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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Janvier 2022.

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Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

« Bordel Liam ! Tu ne vas tout de même pas me faire ce genre de scène à chaque fois ! Je suis tireuse d’élite, dammit ! Tu comprends ce que ça veut dire ? Oui, je vais partir régulièrement en mission !
- Reagan, les loups…
- Sont en danger que je sois là ou pas ! Je suis en danger ici comme là-bas !
- Qu’est-ce que tu insinues ? »

Il grogne, je soupire. C’est comme ça à chaque fois. Et je sais que je me suis mal exprimée, qu’il va avoir l’impression que veux dire qu’il est incapable de me protéger après ce qu’il s’est passé en Irlande. Mais c’est lui qui reste bloqué là-dessus. Personne ne lui en veut, surtout pas moi. La meute a été aidée par des vampires. Des vampires, nos ennemis de toujours. Ça n’était pas prévisible et on ne pouvait rien contre une telle alliance.

« J’insinue rien, Liam. Je peux traverser la route et avoir un problème ici aussi. Je ne vais pas me battre avec toi à chaque fois. J’avais à peine dix-sept ans, tu me faisais déjà assez confiance pour faire de moi ton alpha et ta compagne. Qu’est-ce qui te fait peur, maintenant que je suis plus puissante ? »

Si encore il n’avait plus confiance en moi, je pourrais comprendre. Après tout, je l’ai trahi une fois, et normalement, les Alphas ne pardonnent pas. Mais ce n’est pas ça. Il n’a jamais été de ce genre là. Il est surtout beaucoup trop protecteur. Il me tient encore la jambe une bonne heure avant que je ne reparte au travail. Je pars bientôt, c’est ma technique : mettre Liam au pied du mur. Histoire de couper court aux conversations.

Je transplane jusqu’au lieu de rendez-vous avec un tout petit sac – je peux remercier la magie – et aperçois déjà des collègues qui se pressent. C’est une opération d’envergure, je devine des Aurors – nos grands rivaux – des sorciers d’élites, des tireurs, comme moi. Et tous marchent ou entourent déjà le Portoloin. Je ne peux m’empêcher de constater que nous sommes tous… Jeunes. J’ai l’impression que nous ne sommes qu’entre jeunes recrues. Je salue d’un simple geste de la tête ceux que je ne connais pas. Un peu plus chaleureusement ceux que je connais.

Et tout à coup, je me raidis, presque d’instinct. Non, carrément d’instinct en fait. Je connais cette sensation par cœur, même si là, elle est quelque peu atténuée. Mes narines l’ont repéré, mes poils se hérissent sur ma peau, à travers les vêtements. Mon ouïe a comme reconnu ce pas fier et assuré. Il y a quelqu’un comme moi, mais qui plus est, un alpha potentiel. Parfois, c’est ce que je reproche à la louve en moi. Elle repère les mâles dominants. Elle en est attirée. Mon œil, en est attiré. Je me tourne, pour découvrir l’origine de tout cela. Il est comme moi, un hybride, c’est pour cela que son aura est moins violente que celle de Liam, mais tellement reconnaissable. La louve en moi s’agite. La femme le pourrait aussi, à dire vrai. Il est, il faut l’avouer, plaisant à regarder. Grand, bien bâti, la mâchoire particulièrement bien dessinée, brun, aux mèches rebelles venant danser devant ses yeux foncés. Heureusement que le printemps n’a pas commencé. Ça aussi, c’est un léger problème, la période de chaleur.

Mais il y a autre chose dans l’air. Je n’arrive pas encore à mettre le doigt dessus. Mais mon petit orgueil d’ancienne Alpha se rappelle à moi.

« Ok, tout le monde ! Je crois que nos chefs nous testent, alors on n’a pas de temps à perdre, c’est l’heure ! »

Je souris, jetant un regard entre défi et je ne sais pas quoi au beau brun. Et d’un geste assuré, je touche du doigt le Portoloin, pour être transportée… Cac ! De l’eau. Trop d’eau. Beaucoup beaucoup beaucoup trop d’eau.

« Par Merlin ! Les chutes du Niagara ! «

C’est bien ma veine. Je croise les bras sur ma poitrine, pendant que mes collègues s’extasient devant le paysage. On est en Amérique ? C’est incroyable.

« Ok, jeunes gens ! »

Je me tourne, reconnaissant immédiatement un supérieur hiérarchique.

« Pas le temps d’admirer le paysage, vous êtes ici parce qu’un mage noir se terre dans l’une des grottes derrière les chutes. Il n’est pas seul, voilà pourquoi vous êtes si nombreux. Soyez très prudents, vous n’êtes pas sans savoir qu’une vague de crimes frappe l’Angleterre depuis la fin du mois dernier. Ça préoccupe nos confrères américains, c’est pour cela qu’ils nous laissent la priorité sur cette affaire. Faites nous honneur. »

J’ai écouté sans ciller. Il est vrai que les affaires sordides se multiplient. Des assassinats, des enlèvements de loups, qui ont rendu Liam carrément dingue… Je tente de me concentrer sur le moment présent. Un mage noir, ça explique la présence des Aurors. Certains d’entre eux regardent d’ailleurs d’un air méprisant mes confrères « simples » sorciers ou tireurs d’élites. Ok, hors de question que ça se passe de la sorte.

« Bien, toi et toi, sort de localisation, on ne perd pas de temps à fouiller les trois grottes. Je veux aussi des sorts de protections, je veux sécuriser la zone. Un mage noir aura forcément piégé l’entrée. Qui est partant pour une descente… mouillée ? »

Les membres de mon équipe habituelle se mettent normalement au travail. Peut-être est-ce dû au fait qu’ils me connaissent, qu’ils savent ce que je vaux, ou alors c’est dû à mon aura, je n’en sais rien. En revanche, les Aurors font plus de résistance. J’arque un sourcil en direction de l’autre demi-loup du groupe. Je suis certaine qu’ils attendent ses ordres. Mais dès qu’il ouvre la bouche…

« Bien, messieurs les Aurors n’ont pas envie de se mouiller, ils vont donc nous attendre sagement ici. »

Je me mets en marche vers le rebord de la falaise pour affiner mes ordres à mes collègues, prenant sur moi la proximité de l’eau. Je déteste l’eau. Il y a moins d’un an, ils ont essayé de me noyer avant de me mordre. Ou ils m’ont mordue avant et essayé de me noyer… je ne sais plus ? Je sais juste que j’étais consciente et ça, aujourd’hui, ça réveille de mauvais souvenirs.

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L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Amérique du Nord - Janvier 2020 - Chute du Niagara

Je venais de quitter Victoire, au moment où son ex rentrait à la maison. Génial ! Formidable ! Rassurant ! Combien de temps allais-je supporter ce petit manège ? Je n'avais pas vraiment ma place dans cette famille, je n'arrivais pas à en faire ma meute. Pourtant je voulais donner une chance à cette histoire, à Victoire. Mais c'était plus dur que ce que j'imaginais. Elle avait un fils, qui aurait pu être le mien, mais il ne l'était pas, et même si je voulais me l'approprier, je ne le pouvais pas. Il avait son odeur, que j'aurai pu oublier, mais c'était sans compter le fait qu'il venait souvent à la maison pour venir récupérer le petit. Et j'étais au milieu de ça, moi, l'alpha, je devais faire bonne figure, pour que Victoire ne se fâche pas avec celui qui était la moitié de son fils. Et c'était dur, et je n'étais pas si bien que ça.

J'avais des sentiments, mais tellement brouillés, c'était comme si mon loup disparaissait et ce n'était pas moi ça. je n'avais ni grandit ni était élevé comme ça. Je n'étais jamais le second, pourtant depuis plusieurs semaines c'était celui que j'étais. Et ça ne me correspondait pas, je me perdais, je me perdais alors que je revenais d'un voyage en Papouasie, dans la famille de Sko, dans une famille sauvage. J'avais passé deux semaines à être moi, un loup, un chef de meute, un protecteur. C'était terrible à dire, mais je me ressourçais avec Saoirse que je voyais plus souvent qu'avant d'être avec Victoire. Ma louve, ma famille, mon sang, ma meute. Et ça me faisait un bien terrible. J'étais à deux doigts de prendre part à toute cette histoire d'Insurgés dont me parlait Sai', tellement j'avais le besoin d'être avec mes semblables. Sko, toute cette vie me manquait.

Je retrouvais alors mon autre famille, celle des Aurors pour une mission. Chaque départ me permettait de faire le point sur mon histoire avec Victoire. On ne se mettait pas la pression, mais je la sentais pleine de doutes, je voyais ses yeux quand Seamus entrait chez elle. Ça me rendait dingue, je sortais souvent dans ces moments là. Il n'y avait pas rien. Il y avait beaucoup. Et je devais me taire, pour David. Voulais-je d'une femme qui me mettait sans cesse en sourdine ? Qui muselait mon animal ? Elle était belle, elle était forte, bien plus que ce qu'elle pensait, mais elle n'était pas entièrement à moi. Je le sentais. Elle était filante comme la pluie. Je ne pouvais pas me battre pour elle, pas comme je le voudrais, et elle n'était pas comme moi. Pas de ma...nature.

J'avançais sans réfléchir vers le Portoloin quand une odeur attira mon attention. Je ne connaissais pas d'hybride parmi mes collègues. J'avançais vers elle, parce que c'était une femme, elle se retourna, on s'était reconnu. C'était comme ça, c'était animal, c'était direct, c'était instinctif et c'était exactement ce dont j'avais besoin. Je lui lançais un sourire avant de prendre ma place au milieu de cette foule d'agents du ministère. 1) Qui était-elle ? 2) Quel était son potentiel ? 3) Je voulais m'amuser. Je craquais mon cou et humais ce plaisir de pouvoir être moi, entièrement moi, loup, meneur, charmeur.

Son regard était puissant, attirant, elle aussi elle était attirante mais, j'étais en mission et j'étais avec une blonde. Pourtant cette brune...mmhh j'étais avec une blonde, qui avait un enfant. Une vélane que j'étais censé aimé... Et voilà, merde, en fait non, cette brune n'était pas tout ce que j'avais besoin, elle allait alors me demander à me contrôler, pas moi, pas l'homme, mais le loup, l'animal. Il la respirait d'un peu trop près. Mon loup que je muselais à la Maison aux Coquillages et qui ici faisait des bonds de dix mètres devant cette peau hâlée et brillante, ce regard de feu, cette assurance. Elle avait de l'étoffe, elle serait arrivée 1 mois avant... Je l'écoutais parler, surpris, prendre la direction du truc alors que je fantasmais sur elle, bordel ! Et en plus elle l'avait fait exprès, ce petit regard de défis ! Je la voyais disparaître en premier. Ah ouai ? Je roulais mes yeux, grognant sourdement à mon loup de rester concentré avant de toucher à mon tour le Portoloin.

Je découvrais le lieu totalement fasciné. Le souffle coupé. C'était juste à se damner, je m'approchais des chutes me penchant entre ciel et terre. Cette sensation. Toute cette puissance, ce mouvement d'eau. Il faisait chaud et cet air frais qui venait grâce à la déferlante de l'eau, ce petit ruissellement sur mon visage. je me retournais vers mon équipe, les seuls à s'être un peu approchés du vide. Et je tournais mon regard vers elle, madame j'ai les bras croisés sur la poitrine et je fais l'impitoyable blasée. Mon supérieur arriva, je m'avançais vers le groupe, me plantais à ses côtés, barrant moi aussi ma poitrine de mes bras, l'imitant sans vergogne. Je faisais une tête de plus qu'elle.

J'écoutais les instructions. Des grottes, un mage. Une bonne demi- journée. Ok c'était compris. Quoi d'autre ? Bon... Il rappela les problèmes à Londres. Je fis la moue. L'honneur, ça ça me parlait bien mieux. J'écoutais son cœur, je l'analysais. Je l'étudiais, je me familiarisais avec ma semblable. Je ne savais pas pourquoi, mais je voulais la suivre même les yeux fermés. Je voulais capter ça. Aurait-elle peur ? Ou était-ce de l'excitation à passer à l'action ? Était-elle jeune dans le métier ? Une tireuse d'élite, je le savais maintenant. Depuis quand était-elle sur le ministère ? Je l'aurai vu si c'était depuis toujours. Je sentais une odeur sur elle, pas vraiment le truc agréable quand on était un mâle. Il y en avait un autre ? Mes poils se hérissèrent. Ça coupait de son charme, ou plutôt le contraire, ça en rajoutait. Madame serait-elle inaccessible ?

J'ignorai les regards de sa troupe sur nous autres. Pourquoi sa troupe d'ailleurs ? Et encore une fois déstabilisé et préoccupé par elle, je l'entendais qui recommençait à donner ses ordres ! HOLA ! Tout doux, on se calme. Elle faisait quoi là ? Elle se prenait pour qui ? Je les voyais tous bouger. Mais je ne le faisais pas, elle rigolait n'est-ce pas ? Mes hommes restaient pendu à mes lèvres, sans bouger. Bien, j'avais cette fierté de sauver, merci les gars ! Il y en avait qui suivaient...

Je penchais ma tête sur le côté, l'observant comme une bête curieuse. Une alpha ? C'était le pompom pour mon loup. Celui là était à deux doigts de faire foirer la mission. Je canalisais mes ardeurs bestiales. J'étais près à dire quelque chose quand elle me coupa la parole. Là, devant mon équipe. Les gars se mirent à rigoler avant que je me tourne vers eux d'un regard qui les fit se taire sur le champ. Je me retournais vers la demi-louve, tout sourire, qui détalait déjà vers le bord de la falaise gueuler ses instructions. Les gars se remirent à rire. Elle commençait à m'agacer ! J'l'aimais bien.

"J'en veux deux en rappel avec moi. Luke et Jon !" Les deux plus doué en magie sans baguette. "Les autres, vous laissez pas écraser par ces tireurs. J'en veux un de vous avec chacun d'eux. J'ai pas besoin de vous dire ce que vous avez à faire. Je vais lancer un Bouclier. Oh et...je m'occupe d'elle." Tous hochèrent la tête et se déployèrent. J'attrapais le bras de Jon. "Qui est-ce ?" Il me fit un sourire torride, la détaillant de la tête au pied. "Son équipe l'appelle Reagan...c'est tout ce que je sais." Je fis un sourire. "Je sais le reste !"

"Wolf ?!!" Luke m'appelait. Je trottinais à ses côtés, il n'était pas loin d'elle. "C'est raide, il faut que l'un de nous y aille en premier, et t'es...le plus...enfin tu sais ?" Je me penchais, après un regard vers elle. Bordel Amadeus, arrête ça ! Effectivement c'était raide, il fallait des réflexes, de la précision et pas avoir peur de se frotter à la roche. Il fallait donc mes réflexes, ma force, ma rapidité, et ma résistance à la douleur. C'était aussi pour ça que je m'étais imposé dans cette équipe. Ma nature était un atout incroyable, ça et le fait que je n'utilisais jamais de baguette. La magie était au fond de moi, en symbiose avec mon loup. Ma baguette restait généralement dans mon bureau au Ministère.

"Ok, je prends les devant et je vous envoie un lien magique, je vise cette corniche, pas de transplanage, vous allez vous éclatez sur la paroi, et j'aimerai pas être celui qui vous ramasse en morceaux. Et pas de...sauvetage impromptu, si je me rate, je tombe, si je tombe...vous continuez la mission." Je commençais à me déshabiller avec mes deux coéquipiers. "Mais Wolf..." J'enlevais mes chaussettes puis mon pantalon. "On est d'accord que je vais pas me rater les gars, merci de la confiance, on a des invités..." Je levais mon menton vers elle, lui souriant, accompagnant le tout d'un clin d’œil. "Et je sais nager, je...c'est juste de l'eau..." Je me penchais de nouveau, prolongeant mon regard dans le bruit assourdissant, comme hypnotisé.

En fait les chutes c'était quelque chose comme 60 mètres de haut et un débit de 2 800 m3 par seconde. Je serai probablement broyé par la puissance de l'eau si je tombais. Mais heureusement j'étais un sorcier avant d'être un demi-loup, un sorcier n'ayant pas besoin de baguette magique. Et j'étais un peu téméraire, un peu trop selon ma mère et mes professeurs, et ma sœur, et mes potes, mes collègues, même pour moi parfois. Godric Gryffondor serait si fier de moi !

Je me retrouvais en caleçon, comme mes acolytes. Je fis des mouvements de souplesse au niveau des épaules. J'étais téméraire mais cela ne m'empêchait pas d'être un poil anxieux, juste un. Le meilleur moyen pour se concentrer, c'était de faire ce sortilège. Encore quelque chose qui me démarquait de mes collègues aurors. Il était rare d'être assez doué pour faire ce sort de protection par excellence. Il était l'un des plus complexe et difficile à maîtriser. Mais ça allait de soi pour moi, comme la magie sans baguette, mon côté sauvage. C'était parce que je m'acceptais pleinement, avec mes faiblesses et mes failles que j'en étais capable. Je me concentrais sur un événement puissant et heureux, ancré en moi, dans mes souvenirs. Un endroit doux et paisible dans ma tête. Quelque chose de fort, de profond.

Un grognement sourd, je relevais mes yeux vers Reagan. Un repère dans ce paysage, dans mon moi profond, c'était plus facile avec son odeur. Je sentais qu'il était là, je le sentais courir en moi, il forçait le passage, il était prêt, je l'étais aussi. "Spero Patronum" Mon patronus loup bondit de ma poitrine, parce qu'il ne pouvait pas le faire du bout de ma baguette. Il fit le tour de mon corps. Il contourna mes collègues, il la contourna elle. C'était le signal, ce bouclier argenté nous parerait des plus gros coups du mage noir, il serait aussi un guide.

En même temps que lui je me jetais dans le vide, je me réceptionnais à une racine épaisse et je heurtais la paroi, ça piquait, mais c'était supportable, je me propulsais avec mes pieds, et fini par atterrir sur la corniche visée. Je restais 3 secondes à me remettre et je hurlais à qui veut l'entendre. "Quelqu'un pour réceptionner la corde en haut ?" Je levais ma main et une bobine magique s'élança en l'air.

Les gars commencèrent à descendre. On allait suivre une ligne, sécuriser tout un bord et trouver un passage vers la grotte où se retiraient le mage noir et ses sbires. Je levais mes yeux en l'air. "Peur de se mouiller Reagan ?" J'écartais mes bras, un sourire de défis sur les lèvres. J'allais apprécier la vue quand elle allait descendre...


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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

Je ne peux m’empêcher de lui jeter un coup d’œil quand il se met à côté de moi, bras croisés comme je le fais, en laissant échapper un petit rire. Il me cherche. Je sais qu’il me cherche. La louve en moi ne peut faire autrement que de le sentir. Cette odeur si singulière, cette aura. Et une senteur plus féminine. J’ai l’impression d’en connaitre une mais il y en a une beaucoup plus fraîche… Il semble avoir une compagne. Ou une louve approchant. Evidemment, un alpha ou potentiel alpha ne reste jamais seul bien longtemps. C’est le principe. Et puis, un chef de meute doit assurer sa descendance. Je sais que ça travaille Liam. Mais lui, là, il n’est pas entièrement loup. Peut-être ne fonctionne-t-il pas comme une meute.

Enfin bref, concentration et action. On a une mission à accomplir et j’entends bien la mener à bien. Sauf qu’évidemment, les Aurors ne bougent pas d’un pouce. Ils ont cette fâcheuse tendance à nous prendre bien de haut. Certains prétendent même que ce sont les recalés du concours d’Auror qui intègrent la brigade. Non mais genre ! Je prends la tête des opérations. Ça s’est fait naturellement, et aujourd’hui, j’entends mettre ce petit avantage à contribution pour prouver aux Aurors qu’on n’est pas inférieurs à eux. Et pour cela, il n’y a rien de tel que de remettre en cause l’autorité d’un chef.  Je donne donc mes ordres, lui coupant l’herbe sous le pied. Puis à son tour il répartit ses hommes. Je me surprends à le regarder en rongeant mon ongle de pouce, dans un sourire. La louve aime les meneurs, sa façon de donner des ordres. La femme le trouve plus que séduisant. Mais les deux savent que ce serait une très mauvaise idée et en plus, les deux aiment le défi qu’il représente. J’ai été écrasée autrefois par un Alpha. Je tiens une sorte de revanche aujourd’hui non ?

L’un de ses hommes s’approchent, je les observe tout en gardant un œil sur mon équipe. Wolf ? Sérieusement ? Il aurait pu trouver plus original tout de même. Je ne le quitte pas du regard, comme pour le défier. Ils cherchent comment approcher la grotte tandis que mes hommes ont repéré la planque du mage et de ses alliés et qu’ils installent les sorts de protections. Et puis… Mon sourire s’élargit et je me mords la lèvre pour ne pas rire quand je le vois se déshabiller, j’ai baissé le regard une seconde, avant de le relever et de profiter de la vue. Une vue sommes toutes sympathique. Et finalement, je ne me mords plus la lèvre pour la même raison. J’ai soudainement chaud, avec une légère douleur dans le bas ventre. Je sais qu’il en joue. Et quand il m’adresse un clin d’œil, je lui fais une belle révérence pour l’inviter à réaliser son coup de folie dans les chutes. Que de l’eau, que de l’eau, il fait le fier mais c’est de la démence. Il ne va tout de même pas sauter ? Il risquerait en plus d’abimer ce dos et ce poitrail…. ce serait du gâchis.

Mon équipe attend, suspendue à mes ordres et à l’idée folle des Aurors. Je l’observe, frémissant doucement sous la puissance qu’il est en train de déployer. Le sentent-ils aussi, les autres ? La force de son patronus me coupe le souffle. Et putain mais il saute vraiment ce con !

Je me penche par-dessus la falaise, en dépit de ma peur, et de l’eau qui fouette mon visage. Ce type est un malade ! Ce type est génial ! Mais ça, hors de question de le montrer. Mon équipe est déjà suffisamment impressionnée par son exploit. Je devine son plan quand je l’entends tout à coup prononcer mon nom. Je pousse un petit rire. Il me défie ? Vraiment. Pas besoin de relever la tête pour comprendre que tous, mon équipe comme la sienne attend ma réplique. Ma louve s’amuse beaucoup. Puisqu’il veut jouer, on va jouer.

Devant mes hommes et les siens, et surtout sans le quitter lui du regard je retire ma veste puis fais mine de retirer mon débardeur. Mais alors que je remonte déjà au niveau de la poitrine, je fais mine de réfléchir un instant et d’avoir une idée de génie. Je rabaisse mon haut, mais agite ma baguette autour de moi.

« Impervius ! Tu as raison, mon loup, je n’aime pas me mouiller. »

Hey, ce petit surnom pourrait être un simple écho à son… surnom ? Nom ? Quant à l’idée de descendre en rappel grâce à « son » chemin… Non, sans façon. Et j’ai la solution. Un genou à terre, je tends ma baguette vers le contrebas, me servant de mon bras libre autant pour viser que pour m’équilibrer. J’ai repéré des pierres intéressantes, mais elles sont loin, et il va falloir profiter d’une courte fenêtre de tir, entre deux déferlantes. J’attends, je fais le vide, même si je sais qu’il est là, qu’il me regarde. Et je tire.

« Accio ! Leviosa ! »

Deux tirs rapides, coups sur coup, pour soulever une large pierre lourde et plate et la maintenir dans les airs, tout en la menant vers moi. Je maintiens le leviosa et grimpe dessus quand elle arrive à mes pieds. C’est stable. Et je fais descendre la pierre, qui me soutiens, jusqu’à la corniche. Ceci étant, si mon orgueil n’était pas en jeu, je n’aurai pas approché autant de l’eau. Le sort empêche l’eau de s’attarder sur moi, mais je ne suis tout de même pas rassurée. Je force mon cœur à ne pas devenir fou, mais je déteste vraiment ça. Une fois sur la corniche, je respire un grand coup avant de me tourner, avec un grand sourire, vers « Wolf ».

