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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Février 2022.
Profitez bien des nouveautés ! Le récapitulatif est ici !

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And all of the lights will lead
into the night with me
Elisabeth Hiilos & Liam Braeden
Quelque chose se passe bel et bien. J’en ai l’intuition depuis des mois, mais là, j’ai la confirmation que quelqu’un ou quelque chose en veut aux loups. Et cette louve est hélas bien trop fière pour accepter un semblant d’aide. Comportement typique d’Alpha potentiel. Reagan avait agi de la sorte, j’agis toujours de la sorte quand j’ai un problème. Si les nôtres sentent la moindre faiblesse, ils feront tout pour prendre notre place. Sauf que je me moque de sa meute, je ne désire pas la conquérir, d’autant qu’elle ne dégage aucune autre odeur de loup et encore moins de mâle. Je veux juste savoir qui est notre ennemi.

Alors pour le moment, je l’observe, je la regarde nettoyer elle-même ses plaies, comme si elle avait l’habitude de se débrouiller toute seule. J’ai échoué à protéger les miens à Galway… Ici, nous sommes très peu nombreux mais j’ai comme l’impression que notre adversaire est bien plus fort. Et elle, elle a dû l’affronter. Si elle s’en est sortie, c’est qu’elle est une guerrière. Je ne sais pas combien de temps s’écoule ainsi – je perds toujours la notion du temps quand je suis sous cette forme – mais le mouvement de la lune me laisse supposer que nous restons un bon moment à nous jauger. Je devine la guerre et la souffrance dans son regard. Je me revois il y a un an, quand j’ai vu ma meute brisée, quand j’ai refusé de dormir, alors que j’étais blessé, tout cela pour veiller sur les miens.

Je la regarde se redresser, j’entends son jappement, qui me fait lever une oreille, mais je n’interviens pas pour autant. J’attends qu’elle soit prête à repartir et je m’approche d’elle. Décidément, une louve bien solitaire, ce sont les pires. Mais peut-être aussi les plus fascinantes. Je la laisse frotter sa tête contre mon cou, bien, elle a compris que je ne lui voulais pas de mal. Elle a compris que je n’étais pas son ennemi. Je fais quelques pas vers un chemin. Il y a des années de cela, quand je suis devenu Alpha, j’ai décidé d’ouvrir ma meute. Elle peut y entrer, elle peut y trouver un abri et des alliés contre son ennemi. Peu m’importe que ma troupe soit bigarrée ou peu harmonieuse, c’est moi et moi seul qui décide de qui je place sous ma protection.

Sauf qu’elle s’y refuse. Et pour le refuser, c’est qu’elle a une meute bien à elle. Une louve ? Seule à la tête d’une meute ? Voilà qui serait étonnant… Mais soit, j’en saurais plus sur cette louve. Il le faut. Mais pas cette nuit. Je la contemple, dans la clarté de la lune et j’écoute son hurlement qui me fend le cœur. Ce cri, je le connais, celui de la douleur la plus profonde qui soit. Je tourne mon museau en entendant les réponses. Elle n’est pas seule… Elle semble avoir toute une armée derrière elle. Je respecte leur souffrance pour refreiner mon envie d’hurler avec eux. Ils ont vécu quelque chose.  Quelque chose de terriblement intense.

Je ne la quitte pas du regard. Je ne la suis pas. Je dois d’abord comprendre ce qu’il s’est passé. J’attends encore quelques minutes après son départ et je me remets à courir pour regagner mon point de départ, reprendre forme humaine et me rhabiller avant de transplaner chez moi. Quelle étrange rencontre. Un danger nous guette, tous.


*
*    *


Reagan m’a pris pour un dingue. Il faut aussi avouer qu’elle n’en fait qu’à sa tête. Pourquoi est-ce que je lui parle de ça de toute manière ? Je l’ai considérée jadis comme mon égale, elle était Alpha avec moi, mais c’est terminé maintenant. Au mieux, elle est et restera ma bêta. Sauf qu’elle est presque tout ce qui me reste d’avant, et que même si elle me donne envie de la tuer toutes les cinq minutes en ce moment, je ne veux pas qu’il lui arrive quoi que ce soit. Elle est allée travailler, me taxant de paternalisme à deux balles, et moi je suis descendu à la boutique, contrarié de son attitude désinvolte et par le souvenir de cette louve blanche.

Je fais mon inventaire, tout en servant les quelques clients qui se présentent pour acquérir certains ingrédients. Je fais des efforts de politesse, je souris, et pourtant je suis préoccupé. Parfois, je me surprends à deviner la potion que mes clients veulent concocter à partir de la liste qu’ils me tendent. Le pire, mais vraiment, le pire du pire, ce sont toutes les jeunes sorcières qui viennent soit en gloussant soit en rougissant pour se procurer de quoi faire un filtre d’amour. Pathétique.

Profitant d’un moment de calme, je grimpe sur mon escabeau pour vérifier les produits de mon étagère la plus haute. Ce ne sont pas les plus dangereux – ceux-là sont rangés dans un endroit bien secret – mais il faut tout de même être vigilant, au bout d’un moment, les propriétés peuvent s’altérer et devenir nocives ou provoquer des effets…. inattendus et indésirables. Je m’immobilise tout à coup, non à cause de la sonnerie de la porte d’entrée qui m’annonce l’arrivée d’un nouveau client, mais de l’odeur. Cette odeur. Son odeur.

Je me tourne, empli d’une bien étrange appréhension. Sa jeunesse me frappe en premier. Elle a facilement dix ans de moins que moi. Et elle rayonne d’une pureté détonant avec sa force de guerrière. Je devais avoir son âge quand je suis devenu Alpha. Je l’observe un instant. Son teint est aussi pâle que l’était son pelage, mais ses cheveux sont d’un noir de jais déconcertant. Mais c’est bien elle, j’en ai la certitude absolue.

Je descends, pour venir me placer derrière le comptoir, non sans avoir jeté un coup d’œil pour deviner ses blessures. Mais l’humain a un avantage sur le loup : il peut se cacher derrière des masques. Je lui souris, prenant un visage avenant, celui que j’ai dû apprendre à composer pour interagir avec les autres.

« Bonjour mademoiselle, que puis-je pour vous ? »

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Le cerveau a la pensée, le coeur a l'amour,

le ventre a la paternité et la maternité.


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Elisabeth Hiilo
UMS 1ère Année


10 Février 2020 - Boutique de l’Apothicaire

Je me dirigeais chez l’apothicaire qu'on m'avait conseillé, il avait peut-être des réserves d'herbes bien utiles pour les créatures magiques de ce qu'on m'avait dit. Je sortais de ma petite boutique traditionnelle pour aller dans une rue que je ne fréquentais jamais. Ludwig s'était proposé de venir avec moi, mais je lui avais demandé de retrouver Riley après cette nuit, plutôt que de venir courir les magasins de potions. Je n'avais pas encore pris le temps de bien me soigner. J'avais croqué quelques antalgique attendant le bon moment pour soigner mes blessures. Je n'avais rien de grave. Techniquement j'avais remis mon épaule en place sous forme humain. La patte qui me faisait mal sous forme lupine. J'avais repensé toute la fin de nuit à ce loup que j'avais croisé, qui ne s'était pas battu à mes côtés, qui sortait de la forêt comme un mirage. Il m'avait, d'une certaine manière, permise de revenir à la raison, d'avoir du répit, et j'en étais reconnaissante. J'avais soignée les blessés jusqu'à ce matin. Je n'avais plus rien en stock d'utile pour les plus graves.

J'avançais déterminée vers la boutique et je poussais la porte énergiquement, mon instinct se figea alors instantanément. Cette odeur... Ma bouche s'entrouvrit de surprise. Il était comme la nuit dernière, le loup sur la colline, l'humain perché sur son escabeau. Mes yeux en l'air je restais figée à le regarder, tout comme lui avant qu'il ne se décide de descendre. Ça serait idiot de ma part que de croire qu'il ne m'avait pas reconnu. Enfin, "sentit". Je le regardais descendre. J'étais tellement surprise, je ne pensais jamais le revoir, et il m'avait même semblé qu'il n'était pas humain, qu'il n'aurait jamais un visage, un corps pour moi. Qu'il resterait ce loup-garou dans les bois.

Au vue de sa question, c'était lui le gérant. Génial, super et en plus il me prenait pour une gamine. Mademoiselle... Je fixais mon regard sur le sien, et j'entrepris le même jeu que la veille sous ma forme lupine. C'était plus fort que moi. J'avais refusé son aide et là, c'était tellement difficile de lui en demander, après l'effort surhumain que ça m'avait demandé hier soir pour lui dire non, pour ne pas le suivre. Ca rimerait à quoi aujourd'hui de faire des courbettes et de quémander son aide ? Pourtant si, j'avais besoin d'aide. Mes collègues, mes Insurgés, ma meute était affaiblie, humains, loups-garous, vampires... Mais la fierté était tenace.

"Pour moi rien..." Je détournais mon regard pour lorgner sur ses étagères et ne pas avoir à l'affronter. Je soufflais un instant fermant mes yeux. Réfléchis Eli, tu ne peux quand même pas quitter sa boutique comme ça. Tu as besoin de ce qu'il a ici. Y'a plus rien sur le Chemin de Traverse. Il est ta dernière chance. Cette situation était gênante. C'était comme se ridiculiser devant quelqu'un qu'on ne connaissait pas un jour, et le revoir ensuite dans d'autres circonstances. C'était un peu...humiliant. Je me sentais incroyablement nue, incroyablement faible dans cette enveloppe humaine. Et lui, il était particulièrement imposant, humain ou loup. Il était aussi terriblement séduisant et ça me mettait la rage. Il aurait du être un gringalé sans charisme, mais non, il avait la tête de l'emploi. Il était plus vieux que moi, il était marqué par l'expérience, la force et la droiture. Il était sûr de lui. Il m'avait appelé mademoiselle... Et ce sourire... je savais déjà que j'allais le détester !

"...Mais pour les miens peut-être..." Je me retournais vers lui, plus confiante. Je reprenais...du poil de la bête. "On m'a dit que vous aviez peut-être du stock de Mandragore. Il n'y en a plus une seule aucune caisse sur la Diagon Alley. Et de Asphodèle ? De l'Armoise..." J'avais besoin d'endormir certains blessés avec un filtre de Mort-Vivant pour les apaiser, car ils étaient agités, violents, et il fallait consolider leurs blessures.  "...Mimbulus Mimbletonia, vous avez ?" Cette dernière plante était plus rare. Quasi introuvable, mais elle serait totalement bienvenue. Un miracle en somme. J'en avais bien besoin, quand on savait bien s'y prendre, les pustules offraient de belles propriétés cicatrisantes. Et bien sûr, je savais bien m'y prendre.

Je faisais le tour de la boutique, lui tournant le dos. Je n'avais pas oublié la veille. Je lui faisais confiance. Assez pour ne pas regarder par dessus de mon épaule ses faits et gestes. Mes doigts parcouraient les fioles, les bocaux, sans les toucher, juste les effleurer. Cette boutique était fascinante, pourquoi n'y avais-je pas été avant ? Bon en même temps je n'étais sur Londres que depuis 6 mois. Je sentais sa présence derrière moi. Son odeur était partout en moi, s'invitant dans mes narines, parcourant mon intérieur. Il était fort, je le savais. Il était un alpha j'en étais sûre maintenant. Mais je ne pouvais pas flancher. Pas comme ça, pas juste parce qu'il me semblait différent. Combien de fois je m'étais trompée sur les gens ? J'étais trop jeune pour ces conneries, pas assez forte. Je me suffisais à moi même. Je...

Je me retournais vivement vers les fenêtres de sa boutique. Entendant des paroles suspectes derrière la porte d'entrée. Et ces odeurs qui passaient par le dessous et que je parvenais à capter. Des Purificateurs, présents à la bataille hier soir. J'avais un avantage sur eux, ils ne m'avaient vu qu'en louve. Je m'approchais rapidement du comptoir de l’apothicaire, volant sa veste posée sur un siège derrière la caisse, la passant sur moi pour cacher mes blessures les plus visibles. Pendant que je nouais un nœud sur mon ventre, pour la féminiser, je lui lançais droit dans les yeux. "Quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, n'avancez pas votre nature devant eux !"

Je défaisais un bouton de ma chemise que sa veste ne cacher pas, offrant une nouvelle vue sur mon décolleter. Je remontais ma jupe en jean pour la faire plus courte et je me penchais sur le comptoir devant lui, presque vulgairement, triturant mes cheveux avec mes doigts en enroulant des mèches et faisant mine de glousser. Toutefois je posais mon autre main sur ma baguette. Ils pouvaient avoir des vaccins sur eux, c'était même presque sûr vu le carnage de la nuit dernière. "Donc vous me dites qu'il ne vous reste plus de filtre d'amour ?! Pfff mais comment je vais faire moi !?" Je regardais le loup-garou, l'invitant à jouer le jeu en penchant ma tête sur le côté, un regard puissant et déterminé.

La sonnette du magasin retentit et je me raidis légèrement. Intensifiant mon regard sur l'homme en face de moi. Les deux hommes rigolèrent. Ils parlaient fort. Ils ne se cachaient pas du carnage de la veille. "Il voulait quoi le chef déjà Jack ? Des plantes Tue-Loup ? hahahaha" L'un deux siffla dans ma direction. Je savais que c'était pour moi. Je l'avais fait exprès, cette attitude provocante, une gamine séductrice.

"Hééé bonjour ma jolie !" Je serrais ma mâchoire, le cœur battant plus fort et je quittais le regard du ténébreux apothicaire pour pivoter vers les hommes. C'était parti ! "Que fait une si jeune et belle femme sans défense, seule dans les rues par ces temps qui courts ? Tu n'as pas lu les nouvelles ce matin beauté ?" Un des hommes arriva vers moi, baguette pointée en avant, yeux rivés sur mes seins. "Quoi ? Cette histoire de bêtes féroces ? Qu'est-ce que je risquerai en plein jour ?" L'homme s'approcha de moi et s'avança, de telle sorte que j'étais coincée entre lui et le comptoir. La pression montait en moi. "On sait jamais avec ces bestioles, elles sont pleines de ressource !" Le bout de sa baguette s'avança vers mon décolleter, comme pour en voir un peu plus. J'interposais ma main avant qu'il ne tente de me déshabiller plus et me glissais sur le côté pour me dégager de son emprise.

"Vous croyez ? Je pourrai être attaquée en plein jour par ces horribles choses ?! Merlin, mais comment je vais rentrer chez moi ? Vous m'inquiétez !" L'homme se mit à sourire. "Je peux te raccompagner si tu veux!" Je me reculais un peu plus. "Mais vous savez vous battre contre elles ? Comment je pourrai vous faire confiance, qui me dit que vous n'êtes pas un de ces loups terribles ou un de ces vampires féroces ?" Les deux hommes explosèrent de rire, un rire gras, un rire mauvais, diabolique. "On est pas dans leur camps beauté, on a de quoi se défendre, rentre avec nous..." Je croisais mes bras sur ma poitrine. "Je ne vous crois pas, rien n'arrête ces animaux, qu'auriez vous de plus que moi dans une attaque ?" Les deux hommes se regardèrent. L'un deux ouvrit sa chemise et chercha dans une poche intérieure.

"Ceci ma jolie...c'est un petit bijou qu'il faudrait distribuer à la population. Ça ne devrait pas tarder d'ailleurs après la nuit passée... Je l'ai utilisé deux fois hier soir, et ces pourritures sont tombés raides par terre, y'avait plus personne pour grogner !" Ils éclatèrent de nouveau de rire. Mon cœur lui s'accéléra vivement, j'avalais ma salive, mes poils se hérissèrent, mes dents se serrèrent, j'étais à deux doigts d'exploser et de leur sauter dessus en me transformant, de faire un carnage dans cette boutique. Ils avaient eu deux des miens, entre autre. Mon sang bouillonnait et il était difficile de jouer le jeu, mais je ne pouvais prendre aucun risque. Je n'étais pas seule dans la boutique. Et si je n'avais pas pu sauver ces loups hier soir, je pouvais donner une chance à ce vendeur. Bien sûr, mon comportement n'avait rien de perceptible pour ces deux Purificateurs, en revanche c'était des signes que pouvaient capter l’apothicaire.

"Ooh mais qu'est-ce que s'est ? Je peux voir ??" L'homme avait l'air fier de son petit effet. "C'est un vaccin, pour que ces chiens féroces deviennent des petits chiots sans défense." J'avançais vers lui, je fis mine de trébucher et m'agrippais sur son bras tenant la fiole qui vola en l'air et s'écrasa sur le sol, déversant le liquide par terre.

