprendre davantage sur ce monde et sur ses conflits, tout comme je leur enseigne le reflet moldu. Je souris à l’inversion des rôles.

Un autre frisson me parcourt quand il me fait un baise main. Ses lèvres et sa main sont glacées également. Mais il y a autre chose derrière mon frisson, puisque ce n’est pas le froid qui m’envahit. Il me surprend, il est si différent des autres garçons. Plus délicat, plus éclairé. Plus sécurisant aussi, quelque part. Mais terriblement mystérieux. Je ne saurais dire pourquoi, mais il est comme entouré d’une aura mystique.

Stonehenge. J’y suis passée lors de mon arrivée en réalité. Mais je ne sais pas pourquoi, je ne lui dis pas. J’ai envie de revoir cette zone, avec son regard à lui. Je souris et, alors que mon rythme cardiaque s’accélère sans explication et sans raison, je dépose ma main dans la sienne.

« Ce serait avec plaisir que je découvrirai cela. »

Nous nous levons pour quitter la salle de musique. Nous faisons quelques pas en silence, mais sans nous départir d’un sourire. C’est idiot.

« Tu as dit que le monde sorcier n’était pas en paix en ce moment. Je dois t’avouer que je me suis tenue à distance de tout ce qui se passe. Tu penses que tu pourrais m’expliquer ? »

Nous approchons de Stonehenge. Cet espace est véritablement magnifique, surtout avec le coucher de soleil qui est en train de se produire. Les rais éclairent son visage et son regard… son regard parait sage et sans âge, profond. Il n’a pas le regard d’un homme de vingt ans, c’est tellement étrange. J’ai l’impression qu’il a vécu mille vies, que toute la sagesse et la connaissance du monde se cachent derrière ses pupilles.

« Ton nom de famille, il n’est pas anglais, n’est-ce pas ? Tu as beaucoup voyagé ?»

J’ai eu l’occasion de parcourir quelques pays, lors des grands galas avec l’école de danse. Mais nous n’avions pas réellement l’occasion de visiter, les répétitions nous occupaient grandement. Je le regrette à présent. Les voyages, l’ouverture sur les autres cultures, tout cela permet d’en apprendre davantage et surtout de vivre en paix. J’ai commis une erreur en restant à l’écart des sorciers depuis que je suis revenue. Des sorciers et des créatures. Eux et moi faisons partie du même monde, et il est temps qu’on se découvre.

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Ludwig Strofki Valdemar
UMS 1ère Année


8 Janvier 2019 - UMS

Je ne sais pas dans quoi je m'embarque. Pour la première fois de ma longue existence j'avance sans réfléchir, sans analyser. Elle prend ma main et plus rien ne compte en dehors de sa chaleur et de sa douceur. Je n'ose parler, briser ce moment. Je souris, et je la vois sourire, alors mon sourire s'agrandit et elle finit par nous sortir de ce silence si bruyant.

Voilà qui est ennuyant. J'aurai voulu attendre un peu avant de rentrer dans l'histoire sombre du pays, de ma communauté. Je ne veux pas l'inquiéter ou la faire fuir. Je ne veux pas parler de moi, de ce que je suis. Je ne veux pas lui faire peur, je suis bien avec elle. Mais elle me le demande et je sais dès à présent que je ne pourrai rien lui refuser.

"Il y a beaucoup de tension dans la communauté magique. Entre races, même si je n'aime pas vraiment ce mot. Pour comprendre il faut savoir que chez les sorciers ils existent ce qu'on appelle les sang-purs. Des sorciers qui n'ont que des ancêtres sorciers, pas de moldu, pas de nés-moldus, pas d'hybrides, ni de créatures magiques dans leur arbre généalogique. Certains de ces sorciers sont persuadés être supérieurs aux autres. Il y a eu de nombreuses guerres, des né-moldus appelés injustement sang-de-bourbe, ont été plusieurs fois persécutés." Et j'étais là. Je l'ai vu, je l'ai vécu. "Certains de ces sorciers de sang-pur vont même jusqu'à dire qu'il faudrait qu'on classe les moldus dans 'les animaux'. C'est pour cela qu'il existe des Gardien du Secret, des Oubliator. On a des décrets pour protéger et respecter les non-sorcier. Un registre recense les sang-purs de Grande-Bretagne, j'ai lu ça à la bibliothèque. On les appelle les « Vingt-huit sacrés », il y a notamment les Potter, Les Weasley dont tu as du attendre parler."

Nous arrivons devant Stonehenge, il n'y a personne. Je nous installe sur un banc profitant de la luminosité. Je ne peux rester loin d'elle, la proximité se fait naturellement, quelques centimètres de séparation. Assez pour ne pas être gêné. Le soleil se cache et ma peau ne souffre plus. Le moment est agréable et je me sens plus à l'aise avec elle. J'aime ses yeux curieux, son air attentif quand je parle. J'aime lui parler, mais j'aime encore plus l'entendre. Je continue cependant mon histoire.

"Actuellement, des sorciers, certainement purs, veulent purifier la communauté magique. Ils veulent que les créatures magiques perdent leur liberté durement acquise il y a 15 ans grâce à Hermione Granger. Les vampires, les loup-garous, géants, vélanes, gobelins, centaures, êtres de eaux, sirènes... Tous ces êtres, ces animaux, ces créatures sont en danger depuis quelques années, mais encore plus depuis quelques mois. Un climat de peur est en train de s'installer dans le pays." Comment lui expliquer mon expérience ? Comme lui dire que je sens ce qui est en train de se passer pour l'avoir vu deux, trois, quatre fois sur mes siècles d'existence. "On veut faire croire que les créatures sont dangereuses, sont une menace, mais ce n'est qu'une raison de plus pour justifier la purification des sangs. Les 28 sacrés commencent à s'étioler, se métisser, et ils ne le supportent pas."