« En tout cas, merci pour le show, mo mac tíre*. Il était plaisant, mais on ne donne pas vraiment dans le spectaculaire. »

Un de mes hommes prend le relai avec la pierre et le leviosa. Je sens son loup, encore plus intensément que tout à l’heure. Peut-être à cause du Patronus. Je passe toutefois à côté de lui, non sans l’avoir dévoré ostensiblement du regard, lentement, et avec le sourire. Et oui, je sais tirer. Mais je veux bien faire un effort et emprunter le « chemin » tracé par les Aurors le long de la paroi. Heureusement que le sort me protège partiellement de l’eau, ça n’empêche que je déteste ça, que les flashs de cette horrible nuit me reviennent. C’est sa présence, dans mon dos, qui… me rassure ? Non, enfin, ce serait stupide. Non, sa présence me motive à avancer, parce que je ne peux pas faillir devant lui. Toutefois, à cause de la paroi humide et glissante, je ripe et manque de tomber. C’est Wolf qui me rattrape de son bras puissant. J’ancre mon regard dans le sien un instant. L’eau gomme les odeurs de femelles, toutes les odeurs, mais elle ne fait rien contre la chaleur de sa peau et l’éclat de son regard. Peut-être que si nous étions ailleurs, dans d’autres circonstances… Je me sépare de lui, je ne dois pas faire capoter la mission. Et je lance un Hominum revelio.

« Quatre. Un mage noir et trois sorciers je dirais. Mo mac tire, je suppose que tu nous protèges. Tu me donneras ton nom après. »

Je lui adresse un clin d’œil et en quelques secondes, je m’engouffre de l’autre côté du rideau d’eau, baguette en avant. Et grand bien m’en a pris. Trois sorciers m’attendent sur le pied de guerre.

« Expelliarmus ! » que j’hurle avant de rouler en me laissant tomber sur le côté pour trouver abri derrière une pierre.

Spoiler :
* mon loup (irlandais)



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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Amérique du Nord - Janvier 2020 - Chute du Niagara

Mes gars s'étaient même arrêtés pour admirer le spectacle. Elle ôta sa veste et un sourire grandissait sur mon visage. Bordel elle allait le faire, elle avait du culot devant toute une équipe masculine, j'aimais son audace, elle avait un certain cran... hein ?! Quoi ?! Nooon ! Bah non j'étais déçu maintenant. Elle faisait des manières. C'était quoi ? Le genre à pas vouloir se casser un ongle dans une mission ? Très peu pour moi. Non pas elle, pas une demi-louve par pitié, et l'honneur de notre race ?

Mon loup ? Haha, c'est ça moques-toi du prénom que m'a donné mon père. Bon je devais avouer que je ne le prenais pas pour nom d'usage. C'était trop voyeur. Et puis finalement, ça lui allait bien de m'appeler mon loup. Mais ça n’empêchait pas que j'étais frustré...

Cependant j'arquais un sourcil, elle faisait quoi un genou à terre ? Une prière ? Chérie, il n'y a qu'un seul Dieu ici et c'est moi. Je la voyais se concentrer et...viser. Je tournais ma tête en même temps que mes coéquipiers vers le contre bas. Joli. Pas mal, je devais l'avouer. Son tir était parfait. Précis. Mais elle pouvait attendre pour les félicitations, je n'avais pas eu mon petit rinçage d’œil en règle. Pourtant je ne la quittais pas des yeux quand elle arriva à mes côtés sur cette pierre. Elle était majestueuse, finalement l'honneur était sauf. Ça allait pour cette fois.

Je sentais son cœur pulsait, c'était moi qui lui faisait autant d'effet ? Finalement je n'arrivais pas à le déterminer. On jouait le même jeu. On avait pas tout à fait les mêmes cartes dans les mains elle et moi, mais on s'amusait tout autant. J'aimais son sourire, il était désarmant, heureusement que je ne portais pas ma baguette. De l'Irlandais ? Alors elle était Irlandaise ? Charmant. Je lui rendis son sourire. "Mais pour toi beauté, il y aura d'autre show." Elle passait devant moi et je murmurais assez fort à son oreille en me penchant vers elle. "Et tu en fera peut-être parti la prochaine fois..." Ses hommes la rejoignirent.

On avança prudemment sur le chemin ouvert par les miens. Je me plaçais derrière elle, pouvant admirer tout ce que je voulais. J'entendis son pied frottait contre la paroi et ratait sa prise. Dans un réflexe mon bras se tendit et ma main enserra son poignet avant qu'elle ne chute. Je la ramenais vers la roche. Je n'avais pas le cœur à sourire, parce que mon cœur s'était complètement emballé et j'étais à présent en train de savourer le soulagement de l'avoir rattrapé. Ses yeux me troublaient. On était plus en train de jouer, on avait une mission. Elle s'était ressaisie avant moi et lança un sort de révélation.

J'affirmais d'un mouvement de tête, sans pouvoir m’empêcher de sourire, voilà qu'elle recommençait. C'était plus fort qu'elle. Combien de femme loup avais-je vu s'affirmer devant moi ? Voyons voir ? Ah oui ! Aucune... Voilà, c'était bien ce que je me disais. Je n'en connaissais pas deux comme elle. Même Saoirse m'écoutait. Difficilement, mais elle m'écoutait. Un clin d’œil et la voilà qui disparaissait derrière la cascade ! Inconsciente ! Toutes les mêmes !

Je levais mes yeux au ciel avant d'entrer dans la grotte derrière elle. Son sort avait fait mouche et un mage était désarmé. Je lançais un accio pour récupérer sa baguette et relancer dans la foulé un pétrificus totalus. Un de mes collègues lança une corde qui s'enroula autour du sorcier pétrifié et il disparut de la grotte. Un de moins. Je bondis derrière elle alors qu'un sorcier riposta, pas content d'avoir perdu un copain. "Alors tu es Irlandaise ? Tu es sur Londres pour un moment ?" Je me penchais du rocher pour juger la situation et lançais un Protego à mon collègue qui faisait une offensive sur un sorcier. Un tireur était sur le point d'être touché quand Reagan intervint de derrière mon épaule pour le sauver.

Il y avait de plus en plus de sorts et ils ricochaient contre la roche. Alors qu'un éclair frappa la paroi au dessus de nous, je la tirais contre moi une main au dessus de nos têtes et un bouclier transparent nous protégea des éboulis de pierre. Je peinais à décrocher mon regard du sien. Alors que le temps semblait suspendu, le rocher qui nous tenait à couvert explosa et j'eus à peine le temps de barrer son corps avec le mien, recevant les éclats de pierre sur mon dos. "Ok j'en ai marre ! J'aime pas les grottes ! Viens avec moi..." Sans lui demandait son autorisation, je saisissais sa main pour l’entraîner avec moi dans un autre lieu.

Je hurlais "Passage !" Et mes collègues se décalèrent pendant que mon Patronus débarqua illuminant la caverne et ouvrant le chemin vers le mage noir. Les deux sorciers seraient mis hors d'état de nuire avec les autres Tireurs et Aurors. On se retrouvait au fond de la grotte où le passage se faisait de plus en plus étroit. J'étais pas fan de ce peu d'espace, à vrai dire j'étais presque mal à l'aise, heureusement que mon loup nous éclairait. On s'arrêta face à un mur. Je relevais ma tête, il fallait grimper. Je posais un genou à terre comme elle tout à l'heure. Je redressais ma tête vers elle faisant un sourire ma tête légèrement penchée. "C'est la première et dernière fois que tu me grimperas dessus beauté, profites en !" J'avouais que le jeu de mot n'était pas vraiment fait exprès, enfin un peu quand même.

Elle ne tarda pas à s'exécuter et faire bien exprès de se faire lourde et de me piétiner. Elle n'avait même pas pitié de mes entailles des éclats de pierre. La fourbe ! Je donnais une impulsion et elle fit le saut de l'ange vers le haut de la grotte. Je grimpais à sa suite. Bordel il fallait être à quatre patte maintenant, c'était une blague ? Elle était agile et ça l'amusait. Forcément, c'était une petite souris, fine et souple. Elle se faufilait plus vite que moi. On arriva vers un espace plus grand. "Tu aimes les aubergines au whisky-pur-feu ? Je crois que c'est ce qu'on a dans les cantines ce soir, moi et mes hommes on va s'ouvrir des bieraubeurre après la mission, ça te dit de venir avec tes collègues ? Enfin s'ils sont pas trop amochés..." Oui j'étais toujours distrait en mission, j'étais le comique, le bavard, mais je fonctionnais comme ça, et puis quoi ? On avait quoi d'autre à faire là tout de suite à par avancer avec une telle proximité ? Et c'était aussi une demi-louve, elle avait l'ouïe et la vue que les communs des mortels n'avaient pas, un bruit ne nous échapperait pas.

Et d'ailleurs on s'avança encore quelques mètres avant d'entendre des paroles suspectes, des incantations. Ce qu'il y avait bien avec les gens de mon espèce, c'était qu'on était à pied d'égalité pour ça. On se regarda en même temps. Je hochais ma tête pour signifier que bien sûr j'avais entendu comme elle. On continua encore un peu accroupis avant de l’apercevoir, de là où on était il ne nous voyait pas, mais notre vue le perçait. Il était au bout de notre galerie, c'était un point pas plus gros que mon ongle. Il levait les mains en l'air, pointant sa baguette vers notre direction. Une lumière accompagna son sortilège d'Aguamenti. Ça gronda immédiatement dans la caverne, les murs autours de nous tremblèrent. J'entendis le cœur de Reagan s'accélérait. Il voulait noyer les galeries ! Putain le con !

L'eau pénétra le début de notre galerie dans un vrombissement effrayant. Il utilisait le débit des chutes du Niagara. Je lançais mon Patronus en arrière, prévenir les collègues du danger. On avait aucune chance contre un tel sort. Je réfléchissais en vitesse alors qu'on pouvait déjà sentir les premières gouttes d'eau se répercutaient des parois sur nos peaux. J'attrapais Reagan l'allongeant violemment au sol et me jetais sur elle. Je pris une grande inspiration et au moment où je m'allongeais sur elle, mettant une main de chaque côté de son corps, baissant ma tête sur son torse, une immense bulle nous protégea de l'eau qui se mit à glisser et ricocher sur nous pour s’engouffrer derrière et remplir les galeries.

Je relevais ma tête, plongeant mon regard dans le sien. Elle avait fermé les yeux et les ouvrait tout doucement. Je lui fis un sourire angélique. Ma respiration était rapide, je ne tiendrai pas longtemps ainsi, ma magie allait vite s'épuisait, entre le Patronus que je maintenais en message d'alerte et ce bouclier d'air qui nous entourait.

"C'est le moment de faire ton show beauté, dis-moi que tu as un angle de tir pour le désarmer...parce que sinon ça sera notre dernière représentation et c'est dommage car je t'ai pas encore dit mon prénom..."

Ma poitrine, collée à la sienne, se soulevait au même rythme, son cœur battait cependant plus vite que le mien. Si je ne devais pas me concentrer comme un dingue pour maintenir notre sécurité j'aurai pu apprécier cette proximité avec elle. Espérons que sa magie traversait l'eau. Elle était notre seule chance et ça m'étouffait de le dire. Elle allait encore s'en gargariser.


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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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Come on now, follow my lead
Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

Faire partie de son show ? Et puis quoi encore ? Il a une odeur de femelle sur lui, alors il pourra attendre pour son petit show privé. Pour le moment, même si je joue avec lui, je reste concentrée sur la mission. Je suis troublée, je ne peux le nier. J’ai rarement été en contact avec des demi-loups comme moi. Soit je vivais entourée de sorcier, comme avant mes quinze ans, soit avec des Loup-Garou. Alors c’est nouveau, lui, il est nouveau. Mais 1) il est pris et 2) on est en mission. Une mission que je me fais fort de réussir.

Je parviens à désarmer l’un des sorciers, mais esquive de justesse leurs tirs vengeurs. Le temps que je me rééquilibre, Wolf est déjà à mes côtés… à tailler une bavette. Il est sérieux ? C’est le moment, sous feu ennemi, de discuter ? Il est taré. Il m’amuse. Et en plus il a reconnu l’irlandais. Peu de gens savent le parler ou le reconnaitre.

« Je viens de Galway, oui », je me redresse pour tirer derrière son épaule, je ne veux pas de perte. « Ça fait presque un an que je suis ici, je crois que je vais rester un peu. »

Enfin ici, à Londres, par dans ce bourbier. J’évite un tir, en renvoie un en retour. Ma baguette danse, elle est une extension de ma main. Ce qui me surprend, du coup, de voir Wolf se débrouiller plutôt efficacement sans baguette. La magie, il la puise totalement en lui, c’est tout son corps qui fait catalyseur. C’est encore plus impressionnant quand on est sous le bouclier. Nous sommes proches, très proches, sous les tirs. Et pourtant, je ne regarde pas les baguettes et les sorts, c’est lui que je regarde. Lui et sa main qui semble produire intégralement le bouclier. C’est là que je me rends compte que la louve commet une erreur à ronronner sous la présence d’un autre loup. Parce qu’on ne voit pas arriver le coup. Je me mets en boule, protégée par Wolf. Pourquoi fait-il ça ? Pourquoi se prend-t-il les éclats de pierre pour moi ? Nous ne sommes pas de la même meute, ce n’est pas un comportement classique. D’autorité, il me prend la main et m’entraine dans sa suite.

Etrangement, j’aurais pensé que la louve alpha en moi aurait grogné et détesté ça. Il n’en est rien ? Elle accepte de le suivre sans faire la moindre difficulté. Je la sens qui s’agite quand il active son patronus, ce loup majestueux et glorieux. Je le suis, je m’engage dans l’étroit passage dégagé, sans peur. Sauf qu’on se retrouve bientôt coincé. Que… Qu’est-ce qu’il fait ? Normalement quand je relève la tête, il est là. Mais là… il faut que je baisse la tête et… si c’est une demande en mariage, ce n’est vraiment pas le moment ! Oh, je vois. Ok. Je pose mes mains sur ses épaules et me penche pour que mes lèvres arrivent à hauteur de son oreille.

« Je devrais te dire que si c’est un défi, je suis très douée pour les relever. »

Et je grimpe sur lui, littéralement, sans douceur. Le petit côté dominant de ma louve. Je me hisse dans l’étroit tunnel où on ne peut passer qu’à quatre pattes au début puis pliés en deux. Néanmoins, j’avance vite, l’encourageant de temps en temps à accélérer le mouvement. Mais lui, il a envie de parler. Depuis quand les mecs aiment parler ? Enfin si, ils font les beaux-parleurs pour obtenir ce qu’ils veulent mais là, s’il a une compagne, on sait qu’il ne se passera rien.

« Tu as peur de te retrouver seuls avec moi ? Mes collègues ne vont pas être amochés, rassure-toi, mais je m’inquiète pour les tiens. » Je me tourne vers lui, pour l’approcher à une distance peu… sécurisée. « Mais j’adore les aubergines au whisky. »

Un sourire et je lui tourne le dos pour reprendre notre cheminement… Jusqu’à ce que j’entende quelque chose qui ne me plait pas du tout. Je me tourne vers Wolf. Lui aussi il a entendu, évidemment. Encore quelques pas, pliés dans ce passage et on le voit, on l’entend, et je comprends immédiatement. Mon cœur s’emballe. Il veut nous noyer ? On ne peut pas faire demi-tour, et c’est trop étroit pour qu’on tente quoi que ce soit. Je déteste ça, je panique intérieurement. Je me souviens encore de la sensation de l’eau qui remplit les poumons, de la terreur quand on n’inspire plus la moindre bulle d’air, quand la vue se trouble.

Je reste pétrifiée quand  je vois l’eau, pétrifiée quand je la sens sur moi. Un simple impervius ne pourra rien contre ça. Je me sens plaquée au sol, le corps de Wolf sur le mien. Je ferme les yeux, m’arrête presque de respirer quand l’eau arrive sur nous et je m’accroche au demi-loup… Sauf que si j’entends le bruit assourdissant de l’eau, je ne la sens pas. Je sens mon cœur qui tambourine contre ma poitrine. Je sens sa chaleur. Mais pas l’eau. On est mort ? Ça a été rapide… J’ouvre un œil… puis un autre… Je le lâche subitement, réalisant ce que je fais. Tirer… il faut que je tire… sauf que ma main tremble. Si je n’arrive pas à me calmer, ça ne va pas le faire. Je garde mes yeux dans les siens et j’essaye de me concentrer sur sa respiration, rapide, mais profonde. Je perçois les battements de son cœur et je tente de caler le rythme du mien sur le sien.

« Ok, écarte-toi juste un peu. »

Sans trop séparer nos corps pour ne pas briser le sort de protection, je pivote pour me retrouver sur le ventre, mon dos contre son torse. Il faut que je puisse voir ma cible. Et elle est non seulement très loin mais en plus, c’est particulièrement galère de la voir avoir toute cette eau. Je brandis ma baguette mais je tremble. Bordel, c’est ridicule, l’eau va nous atteindre si je ne fais rien. Et ce sera de ma faute s’il meurt. Enfin, si on meurt. J’inspire.

« Dis-moi que c’est ta baguette contre mes fesses, sinon, on a un problème. Partis Temporus ! Stupefix ! »

Un premier sort pour simplement percer la protection que Wolf nous donne et je mets toute ma puissance dans le deuxième sort dans la même seconde où j’ai ouvert un très frêle passage dans l’eau. C’est rapide et de puissance différente, dur à gérer, mais… l’eau cesse son mouvement. On se redresse à toute vitesse et j’assure avec un incarcerem. Histoire que notre prise ne s’échappe pas. Je patauge dans la flotte, raison de plus pour aller super vite. Et à hauteur du Mage, nous pouvons enfin nous redresser.

“Je crois que c’est ton job là.»

Logiquement, c’est aux Aurors d’arrêter les mages noirs. Je n’ai pas d’accréditations pour cela.

« Tu sais que je suis persuadée que c’est un test ? »

De la part de nos supérieurs, j’entends. Il suffit de nous voir tous. Je suis certaine qu’on est tous de jeunes recrues. Mais un test pour quoi ? Pour en virer ? Pour constituer des équipes spéciales ? Et ces hommes, là, est-ce qu’ils sont en rapport avec les histoires sordides qu’on a pu lire dans les journaux.

« Glacius ! »

Quoi ? D’où il sort celui-là ? Nos équipes ont laissé filé un sorcier ? Il est déjà pris en chasse… Les parois du tunnel se glace, toutes l’eau se glace. Nous aussi on commence à geler. On aurait gelé, si nous étions des sorciers « classiques », mais notre température corporelle est plus haute que la normale, ce qui ralentit le processus. Même si putain, je sens mon sang qui veut se geler.

« FINITE ! »

Le gel disparait comme il est venu, mais nos peaux souffrent. Douloureusement, j’ôte une partie de mes vêtements, gardant tout de même ma brassière, pour venir me coller à lui.

« Ok, on ne rêve pas, c’est pas un show. Juste une minute. »

Juste le temps que nos chaleurs naturelles se répondent et se réveillent pour nous remettre à bonne température. La louve apprécie, mais elle déteste l’odeur de femme. La femme ne peut que prendre plaisir à ce contact, mais elle ne fait qu’un avec la louve. Tout séduisant qu’il est, il n’est pas seul. Et il y a cette petite voix dans ma tête, qui me rappelle que Liam ne tolèrera pas un autre Alpha dans les parages.

« Reagan Cavanaugh. Tireuse d’élite. Ravie de te rencontrer. »

Je relève la tête, et m’écarte doucement de lui.

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L'amour d'un père est plus haut que la montagne.
L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Amérique du Nord - Janvier 2020 - Chute du Niagara

C'était officiel, cette fille me rendait dingue. Elle affolait tout en moi, malgré cette odeur forte, c'était pas un demi-loup, c'était trop fort. Elle était peut-être une Insurgée, elle traînait peut-être avec avec des loup-garous, c'était peut-être l'explication ? Sinon j'étais pas dans la merde. Parce que peu importait l'odeur qu'elle avait sur elle, ça ne me faisait pas reculer, et je devrais ! Je le devais même, j'étais avec quelqu'un. Mais il n'y avait rien à faire. Je n'étais pas encore en train de trahir Victoire, mais...c'était l'instinct qui parlait, pas vraiment moi, pas vraiment l'homme et si il avait bien quelque chose que je laissais parler en moi c'était l'instinct, depuis que j'étais gosse. Et mon instinct était en sourdine avec ma blonde. Bordel c'était pas le moment de prendre conscience de ce genre de truc là, collé à une demi-louve aussi sexy que possible, qui se dandinait sous moi pour faire sa magie. Elle était tellement agile, elle était tellement mon opposée d'une certaine façon. Elle avait des manières, elle avait de la grâce, alors qu'elle était aussi brute que moi. On fonctionnait plutôt bien ensemble. Elle me fit rire, elle avait aussi de l'humour. Du répondant, de la niaque et de l'humour. Je souriais.

"Désolée beauté, tout le matériel est rangé pourtant..." Je fermais mes yeux me concentrant le plus possible, car elle allait briser ma bulle. Je sentis que je pouvais relâcher le Patronus, il avait fait son boulot làbas. Je récupérais assez d'énergie pour tout canaliser dans ce moment. Elle tira. Je relevais ma tête pour voir ça. Merde, c'était splendide, elle était splendide. Mon souffle chaud dans son cou. "Waoh ! Si j'étais pas aussi concentré, le matériel bougerait devant cet exploit !"

L'eau cessa son mouvement et on ne perdit pas de temps à se relever. Elle immobilisa la Mage, je me dirigeais vers lui, lui passant des liens magiques autour des poignets. J'assignais sa baguette et au cas où que ce petit seigneur des ténèbres était comme moi, je le pétrifiais et l'endormais. Il n'y a que ça de vraiment efficace pour la magie sans baguette. La pétrification était efficace, mais certains pouvaient par la force de la pensée et de sortilèges informulés briser l'enchantement.

"Un test ?" Je plissais mes yeux. Je n'avais jamais subis de test de la part de ma Direction, mais c'était vrai qu'en ce moment l'ère des créatures magiques étaient un peu...chamboulée. Mais non ce n'était pas possible. Mais elle venait de planter une graine de doute en moi. "Peu importe, on l'a réussi, semble-t-..." Un sort fusa dans la galerie. Et voilà, l'âge de glace ! Parfait quand on était en caleçon dans une grotte. Je hochais la tête, à deux doigts de taper dans mes mains, l'air de dire "chapeau les gars, bravo, on peut vous faire confiance" en voyant mes collègues courir après. Je grognais, ça allait chauffer pour eux. Vraiment. Ils étaient combien de l'autre côté ? 20 pour deux ? Et on était deux pour 1 ! Et je repensais à ce que disait Reagan, un test. Non...on a failli mourir là, dans cette galerie, personne ne voudrait notre mort ? On était l'élite du Ministère.

On lança en même temps un sort d'annulation, en parfaite symbiose. Bien que la glace disparaissait, le gel pénétra mes narines me ramena à cette réalité. Mes poils se hérissèrent, enfin ceux qui n'étaient pas collés et gelés à ma peau. Ça caillait sévère et elle se...elle se déshabillait devant moi ! Victoire je te jure que j'y suis pour rien... ma bouche s'entrouvrait, ma salive se glaça. J'ouvris pourtant mes bras pour la laisser venir se blottir contre moi. Sans aucune résistance. Merde, c'était complètement dingue. Mais c'était aussi une question de survie, je le savais, mais je ne pouvais pas penser qu'au côté professionnel et sécurité là tout de suite. J'étais tendu, raide, comme bloqué, mes bras le long de mon corps.

Si...si je rêvais, même qu'une minute. Je sentais sa chaleur m'envahir, merde, merde c'était trop étrange, c'était trop dérangeant, je devrais pas ressentir ça, je devrais pas apprécier ça. Je devrais pas refermer mes bras contre elle, et la serrer comme ça, comme j'étais en train de faire. Je devrais pas venir sentir ses cheveux qui frottaient contre mon nez, ni me dire que c'était bon, qu'elle sentait bon. Et je devrais encore moins me dire qu'elle ferait une compagne de choix et par excellence. Je devrais pas venir humer sa peau alors qu'elle était en brassière.

Je le sentais se dégager délicatement de moi, je serais rester là encore, un peu, juste une minute du plus, mais j'aurai fait une connerie. Putain Amadeus qu'est-ce que tu fais ? Je souriais, me donnant une consistance. Reagan Cavanaugh. Je hochais la tête, honoré. Je lui tendis une main pour la lui serrer fraternellement, mais lorsqu'elle me la tendit, je la tirais contre moi pour atteindre son oreille. "Finalement, je vais attendre avant de te donner mon prénom, j'aime bien mon loup ! Mais ravi aussi de te rencontrer beauté."