Je poussais un petit cris. "Oooh non ! Merlin noon ! Je suis désolée ! Je suis siii maladroite, vraiment...j'espère que vous en avait une autre ?! C'est horrible ce que je viens de faire ! Je suis désolée !" L'homme pestiféra contre moi, marmonnant mon imprudence, il était en colère, il me saisit le bras et me reprocha de lui, je me laissais faire, je ne voulais pas qu'il ressente ma force. "Malheureuse, c'est fragile ces choses là !" Son acolyte posa un bras sur son épaule pour calmer son collègue. "T'inquiète Ank, j'en ai une autre..." Mes yeux se posèrent vers l'autre seringue. Plus qu'une et ces deux salopard devenaient inoffensif.

Je relevais mes yeux et tombais sur ceux du brun ténébreux qui ne devait pas tout comprendre à ce qui se jouait sous ses yeux. Mais je l'imaginais assez perspicace pour comprendre que notre nature de loup était en danger avec ces deux hommes. J'espérai qu'il avait lu les journaux, sur le carnage de la nuit dernière. Il fallait qu'il comprenne que ces choses, ses vaccins étaient dangereux pour nous. Et qu'on devait s'en débarrasser prudemment.


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And all of the lights will lead
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Elisabeth Hiilos & Liam Braeden
Je soutiens son regard, amusé.  Si son odeur ne l’avait pas trahie, la fierté de ses yeux, sa manière de se tenir bien droite, arborant comme un air de défi, tout cela aurait crié son identité. Si jeune, et pourtant d’une force et d’une volonté détonantes. Mon sourire s’agrandit et je laisse échapper un petit rire en l’entendant prétendre que je ne peux rien « pour elle ». Puis je l’observe, alors qu’elle découvre ma boutique. Elle n’est pas venue ici pour rien, et compte tenu de l’allure de ses blessures, j’imagine assez facilement ce dont elle a besoin et qu’elle ne demande pas. Néanmoins, je ne la presse pas. J’ai fait un pas vers elle hier, à elle d’en faire un aujourd’hui.

Je me redresse et reprends mon sérieux quand elle mentionne les siens. Elle a bien une meute, c’est bien une alpha. Mon instinct ne m’a pas trompé. J’ai rarement vu des femelles à la tête de meute aussi jeune. Et seule. Surtout seule. Il faut un couple d’Alpha. Pourtant, il n’y a pas, je n’ai pas senti d’empreinte masculine trop prégnante sur elle.

« On vous a bien renseignée… », j’écoute la suite tout en me dirigeant dans les différentes étagères. « Un filtre de Mort-Vivant, j’ai ce qu’il vous faut. Je suppose que vous êtes médecin. »

Ou en tout cas, dans ce domaine. Ce n’est pas le genre de potion le plus évident à concocter. Quant au Mimbulus… Cette plante est très rare, et réservée à certains philtre.

« Possible que j’ai. Mais ce genre de bien est rare… et très coûteux. »

Quelque chose me dit qu’elle trouvera forcément un moyen de l’obtenir, je ne m’inquiète pas pour elle. Par contre, les éléments du puzzle commencent à se mettre en place dans mon esprit. Toutes ces plantes, ces ingrédients… Ajoutés à ses blessures, ça ne laisse que peu de place au doute. Elle a participé à une bataille, elle était en guerre hier.

« Je suppose qu’après une nuit… »

Elle est en alerte. Chez les loups, c’est évident, y compris sous leur forme humaine. Je fronce les sourcils et me redresse, tous sens en alerte moi aussi, instinctivement, comme si c’était la chose la plus naturel du monde que d’adopter son comportement. Je la regarde faire sans rien dire, ne pouvant toutefois masquer mon étonnement face à son attitude. Elle enfile ma veste, bien trop grande pour elle, mais je ne peux m’empêcher de songer que ça lui donne un côté diablement sexy. Ne pense pas à cela, Liam. Elle a une meute, elle est blessée et elle est jeune. Que je n’avance pas ma nature ? Et pourquoi donc ? Je suis un loup garou, j’en suis fier et je n’ai jamais eu à le cacher depuis des années.

J’arque un sourcil quand elle défait un bouton, mais je dois me faire violence pour la regarder dans les yeux. Elle est une femme, avec un corps parfait de femme.  Qu’est-ce qu’elle fabrique ? Un philtre d’amour ? Deux types entrent à ce moment-là. Elle joue à la gamine écervelée pour eux ? Je remarque qu’elle se crispe. Entre ça et le masque qu’elle arbore désormais, je considère immédiatement ces deux clients comme des ennemis. Mon regard s’accroche au sien.

« Je suis certain que vous sauvez faire tomber n’importe quel homme sous votre charme, mademoiselle. Vous devez les ensorceler sans difficulté. »

Je la gratifie d’un sourire charmeur, avant de reporter mon attention sur les deux hommes, m’efforçant de jouer le rôle du commerçant sympa et avenant. Je les détestais déjà, mais leur attitude de paon me confortait dans ma misanthropie. Toutefois, c’est leur plaisanterie sur les Tue-Loup qui achève de me faire comprendre que ce n’est pas qu’une sensation : ils sont nos ennemis. Je réprime une envie violente de les massacrer là, sur place. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger les loups. Absolument tout.

« Bonjour messieurs… »

Et puisse ce jour être votre dernier. Mon poing, alors que je m’appuie sur le comptoir, se serre brièvement quand l’un deux siffle la jeune femme. Ils n’ont donc jamais appris les bonnes manières ? Je m’apprête à leur dire leur quatre vérités, mais elle semble avoir un autre plan derrière la tête. Je commence à bouillir de l’intérieur. Je n’aime pas du tout leur façon de la regarder, de regarder ses formes. C’est ridicule, elle n’est pas de ma meute, je ne devrais pas réagir de la sorte. Et de quoi parle-t-il ? Quelles sont les nouvelles ? Je m’énerve et je sens qu’elle s’énerve aussi. Je peux le sentir. Je déglutis. Je vais finir par les étriper. Et ces mots là, bestioles, choses… ça a forcément un rapport avec le fait de devoir cacher notre nature. Mais comment osent-ils parler de la sorte, aussi ouvertement, de nous ?

S’il peut la raccompagner. Ne lève pas les yeux au ciel, Liam, ne lève pas les yeux au ciel. Je suis au bord de l’implosion, mais surtout… ça sonne si faux ! Franchement, ils sont vraiment abrutis pour ne pas voir qu’elle ment ? Et si ce n’était pas elle mais une autres à prononcer ces mots, attaques, animaux, j’aurais vu rouge.

Je fronce les sourcils quand l’un des types sort un… une fiole ? Ou une sorte de... non j'en sais rien. J’essaye de suivre la conversation. Il… il vient réellement d’avouer là, comme ça, qu’il a … qu’il a quoi d’ailleurs ? Tué des loups ? Mon sang ne fait qu’un tour, tout comme celui de la jeune fille. Tous mes nerfs sont vrillés. Je crève d’envie de les tuer, de les massacrer. On est deux, ils sont deux. On pourrait n’en faire qu’une bouchées… Sauf qu’ils ont ces protections. En quoi consistent-elles exactement ?

Vaccin, chien, plus il parle, plus ça empire. Heureusement qu’elle fait diversion en détruisant l’une des fioles. Je fais un geste dans leur direction quand l’un des types l’attrape par le bras.

« Monsieur, s’il vous plait. Pas dans ma boutique. Si vous voulez, je vous fournis les ingrédients nécessaires, mademoiselle remboursera. »

Le type commence à grommeler, prétendant que je ne pourrais jamais refaire ça. Ce qui est limite insultant, mais passons. Son cher camarade en a un autre

« Laissez-moi donc essayer… »

J’esquisse un geste en direction de la seringue, mais… non seulement l’odeur du sang de loup au sol arrive à mes narines maintenant que les autres senteurs sont évaporées, mais en plus il fait un geste de recul méprisant. Là, c’en est trop. D’un geste rapide et puissant, mon poing s’enfonce dans la tronche de ce type qui s’écroule au sol tandis que je récupère la seringue et que, de me main libre, je tords le poignet de l’autre type, en le plaquant sur le comptoir. Je tends la seringue à la jeune femme, tout en maintenant ma prise sur l’homme.

« Un petit Specialis Revelio pourrait aider… Quant à vous, je crois que vous avez quelque chose à demander à ma cliente. Je ne tolère pas le manque de respect envers les femmes… »

Je plie un peu plus son bras quand il commence à être insultant. Une saleté d’intolérant et de misogyne dans ma boutique… mais qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans ce monde ?

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Elisabeth Hiilo
UMS 1ère Année


10 Février 2020 - Boutique de l’Apothicaire

Il venait en renfort et c'était pas de refus. Le gars lâcha mon bras devant l'intonation du loup. Alors qu'il demanda d'essayer de refaire cette...potion, je vis son poing se refermait sur son visage et je n'eus même pas le temps de réagir qu'il maitrisa déjà l'autre sur son bureau. J'ouvris ma bouche, à la fois surprise et admirative. Sa main était tendue vers moi, tranquille, sans flancher, comme si ça ne lui demandait aucun effort. Je refermais prudemment ma main sur la fiole et la plaçais dans une poche de ma jupe en jean, l'écoutant demandait à l'homme de me présenter ses excuses.

L'homme soufflait de rage sous l'emprise de l’apothicaire. Le gars n'allait pas faire des excuses et en fait, je n'avais pas envie d'en entendre, j'voulais le voir mort à mes pieds, il pouvait faire ça pour moi ce gentil loup ? Écraser leur tête devant mes pieds. C'était mieux que des fleurs, là sur le coup. Je voulais la justice, pas des excuses. "Chut, les adultes parlent !" J’abattis alors mon poing dans le visage du Purificateur maitrisé pour le faire taire. L'homme perdit conscience à son tour.

Je frottais ma main, j'étais pas habituée à cogner comme ça, mais bordel que ça faisait du bien. Je soufflais de soulagement. Je regardais l'homme qui devait être un tantinet étonné de mon comportement. Je lui fis un sourire ravageur. "Je ne vais pas dire que j'avais besoin de toi, parce que je maitrisais totalement la situation, en fait...c'est juste que je n'avais pas pensé à... Enfin bref. C'est un vaccin, pour nous soigner de notre lycanthropie sauf que c'est la roulette russe, ça enlève le gène et parfois, la vie." Je reboutonnais sa veste qui était maintenant mienne en toute impunité. Je n'avais pas envie de la sortir d'ailleurs, son odeur ne me dérangeait pas le moins du monde et je savais que ça agacerait Tobias. Donc c'était parfait. Je tirais sur ma jupe pour la remettre décemment à sa place.

Je restais quelques secondes à le fixer dans ses yeux. J'étais toute...ébranlée, une vrai niaise sous le charme. Mais il était si... Merlin qu'il était... Glinglin la petite sonnette de la boutique retentit, je ne bougeais pas, pas comme lui. "Élisabeth j'ai...sentit....que tu avais des ennuis. Je suis venu dès que..." Je ne détachais pas mes yeux de l’apothicaire qui fusillait Ludwig des yeux. C'était sûr, il allait m'en vouloir. J'avais créé la panique dans sa boutique et je ramenais sans le vouloir, un vampire. J'étais pas folle, je savais que ces deux espèces ne cohabitaient pas ensemble. Surtout que c'était un alpha. J'étais une exception, ma famille était une exception.

Mon frère regardait les deux hommes maitrisaient dans la pièce et s'approcha de moi, une main sur ma joue. "Est-ce que tu es blessée, est-ce qu'ils t'ont touché ?" Je le repoussais d'une main. "Tout doux Lulu, il en faut plus pour que deux débiles me vaccinent." Ludwig jugea le gérant de la boutique une seconde et je m'interposais entre les deux pour briser le visuel. "J'ai eu, hum, un peu d'aide." Oh hé ça va, j'ai dit "un peu". Ludwig posa ses yeux sur ma chemise. Oh bordel, c'était pas ce qu'il croyait. Mais tant pis. "Je vois ça..." Mince alors, Ludwig était aussi jaloux ? Mais qui l'aurait cru ? Tobias je pouvais comprendre, mais mon Ludwig d'amour ? Il fallait dire que le gars derrière moi, il avait une putain d'aura de leader et de chef de meute que même Ludwig ça le faisait frémir. C'était trop mignon. Moi ça allait, je m’accommodais de cette odeur, c'était qu'un loup, n'est-ce pas ?

"Est-ce que tu peux gérer ça pour le QG, les ramener à Tobias. Et tiens..." Je lui tendis la fiole du vaccin. "C'est..." Je me tournais vers l’apothicaire. "C'est quoi votre nom déjà ?" Puis vers Ludwig. "C'est lui qu'il l'a récupéré. C'est celui pour les loups mon chou, ne t'inquiètes pas, mais soit quand même prudent avec !" Ludwig fronça ses sourcils. "Tu ne viens pas avec moi ?" Je me retournais vers le loup. "J'ai pas fait affaire encore Ludwig, je reviens quand j'aurai mes ingrédients. Est-ce que tu peux changer les perfusions de belladone s'il te plait durant mon absence." Il hocha la tête et empoigna les deux Purificateurs pour disparaitre dans un craquement sonore.

Je me retrouvais à présent seule face à Mr Braeden. Je pris un air désolée et me dirigeais vers la porte de sa boutique, comme si j'allais en sortir. Je l'ouvris en grand et je la calais par magie pour qu'elle reste ouverte. "C'est pas tellement pour Ludwig que j'ouvre la porte, c'est aussi parce que l'odeur de ces deux Purificateurs m'incommode..." Oui j'allais pas passer par quatre chemins et faire du style à cacher tout ce qui se passait. On avait plus le temps pour ça.

Je ne savais pas pourquoi je voulais lui dire tout ça, mais j'avais l'intime conviction qu'il pouvait me comprendre. Et c'était le moment d'avoir le plus de monde de notre côté. Il était tellement évident que je n'avais pas en face de moi un Purificateur déguisé. Aucun loup comme lui, alpha, ne serait dans ce camps là. Il était trop fier de ce qu'il était pour être l'un de ceux qui voulaient se soigner de sa nature. Et il n'était pas non plus Insurgé, sinon je l'aurai vu et senti hier. Non, il était tout simplement ce loup dans ce bois, qui m'avait offert du repos et un recueil.

Mes lèvres se mirent à trembler, parce que le dire à voix haute était d'autant plus douloureux pour moi. "J'ai des gars qui morflent en ce moment. J'en ai un qui se retrouve sans bras, parce que sa patte à exploser sous un sort. Ça veut dire que quand la prochaine lune brillera, il ne pourra plus courir. J'en ai un qui s'est pris tellement de Doloris qu'il en a perdu la raison. J'en ai deux qui se sont entretués parce qu'ils étaient sous le sort d'Imperium. J'ai...eu...des... morts." Je serrais mon poing, mes yeux ambres se mirent à flamber sous la douleur, la honte, la colère. "Trop de morts pour faire semblant que ce n'est pas ma faute. Que je n'ai pas su les protéger tous. Mais je suis là. Moi je suis toujours là. Et c'est là leur plus grosse erreur."

Ils auraient du me tuer. Je ne rendrai jamais les armes, je ne reculerai jamais. Pas devant eux. Je n'allais pas fuir. On allait grandir, on allait se relever, ensemble, parce que je tenais toujours debout. Tobias et Ludwig aussi. Aamos... Tous étaient presque encore debout. "Ces gars...ces Purificateurs, ces gens qui veulent nous réduire, nous, les loups et toutes les créatures magiques au rand d'animaux, ils auront une revanche. Tant que je serai là, debout, je ne me coucherai pas devant eux !" Au fur et à mesure de mon discours, je m'étais avancée vers lui. "Alors, Mimbulus Mimbletonia, vous avez ? Votre prix sera le mien. J'ai aucune limite quand il s'agit des miens..."


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Elisabeth Hiilos & Liam Braeden
Je sens le poids mort du type évanoui et le lâche pour qu’il s’écroule lourdement à terre. Elle a du cran, et de la force. C’est vraiment de plus en plus intéressant  tout cela. Sans odeur de mâle alpha sur elle, c’est une perspective de plus en plus réjouissante également. Je la regarde, lui adressant un regard et un sourire blasés. Et allez, orgueil féminin et alpha de surcroit. Pourquoi est-ce si dur de reconnaitre que je lui ai rendu service ? J’écoute la suite, contrarié. Je commencerai presque à grogner. On veut détruire les loups ? En enlevant ce qui fait de nous des êtres exceptionnels ou en nous tuant. Alors que si je pouvais être loup tout le temps, je le serai. C’est d’ailleurs un peu ce qu’il s’est passé avant qu’on arrive ici. Je passais toutes mes journée sous ma forme lupine, et ne me transformais que le soir pour voir Reagan et m’assurer qu’elle se remette de ses blessures et de la perte de sa mère.