Je peux rester là des heures, à lui parler, la regarder dans la pénombre qui est en train de s'installer. J'entends craquer derrière nous, elle ne peut pas l'entendre, pourtant, nous allons avoir de la visite, je dois la prévenir. "Nous risquons d'avoir de la visite, il y a pas mal de Croup ici. Des sortes de chiens qui peuvent, disons...exploser. Ne t'inquiète pas je m'en débarrasserai si un s'avance." Des animaux qui n'aiment pas les moldus, et se montrent très agressif envers eux, c'est pour cela qu'ils sont ici dans le labyrinthe où il y a normalement aucun risque pour eux d'en croiser. Mais Riley est Cracmol. Je reste aux aguets. "Tu as déjà feuilleté le livre des Animaux Fantastique de Newt Scamander ?" Une question pour me faire une idée de ses connaissances et peut-être avoir son avis sur les créatures et êtres fantastiques. Sur moi donc.

Le feuillages bougent autour de nous, mais je reste impassible. Je n'ai aucune crainte. Quand on est un vampire, on a aucune crainte des animaux se trouvant dans ce labyrinthe. C'est eux qui nous craignent. Nous les chassons. Nous régulons la faune de cet endroit. Nous sommes le haut de la chaîne alimentaire. Le super prédateur. Alors je n'ai pas de quoi m'inquiéter. Je souris à sa question. Bien sûr qu'elle a repéré mon nom, c'est mon professeur.

"Exactement. Je suis Norvégien. Je suis arrivé en Grande-Bretagne avec ma famille il y a tout juste 6 mois. J'ai...énormément voyagé oui. Et toi ?" J'ai eu le temps, tellement de temps que j'ai appris de nombreuses langues, et même certains dialectes. Reese en est totalement jalouse, et Elisabeth ne cesse de lui dire de ne pas trop le crier haut et fort où ça donnerait une raison à Tobias pour la transformer, juste pour qu'elle ait le loisir d'apprendre elle aussi.

Et apprendre, j'en avais encore envie, mais ce soir, je veux en apprendre plus sur elle. Sur cette femme que je me refuse d'épier ou de suivre. Je veux la connaître classiquement. Cela fait des siècles que je n'ai pas fait ça. Tobias s'en amuserait, je suis le plus sociable des deux. Loin devant la plupart des gens d'ailleurs, mais là, devant Riley, je perds tout bon sens, toute facilités, toutes conventions.

"Où tu habites ? Quelqu'un partage ta vie ?" Elle est jeune, mais elle pourrait avoir quelqu'un, même si je ne sens aucune odeur sur elle. Je veux m'en assurer, car après cette soirée, je ne pourrai me chasser sa présence dans ma tête. Je me rends compte après coup que cette question est très certainement déplacée pour un élève parlant à son professeur. Mais nous ne sommes plus cela en cet instant, pas ici dans le labyrinthe tout du moins. Elle l'aurait été dans une salle de classe. La question est aussi à interprétation. Mais je l'assume. Elle me plait, pourquoi devrais-je le lui cacher ? Je lui cache déjà beaucoup. Et elle a le droit de savoir.


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Ludwig Strofki & Riley Kane
Les Sangs-Purs, bien sûr que je les connais. Je suis une cracmol, leur souffre-douleur favori. J’ai un peu de mal à comprendre leur concept, peut-être du fait que j’ai passé une grande partie de ma vie dans le monde moldu, comme ils disent. Et là-bas, on parle de consanguinité, ce qui est assez mal vu. Comment garder la pureté sans se renouveler ? C’est assez incohérent, le sang se gâte forcément non ? Toujours est-il que même si je suis parfaitement au fait de ces histoires de sang-pur et de leur délire, je ne l’interromps pas. Je l’écoute, en me disant qu’il ferait un excellent professeur. Je me demande vraiment s’il sait ma particularité. Je pensais que tout le monde était au courant, mais v le soin qu’il prend dans son récit, j’ai comme un doute. Mais oui, j’ai bel et bien entendu parler de toutes ces histoires. L’enfant que j’étais s’en souvient bien.

Nous nous asseyons dans le coucher de soleil. Hélas, ce sont des choses bien sombres qu’il me raconte. J’ignorais que la situation avait atteint ce degré de gravité. On veut vraiment du mal aux créatures, comme on en a voulu aux « sangs de bourbe ».

« Et en quoi une sirène serait-elle plus dangereuse qu’un sorcier ? Ces derniers disposent eux aussi du pouvoir de vie et de mort, certains ne se privent pas pour les utiliser. Les Impardonnables. Dès l’instant où un être né, quel qu’il soit, il peut embellir ou mettre un terme à la vie d’autrui. »

Alors non, je ne comprends pas comment on peut accuser les créatures ou croire qu’elles sont plus dangereuses que les sorciers. Enfin si, je sais. Que ce soit les non-sorciers ou les sorciers, tout le monde réagit de la même manière : on redoute ce qu’on ne connait pas. Tout comme je pourrais être tentée de craindre ces « Croups ».

« Des chiens qui explosent ? Ce monde est vraiment plein de surprise ! »

Je souris. Je me suis détournée de ce monde durant des années, et j’ai l’impression d’être une étrangère. Pourtant, cela va faire trois ans que je suis revenue. Mais je n’y arrive pas, je ne parviens pas encore à me sentir à ma place. Comme si je n’étais qu’en transit. Alors j’ai un peu honte de lui avouer mais… non, je n’ai pas encore tout lu, tout pris en compte.

« En fait, pas vraiment. En fait, je n’ai lu que ce qui concernait les créatures dont on parlait dans les journaux, quand il y a eu ces… faits-divers l’année dernière. »

Autrement dit un ou deux pourcents de tout ce qui existe dans cet univers.