Je la relâchais quand les collègues débarquèrent. Ça brisa mon trouble en sa présence. Et je repensais à ce qu'elle m'avait dit, oui, d'une certaine manière j'avais maintenant peur de me retrouver seul avec elle, elle était dangereuse. Pour mon couple tout du moins. C'était pas comme si à chaque mission je faisais le point sur ma relation. Mon instinct de chef se mit en branle. J'interceptais Jon qui passait près de moi et bloqua son torse d'une main puissante. Je lui fourrais la baguette du mage noir dans les mains. "Tu t'occupes de le rapatrier. ET JE VEUX UN RAPPORT DANS 20 MINUTES A L'ORAL !" Hurlais-je à qui voulait l'entendre. L'écho était puissant et j'étais sûr que tout New York l'avait entendu. "J'veux qu'on m'explique comment une vingtaine de Tireurs et d'Auror laissent échapper un mec déjà maîtrisé en début de mission ?" Personne demanda son reste et ils vidèrent la galerie aux pas de course.

On quitta les galeries faisant le chemin inverse, sauf que cette fois ci, ils avaient creusé la roche pour agrandir le passage et qu'on n'ait plus besoin de ramper. Je sentais une certaine colère m'envahir, grandir en moi. Je regardais Reagan au milieu des siens, on se lançait quelques regards, je ne détournais jamais le mien, le pire c'était qu'elle non plus. Bon sang, cette énergie qu'elle avait à me défier. Était-elle avec un loup alpha pour se comporter de la sorte ? Et est-ce que j'aurai aimé qu'elle le fasse ? Qu'elle baisse ses sublimes yeux noirs quand elle croisait les miens ? C'était ça qui me foutait en colère, ça et cette mission. Elle était réussie mais elle avait déconné. On avait pas brillé.

En sortant de la grotte, oui, la presse parlerait d'honneur, mais dans la grotte, un truc avait merdé. Est-ce que c'était nous ? Reagan et moi ? On avait eu le mage noir pourtant. On avait aucun blessés dans l'équipe, quelques égratignures. Aucun mort, noyé, truc de cassé. Les sorciers et le mage avaient été arrêté vivants tous les quatre. Pourtant j'avais un goût d'inachevé.

En sortant on transplana tous vers le haut de la falaise. L'escorte de transplanage avec les prisonniers se pressait déjà vers le portolion pour le MACUSA et la prison sorcière s'y trouvant. Une soigneuse arriva vers moi avec ses cotons et ses fioles. Je levais mes yeux au ciel. Je la laissais faire parce que c'était son job et que je voulais pas m'énerver pour rien, pourtant je savais que si je jappais sur elle, elle baisserait l'échine et irait plus loin soigner des plaies, elle n'était pas comme Reagan. "Wolfgang il faudrait que vous pensiez à être moins bourrin la prochaine fois, il n'y a pas une seule mission où je ne vous panse pas." Je posais une main sur son épaule. "Allons Margot, si je ne me blesse pas un petit peu, vous ne pourriez plus admirer ce corps et surtout, vous n'auriez plus de boulot !" Elle éclatât de rire appuyant un coton sur une écorchure.

"Parkinson ! Cavanaugh ! Au rapport !" Je relevais mes yeux sur elle et m'avançait vers notre supérieur. J'attrapais mes vêtements d'un accio et me rhabillais en vitesse devant le boss. "Tout d’abord je tenais à vous dire que c'était de l'excellent boulot. Il parait que vous avez particulièrement brillé dans la grotte tous les deux. C'est un record, vous n'avez pas mis 2h à plier la mission. Parkinson, j'avais besoin de votre avis sur mademoiselle Cavanaugh, nous comptons ouvrir une Brigade spéciale. Une recrudescence de criminels et de mages noir sévis un peu partout dans les pays. Mais aussi...huum, quelques créatures magiques sortant un peu des sentiers battus si vous voyez ce que je veux dire ?!" Le chef paraissait gêné. Je croisais mes bras sur ma poitrine, plissant mes yeux. "Non, je ne vois pas, je ne suis pas sûr de comprendre..." Il hocha la tête, nous regardant à tour de rôle. "Au Ministère ils aimeraient ouvrir une cellule spéciale composée de deux agents particulièrement entraînés et complémentaire aux spécificités magiques particulières."

Je me reculais, alerté par ses propos. "Attendez attendez, vous êtes en train de dire que parce que je suis un demi-loup je vais être rencardé sur des missions différentes que mes collègues ? C'est quoi cette discrimination chef ? Y'a déjà un Département qui gère les créatures magiques et je n'en fais pas partit ! Je pensais que j'avais fait mes preuves en tant qu'Auror, je pensais que ce genre de conneries n'allaient pas couler sur le Ministère. Merde ! NON je refuse ! Cavanaugh est parfaite, c'est pas le soucis, c'est l'étique là !" Ma voix était caverneuse, on touchait à mon identité, ma nature et mon loup grondait sérieusement. Mais le chef ne bronchait pas, bien que ses yeux ne croisaient pas trop les miens.

"Attendez Clint... oh putain..." Je me passais une main dans mes cheveux, puis sur mon visage. "La Brigade est déjà en action c'est ça ? Tout est déjà joué d'avance !?" Je me tournais, le regard sévère vers Reagan. J'avais été piégé ! J'attrapais son bras. "Et tu étais au courant c'est ça ? Tu...tu t'es bien foutu de ma gueule !" Je relâchais son bras et me dégageais de leur présence. Un test, c'était bien elle qui avait parlé de test tout à l'heure ? Grrr !

Le chef m’entonna de revenir, mais je levais une main en l'air, faisant un doigt d'honneur, j'étais même pas sûr qu'il sache ce que ça voulait dire dans ce monde. Je mordais l'intérieur de ma joue et continuais d'avancer. Je les détestais tous. Putain comment j'avais pu croire qu'une magnifique collègue demi-louve débarquait subitement par hasard. "Je suis là depuis un an, gnagna." Mon cul, putain j'avais été trop con. Mais comment elle pouvait...se plier à eux, à ça... Elle donnait le contraire en action, elle avait pas l'air comme ça.

Je sentis sa présence. Je me retournais, barrant ma main devant pour ne pas qu'elle avance plus. "Stop, je veux pas entendre... J'aurai du flairer le truc depuis le début. Je pensais juste que...que t'étais différente !" Je lui tournais le dos et continuais mon chemin plus loin, longeant la falaise, venant m’asseoir sur un gros rocher. Je me retournais, putain elle était toujours là, avant qu'elle n'ouvre la bouche je répliquais "Et ton alpha est Ok avec ça ? Il tolère que tu t'écrases parce que t'es demi-louve ?"


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Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

Là, je fais une connerie. Je le sais, ça pue, ça crève les yeux à des kilomètres à la ronde. Et je ne suis même pas certaine que cette expression se dise. Il affole la louve, fait frémir la femme, et me tenir à, dans ses bras, c’est une très mauvaise idée. Et ce pour plusieurs raisons. Déjà, il n’est pas seul. Il a une compagne. Et on ne vole pas un alpha qui a déjà une compagne c’est… c’est comme ça, c’est un interdit gravé dans les gènes. Et pourtant, je suis là, à serrer cet homme dans mes bras alors qu’on est à moitié nu, tout en sachant l’effet qu’il me fait. De plus, on est en mission. Je n’ai jamais merdé en mission, je n’ai jamais joué à ce jeu avec un partenaire. Et pour couronner le tout, il y a fort à parier qu’il y aura un Alpha qui m’attendra sur le pied de guerre quand je rentrerai à Londres. Il déteste déjà sentir des odeurs de mâles sur moi, mais alors là, un demi-loup Alpha… Il va me tuer. Je ne suis peut-être plus sa compagne, mais je l’ai été, je suis certainement la Beta qu’il a choisie. Il garde encore un tel contrôle sur moi…

Et puis, j’ai été la compagne d’un Alpha, je sais à quel point c’est dur, je sais à quel point ça peut être violent. Est-ce que je pourrais encore me soumettre comme je me suis soumise à Liam ? Wolf est un Alpha, je devrais courber l’échine, et je ne suis pas encore prête à le faire. Pourtant je suis là, à sentir sa peau, à écouter sa respiration. A taire la louve qui le reconnait comme un compagnon plus que potentiel. Il faut que je me fasse violence, mais je parviens à me dégager de son étreinte, pour reprendre les règles de la société « humaine », car si le loup est instinctif et ne s’embarrasse pas forcément  de blabla ou de tergiversations, la femme a appris à vivre avec les règles. Je le salue alors, officiellement. Mais alors que je m’apprête à lui serrer la main, il m’attirer vers lui avec force. Je suis surprise, et la louve aime, de plus en plus, ce jeu dangereux. Elle grogne en sourdine au nom loup. Bien, mo mac tire, ainsi soit-il.

L’arrivée des autres me ramène à la réalité. Et lui à la sienne apparemment. Je le vois intercepter l’un de ses hommes. Mes poils se hérissent avant même qu’il parle. Il dégage une puissance et un charisme insupportable, une autorité naturelle. C’est ce qui m’avait plu chez Liam, entre autre, avant qu’il ne retourne tout cela contre moi. En temps normal, j’aurais gueulé moi aussi sur mon équipe. Déjà parce qu’ils ont merdé mais aussi pour le principe de ne pas paraitre sous l’autorité de Wolf. Sauf que cette fois, je ne le fait pas. Je me tiens simplement à ses côtés, les bras croisés, sans ciller de ma semi-nudité devant tous ces hommes. J’appuie les mots de l’Alpha d’un regard noir. On se remet en route une fois qu’ils ont tout dégagé. L’ambiance est pesante, pourtant, c’est un succès. Mais ça aurait pu mal tourner. Et moi, je m’en veux. Je m’en veux de l’avoir laissé aboyer contre ma meu…mon équipe sans broncher, comme si c’était naturel et normal. Je sens son regard, je le cherche aussi. Voilà que j’ai le droit au regard… sévère ? Dominant ? Je ne baisserai pas le regard, mo mac tire. Un seul a réussi cet exploit.

Une fois à l’extérieur, une fois qu’on a tous transplané au sommet de la falaise, tout semble trouver sa place. Des équipes de soigneurs arrivent. Je fais signe que je n’ai rien et entreprends de me rhabiller, tout en laissant mes oreilles trainer. Wolfgang alors ? Effectivement, je préfère mon loup. Ou mo mac tire. Je me surprends à sourire quand l’infirmière lui fait une remarque sur le fait qu’elle le soigne à chaque fois. Je lève les yeux au ciel quand j’entends un type m’appeler avec un autre gars, dont le nom me dit carrément quelque chose. Sauf que lorsque je tourne la tête…

Alors là, dans le genre, oui, je suis sur le cul. Parkinson ? Genre… Wolfgang Parkinson comme Saoirse Parkinson ? La stagiaire ? Je savais que c’était une demi-louve, évidemment, mais voilà donc l’odeur en arrière-plan que j’avais senti. Il n’est toutefois pas le moment de s’attarder là-dessus. J’écoute les compliments de cet homme, que je reconnais immédiatement comme notre supérieur. Mais si j’apprécie qu’on me passe la brosse la reluire, la suite en revanche ne me plait pas du tout. Besoin de son avis sur moi ? C’était moi qui étais… testée ? Je me sens offensée, et la suite ne fait qu’empirer cette sensation. Pourtant, il est question d’intégrer une Brigade Spéciale, ça sonne comme une promotion… sauf qu’il y a un problème, et la tension que je sens chez Wolfgang me le confirme. Des créatures magiques… mais… Stop, pause, il y a un problème. Parkinson met le doigt dessus. On fait appel à nous non pour notre valeur, mais parce que… parce qu’on est des créatures ? Et ils veulent qu’on en arrête spécifiquement ?

Il réagit encore plu mal que moi sur le coup. J’essaie de comprendre ce qui se passe. On ne pourra plus faire équipe avec les autres ? On va être relégués au contrôle des créatures ? Avant que je puisse comprendre ce qui se passe, il m’attrape violemment le ras et cette fois ça ne pait ni à la louve qui grogne en moi, ni à la femme qui lui jette un regard noir. Putain mais… mais pour qui il me prend ce taré ? Il a ses règles ou quoi ?!

« Je te conseille de me lâcher ! », que je grogne férocement. Si férocement que son chef n’ose pas intervenir. Et en pus il se barre ! Mais grand bien lui fasse ! Qu’il se casse ce taré d’Alpha ! Qu’est-ce qu’il a à jouer sa diva ?! Lui, on ne l’a même pas testé pour cette connerie, c’est bien moi qu’on jugeait, alors que j’ai fait mes preuves ! S’il y en a une qui peut légitimement se barrer, c’est moi. D’ailleurs, c’est ce que je fais, dans le sens opposé au sien.

Hey, mais non ! Non ! Je ne peux pas le laisser se barrer après m’avoir parlé comme il l’a fait. Hors de question. Je repasse devant son chef qui tente de m’intercepter. A mon tour, je lui adresse un doigt. Je ne sais pas lequel, j’ai pas compris son délire. Mais j’m’en fous. J’m’apprête à lui dire ses quatre vérités à ce con quand il me bloque. Quoi, il ose me bloquer ? Alors là, la louve n’aime plus ça du tout, et elle s’agite de plus en plus mais pour lui faire comprendre qui décide ici. Et certainement pas lui. Il n’est pas mon Alpha que je sache. J’enrage et je sers les poings quand il me tourne le dos. Merlin, Reagan, laisse le ! C’est une tête de mule et c’est mieux si tu ne le revois jamais.

Cette fois, la louve écrase tout sur son passage. Je fonds sur lui, pour plaquer mes mains contre ses épaules, son torse et le pousser, frapper, une, deux, trois fois. N’importe quel sorcier serait tombé à la renverse, mais pas lui, il bouge à peine.

« Je m’écrase pas, ok ! Je m’écrase déjà pas devant mon Alpha, alors j’vais ne certainement pas m’écraser devant ces types ou devant toi ! »

Là, il a touché non seulement mon honneur de louve mais aussi celui de Liam, et bien que notre relation soit pour le moins compliquée, il reste celui qui nous a réintégrées, ma mère et moi, dans une meute, et qui nous a protégés autant que faire se peut. Je ne sais pas ce qu’il croit en disant «ton » Alpha, peut-être imagine-t-il que je suis à la tête d’une meute avec un compagnon… j’m’en fou de ce qu’il croit, je suis furieuse.

« Et mon Alpha ne gère pas ma vie en dehors de la meute. Moi aussi j’pourrais dire que j’ai eu l’impression que t’étais différent, mais t’es rien qu’un Alpha aussi primaire que les autres, qui ne laisse aucune chance à personne. J’suis forcément coupable pour quoi au juste hein ? Juste parce que je ne suis pas de ta meute ? Mon Alpha au moins a eu plus d’intelligence. »

Ouais, je sais, comparer deux Alphas, ce n’est pas la meilleure chose à faire. Mais bon, comme je l’ai dit, je suis en colère. Et je ne sais même pas pourquoi ça me fout en rogne qu’il pense ça de moi.

« C’est moi qu’on a jugée ! Toute cette… mascarade, c’était pour moi. On a mis la vie de nos équipes en danger pour avoir TON avis sur MOI. Ça fait un an que je fais mes preuves au quotidien et je suis encore jugée. Alors que je suis aussi douée que n’importe qui, peut-être même aussi douée que toi. Et ça va ! Pas la peine de me faire un laïus sur ta capacité à faire un Patronus ! On veut de moi juste parce que je suis une demi-louve et toi… Toi tu oses dire que je m’écrase à cause d’un homme ou de ma nature ? Mais va te faire foutre, Parkinson ! Retourne donc auprès de ta compagne. »

La Louve jappe presque ces derniers mots. Putain. Ça aurait pu être drôle de bosser avec lui. Ce con a tout gâché. Je me passe une main dans les cheveux. Ça aurait dû être mon grand moment, j’aurais dû avoir une vraie promotion, méritée, due à ma magie. Tu parles. Je déteste ça et Liam va détester l’idée d’une séparation. Il a connu ça, cette sorte de ségrégation, il va devenir dingue. Qu’il aille se faire foutre ce Wolf. Je le contourne, j’crois qu’on n’a plus rien à se dire.

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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Amérique du Nord - Janvier 2020 - Chute du Niagara

Mais c'était qu'elle me cognait en plus ! Je serrais mes poings, rongeant ma colère, faisant taire mon loup et à vrai dire je n'avais pas trop de mal à le canaliser. J'cognerai pas une femme, une louve, j'cognerai pas sur elle. Jamais. Même si elle me mettait hors de moi. Je jetais un regard au dessus de son épaule, un petit attroupement s'était fait autour du "camp", et ils nous regardaient tous. Les siens, les miens. Le chef. Ils n'entendaient rien, quoi qu'elle gueulait bien fort, mais ils voyaient.

Alors elle avait bien un Alpha. Là je me raidissais. C'était chose officielle donc. Mais que lui avait fait son Alpha pour qu'elle en soit aussi détachée ? Presque...rancunière. OK madame était indépendante, mais quel genre d'Alpha voulait des compagnes aussi indépendante ? Est-ce que je voulais qu'elle s'écrase devant moi ? Est-ce que...pfff...voilà où il était le problème dans la mission. Y'avait pas que les professionnels qui bossaient, y'avait aussi nos loups, et ils avaient été de la partie, trop... Ils avaient interféré. Je n'aurai eut aucun soucis d'autorité si elle n'avait pas été une louve, je...

J'ouvris ma bouche. T'aventures pas sur ce terrain beauté, ne te... Grrr. Son Alpha était plus intelligent que moi, voyez-vous ça ! Elle ne me connaissait même pas ! Genre j'étais celui des deuxièmes chances, tout le temps. Tellement que j'avais repris une compagne qui m'avait fait un gosse dans le dos. Ses paroles étaient tout aussi cruelles qu'un coup de poignard. Ma mâchoire se crispait, mes phalanges craquaient contre la paume de ma main. Je grondais. Je grondais parce que je laissais aller mon loup devant cette insulte. Sans qu'il soit là, elle me défiait avec son Alpha de mes couilles. J'en avais rien à foutre de sa gueule de loup. Si je la voulais, je pouvais l'avoir... Là. Elle croyait qu'elle était à lui ? Mais je sentais l'inverse ! Cette colère envers moi, c'était parce qu'elle voulait sortir de son emprise. Oh je le savais, j'avais une sœur que j'écrasais. Je savais cette colère, je la reconnaissais ! "Il ne gère pas ma vie en dehors de la meute", c'était bien ce que voulait Saoirse. Quand je n'étais pas là, elle faisait sa vie, ne voulait pas me rendre des comptes.

Je souriais malgré moi. Vas y chérie, gueule sur moi, frappe moi encore si tu veux, j'ai pas peur de toi, de te dompter, parce que si je voulais, j'me battrais pour toi, contre ton Alpha, j'te sortirai de son emprise, je te ferai mienne, je te montrerai ce que s'était qu'une deuxième chance.

Merde fait chier ! Avoir de telles pensées ! J'la détestais de me faire réfléchir de la sorte, de faire ressortir autant mon loup, primaire comme elle disait. Je passais une main sur mon visage et j'écoutais la suite, l'air grave. Bon, elle marquait un point. S'il y avait bien eu un test, elle n'était visiblement pas au courant et effectivement, ce test avait l'air pour elle. Mais pas tellement. On avait été testé tous les deux. Je regardais de nouveau derrière elle. Ils étaient toujours tous rivés sur nous. J'avais envie de leur balancer une Beuglante pour qu'ils se remettent à ranger le camp.

Alors c'était ça ? Madame était jalouse ? Elle piquait sa crise parce qu'elle avait senti Victoire ? C'était là le "vrai" fond du problème. Mettez un Alpha déjà pris avec une potentielle femme Alpha sous le gourou d'un autre Alpha et ça faisait forcément des étincelles. OK ! OK j'avais saisis. On était deux personnes inaccessibles, pourtant on était totalement compatible, et nos loups ça ils le voyaient. Mais on était pas que loup, ça aurait été plus clair, plus simple, on était aussi humain. Et cette partie là était vachement coriace comparée à la sauvagerie de nos bêtes.

Je fis quelques pas rapides, repassant devant elle, j'attrapais avec force le haut de ses épaules et je transplanais. Merde j'en avais marre de ces regards sur nous. Je nous avais matérialisé dans la grotte. Derrière la cascade d'eau qui nous cacherait des regards des collègues et des oreilles indiscrètes. Je la plaquais contre une paroi, la plus lisse. Ma poitrine se soulevait, mon regard se planta sur elle, si j'avais pas l'image de Victoire en tête, je l'aurai probablement embrassé, j'l'aurai probablement... Je la relâchais ayant des idées peu catholique en tête.

Toute cette cohorte, cette dispute, sa animosité, animalité... au fond, j'allais pas me le cacher, ça m’excitait, elle m’excitait, moi, mon loup. Son répondant, sa manière de s'affirmer. Ses yeux, sa peau, son cul. Tout ! Et j'la maudissais pour ça. Ses lèvres... Je baissais le regard. Bordel ! Juste une fois, je baissais mes yeux devant elle. Par respect, par honneur, par désarmement, par je ne savais pas quelle autre merde de règlement de meute. Je relevais des yeux plus puissants sur elle.

"J'irai pas me faire foutre ! C'est pas que toi d'accord ? On a été testé tous les deux !" Je levais un bras montrant du doigt le derrière de la cascade. "Tous ils attendent un truc de nous. Une réponse, j'en sais rien. Mais ça doit bien les amuser !" Je secouais ma tête. "Et si c'était ça le test Reagan ?!" Je me rapprochais d'elle, comme si son odeur était irrésistible. "Et si il était maintenant ce putain de test ?!? Je ne le sens pas. J'crois que c'est toi et moi contre eux ! Pas toi contre moi." Je regardais vers le rideau d'eau. "Et si ils veulent ça...une mutinerie ? Nous tester. Tu serai jamais partie de ta meute, ta compagnie ! Je me trompe ? Si t'es comme moi, je ne me trompe pas !" Je reculais, faisant les cents pas dans la première partie de la grotte.

"Si on se divise maintenant, ils auront gagné. Je sais pas ce qui se trame. Ce que veut dire cette Brigade Spéciale. Mais t'es ma meute maintenant Reagan. Je suis sûr que des putains de papiers le disent à l'heure actuelle sur un bureau au Ministère. Soit...soit on démissionne. Soit on est une meute à présent ! Collègue, partenaire, appelle ça comme tu veux." Je pliais mon dos, posant mes mains sur mes genou, comme si j'avais reçu un coup de poing en plein ventre. Ils l'avaient bien joué ! Ils avaient monté leur coup. Tu parles d'une mission en Amérique où ils voulaient voir les meilleurs. Tout était organisé, manigancé à l'avance. Notre rencontre.

"Ils se foutent de notre gueule, ils doivent rêver qu'on s’entretue comme des bêtes sauvages. On devient un problème, c'est...ces histoires de liberté de créature. On est des Agent du Ministère, ils peuvent pas nous endormir et nous jeter dans un coin. Ils attendent qu'on se règle notre compte pour plus avoir de problème." Je soufflais un coup, mon corps était en train de trembler. J'en revenais pas. Mon argumentation tenait. Saoirse en saurait peut-être un peu plus avec les Insurgés ? Je me redressais et croisais son regard. Je secouais ma tête.

"Qu'est-ce qu'il a bien pu te faire ton Alpha pour que tu m'invectives de la sorte ?" Ça l'agaçait hein, que je parle de lui. Oh oui je le voyais. J'allais vers elle, essayant de poser une main sur sa joue, mais elle se débattait. Elle ne voulait pas que je l'approche. Je contrais ses coups avec mes avant bras et j'attrapais pourtant une nouvelle fois son poignet qui tentait de ma repousser, et je la rapprochais encore de moi, posant une main sur sa joue, exactement là où JE voulais qu'elle soit.