« C’est insensé. C’était pour ça, ton état d’hier ? Et ce cri que tu as poussé ? Tu es en guerre contre eux, pas vrai… »

Je savais qu’il y avait un problème, je savais que les attaques envers les créatures et l’enlèvement des petits n’étaient pas anecdotiques. Bordel, il va falloir que je resserre les liens autour de ma meute, je ne peux pas les perdre une nouvelle fois. La sonnette me coupe dans le flot de mes pensées et une odeur pestilentielle m’envahit, en même temps qu’une rage profonde. Voilà une odeur que j’abhorre au plus haut point. Une odeur qui me fait grogner, me renfermer, tendre les muscles et serrer les poings. Un… vampire… dans… ma… boutique. Je déteste les vampires. Basiquement, parce qu’ils sont des vampires, mais en plus, certains se sont alliés à mes ennemis, et leurs ont permis de déchiqueter ma meute. L’un d’eux a mordu Reagan, et bon nombre de mes loups et demi-loups sont morts à cause d’eux.

« Nous allons ferm… »

Ou pas. Il connait la louve ? Elle fait partie d’une meute qui s’allie à des vampires ? Je ne la regarde même plus, je ne vois que cette erreur de la nature face à moi, qui empeste ma boutique. Je serre encore plus mes poings et contracte la mâchoire quand il fait mine de la toucher. Elle n’est pas de ma meute et elle traine avec ce genre d’individus, tant pis pour elle. Sérieusement… un vampire. C’est… c’est froid, ça ressemble à un gringalet d’à peine seize ans. Qui est-il pour oser poser les yeux sur elle ? Qui est-il pour juger ? Ou pour me regarder ? Je soutiens son regard, par-dessus la dénommée Elisabeth. QG… Tobias… Bordel, mais j’aimerais bien des sous-titres là !

“Liam Braeden.”

Et pourquoi je lui réponds encore ? Elle a emmené les emmerdes et un vampire dans maison ! Celui pour les loups ? Il y en a… pour les autres ? Genre, pour les vampires ? Parce que ça, ce serait l’invention du siècle et j’irai en personne remercier son inventeur.

Non mon gringalet, elle ne vient pas avec toi. Une louve ne « vient pas » avec un vampire, ce n’est pas comme ça que ça marche. Qu’il déguerpisse, c’est ça. Avec les deux gars. Voilà, là je l’apprécie : quand il dégage avec son odeur nauséabonde. J’observe Elisabeth en silence. Je ne prononce aucun mot. Je suis furieux, troublé, inquiet. Je devrais la laisser partir, c’est mieux pour les miens, elle n’apporte que des soucis… même si ça ne la rend que plus désirable. Surtout dans ma veste.

Ludwig et Purificateurs. Voilà deux mots que je vais abhorrer à partir d’aujourd’hui. Mais au moins, ça pue moins le vampire. Je croise les bras sur la poitrine, la fixant de toute ma hauteur. Bah besoin de parler, on se comprend. Elle a apporté trop de bordel pour ne rien dire. J’attends des explications, et j’entends qu’elle me les fournisse. Ce qu’elle fait. Et elle ébranle tout en moi : l’homme, le loup. Je ressens sa douleur, je vois l’alpha dont la meute a été brisée. J’ai connu ça, Elisabeth, ça fait mal, je sais à quel point ça fait mal. Elle a dû être une guerrière sublime, une meneuse royale. Mais je sais que ça ne suffit pas. Et visiblement ça n’a pas suffi. Je ressens sa souffrance, sa honte, mais je n’esquisse pas le moindre geste envers elle. Elle n’a pas besoin de pitié. Ce n’est pas ce que j’éprouve, évidemment, mais c’est ainsi qu’elle pourrait l’interpréter. Et un loup ne supporte pas la pitié mal placée. Elle est sublime dans la douleur. Elle est Grande. Et rien que pour cela, elle n’a pas besoin de moi.

J’ai cédé mon territoire jadis, parce que je ne pouvais plus assurer la protection des miens en Irlande. Mais elle, elle ne va pas céder un pouce de terre, c’est évident. J’aime son assurance et sa détermination. Elle inspire mon loup, elle lui parle directement quand ses formes mettent l’homme en appétit. Elle est si désirable, je dois me faire violence pour ne pas la plaquer contre le comptoir et l’aider à se sentir vivante autrement que portée par la haine.

« Comme je te l’ai dit, cela a un prix. Je veux la vérité sur le « QG » et sur la raison pour laquelle une louve alpha s’acoquine avec un vampire. Parce que vois-tu, j’ai eu comme qui dirait un léger accroc avec la dernière meute qui ait fait cela. Les vampires ne sont pas les bienvenus ici, ils ne le seront jamais. »

Je me détourne d’elle, de son odeur si envoutante pour voler d’une étagère à l’autre, d’un pot à l’autre, recueillant quelques ingrédients, avant de repasser derrière le comptoir et de tout déposer dessus.

« Mimbulus, si tu daignes t’acquitter du prix demandé. Quant au reste, estime que c’est ma contribution première à ta guerre, pour ton loup blessé. Il y a de quoi faire une potion de Poussos, pour ton soldat blessé. »

Je m’appuie sur le comptoir la regardant sans ciller.

« J’ai perdu presque la totalité de ma meute dans une guerre, Elisabeth. Ce qu’il en reste aujourd’hui, je leur dois de les protéger, de veiller à ce qu’ils soient en sécurité alors que je les ai déracinés. Si cela ne tenait qu’à moi, je vous prêterai mon bras dans cette lutte. Mais je dois songer à eux. Je ne peux pas les entrainer dans une guerre sans savoir. Encore moins si cela implique des vampires. J’ai loupé un épisode, il me semble. De quel doit ces hommes sont venus afficher leur intolérance et leur droit de nous tuer en toute impunité ? Que risquent réellement mes loups ? »

Et toi, que risques-tu réellement ?

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Elisabeth Hiilo
UMS 1ère Année


10 Février 2020 - Boutique de l’Apothicaire

Pourquoi je venais de dire ça ? Pourquoi je venais de...demander la pitié ! Putain Elisabeth te laisse pas avoir par son odeur, par...sa veste sur toi. Il n'était rien, c'était rien, c'était personne, c'était juste un mec, plus vieux que moi, carrément sexy, certes, mais...il n'était rien. Pas ma famille, pas mon frère, pas mon alpha, pas...bon d'accord, il faisait partit de ma race, mais...ça ne comptait pas. Il, il restait là, les bras croisés à me regarder. Mais j'avais besoin de ce qu'il avait en boutique. La première bataille avait déjà affaibli nos troupes et mes stocks d'ingrédients. Mais son attitude m'apaisait, encore une fois, bordel que c'était chiant quand il faisait ça. Quand il me soulageait et apportait la paix en moi. Comment il faisait ça ? Il avait pourtant cet air supérieur et imbu de lui. Tient comme Tobias. Mais pourtant, malgré son aura, sa force, il ne me faisait pas passer pour une incapable, il écoutait, et...il comprenait. Il y avait quelque chose chez lui qui me faisait me dire qu'il ne me voyait plus comme une gamine, celle qu'il pouvait penser que j'étais vu mon âge.

Je levais mes yeux en l'air devant son "prix". Je me reculais, croisant à mon tour mes bras sur ma poitrine. Je lui tournais le dos, je soufflais lentement, évacuant mon trop plein d'émotion après ce récit édifiant que je venais de faire. Quel accrochage avait-il eu avec des vampires ? Il était pire que Tobias, son discours me coulait dessus un peu, j'en avais tellement l'habitude avec mon frère, s'il savait. C'était lassant. Puis je me retournais de nouveau vers lui. Je luttais. Je réfléchissais à son offre. Il voulait la vérité, il méritait la vérité. Il voulait savoir, il avait le droit. Il était tout aussi concerné que moi dans cette affaire en même temps. Mais ce n'était pas le règlement d'une intégration normale. Je ne pouvais pas dévoiler tout, pourtant, tout chez lui me pousser à le faire. Il dégageait la confiance et le respect. Non, il fallait que j'arrête mes conneries, je venais de me défaire de Samuel, c'était pas pour m'emmerder avec un autre alpha à la con. De ma race en plus. Non. Trop dangereux pour moi, pour Manen. Il fallait qu'il arrête avec ce regard qu'il me faisait. Parce que ses yeux, ils étaient... Ouf il s'éloigna de moi pour fouiller ses étagères, et voilà que je regardais ses fesses. Je fermais mes yeux, me désespérant moi même.

Et il posa les ingrédients devant moi. Me les offrant. Je relevais mes yeux sur les siens. Risqué. Merci avais-je dit en silence. Merci infiniment. Merde, qu'est-ce que je pouvais faire maintenant ? Il me fallait le reste. Je passais une main dans mes cheveux. "ton soldat blessé"... Et tous les autres, il y avait tous les autres, je ne pouvais pas les abandonner. Il me fallait le Mimbulus. Son corps, qui me semblait aussi imposant que son loup s'appuya sur le comptoir. Il était drôlement déstabilisant. Ma louve fit une courbette, mais je ne baissais pas ma tête. Elle allait arrêter oui ? Et lui aussi. Il cherchait quoi ? Je plissais mes yeux et fis la moue. Non mon coco, tu pourra faire toutes les pirouettes de loup séducteur et d'alpha en chasse, je ne vais pas me faire avoir. Et pourtant...

Son discours fit asseoir ma louve, tout raisonnait en moi, tout ce qu'il me disait. Et j'aimais par dessus tout qu'il m'appelle par mon prénom. Il devait savoir après ce qu'il venait de me dire. Il était en danger, lui, ce qui restait de sa meute. Il fallait qu'on se serre les coudes entre nous. Il était prêt à aider peut-être. Comme pourrais-je refuser de l'aide juste par fierté, parce que j'étais têtue, parce qu'il y avait des règles à respecter. Aamos ne serait pas content que je ramène un alpha si puissant que lui, mais il était un atout après nos pertes d'hier. Et, et quelque chose en moi voulait le revoir et pas seulement dans sa boutique. Et je lui avais dit que oui, mon cris d'hier soir, j'étais bien en guerre contre eux. J'avais perdu une bataille hier soir quand il m'avait vu. Même si ça avait aidé à sauver des gens, Lena.

"La vérité ?" J'avançais vers la sortie de sa boutique et je refermais la porte, verrouillant la serrure, tournant le panneau OUVERT vers FERME. J'abaissais le store et je me retournais vers lui, collant mon dos contre la porte. "La vérité vous n'allez pas l'aimer..." Je vissais pourtant mes yeux aux siens. J'allais procédé dans l'ordre de ses interrogations. Sans langue de bois. C'était un alpha, il n'avait que faire de l'enrobage superficiel. "La vérité c'est que la bataille que j'ai perdu hier soir va se savoir dans le monde entier. La vérité c'est que plus aucun loup ne sera en sécurité dans le monde. La vérité c'est que je ne vais pas me battre seulement pour ma meute, mais aussi pour la tienne et pour toutes celles qui foulent la planète. Parce qu'aujourd'hui est l'aube d'un lendemain noir. La perte de nos libertés. Ça a commencé. Ils vont nous traquer, ils vont nous parquer. Les écoles, les lieux public. Il va y avoir des couvres feu, des polices canines. C'est ce qu'ils veulent depuis des années." Je lançais un accio et réceptionnais un journal dans mes mains qui passa par le dessous de sa porte en se mincissant. Je m'approchais de lui et déposais le journal sur le comptoir devant lui. Il pouvait lire tout ça sur le Wizard Times de ce matin. Les décrets et le discours de Doug Hopkins. "Ça court en silence depuis des mois, des années. Et ça ne touchera pas que les loup-garou. Ça touchera toutes les créatures magiques confondues. Les vampires, les géants, les centaures, les gobelins, elfe, vélane, sirène, être des eaux..." Je pointais une tribune du doigts comprenant le titre "Mangenmagot". "Il va pleuvoir des règles et des décrets et des Lois nous rendant dangereux pour la population. Ils iront demander jusqu'à la vaccination de masse..."

En parlant, mon stress grandissait, l'angoisse d'un avenir terrible. Et s'ils faisaient du mal à Manen ? S'ils la vaccinaient ? Je poussais un grognement sourd et sombre à cette idée. Sans m'en rendre vraiment compte, je récupérai le coin de sa veste avec le bout de mes doigts qu'instinctivement je venais reniflais, comme pour y trouver la paix et la réassurance. Son odeur était-elle qu'elle me donnait un sentiment de sécurité alors que je me sentais si vulnérable dehors, dans cette jungle d'intolérants et de mécréants.

"Le « QG » regroupe des hommes et des femmes de toutes races. Des humains, des loups, demi-loup, vampires, demi-vampire, des géants, gobelins... Des Insurgés à tout cela. A ces Purificateurs. L’insurrection a été créé et organisée par l'alliance et l'amitié d'un vampire et d'un loup. Je dirige et guide les troupes louves, et certaines autres créatures qui acceptent mon commandement. Et...un de mes frères dirige plutôt le côté dents pointues, parce qu'il est un vampire." Je ne pus esquiver un sourire en voyant sa réaction de dégoût, son mouvement de recul. Tous les mêmes. Aimez-vous les uns les autres bordel de merde ! "C'est marrant, parce que je sais que Tobias aura la même réaction que vous quand il va sentir votre veste sur moi. Je suis presque sûr qu'il va la brûler quand j'aurai le dos tourné. Vous n'y tenez pas trop j'espère ?" Je posais mes yeux sur sa veste, souriant, avant de le regarder lui.

"Les vampires, Liam, il va falloir vous 'en accommoder un certains temps, parce qu'eux aussi sont en danger et qu'ils ont décidé de nous aider. On est pas obligé de les aimer. Mais concrètement, même si je suis fière de ma race, même si je suis persuadée qu'on est des êtres particulièrement puissants... On ne fera pas le poids cette fois. Pas tout seul." Je pointais le doigt sur la photo animée de Doug Hopkins, le Ministre de la Magie, sur le journal. "Parce que cet homme là, il est le chef de l'organisation des Purificateurs. Et qu'il va falloir être de taille pour affronter l'alpha de millier de sorciers." Sa main frôla la mienne près du journal. Je frissonnais la retirant rapidement du comptoir. C'était quoi ça ? Mon cœur s'était emballé directement. Bon sang cette force...ce...cette sorte de fluide qui avait traversé ma peau. Ses yeux étaient flamboyant. Il avait un truc, je n'aurai pas su dire quoi, mais il s'était passé un truc. Il était en colère, je pouvais le sentir. Je pouvais voir qu'il se sentait bouleversé par tout ce que je venais de lui avouer, pourtant il ne pliait pas. Ce n'était pas le genre à plier.

Mais je reniflais quelque chose maintenant en étant aussi près de lui. Une odeur, une autre femme. Pfff c'était presque injuste. En même temps pourquoi un alpha serait-il tout seul ? Moi j'avais chassé Henry parce qu'il y avait Manen, parce que je me contentais d'être mère. Parce que j'avais la protection de mes frères et que j'avais une sorte de patriarche avec Aamos. Mais lui...bien évidemment il avait une louve. Et il devait être papa aussi, vu son âge, il avait sa petite meute et....et pourquoi je pensais à tout ça moi ? Qu'est-ce que je croyais ? Qu'est-ce que je voulais ? J'étais venue ici pour mes ingrédients, j'avais déjà perdu de temps, même si le temps avec lui s'oubliait.

"Si avec votre femme vous voulez protéger votre meute, je vous conseille de fuir le pays. Parce qu'ici, elle ne sera pas en sécurité. C'est d'ici que tout va partir. Mais ne vous inquiétez pas. Je ne partirai pas, je ferai honneur." Je baissais ma tête devant lui, en guise de respect. Je me maintenais droite, une allure impeccable, fiable. Je récupérai précautionneusement les ingrédients sur le comptoir et lui tendis une main. "Est-ce que j'ai payé le prix cher Liam ? Ou vous dois-je encore quelque chose ?"