« Je ne connaissais ni centaure ni vampires ni hybrides je crois. J’ai encore du mal à me dire que ce ne sont pas des légendes.»

Parce que dans le monde dans lequel j’ai grandi, ce ne sont que cela : des contes. Ici, c’est la réalité. Mais étant donné que je n’ai jamais été en contact avec l’un d’entre eux, ça reste assez… irréel pour moi. Un bruit attire mon attention, mais le calme et la sécurité que me procure Ludwig m’apaise. Il est si… mystérieux. J’ai l’impression qu’il détient toute la sagesse et la connaissance du monde. Et pour cause, il a voyagé. Je ne connais pas du tout la Norvège et j’ai un peu honte quand il me confie être là depuis six mois… Six mois et il sait tout ce que j’ignore encore en trois ans de vie ici.

« Je ne suis jamais allée en Norvège. Ça doit être magnifique. Je suis allée en Suède une fois. En fait, j’ai eu la chance de voyager  un peu grâce à mon école. Nous donnions des galas dans différentes écoles du monde. La Suède, la France, l’Italie – j’ai adoré l’Italie -, l’Espagne, la Russie aussi. Par contre, je ne parle aucune de ces langues. Nous étions… disons qu’on ne visitait pas beaucoup. Répétitions, répétitions, répétitions. »

J’ai adoré ces années, mais je me rends compte aujourd’hui que je suis passée à côté de beaucoup de choses. Mais je dansais… je dansais… je me produisais sur des scènes magnifiques, je volais sur des musiques sublimes, j’incarnais des chorégraphies grandioses. Je souffrais, mais je brillais. Je me sens éteinte aujourd’hui. Je chasse cette mélancolie pour reprendre ma discussion, me rendant compte, par la même occasion, que je parle étonnamment en sa présence. Comme si je n'avais plus de barrière.

« Il faut que je te dise, peut-être que tu le sais, mais autant que ce soit dit… »

Je suis coupée dans mon élan par le sien. Ses questions me laissent surprise. J’hésite un instant sur la meilleure attitude à adopter. Je n’ai pas l’habitude de question aussi… directe. Et surtout… c’est mon élève. J’ai de plus en plus tendance à l’oublier mais… Il me dépasse sur tellement de points, comment puis-je être son professeur ?

« Non ! Enfin… je ne suis pas mariée, ou quoi que ce soit, si c’est la question. J’occupe un petit appartement pas très loin de l’Université. »

Eh bien oui, j’ai hésité à m’installer au chemin de Traverse, mais je n’ai pas de moyen de locomotion. Alors j’avais trouvé un appartement à mon retour. Petit, mais j’ai grandi en internat alors le fait d’avoir un endroit rien qu’à moi, c’est déjà le grand luxe.

« Je suis une cracmol, Ludwig. Je… je sais que c’est généralement la première chose qu’on apprend sur moi, mais je… je ne savais pas si toi tu étais au courant. Autant te dire que j’ai bien connu les Sangs-Purs. Mais pendant dix ans, j’ai vécu dans le Londres moldu et j’ai presque… oublié ce monde, les histoires de sorciers, de loups, j’ai fini par moi aussi croire que ce n’était que des histoires. Les Moldus adorent ces créatures. Ils en font des films, racontent des histoires d’amour contrariée entre "races".  Je suis revenue il y a trois ans. Mais je crois que je ne suis pas « réellement » revenue. »

J’espère qu’il comprend. Les deux premières années, je me suis concentrée sur ma formation et sur la maladie de ma mère. J’ai érigé tellement de barricades entre le monde et moi que je m’en tiens encore à distance. Du monde, et des hommes. C’est la première fois depuis longtemps que je laisse un garçon discuter autant avec moi. Mais je suis une cracmol, je préfère qu’il le sache maintenant et qu’il me repousse maintenant, avant que… On l’embêtera, si on est amené à se revoir, et il serait injuste qu’il ne le sache pas. Donc je préfère le dire, le verbaliser, que les choses soient bien claires entre nous.  

« Et toi, tu vis… seul ? »

Il pourrait très bien vivre avec sa famille. Ma question ne porte pas à… enfin… peut-être un peu. Les feuillages s’agitent encore plus, cette fois j’entends aussi un grognement. Instinctivement, ma main se resserre dans celle de Ludwig.

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Ludwig Strofki Valdemar
UMS 1ère Année


8 Janvier 2019 - UMS

Qu'il sera difficile de lui avouer que je suis mort, que je ne suis pas vraiment vivant. Que je suis l'une de ces créatures qu'on méprise et persécute dans les journaux. Comment lui expliquer ma vie d'humain et ma rencontre avec mon frère, qui m'a offert l'éternité ? Pour la première fois de mon existence j'hésite à dire et montrer qui je suis. Je n'ai jamais eu honte, je n'ai pas honte, mais je suis anxieux. Voilà un sentiment qu'il m'est rare de ressentir. Mais Riley a ce pouvoir de tout révéler en moi. Je ne veux pas la faire fuir. Je ne sais simplement pas comment m'y prendre. La mort n'est pas une fatalité en soi, pas pour moi, plus pour moi, pas pour les vampires. Mais elle découvre à peine ce monde, je ne peux pas déjà l'acculer avec ma spécificité. Ça serait trop.

"Des chiens qui explosent oui." Je souris avec elle. Plein de surprises oui. Plein de dangers aussi. Voilà que je pense comme mon frère. Mais elle est si insouciante qu'elle m'en trouble. Je sais que je pourrai passer le reste de ma vie à lui faire découvrir ce monde, juste pour voir ses yeux brillaient et son sourire rayonnant. Elle est pure, elle me plait. Même quand elle dit que je ne suis qu'une légende. Elle lit la presse sorcière, elle est donc un peu au courant sur tout ce qui se passe. Vaguement au courant, elle fuit ce monde. Alors il est hors de question qu'elle puisse me fuir moi. Je dois être patient, discret, je ne veux pas lui faire peur.