"Il était où dis-moi, quand j'ai retenu des trombes d'eau sur sa compagne dans une grotte remplie de mauvais sorciers ?" Mon cœur battait la chamade. Je jouais avec le feu, mais c'était trop tard. Ce jeu, il fallait le terminer, d'une manière où d'une autre. "Est-ce que tu pourra supporter être à mes côtés pour les missions qu'ils ont prévu pour nous ? Est-ce que tu tolérera que je fasse de l'ombre à ton cher Alpha... Parce que je vais lui en faire Reagan et on le sait tous les deux..."

Je la relâchais, j'aurai pu l'embrasser, parce qu'elle était aussi en train de faire de l'ombre à Victoire. Malgré moi, malgré nous. Cavanaugh devait rester une collègue, une partenaire de mission. On devait rester ensemble, et découvrir ce qu'ils mijotaient. Sois proche de tes amis et encore plus de tes ennemis.

Je lui tendis une main. "Amadeus Wolfgang Parkinson. Auror. Chieur. Alpha primaire. Ravie de te rencontrer" Je lui fis un sourire enjoué.


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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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Come on now, follow my lead
Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

J’en ai marre ! Pourquoi faut-il que les alphas soient tous des… des…des êtres aussi agaçants, énervants et tout ce qu’on veut ?! C’est dans des cas comme ça que je regrette presque de vivre en meute. Si je n’avais pas de meute, je n’aurais pas d’Alpha, ce serait beaucoup plus simple ! Pas de compagnon, mais surtout pas d’alpha qui joue au dominant et qui pense tout savoir mieux que tout le monde. Et lui là… lui, je plains sa meute ! D’ailleurs il a combien de loup sous ses ordres, hein ? J’ai eu toute une meute lorsque j’étais l’alpha. Est-ce qu’il peut en dire autant ? Ces hommes-là, qui nous regardent, ça ne compte pas, ce n’est pas une vraie meute. Je me fous qu’ils nous regardent, j’y suis habituée. J’ai vu plusieurs loups contester l’autorité de Liam, et ces cas se règles en combat devant les loups, devant témoins. Moi-même quand je me suis battue avec lui, ce n’était pas en secret, mais bien dans un cercle. Alors ils peuvent bien nous regarder, j’m’en contrefiche.

J’en veux juste énormément à la louve en moi. Elle l’a reconnue, immédiatement, alors que c’est un con ! Un con qui a déjà une compagne qui plus est. D’où elle merde comme ça ? Elle ne se trompe pas normalement. Là, elle s’est bien plantée. Y a plus qu’une chose à faire : se séparer. On sera bien mieux chacun de notre côté.  Hélas, c’est sans compter sur sa maudite personnalité à la con. Comme s’il estimait qu’il avait tout pouvoir sur moi, il se permet de m’attraper pour qu’on transplane. Avant même que je comprenne que nous avons atterri dans la grotte, je me sens écrasée, son corps compressant le mien contre la paroi.

Je suis en colère ! Mais la louve a d’autres envies. Et là pour le coup, une envie primale, primaire, bestiale. Et qui serait une connerie monumentale, ça, l’humaine le sait. Il se recule. La tension est plus que palpable entre nous. Nos loups se veulent, je pense qu’on ne peut pas du tout le nier, ça crève les yeux, et ça fait mal. Mais nos loups savent aussi que c’est impossible. J’appartiens à une meute. Même si je ne suis plus la compagne de Liam, je suis tout de même un membre de sa meute. Et il ne me laissera jamais approcher d’un alpha. Un potentiel bêta, il pourrait faire un effort, mais pas un Alpha. Et lui, il a une compagne. Fin de l’histoire.

Il baisse les yeux, ça me surprend, ça me calme aussi. Puis son regard, encore. Un test pour nous deux ensemble ? Pourquoi est-ce que nos supérieurs feraient ça ? Pourquoi nous tester à deux ? Je ne comprends rien à ce qu’il évoque. Non, je ne serais jamais partie de ma meute, mais… où veut-il en venir au juste ? Je loupe une respiration quand il dit que je suis sa meute. Est-ce qu’il a seulement une meute ? Est-ce qu’il sait ce que cela implique réellement ? Je ne peux pas faire partie de deux meutes, ce n’est pas comme ça que ça marche. Sauf qu’on a décidé pour nous en réalité. Nos loups se sont choisis, et pour l’instant, nos têtes les freinent, mais le ministère veut en plus nous coller ensemble. Mais pourquoi ? Qu’est-ce que ça peut leur faire ?

Alors c’est ça notre choix : démissionner, alors que j’adore mon boulot et que ça donnerait juste à Liam l’occasion de raffermir son autorité sur moi, ou accepter que Wolfgang soit mon partenaire. Mais je sens que ça va être compliqué cette histoire. Surtout s’il donne de l’eau au moulin de mon alpha. Lui aussi il est persuadé que les créatures sont en danger ? Ils veulent nous pousser dehors ? C’est insensé…

« Mais… la loi… la loi nous donne autant de droits… »

Peut-être pour l’instant seulement, c’est ça ? On nous met au placard. C’est de la folie. Ils nous auraient mis ensemble pour qu’on se comporte comme des animaux ? Comme on est en train de se comporter d’ailleurs. Je relève mes yeux sur lui, le foudroyant. Si moi aussi je pratiquais la magie sans baguette, il serait… humilié présentement.

« Qu’est-ce que ça peut t’faire ? »

Ce qu’il y a eu, ce qu’il y a entre Liam et moi ne regarde que Liam et moi. Il n’a pas à savoir. Il n’a pas à savoir que l’alpha que je suis ne s’est jamais trouvé compatible avec l’alpha qu’est Liam. Il n’a pas à savoir que j’ai voulu le destituer et que je l’ai payé, qu’il m’a marqué, pour me rappeler qu’il est le dominant et que je lui dois tout. Merlin ! Mais qu’est-ce qu’il me veut lui ! Ah non hein, qu’il n’essaie pas de jouer au dominant avec moi !

« Arrête ça ! »

Je me débats, je ne veux pas qu’il me touche, c’est bon ! Il m’a énervée. Sauf que je me sens comme des années plus tôt. Je ne peux presque rien contre lui et je me retrouve collée contre lui, les yeux rivés dans les siens. Je ne suis pas sa compagne ! J’ai envie de hurler, de le crier. Je ne suis pas la compagne de mon alpha. Je l’ai été, je ne le suis plus ! C’est fini ça, je me suis libérée de ça. Pourtant je ne dis rien. Je ne sais pas pourquoi, je ne dis rien. Parce que ça me donne quand même une… petite protection ? Un loup ne touche pas à la compagne d’un alpha, c’est… comme ça, non ? Peut-être pas apparemment. Je me sens totalement sous son emprise, sa main sur ma joue, la pression de son corps. Mon cœur bat un peu trop vite… C’est vrai que… J’ai peut-être tendance à oublier Liam quand il est dans les parages. Mais… je ne suis pas la compagne de Liam, je peux avoir du désir pour un autre, mais je ne devrais pas ressentir son emprise, je ne devrais pas le suivre, être… mentalement attirée. Il fait de l’ombre à Liam, il en fait déjà. La raison me dit de me barrer, de ne pas accepter, de démissionner. Liam va devenir fou avec l’odeur de Wolfgang. Et moi, je vais devenir folle : le désirer, le détester, le dominer, le suivre, tout en sachant que rien ne sera possible… c’est…

« Et toi ? Est-ce que tu es prêt à m’avoir dans ta meute ? A expliquer à ta compagne pourquoi tu as mon odeur sur toi ? », je me suis rapprochée de lui en disant cela, ma poitrine frôlant son torse, provocatrice.

Et Je me sens piégée comme jamais. Pire que lorsque je me suis rebellée. On veut nous sortir des rangs. Ils attendent qu’on abandonne de nous-même ou qu’on se batte, ce qui accréditerai l’idée qu’on ne peut se fier à nous. Nos loups veulent être ensemble, ils ne le seront que comme… partenaires de missions. Je saisis sa main, baissant une seconde mon regard.

« Si on fait partie de la même meute, il faudra être honnête et que tu m’expliques ce que tu sais de ces histoires. Mais ne t’avise plus de me donner des ordres ou de me toucher si je t’ai dit non, ou je te jure que ton patronus ne suffira pas à te protéger. »

Et sa compagne, à lui, on en parle de sa compagne ? Depuis quand les alphas sont-ils potentiellement infidèles ? A moins qu’elle ne soit pas une alpha et pas réellement sa compagne ? D’un geste sûr et rapide, je nous fais transplaner, devant le supérieur.

« On accepte. On avait juste besoin de débriefer la mission. Il était énervé parce que je lui ai collé la raclée de sa vie tout à l'heure. »

Je sens qu’il se tend. Il n’aime pas courber l’échine. Mon pied vient se coller au sien, pour le calmer. On ne courbe l’échine qu’en apparence. Son chef semble soulagé. Je n’arrive pas à savoir s’il est juste rassuré qu’on ait arrêté notre scandale ou s’il nous aime bien et se dit qu’on a fait le bon choix.

« Les aurors nous invitent à diner, messieurs ! Parkinson paie sa tournée de biéraubeurre ! »

Je souris à Amadeus – je trouve que cela lui va mieux que Wolf -, il veut une coéquipière ? Qu’il assume donc. Ça risque d’être mon dernier repas en plus, vu que ce qui m’attend quand je ferai face à Liam… autant en profiter. Les hommes commencent à se répartir autour du Portoloin et les premiers départs se font.

« Encore une chose, mo mac tire. Je connais ta … sœur ? Saoirse, elle fait des stages avec nous parfois. Si ta théorie est juste, elle va très vite être concernée. Tu devrais la prévenir. C’est une louve qui fait honneur à notre nature. »

Un pas après l’autre, on se rapproche du Portoloin.

« Tu diriges une grande meute ? »

La mienne a été tellement amputée, alors que nous étions si puissants… je n’arrive pas à me faire une idée de celle de Parkinson.


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Wolfgang Amadeus Parkinson
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Amérique du Nord - Janvier 2020 - Chute du Niagara

Je penchais ma tête sur le côté quand elle s'approcha de moi, le comportement corporel remplit de provocation et de défis. Mais elle n'avait pas comprit, pas comprit que je l'avais protégé outre mesure dans cette grotte. Que sans même la connaître, mon loup l'avait reconnu. Et ça faisait mal, plus que de recevoir de la roche enfoncée dans la peau, plus que de devoir tenir un sort aussi puissant pour nous empêcher de nous noyer. Plus que de résister à ce désir brûlant entre nous. Et j'avouais, ce que je n'aurai probablement jamais du avouer devant elle. "Elle n'est pas comme nous."

J'avalais ma salive, je venais d'avouer que Victoire ne pourra pas la sentir, elle ne pourra pas se sentir en danger avec Reagan. Et je venais d'avouer, aussi à moi même, que je serai le seul à lutter contre ça, contre notre rencontre, contre le comportement et l'envie de nos deux loups. Parce que Victoire ne pourrait pas savoir, elle ne pourra pas maîtriser et appuyer son territoire. Elle n'était pas comme nous. Elle était dénuée du sens de la meute, d'un chef, d'un alpha. Elle n'aura pas peur pour sa place, parce que si je ne disais rien, elle n'en saurait rien. Alors que son alpha à elle, il allait devenir dingue. Donc je ne savais pas qui avait un avantage sur l'autre à présent.

Elle attrapa ma main. Je me mis à sourire. Allons Reagan, ne pas te toucher ? Mais on ne tiendrait pas 1h sans se toucher. C'était l’essence même de notre nature, tout se faisait par les regards, les silences et le toucher. Je hochais la tête tout de même, pour être honnête, pour lui dire tout ce que je savais, et puis ne pas la toucher si elle disait non, ne pas lui donner d'ordre, pfiou, je manquais de m'étouffer. Ok, Ok, cependant... "J'ai hâte de voir ça...de ce que tu pourrai me faire si j'oublie...j'ai vraiment hâte..." Parce qu'on était d'accord, y'aurait des manquements à ces règles... Et comme pour répondre à ma question, elle me happa dans un transplanage.

On se retrouva devant le chef, non mais elle était SÉRIEUSE ?! Mon loup la gronda, mes yeux appuyèrent le sentiment intérieur, je me tendis. Une raclée ?! Est-ce qu'elle...et je sentis son pied contre le mien. Je baissais les armes. Voilà ce dont je parlais, y'avait pas 2 secondes qu'on ne s'était pas touché. Et bizarrement, je comprenais son message. Elle faisait ça pour nous, pour rester crédible, pour nous protéger. Je la regardais elle, parler, agir, je ne regardais pas mon chef, car j'aurai bien eu envie de lui envoyer mon poing dans sa gueule de satisfait.

On savait à présent tous les deux, elle et moi. On était complice de toute cette mascarade, on allait devenir collègue quasi exclusif, mais on allait briller, on allait garder notre place, notre honneur et on reviendrait sur les devants de la scène, à deux. Je n'étais plus sans elle, ça ne se fera plus sans elle. Merde... ça allait être tendu cette histoire. Je revenais à la raison quand elle annonça à ses coéquipiers que j'offrais la tournée de ce soir. Je me fendis d'un sourire en réponse au sien. Reagan... Dans quoi est-ce qu'on était en train de s'embarquer ?

Je regardais les Aurors et Tireurs commençaient à rentrer au Ministère. J'aimais ce petit surnom. Je souriais. Puis mon sourire se fendit de surprise. Elle connaissait Sai' ? Mes yeux s'ouvrirent rond. J'étais à la fois touché par son compliment à l'égard de ma sœur et en même temps... l'idée qu'elle connaisse ma chair et mon sang. J'aurai du y penser, vu les études de ma sœur, mais... Ma mâchoire se serra. L'idée qu'on touche à ma petite sœur, que d'une manière ou d'une autre on puisse lui faire du mal, personne ne m'avait encore vu en colère... Je la remerciais du regard, un regard inquiet, tendu, trop protecteur pour son bien.

On avança lentement, comme si on voulait faire durer ce moment, ces instants. Comme si ici, rien ne pouvait nous atteindre, alors qu'à Londres... Je la regardais deux secondes, réfléchissant. "Je suis Auror Reagan, ma meute comprend à peu près 3 200 sorciers sur le sol Britanique." Je savais qu'elle ne parlait pas vraiment de ça. Mais depuis que j'étais Auror, le sens de la famille s'était agrandit, et j'avais des milliers de gens sous ma responsabilité, sous ma sécurité. C'était mon boulot et je le prenais très à cœur. C'était tout ce que j'avais depuis quelque temps. C'était eux qui me faisaient me lever chaque matin pour donner le meilleur de moi même.

"Mais si tu parles de ma vrai meute... C'est compliqué..." Je passais une main sur ma bouche. On était arrivé devant le Portoloin. On était les derniers, il fallait donc le récupérer et le ramener au bureau. J'étais pas vraiment sûr de vouloir partager ça avec elle. Pas sûr de vouloir dire la vérité. Ma meute s'était amenuisée, je n'étais pas le chef d'un groupe en dehors de mes missions au Ministère. Ma meute avait été renié il y a bien des années par ce qu'était mon père. Un loup, et j'avais la sensation aujourd'hui que de nouveau, on me mettait à l'écart. J'en disais un peu plus tout de même "J'ai Saoirse, elle est tout ce qu'il me reste de vraiment sûr et fiable. Après...c'est compliqué." Je détournais mon regard. Qu'elle ne s'attende pas à ce que je parle de Victoire, de David.

J'étais quelqu'un d'isolé. De base, ma famille de sang pur avait été renié parce que mon père était un loup. Ma mère était morte. J'avais mis ma vie entre parenthèse, j'avais tout donné pour être Auror et pour jouir de ce sentiment de meute auprès mes coéquipiers, de la population sorcière. Pour briller comme un alpha. Je n'avais pas vécu dans les bois, en dehors des moments de recueils et de replis chez Sko en Papouasie. Je n'avais jamais quitté ma sœur, ma famille. Je n'étais pas capable de trouver une compagne à la carrure d'un leader comme moi. Pour briller avec moi. Pour me supporter, moi et mes envies, mes instincts. Ma force, ma puissance, mon loup.

Toutes les femmes que j'avais entrepris d'aimer m'avait lâché. Bordel que c'était ridicule. Le problème venait certainement de moi, c'était ce que j'avais fini par comprendre. C'était sans doute pour ça que je ne réagissais pas pour Victoire, que je me laissais dresser. Parce que, peut-être que l'amour c'était pas trop fait pour moi ? J'étais même pas capable de prendre soin des cauchemars d'une femme...

C'était dur d'avouer ça devant une femme comme elle. Une femme qui était lié à un alpha. Forte, distinguée. Meneuse. Et là, je montrais une faiblesse, je montrais une faille dans ma chefferie, je montrais que j'étais incomplet, même si j'avais une compagne. Mais tant pis, elle voulait que je reste honnête avec elle. Je lui tendis une main pour le dernier transplanage en rigueur. Je devais tenir le Portoloin pour le ramener avec nous. On resta là, deux secondes, peut-être dix, peut-être plus à se regarder avant d'agir. Et je sentis ses doigts entre les miens. J'avalais ma salive. "Nous contre eux." Je soufflais avant de saisir fermement l'objet qui nous ramera dans le bureau des Aurors, vers d'autres aventures. Vers des doutes, des incertitudes.

Je lâchais sa main, les autres étaient déjà en train de dégager les tables pour poser les cantines dessus. Il était tard, probablement autour de 23h ou 00h ici à Londres. Ça sentait déjà bon, les aubergines grillées. Des gars sortaient des caisses de Biereaubeurre qui commençaient à s'envoler un peu partout dans la salle pour être récupérées par qui en voulait. J'en réceptionnais deux et en tendit une à Reagan, puis je grimpais sur un bureau.

"Je tenais à remercier cette équipe aujourd'hui. Même si tout ne s'est pas passé comme ça aurait du, n'est-ce pas..." Des têtes regardaient le sol. Ouai, ils savaient très bien ce dont j'étais en train de parler. "Mais c'était un boulot correct, un bon boulot même. Et je tenais à remercier les Tireurs." Je me penchais pour tendre une main à Reagan et l'inviter à monter à mes côtés sur ce bureau. J'appuyais un regard ferme et déterminé.

Elle n'attrapa ma main bien sûr, mais elle grimpa à mes côtés. Celle là, j'vous jure... Je souriais amusé. "Cette équipe doit continuer à faire honneur. Nous allons vous quitter un temps. Nous avons été promu à un autre rôle, pour quelques temps..." Mes gars semblaient inquiet, ils se regardaient tous entre eux, perplexes et y'avait de quoi. Les gars de Reagan ne semblaient pas moins interloqués. "On nous demande des missions spéciales...le temps que la situation se pose un peu partout dans le monde sorcier. Ne vous inquiétez pas, ça sera l'occasion pour certains d'entre vous de pouvoir respirer sans l'autorité de Reagan, aïe...!" Je sentis son coude dans mes cotes. Je me mis à rire, comme la plupart de nos gars dans le bureau. Je pinçais mes lèvres en la regardant.

On leva à l'unisson nos bières. Reagan fit son discours à son équipe. Et bordel qu'elle était grande, qu'elle était belle. Je respirais son assurance, sa détermination. J'étais sous le charme, totalement, c'était dangereux à dire, à penser, à ressentir. Mais c'était mon loup, et il avait toujours eu plus de place que l'homme parfois, et aujourd'hui il était sous le charme. On descendit du bureau et je lui montrais un canapé posé dans un coin de la pièce. On s'y installa dessus.

"Je n'utilise jamais ma baguette. Je ne supporte pas les pays froids, ça me rend...aigri. Les gars disent que je parle trop, mais je suis comme ça. Ça m'aide à me concentrer. Faudra t'y faire beauté. Et j''aime parfois garder une traces de mes missions..." Elle avait du les voir, mes tatouages. "Je prends le temps de remercier les tributs dans lesquelles je vais. Mes hommes partent, mais souvent je reste. Un jour, ou deux, pour voir comment les choses évoluent après la mission. Tu restes ou tu pars. Mais je ne rentrerai pas si j'estime que je dois rester." Comme pour Sko et tous les autres. Je m'assurais de leur protection, et de leur bien être aussi.

Certains pouvaient être bouleversés après l'attaque d'un Mage Noir, d'une créature dangereuse. Alors je posais les choses un peu avec eux. Je restais présent, pour qu'ils voient qu'on ne les abandonnait pas en filant directement comme si rien ne s'était passé. "J'utilise pas toujours les méthodes qu'on nous a enseigné à l'école, les protocoles, les décrets...je m’accommode de la situation, pas des règles de manuel. J'espère que tu n'es pas du genre à cheval avec tout ça ?" J'avalais une gorgée de ma bière.


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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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Come on now, follow my lead
Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

Elle n’est pas comme nous ? Sa compagne ne serait pas… pas une hybride ? Pas une louve… Je n’ai pas senti d’odeur de louve. Un alpha peut-il avoir une véritable compagne qui ne soit pas… d’origine lupine ? Je n’ai pas souvenir d’avoir entendu parler d’un tel cas. Ça n’empêche qu’il ne peut et ne doit rien avoir entre nous. J’ai l’ombre de Liam qui plane sur moi, je sais ce dont il est capable. Et coucher avec un Alpha, ce serait un affront qu’il me ferait payer. Je laisse deviner ma surprise, mais je ne dis rien. Mieux vaut ne rien dire après ce qui est essentiel : si on doit travailler ensemble, il faut établir des règles. De règles pour nous protéger l’un de l’autre, tout en nous protégeant de l’extérieur, de cette stratégie à notre encontre. Et il accepte, même s’il confirme haut et fort ce que je sais déjà : dire non ne suffira pas. Ni pour lui, ni pour moi. Une grimace et je nous fais transplaner.

Il faut jouer, il faut mentir, il faut donner le change. Je n’ai jamais eu à faire cela, mais nous n’avons visiblement pas le choix. Liam a raison, il se trame véritablement quelque chose contre les loups, ça va le rendre encore plus insupportable. Quant à Amadeus et moi, nous en apprendrons davantage de l’intérieur, nous ne donnerons pas satisfaction aux détracteurs des loups et demi-loups, nous serons irréprochables, efficaces et nous resterons ce que nous sommes : les meilleurs.

Mais pour cela, il faut qu’on se fasse confiance. C’est compliqué, parce que ça a été instinctif. Je veux dire que je sais que je peux me fier à lui. La louve le sait, la femme… c’est compliqué. Mais si je lui demande d’être honnête, il faut que je le sois aussi, c’est pour cela que je lui révèle connaitre sa sœur. Il se raidit, réaction d’alpha que je connais bien. Mais je suis aussi suffisamment humble et sincère pour flatter une autre femelle quand elle le mérite. Et Saoirse le mérite. A voir les deux combattants dans la lignée Parkinson, j’imagine déjà une meute forte et puissante. Mais il esquive, et je lui jette un regard blasé… c’est ça, fais donc le beau parleur. Situation « compliquée », j’ai l’impression de trop bien connaitre cela. Je sens qu’il n’a pas du tout envie d’en parler. Là encore, c’est évident, parce que je réagis pareil. Evoquer « ma » meute est une épreuve. Parce qu’elle n’est plus vraiment « ma » meute, parce qu’elle a été presque totalement anéantie, parce qu’il ne reste que quelques survivants et quelques marginaux accueillis depuis notre arrivée.

Par contre, je suis troublée par sa formulation. Ils ne sont que deux… Et… il ne considère pas sa compagne comme « vraiment sûre et fiable » ? Logiquement, c’est censé être une évidence ? Ça l’avait été pour Liam et moi, c’est juste que… j’ai changé. Et c’était devenu évident pour moi que je ne pouvais plus être sa compagne. Le doute est le propre des humains, non ? Les loups, eux, savent d’instinct…

« Saoirse sera une excellent bêta. »

C’est sincère. Enfin, j’ignore si les meutes de demi-loups fonctionnent sur ce même modèle. Liam est un loup garou pur souche, comme l’était mon père. Pour ma part, j’ai grandi soit avec des sorciers, soit avec de loups, peut-être que les règles sont différentes. Toujours est-il que je me reconnais en lui. Une meute brisée. Un potentiel d’Alpha. Un seul être sûr. Et ça, ça n’est pas bon du tout. Je sais que je ne devrais pas le toucher, parce que… parce que je le déteste, parce que j’ai envie de lui, parce que je le comprends, parce que je le reconnais, parce que le sort a un sens de l’humour incompréhensible. Pourtant, je lui prends la main.