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Elisabeth Hiilos & Liam Braeden
Je sens bien des odeurs sur elle, dont des senteurs masculines, mais pas de compagnon. Je l’observe, comme si elle luttait contre moi, contre elle ou contre je ne sais quoi. Elle est très jeune, et elle porte sur ses épaules une lourde responsabilité. J’ai connu cela. J’ai échoué. Mais elle, elle peut y arriver. Je le sens, tout comme je sens que c’est bel et bien une Alpha. Une guerrière, sans mâle dominant, ça n’est pas du tout pour me déplaire. Loin de là. Très loin de là. Les Omégas ne m’ont jamais attirées, je n’ai jamais eu d’yeux que pour les potentielles alphas. J’en ai aimé une, j’en ai fait ma compagne avant de la perdre. Mais cette femme, cette Elisabeth ? Il faut me rendre à l’évidence, je ne suis plus tout jeune pour un Alpha, et il conviendrait que j’assure une descendance, que je lie ma meute à une autre. Je ferme brièvement les yeux. Ce n’est pas le moment de penser à cela. Je ne fais qu’un avec mon loup, aussi m’est-il aisé de lui demander de respecter le deuil. Au moins le temps d’obtenir quelques informations.

« Si tu savais le nombre de vérités qui m’ont été imposées alors que je ne les aimais pas. »

La vérité : Reagan n’était pas ma compagne, j’ai été trop con pour ne pas voir l’alliance des loups avec les vampires, je suis la risée de l’Irlande à cause du massacre des miens. Je suis un fuyard, Elisabeth, un Alpha déchu. Alors une vérité de plus ou de moins… J’accroche mes yeux dans les siens. Et j’écoute, sans flancher, sans témoigner la moindre once de pitié. Je n’en ressens pas. J’ai au contraire de l’admiration pour elle et une immense crainte pour les miens. les nôtres. Elle n’est pas ma meute, les loups qui sont morts ne sont pas mes protégés, ceux qui se battent, qui survivent, ne sont pas non plus sous ma responsabilité. Mais merlin m’en est témoin, je n’ai jamais été voué à n’avoir qu’une meute réduite. J’ai aspiré à plus, j’aspire à plus. Si je pouvais protéger tous les loups, je le ferai. C’est pourquoi non seulement le loup mais aussi l’homme en moi sont mus en même temps d’un respect et d’un… d’un désir ? sans faille pour cette femme. En revanche, elle a des mots qui me rappellent de façon désagréable une conversation que j’ai eue il y a quelques jours avec mon ancienne compagne. Nous parquer ? Des polices canines… Reagan ne m’a-t-elle pas dit qu’au ministère ils étaient en train de séparer les équipes, et que c’était soit disant pour cela qu’elle se retrouvait avec un loup ?

Je deviens soucieux. Si cette histoire est vraie, alors nous sommes réellement dans une panade sans nom. Mes yeux parcours le journal qu’elle fait voler jusqu’à moi. Doug Hopkins… le ministre en personne… Alors tout vient vraiment de lui ? Je ne relève mes yeux sur Elisabeth que lorsqu’elle évoque la possibilité d’une campagne de vaccination.

« Mais c’est… C’est aberrant ! Il y a eu tellement de lutte pour nos droits, ils ne peuvent pas… »

Je m’arrête instinctivement. Je sens qu’elle n’est pas bien, je perçois son stress, inutile d’en rajouter. Je dois la protéger elle aussi. En d’autres temps, je l’aurais soit séduite, soit j’aurais pris sa meute de force si elle avait refusé. Combat d’Alphas. Mais cette fois, nous nous battons contre un ennemi commun. Je n’ai donc nullement intérêt ou envie d’entrer dans une querelle de territoire avec elle. Il ne me reste donc plus que l’option de la séduire. Et de l’aider, évidemment. Aider tous les loups. Je ne peux toutefois retenir une grimace quand elle mentionne l’amitié contre nature entre un loup et un vampire. moi vivant ? Jamais ! Un frère ? Vampire ! Encore plus contre-nature. Est-ce qu’elle me dégoûte ? Non… mais je ne vois même pas comment cela est possible. Est-ce qu’elle parle de cet ectoplasme qui est entré dans ma boutique ? Tobias ? Alors il y en a un autre… Mais quelle horreur.

«  Qu’il la détruise, rien que le fait d’avoir fait chier un vampire me convient. Tu devras m’en offrir une autre. »

Un motif supplémentaire pour la forcer à revenir dans ma boutique ? En partie. Mais ce que j’ai dit sur le fait d’emmerder un buveur de sang est vrai aussi. M’en accommoder… de ces traitres ? De ces tueurs d’hommes ? L’idée de devoir m’associer à ces… ces… abominations me rend malade. et ça ne fait que me rappeler que ma meute, toute puissante soit elle, n’a rien pu contre une association loup-vampire. Mais… ça… Et Reagan, elle qui a été mordue et quasi noyée par l’un d’eux ? Certes, elle n’a plus de décision à prendre, mais elle reste ma guerrière la plus efficace.

Je suis soudain envahi d’une haine violente pour cet homme, cet Hopkins. Et je ne parviens pas à savoir si c’est à cause de ce qu’elle ressent pour lui ou si ça vient vraiment de moi. En tout cas, une chose est sure, elle sait exciter l’Alpha que je suis. Et ce, à bien des égards. Mais là, elle parle au guerrier, qui le prend aussi pour un défi. En me penchant un peu plus pour lire, nos peaux entrent en contact. Je fronce légèrement les sourcils avant de la regarder. Je sais. Je sais exactement ce qu’elle est. Appelez ça l’instinct, je suis en totale fusion avec mon loup alors je sais. ça ne m’étonne pas de lui. Son choix ne me surprend pas du tout. Ce qui me surprend en revanche, c’est sa remarque. J’affiche un visage volontiers amusé.

« Jolie stratégie pour savoir si je suis célibataire, Elisabeth. Me demander directement aurait été plus simple. »

Je ne la quitte pas du regard. J’aime sa marque de respect. Enfin une qui respecte la hiérarchie. Reagan devrait prendre des cours avec elle. Je n’ai jamais pu lui faire baisser le regard que par force. Ceci étant, Elisabeth a raison sur un point. Même si elle n’est pas « ma femme », elle est ma bêta, et nous protégeons la meute ensemble. Je ne veux pas qu’elle soit en danger. J’ai promis à sa mère que je veillerai sur elle et elle prend déjà bien trop de risque.

« Celle que tu sens, c’est ma Bêta. Je lui ai déjà fait quitter l’Irlande. Nous n’accepterons pas de fuir une nouvelle fois. »

Quoique… je commence à avoir des doutes pour elle. Je la sens qui s’éloigne, elle part de plus en plus, pour de plus en plus longtemps. J’ignore si Elisabeth fait partie des loups civilisés ou si elle a vécu en meute et connait parfaitement la hiérarchie.

« Lève les yeux. Et cesse le vouvoiement, il est inutile », j’attrape la main qu’elle me tend pour y déposer un baiser, et lui adresser un sourire ravageur avant de me détourner d’elle. Je vais dans ma réserve, chercher ce dont elle a désespéramment besoin. Je lui dépose, devant elle.

« Je te remercie pour ta sincérité. Je vous aiderai. Je suis le meilleur pour trouver les ingrédients les plus rares. Je vous adjoindrai certains des miens. Pas celle que tu as prise pour ma femme. J’ai un devoir envers elle et je ne veux pas la mettre en présence de vampire. Mais tu auras de l’aide pour… notre combat. Quant aux lois… elles ont déjà commencé, on sépare les employés loups des autres, au ministère. »

Une information qui pourra certainement lui servir. Elle pourra avertir les siens.

« J’accueillerai tout loup de ta meute que tu pourrais m’envoyer. Une dernière chose, Elisabeth. Dois-je faire semblant d’ignorer que tu n’as pas de compagnon alpha ? »

Autant savoir jusqu’à quel degrés de vérité elle était prête à jouer. Parce que mon loup grogne déjà pour elle et pour son combat.

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Elisabeth Hiilo
UMS 1ère Année


10 Février 2020 - Boutique de l’Apothicaire

Te demander si tu es célibataire directement ? Non ! Non, parce que tu pourrai t'imaginer exactement ce qu'il fallait s'imaginer et ça... Il en était hors de question. Il n'était pas dupe, forcément. Et il était cash, vraiment sûr de lui. Vraiment sûr de plaire. Je l'avais en respect, surtout après cette nuit en forêt. Il s'était passé un truc entre nous. Il ne m'avait pas chassé, il ne m'avait pas défié. Il était resté là, comme quand il avait écouté mon discours sur ma guerre, mes pertes tout à l'heure. Pourquoi ne m'attaquait-il pas ? Pourquoi...m'aidait-il ? Il n'y avait pourtant ni pitié, ni rejet de sa part. C'était étrange. Qui était-il ? Qu'elle était son histoire ?

Une betâ ? Je fronçais mes sourcils. Il vivait dans une sorte de meute ?! Comme celle qui m'avait attaqué moi et ma mère. Comme avait vécu Aamos pendant des années, comme vivait Vladimir avec son clan de vampire. Une communauté. Comme la meute qui m'avait fait ce que j'étais aujourd'hui. J'étais partie à l'époque, avec ma mère, le jour de mes 11 ans, ramasser de la Sisymbre, une plante qui ne poussait que les soirs de pleine lune, et on avait été là au mauvais endroit, au mauvais moment. On avait été attaqué, parce que les loups-garous étaient comme ça, sensible à l'humain, et grouillant de rage et de soif quand ils en croisaient un sur leur chemin. Et nous avions été sur ce chemin, nous avions été ces humains, là avec ma mère, en Norvège. Et j'étais devenue à mon tour cette hybride de la vie. Orpheline presque, parce que l'alcool avait volé mon père par la suite. Et cette force, cette aura d'alpha dont m'avait qualifié Aamos sans que je ne le sache, ça venait de ces années à me débrouiller seule, à me contrôler seule, pour ne plus perdre le contrôle sur la bête, pour ne pas à mon tour tuer une mère et sa fille par les nuits rondes.

Je ne vivais pas en meute. Je vivais en clan, parce que j'avais grandit avec des vampires. Et il l'avait dit, les vampires n'étaient pas les bienvenue chez lui et ne le seraient jamais. Je n'avais connu qu'eux pourtant moi. Tobias, Ludwig, Samuel pendant des années. A Durmstrang, il m'avait vu grandir. Tobias avait chassé tous les hommes de ma vie. Bien sûr que j'en avais eu, mais jamais trop longtemps. Et j'étais tombé sur Henry, et Tobias m'avait prévenu. Mais Henry m'avait donné une fille, l'amour de ma vie. Et même si je l'avais chassé, je ne regrettais pas. Les Inséparables n'avaient pas supporté la cohabition d'autant plus qu'Henry était devenu un loup-garou. Parce que pour Tobias c'était comme pour Liam. Pas de loup-garou chez lui, et plus jamais. Même si j'étais louve. J'étais la seule qu'il tolérait, notre lien était fort, même si on pouvait se faire la gueule pendant des jours et même si on se criait dessus. J'étais sa famille, et il donnerait sa vie pour moi, comme pour Manen. Et Henry était parti, sans se battre, sans lutter. Comment il disait Liam ? Un bêta ? J'étais pas faite pour un bêta.

Il n'y avait pas vraiment de supérieur dans notre famille. Je n'étais pas leur Alpha, c'était Samuel jusqu'à hier. Tobias nous en avait libéré en le défiant. Mais je connaissais le fonctionnement dont avait l'air de suivre Liam. J'avais lu tout ce qu'il était possible de lire depuis mes 11 ans. Et j'avais encore tout à apprendre. Je lui montrai mon respect pour lui, il semblait loup depuis toujours. Alors que je ne l'étais que depuis qu'un peu plus de huit ans.

Je répondis à son sourire en relevant ma tête et mes yeux sur lui. Son baiser là, sur ma main, il avait fait flamber chaque cellules de mon corps. Je déglutissais. J'étais attirée, inévitablement attirée. L'humaine, la louve. Mais c'était impossible. Je ne devais pas succomber. Ses yeux, et ce sourire, ce visage qui brillait de puissance. Un sourire de con, de beau parleur, c'était sûr, c'était un peu parleur. Il devait faire la cour à toutes les femelles qui se pointaient dans sa boutique. Certainement. Pourtant je répondais à son sourire. Je le regardais se diriger vers l'arrière et revenir avec le Mimbulus.

J'étais touchée. Et c'était tout, il ne demandait rien d'autre ? Juste... Il voulait bien m'aider, nous aider. Son discours me transperça. J'ouvris ma bouche devant sa révélation. Les lois étaient déjà appliquées ? Je devais prévenir le QG. On avait pas mal d'Insurgés au Ministère, il fallait les prévenir. Il fallait une taupe. "Merci pour l'information. Merci pour le Mimbulus, pour les autres ingrédients. Merci pour tout, ton aide. Ce n'est pas de refus, et merci...pour hier." Tant pis, je devais admettre que j'avais eu besoin de lui hier. Il le savait de toute façon. "On aura peut-être l'occasion de se retrouver dans les forêts pour la cueillette. J'y vais parfois."

Je m'apprêtais à partir. "D'accord, c'est entendu..." Pour les loups que je pouvais lui envoyer. Et... Comment ça une dernière chose ? Mon sourire s'était élargie. Je lui tournais le dos sans répondre. J'ouvris la porte et commençais à sortir. C'était dangereux ce jeu là. Je me tournais vers lui. "Il n'y a que mes frères qui seront fous de ton odeur sur moi..." Sa veste. Il croyait vraiment que je ferai cet affront à mon compagnon, qui plus est alpha si j'en avais un ? Personne dans ma vie. Je transplanais à la maison.

J'y trouvais Tobias. Ben bien sûr, bonjour l'accueil, bonjour la tronche. "Bonjour à toi aussi. Ludwig a ramené les Purificateurs ?"
- Oui et ils empestent le chien ! Je levais mes yeux au ciel
"Bien. Ils avaient des vaccins sur eux. On les a maitrisé. J'ai brisé une fiole, Ludwig a la seconde. C'est bien non ?"
- Oui, c'est bien. Tu veux que je te rappelle ce qu'il s'est passé la dernière fois que tu as eu une odeur de mâle sur toi ? Très bien. Il avait mordu et effrayé la plupart de mes petits amis à Durmstrang. Il avait poussé à bout Henry. Il avait transformé Seamus, j'étais sûr que ma relation avec lui avait participé à ce qu'il le fasse.
"Arrête avec ça Tobias. J'ai fais fuir Henry, je sais très bien... Il est vraiment fort tu sais, il pourrait nous aider. Il veut nous aider !"
- Très fort... mais oui. Et il va faire quoi ? distribution de veste ? Grandiose. Pfff quel con. Ça m'énervait. Pourquoi ça m'énervait autant qu'il parle comme ça de lui ? Je me mis à grogner en plissant mon nez. Quel CON ! Mais je restais zen, pour ne pas qu'il s'en amuse plus.
"Il va se joindre à notre lutte. Il m'a déjà informé qu'il y avait des lois qui étaient passées au Ministère, ils commencent à parquer les employés loups. Il pourrait peut-être en savoir plus. Je pourrai le faire venir au QG ?"
- Alors c'est ça ton nouveau plan drague ? Je serrais mes poings. Mais non bordel.
"Tobias je...non. J'ai pas de plan...drague. Arrête, c'est le fait d'être un futur père qui te permet de me donner des leçons ? Je plein ta fille..."
- Ou alors c'est le fait que je devienne père qui t'en donne ? Oublie ce loup. Un point partout. Mais il m'agaçait.
"Sinon quoi Tobias ?"
- Il n'est pas le bienvenu. Je veille sur ta fille et toi depuis plus d'un an. Cesse de me rendre la tâche compliquée
"Il a dit de ça de vous aussi. Vous tous, les hommes. Vous me gavez !" Je m'en allais et je claquais la porte de ma chambre. Grrrr ! Voilà ! Voilà c'était exactement ça. Et il le savait, il avait entièrement raison. Ça faisait plus d'un an qu'il nous protégeait. Et ça je lui en étais reconnaissante et redevable éternellement. Parce qu'il avait toujours pris soin de moi avec Ludwig. Raison de plus pour calmer ma louve avec ce Liam. Il n'était personne. Il ne deviendrait personne.

***


15 Février 2020

"Ludwig reste là s'il te plait. Fait pas ton Tobias ! Il a été très clair, il ne veut pas de vampire dans sa boutique et OH surprise, tu es un vampire." Je regardais Reese qui était venue avec nous, elle portait Manen dans ses bras. Oui bon OK, elle avait une demi-vampire dans son ventre. Mais elle était enceinte, et humaine, elle n'allait pas rester dehors. "Techniquement ce n'est pas pareil, ça ne compte pas. Contente toi de mettre des protections sur la boutique tête de mule !" Mon frère me dévisagea quand j'entrais dans la boutique. Je savais qu'il allait respecter ça. La clochette retentit et j'entendis ses pas se dirigeaient vers nous.