Je réponds à ses questions, sans détour, avec délicatesse. J'aime qu'elle me parle de sa vie, de ce qu'elle a déjà fait et découvert, de sa danse. Je veux la voir danser. J'en "vis" d'envie. Je la regarde, avec désir, avec passion. Elle est comme un livre que je découvre, qui m’entraîne dans son monde, dans sa romance. Je la lis. Je souris et j'ose. "Je serais ravie de te présenter la Norvège un jour. Et de te ramener en Italie et dans chaque pays que tu n'as pas eu le temps de visiter. Il n'y a pas un pays que tu as cité dont je ne connais pas la langue. Je serais donc un excellent guide, je peux te l'assurer." Je baisse ma tête, souriant toujours. Je relève doucement mes yeux sur elle. Je ferai le tour du monde et je la regarderai danser sur chaque terre, jouer de l'orgue dans chaque Eglise qu'on croiserait. Où elle veut, j'irai. Où qu'elle aille, j'y serai. Mais elle ne le sait pas encore.

J'ai l'impolitesse de la couper, je m'en rends compte, j'en rougis, mais ma phrase ne se garde plus dans ma bouche. Je souffle intérieurement, elle est seule, elle vit seule. Je ne ferai de l'ombre à personne. Je sens qu'elle est inquiète, troublée. Je sens que ce qu'elle a à me dire la perturbe assez pour changer le rythme de son cœur.

Je reste pantois devant sa révélation. Pourquoi se sent-elle le besoin de me le dire, je le sais. Est-ce que ça dois changer quelque chose ? Je comprends que ça a de l'importance pour elle, je comprends dans son discours qu'elle a subi, qu'elle a énormément subi pour être une sans-pouvoir. Les Sangs-Purs, bien sûr. Tout comme moi aujourd'hui. Mon visage s'affaisse un peu. Je hais le monde en cet instant, et toutes les personnes qui lui ont manqué de respect et l'ont fait souffrir. Je ne peux le tolérer. Je dois équilibrer tout ça, tout ceux qui l'ont injurié et rabaissé. Je pose une main délicatement sur sa joue.

"Je t'en prie, tu n'as pas à te justifier auprès de moi, de ce qui fait que tu es toi. Je le savais oui, depuis le premier jour. Il va de soi que je n'ai pas manqué un seul de tes cours pour ça." Je souris et relâche ma main. C'est bien vrai. Je n'enrobe pas la vérité. Si j'avais eu une sorcière pour nous apprendre la vie des moldus, je n'aurai pas tenu 2h de cours. Mais elle était arrivée en classe et elle avait irradié la pièce. J'avais entendu les remarques, mais je les avais mise en sourdine pour ne voir et n'écoutais qu'elle. "Peut-être qu'il faut que quelqu'un t'aide à revenir ?" Je souris de nouveau. Je peux être cette personne là. J'ai envie de l'être. J'ai envie qu'elle me choisisse.

Je m'amuse de sa question. Elle veut savoir aussi, ou peut-être que je me fais seulement des idées ? "Je vis seul, mais avec mon frère et ma sœur, et ma nièce Manen. On n'a jamais vécu qu'ensemble, on est un peu comme des...inséparables. Mes parents voyagent beaucoup, on a beaucoup voyagé avec eux. C'est la première fois qu'on se pose ici, dans un pays tous les trois. On est tous à l'UMS. Ma sœur fait des études de Médicomagie et mon frère essai de suivre le même cursus que moi" Quel euphémisme, Tobias qui reste assis dans une salle de classe ? Ça relève du miracle. Mais il m'avait promis de faire l'effort, comme durant nos 7 années à Durmstrang. Mais je sais qu'il y est resté plus pour surveiller Elisabeth que le reste. Peut-être restera-t-il pour Reese et Eli ? Les Insurgés aussi sont une bonne raison. Tobias n'a jamais aimé faire semblant, faire illusion, comme les parents, mais il le fait pour moi.

J'entends des Croups qui se rapprochent, j'entends grogner. Je suis plus surpris par le fait qu'elle prenne ma main, plus que par l'animal qui sort du feuillage en bondissant. Je n'ai pas peur, parce que je sais exactement ce qui va se passer. Je fais face, prenant soin de me relever normalement, sans vitesse accélérée. Je me mets entre Riley et le semblant de chien, il me respire. Dos à Riley je sors mes crocs et l'animal prend peur et file sans demander son reste. Je reprends contenance et me tourne vers elle, juste à temps pour lancer un sort de protection autour d'elle avant qu'un Croup percute le champ de force créé par mes soins. Je reviens rapidement à ses côtés. "Est-ce que tu vas bien ? Ils...ce sont des animaux intolérants."

Je veux ressentir sans main dans la mienne de nouveau. Je la récupère pour l'aider à se relever du banc. Son cœur bat vite, je n'aime pas ça. "Je ne veux pas que tu t'inquiètes à mes côtés. Il ne t'arrivera jamais rien." C'est prétentieux, je l'admets. On a du le lui dire des centaines de fois, des beaux parleurs peut-être. Mais tant que je serais près d'elle, je ne laisserai personne ou quelque chose lui faire du mal. J'ai la force et le pouvoir de la protéger réellement.