« Nous contre eux. »

Et on arrive dans une salle que je ne connais pas. Alors c’est ça, le centre des Aurors ? Mon équipe se mêle à la sienne sans problème, ça aussi, c’est perturbant pour ma louve. Les meutes devraient être rivales, mais elles ne le sont pas. J’attrape la boisson qu’il me tend et avale une gorgée avant de le voir grimper sur… un bureau ? Qu’est-ce qu’il fabrique ?

Oh, je vois, le discours du chef. Le discours post-bataille, parce qu’il est important de montrer de la considération à sa meute. Chut ma louve, arrête, me dis-je en me rendant compte que je suis en train de me mordre la lèvre. Je fronce les sourcils. Il félicite ma meute… euh… mon équipe ? Je suis surprise de voir son invitation. Je comprends à son regard qu’il me veut à ses côtés et qu’il ne souffrira pas d’un refus. D’accord mon loup, mais je n’ai pas besoin de ton aide. Je me hisse à mon tour, sans prendre sa main.

Nous.

Je suis plus que perturbée par l’usage de ce nous. Je n’en ai pas honte, au contraire, je bombe même légèrement la poitrine et garde la tête haute, comme un honneur et une fierté. C’est ridicule, je ne devrais pas adopter cette posture. Je réalise aussi que je vais devoir me séparer de mon équipe. Enfin, je les verrais toujours, mais je ne travaillerai plus aussi souvent avec eux. Je… je lui donne un coup de coude. Non mais oh ! Je ne suis pas une meneuse étouffante. J’aime juste que les choses soient faites à ma manière. Je lui lève toutefois mon verre, exactement en même temps que nos deux équipes réunies. Mes hommes me fixent. Ils m’attendent.

« Je suis fière. Non de moi, non de cette promotion. Mais de nous tous. Malgré les ratés, vous avez su faire face. Vous avez su vous mêler à une autre équipe. Commettre vos erreurs avec elle, et vous relever avec elle. C’est une réussite pour nos deux services. Et même si mon nouveau coéquipier aime se faire remarquer en n’hésitant pas à mettre sa plastique en valeur, je sais qu’aujourd’hui il sera d’accord avec moi pour faire de cette soirée la vôtre. J’ai été fière d’être votre partenaire. Fière que vous m’ayez accueillie quand je suis arrivée en ne connaissant personne. Rendez-nous fiers et nous ferons ce qu’il faut pour que vous soyez toujours fiers de nous. Enfin, chers Aurors, je vous promets d’essayer de ne pas trop ridiculiser Parkinson. »

Je me sens vibrer. Je me sens… excitée aussi. Par ça, par et échange, par le fait de trôner avec lui. Je pourrai me donner toute entière à lui, si je taisais la femme qui sait que ce serait une erreur monumentale. Je prends donc sur moi de museler la louve. J’adresse un sourire moqueur à Amadeus tandis que nos hommes lèvent de nouveau leur bière en poussant un cri. Les festivités sont lancées et oui, j’ai la poitrine gonflée de fierté. En descendant d’un saut du bureau, Parkinson me désigne un canapé, sur lequel nous prenons place. Je souris, amusé par la liste d’anecdotes qu’il me dresse. J’aime son assurance, sa détermination, son amour du travail bien fait. Je ne m’en rends pas compte, mais je me mords encore la lèvre. Et c’est pire quand il évoque le fait d’entraver les règles. Si tu savais, mon loup, que j’ai tout de même contesté un alpha et quitté un mâle dominant…

« Moi j’aime quand on n’a pas besoin de parler. »

Ma voix s’est faite plus sensuelle. J’aime ça, chez les loups et demi loups : pas besoin de s’embarrasser de parole. Tout parle pour nous, l’envie est palpable, le désir clair. Et je me rends bien compte que la louve est en train de minauder là, d’essayer justement de le séduire. J’attrape une assiette au vol, pour reprendre une certaine contenance.

« Je suis toujours avec ma baguette, elle est ce que j’ai de plus précieux. Sans exagérer. Je deviendrai folle si je la perdais. Je déteste qu’on me force à parler de ce que je ressens ou de ce dont je n’ai tout simplement pas envie de parler. Je n’ai aucun tatouage et je n’ai jamais connu que l’Irlande, l’Angleterre et les Etats-Unis depuis ce mois-ci. J’aime diriger, je déteste perdre et j’ai tendance à me fourrer dans des galères pas possible, justement parce que j’ai du mal à me plier aux règles. »

J’avale une bouchée d’aubergine. Il y a beaucoup d’autre choses que je devrais lui dire. Comme le fait que je n’ai pas de compagnon en réalité. Mais il vaut mieux garder cette barrière. J’ai peur de l’eau, je déteste les vampires. Je ne me suis jamais fait tatouer parce que Liam s’y est toujours opposé. Un tatouage c’est une marque. Et il ne voulait que la sienne sur moi. Et je pourrai continuer encore longtemps.

« Pourquoi est-ce qu’ils nous séparent des autres ? Dis-moi ce que tu sais. C’est en rapport avec les gamins enlevés ? Oh et une dernière chose. Je ne supporte pas qu’on hausse le ton sur moi comme tu l’as fait tout à l’heure. »

Trop de mauvais souvenirs.

« Ça fait mal ? Les tatouages, j’veux dire. »

Je pense que je mordrais toute main qui essayera de transpercer ma peau, ça aussi, mauvais souvenir dû à ma dernière rencontre avec un vampire. Mais je dois avouer que sur lui, ça rendait plutôt bien. Et les images de lui à moitié nu me reviennent en tête. Bordel, ça va être compliqué cette histoire.


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L'amour d'un père est plus haut que la montagne.
L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Amérique du Nord - Janvier 2020 - Chute du Niagara

Mon cœur fondit d'amour pour ses mots. Mon cœur ou mon loup, je ne savais pas vraiment. Elle aimait quand on avait pas besoin de parler. Oui je savais de quoi elle voulait parler. Mais dans mes missions, je n'avais jamais bossé avec une demi-louve, alors ça allait changer probablement beaucoup de chose, surtout avec son caractère... J'avais hâte à vrai dire, hâte de partir à l'aventure avec elle, et de me délecter de ces moments de...silence, mais c'était mal, c'était très mal.

Je prenais note, pour elle, pour sa baguette. C'était une tireuse après tout et une tireuse sans sa baguette, c'était comme un loup garou sans sa tranformation en plein lune. Et je l'avais vu faire avec. Si elle la perdait, on perdait tous les deux. Donc je notais qu'il fallait que j'y veille aussi dessus. Elle était du genre mystérieuse et réservée. On aurait pas dit comme ça. Je souriais. "Avec moi tu vas voyager beauté, je crois que j'ai fait le tour de tous les continents. Et j'aime bien les galères, ça rend le travail plus passionnant." Surtout avec toi, j'en ai bien l'impression. Mais passons, gardons ça pour moi. Je mangeais à mon tour un bout d'aubergine que je piquais de son assiette. "On est deux à aimer diriger, il va falloir composer...on va savoir faire ça n'est-ce pas ?" Je fendis mon visage d'un sourire équivoque. "Et avec moi, peu de chance pour que tu perdes souvent..."

Parfait, je n'avais pas une femme bornée et amoureuse des règles. Ça devrait le faire, on aurait du mal, avec l'autorité de chacun, mais ça devrait le faire. Il le fallait de toute façon, on avait plus vraiment le choix. On était tous les deux dans la même merde.

"Je suis désolé pour tout à l'heure. Je n'aurai pas du te parler comme ça, c'est vrai." Je me penchais vers elle, un peu trop près, mais c'était irrésistible. "C'est bien de commencer à me faire part de ce que tu ressens...alors que tu n'aimes pas ça..." Non mais je ne foutais pas de sa gueule, j'étais juste flatté qu'elle me pose ses limites. C'était bien, on devait continuer comme ça tous les deux, une bonne communication, pour une meilleure gestion de notre équipe. Et j'allais continuer à communiquer avec elle, mais pas ici. Je me levais du fauteuil. "Tu veux bien me suivre un peu...plus loin pour parler du reste..."

On s'enferma dans un bureau, que je trouvais étroit tout d'un coup. Tous les bureaux du monde seraient trop étroit en sa présence de toute façon. Elle remplissait la salle de son odeur tellement...attirante que ça me donnait presque la nausée de douleur pour refouler tout ça, tout ce désir. Je lançais un sort de confusion et de silence pour nous protéger des oreilles indiscrètes.

"Ce que je sais ? Pas grand chose, peut-être un peu plus que toi. Il y a un groupe qui sévit dans le Royaume Uni, peut-être même dans tout le Monde. Un groupe de partisan de sang-pur. Ils fabriquent des choses, des sortes de vaccin pour blesser, pour tuer, museler les créatures magiques. Toutes, notamment les loups. Je n'ai accès à rien ici aux bureaux. Bizarrement les portes qui m'étaient possible de passer il y a quelques mois de cela me sont fermées aujourd'hui. Ça a donc un rapport avec les gosses enlevés oui. Ils font des...expériences je pense, sur eux. Fais pas cette tête Reagan, maintenant, sans le vouloir, ils nous ont mis sur le coup...on va essayer de comprendre un peu mieux ce qui se passe. Y'a un groupe, un autre groupe...des sorciers qui se battent contre ça. Qui luttent ensemble pour pas laisser faire. Les petits sont recherchés..." Je ne voulais pas dire que Saoirse en faisait parti. J'avais confiance en Reagan, mais on parlait de Saoirse...on ne savait jamais.

Bon j'en pouvais plus et sa question tombait à pic. Je récupérai sa main pour la faire escalader un de mes tatouages sur le bras. Le plus récent, celui de Papouasie fait par Aymen. Il était totalement cicatrisé pourtant, grâce à mes gènes. Nos gènes. Je me rendais compte de ce besoin impérieux de la toucher et qu'elle me touche. C'était tellement inconscient mais ça devenait vital, alors que je la connaissais que depuis quelques heures.

"Ça dépend sur quelle partie du corps s'est fait. Y'a des zones plus sensibles que d'autres. Mais généralement c'est supportable et c'est surtout une fierté. Chacun de mes tatouages a une signification, une valeur à mes yeux. Ils sont la trace de mon passage dans une meute le plus souvent. Une reconnaissance de l'alpha que j'ai aidé généralement." Je frissonnais sous le chemin que faisaient ses doigts sur les marques du dessin tribale. Ma respiration devenait lente, presque inaudible. C'était ce genre de langage sourd. "Tu verras un jour, on aura le notre ! Après une bonne mission il n'y a rien de mieux comme reconnaissance !" Je bloquais sa main sur mon biceps, revenant à la raison. Je m'écartais un peu.

"Je pense que je vais rentrer. Il est tard..." Je me retournais vers elle, comme si j'aurai pu fondre sur ses lèvres pour lui dire au revoir. "Je te dis à bientôt ?! J'espère qu'il comprendra...et j'espère te revoir..." Je fis un sourire plus inquiet. Elle avait un loup, elle avait un alpha, et je me demandais s'il la laisserait revenir à mes côtés, pour ce genre de mission ? J'étais qu'un collègue, mais j'étais un collègue loup.

Je quittais le bureau, lançant un Finite pour annuler mon sort d'anti-écoute. Je rejoignais les collègues, tapant dans leur dos, rigolant un petit peu avec eux et je pris congés de la soirée. Mon dernier regard se posa sur elle, avant de transplaner.

***

Mi-Février 2020

C'était le bordel dans ma vie, le gros bordel. Non en fait c'était le bordel dans le monde entier depuis cette Lune Rouge. Depuis tous ces décrets, cette milice. J'avais de la chance d'être un Auror. Mais là ça y était, Reagan et moi on était envoyé sur de plus en plus de missions, comme si on ne voulait plus qu'on se retrouve au bureau trop souvent. On avait déjà fait deux missions ensemble, des petits trucs, mais qui nous avait pris des jours à chaque fois. Trois ou quatre. Alors qu'habituellement ça ne devrait pas nous prendre plus d'une journée.

Et entre nous s'était...symbiotique. Inavouable. Non mais vraiment, je n'avais jamais eu de ma vie une collègue pareil. Ok ça faisait que moins de deux ans que je faisais ce boulot, mais même pendant les études. Cette fille était incroyable. Sa magie me plaisait, sa baguette, moi qui ne jurais que sans. Elle me fascinait. Puis elle était bourrée de tout un tas de qualités que je me gardais bien de lui dire. C'était violent entre nous. Notre lien était violent, nos sentiments, nos ressentis, nos émotions, notre partenariat, notre duo. Pas violent dans le sens où on se foutait sur la gueule, non, dans le sens où ça vibrait entre nous, ou on était sur la même longueur d'onde.

C'était facile de bosser avec elle. Bien sûr on s'engueulait, bien sûr que ça faisait des étincelles, bien sûr que les gens restaient jamais dans notre chemin quand on se prenait le museau tous les deux, mais c'était vivant. Je ne m'étais jamais sentis aussi libre et vivant qu'avec elle. Mon loup l'avait adopté et j'étais un homme fort pour ne pas céder plus que de raison avec elle. Y'avait des moments de tension, pas des nerfs, de tension sexuelle. Ouai parce qu'elle était une femelle, que j'étais un mâle et que même Merlin en personne ne pouvait rien faire contre ça, contre la nature. J'appréhendais de plus en plus les missions exiguës avec elle. Même si au fond ça me faisait du bien, de la toucher, d'être proche de ce bout de femme. Je me rechargeais en sa présence. Parce qu'à la maison, je n'avais pas tout ça.

A la maison y'avait Victoire qui s'inquiétait pour Seamus devenu vampire. Et ça m'énervait. Parce qu'elle avait le droit, OK, d'être inquiet pour son ex, j'étais bien inquiet pour Lena au chevet de Gabriel. Mais c'était pas de l'inquiétude naïve. Elle l'aimait et je me fourvoyais totalement, mais je voulais encore y croire. Je pouvais pas la lâcher alors que Seamus était encore un danger pour elle et David. Il ne se contrôlait pas encore assez.

Bref, j'étais parti de la maison un peu en colère aujourd'hui, sans vraiment le montrer à Victoire. Elle ne pouvait pas le sentir de toute façon. Je haussais mes épaules en arrivant sur le Ministère. J’aperçus Reagan déjà sur le pied de guerre, j'aimais ça chez elle aussi, toujours disponible, fraîche et opérationnelle. On s’accommodait d'un rien tous les deux, on avait jamais besoin de fioritures pour nos missions, on y allait avec le strict minimum, bien que son sac à rallonge était impressionnant.

J'entendis un colère faire de l'humour gras et misogyne ou plutôt raciste avec elle, enfin il en faisait tout seul, car c'était pas le genre de Reagan. J'aurai pu passer mon chemin pour rejoindre mon bureau avec l'ordre de mission, mais c'était sans compter que ce collègue plaqua une main sur le fesses de Reagan. Mon sang ne fit qu'un tour, je le chopais à la gorge et le plaquais contre le mur en face. "Pas de ça ici Gilles !" Ma poitrine se soulevait. Je me rendais compte qu'elle n'était pas ma propriété, que je n'étais pas son mâle, son mec, son alpha, mais ça m'était insupportable quand même. Je la regardais me fusiller des yeux. Je détournais mon regard, lâchant Gilles et me dirigeant vers le bureau.

Je récupérai la mission. Un petit truc dans une tribut indienne du Brésil. Elle entra dans mon bureau, voilà qu'elle était en colère à présent elle aussi. "Désolé, ça va...Gilles le méritait, il fait chier toutes les filles de l'équipe, il fallait bien lui dire deux mots un jour ou l'autre..." Je lui lançais les documents dans les mains. "Le Brésil beauté, j'espère que tu as porté ton maillot de bain !" Je la contournais la détaillant du regard. Fais pas ça Amadeus, fais pas ça. Trop tard je venais de lui lancer un clin d’œil et j'avais retrouvé ma bonne humeur légendaire.

On prit notre Portoloin qui nous transplana sur les lieux de la petite tribut. A peine arrivés qu'un sort frôla nos têtes. Un deuxième nos jambes. OK ! J'attrapais Reagan juste à temps pour la plaquer au sol et me mettre sur elle pour en éviter un troisième. Mais sans perdre de temps, je l'attrapais au niveau des hanches et je la fis se retourner sur moi pour qu'elle ait l'homme en vue, tout en nous entourant d'un sort de protection. Sa baguette déjà en main elle visa le sorcier responsable de ces attaques dans un même mouvement et le neutralisa. On ne perdit pas de temps pour se relever, non sans un regard tendancieux entre nous. On se dirigea vers une petite hutte. Elle plaqua son dos sur la cloison de cette dernière, baguette pointée en avant, en alerte, et je vins instinctivement me mettre contre elle. Torse contre poitrine, regardant dans la même direction qu'elle et gardant cette bulle de protection autour de nous. Combien était-il ? Et pourquoi un tel accueil ? Ils étaient sans doute en train de venir briser le Portoloin. On était arrivé de justesse.

"Salut toi ! Joli tir, tu es prête à courir beauté ?" Je souriais, je souriais et comme à chaque fois j'avais une envie paralysante de l'embrasser. Je me contentais d'humais l'air qui se trouvait entre nous. Son odeur. Et de me nourrir des battements de son cœur.


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Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

A quoi est-ce que je pense maintenant qu’il a transplané, me laissant seule ? A tout un tas de choses. A l’invraisemblance de cette situation, à la galère dans laquelle on est, dans laquelle je suis, au fait qu’il m’énerve quand il souligne mes incohérences, au fait que je crève d’envie de le toucher comme si nous étions en période de chaleur, à son manque d’humilité, à sa prestance.

Je songe à ce qu’il m’a raconté sur les Sangs-Purs qui s’en prennent aux gens comme nous, à cette histoire de vaccins. Dire que Liam me bassine depuis des semaines et même des mois avec ces histoires que je ne prenais pas au sérieux. On est en train de nous séparer de nos coéquipier, de nous parquer, et on enlève des gosses pour faire des expériences dessus ? Mon cœur de louve et de femme n’a fait qu’un bond, mais nous allons tirer cela au clair. S’ils comptaient sur des petits toutous dociles obéissant sagement, c’est bien mal nous connaitre. Et ces gens qui luttent contre cette…ce vaccin là, je me demande bien comment il les connait.

Je repense aussi à notre dernier contact. A sa façon autoritaire et excitante de forcer le contact, de prendre ma main pour me faire décrypter son tatouage. Je repense à sa peau chaude, aux battements de mon cœur. A la grandeur de la signification de ses tatouages. On n’a rien dit, on est jute rester là. Je reconnaissais sa valeur, sa grandeur tandis que je parcourais sa peau, la louve frissonnant. Le nôtre ? J’avais relevé mes yeux dans les siens à ce moment-là. Non, mo mac tire, nous ne pourrons jamais avoir le nôtre. Il n’y aura pas de nôtre. C’est impossible. Mais je n’ai rien dit.

Je réfléchis aussi à Liam, au fait qu’il ne comprendra pas. J’ai changé, j’ai pris en force depuis la dernière fois que nous nous sommes affrontés… mais suis-je prête à l’affronter, ça c’est autre chose. Je me suis donc contentée de sourire en retour à Amadeus, avant qu’il ne disparaisse. Alors oui, je pense à un milliard de choses et c’est… compliqué. J’ai une meute, je suis sous la domination d’un alpha. Je ne veux pas d’un compagnon, j’ai déjà donné. Lais c’est la première fois que je suis tellement en lutte avec la louve. Et ça, ce n’est pas normal.

Je reste un peu avec mon équipe, une heure à peu près, après le départ d’Amadeus. Plus par stratégie qu’autre chose. En réalité, je veux atténuer l’impact qu’il a eu sur moins, ralentir ma respiration et mon cœur à un rythme normal, faire redescendre la température de mon corps. Je demande aussi l’autorisation de prendre une douche dans leurs locaux. Tant pis si les Aurors me prennent pour une princesse. Je cherche surtout à gommer l’odeur d’Amadeus. Je ne me fais pas d’illusion, je sais que Liam la sentira, mais si ça peut tout de même être atténué, ça me rendrait service.

Si j’avais eu des amis – je veux dire de vrais amis – je ne serai pas rentré chez moi. Parce que chez moi, c’est juste à côté de chez Liam. Au début, à notre arrivée, nous vivions même ensemble, mais c’est vite devenu insupportable, alors après une négociation serrée, je me suis installée sur le même palier, au-dessus de sa boutique. Alors évidemment quand il est là, comme ce soir, il me sent arriver. Et j’ai vu à sa tête que malgré le savon et l’eau, il l’a senti.

« Avant que tu dises quoi que ce soit Liam, j’ai passé une TRES mauvaise journée, d’accord, la meilleure défense c’est encore l’attaque avec lui. J’ai subi une mission test où on m’a collé un Alpha pétri d’orgueil dans les pattes et je crois que tu sais mieux que personne à quel point j’ai un problème avec ça. Et en plus, il s’avère que tu as peut-être et je dis bien peut-être raison sur le fait que les loups sont en danger. On nous sépare. »

J’espère  au moins que cette dernière annonce fera diversion mais il s’approche de moi, me faisant reculer, dos contre la porte, et il me renifle, postant ses deux mains de part et d’autre de ma tête.

« Littéralement, dans tes pattes… »

Il grogne en disant cela.

« T’as entendu ce que je te dis ?
- Tu sens, Rea’.
- Oui, je sens, et je vais sentir encore, on nous sépare de nos équipes respectives pour nous foutre dans une brigade spéciale.
- Evidemment tu n’as pas accepté…
- Liam, t’arrête pas de dire que les loups sont en danger, j’ai la possibilité de…
- De rien du tout Reagan ! »

Il claque sa main contre le mur près de mon oreille, me faisant sursauter, avant que je ne lui jette un regard noir.

« Je ne vais pas accepter que tu sois de nouveau en danger, il est hors de question que je te récupère dans le même état que la dernière fois. Et il n’est pas du tout question qu’un autre te tourne autour.
- Bordel, Liam, qu’est-ce qu’on s’en fout de ça ! Arrête de faire comme si j’étais encore ta compagne, je… »

Il me plaque d’une main contre l’épaule contre la porte. Je sais qu’il déteste ça, je sais que lui me voulait pour compagne et que c’est moi qui aie « rompu » cela.

« Tu n’es peut-être plus ma compagne, Rea’, mais tu es ma meute.  C’est à toi que je confierai les nôtres s’il m’arrive quelque chose, c’est moi qui te choisirai ton compagnon, il n’est pas question qu’un alpha…
- Je ne vais pas coucher avec lui ou partir avec lui ! – bon, je me suis peut-être avancée concernant le premier point. – mais je veux comprendre ce qui se passe. On peut protéger les loups, on peut réussir là où on a échoué l’année dernière. Alors habitue-toi à l’odeur car je vais bosser avec lui. BOSSER, tu comprends. »


*
*   *


« Laisse-moi deviner, encore une mission avec lui ? »

J’aurais dû me douter qu’il m’attendrait sur le palier.

« Laisse-moi deviner, elle n’a toujours pas cédé ? »

Je le vois qui m’adresse son regard de gros alpha pas content. Depuis quelques jours, il a une odeur de louve sur lui. Une alpha, si j’en crois la puissance de l’odeur. A mon corps défendant, ça a tout de même fait naitre une pointe de jalousie en moi. Mais au moins désormais, j’ai un angle d’attaque. Si elle a déjà une meute, alors Liam met la nôtre en danger. Je passe donc à côté de lui, quand il m’attrape l’avant-bras.

« Tu es ma meute, Rea’.
- Je sais. Tâche de ne pas l’oublier quand tu seras avec elle.
- Sois prudente.
- Toi aussi. Contrôle-toi, d’accord. La loi est peut-être injuste, mais elle est appliquée. »

Il m’attire alors contre lui pour m’enserrer dans ses bras et se frotter à ma peau. Je me débats, je ne suis pas conne, je sais qu’il est en train de foutre son odeur sur moi. Je le repousse avec sévérité, j’espère au moins que sa louve sentira mon odeur, qu’il s’en prendra plein la tronche !