On venait ici pour Reese. Pour refaire des potions pour sa grossesse. Y'avait urgence. Cette tête de linotte refusait toujours de boire du sang. Mais c'était pas faute d'avoir essayé et tout revomi. Il fallait trouvé absolument une solution et il était de plus en plus difficile et dangereux de parcourir les forêts en ce moment. Le danger courait partout. Il y avait des patrouilles et même des chasseurs dans les bois. Tobias refusait que j'y aille seule. Et comme il fallait toujours quelqu'un auprès de Reese, c'était compliqué. Impossible en fait. Alors j'avais pensé à Liam, forcément je ne pensais qu'à lui en ce moment. Tobias avait cédé pour que j'y retourne, avec Ludwig. Et comme on ne devait pas quitter Reese...

Mon cœur fit un bond en le voyant. Ma louve était doucereuse. Bon sang que je n'aimais pas ça, cette soumission quasi acquise de sa part. Il n'avait pas changé. Forcément ça faisait que cinq jours que je ne l'avais pas vu. Mais j'avais peur que mon esprit m'ait imaginé des choses. Et non. Il était toujours aussi séduisant, quoi que peut-être un peu plus soucieux ? Je m'avançais vers lui avec un paquet dans les mains. "Ta chemise a fait de belles flammes. Alors voilà de quoi la remplacer." Je posais une nouvelle chemise emballée sur le comptoir devant lui. C'était un pur mensonge. J'avais gardé tout simplement sa veste, et son odeur, qui s'estompait après près d'une semaine. Ridicule je sais...

Reese s'avança avec ma fille dans ses bras. "Bonjour !" Je me retournais vers elle. "Ma belle sœur et Manen." Reese fronça subtilement une micro seconde ses yeux, mais reprit un sourire jovial sur ses lèvres. Oui je n'avais pas présenté MA fille. Il n'avait pas besoin de savoir et l'odeur de Reese, de Tobias, de Ludwig sur elle, toutes mélangées pouvaient dissimuler le sang de Manen. Mon sang.

"J'aurai besoin de quelques plantes. Mais ne t'inquiète pas, j'ai de quoi payé." Je posais une bourse sur son comptoir replie de Gallion. Qu'il ne pensait pas que je venais faire l’aumône chez lui. Il avait une boutique, il avait besoin de vivre. Et je n'étais pas de celle qui profiter. Ludwig entra dans la boutique. Je me retournais vers lui pour l'engueuler quand il commença. "Ça s'agite dans la rue, on rentre !" Je reculais ma main qu'il tentait de prendre. NON ! Non je n'avais encore rien pris et je ne l'avais pas assez vu, je...

"Rentrez !" Ludwig me tendit une main ferme. "Elisabeth tu me donnes cette main. Tout de suite. S'il te plait... Si on se sépare, Tobias va me tuer." Je m'avançais vers Reese et Manen, je les embrassais toutes les deux. "Non, Tobias me tuera à moi si je ne ramène pas ce qu'il faut pour Reese à la maison. Alors tu y vas. MAINTENANT LUDWIG BON SANG !" Il transplana et ses sorts de protection disparurent avec lui, les vitres explosèrent. Un sort s'était perdu sur la boutique. Instinctivement j'attrapais la main de Liam et je transplanais.

On réapparu dans des bois. La forêt de Sherwood précisément. Je relâchais sa main, réalisant ce que je venais de faire. MERDE ! J'avais genre...protéger un alpha. J'avais délibérément protéger un alpha. Je le quittais des yeux. RE MERDE ! Ça allait le mettre en colère ou bien ? "Pardon..." TRIPLE MERDE ! Je fis un tour sur moi même, passant ma main dans mes cheveux. "On dirait que le carma ne veut pas que je vienne dans ta boutique." Le carma, Tobias, les Purificateurs. Je les haïssais tous. Mais il était le seul à s'y connaître en plantes et à en avoir en stock, et ça même Tobias ne pouvait rien dire.


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Es-tu heureuse dans ce monde moderne?

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And all of the lights will lead
into the night with me
Elisabeth Hiilos & Liam Braeden
Je hoche doucement la tête à ses « merci ». Certaines personnes ont tendance à oublier ce simple mot et à ne pas vouloir reconnaitre quand on veille sur eux ou qu’on les aide. Ce n’est pas son cas. Bien sûr que je la retrouverai dans la forêt. Je la sentirai sans difficulté tant sa trace est marquée en moi. En si peu de temps. Et j’ai comme la sensation que je vais beaucoup être dans cette forêt, parce qu’il va lui falloir beaucoup d’ingrédients, s’il y a une guerre. Et il y en a une. Il va falloir que je fasse un état des lieux de mes loups. Et que je m’assure de maintenir Reagan très loin des combats, et surtout très loin des vaccins et des vampires. Etre loup est un honneur. Elle se battra, je le sais, mais à distance.

Je souris à sa confirmation. Elle n’a pas de mâle et je vais faire enrager les vampires qui rôdent autour d’elle. Que demander de plus ? Je reprends le travail après son départ. Tournant et retournant dans ma tête non sa présence – c’est extrêmement clair en moi – mais ce qu’elle m’a dit. Cette guerre que nous risquons de perdre. S’associer à des vampires… franchement. Une honte pour des loups. Mais je l’aiderai dans son combat. Je le sais. Tant pour elle que pour moi et pour tous les loups. Car c'est ainsi que je fonctionne. J’ai souvent été remis en cause, pour ma tolérance, pour mon ouverture aux hybrides, pour l’accueil des loups blessés, ou encore pour cette fois où j’ai gardé Reagan au lieu de la chasser. Elle n’aura jamais d’enfant si elle n’en conçoit avec moi, c’est déjà ça. Et comme mon loup semble déjà savoir avec qui il désire se reproduire….

Quand je monte à l’appartement, je passe immédiatement voir Reagan. Elle a tendance à partir de plus en plus souvent. Mais cette fois, il n’en est rien. Par contre, elle m’adresse un regard noir et une grimace quand elle me voit arriver. Voilà longtemps que je n’ai pas eu le droit à ce regard.

« Tu sens, Liam.
- N’est-ce pas ce que je t’ai dit il y a quelques jours ?
- Je comprends mieux. L’odeur est désagréable.
- Serais-tu jalouse ?
- Pas le moins du monde. »

Menteuse. Elle l’est. Elle ne m’aime peut-être pas, mais c’est non seulement une femme, mais aussi une louve. Elle est forcément jalouse. Et je la connais assez pour savoir qu’elle ne doit guère apprécier qu’une femme vienne menacer non sa place, mais sa potentielle domination. Si je fais d’Elisabeth la compagne que mon loup réclame, ça condamne toute possibilité à Reagan de prendre la tête de la meute, et d’avoir des enfants. Alors si, je sais qu’elle est jalouse. Mais je sais aussi que je l’ai éduquée dans le respect de la meute. Du moment que le mâle qui lui tourne autour ne lui donne pas des idées.

« Qui est-ce ? »

Voilà, qu’est-ce que je disais !

« Tu le sauras bien assez tôt. En tous cas, je veux que tu sois prudente. Je vais convoquer la meute bientôt. Si les choses évoluent  ou si tu entends des rumeurs au ministère quant au traitement des loups, j’aimerai que tu m’en fasses part. Une guerre couve et je ne veux pas qu’on se retrouve acculés comme la dernière fois. »

Même si elle est dans une étrange phase de semi-rébellion, je sais qu’elle ne s’opposera pas à un ordre direct concernant la meute. Et lui rappeler ce qui s’est passé en Irlande, notre souffrance, la sienne, la perte de sa mère, c’est un levier un peu facile, certes, mais efficace.


*
*   *


Dès que je la sens, je relève la tête de mon livre de compte pour m’avancer. Elle n’est pas seule. Cela fait cinq jours que je ne l’ai pas vue, et elle ne vient pas seule… Mon ego en prend un coup, je ne vais pas le nier, d’autant que ma bêta est repartie en mission avec son cher Alpha. Les femmes… il n’existe pas de créatures plus contrariantes ! Si mon loup n’a d’abord d’yeux que pour elle, je jette tout de même ensuite un regard à la jeune femme qui l’accompagne. Une sorcière lambda apparemment. Quoique… enceinte, si j’en crois l’odeur si particulière qui émane d’elle. Et une… demi-louve…

La voix d’Elisabeth me rappelle à la raison. Mon loup, bien que curieux, ne peut s’empêcher de lui sourire, amusé par le défi relevé avec brio. Mais la suite… la suite me fait me poser mille questions. Sa belle-sœur… Elle fréquente donc l’un des vampires ? Quelle horreur. Donc dans son ventre là… C’est une de ces créatures ? Ça peut se reproduire comme ça, ces morts-vivants ? Dégoûtant. Répugnant. Mon loup crève d’envie de gronder mais l’homme le musèle. Quant à la petite… Manen donc. Je penche doucement ma tête vers Elisabeth. Elle a donc une petite ? Elle a donc dû avoir un Alpha qui n’est plus. Elle pue un peu, elle sent le vampire. Elle sent l’ectoplasme sur patte qui est venu dans ma boutique l’autre jour. Mais c’est évident que c’est sa fille. Ça se voit. Ça se sent. Le loup le sait et l’homme le devine.

« Je t’écoute, que te faut-il, Elisabeth ? », que je lui demande en saisissant sa bourse.

Mais déjà, une odeur fort peu appréciable et appréciée chatouille mes narines. Ectoplasme est de retour. Je grogne. Faiblement, mais ça ne m’étonnerait pas qu’Elisabeth l’ait entendu. Et en plus, il ose poser sa main de buveur de sang sur elle ?

« Peut-être est-ce moi qui vais te tuer si tu ne fais pas ce qu’elle dit. »

Oui, il a réveillé mon côté Alpha. Qui 1) déteste les vampires, 2) ne supporte pas qu’on tente de désobéir à une Alpha, 3) n’apprécie guère qu’un semblant d’homme la touche. Elle sera ma meute bientôt, et il n’est guère acceptable qu’on touche à ma meute. Mais Elisabeth se charge de le faire disparaitre. Sauf que ça coïncide avec une explosion ! Par merlin ! Je nous sens transplaner. Et le temps de rouvrir les yeux… Nos mains sont accrochées, et nous sommes dans les bois. Vient-elle de me protéger ? De nous protéger ? La seule que j’aie jamais autorisée à faire cela, c’est Reagan, parce qu’elle était ma compagne, mon alpha. Elle ne se serait jamais permis un tel geste avant de l’être et maintenant qu’elle ne l’est plus. Deux possibilités : soit Elisabeth n’a pas vécu en meute et ne sait pas comment on doit se comporter, ce qu’on doit faire et ne pas faire, soit elle le sent, sa louve le sent. Sa réaction m’amuse à dire vrai. Je lui adresse un regard noir, sévère. Mais je crève d’envie de l’embrasser. S’il n’y avait pas eu une explosion dans MA boutique, je l’aurais surement fait.

« Ils ont fait exploser ma boutique ! Ce sont ces fameux Purificateurs, n’est-ce pas ? »

Je me passe une main dans les cheveux et sur ma barbe naissante. Bordel, alors ça y est la traque est plus qu’effective. Et Reagan qui est repérée depuis des plombes à cause de ce boulot que je lui avais déconseillé ! Ils auraient les moyens de nous identifier ? Et dans quel état vais-je retrouver ma boutique moi ? Inspirant un grand coup, je m’approche d’elle, tournant un peu autour d’elle et quand je passe dans son dos, je murmure à son oreille.

« Chez les loups, il y a une règle simple. L’Alpha est le protecteur. Une seule personne a le droit de le protéger. Sa compagne. Moi je le sais déjà, Elisabeth. Donc que l’on soit clair, c’est mon devoir de te protéger. Ce n’est le tien que si tu le choisis. »

Délibérément, je ne mentionne pas sa fille. Ce sera à elle de m’en parler. De me parler du père, de me dire s’il est mort ou rôdant encore dans sa vie. A elle de me dire si cette enfant peut ou non faire partie de ma meute. Je m’écarte d’elle, ne cessant de la regarder. Mais déjà, mon instinct se met en branle. Mon ouïe s’affute, mes sens s’aiguisent.

« On est pris en chasse. »

Je suis un chasseur né, alors je sais pertinemment que nous sommes traqués. Un sort nous fonce dessus, et je le dévie d’un protego rapide.

« Transplane ! »

Et bon sang, pourquoi me hurle-t-elle la même chose ? Elle n’a pas compris mon speech sur le rôle de l’Alpha chez les loups-garous ? Je lance un expelliarmus, en vain, enchainant sur un Stupefix. On nous chasse bordel ! Ils ont des chasseurs ! On se met à courir, comme des dératés. Tant qu’on ne sait pas qui est notre ennemi, mieux vaut sauver nos fesses, pour mieux protéger les nôtres. Mon loup grogne. Il est vrai que j’aurais plus d’endurance si je me transformai, je pourrais les semer sans difficultés, mais je laisserai Elisabeth derrière moi, et ça, il en est hors de question. On zigzague donc entre les arbres, je peux tenir même sous forme humaine, l’avantage de ne faire qu’un avec le loup. Je la retrouve enfin, mais alors que je suis à sa hauteur, prêt à nous faire transplaner, j’apprends qu’elle n’a plus sa baguette.

« S’il n’y a que ça, je t’en offrirai une ! »

Bon sang mais… Mais bordel ! Pourquoi je suis attiré par ce genre de femme qui vénère à ce point sa baguette ? Il suffit de voir Reagan, j’pensais que c’était une lubie, mais visiblement, non, la voilà déjà qui file en direction des chasseurs  pour retrouver sa baguette. Je la rejoins, ma plaçant devant elle quand je vois les sorciers face à nous. Ils n’ont pas l’air… d’officiels. Ce n’est pas une sorte de police. Leurs méthodes, leurs dégaines, tout cela rappelle plus les Rafleurs qu’autre chose. Je grogne tandis que l’un d’eux s’apprête à nous lancer un sort. Et…

Mais qu’est-ce qu’elle fout ? Elle n’a donc vraiment rien retenu ? Mon loup hurle à la mort et je me transforme pour sauter par-dessus elle. Ils sont venus chercher du loup ? Eh bien grand bien leur fasse, je suis là. Je choppe le premier à la gorge, sans plus de cérémonie. Je n’aime pas qu’on s’en prenne aux miens. Le loup et l’homme, en parfaite symbiose pour la protéger et pour éliminer un danger. J’en blesse un second  tandis que le troisième déguerpi. Alors que ma mâchoire clape et que je grogne, je me sens propulsé au sol, la cuisse douloureuse.

black pumpkin

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Le cerveau a la pensée, le coeur a l'amour,

le ventre a la paternité et la maternité.


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Elisabeth Hiilo
UMS 1ère Année


15 Février 2020 - Boutique de l’Apothicaire

Je sentais que j'avais fait une connerie. Je faisais souvent des conneries, mais c'était comme ça qu'on m'aimait n'est-ce pas ? Son regard était noir, j'avais l'impression d'être...punie par ses yeux. Non mais...qu'est-ce que j'avais fait pour me sentir coupable ? Je lui avais sauvé la vie après tout. Bon en fait, je n'avais fait que transplaner après un sort qui laissait entendre qu'on allait avoir des ennuis. Mais quand bien même, qu'avait-il à me foudroyer de son regard là !? Je croisais mes bras sur ma poitrine, pinçant mes lèvres. Oui, sa boutique avait explosé.

"Désolée ?" Disais-je en penchant ma tête sur le côté. On la réparera sa boutique. "Des Purificateurs certainement, reste à savoir si c'était vraiment pour nous où pour un pauvre hybride qui se trouvait dans la rue." Après tout il était difficile de savoir si c'était un sort perdu sur la vitrine de sa boutique, ou un sort mal visé pour nous. Mais il avait le droit d'être en colère.