Je l'attire avec moi vers les pierres de Stonehenge, gardant sa main dans ma mienne, me laissant envahir par sa douceur. Je ne souffre pas de la toucher, j'espère juste ne pas la faire souffrir en retour. Je fais le tour des pierres, voulant changer de sujet. "Dans mon monde il est dit que c'est Merlin lui même qui a construit cet édifice. C'est le sorcier le plus célèbre de tous les temps. Dans l'école anglaise Poudlard, il appartenait à la maison des Serpentard, réputée pour leur ruse et leur ambition. C'était un conseiller et un très puissant sorcier. Il est un peu, comme ce que vous appelez Dieu ?" Je plisse mes yeux. En tout cas il est ce genre de référence dans notre monde. "Par la barbe de merlin. Merlin soit béni" et bien d'autres références.  

"Les sorciers peuvent avoir une décoration en son honneur, composée de trois niveaux. C'est le Grand-Ordre-de-Merlin. Il me semble que vous avez ce genre de reconnaissance dans votre monde ? Ici, la première classe de l'Ordre est donné pour les personnes ayant accomplies des actes de bravoure ou de distinction exceptionnels. La deuxième classe est attribuée pour accomplissement ou comportement extraordinaire. Et la 3ème pour contribution à la somme de nos connaissances ou de notre culture."

Je lâche sa main, contourne une pierre, me retrouve derrière elle et lui murmure à l'oreille. "Tu es au cœur de l'origine de la magie !" Je mords ma lèvre. Je me sens léger à ses côtés. Je me sens l'âme de la séduire, de l’envoûter, de l'aimer. J'ai la sensation d'être sous filtre d'amour. Je récupère sa main et la fais tourner sur elle même, m'assurant que sa colonne reste bien droite et que le mouvement ne la blesse pas, ma si belle et si fragile kjei. Je la rapproche un peu plus de moi.  "Tu danses encore ? Aurais-je un jour l'honneur de pouvoir te regarder ?" Je souris. J'ai envie de l'embrasser, je n'ose pas. Pas tant qu'elle ne sait pas qui je suis vraiment. Je veux qu'elle ait le choix.


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I can feel you halo
Ludwig Strofki & Riley Kane
Vient-il réellement de m’inviter à partir en voyage avec lui ? J’ai du mal à réaliser que nous sommes en train d’avoir cette conversation. En plus de tout, il est polyglotte ? Moi je ne le suis pas. Mais alors pas du tout. Les chorégraphes parlent tous anglais. Ou du moins ils essaient avec un accent à couper au couteau parfois. Mes joues doivent rosir, je me surprends à détourner le regard alors que je ne suis pas du tout du genre à baisser les yeux. Mais il me trouble, et je sais que c’est… mal ? Enfin, dans le sens où je suis son enseignante. Nous avons le même âge, je suis encore étudiante mais techniquement parlant, je suis bel et bien son enseignante. Et puis il y a ce que je suis et les conséquences que cela peut avoir. J’ai accepté les commentaires à mon égard, les rires sous capes, les questions idiotes. Sauf que mon état ne touche pas que moi. Mes parents ont dû eux aussi faire face aux rumeurs, aux insultes et à tout le reste. Ceux qui trainaient avec moi aussi. Ludwig ne mérite pas cela. Il mérite d’être au courant. Avant qu’il ne s’attache ? Avant que je ne…

Sa main sur ma joue me glace. Entre le feu de ma peau rougie et le froid de ses doigts, cela me fait l’effet d’un véritable électrochoc. Ce contact est étrange, tellement différent, tellement nouveau. Et il m’accepte telle que je suis. Ça aussi c’est nouveau, de n’attiser ni mépris, ni curiosité. Je ne suis pas « revenue » à cause de tout cela, à cause des regards, à cause du fait qu’on me repousse encore. De manière plus subtile que lorsque j’étais enfant, mais tout de même.

Et lui, lui, il est différent. J’ai l’impression que nous sommes deux opposés, réunis grâce à quelques notes de musique. Parce que la musique a un véritable pouvoir unificateur. Il a voyagé, mi je ne suis allée que de salle en salle. Il s’est enrichi intellectuellement de son voyage quand je donnais tout pour la danse. Il est un sorcier et moi une cracmol. Il a une très belle famille, dont il est proche apparemment, pour vivre à trois avec un bébé, je suppose qu’il doit réellement les aimer. Quant à moi, je suis fille unique et j’ai grandi dans un internat dès mes huit ans, avant de perdre ma mère. Je vais voir mon père, évidemment, mais quelque chose est brisé. Depuis assez longtemps.

J’attrape sa main, avant de sursauter à l’apparition du Croup. Alors c’est… ça ? Ludwig se met entre l’animal et moi. Il ne fait rien, se tenant bien droit, dans un calme olympien. Et cela suffit à faire déguerpir l’animal. Puis il se tourne, et… me lance un sort ? J’entends comme un bruit sourd, comme quelque chose qui percuterait un mur. Et c’est en quelque sorte le cas. Cet endroit est vraiment bizarre. Bizarre et… dangereux. J’en prends enfin conscience. Mais le monde moldu est dangereux lui aussi, c’est un point à ne pas oublier.

« Oui, j’ai été… surprise. »

Ce n’est pas rien de le dire. Les dangers sont différents de ceux que je connais. Dans le monde qui a été le miens, on les apprend vite et on apprend très tôt comment les éviter : regarder des eux côté avant de traverser une route, ne pas parler aux inconnus, avoir une bombe lacrymogène, ne pas sortir seule le soir etc. Ici, j’ai tout à apprendre et j’ai l’impression que sans baguette, cela peut être compliqué. Ma main retrouve presque naturellement la sienne. Je fronce les sourcils, quelque peu… troublée ou amusée, je ne sais pas trop.

« M’attires-tu dans des endroits dangereux pour pouvoir me protéger ? »

Je lui souris. Il faut reconnaitre que je n’ai jamais été attaquée par un Croup jusqu’à aujourd’hui. Mais je dois avouer qu’il ne m’a donné aucune raison de douter. Nous marchons tranquillement. La fraicheur commence à se faire sentir, sa main est toujours glacée, mais je ne la quitte pas pour autant. Il me raconte alors l’histoire de Merlin, un nom bien connu, y compris chez les Moldus.