Je transplane en direction du bureau, où je peux prendre le temps de souffler. Une nouvelle mission nous attend. Nous en avons déjà eu deux ensemble, des missions simple mais qui nous maintenaient à chaque fois loin de Londres pour plusieurs jours. Et ni Amadeus ni moi ne sommes naïfs, tout est calculé, on ne veut pas de nous dans les parages. Les décrets passés depuis plusieurs jours le montrent : les créatures ne sont plus du tous les bienvenues. On nous garde parce que nous n’avons pas commis d’impairs, mais ils n’attendent que cela : une erreur de notre part. La première mission, on nous avait envoyés au Mexique et de nouveau notre lien s’était révélé. On se comprend sans se parler, on sait exactement comment fonctionner, comment combattre ensemble, comme un ballet silencieux. Bien sûr, on se prend la tête, surtout quand il lui prend de jouer au dominant avec moi. On avait fait la fête avec les villageois. On avait un peu bu lus que de raison. Mes mains s’étaient égarées sur ses tatouages. Et il y avait eu cette légende, que la grand-mère du village avait raconté… la Légende de l’Ixtaccihuatl sur ces amants maudits qui n’ont pu être ensemble dans la vie. Pour la seconde, nous étions allés en Suède. Et il n’avait pas menti sur le fait que les pays froids le rendent aigri. Il avait râlé tout le temps, on s’était pris la tête un nombre incalculable de fois, mais on avait retrouvé le gosse disparu. On avait dormi dans une tente, le petit presque gelé entre nos deux corps chauds. On s’était serré pour maintenir la chaleur. Et on s’était regardé des heures, dans ce lit de fortune, avec le petit entre nous. Mes mains avaient caressé les cheveux du petit garçon. Un loup garou. Je suis en âge d’enfanter, mais même en étant compagne de Liam, la louve n’avait pas voulu reproduire. La femme l’en avait empêché, pour être honnête, j’avais fait tout ce qu’il fallait pour ne pas procréer, chose qui à l’époque aurait dû me mettre la puce à l’oreille, il n’était pas normal que je ne désire pas procréer au printemps. Mais là, j’ai ressenti ce besoin. Ce besoin d’avoir ma meute mais aussi ma descendance. On avait rejoint le village, pour ramener l’enfant à ses parents. Et chez eux, la période « des amours » avait déjà commencé. On s’était retrouvé dans une chambre commune avec autour de nous de nombreux couples… occupés. Peut-être qu’on aurait dû coucher ensemble, histoire de crever l’abcès une bonne fois pour toute. Au lieu de cela, il n’y avait eu qu’un silence gênant et gêné, jusqu’à ce que des gamins débarquent pour dormir avec nous.

« Vous faites pas des bébés ?
- Amadeus est trop fatigué. »

Voilà ce que j’avais répondu. Sauf que lorsqu’on est rentré à Londres, en transplanant collé serré et qu’il y avait encore tout ce désir, je ne suis pas renté chez moi comme je le fais d’habitude. En réalité, quand il a dit qu’il devait rentrer et que je me suis souvenue qu’il avait une compagne, j’ai trouvé le premier bar ouvert, et je suis repartie avec le premier type venu. Comme lors de mes périodes de chaleur. Il fallait que j’extériorise, que je fasse ce que j’avais eu envie de faire, même si ce n’était pas avec lui, mais en imaginant que c’était avec lui. L’odeur de ce type a masqué celle d’Amadeus, et Liam m’avait laissée en paix. Autant dire que je ne sais pas du tout ce qui va se passer aujourd’hui. Mais au moins, on sera à deux. Et j’ai besoin d’action. Mais monsieur est en retard, comme d’habitude. Et une autre mauvaise habitude a commencé à s’installer avec tous les décrets : les collègues se sentent autorisés à faire des blagues sur les loups. Je laisse deviner la teneur « voir le loup », notamment, et ce type là, il se permet en plus un commentaire sur la « chienne » que je suis en me mettant la main au cul. Je m’apprête à lui faire une clef de bras quand Amadeus intervient à ma place. Je lui attrape l’épaule et le mitraille du regard. Ce « Gilles » n’est pas un challenger et ce n’est pas à lui de faire ça, je peux me débrouiller par merlin ! S’il agit comme Liam, ça ne va pas le faire. Il s’éloigne. Et à mon tour je paque Gilles contre le mur.

« Fallait le dire ma jolie que tu étais chasse gardée…
- Ne t’avise plus jamais de me toucher, sinon ton loup va vite n’être qu’un louveteau non viable. Crois-moi, ce n’est pas lui qui va s’en charger, c’est moi, et je te conseille de te renseigner sur la cruauté des louves, tu serais surpris. »

Je le plante là, pour rentrer au Ministère et retrouver Amadeus, avec qui il va falloir avoir une très sérieuse explication.

« Tu me fais quoi là ?! T’as pas à me défendre et j’te rappelle qu’ils n’attendent que ça, une preuve qu’on est des animaux qui ne savent pas se contrôler ! Tu veux leur donner raison ou pas ? »

Dis celle qui a dû se taper le premier mec venu juste parce qu’elle avait un trop plein de désir pour lui. Je rattrape les documents qu’il me lance. Brésil ? Je ne suis jamais allée là-bas, j’ouvre le dossier quand il passe près de moi et… non, bon sang, ne fait pas ça, ne me mets pas d’image en tête. Heureusement que je n’aime pas l’eau, sauf que l’imaginer lui en maillot de bain. Dammit ! Bon, direction le Brésil alors…

Terre hostile. On est à peine arrivés qu’on nous tire dessus. Amadeus me jette à terre en me couvrant, avant de me retourner sans que j’aie à le lui demander afin que je tire. Facile, un bon Stupefix bien visé fait des merveilles. Et puis, contrairement à ce qu’il avait prétendu, me voilà de nouveau grimpée sur lui. Une position à laquelle je pourrai prendre gout si nous n’y prenons pas garde. On se relève en fonçant, je garde ma baguette bien droite, alors qu’il s’appuie contre moi, nous protégeant par un sort.

« Passe donc devant, je pourrais mater tes fesses, pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui profitent. »

Moi aussi je lui souris. Mais c’est un tir qui frôle nos têtes qui nous remet les idées en place et nous donne le signal de départ. On court, à en perdre haleine dans cette espèce de forêt. Je suis bien, malgré l’animosité du territoire, ça me rappelle mes années dans la nature, en Irlande. Courir, être libre. Je suis sorcière mais e suis aussi louve, et c’est bien quand celle-ci se libère. Sauf qu’en courant, je ne prête pas attention à un piège et je me retrouve pendue par un pied. J’ai eu la présence d’esprit de ne pas lâcher ma baguette et je vois un sorcier qui vise Amadeus qui ne couvre pas ses arrières.

« Expelliarmus ! »

Je le désarme pour voir Amadeus sourire comme un con. C’est le moment de se foutre de moi là ? Alors que j’ai le t-shirt qui subit la loi de la gravité ?

« Rince-toi l’œil surtout, te gêne pas ! Lashlabask »

Le nœud lâche et je tombe dans le vide, heureusement, il me rattrape dans ses bras. Je reste un instant à le regarder, quand on entend tous deux des ennemis arriver. On se remet à courir, me retournant parfois pour tirer, jusqu’à ce que l’un deux fasse mouche et me dire sur la main, me faisant lâcher ma baguette. Et ça fait mal ! Je fais deux pas en arrière, pour la récupérer, la tenant dans la main gauche, mais je suis bien moins précise.

« Attends… »

Je pousse Amadeus dans une sorte de fourré, l’obligeant à s’allonger, et me couche sur lui, avant de lancer un sort de désillusion sur nous deux, et de serrer les dents pour passer le douleur dans ma main. Nos poursuivants ne sont pas des loups, ni des vampires, pas de chance qu’ils nous repèrent à l’odorat. Moi qui pensais que les brésiliens étaient charmants et accueillants…

« Rappelle-moi ce qu’on est venu chercher au juste… »

Sauf que nos ennemis approchent. Par sécurité je lance un sort d’anti écoute sur nous. Ils… ils s’installent ? Ils font vraiment leur camp là ? On pourrait profiter de l’effet de surprise, mais on peut aussi glaner des informations. On reste comme cela de longues minutes. J’me demande s’il comprend ce qu’ils racontent. Parfois, on parle de conneries, comme savoir le menu de la cantine. J’essaie de bouger de temps en temps, mais finalement, c’est pire, car les mouvements doivent être très lents pour ne pas bouger le feuillage et révéler notre présence. Parce qu’ils sont quand même nombreux.

« Tu avais dit quoi sur le fait de te grimper dessus au fait ? »

Il faut que je parle un peu, parce que le silence est gênant et parce que ça pique quand même vachement dans la main. Je le vois devenir rouge… je suis trop lourde, c’est ça ? Je bouge délicatement le bassin, sentant une crampe venir. Sauf que…

« Parkinson,… ton matériel est bien rangé ?
-…
- Parkinson ?
- … Hum… »

Et là, c’est plus fort que moi, j’éclate de rire en m’écroulant contre son épaule. Heureusement qu’ils ne peuvent pas nous entendre.


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L'amour d'un père est plus haut que la montagne.
L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Brésil - Mi-Février 2020 -

Je rigolais. "Il suffit de demander, on fait un tour chacun ?" Mais déjà ça fusait au dessus de nous. Pas la peine de se parler, de faire un plan d'action, on se mit à courir d'un même mouvement, nos corps se frôlant quand le chemin se faisait plus étroit dans la végétation. On faisait les mêmes sauts devant les obstacles, c'était une synchronisation parfaite, même si je devais calmer mon rythme sur le sien, c'était naturel, trop et tellement qu'on était en harmonie et fixés sur ça, ce moment, cette sauvagerie comme dans les forêts que je foulais, mais là c'était avec elle, c'était jouissif, on avait le sourire malgré le souffle d'effort et je la vis s'envoler en l'air, je me stoppais quand elle tira derrière moi. Je me retournais pour finir de le pétrifier et je me retournais vers elle, mordant ma lèvre le sourire sur mes lèvres. "Sympa la vue au Brésil, tu trouves pas ? Je passe devant quant tu veux si c'est pour me faire ce genre de spectacle après..."

Elle était belle, désirable, totalement séduisante. Je ne baissais pas mes yeux, ça faisait un moment que j'avais arrêté de lutter avec ça. Mon ventre se serrait quand je la réceptionnais dans mes bras, ouai j'avais envie d'elle, depuis...ben le premier jour en fait, mais plus je la connaissais, plus c'était d'une violence incontrôlable. Mais je le sentais, lui, je le sentais fort aujourd'hui. Mon loup n'aimait pas ça, oh que non, il était en colère, plus contre moi que contre cet alpha, il m'engueulait moi, de ne rien tenter, de faire l'aveugle, la sourde oreille à tous mes instincts. Mais y'avait Vic et c'était compliqué... Y'avait David et c'était encore plus compliqué. J'pouvais pas laisser le gosse à son vampire de père, pas tant qu'il était dangereux et ingérable. Je raclais ma gorge en admirant son regard profond. Que pensait-elle de moi ? La louve j'avais une idée, mais la femme ? Elle avait du passer la nuit avec lui, il y avait eu probablement plus d'un baiser ce matin avant qu'elle ne parte... Et encore une fois c'était l'environnement, la mission qui nous ramenait au présent, qui nous sortait de nos pulsions, de notre désir.

On reprit notre course, ils étaient plus nombreux, on ne savait plus où donner de la tête, elle tirait, j'en faisais autant. Et un de ces connards la toucha. Mon loup rugit de rage, et alors qu'elle faisait demi tour pour récupérer sa baguette, j'envoyais un mur de flammes dans leur direction, les faisant reculer, ce qui nous laissa le temps d'esquiver et nous permit de sauter dans un buisson.

Pour une fois ce fut elle qui me plaqua au sol et se jeta sur moi. Mauvais plan Reagan, mauvais plan parce que si... Ben voilà, ils plantaient leur tente, leur camp. Voilà. Sort de silence, de désillusion, on était dans une bulle. Et nous dans une bulle s'était tendu, c'était dangereux, trop. C'était être coupé du monde, à l'autre bout du monde. C'était...nous. Juste nous. C'était elle, juste elle. Sur moi... J'écoutais à moitié ce qu'elle me disait, ce qu'on était venu chercher ? Les emmerdes... "Une possible Pierre Philosophale qu'un vieux chamane alchimiste aurait fabriqué et en serait devenu dingue, à tel point qu'il a sombré dans la magie noire et la magie du sang. Il kidnappe des enfants ou des vierges dans les forêts pour faire des potions qu'il dit de résurrection. Tu parles que ça attire des partisans, être immortel..." Je supposais que c'était pour ça qu'on avait autant de sorciers à nos trousses. Mais ce qui ne me plaisait pas, c'était que pour une telle mission on ne soit que deux. Non loin de moi l'idée de me dire qu'on en serait pas capable, mais deux pour autant de sorciers criminels... C'était louche... Je ne voulais pas l'inquiéter, mais il faudrait qu'on en parle tous les deux. Il était peut-être possible qu'on essayait pas que de nous éloigner du Ministère, on cherchait peut-être aussi à nous éliminer...

J'essayais de me dire que je n'étais pas dans une bulle avec elle, j'essayais même de me dire que c'était une vampire hideuse et vieille. Mais il n'y avait rien à faire, c'était une louve séduisante et attirante, et elle était sur moi. Et parlait du menu de la cantine ou des pronostics sur le prochain lieu de mission ne me faisait pas chasser l'idée que j'avais envie d'elle et qu'elle se trémoussait lentement sur moi pour ne pas s'engourdir, et chaque frottement faisait monter en moi le désir. J'essayais de ne pas y penser, je me contenais, mais d'aussi loin que l'humanité existe, je ne connaissais pas d'homme dont le mécanisme du désir se maîtrise. Et voilà qu'elle se mettait à parler de grimper sur elle, sur moi, bref. C'était trop tard, je canalisais mon souffle je détournais mes yeux, je sentais le sang venir aussi sur mon visage, je rougissais bordel. Et elle venait de le sentir. Je faisais le sourd, l'ignorant, et puis, elle éclata de rire. Bordel j'avais jamais eu aussi honte de ma vie. Bon j'avais pas honte du paquet entre mes jambes, juste qu'il se soit soulevé à un moment où je ne le voulais pas.

Même son rire, et le mien qui se rajouta de malaise ne me calmait pas, non, parce que son rire était magnifique et que j'aimais l'entendre, et sa tête contre mon épaule. Il fallait faire un truc, parce que je me mettais à la regarder, avec le genre de regard qui voulait dire que j'avais envie d'elle, là, maintenant, malgré les sorciers à côté de nous. Son rire s'étouffa, non...non pas elle...ça ne pouvait pas le faire, pas comme ça, pas là, pas maintenant. Je sentais mes lèvres attirées par les siennes et avant qu'elles ne se touchent, j'ouvris ma bouche.

"Cavanaugh parle moi de lui." Mon cœur battait la chamade, elle se tendit. "J'ai besoin que tu me parles de lui, j'ai besoin que tu le rendes plus vivant beauté, parce que toute aussi puissante sur toi, son odeur ne me fait plus rien... J'ai besoin de savoir..." J'attrapais son visage entre mes deux mains, je la suppliais du regard.

"Tu... tu te fous de moi ? J'ai pas vraiment envie de parler de lui là, maintenant, tu vois !" Bon ok, c'était un très bon début pour me couper l'envie. Une dispute, tant pis, je prenais tout ce qui était bon pour ne pas la déshabiller là et lui faire l'amour.

"Il va falloir qu'on en parle. A quoi on joue ? Je...d.e.v.i.e.n.s dingue..." Et en disant cela je sentais l'approbation de mon loup devant ma révolte. Ta gueule toi ! Reste loin de tout ça ! C'est pas tes histoires, tout est de ta faute, ton instinct de merde, ton odorat à la con, tu te trompes depuis le début.

"Et pourquoi on ne parlerait pas plutôt de ta compagne dans ce cas ? Parce qu'aux dernières nouvelles, c'est elle qui devrait provoquer... ça..." Oh putain, super ! Merci ! Royal. Le matériel redescendit directement à sa place. J'avais plus envie. Elle était douée pour pas parler d'elle, comme si...elle avait honte de lui où quoi ? Bon en même temps, je ne parlais jamais de Victoire. C'était pas par honte...un peu quand même. Pas honte d'elle non, c'était une belle femme, forte et intelligente, belle aussi. Mais honte de cette histoire de merde où je n'étais qu'un faible, un deuxième choix, et même pas le bon. Probablement pas le bon. Et que j'allais même plus être un deuxième choix bientôt, j'en serais plus un du tout... Grrr elle m'énervait, elle m'énervait mais, mon loup ne m'aidait pas. Il voulait m'enfoncer, et peut-être qu'inconsciemment, j'avais aussi envie de me tirer une balle dans le pied. Pas tellement inconsciemment finalement...je brisais ma dernière sécurité avec elle. Mon seul rempart. Elle allait comprendre que ce n'était ni une leader, ni un danger. Du coup, il n'y avait plus que son loup, dont elle ne voulait pas me parler, dont elle gardait secret. Si je ne sentais pas son odeur sur elle, j'aurai pensé qu'elle se foutait de ma gueule juste pour m'éloigner.

"Elle...bordel tu fais chier, on parlait de toi... Tu...fais chier...tu me fais chier en fait !" Oui elle m'emmerdait profondément ! Je me faisais avoir à chaque fois, je devrais le savoir depuis le temps, mais non... Je tombais dans le piège toujours. Putain que j'étais con. Je m'agitais un peu, essayant de bien évidemment bouger le moins possible, c'était très crédible comme comportement. "Tu veux savoir, c'est ça... Elle va sur ses 20 ans, on s'est rencontré il y a 1 an et demi, elle m'a quitté. Elle est revenue avec son ex. Elle est tombée enceinte. Il l'a quitté. On s'est revu et c'est compliqué. OK ? T'es contente ? Je suis avec une femme qui ne m'aime probablement pas, mais que je peux pas quitter, parce qu'elle a un gosse...parce que son putain d'ex a eu...un changement...et que...c'est...elle a un gosse Rea...un gosse et... Pfff laisse tomber..." Merde ! Et puis voilà ! Je fermais mes yeux. Détournant mon regard d'elle. Si seulement je pouvais transplaner, mais je ne connaissais aucun visuel, je n'avais repéré aucun lieu de sûr sans risquer la désartibulation, et peut-être que...c'était toujours mieux que ce que je ressentais en ce moment. Mon cœur était désartibulé. Entre celle que je désirai ardemment et une femme qui était le fantasme d'une relation. Ça devait bien la faire rire là...ça devait... Mes yeux se reportèrent sur elle quand elle se mit à parler d'elle... Elle parlait d'elle, de lui...

"Il a vingt-huit ans, c'est un Loup Garou. Ça fait presque 10 ans qu'il dirige la meute, après avoir renversé mon père que j'ai pas connu parce qu'il nous a rejetées ma mère et moi. Liam nous a réintégrées. Je suis devenue sa compagne alors que j'avais dix-sept ans. Il a un sale caractère mais j'ai beaucoup de respect et d'admiration pour lui." Liam, je l'aimais pas. Mais elle était avec lui depuis quoi ? 7 années. Beaucoup de respect et d'admiration. C'était tout ? Non, c'était pas tout, mais c'était tout ce qu'elle m'en disait. D'accord. OK. On venait de gérer une situation de crise. La crise était passée et mon cœur se calmait. "Je veux juste qu'on se fasse confiance, je veux juste que tu gardes confiance en moi. Je veux pas te perdre. Je veux pas perdre ce qu'on...fait. Même si t'es royalement chiante et que tu me rends dingue la moitié du temps, je veux pas que ça s'arrête. Je sais que c'est dingue, je sais que c'est complètement ridicule, dangereux. Mais j'aime ce danger avec toi. On va pas se le cacher Rea', on aime ça tous les deux. Je suis pas sûr d'avoir vu mon loup si heureux...depuis...j'en sais rien en fait. Si c'est Popocatépetl et Ixtaccihuatl...je suis près à devenir un volcan, mais te perdre...non." Je baissais mon regard, venant toucher son poignet de sa main blessée. T'enfonces pas plus Amadeus. Changes de sujet. "Comment ça va ta main ?"

"Senhor do escuridão nas montanhas" Mon oreille capta une information. On se regarda alors. La mission, encore une fois... "Je saurai reconnaître les mots Seigneur des Ténèbres dans toutes les langues... Montanhas ? Montagnes ? Il serait dans les montagnes... Tu es prête ?" On se regarda, on s'admira ? une dernière fois. "Je vais te faire ressentir le 7ème ciel beauté, ne cris pas trop fort !" Je retrouvais mon sourire légendaire, ma bonne humeur et je pensais à un souvenir heureux, et en fait, tout ceux avec elle me revenaient comme des boomerangs dans ma mémoire et mon Patronus s'en nourrissait. Il s'échappa de ma poitrine et traversa son corps, comme si nous n'avions fait qu'un, comme s'il lui partageait tous ses souvenirs positifs, forts et heureux. Elle avait du sentir sa puissance, la mienne.

On se redressa et l'effet de surprise plus mon bouclier nous aida à venir à bout des 8 sorciers dans leur camps de fortune. En quoi...15 sec ? Ils étaient étalés là devant nous. A nos pieds. "Montre voir ?!" Je lui saisis doucement la main et regardais mieux sa blessure. "Il ne faut pas qu'elle s'infecte avec cette humidité" Je craquais mon t-shirt et lui fit un bandage. "Arrête de faire ça ! Arrête d'éviter qu'on prenne soin de toi. Arrête ça avec moi d'accord ? Si j'ai envie de prendre soin de toi, je le ferai. C'est ce qu'on fait dans une meute non ? On prend soin les uns des autres, alors laisses moi prendre soin de toi. Merci !" Je continuais le bandage, la fusillant des yeux. "Et encore tu as de la chance d'être une louve Rea, je te jure, parce que je sais que tu cicatrisera vite, imagines si tu étais une simple sorcière, je serai encore plus chiant !" Je lançais un sourire plein de défis.

"Bon direction la montagne alors..." On crapahuta une bonne heure dans la végétation. J'avais lancé un sort d'orientation et une petite boule de lumière voletait au dessus de nous et nous la suivions. Entre nous c'était redevenu comme avant enfin presque. Disons qu'on mettait chacun du notre et qu'on faisait chacun des efforts pour ne pas raviver le sujet. Liam. Victoire. C'était mieux ainsi. On avait remis les pendules à l'heure. Ça n’empêchait pas ce qu'il y avait entre nous et j'aurai aimé. Bon sang que j'aurai aimé que ce soit un contre sort pour tout ça. "Je suis près à devenir un volcan" Mais quel con, je lui avais vraiment dit ça ? Tu parles d'un crétin, ça devenait crédible à force qu'elle me le dise pendant les missions.

On arriva devant une sorte du muraille tout autour de la montagne, avec une grande porte, encore plus grande que les murs. Mon cœur commençait à s'emballer, il ne le faisait jamais. J’arrêtais son mouvement en barrant sa poitrine de mon avant bras. "Attends." Je lançais un sort de reconnaissance. On attendit quelques secondes, peut-être une minute et le sort se remballa contre moi. "Elle fait tout le tour, des kilomètres. C'est imprenable Rea. Je comprends pas pourquoi on nous envoi à deux, ici. Y'a un dilemme. On ne peut pas s'en occuper à deux, je suis quasiment persuadé que la clôture nous foudroierait sur place. Le seul moyen c'est cette porte. Mais Rea...on ne sait pas ce qu'il y a derrière. Et j'ai l'impression que rentrer au Ministère bredouille sera encore plus difficile que de passer cette porte."

On se regarda dans les yeux. On s'était compris. Leadership, têtes brûlées, absolument pas perdant, tenaces, challengers, fiers. Voilà ce qu'on était. Mais je voulais être sûr, l'entendre me le dire. "C'est Ok pour toi ?" Je hochais ma tête devant ses mots. "Et on passe par la grande porte..." On était d'accord. Alors qu'elle s'avançait vers la porte d'un pas déterminé...