Je le sentis s'approcher de moi. Je reculais d'un pas instinctivement. Il faisait quoi là ? C'était comme dans les bois la nuit de la Lune Rouge. Il rodait autour de moi. Comme s'il tentait de m'analyser. Je n'aimais pas ça, ou plutôt si, en fait j'en savais rien. Je restais droite naturellement, mon regard le suivait sans que mon corps ne bouge. Ma respiration se bloqua quand il murmura derrière mon oreille, je frissonnais si ce n'était plutôt que je sursautais. Mon coeur s'emballa, mais de quoi parlait-il ? J'en découvrais une peu plus sur lui. Il vivait bien en meute. Il me parlait de règles, mais je n'en avais jamais suivis aucune. J'avais aucun modèle. J'avais été laissé pour morte lors de ma transformation. Mon père m'avait abandonné pour des bouteilles de Whisky et d'Absinthe. J'avais perdu ma mère et j'avais été élevé par des vampires. Parce qu'à 11 ans il y avait moyen de se sentir un peu paumée et sans repères. J'avais forgé mon caractère dans un groupe d'hommes dominants. Tobias, Samuel. Heureusement j'avais pu bénéficier de la tendresse et du tact de Ludwig. J'avais grandit dans les engueulades, les bagarres, la chasse où il était interdit de pleurnicher, de se laisser abattre, de se laisser marcher dessus. Je n'avais jamais eu de copine femme. Parce que je ne supportais pas ce côté précieux et fragile. Et j'étais toujours plus meneuse qu'elle. Et elles n'aimaient pas ça les femmes. Il semblerait bien que Reese soit la seule que j'apprécie vraiment, mais en temps que sœur.

Chaque homme qui auraient pu me faire découvrir autre chose, les mâles de mon entourage les avait fait fuir. Enfin par les hommes entendez Tobias. Et franchement, entre nous, je n'avais pas besoin de mauviettes qui n'osaient ouvrir leur gueule devant mes deux frères têtus. Je le faisais tout le temps et ça marchait plutôt bien entre nous depuis presque neuf ans. Je supportais pas les hommes faibles, qui ne me tenait pas tête. J'en avais eu quelque uns, à mon service, à vouloir m'offrir des fleurs et des potions tues loup et qui flippaient dès que les soirs de pleine lune arrivaient. C'était lassant.

Et là lui, il parlait de quoi ? De règle de loups ? D'alpha protecteur ? Pfff tu parles, j'avais appris que je n'étais bien servie que par moi même. C'était tous les même, à faire les gros bras et à rien assumer derrière. Prenez Henry, Henry avait eu l'air de quelqu'un d'assez bien pour répondre aux Inséparables, pour s'imposer. Il avait même une excellent raison pour avoir une légitimité à mes côtés. Sa fille. Mais à la moindre pression il craquait. Même en étant loup. J'avais honte, j'étais lassée. Il n'était pas un assez bon père, il l'était dans la forme, mais dans le fond, je n'avais pas confiance en lui pour pérenniser la sécurité de ma fille. Et il avait suffi d'un seul de mes ordres pour qu'il dégage, pour qu'il le fasse vraiment. Alors que Tobias et Ludwig avaient jamais bronché un seul instant et s'étaient toujours mouillé pour moi, pour nous offrir une belle vie et une protection optimale.

Et Liam me disait que seule la compagne avait le droit de protéger son homme. Mais moi mon homme, je l'avais fait fuir, j'avais refusé sa protection. Pourtant j'avais envie de le protéger lui ? Et d'être protégée en retour ? Pour être déçue plus tard ? Ah ça non ! Pourquoi je ne pourrai pas le protéger sans rien en retour ? Pourquoi disait-il que c'était clair pour lui ? De quoi ? Que j'étais sa compagne ? Mais c'était qu'il rêvait le pauvre... Et pour continuer de pouvoir l'aider, le soutenir, le protéger il fallait que quoi ? Que je le choisisse ? Pour compagnon ? Quel toupet ! Mais savait-il à qui il parlait ? Mon devoir de rien du tout, je le sentais au plus profond de moi. Je devais montrer les crocs si on attentait à sa vie. C'était...indescriptible. C'était normal non, j'étais une soignante, dans le coeur et l'âme. Donc c'était mon altruisme qui m'avait poussé à le faire, à transplaner avec lui. Non ? Oh bon sang il m'embrouillait l'esprit. J'le détestais ! Lui et sa gueule de...de mâle affreusement sexy et attirant. Avec ses yeux noirs qui me faisaient dresser les poils sur les bras quand il les fronçait sous la colère. Et la louve, elle allait finir par se taire oui ?

Je respirais enfin normalement quand il s'écarta de moi, au moins je n'avais pas à le repousser comme l'autre nuit. Je plissais mes yeux quand il m'annonça qu'on était pris en chasse. De quoi ? Je sursautais quand le sort fusa devant nous et percuta son protego. Le sort nous avait forcé à reculer l'un de l'autre. J'attrapais ma baguette. Bon sang que je n'aimais pas ça en réalité, m'en servir pour attaquer plutôt que de soigner avec. Je préférai me battre sous ma forme de louve sauf que...il était là. Et je ne voulais pas dévoiler ça. Ca le rendrait dingue, monsieur je suis le boss, j'ai de gros bras et un caractère de macho ! Il en prendrait un coup dans son égo et ça serait tellement décevant de le voir comme ça. Je voulais garder le fantasme, me dire que lui aussi était pas comme tous les autres à rouler des mécanique et pleurnicher ensuite. Je préférai garder cette image d'homme sûr de lui et viril.

Ils se rapprochaient et je pouvais les sentir. Je me tournais vers lui et lui ordonnais de transplaner. Ca allait aller, j'allais pouvoir gérer, il était quoi ? 3 ou 4 ? Il fallait que je me transforme et que je leur saute dessus, ça pouvait le faire avec l'effet de surprise. Mais il était toujours là, à me hurler à moi aussi de partir. Sérieusement ?! Il m'agaçait. Plus de temps pour parlementer, on se mit à courir tout droit, parallèlement, sans se perdre de vue. Slaloment entre les arbres. Y'avait un truc de grisant d'être comme ça, en course avec lui dans les bois. Pourquoi je ne transplanais pas ? Pourquoi j'avais cette envie irrépressible de rester à ses côtés, pourquoi tout me retenait à lui, comme si j'étais enchainée à son aura ? C'était épouvantable comme sensation, je ne comprenais rien, je ne me comprenais plus.

Les sorts éclataient sur les arbres au dessus de moi, je recevais l'écorce dessus. Je lançais des enchantements en arrière, des choses plus noble que leur sortilèges. J'utilisais la nature. Nuage de terre, tornade d'épines, jets de grosses pierres. Je sautais les haies, j'évitais les troncs morts que j'envoyais sur l'ennemi ensuite. Des Rafleurs entrainés ça ou je ne m'y connaissais pas. Comme au temps du Lord Noir. Je sentais mes jambes se bloquaient et je fis un vol plané en avant, lâchant ma baguette au passage. J'avais les jambes emmêlées dans une sorte de corde. Merlin merci c'était pas un lien magique, j'eus juste le temps de me défaire et de me relever pour courir que l'abruti attrapa ma baguette et se mit à rire. Le connard. Je grognais. Il avait ma baguette de soin. Le bijou qui faisait des merveilles sur mes blessés. Mon seul lien de ma vie d'humaine, de ma vie d'avant. Quand j'étais encore sa fille... Quand j'avais encore une mère. Je vis arriver sur moi Liam. AH NON c'était pas le moment ! Bat les pattes !

"Ils ont ma baguette ! Je reste ! Je la retrouve, vas y toi !" Oui je sentais encore ses yeux noirs sur moi, et je souriais timidement. En fait, je commençais à les apprécier ces regards. Il m'intimidait, et j'aimais sentir ma louve lui offrir autant de respect. Et puis merde, il y en avait marre de devoir fuir non ? On était chassé comme des lapins là. On était en train de fuir comme des animaux, et j'en pouvais plus. Alors je fis volte face et me mis à courir dans leur direction. Tant pis je n'avais plus de baguette, mais j'étais capable de me transformer. Tant pis pour la fierté de Liam. J'allais les avaler tout cru ces gars.

Je vis Liam se plaçait devant moi. Non mais sérieux, c'était pas sa...c'était ma baguette. Il allait pas se battre pour ma baguette ! Se mettre en danger pour ma fierté et mon honneur personnel. Ca allait cinq minutes son discours du "il est de mon devoir de me protéger car moi je sais !" On se regardait dans le blanc des yeux avec les Rafleurs. Les hommes devant nous étaient flippant. Comme s'ils sortaient tout droit de la prison d'Azkaban et qu'ils n'avaient rien à perdre. J'aperçus celui qui avait récupéré ma baguette et il la pointa sur nous. Il...il allait nous jeté un sort avec ma propre baguette ! Non...elle ne se retournerait pas contre moi ! Avant je ne le pensais pas. Si ? Prise d'une rage sourde je m'avançais, passant devant l’apothicaire. Je m'en voudrais encore plus qu'il se fasse blesser par ma baguette que de ne pas la récupérer. Mais alors que je ne m'y attendais pas je vis bondir le loup majestueux et noir qui m'avait offert du répit la nuit de la Lune Rouge. Il...il se transformait comme moi. C'était un choc, une révélation. C'était inattendu. Magnifique. Il était comme moi... Pas le temps de bavasser.

Il s'attaqua aux hommes dans une puissance aveuglante. L'homme qui détenait ma baguette la lâcha en tombant raide mort au sol. Liam sauta sur le suivant, lui arrachant la moitié du visage et le troisième ne demanda pas son reste. Alors que je sortis de ma stupeur j’aperçus le loup faire un vol contre un arbre qu'il écrasa sous son poids. Je tournais ma tête. Le type au visage déchiré pointait sa baguette de nouveau sur nous. Je tapais un sprint et fis un rouler bouler au sol pour récupérer ma baguette, me relevais en me plaçant devant le loup au sol et lançais un sort. Les lianes des arbres prirent alors vie et s'enroulèrent autour du corps du Rafleur, l'étouffant comme un gros serpent constrictor. On entendit ses os craquaient au niveau de son cou avant que ses yeux ne se ferment pour toujours. Je repris ma respiration. Je cramponnais ma baguette et me retournait lentement vers Liam. D'un coup d’œil je vis sa patte blessée au niveau de la cuisse. Mais le dilemme était là.

Il maitrisait sa transformation. J'en connaissais peu qui le faisait. C'était un exploit assez exceptionnel pour ne pas en être fascinée. Mais maitrisait-il aussi son loup ? Parce que même si la dernière nuit il ne m'avait pas fait de mal, quand était-il de ma version...humaine. Il me regardait, et je ne pouvais rien faire d'autre que de le toiser aussi. J'avançais d'un pas. Mon coeur battant la chamade. Puis je m'arrêtais. Il saignait et c'était insupportable. Putain et en plus toutes ces conneries de protéger, de choisir de devoir le protéger...ça m'agaçait, ça enliser mon cerveau. Je voulais pas être sa compagne OK ? Mais je voulais le soigner. Je voulais l'aider, je voulais le protéger, j'en avais rien à faire de ses règles de loup ! Il était à terre pour ma baguette et je le quitterai pas comme ça. Il se redressa et me fit face. Ok...tout doux, tranquille Elisabeth, ne bronche pas. Ne baisse pas les yeux, ou peut-être que si, fais le.

Ma respiration devint de plus en plus rapide. Il s'avança vers moi. Je l'entendais grogner, gronder. Il fallait que je fasse quoi ? Il me demandait quoi bordel ? J'osais un regard sur lui, mais ça n'aida pas à la situation. Ce grand loup noir, encore un pas vers moi. Il perdait beaucoup trop de sang comme ça, à marcher sur sa patte blessée. Il...était dingue. Elisabeth fais quelque chose ! Arrêtes tout ça ! Fais le arrêter de marcher. TOUT DE SUITE !

L'autre soir...qu'est-ce que j'avais fait ? Assise à ses pieds. A apprécier son salut, sa protection. J'étais blessée l'autre soir, mais là c'était lui. Alors que ma poitrine se soulevait devant mon instinct affuté, je tombais à genou, devant lui. J'acceptais de ne pas être droite sur mes pieds et de le surplomber. J'acceptais de ne pas avoir le dessus si c'était ce qu'il fallait faire pour qu'il s'arrête de faire le dur et d'appuyer sur sa blessure. Il arriva sur moi et je ne redressais même pas ma tête. Je ne voulais pas le provoquer, pourtant ce n'était pas l'envie qui me manquait. Mais c'était ces fichus règles de merde. Et lui n'avait l'air de fonctionner que comme ça.

"Liam..." Il grogna. Oh bon sang, vraiment ? Je serrais ma machoire. Le laissant faire ce qu'il avait à faire, encore un tour, encore un reniflement. Je déposais ma baguette au sol. "Liam s'il te plait..." Dis moi que tu m'entends, que tu me comprends, que tu maitrises l'animal.

Il tourna sa gueule vers moi et j'osais relever ma tête pour regarder son museau. Et quoi ? Je devrai me taire ? Non mais... "C'est pas l'humaine qui parle, ni la louve... Liam je suis médicomage...laisse moi regarder..." Je relevais mes mains nues vers sa gueule. J'étais pas armée, je lui voulais pas de mal. D'un coup de patte il pouvait m'éventrer, sérieusement, il voulait quoi de plus ? Que je m'allonge au sol ? Que je lèche ses pieds ? Non y'avait des limites. Tobias me tuerait en me voyant courber l'échine devant un homme. J'étais pas ce genre de femme et pourtant j'étais là, en soumission pour un abruti et ses règles de loup et d'alpha.

Mes doigts rencontrèrent son museau, la naissance de ses crocs. Je n'avais encore jamais vécu une telle expérience. Je n'avais jamais été sous ma forme humaine devant un loup d'aussi près. Je n'avais jamais été aussi à la merci d'un loup-garou de toute ma vie depuis...depuis mes 11 ans et mon attaque. C'était effrayant. Mais j'avais survécu, et si je devais encore me faire mordre, je ne perdrai plus rien. Oui, je n'avais plus rien à perdre. Je tentais de faire dévier ma main, sur le côté de sa gueule. Il grogna faiblement mais ne m’empêcha pas de poursuivre. Je me mis à le caresser du bout de mes doigts, timidement. C'était puissant. C'était grandiose. Je relevais mes yeux, fixant les siens. Il avait ce regard, si protecteur, si enlisant, si alpha. Oui c'était bon, je comprenais. Il était un dominant, blessé ou pas, devant moi. Je le reconnaissais. Et ça rappela à mes souvenirs de notre première rencontre. C'était fascinant de le voir de mes yeux d'humaine, de le sentir sous mes doigts. Son pelage était doux, brillant. Un chef. Je prolongeais mon geste, le long de son poitrail, descendant sur la jambe et touchant sa blessure que j'évaluais en même temps. "Laisse moi faire..." J'attrapais ma baguette et la pointais sur sa blessure, arrêtant le saignement. Là, voilà, c'était déjà ça.

J'aurai besoin qu'il s'allonge, mais ça je savais d'avance qu'il ne le ferait pas. Pourtant il fallait recoudre. J'aurai prolongé l'expérience encore un peu de temps, mais...mon travail n'était pas terminé et il était toujours blessé. "Il me faudrait moins de poil pour te recoudre correctement. Et-il possible de revoir l'homme ?" Son museau s'approcha de ma tête, je sentais le souffle chaud sur mon visage. Et avant de dire quoi que ce soit de plus il se transforma. Nos yeux se retrouvèrent. Il avait senti ça aussi ? Cette puissance entre nous ? Je souriais et baissais mon regard, non pas par soumission, mais par gène. Pour le coup il était affreusement "à poil". Ok...je lui apprendrai un jour à se transformer en caleçon. Ou peut-être l'avait-il fait exprès ? J'avais très vite appris, entourée d'hommes, à ne jamais réapparaitre toute nue. Je lâchais un rire, remontant de nouveau mes yeux sur les siens. "Il va falloir serrer les dents, j'ai rien pour anesthésier ta blessure."

Je mordis mes lèvres en concentrant mon regard sur l'entaille très profonde à sa cuisse - et pas ailleurs. Je retirai ma veste et avec un coup de magie, elle s'agrandit à sa taille, faisant comme un long manteau. "Les gens diront que tu fais très pervers comme ça. Mais moi je trouve que ma veste te donne un petit côté forførende* !" Je souriais de nouveau. Il l'enfila et c'était tant mieux, mes joues n'en pouvaient plus de rougir. Pourtant des culs j'en avais vu souvent, surtout dans mon boulot. Mais alors le sien...et le reste... Je pouvais mourir en paix après un tel spectacle.