« Il existe un merlin chez les non-sorciers aussi. Rusé, malin, il aurait été le fidèle conseiller du roi Arthur, le plus grand roi de Bretagne. Mais il n’a pas eu une vie sentimentale enviable. Par contre, tous reconnaissent que c’est le magicien le plus doué de l’histoire. »

Est-ce le même ? Peut-être. Il y aurait alors une certaine porosité entre nos deux mondes. Il confirme cette sensation en évoquant les récompenses. Légion d’honneur, chevaliers des arts et du mérite. Finalement, sorciers et moldus se ressemblent bien plus qu’ils ne veulent le reconnaitre.

« Et tu vises la dernière que tu viens de me citer ? »

Ma main libre effleure l’une des pierres, avec un petit pincement au cœur. C’est magnifique, je sais que c’est chargé d’histoire mais… je ne sens rien. Pa de petit frisson de magie. Rien. Je suppose que les sorciers doivent ressentir comme des vibrations, ou une certaine puissance. Je ne sens rien de tout cela. Enfin si, mais ce n’est pas la magie du lieu. C’est sa magie en lui. Ou ce qu’il est capable de provoquer en moi. Je tourne, sous son impulsion. Et je me sens bien ? Je me sens si bien quand je danse. Comme un prolongement du mouvement, ma main libre vient se poser sur son épaule, nos yeux se croisent. Je sens son autre main me maintenir. Avec mes anciens partenaires de danse, il n’y avait aucune douceur, aucune… sorte d’intimité. C’est différent là, tout est différent avec lui. Avec les autres, je ne rougis pas, je ne sens pas leurs mains sur mon corps. Parce que ce n’est que de la technique, juste un plan dont on est les instruments.

« Je… je danse oui. Je suis toujours le cursus, je dois juste faire attention. »

C’est un doux euphémisme. Certains mouvements me sont interdits sous peine de perdre l’usage de ma jambe, et si je fatigue trop mon corps – ce qui est pourtant la base de tout danseur – j’en ai pour des jours avec ma béquille. Est-ce qu’il me verra danser un jour ? Surement, quelques représentations sont prévues cette année, et si mon corps tient, il est prévu que j’y participe. Je n’ose toutefois lui dire que je danse chaque matin et chaque soir, seule et qu’il pourrait m’y voir, mais je n’ose pas. Je ne sais pas pourquoi. J’ai dansé devant des milliers de personnes, des hommes, des femmes, des juges, des parents, des parents, des riches, des pauvres, des connaisseurs, des novices, mais je n’ai jamais dansé pour une seule personne. Ça me semble si… personnel et intime. On passe tellement quand on danse, on partage beaucoup.

« Tu connais Kiss the Rain de Yiruma ? Je me doutais que oui. Imagine-la dans ta tête. A une, deux… »

Moi-même je me la joue dans mon esprit et j’impulse un mouvement, afin d’entrainer Ludwig dans une valse revisitée. Je connais la musique par cœur, c’est le premier morceau que j’ai joué lorsque j’ai su que je ne pourrai plus devenir danseuse professionnelle. Mes pas se calent sans difficultés sur la musique muette, inaudible. Et je danse. Je danse pour lui, avec lui, ne le quittant pas des yeux. Nous dansons en harmonie, comme si nous avions toujours dansé ensemble. Je n’éprouve nulle crainte quand il me fait tourner ou me penche. Jusqu’aux dernières notes mentales. Nous nous arrêtons, et je fixe ses lèvres, troublée, comme je ne devrais pas l’être. Le temps est comme suspendu.

Je ne peux pas, je ne dois pas, c’est… c’est mon élève. Et puis, on ne se connait pas. Pourtant… je me sens comme aimantée… Mais c’est sans compter sur une… étrange créature qui déboule en courant, on dirait un gnome, portant un chapeau et ayant manifestement des intentions plus que belliqueuses à mon égard, cela se lit dans ses yeux.

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Ludwig Strofki Valdemar
UMS 1ère Année


8 Janvier 2019 - UMS

"Ma réponse ne dépendra que de la tienne : aimes-tu que je t'attire dans des endroits dangereux pour te protéger ?" Je réponds à son sourire. Pourtant non, bien sûr que non je ne veux pas la mettre en danger. Jamais. Je veux plutôt la mettre dans une bulle de coton, loin du monde, des gens, loin de toutes ses souffrances. Loin de ses peurs. Le problème est que je peux en être une. Les choses sont compliquées, j'aurai aimé qu'elle le sache. Qu'elle soit déjà au courant pour moi. J'aurai aimé ne pas avoir à lui dire, que les choses soient vrai de suite entre nous. Qu'elle connaisse les vampires, ma nature. Qu'elle ne soit pas là, avec moi, en pensant que je suis un étudiant normal. Je ne suis pas un étudiant normal, je suis juste quelqu'un qui donne le change.