"Attends..." J’agrippais son poignet. Mon cœur battait de plus en plus fort, mes yeux étaient brillants, mon souffle court. Je la tirai vers moi et je la serrais dans mes bras. Mon nez, mes lèvres dans son cou. Ses cheveux chatouillant mon visage. J'en avais trop besoin. J'étais désolé, mais il me fallait au moins ça. Mission suicide et si...et si la légende était vrai et si je mourrai sans avoir pu la sentir d'aussi près. Je devais le faire. Et c'était comme un catalyseur, ce câlin était comme de l'essence, comme de la magie pure. Mes lèvres frôlaient sa peau, je ne l'embrassais pas, j'avais juste besoin de la sentir, au fond de moi. Si on était des amants maudits, il fallait s'y faire. Mais au moins on était au clair avec ça tous les deux. Je me détachais de son étreinte, venant coller mon front contre le sien, gérant ainsi la proximité et le risque de dérapage. "Nous contre eux."

On se détacha l'un de l'autre, lentement et on se dirigea d'un pas vif vers l'immense entrée. Rien ne se passait. Je regardais Reagan, j'haussais mes épaules et je vins frapper fort contre la porte. Le bruit raisonna et une trappe s'ouvrit. Une femme, au regard fou nous observa. "Português ?" Je regardais Reagan. "Britannique" Autant être honnête au point où on en était. "C'pour quoi que vous voulez voir l'seigneur ? Votre histoire..." Je réfléchissais à toute vitesse. "Moi et ma femme ne voulons pas être séparés, pas même par la mort." Je sentais les yeux de Reagan sur moi. La trappe se referma. "Quoi ?! Et t'aurai dit quoi toi ?"

On attendait notre sentence mais la porte grinça et s'ouvrit légèrement pour qu'un corps puisse passer. Je retournais mon regard vers elle, non fier de moi. On entrât. "Les couples c'par ici, vous allez d'voir être patient, v'n'êtes pas les premiers..." Elle nous montra un chemin qui menait à un sentier plus petit. "Pressez vous, l'seigneur n'est pas patient." On s'avança par le même chemin. "NON !" Hurla la femme. On s'arrêta d'un même pas. "L'demoiselle par ici et vous par là !" Je la regardais, sans montrer ma panique. "Comment ça...on est venu ensemble et..."

La femme me pointa de sa baguette. "Et j'en ai rien à foutre, c'les ordres d'seigneur ! S'il est vrai qu'vous êtes ensemble, vous vous r'trouverez dans c'bazard ! Avances !" Elle braqua sa baguette sur la tempe de Reagan. J'avalais ma salive la regardant. "Avance !" Je levais mes mains en l'air. "Ok ok..." Je raclais ma gorge. On était des sorciers, on était pas que ça, on était surtout des demi-loups. On avait un avantage sur tous les couples. Non ? Je regardais Reagan. Panique pas, panique pas. "Beauté on se retrouve très vite, d'accord ?" Pourquoi je l'avais pas embrassé ? Pourquoi je ne l'avais pas fait mienne, pourquoi on s'était pas barré tous les deux en disant fuck à tout le monde ? Liam, Victoire, le Ministère ? Bordel j'aimais cette fille. Bordel que je l'aimais. Je filais alors que la femme s'agaçait. Merde merde merde, y'avait plus de nous. Non...y'avait juste plus de nous physique. Mais y'avait toujours un nous.

Que ferait Reagan dans cette montagne ? Où irait-elle ? Ou penserait-elle que j'irai pour la retrouver ? On devait savoir ça. On était pas un couple, mais c'était tout comme, on était partenaire, on avait nos instincts primitifs... Où irait-elle ?


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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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Come on now, follow my lead
Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

Une pierre philosophale, des meurtres, voilà donc pourquoi on est là, couchés l’un sur l’autre dans une situation délicates.

« J’comprends pas l’intérêt d’être immortel. Y a plus d’enjeu, il n’y a plus ce frisson de danger, il n’y a plus ce qui rend la vie si précieuse. On ne vibre plus quand on est immortel. »

On aurait peut-être dû se limiter à cette conversation, parce que… Eh bien, parce que la nature se rappelle à nous de façon bien peu subtile. On se désire tous les deux, on s’attire comme des aimants. Je sais qu’il a une compagne, mais je n’arrive pas à l’ériger en barrière. Je sais que Liam va nous faire vivre un enfer, mais là encore, je n’arrive pas à m’en servir de repoussoir. Et là, le sentir contre moi, sentir son désir répondant au mien… Je me dis vraiment qu’il vaudrait peut-être mieux qu’on cède, qu’on arrête de se faire du mal. Nos loups seront satisfaits, et avec un peu de chance, quand cette envie aura été consommée, nous pourrons reprendre nos vies comme si de rien était. Mon regard sur lui devient plus sombre, à l’image du sien. J’ai envie, il en a envie, personne ne nous jugera ici. Je veux le faire mien, j’accepte d’être sienne pour une fois, une seule fois, pour que tout aille mieux après. Je me penche vers ses lèvres alors que la louve est satisfaite et entame son grognement long et profond.

Sauf que pour le coup, il me coupe toute envie à vitesse grand V. Et ça, ni la louve ni la femme n’apprécie, ce que je lui fais bien comprendre. J’ai envie de sexe, bon sang ! Certainement pas de parler de Liam ou de lui expliquer à quel point c’est compliqué, à quel point je suis une alpha contrariée que le vrai chef de meute ne laissera pas partir. C’est tellement violent que je ne comprends pas pourquoi il fait cela, je ne vois qu’un homme qui a éveillé et délaissé mon désir. Qu’est-ce qu’il croit ? Moi aussi je deviens dingue ! Moi aussi il me hante au point de coucher avec un gars en imaginant le faire avec lui. Faisons-le une bonne fois pour toute et tout rentrera dans l’ordre. Je ne veux pas parler, certainement pas de Liam. Je passe en position défensive, éveillant la jalousie combinée de la femme et de la louve. J’attaque où ça fait mal, là où il m’a attaquée.

« Toi aussi tu me fais chier Parkinson ! Et arrête de bouger, tu vas nous faire repérer ! »

Oui, ça vole haut. Quel grand sens de la répartie, bravo Reagan. Pathétique. C’est… ridicule de s’engueuler comme ça dans nos positions que j’essaie de maintenir. Si je me redresse, s’en est fini de l’illusion. Et puis la voilà. La vérité. Ce n’est pas une vraie compagne. Ce n’est pas son gosse. Je retiens un « une femme ça se quitte, j’ai bien quitté mon alpha », mais je ne peux pas. S’il comprend que je ne suis pas liée à Liam comme il l’entend, alors nous n’aurons plus de protection. Et on sera malheureux. Parce que Liam ne me laissera pas changer de meute et qu’Amadeus est déjà bien trop attaqué dans sa nature d’Alpha. Je l’ai vu, avec des gamins. Je sais à quel point c’est important pour un Alpha d’avoir une progéniture. Là, on a bafoué ce qu’il est. Jamais je ne pourrais lui imposer de devenir un bêta. Jamais. Alors je lui ai dit ce qu’il voulait entendre. Ce qui devait être dit pour rétablir une barrière. Je devais me rendre inaccessible, voilà pourquoi je mettais en avant certains points forts, tout en éludant le fait que je ne suis plus sa compagne depuis quatre ans, qu’il n’y a plus d’amour entre nous. Ça, il n’a pas besoin de le savoir, pas besoin de comprendre que ce n’est pas par des gestes tendres que son odeur imprègne ma peau et mes vêtements.

Je ne suis pas prête à le perdre non. Je survis depuis un an, je me force à vivre, mais c’est la première fois que je me sens vraiment vivante, que je me sens heureuse. Et ça me fout une trouille d’enfer. Lui, il semble en paix avec ça, comme si ça ne le terrifiait pas de devenir le volcan. Mais moi, ça me fout une trouille bleue. J’ai peur de devenir cette montagne, statique, inerte. J’ai peur de ne jamais goûté à ce que j’ai effleuré quand nous étions dans ce lit à veiller sur le petit enfant loup. Moi je ne suis pas en paix avec ça. Ça me fait mal, ça me tord le ventre. J’arrive pas à lui répondre, je lui cache assez de choses, je n’arriverai pas en plus à lui mentir, à lui dire que je supporterai ce petit jeu éternellement. Parce que je ne suis pas sûre d’en être capable.

« Elle va. Tout ira bien. »

Ce n’est pas vrai. Rien n’ira, on le sait tous les deux. Et j’ai super mal. A la main, au ventre. C’est la réalité qui vient à notre secours. Parler, je ne sais pas faire. Mais faire des folies, ça, oui. Alors entendre parler des montagnes, c’est un point positif, et à l’heure actuelle je suis prête à me raccrocher à tout. Alors oui, pour ça, je suis prête. Je le regarde, pour que nos loups se synchronisent comme ils savent si bien le faire. Je fronce un peu les sourcils, mais…

Mais je ne peux retenir un cri de surprise et – je dois bien l’admettre – de plaisir quand son patrons passe en moi, me donnant à sentir son loup, sa puissance, son aura, et tout le bonheur de ce qu’on a fait ensemble. C’est… nouveau et très perturbant. Le signal est donné, on se lève et je tire, rapidement et précisément, comme j’ai appris à le faire, en faisant corps avec ma baguette. Et ça marche. Nos deux forces combinées nous offrent l’avantage, mais ma main tremble. Je suis surprise quand il me la prend pour l’examiner.

« Ça va aller, j’t’ai dit, ça pique un peu c’est tout. »

J’essaye de me dégager. J’ai toujours détesté montrer mes faiblesses, à cause de ma louve Alpha qui sait très bien que n’importe quelle femelle pourrait s’engouffrer dans la brèche si elle sentait une faille chez la dominante. Sans compter que ça me rappelle la nuit sanglante. J’avais été si affaiblie… durant si longtemps… et Liam qui devait me porter ne serait-ce que pour aller aux toilettes. C’était… humiliant. Mes yeux lui lancent des éclairs, la femme est frappée dans son orgueil mais la louve, elle, cède face à l’autorité dont il fait preuve. Il ne faut pas que je sois blessée en sa présence. Oh non, il ne faut pas. Il n’a pas le droit de parler de nous comme d’une meute. Il en a une, à lui. J’en ai une à moi. Elles sont séparées.

« Quand tu seras blessé je te torturerai, j’espère que tu en as conscience. »

Ouais, direction la montagne, ça vaut mieux. On a marché durant de longues minutes, ne parlant pas de ce qui nous entravait. Ma louve souffre, je le sens bien sûr. Je suis désolée, tu ne t’es pas amourachée du bon, d’accord. Ce n’est pas possible. Et… ça non plus ce n’est pas possible. Cette protection tout autour de la montagne c’est… incroyable. La muraille est gigantesque, et bien protégée. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Le ministère est forcément au courant, un tel déploiement d’énergie magique, ça ne peut pas passer inaperçu. Et ils n’ont rien dit. Je regarde Amadeus. Je suis d’accord, il y a quelque chose qui cloche. Mais on n’est pas du genre à renoncer. Je suis prête à parier mon autre main qu’il n’a jamais abandonné, qu’il n’est jamais rentré de mission avant de l’avoir parfaitement accomplie. Et il en va de même pour moi. On a presque aucune chance de nous en sortir, c’est parfaitement calculé de la part du Ministère. Hors de question que je rentre la queue entre les jambes. Ils nous sous estiment sur ce coup-là.

« Depuis quand on hésite ? »

Et oui, on passe par la grande porte, foutu pour foutu de toute façon… Je m’avance, mais il me retient, m’attirant contre lui. Mon cœur s’emballe. Non ma louve, ne le respire pas, ne…  Je ferme mes bras sur lui, frissonnant en sentant son souffle sur ma peau. J’ai senti son patronus en moi, et là, je sens que c’est un au revoir. Non formulé, certes, mais c’est un au revoir. Et je n’aime pas ça. J’ai envie de hurler, j’en ai la nausée. Je ne peux pas accepter les choses, comme ça, sans me battre… Mais je ne peux pas le faire céder. Je le sais quand il pose son front contre le mien. Il est déjà plus loin que moi, il est déjà le volcan et je ne peux me résoudre à être la montagne.

Cette fois on y va. Un vrai saut dans l’inconnu. Ok… il y a un portier visiblement. Une femme. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Hein quoi ? Moi et ma femme ? Lui et moi ? Moi sa femme ? Qu’est-ce qu’il raconte ? Je le regarde, surprise.

« J’apporte le sang d’un puceau, ça compte en offrande ? Je ne sais pas moi ! »

Alors là, je ne m’attendais pas à ce que ça marche. Je lui adresse une grimace alors qu’il me regarde, satisfait. Les couples c’est par ici ? Y a vraiment des gens, des couples qui viennent pour être… immortels ? Ok, c’est vraiment étrange. Mais alors qu’on avance, la bonne femme hurle à m’en faire mal au tympan. Elle… elle veut qu’on se sépare ?  Je me raidis quand je sens une baguette pointée sur ma temps. Alors ça, c’était une très mauvaise idée. On va jamais se retrouver, on n’est pas ensemble. Ça doit être un sort de sécurité, pour s’assurer qu’on ne ment pas. Et ô surprise, on a menti.

Allez, Parkinson, avance, on ne peut pas reculer, on n’a pas le droit de reculer. On va se retrouver. Je trouverai comment défaire le sort ou nos loups se retrouveront.

« Je suis impatiente, mo mac tire. »

Je ne le quitte pas du regard. Jusqu’à ce qu’il s’engage sur son chemin et que moi j’aille du mien. C’est ainsi que ça doit être, n’est-ce pas ? Dans nos vie, c’est comme ça. On ne pourra jamais marcher sur le même chemin. Une porte claque derrière moi. D’où vient cette porte ? Et où est passée la femme ? La montagne est ardue, végétale, gigantesque. J’hume l’air… et je ne le sens pas. Et je me sens perdue. Je ne le sens pas. La louve aussi est perdue. Ok. Pas de panique. Je sors ma baguette… et rien ? Je tente un sort, puis un autre, mais rien, il ne se passe rien. Où est ma magie ? Désormais, la louve, la femme et la sorcière sont totalement perdues. Une vague de panique me submerge. Respire Reagan, respire. Il y a un sentier devant moi. Sauf qu’on n’est pas du genre à suivre les sentiers, n’est-ce pas ? Je m’engage dans la brousse, suivant le soleil. Généralement, quand les enfants se sauvent, ils avancent dos au soleil. Je fais l’inverse. J’avance. Dans la chaleur humide. Des lianes me barrent la route, me frappent le visage. Je pousse un cri, sentant une vive douleur. Putain ! Y a une bestiole qui m’a mordue à la cheville.

Je sens comme une poussée de fièvre, mais il faut avancer. Je ne le sens toujours pas, alors j’avance. Je transpire, perdue. Jusqu’à ce que j’entende un bruit. Un loup, noir, immense, se tient devant moi.

« Liam ? »

Il montre les crocs et avance.

« Liam qu’est-ce que tu fous là ? »

Et là, il bondit, je tombe à la renverse sous son poids. Sa mâchoire claque à quelques millimètres de mon visage. Et sans que je comprenne pourquoi, ma hanche se met à saigner, là où il m’a mordue autrefois.

« Je ne suis plus à toi ! Je ne suis plus à toi ! »

Je hurle et me réveille en sursautant. Je suis sur un lit de feuilles… une douleur à la cheville. Je transpire. J’ai… je passe deux doigts sur ma peau. J’ai été mordue par un serpent… une hallucination ? Je me relève. Bordel, il faut que j’avance. Même sans magie, il faut que j’avance. J’avise alors une tente… Etrange… J’avance prudemment, pour y trouver un vieil homme.

« Monsieur ?..
- Mademoiselle ?
- Vous êtes réel ?
- Aussi réel que vous.
- Vous avez vu un homme, un peu plus grand que moi, brun, il…
- Vous savez où il est.
- Euh… non, je ne sais pas, c’est bien ça le problème.
- Vous avez emprunté le chemin des amoureux et vous avez menti, n’est-ce pas ? Alors vous ne le retrouverez jamais. »

Il rit en disant ça, dévoilant un sourire édenté. Il doit avoir plus de cent ans, ce vieux fou. Je deviens dingue, j’dois encore être en train d’halluciner.

« Il faut toujours dire la vérité. La pierre et le Seigneur n’aiment pas les menteurs.
- Merci du conseil.
- Il n’est pas trop tard pour dire la vérité.
- On n’est pas ensemble, d’accord. Je ne suis pas sa femme, c’est vrai, on a menti. Alors, où il est ?
- Vous mentez encore…
- Mais je vous ai dit la vérité, il a une compagne qui a un gosse, il les quittera pas. Et j’ai un Alpha.
- Menteuse. »

Je me passe une main dans les cheveux, à deux doigts de le baffer.

« Tenez, on va voir si vous assumez la vérité. »

Il m’invite à m’assoir et me tend une sorte de calumet, m’invitant à prendre une grande inspiration, avant de peindre mon visage. La fumée entre dans mes poumons, et ce n’est franchement pas bon. J’ouvre les yeux.

« Amadeus ? »

Il est là, devant moi, torse nu. Mais je ne le sens pas, et je comprends qu’il n’est pas vraiment là. Le vieillard lui, est bien là. Il me montre des symboles sur lui, m’indiquant à chaque fois leur signification : confiance. Amitié. Solidarité. Haine. Amour. Rejet. Colère. Et bien d’autres. Puis il me temps des peintures artisanales pour le corps.

« Nommez-le. Tatouez-le. Son vrai nom. »

Je suis troublée. Son regard, chaque parcelle de son corps, ça semble si vrai. Je peins un loup sur son torse. Je peins la confiance sur son cœur, l’attirance au niveau de son nombril. Mais rien ne se passe. Je rajoute « interdit », « rejet » et même « amour »… en vain.

« Ce n’est pas à lui d’affronter la vérité. »

Mais quelle vérité, bon sang ? Que je veux être avec lui, au moins une fois ? Que tout en moi le réclame ? Je l’ai dit. Je l’ai écrit. Je… J’attrape de la poudre et j’écris le symbole « âme » sur ses lèvres. J’enlève mon haut, pour coller ma peau nue à la sienne et l’embrasser. C’est presque réel, je sens presque son souffle chaud, son corps chaud et puissant. Je le sens… je le sens…

« Présentez-vous sous vos vrais noms, si la tribu vous le demande. Ne mentez pas. »

Je rouvre les yeux… il y a des traces de peintures sur mon corps mais pas de trace d’Amadeus. Sauf que je le sens maintenant. Je me rhabille et me passe un peu d’eau sur le visage, je me mets à courir comme une dératée. Je sais où il est, je sais exactement où il est.  Je suis prête à être la montage s’il le faut. Pourvu qu’il soit là.

black pumpkin

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L'amour d'un père est plus haut que la montagne.
L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Brésil - Mi-Février 2020 -

Mon cœur se serrait. Je me retournais mais je ne la voyais déjà plus. D'ailleurs autour de moi, tout avait changé. Je ne reconnaissais plus la végétation du bas de la montagne. Je hurlais alors le nom de Reagan pour voir le potentiel de l'écho, mais il n'y en avait aucun. J'entendis un rire, comme si le son s'approchait de moi. "Tu la cherches ? Tu la cherches ?" Je me retournais, dans tous les sens, l'écho de cette voix était, lui, partout autour de moi. Comme si le son se dédoublait, comme s'ils étaient plusieurs. Une voix et à présent plusieurs, hommes et femmes. Ils rigolaient, un rire sordide, malsain.

"Tu ne cherches pas bien, regardes mieux !" Je sentis comme un courant d'air sur moi, comme si une main délicate m'avait touché. Je me retournais, mais il n'y avait personne, à croire que c'était le vent. Je sentis d'un coup une douleur vive, comme un coup de poignard dans le haut de mon épaule. Je poussais un hurlement, toujours sans écho, et mon cris se répercuta dans mes oreilles et je tombais à genou. Mon corps se mit à convulser, je tâtais l'endroit de l'impact et me sortais une sorte de fléchette. La douleur s'empara de moi, irradiant mes muscles. "Faible, trop faible..." Je tentais de me relever, m'aidant de la végétation autour de moi. "Tu as toujours été trop faible... Un second choix, le second choix, faible ! Faible !" Je me redressais. "Qui est là ? Qui me parle ? Que me voulez-vous ?"

Une deuxième flèche percuta mon mollet. Je trébuchais. "On aime pas les menteurs ! Menteur ! Menteur ! Le Seigneur est fâché, le Seigneur est très fâché...elle va mourir !" Mon sang pulsait fort sous l'effet du venin, mais je ne me laissais pas abattre, je tentais de me relever une deuxième fois. "Ne lui faites pas de mal !" Les rires se firent plus forts, de plus en plus fort, j'avais l'impression qu'une horde entière allait me tomber dessus, et quelque se mit à crier, si fort près de mon visage - alors que je ne voyais rien - que je sentis l'air sur ma peau. "ALORS RETROUVE LA !"

Le silence. D'un coup. Une silence terrifiant. Comme si je me trouvais au cœur de l’œil d'un cyclone. Un silence que je n'avais jamais entendu de toute ma vie, moi, le demi-loup à l'oreille affûtée et aiguisée en permanence avec les bruits ambiants. Je n'entendais même pas les battements de mon cœur, comme si j'étais mort. Et puis...une voix. Je me retournais, et cette fois ci, je le vis. Mon père.

"Wolfgang ! Qu'est-ce que tu fais là ?"
"Papa ? Toi qu'est-ce que tu fais là ?"
"Tu m'as appelé..."
"Non, je comprends rien à ce qui se passe...aide moi !"
"Je ne t'ai pas abandonné, personne ne t'a abandonné ! Ne l'abandonne pas..."
"PAPA ATTEND !" Il avait disparu, dans une fumée noire qui se dissipa autour de moi.

Encore une voix, je me retournais vers elle. Maman.

"Amadeus arrête de faire la mule, arrête de t'oublier !"
"Maman...aide moi s'il te plait !"
"Mon fils, regarde toi, toujours les autres, regarde toi ! Mais ils sont encore tous là !"
Je le fis, et mes mains semblaient disparaître, comme si elles étaient en train d 'être gommée.
"Qu'est-ce que je dois faire ? Dis moi !"
"Tu le sais, c'est ici qu'elle se trouve...c'est ici et maintenant que tu dois arrêter !"
Sa main s'avança jusqu'à ma poitrine et semblait traverser mon cœur alors qu'elle disparu dans un filet de fumée blanche.

J'entendis comme des bruits de...des...gazouillements ? Je me retournais vivement. Mon cœur se mit à battre de plus en plus fort, je ne l'entendais pas, mais je le sentais. J'accélérai le pas, cherchant d'où venait ce bruit. "David ! Mais qu'est-ce que... BORDEL !" Alors que j'accélérais le pas, l'apparition de Seamus se plaça devant le bébé. "C'est mon fils !" Je m'arrêtais net. "C'est son fils !" Je me retournais vers la voix féminine, Victoire. "Tu n'as aucun droit sur lui ! Je serai toujours son père ! Tu n'as aucun droit sur lui, il n'est pas à toi ! Ce n'est pas le tien !" Victoire se rapprocha de son ex et se mit à l'embrasser. "Tu savais que ça finirait comme ça Wolfgang, tu le savais, c'était là..." Victoire s'approcha de moi et posa sa main sur mon torse et traversa mon cœur. "Personne ne t'a abandonné !" Les trois disparurent dans une fumée rouge.

Je tombais à la renverse sous le choc de l'émotion. "Relève toi, je t'en supplie, relève toi !" Une main me barra le visage. Mes yeux se posèrent sur elle. Saoirse. "Tu n'es pas seul. Tu ne l'as jamais été. Je ne vais pas te quitter, même si je pars. Reste celui que tu es. Ne l'abandonne pas, regardes toi, c'est ici qu'elle se trouve !" La main de Saoirse s'enfonça dans mon cœur avant de disparaître elle aussi en fumée.