(*Séduisant/Norvégien)

Je fis apparaitre des aiguilles et du fil pour le recoudre. Je pointais ma baguette au dessus de sa cuisse et le matériel fit un travail de précision. Il ne bronchait même pas quand l'aiguille traversait sa peau pour resserrer ses chairs avec le fil, ses yeux rivés sur moi. C'était qu'il était capable de me déstabiliser. Mais je reprenais mon assurance et mon caractère. J'oubliais que quelques secondes avant j'étais à genou devant lui. Je serrais le dernier point magiquement. Mes mains vinrent faire le tour de la blessure. Ok je profitais à peine de toucher sa cuisse puissante et musclée. "Il va falloir rentrer pour désinfecter tout ça. Et je repasserai dans une semaine prochaine pour enlever les points. C'est le minimum que je puisse faire pour te remercier de...ça...de m'avoir aider à récupérer ma baguette"

Je plissais mes yeux. Quoi ? Pfff, quoi encore ? "Est-ce que... Dans tes règles là, de loup, tu...tu vas pas m'engueuler ou me faire une scène parce que je t'ai soigné n'est-ce pas ?"


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Es-tu heureuse dans ce monde moderne?

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And all of the lights will lead
into the night with me
Elisabeth Hiilos & Liam Braeden
Bordel, ça fait mal ! Genre vraiment mal. Pourtant, j’en ai reçu des coups, oh ça oui, j’en ai vraiment reçus beaucoup. Mais depuis un an, je me tiens tranquille. Plus de conquête de territoire et plus d’espace à protéger. Peut-être que je me suis affaibli, en m’enlisant dans cette vie humaine. Je sens l’odeur d’Elisabeth qui approche. Qu’elle n’approche pas ! J’ai ma fierté tout de même ! Je me redresse en grognant. Je ne suis pas un chien qu’on caresse, je ne suis pas un animal blessé, et je reste l’alpha des miens. J’approche d’elle en grognant. Allez, Elisabeth, tu es une louve. Une louve pleine et entière, comme moi, alors tu dois le sentir. Moi je le ressens encore plus sous cette forme. Je sais. Je sais qu’elle est ma compagne. Je sais, je sens sa louve derrière sa face humaine. Je viens de combattre pour elle. Je viens de tuer ses ennemis. Ne peut-elle pas le sentir ? Ne peut-elle pas me remercier simplement et ne pas me regarder comme si je n’étais qu’un blessé ? Je reste capable de la protéger, Merlin !

Elle finit par s’agenouiller. Bien. Je me rapproche encore, pour humer son odeur. Oui, je sais, elle est à moi. Ou elle le sera. Je tourne autour d’elle. Elle devrait être à moi. J’ai combattu pour elle. Je me fixe devant elle. Je suis ce loup, je te protège. Et je n’ai pas besoin de ta compassion. J’ai besoin du repos du guerrier. J’ai besoin qu’elle soit mienne. Ou qu’elle respecte les règles. Si elle ne choisit pas d’être ma compagne, elle n’a pas le droit de prétendre me protéger. C’est ainsi, elle a un choix simple à faire si seulement elle s’écoutait. Elle fait mine de me toucher. Je grogne. Doucement ma belle. Je l’autorise à me « caresser », ce qui, je tiens à le préciser, est terriblement humiliant et dégradant. Mais je la connais. Je sais qui elle est. Je la laisse prendre cet ascendant. Je m’en remets à elle. Ça c’est nouveau. Et c’est dur. Le loup est sûr. L’homme lui a été plus qu’humilié par le passé. Si elle m’humilie à son tour… Je laisse échapper un jappement quand elle touche à ma patte blessée. Vraiment humiliant pour moi. Je sens son soin. Je n’aime pas le reconnaitre, mais cela fait du bien. L’homme, elle veut l’homme hein ? Elle le demande. Alors soit.

Je me transforme, puisqu’elle me le demande. Et je ne la quitte pas du regard. Elle veut l’homme, elle l’a. Pleinement. Je n’éprouve nullement de gêne à être nu devant elle, parce que je sais pertinemment qu’elle sera amenée à me revoir. Et puis, il n’y a rien dont je puisse avoir honte. Mais elle me couvre. Quelle pudeur inutile. Je fronce les sourcils. Un côté pervers ? Tiens donc… C’est quelque peu vexant tout de même. Un côté « forfende » ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Je ne reconnais même pas la langue… Vu son sourire, deux options. Ou c’est quelque chose de gentil, ou elle se moque de moi. Il faudra que je fasse des recherches. J’enfile sa veste. Ma louve serait-elle pudique ?

Je ne pipe mot, je serre les dents quand elle commence à me recoudre. Je la regarde, elle et rien qu’elle. En vingt-huit ans, jamais je n’ai su avec une telle précision. Mon loup avait apprécié Reagan, mais il avait toujours su qu’elle n’était pas sa compagne. Juste un plaisir pour l’homme. Mais elle, Elisabeth. Elle c’est différent. Elle, elle est une évidence. Même si elle était jeune, même si elle avait déjà une petite, elle devrait porter les miens. Elle serait celle qui rétablirait la meute là où j’ai échoué. Quand elle pose sa main sur ma cuisse, mon loup grogne. Et le problème, c’est qu’on ne fait qu’un lui et moi, et il n’est pas temps d’avoir un léger… incident. Je respire un grand coup, pensant à l’odeur de l’autre Alpha qui rôde autour de Rea. Voilà, c’est mieux, ça coupe tout élan. Elle repassera, tiens donc. Mais qu’elle cesse de prendre cela pour prétexte, cela devient plus qu’insultant.

« Mes règles sont les tiennes, Elisabeth. Tu n’as peut-être pas vécu en meute mais tu es une louve. Une grande et belle louve. Et je suis ravi que tu m’aies soigné. Ça veut dire que tu as accepté. »

Je lui souris, ne voulant que lui voler un baiser, mais je ne la sens pas prête. Je veux qu’elle choisisse, je veux qu’elle cède volontairement. Et ça viendra, je sais que ça viendra. Elle a accepté après tout, même si elle niera de toutes ses forces. La faute à son fichu caractère, la faute au fait qu’elle n’ait clairement vécu que comme une humaine.

« Rentrons. Je veux savoir dans quel état se trouve ma boutique, et il me semble que tu avais besoin d’ingrédients. »

Je ne lui laisse pas le choix et nous fait transplaner au chemin de traverse, non loin de ma boutique, dans un recoin de ruelle. Je la plaque contre le mur, sa veste sombre permettant de la dissimuler, en cas de problème. Les vitres de ma boutique sont explosées, des membres de la Brigade sont présents, devant l’entrée. La rue, en revanche a été déblayée.  Je lance un accio sur la boutique de vêtements voisine, discrètement, histoire d’être un peu plus présentable.

« Je rembourserai, ne bouge pas. »

Je lui lance un regard assez explicite, elle ne doit pas bouger d’ici. J’ignore ce que les forces de l’ordre savent et ce qu’elles ignorent. Elisabeth est une guerrière, peut-être est-elle-même dans leur ligne de mire. Moi, je suis encore bien loin de les intéresser.

« Messieurs, puis-je savoir ce qui s’est passé ici ? C’est ma boutique !
- Vous êtes Monsieur Braeden ?
- Oui, dis-je en tendant mes papiers, et vous, vous êtes ceux qui vont m’expliquer ce bordel ?
- Nous vous attendions avant de lancer les réparations, monsieur. Il y a eu une échauffourée dans la journée. Des loups s’en sont pris aux forces de l’ordre et ont vandalisé plusieurs boutiques. Nous voulions vous avertir et vous conseiller d’être très vigilants. Ne vendez pas de produits à ces gens. »

Menteurs, bande de menteurs… On sait très bien que cette version est fausse, mais c’est donc le message officiel, celui qui va circuler dans les journaux. On va charger les loups, probablement les autres créatures, d’après les dires d’Elisabeth. Ce qui m’oblige l’espace d’une seconde à repenser à tous ces articles qui ont paru sur la mort de ce couple là… soit disant des vampires. Et si c’était des mensonges ça aussi ? Ma mâchoire se crispe face à cette mascarade et aux propos tenus contre les miens. Mais il faut donner le change, il ne faut pas se faire mettre sous les verrous maintenant.

« Si je ne leur donne pas ce qu’ils veulent, ne risquent-ils pas de s’en prendre de nouveau à ma boutique ?
- Ne vous inquiétez pas, nous veillons à la sécurité. Bientôt, ils ne seront plus un danger. »

Qu’est-ce qu’il veut dire par là ? Cette histoire de vaccin ? Comme si les créatures allaient se dévoiler avec ce qui se passe. Les brigadiers lancent des sorts pour réparer les vitres et déblayer l’intérieur de ma boutique avant de prendre congé. Qu’est-ce qu’ils ont voulu dire ? Je patiente quelques minutes et entends Elisabeth.

« La propagande a commencé. Dis-moi, est-ce que tu penses qu’ils pourraient avoir… j’en sais rien, des sortes de détecteurs de créatures. Ces types avaient l’air bien sûrs d’eux… »

Et elle, elle doit savoir. Je passe derrière mon comptoir, pour m’assoir et reposer ma cuisse qui me lance tout de même méchamment.

« Je crois que tu voulais des ingrédients pour ta… belle-sœur ? Elle est enceinte d’un vampire, n’est-ce pas ? Je ne savais même pas que ce genre de choses était possible. »

Sérieusement… les vampires sont littéralement des morts-vivants. Des morts. Comment est-ce qu’ils peuvent avoir assez d’afflux de sang dans le bas-ventre pour honorer leurs compagnes ? Et surtout, comment ça se fait qu’ils puissent procréer ? C’est insensé. Et une humaine qui coucherait avec un mort… c’est un peu dégueulasse, non ?

black pumpkin

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Le cerveau a la pensée, le coeur a l'amour,

le ventre a la paternité et la maternité.


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Elisabeth Hiilo
UMS 1ère Année


15 Février 2020 - Boutique de l’Apothicaire

Et j'étais ravie de l'avoir soigné. Et d'être en vie aussi. D'avoir revu ce loup, d'avoir pu le toucher. J'étais encore fiévreuse de l'expérience. Si j'en voulais encore ? De lui, de tout ça ? Du frisson ? Peut-être, mais pas parce que j'avais accepté, juste parce que... Arg peut importait...

Avant même de pouvoir lui dire oui où non il me fit transplaner. Je souriais intérieurement, le dominant refaisait surface. Je me retrouvais alors entre un mur et lui. Collée à lui. Je fermais mes yeux, oh bon sang. Je déglutissais. C'était dur, je ne savais pas ce qui l'était le plus. L'envie, la peur, son odeur, sa force. Ce moment dura que quelques secondes mais il était plus intense que n'importe lequel. Je le regardais s'habiller sans détourner mon regard cette fois, détaillant tout ce qu'il y avait à détailler quand il tourna son regard sévère sur moi. Je soufflais, frustrée, en restant le dos au mur. Bien chef ! Ok chef !

Je ne pus cependant pas m’empêcher de me pencher pour le regarder faire. Inquiète pour lui. Voilà ce que j'étais à présent : inquiète pour lui. Je ne pouvais pas nier que je ne m'inquiétais pas si facilement comme ça pour les gens. J'étais quasiment médicomage vu tout l'apprentissage personnel que j'avais fait, et c'était pas dans ma nature de paniquer pour rien ou de m'inquiéter pour rien. Mais pour cet alpha oui. Je tendis l'oreille, restais en alerte.

Je serrais mes poings. Mais bien sûr...une échauffourée avec des loups. J'avais envie d'intervenir ! Ils y croyaient à leur connerie en plus ? Je voyais subtilement le corps de Liam se tendre. S'il te plait, ne fait pas de bêtises, souviens toi, ne révèles pas ta nature devant eux... Je déglutissais difficilement, tremblant contre mon mur. Je marquais un temps d'arrêt, bientôt ils ne seront plus un danger... Hopkins était prêt à tout. Il ne nous raterait pas.

J'attendis sagement que tout le monde parte. J'hésitais une seconde à revenir à la boutique. Juste une. Mais je franchis les quelques mètres qui me séparaient d'elle. Je poussais la porte que déjà Liam me questionnait.

"Actes de naissance pour les nés hybrides, dossiers au Ministère pour les employés, rumeurs, commérage, et...probablement des traîtres." Oui, il y en avait quelques uns, des créatures magiques, des loups-garous, des vampires qui étaient lassés de leur état, de la traque, de la guerre, de leur nature et qui souhaitaient le vaccin. Des loups craintifs. "Comment tu appellerais ça... Des oméga ? Peut-être même des subalternes ? Qui en ont marre de leur condition, qui veulent se libérer de leur gènes pour ne plus être à la traîne et être les premiers sacrifiés par les Purificateurs, pour avoir une place de choix dans la société aussi ? Peut-être même des bêtas voulant renverser leur alpha ?" Je penchais ma tête sur le côté, l'observant.

"Ne me regardes pas comme ça, je fais en sorte de bien traiter les miens. Je ne suis pas la seule à gérer tout ça. Je crois qu'ils me respectent, mais je reste une femme, seule. Il y a cependant Aamos qui veille à faire la balance. Et puis...c'est une réunion de race les Insurgés. Y'a aussi des humains qui font tampon. Et les vampires. Je n'ai aucun soucis avec eux, car c'est mon frère qui gère." Je passais une main sur mon visage. Pourquoi je lui disais tout ça ? Je bougeai dans la boutique. Ce qui s'était passé tout à l'heure dans les bois m'avait quand même secoué. Je devrais prendre un seconde pour m’asseoir moi aussi ? Mais je ne le fis pas.

"Tu...tu dis que je suis une grande et belle louve ?!" Je me retourne vivement vers lui. "Mais je sens que ça devient de plus en plus compliqué. Aamos a perdu Vladimir la nuit où on s'est rencontré pour la première fois. Je t'avais parlé d'eux, c'est eux qui étaient à l'origine de l'Insurrection. Un loup et un vampire, des Norvégiens, comme moi. On s'est un peu suivi en quittant la Scandinavie. Et je sens qu'Aamos me cède du terrain depuis la mort de Vladimir. Il...a été trahi. Par celui qui... Enfin peu importe pour toi." Ma respiration s'était accélérée. Je sentais encore l'odeur du brûlé du corps de Vladimir dans mes narines, et le regard de Samuel sur moi quand j'étais au sol impuissante. "Mais pour moi maintenant, je ne sais plus si j'ai envie. Tobias va être papa, Ludwig a Riley et moi..." Je me retins de respirer et donc de parler. J'en disais beaucoup trop. Moi j'étais seule avec Manen, et à la tête d'un futur groupe. Non c'était trop pour moi. Je n'assumerai pas, malgré ce que disait Aamos. Je repris une consistance et lui fis un sourire. J'avais assez montré mon désarroi.

C'était pour ça que je le détestais tellement, que je ne voulais pas me lier à lui. A Liam. Il avait cette espèce de regard sur moi, envoûtant, et une posture qui me donnait envie de m'effondrer dans ses bras et qu'il me serre fort, même installé ainsi sur son fauteuil, blessé à la jambe. Il donnait pas l'air de s'effondrer lui.  Il était toujours vigoureux, alerte. Dominateur. J'avais envie de baisser les armes quelques minutes, comme dans les bois à la dernière lune, à ses pieds. J'avais envie de revoir ce grand loup noir. Ses yeux me donnaient envie de vaciller, d'exposer mes faiblesses, mes failles, de me donner à lui tout entière. Pourtant je n'avais pas envie de montrer tout ça, parce que j'en avais tellement. J'étais plus vulnérable qu'il n'y paressait. Depuis Manen, depuis la naissance de ma fille. Et encore plus depuis que mes frères étaient en couple. Je me sentais abandonnée. Bien sûr ils ne faisaient pas en sorte que je le sois, mais même s'ils n'en parlaient pas, je savais que tôt où tard je me retrouverai seule. Ils auront leur vie, éternelle. Et moi, je serai celle qui resterait, mortelle.

"Fais pas attention à ce que je dis. Il parait que je cause beaucoup trop !"

Je relevais ma tête devant ses interrogations et lâchais un rire. "Pour ma belle sœur Reese oui. Elle est enceinte de Tobias c'est ça." Je rigolais de nouveau. "Tu n'aimerai pas mon frère, mais tu aimerai beaucoup Reese. J'crois qu'ils vont devenir fou tous les deux, où me rendre folle. Mais oui, j'ai besoin d'ingrédients pour elle, parce que oui c'est possible d'être enceinte d'un vampire, mais Reese déguste, la petite lui pompe de l'énergie. Et j'ai besoin de complément pour qu'elle ait moins à boire de sang." J'éclatais de rire en voyant sa tête. Il me faisait du bien, même dans sa perplexité et son dégoût, il me faisait du bien. Je me calmais et mordis ma lèvre. Il était craquant avec cet air d'ahuri. Il ferait rire Manen... Mon visage se figea sous cette pensée et je détournais mes yeux de lui.