Je me rends compte que je ne fais qu'illusion dans cette université, que rien est réel, que je n'ai pas ma place. Je joue un jeu, pour m'intégrer, pour rester plus longtemps sur place, pour ne pas à avoir à changer de ville tous les dix ans. Je suis là surtout pour Elisabeth et Manen, qui vivent au rythme des mortels, et pour les Insurgés. Et je suis là, avec une non-sorcière, qui connait ce milieu, et heureusement qu'elle le connait. Mais ce n'est pas assez, je me rends compte que ce n'est pas assez pour qu'elle sache qui je suis vraiment. Et pourtant elle me plait, et je sens son cœur battre quand je suis à ses côtés. Je connais la mélodie de son âme et elle ne sait rien de moi. Je sais que sa mère est morte, je sais pour ses rêves brisées que je réparerai. Mais elle ne sait pas pour mes géniteurs morts il y a bien des siècles, et pour ceux d'adoption, morts aussi d'une certaine manière, comme moi. Je lui parle de mon frère et ma sœur, mais elle ne connait pas le sens de ce mot pour nous. Je n'avance pas vraiment à égalité avec elle. J'ai l'impression d'être un imposteur et de ne pas la mériter. J'ai l'impression d'avoir de l'avance sur elle, de savoir des choses qu'elle ne sait pas. Je veux lui dire, ça oui, c'est une envie tenace et lancinante, mais quel est le meilleur moment ?

Je change de sujet, je parle d'autre chose, de magie, de Merlin. On se rend compte qu'il y a des similitudes entre nos deux mondes, des superpositions. "Oui c'est cela, le Prince des Enchanteurs était un conseiller à la cour du Roi Arthur et l'ennemi juré de Morgane." Je souris à sa question.

"Non, je ne vises aucun ordre de Merlin, je ne souhaite pas marquer l'histoire." L'histoire je la vis, je la parcours depuis des centaines d'années. Je fuis le temps. Je vois trop de monde mourir, je ne veux pas laisser de traces. L'immortalité n'existe que pour les vivants. "Le plus important pour moi est d'être quelqu'un pour les gens présents, je ne vise aucune reconnaissance..."

Je la regarde agir au milieu de ces pierres. Soucieuse, pensive. Je l'imagine sur une piste de danse, faire sa propre magie, dans une église jouant sur un orgue. Dans la salle de musique. Cette idée me hante. J'ai besoin de savoir, si elle le fait toujours. Si je pourrai voir ça un jour. Je la fais tourner, j'aime ce contact, j'aime ses cheveux qui s'envolent, l'odeur qu'elle dégage. J'aime la surprendre. Voir ce petit afflux de sang sur ses joues. Et sa réponse me comble, elle danse toujours, prudemment, mais elle danse. Et elle me surprends à son tour.

"Je connais... Je l'imagine..." Elle coupe le souffle que je n'ai pas, mais que je tente de reproduire en soulevant régulièrement ma cage thoracique. Je me noie dans son regard qui m'interpelle, dans ses pas qui m'appellent. Je savoure sa douceur, son rythme, elle me guide, je la guide. Elle est légère, tellement pour un homme, encore plus pour un vampire. J'entends la musique dans ma tête, dans la sienne, elle est autour de nous, le silence la fait ressortir plus belle. Je pourrai la faire apparaître par magie, mais elle est plus belle dans notre esprit. J'écoute sa respiration. Elle tourne et se plie dans mes bras. Je prends soin des mouvements, de ne pas la briser, elle doit faire attention et elle me fait confiance, alors que je ne suis pas un danseur, mais j'aime danser avec elle. J'aime ce moment. La musique s'arrête, elle aurait pu continuer, mais elle se stoppe en même temps dans notre imagination.

Elle fixe mes lèvres pendant que je fixe son regard. Je ne sais pas si c'est bien, si je peux. La pulpe de ses lèvres me hurle de la faire briller. J'ai envie de l'embrasser, ma tête s'avance vers la sienne, l'envie est plus puissante que de mordre, que de boire. Le désir pour elle est plus grand que celui du sang. Nos lèvres s'attirent, sans se toucher, on y peut rien, mais j'ai l'impression de la trahir, mon baiser sera gelé comme un lac, il...

Mon ouïe se réveille, elle était comme endormie quelques instants. Un chaporouge qui saute sur Riley. Je l'attrape au vol, tant pis pour la vitesse. J'approche le gnome de mon visage. "Elle n'est pas égarée ! Elle est avec moi !" Je le jette plus loin. L'animal se relève et grogne à notre encontre. J'en entends d'autres. Les feuillages bougent. Sa présence ici affole la faune. Je vois des branches qui se soulèvent, une tige qui s'allonge vers nous. Visiblement la flore aussi se rebelle de sa présence. Le labyrinthe ne tolère plus sa longue présence en ces lieux. Ma mâchoire se serre. Des animaux s'approchent, le feuillage bouge de plus en plus, des ronces s'avancent vers nous.

Je m'approche d'elle, caresse son visage le visage penché. "Pardonne moi pour ça..." Ma main reste sur sa joue et l'autre se place dans son dos, la collant contre moi. Je transplane la tenant contre mon torse. Je n'ai encore jamais transplané avec une non-sorcière. Je suis sûr de moi, il est possible de le faire, mais j'appréhende sa réaction.

Je transplane sur la plage. Je la garde contre moi. Son cœur bat affreusement vite. Mais il se calme. "Je ne sais pas à quel point c'est désagréable pour toi. Est-ce que ça va ?" Je relève sa tête en caressant le dessous de son menton. Sa tête reste posée sur mon torse. "C'est encore un exemple du manque de tolérance de ce monde...le labyrinthe s'affolait. Et je l'ai dis, tu es en sécurité avec moi." Je pointe ma baguette sur le sable et y fait apparaître une couverture, puis une seconde pliée. Je l'installe sur la couverture au sol et je place l'autre sur ses épaules. Elle doit avoir froid après le transplanage et l'estomac pesant. J'attrape sa main et d'un mouvement de poignet je fais apparaître au bout de ma baguette deux carrés de chocolat au creux de sa main. "C'est une sorte de remède pour ce genre de...transport quand on débute."

Je m'assois à ses côtés, regardant devant moi les vagues. "Est-ce qu'on pourra se revoir ? Je veux dire, en dehors des cours ? Pourrait-on passer du temps ensemble encore ?" Je baisse les yeux et les remonte sur elle souriant. "On pourrait aller au  Royal Opera House ? Je n'y suis encore jamais allé..."