"Tu permets ?" Je lui montrais les étagères d'ingrédients du bout d'un doigt. "C'est pour toi cette fois..." Pitiééé ! Je lui demandais la permission de fouiller sur ses étagères pour récupérer des plantes pour lui. Pour sa cuisse. Sa douleur. Il hésita. Je continuais à le fixer, souriant outrageusement sans décrocher mon regard du sien. Oui j'étais têtue. Bavarde et têtue ! Il acquiesça avec un sourire qu'il ne pouvait pas dissimuler. Un sourire qui fit chavirer mon cœur. Cette homme était dangereux, j'en profitais pour lui tourner le dos et survoler les rayons.

Alors...des choses à chiquer, à appliquer ou à avaler, rien à préparer sinon je ne réussirai jamais à partir de cette boutique. Je tombais sur un pot de poudre de Curcuma. Parfait ! J'attrapais le flacon et revins à ses côtés. Sans même un regard pour lui je lui enlevais la chaussure de la jambe blessée. Il se raidit, mais je ne bronchais pas. "Mes règles sont les tiennes" c'était ce qu'il avait dit ? Je n'avais rien accepté cependant. Il était prétentieux de le croire. Je le saurais si j'avais plié à ses règles. Non ? Toujours était-il que je prenais plaisir à prendre soin de lui. Il m'avait protégé dans les bois. Il s'était mis en danger pour moi, il avait dévoilé son loup devant des Rafleurs, risquant gros. Il s'était fait blesser. Alors je pouvais le soigner... C'était aussi simple que ça, nul rapport avec des règles.

J'attrapais ensuite ma baguette et traçais un trait avec sur son pantalon au dessus de la blessure. A l'endroit où ma baguette était passée le jean se déchira. Je fis alors glisser le bout de pantalon le long de la jambe pour le sortir. J'osais un regard vers lui. "Il n'est pas à toi, alors ça ne compte pas si ?" Je souriais avant me reconcentrer sur sa plaie. Je saupoudrais alors le curcuma dans la blessure. "On ne pense pas toujours aux choses les plus simples. Cette épice accélère considérablement le processus de guérison en plus d’être un anti-inflammatoire et un antiseptique naturels. Elle apaise aussi. Tu peux t'en appliquais matin et soir." Je tissais un bandage du bout de ma baguette. "Mais je crois que je ne t'apprends rien, n'est-ce pas ?" J'entourais sa blessure avec la bande pour la protéger. Je relevais ensuite mes yeux sur lui.

"Tu m'enseignerai ? L'herbologie et les potions ? Je vais avoir du temps de disponible étant donné que mes frères refusent que je continue d'étudier à l'Université. Ce qui d'un côté n'est pas irraisonnable au vu de ce qui va se passer dans les écoles avec les Décrets et les Lois."  Je finissais de faire un nœud au bandage. "Et puis...j'aime bien traîner avec un loup pour changer..." N'en déplaise à mes frères. Et quand on parle du vampire... J'entendis toquer au carreau de la vitrine d'apothicaire. Ludwig. Bien sûr !

Je m'écartais de Liam pour me déplacer vers la porte que j'entrouvris. "Je vais bien Lud !" Il releva ses yeux vers Liam, je voyais son nez frémir et il poussa la porte pour l'ouvrir plus. "Je vais BIEN !"
"Qu'est-ce qu'il s'est passé ?"
"Ou est Reese et Manen ? Tu les as laissé seule ?"
"Bien sûr que non ! Elles sont avec Tobias, qu'est-ce qui s'est passé Eli ? Tobias est fou, il a été clair, on ne se sépare pas !"
"Pourtant tu es là Lud, seul. Et puis je n'étais pas toute seule d'accord ? J'étais avec Liam. Je t'en pris Ludwig, vient pas me faire la leçon, pas toi, laisse ça pour Tobias ! J'ai pas envie de me prendre la tête avec toi ! Je vais bien, on  a transplané, on est tombé sur des Rafleurs et Liam les a neutralisé et on est rentré."
"Il est blessé ?" Je repoussais Ludwig qui voulait voir. Bien sûr qu'il savait qu'il était blessé, l'odeur de sang hantait la pièce.
"Il va bien, s'il te plait Ludwig..." Mais il n'en fit qu'à sa tête. Je levais mes yeux au ciel. Je pouvais pas lui refuser ça. Il s'inquiétait pour moi et je l'avais envoyé bouler tout à l'heure, il était partit parce qu'il y avait Reese et Manen à protéger, mais il ne serait jamais parti me laissant seule. Ils avaient du se ronger le foie.

Il s'approcha du comptoir et tendit une main à Liam. "Ludwig Valdemar, merci pour avoir pris soin de ma soeur!" Ludwig inclina sa tête. Je regardais les garçons, avalant ma salive.



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And all of the lights will lead
into the night with me
Elisabeth Hiilos & Liam Braeden
Je déglutis. Bon sang, on est foutu. Enfin, je reconnais un certain avantage d’avoir dû changer de pays. Nos actes de naissance à Reagan et moi, ainsi qu’à d’autres membres de la meute, ne sont pas entre les mains des autorités. Et comme je ne suis pas du genre à me mêler aux autres, je suis tranquille. Mais elle… elle s’est engagée au ministère ! Alors ils savent déjà. Bordel. Je me passe une main sur le visage. Un voile noir passe sur mes yeux quand elle mentionne des bêtas renversant des alphas. Cela éveille de trop mauvais souvenirs. Néanmoins, je sais que ma bêta n’en sera pas capable. Surtout si un autre… quoique… pour justement avoir le champ libre… Non, non, il ne faut pas que je songe à cela. Tout cela est grave, vraiment grave.

« Des Omégas seraient capables en effet. Par peur… Mais quand même. Des loups ! On est la plus belle race qui soit ! »

Une réunion de races. Les Vampires… ça vraiment, je ne m’y ferai pas. Comme à cette idée de « frère ». Ridicule. Ces êtres sont fourbes, traitres… Je relève la tête vers elle alors qu’elle fait les cents pas et qu’elle dégage comme une sorte… d’angoisse. Et elle a besoin de se libérer. Je l’écoute, sans rien dire, essayant simplement de rassembler les différentes pièces du puzzle. Elle est Norvégienne, et elle est en passe d’être à la tête des Insurgés, maintenant que la place du loup dominant est vacante. Et elle doute d’être une grande et belle louve ? Par contre, elle a été victime d’une trahison, pas uniquement son leader, elle aussi, je le sens. Si tu savais, Elisabeth, comme je connais ce sentiment.

Les noms se multiplient, tout se mélange en elle. L’angoisse des dominants. Elle ne le sait pas encore, mais c’est exactement ce qu’elle est en train de vivre.

« Tu causes trop parce que je suis la première personne avec qui tu peux partager tout cela, et que tu le sais. »

Parce que nous sommes pareils. Tant qu’elle ne sera pas en osmose parfaite avec sa louve, elle ne pourra jamais avancer. Et elle a besoin d’avancer vu le bourbier qu’est sa situation « familiale ». Si je comprends bien, elle a deux « frères » vampires qui ont chacun des insensées à leurs côtés. Et l’un d’eux va se reproduire, ce qui est hautement contre-nature. Elle, elle a une enfant, mais pas de mâle. Probablement mort. Mais franchement, ça me dégoûte. Tout ça me dégoûte profondément. Cette humaine qui porte un vampire et qui en plus boit du sang ? Par merlin, il n’y a tout de même pas que moi qui trouve cela choquant ? Sauf son respect, je ne pense pas que j’apprécierais cette Reese. Commettre une telle ignominie… il ne faut pas être saine d’esprit.

Même si je ne lui dit rien, par respect, mon visage parle pour moi apparemment. Au moins, elle ne s’en offusque pas. Je l’observe prendre possession de mon territoire. Venant de quelqu’un d’autre, ça m’aurait énervé, mais venant d’elle c’est…naturel. Néanmoins, elle s’entête à vouloir me soigner sans admettre l’évidence. Et ça, c’est assez agaçant. Je lui souris néanmoins, hochant la tête. Après tout, si elle se décide à écouter sa louve, ma boutique sera la sienne, alors autant qu’elle se familiarise. J’observe, c’est l’une de mes plus fréquentes activités ces derniers temps. Mais quand elle se permet de… m’ôter ma chaussure….je ne suis pas impotent tout de même ! Quand bien même elle serait déjà ma compagne, je ne lui demanderais pas une telle chose ! Je laisse faire cependant, bien que je n’apprécie guère qu’elle soit dans cette position « inférieure ». Cela ne lui sied guère. Elle m’amuse.

« T’ai-je reproché quoi que ce soit, Elisabeth ? Par contre, si tu désirais me faire mariner pour me rôtir au four, tu aurais pu le dire plus tôt. »

Rapport au curcuma dont elle m’assaisonne. Je sais que cette épice sert dans les potions de soin, sinon, je n’en vendrais pas ici. Mais je ne lui dis rien, y compris quand elle me pose la question qui n’en est pas vraiment une. Je préfère savourer le contact en silence, le loup comme l’homme l’appréciant. La suite est déroutante. D’un côté, je me réjouis qu’elle n’approche plus de l’université avec tout ce qui se passe, sans compter que cela nous permettrait de passer plus de temps ensemble – j’aurais ainsi l’occasion de lui montrer ce que signifie réellement être un loup-garou, lui inculquer davantage de règles, de principes communautaires – mais d’un autre… je n’apprécie pas vraiment la prégnance qu’ont ses vampires sur elle. Ça n’est jamais une bonne chose de trainer avec ce genre de créatures. Encore moins de se fier à eux.

« Tu sais déjà beaucoup de choses, Elisabeth, mais ce serait avec grand plaisir. Je serai moi-même bien plus rassuré en te sachant avec moi plutôt qu’à l’université avec tout ce qui se passe. »

Je ne peux guère en dire plus car déjà l’ectoplasme sur patte toque à la porte. Ma boutique va encore sentir… bon sang, il ne peut donc pas la laisser seule ? Elisabeth n’a-t-elle pas dit qu’il avait une « Riley » ? Quant à ce nom, Tobias, il commence lui aussi à revenir un peu trop souvent. Il a tout l’air d’être le dominant du groupe. Les vampires ont-ils ce genre de système, avec des Alphas, également ?

Quand j’entends la question de Liam, je songe tout de suite à « non mais de quoi je me mêle ». Mais rien de tel ne franchit mes lèvres. Je me contiens encore. Et voilà qu’il rentre. Grandiose ! Je le toise tandis qu’il me tend la main avant de se saluer. Moi vivant, jamais je ne serrerai la main d’un vampire.

« Mon plaisir et mon devoir », que je lui réponds, tout en gardant le regard obstinément fixé dans le sien et ignorant royalement sa main tendue. « Ici, Elisabeth ne risque rien. Une future médicomage dans une boutique d’apothicaire, cela n’a pas de quoi attirer l’attention de nos ennemis, là, dehors. En revanche, un garde du corps vampirique, ça se repère et ça attire l’attention. Je comprends que vous vouliez la protéger. Nous avons cela en commun, ne vous sentez pas obligé de jouer au taxi. En revanche, vous pourriez rapporter le nécessaire pour votre amie, Reese. »

Quand elle sera avec moi, pour les leçons, je ne la quitterai pas du regard. Comment le pourrais-je ? Je la caresserai en pensée – jusqu’à ce qu’elle m’autorise à plus – jusqu’à ce qu’elle transplane chez elle. Et encore… chez elle. Chez elle devrait être à mes côtés. Je le sais, elle le sait, mais elle lutte, et je ne parviens pas à savoir pourquoi.  Je reporte mon attention sur Elisabeth, ignorant ostensiblement le vampire.

« Quand veux-tu commencer les leçons ? Ma boutique t’es grande ouverte, quelle que soit l’heure. Et si jamais tu parviens à élucider la formule du vaccin, n’hésite pas. Je ne suis pas un savant, mais peut-être ai-je quelques ingrédients qui pourront en contrecarrer les effets. »

Un vaccin contre les loups… quelle stupidité. Contre le vampirisme, je ne dis pas… mais contre les loups…

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le ventre a la paternité et la maternité.


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Elisabeth Hiilo
UMS 1ère Année


15 Février 2020 - Boutique de l’Apothicaire

Je souriais, même si je me forçais de ne pas le faire, le sourire revenait constamment sur mes lèvres. L'interaction de Ludwig et de Liam m'amusait grandement. Ludwig avait toutes les peines du monde à se montrer polis et courtois envers Liam et Liam, lui s'en fichait bien mais le restait tout de même et je savais que c'était pour moi. Ca me touchait. Mais il devrait s'y faire. Il ne savait pas toute mon histoire. Tobias et Ludwig n'étaient pas mes frères pour rien. Ils étaient ma seule famille. Ils étaient des pères pour ma fille. Ils étaient garant de ma sécurité. Encore plus maintenant que Samuel nous avait déclaré la guerre. Et au delà de tout ça, je les aimais, sincèrement. Si Tobias n'avait pas été ce qu'il était, si j'avais été une vampire, on savait tous qu'il aurait été plus qu'un frère. Le respect entre nous en était d'autant plus grand. J'étais la seule louve de sa vie, c'était là assez exceptionnel pour le notifier. Lui qui était puritain de son espèce. C'était une preuve de son attachement envers moi et Manen.

Je baissais la main de Ludwig qui restait dans le vide et pinçais mes lèvres amusée. Je ne devrais peut-être pas, mais je l'étais. Son plaisir et son devoir ? Voyez-vous ça. Je lui lançais un regard, levant un sourcil, mordant ma lèvre. Et devant mon frère il disait tout ça. La suite, il n'avait pas tord, et Ludwig le savait, j'aperçus son visage se fermer. Tout doux mon vampire.

"Hva betyr det? Hva kurset?"
"Si je ne peux plus aller à l'université je veux continuer d'apprendre."
"Hvorfor ham?"
"Parce qu'il me plairait d'apprendre à ses côtés. Tu veux m'en empêcher Lud' ? Il t'a prouvé qu'il pouvait me protéger aussi bien que toi." Et qu'on pourrait trouver un antidote à ce vaccin. Nos deux savoir réunis. Oui pourquoi pas. Bien sûr. Et parce qu'il était lui, qu'il y avait un truc et que je voulais savoir ce qu'il savait. Et parce que ça le rassurer que je sois à ses côtés et que ça...ce n'était pas rien de me l'avoir dit.
"Har jeg allerede hjelpe gjøre noe min kjære søster?"
"Er dette måten du viser at du er opprørt Ludwig? For å snakke språket vårt?"
"Det er mulig." J'éclatais de rire, même dans sa colère mon frère était adorable.
"Donc je vais commencer les cours dès demain." Je me tournais à présent vers Liam, tout sourire. "Si cela ne dérange pas ton emploi du temps bien sûr !? Je ne veux pas être un poids. D'ailleurs il faudra qu'on parle de comment je peux te dédommager pour ton apprentissage. Je pourrai t'aider à la boutique peut-être ?" Ranger les étagères, faire les inventaires, vendre ses herbes et potion ? Partir avec lui à la cueillette des plantes ?

Ludwig se faisait pressant et il fallait que je rentre. Je demandais à ce qu'il m'attende devant la boutique. Je rangeais le matériel que j'avais pris sur ses étagères. Je nettoyais d'un coup de baguette ce qui traînait. "Merci pour tout Liam. J'ai été ravie de rencontrer ton loup une nouvelle fois." Et qu'il se batte pour moi. Je pinçais ma lèvre me retenant d'en dire plus. "On se voit demain ?" Je souriais et m'approchais de la porte. "Il me plairait de le revoir à l'occasion..." Ce beau et grand loup. J'attrapais le bras de mon frère et il nous fit transplanait si vite que je voyais encore les yeux ténébreux de Liam s'encraient sur les miens. Je frissonnais. Elisabeth ne tombe pas amoureuse, tu sais où t'a mené l'amour la dernière fois.

Traduction :
"De quoi parle-t-il ? De quels cours ?"
"Si je ne peux plus aller à l'université je veux continuer d'apprendre."
"Pourquoi avec lui ?"
"Parce qu'il me plairait d'apprendre à ses côtés. Tu veux m'en empêcher Lud' ? Il t'a prouvé qu'il pouvait me protéger aussi bien que toi."
"T'ai-je déjà empêcher de faire quoique ce soit ma sœur bien aimée ?"
Est-ce ta manière de montrer que tu es vexé Ludwig ? De parler dans notre langue ?
"C'est possible."




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