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I can feel you halo
Ludwig Strofki & Riley Kane
Je suis troublée. Dire le contraire serait mentir. Durant toutes ces années, j’ai appris à me blinder, à me protéger, à échapper aux autres et à leur cruauté ou à leur ignorance. J’ai grandi entourée de règles strictes. A l’internat, tout était minutieusement organisé. On se levait à telle heure, on se douchait à telle heure, on s’entrainait dur, on ne sortait pas. On obéissait, toujours, même si on se mettait en danger. Les règles strictes, je connais. Quand je suis revenue dans le côté sorcier de Londres, je me suis fixée des objectifs : travailler dur, obtenir un bon diplôme, un bon travail. Je ne suis pas sortie, je n’ai pas fait de bêtise. Jamais ivre, jamais de potions… enivrantes. Jamais. J’ai toujours été droite, m’accordant des soirées de fêtes pour l’amusement, mais toujours dans la limite du raisonnable. C’est ce que je suis : raisonnable. D’ailleurs, il suffit de voir, je me suis mise à l’escrime, un sport truffé de règles !

Mais Ludwig… Il fausse et trouble les limites. Je ne parviens pas à me faire une idée précise de sa personnalité, de qui il est réellement. Il semble si… instruit, si ouvert, si généreux, si sécurisant… Et en même temps, la façon dont il pose ses questions, ce danger qui semble l’accompagner systématiquement c’est… troublant. Et je suis plutôt du genre à éviter les ennuis généralement. Comme avec toutes ces histoires l’année dernière autour des créatures, ou depuis quelques jours. Mais être aux côtés de Ludwig dégage quelque chose de… grisant, de dangereusement attirant.

« Il est possible que cela ne me déplaise pas. »

A quoi est-ce que je joue ? Je devrais le repousser comme tous les autres. Mais je n’en ai pas envie. Pour une fois, j’ai envie que quelqu’un entre dans ma bulle. Parce que même s’il amène du danger autour de moi, je sens aussi qu’il ne me fera jamais de mal. Il sait la vérité et l’a acceptée, il est bon avec moi, je sens mon cœur… protégé. Son altruisme, plus que tout, me fascine.

« C’est très généreux. Tes proches ont énormément de chance. »

Ils sont rares, les gens qui se consacrent ainsi aux autres. J’ai l’impression qu’il est rare, précieux. C’est étrange, tout comme il est étrange de danser avec lui, moi qui n’ai jamais dansé avec un homme « pour le plaisir », mais toujours dans une chorégraphie orchestrée. Il danse bien. Ce n’est peut-être pas son domaine de prédilection mais il donne l’impression de s’y connaitre en danses de salons. Il a quelques pas typiques.

Quand notre danse s’arrête, quand je vois ses lèvres s’approcher des miennes, mon cœur s’emballe. Pour une fois, vais-je parvenir à ne pas me débiner, à ne pas fuir un baiser ? Aujourd’hui, avec lui, je ne triche pas. Je ne cache pas ma blessure. Je ne cache pas mon passé. Je ne cache pas ce que je suis ou ce que je ne suis pas. Il ne me semble pas du genre à n’attendre qu’une seule chose. J’ai comme un milliard de pensées qui traversent mon esprit à cet instant, et mon cœur fracasse ma poitrine.  Sauf que je pousse un cri à la place. Un … nain. Un nain qui visiblement veut me sauter dessus dans des intentions bien peu amicales.

Avec une rapidité déconcertante, Ludwig attrape la créature et nous en débarrasse. Egarée ? Avec lui ? Je ne suis pas certaine de comprendre. Mais une chose devient de plus en plus assurée : je ne suis pas la bienvenue ici. En témoigne cette espèce de… branche qui veut m’approcher. Mon attention est détournée quand il caresse mon visage. Que je lui pardonne quoi ? Je rougis quand il attire mon corps contre le sien et…

Et mon souffle se coupe, j’ai l’impression d’être passée dans une lessiveuse. Quoique l’exemple soit mal choisi, je n’ai jamais testé de lessiveuse. J’ai l’impression que je vais mourir, mon cœur s’affole, mon souffle aussi. Quand la terre arrête enfin de tourner, je réalise que je suis accrochée à lui, comme à une bouée de sauvetage.

« Je crois que ça va… »

A dire vrai c’est une des choses les plus… incroyables que j’ai pu vivre. Je relève les yeux vers lui, tout en restant serrée contre son torse. Je crois que mes jambes ne me porteront pas s’il me lâche. Je fronce les sourcils. Je n’entends pas son cœur… Il faut dire que le mien fait un bruit assourdissant. Oh oui, le monde est intolérant, c’est compliqué de trouver sa place dans ce monde. Je frissonne, il doit faire froid, lui aussi a froid. Je me laisse guidée par ses gestes, pour m’assoir et mordre dans un des carrés de chocolat. C’est vrai que ça apaise un peu.

« C’est ça que les sorciers appellent un transplanage, pas vrai ? Ça… secoue un peu. »

Je souris. Le mouvement des vagues m’apaise.

« Je crois que ça me plairait assez. On joue The Sleeping Beauty bientôt. Et il n’y aura pas de créatures qui voudront me chasser là-bas.”

Je laisse échapper un petit rire. Nous parlons encore quelques minutes, ou bien quelques heures. Puis nous prenons la direction de mon appartement. Peut-être sent-il que je suis nerveuse, ou peut-être est-il simplement galant, toujours est-il qu’il ne tente rien pour me voler un baiser ou se faire inviter. C’est nouveau pour moi, de ressentir ça. Et de le ressentir si vite. Nous nous disons au revoir et je rentre dans mon minuscule studio. Et je souris.

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