Un grognement sourd derrière moi. Je me retournais brusquement et un loup argenté avança son museau vers mon visage. Mais je ne tremblais pas, je ne reculais pas. Je le...reconnaissais. Et les battements de mon cœur se firent audible. Le loup ouvra sa gueule lentement et le son de ma voix en sortit. "Tu sais qui elle est. Tu sais où elle est. Tu n'as pas besoin de voir pour l'entendre. Tu n'as pas besoin de l'entendre pour la sentir. Elle est comme ta magie, elle est en toi, depuis le début. Regarde toi ! Le Seigneur n'aime pas les menteurs. Arrêtes de te mentir. Vous n'êtes pas seul. RELÈVE TOI AMADEUS ET MAINTENANT !" Je poussais un hurlement et sursautais, je reprenais une lourde inspiration comme si je venais de me noyer. J'étais allongé au sol, mon Patronus à côté de moi. Tous les bruits de la montagne étaient revenus à mes oreilles. Les fléchettes... Je me débarrassais de celle encore sur mon mollet. J'imaginais que dans mon dos c'était pareil qu'à la cheville, le venin avait tracé mes veines, elles étaient noires tout autour de la piqûre. Je me relevais.

"Alors jeune homme ?" Je me retournais vivement vers la voix. Un vieil homme au sourire édenté. "Vous avez vu ?"
"Qui êtes vous ?"
"Moi je l'ai vu !"
"Qui ?"
"Celle que vous cherchez !"
"Où est-elle ?"
"Vous n'avez donc pas vu !"
"Dites moi..."
"Vous allez mourir ici. Tous les deux."
"DITES MOI !"
"Vous êtes fini, vous allez mourir ici tous les deux séparés. C'est ce que vous voulez tous les deux, vous refusez d'être ensemble. Alors vous allez mourir séparé. C'est ce que tu veux ?"
"NON ! Non c'est elle que je veux ! C'est elle ! Dites moi où elle est !"
L'homme se mit à sourire et pointa ma poitrine.
"Maintenant que tu ne mens plus, regardes mieux." Il pointa un doigt derrière moi, montrant mon Patronus. Et quand mon visage se retourna vers lui pour l'interroger, il avait disparut.

Je réfléchissais. J'observais mon loup, intrigué. Pourquoi était-il là, alors que tous les sorts que j'avais tenté de faire jusqu'à présent étaient impossibles ? Comme si je n'étais plus capable de magie ici, comme si on avait volé mes pouvoirs, alors que...lui, il était là. Il était un bouclier, un messager aussi, un guide. Il était l'essence même de ma magie. Mais il ne m'amenait pas vers elle, pourtant il était toujours là. Il ne me guidait pas vers elle. On allait mourir ici, on allait mourir.

Il fallait que je regarde en moi, que je me...regarde. Pas moi. Pas vraiment moi ! LUI ! Moi c'était lui, c'était mon loup, c'était mon instinct. Je n'étais pas vraiment moi si je n'étais pas vraiment loup. C'était lui, pourquoi il était là ? J'avais compris. Mes gènes, je refoulais tout depuis un moment. Depuis Victoire, je le muselais, alors qu'avec elle, avec Reagan, il était entièrement lui. Je le voyais maintenant. J'avais peur d'abandonner Victoire et David, comme mon père m'avait abandonné. Mais David avait un père. Je ne pouvais pas sauver tout le monde, je ne pouvais pas adopter tous les mioches que je croyais.

J'avais eu envie d'elle, j'avais envie d'elle, de Reagan, mon loup aussi. Alors qu'avec Victoire, le loup disparaissait, je le muselais, je le mettais à rude épreuve, pour satisfaire l'homme. Mais sans le loup, je n'étais pas moi. Je n'étais qu'un simple homme sans lui. Et j'étais loin de n'être que ça.

J'étais un meneur, j'étais un leader. Un chef de meute. J'avais une meute. Je voulais une femelle, plus qu'une femme. Je voulais être complet et avec elle je le pouvais. On était fait du même format. Une meneuse, toujours plus haut, toujours plus fort. On ne passait pas par la porte de derrière, mais devant tout le monde. Sur cette table, sur ce bureau du Ministère, devant tout le monde dans cette grotte. Au sommet toujours de tout. On était comme ça. Au sommet, jamais plus bas, parce qu'on était des fonceurs, des têtes brûlés. On ne s'écrasait pas. On montait, toujours. Je relevais ma tête. Je la sentais, je l'avais trouvé. Elle était en haut, au sommet de la montagne, parce qu'elle était là notre place. En haut, pour protéger la meute.

Mon cœur s'emballait devant cette révélation. Je regardais mon Patronus ! Je le caressais. "Et maintenant vas-y ! J'ai vu ! VAS Y MAINTENANT !" Je poussais presque un cris devant cet ordre et le loup fonça à travers la végétation, si vite qu'il écrasa tout sur son passage, bientôt je ne voyais plus sa lumière. Je pris alors l'opposé de lui et je me mis à courir vers les hauteurs. Je ne m'arrêtais pas, je sautais, grimpais. Son odeur était de plus en plus proche. Et bientôt j'entendis ses battements de cœur. Je fis un dernier pas et je m'arrêtais devant elle. L'air tout aussi dévasté et soulagé que moi.

Je passais une main sur son visage. Je caressais sa joue, la rapprochant de moi. Je frottais mon nez contre le sien, contre sa joue, son front, ses lèvres, je lui sentais littéralement le visage, comme pour m'assurer que c'était bien elle. C'était quelque chose de très animal, de très loup... Et c'était bien elle, as une vision, pas une hallucination. "Salut beauté, tu m'as manqué tu sais ?" Je la serrais contre moi. Je caressais la peau de ses bras, embrassait le haut de son crâne. Elle était là, elle était contre moi. On s'était retrouvé. Je savourais ce contact. Je l'aurai embrassé, je voulais l'embrasser, j'aurai même voulu plus, mais un rire retentit tout autour de nous.

Ma poitrine se bomba. Elle se détacha de moi. Le vieil homme se matérialisa devant moi, mais son corps se modifia, il changea d'apparence, il avait l'air encore plus hideux. Je plaçais Reagan derrière moi, instinctivement pour la protéger. Elle refusa et repassa à mes côtés, mais je tenais bon et ma main la replaça derrière moi. C'était moi l'Auror ! C'était moi le protecteur ! Bien sûr qu'elle était forte ! Bien sûr qu'elle était douée ! Ma semblable, mon égale, mais là non ! Bien sûr que j'avais confiance en elle. Mais il n'y avait plus de magie ici. Et il était hors de question qu'elle fasse ça, qu'elle refuse que je prenne soin d'elle, que je la protège. Je la voulais, on était pas ensemble non, mais je la voulais, et ça allait avec le fait que je devais la protéger. Elle ne pouvait pas m'enlever ça. Elle ne pouvait pas enlever l’instinct protecteur d'un alpha. Pas devant sa compagne. Et elle était celle de mon loup, indéniablement. Celle qu'il avait choisi. Alors certes il fallait encore que nos parties humaines se mettent en accord, il y avait encore des choses à régler, du chemin à faire. Moi avec Victoire, elle avec Liam. Visiblement. Mais nos loups étaient ensemble, ils étaient connectés, ils étaient compatibles. Et ça, ça ne s'inventait pas, ça ne se choisissait pas... Le mage noir se mit à rire.

"Des gardiens n'est-ce pas ? Peut-être même des Aurors...mais vous êtes seuls, bien seul. Et que croyez vous faire dans mes montagnes ? A deux ?"
"On est pas seul..."
"Si, je compte. 1...2 !"
Je lâchais un ricanement.
"C'est vous qui ne savez pas voir à présent."
Il semblait perplexe. Il s'approchait de nous.
"On a jamais été seul..." Je retirais alors mon t-shirt. Je sentais Reagan complètement perdue derrière moi. Oui beauté, je fais mon show, rien que pour toi.
"Reagan, explique lui mes tatouages s'il te plait...d'où ils viennent..."
Je la regardais dans les yeux, lui signifiant que je n'étais pas devenu dingue, que je savais ce que je faisais. Elle se mit alors à frôler ses doigts sur chacun d'eux.
"Namibie, Pérou, Argentine..." A chacun de ses contacts je frissonnais. "Papouasie, Philippine, Indonésie, Nouvelle Zélande..." J'attrapais la main de Reagan, embrassant ses phalanges et entrelaçais mes doigts avant de lever nos mains ensemble en l'air et je finissais par dire. "Angleterre"
Le mage noir tourna sur place, regardant autour de lui. On entendait des craquements, des hurlements. Les feuillages bougeaient, la forêt s'agitait. Des hurlements. Des loups. Je resserrais ma main sur Reagan, fermant de soulagement mes yeux quelques secondes. La terre trembla comme si quelque chose venait de s'effondrer.

"MON MUR ! MA MURAILLE !" Et bientôt les premiers transplanage à côté de nous. Mon regard se posa en premier sur Sko. Des baguettes neutralisèrent le mage noir. Et ils arrivèrent, toutes les meutes de tous les pays que j'avais aidé. Tous les alpha, les béta, même certaines femmes louve. Ils étaient tous là, tous avaient répondu et reçu mon messager, mon Patronus. Je n'avais encore jamais fait ça. Mais ça avait marché.

Et alors que je me retournais vers elle, ils apparurent. Nos équipes. Les gars de Reagan lui sautèrent dessus venant voir dans quel état elle se trouvait. Les miens me tirèrent aussi et nos mains se détachèrent de force. On se retrouvait happé par les notre, qui commençaient à nous lancer des sorts de soins, mais mes yeux ne pouvaient se décrocher des siens. Je me laissais faire, on aspirait mon venin, on pansait mes plaies. Et on s'occupait aussi de Reagan, de sa main brûlée, de ce qui semblait être une morsure sur sa jambe... Ce fut après trois appels à mon nom que je brisais le visuel avec elle.

"Wolf ?! Ca va ? Tu es sourds, tu as un truc aux oreilles ? Tu nous entends."
"Oui...oui..."
"Est-ce que tu vois bien ?"
"Quoi ?" Je me retournais vers un collègue médicomage
"Le venin, est-ce que tu as encore des effets ? Est-ce que tu vois bien ?"
Je retrouvais le visuel avec Reagan.
"Oui...je vois très bien maintenant..."



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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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Come on now, follow my lead
Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

Je cours, à en perdre haleine, ignorant la douleur, la fièvre, juste avancer. Il est forcément au sommet, il est forcément en haut. C’est un Loup Alpha, il veille sur les siens, il protège. C’est un homme ambitieux, qui doit se faire remarquer. Alors c’est forcément là-haut qu’il est, et je le sens. Enfin, tout rentre dans l’ordre. Je le sens, je l’entends. Et je le vois. Je ralentis ma course, jusqu’à m’arrêter. Lui aussi a l’air abîmé, mais il est vivant et pour le moment c’est tout ce qui compte. Cette fois, je le laisse me toucher, me sentir. C’est peut-être ridicule vu de l’extérieur, mais c’est nécessaire pour nous. Les trois personnes que je suis sont enfin en phase, en harmonie. La louve le sent, frotte son museau contre sa peau, dans son coup, comme un signe de soumission, parce que face à lui, avec lui, elle accepte de se soumettre. La femme se sent enfin en sécurité et entière, soulagée et désireuse. La sorcière sent sa magie, quelque part, partout, inaccessible, mais présente.

« J’ai eu peur.. »

Lui révéler, comme ça, ce que je ressens, c’est nouveau pour moi. Nouveau et perturbant. A-t-il vécu les mêmes épreuves que moi ? Qu’a-t-il affronté ? Autant de questions qui restent sans réponses. Je préfère savourer ce moment, savoir qu’il est là, qu’on est ensemble, même si c’est éphémère. Surtout si c’est éphémère, d’autant qu’un rire brise notre étreinte. Le vieil homme ? Bordel, il… le mage noir ? C’était lui depuis le début ? Amadeus veut me protéger. Non, non, je ne suis pas d’accord. On est ensemble sur ce coup-là, je vais me battre à ses côtés. Sauf qu’il m’en empêche. La femme n’est pas d’accord, mais c’est ma louve qui accepte. Elle l’accepte. Elle n’a jamais accepté de se soumettre, mais là, elle ne négocie pas. Elle gronde mais pas contre lui, elle gronde pour lui, pour son loup.

J’ignore ce qu’il va se passer. On est seuls, le mage à raison, mais ce n’est pas ce qui va nous arrêter. Ma main passe dans le dos d’Amadeus, ne comprenant pas où il veut en venir. Je ne tremble pas, je soutiens le regard du Mage. Amadeus est peut-être devenu dingue – après tout, je le sais depuis qu’il a sauté de la falaise – mais il est le compagnon de ma louve, elle l’a su dès qu’il a sauté. Alors je sauterai avec lui. Voilà qu’il fait un strip-tease maintenant… non que le spectacle ne soit réjouissant mais je préfèrerais d’une part que ce soit pour moi seule, et en plus, dans un meilleur contexte. Je plisse les yeux… ok… Je caresse ses tatouages, citant chaque pays, me souvenant de ce qu’il m’avait raconté de chacun d’eux. Mon cœur s’emballe quand il prend ma main. Je ne comprends toujours pas où il veut en venir mais je garde la main levée, avec lui.

Puis il y a tous ces bruits. Je tourne ma tête, frénétiquement, alors qu’Amadeus reste droit et la tête haute. Je serre encore plus la main d’Amadeus quand le sol tremble. On… on n’est pas seuls… Des loups, des hommes, nos hommes… Je reste muette de stupéfaction.  Si j’étais de ce genre là, je serai capable de pleurer d’émotions. Mais il se dégage une telle force, une telle puissance… De ces… non… de cette meute, sa meute. De lui. C’est… Indescriptible. Je n’ai jamais ressenti une telle aura. Des dizaines d’êtres lui sont liés, à travers l’espace. La plus belle et la plus grande meute qui m’est été donnée de voir. Pour la première fois, il n’y a pas le schéma classique… Il y a plusieurs Alphas. Depuis quand des meutes se liguent ainsi ? Des louves aussi, qui font grogner la mienne. Ils sont tous là… Pas seulement pour lui, mais pour nous. Et je ressens une fierté, comme jamais je n’en ai ressentie. Je voudrais lui dire à quel point je l’admire, mais déjà mes hommes viennent s’occuper de moi, et les siens s’assurent qu’il va bien. Nos mains se lâchent. Pas nos yeux. J’accepte qu’on me soigne, surtout qu’on fasse tomber cette fièvre désagréable.

Il y a tant d’êtres autour d’Amadeus, c’est impressionnant. C’est nouveau. Les Alphas règnent par la peur et la violence. Là, c’est différent.

« Vous avez pas volé votre promotion, me balance un des tireurs qui était sous mon commandement jusqu’à il y a peu. Mais quand on a vu le patronus, on a compris que vous pouviez pas vous passer de nous.
- On vous a donné l’autorisation ?
- Depuis quand on en a besoin ? On va pas se priver d’aider la meilleure équipe qui soit. »

Je leur souris. Ils ne se doutent pas un seul instant des manigances du ministère. Je remarque alors un homme qui s’approche de moi, et je demande aux autres de me laisser un instant. Je reconnais immédiatement un alpha puissant. Aussi je courbe légèrement le cou, en signe de soumission.

« Merci. Merci de nous avoir aidés.
- Tu n’as pas à me remercier, fille. »

Il me dévisage, comme s’il était en train de sonder mon âme. Ce qui est, je dois dire, un peu dérangeant, bien que l’homme dégage une grande bonté.

« Je me nomme Sko.
- Reagan.
- Fils a bien choisi. J’en suis ravi. Je vous souhaite une belle et grande meute.
- Je ne suis pas…
- Vous êtes, fille. Les louveteaux grandissent et partent fonder leur meute. »

Il jette un regard attendri et bienveillant sur tous les êtres qui ont répondu à l’appel d’Amadeus. Il baisse la tête pour me saluer et part en direction d’Amadeus. Je remarque alors des autochtones, et heureusement que certains de mon équipe – enfin, ancienne équipe – traduisent, parce que le portugais n’est clairement pas mon fort.

« Ils nous invitent à célébrer votre victoire. Tous ensemble. »

Les baguettes se lèvent, des tentes se dressent toutes seules. Un feu est allumé, la nourriture abonde, ainsi que la musique. Des membres de la tribu approchent d’Amadeus et moi et nous emmènent à côté du feu. Dans un langage que je ne comprends pas, ils nous peignent le visage. C’est censé faire partie d’un sort pour éloigner le mauvais œil. Les peintures disparaissent, comme si elles se fondaient dans notre peau.

« Ce sont des peintures magiques, elles apportent des bienfaits. Ce que vous souhaitez à l’autre, vous le peignez sur son corps. »

Merci au traducteur. La musique s’élève, on nous offre à manger. Instinctivement, je prends place aux côtés d’Amadeus, pour découvrir l’étendue de sa meute. Sous une impulsion, je l’attire avec moi, pour danser avec les autres, près du feu. Mon corps épouse le sien naturellement, un peu trop naturellement d’ailleurs. Certains de nos hommes sifflent, mais ça reste bon enfant. Des louves me jettent des regards noirs, que je soutiens. Ce soir, je laisse la louve libre. Mes mains se posent sur ses hanches, l’invitant à faire de même. Je tente de danser avec d’autres pour donner le change, même s’il me récupère en plaisantant. Un des autochtones nous tend alors leur fameuse peinture magique et nous désigne la tente d’un geste de la tête. Ok, puisque c’est la tradition.

« Fais-moi ton show, Parkinson ! »

J’essaye de plaisanter, mais je suis tendue. Il doit le sentir. Je ne le quitte pas des yeux quand il ôte son t-shirt. Mais je baisse le regard au bout d’un moment. Vérité… ça a été ça, mon défi, mon épreuve. Accepter la vérité. Accepter l’idée qu’il est mien et que je suis sienne et que je suis juste terrifiée par tout ça. Je m’approche de lui, jouant avec la peinture dans laquelle j’ai trempé mes doigts. Je ne lui souhaite rien en réalité, parce que tout vient de lui, il a déjà toute la puissance nécessaire. Lentement, je me mets toutefois à dessiner sur sa peau nue. Sur son pectoral, au cœur. Je me souviens de l’un des symboles du vieillard. Un symbole que je vais améliorer. Mes doigts glissent sur sa peau. Je ne le regarde pas. Ma louve l’appelle pourtant, je le sais.

Ame-sœur.

Je relève mes yeux dans les siens. La louve l’aime. La femme l’aime. Je le sais. J’aime ce con avec une force que je n’aurais jamais imaginée possible. Je l’aime. Mais c’est justement pour cela qu’on ne peut pas être ensemble.

« Je ne suis plus la compagne de Liam depuis quatre ans. Je l’ai quitté, mais il m’a gardée dans sa meute. Je n’avais… nulle part et personne à part notre meute. Il… Il a fait de moi sa Bêta. Je ne suis pas une Alpha, mo mac tire. Et je ne te demanderai jamais d’être un bêta avec moi, jamais. Tu ne seras jamais mon second choix. »

Jamais je ne lui imposerai cela, jamais je ne trahirai le loup qu’il est. Ce sera Liam ou lui. Mais certainement pas Liam en Alpha et lui en Bêta.

« Il ne me laissera jamais partir. »

Il m’a choisie. Il m’a piégée aussi quelque part. Il n’est pas rare que des loups quittent la meute : les omégas, ou des alphas contrariés. Mais quand un dominant choisit un couple bêta, c’est une marque de confiance extrême. Malgré ma trahison, c’est à moi que Liam confiera la meute s’il lui arrive malheur. Il replace une mèche de cheveux derrière mon oreille.

« Je vais régler de mon côté mon histoire, je te laisse le temps de voir ce que tu veux vraiment. Mais si on se revoit Reagan, je ferai en sorte qu'il te laisse partir, parce que je viendrai lui demander...de force. »

C’est une très mauvaise idée ça, Liam ne va pas du tout apprécier. Mais là, mon cerveau n’est plus vraiment en état de quoi que ce soit. Alors que les peintures pénètrent son corps, je cède, brisant la dernière barricade pour ma louve. J’attrape son visage pour l’embrasser, comme dans ma vision, mais cette fois, les sensations sont démultipliées. Mes lèvres jouent avec les siennes comme si elles l’avaient toujours fait. Mon baiser se fait soudainement bien moins chaste, et bien plus entreprenant tandis que mon corps de femme s’enroule autour du sien. Je me sens en totale harmonie. Ma louve gronde pour son loup. La femme frissonne sous le plaisir. La sorcière sent sa magie. Je me sens à ma place, enfin. Je sais qu’il est le compagnon que je cherche depuis longtemps. C’est l’évidence même. Je voudrais que ça ne s’arrête jamais. Je le touche, je le renifle, je me délecte de ses baisers. Je veux gommer l’odeur de cette autre femme, je veux qu’il m’imprègne. Je veux être au sommet avec lui. Je veux que tout se réalise, notre meute… Il me soulève comme si je ne pesais rien. Mes jambes s’enroulent autour de lui, tout comme mes bras. J’ai l’impression de ne respirer que lorsque je l’embrasse. Mon regard s’est fait fauve, mes gestes impudiques. Et c’est pire en position couchée, sur le lit de fortune. Mais alors que je m’apprête à faire glisser son pantalon et qu’il a commencé à relever mon haut, alors que je me cambre sous ses caresses brûlantes, je sens qu’il s’arrête… Bordel… Elle fait tellement partie de moi que je l’ai presque oubliée. Je sens ses doigts qui parcourent la morsure que m’a faite Liam.

« Mo… »

Mais déjà on entend les rires de nos hommes qui entrent dans la tente. On s’écarte alors l’un de l’autre.

« Wooo , on dérange ? »

Les autres le bousculent en arrivant, riant, imbibés d’alcool local. On va tous dormir ensemble cette nuit, en meute. Sauf que cette fois, j’aurais aimé qu’on soit seul, qu’on parle de… ça… Enfin non, j’aurais clairement préféré qu’on fasse l’amour et éventuellement si vraiment vraiment c’est important pour lui, on aurait pu en parler après. Tous se couchent. Et dans la nuit noire, je me sens gelée. Cette marque… J’appartiens à Liam. De fait. Pas de cœur, non, mais de fait. Notre bulle a éclaté aussi brutalement qu’elle s’est créée. Mais c’est avec soulagement que je sens les bras puissants d’Amadeus me trouver sous les draps. Il me caresse, mais ce n’est plus un appel de la chair. Son torse se plaque dans mon dos, tandis que ma main se pose sur la sienne.


black pumpkin

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L'amour d'un père est plus haut que la montagne.
L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Brésil - Mi-Février 2020 -

Les médicomages avaient fini avec nous. Je n'arrivais pas à m'empêcher de la regarder. Je ne pouvais pas la lâcher, j'avais tellement peur qu'elle disparaisse encore. Les collègues avaient beau me chambrer, gentiment, pour me faire dédramatiser de la situation.

"C'est bien, vous aurez au moins tenu 1 mois sans nous !"
"Haha c'était pour vous tester, on s'en sortait très bien tout seul..."
"C'est exactement ce qu'on s'est dit avec les gars en voyant ton Patronus !"
On se regarda tous en souriant, mais mes yeux leur disaient merci et ils le savaient. Ils me donnèrent un coup chacun dans l'épaule avant de s'éloigner de moi, voyant que des gens faisaient la queue pour me parler.
"Hey les gars...dites moi..." Ils se regroupèrent autour de moi
"Est-ce que ça vous dérange...ma nature je veux dire ?"
"Mec, la seule fois où ta nature fait chier, c'est quand on fait les concours de bras de fer. Et quand t'as les plus belles meufs qui te gravitent autour. Sinon non...pourquoi ?"
"Avec tout ce qui se passe..."
"T'inquiète Wolf, si quelqu'un avait quelque chose à te reprocher, tu serai pas dans cette brigade spéciale, tu serai derrière les bureaux à trier des papiers !" Ils me donnèrent une accolade avant de s'éloigner pour de bon, ils avaient l'air sincère, ils n'avaient pas l'air de s'inquiéter, de voir le danger. Ils n'avaient pas notre instinct, et mon instinct ne m'avait jamais trompé.

J'eus le défilé de tous les alpha qui avaient répondu présent. J'étais ému, et ça se voyait, ça se sentait. J'étais époustouflé et remplit de reconnaissances. Sko fut le premier à venir me prendre dans ses bras. C'était un spectacle tellement insolite, où des alpha ne se battaient pas, se prenaient dans les bras, par geste de compassion, de solidarité, de gratitude, d'affection. Je vivais un moment unique et particulièrement très fort. Et je la regardais elle, je croisais tellement son regard, comme si on se faisait la conversation. Je la voyais interagir avec le monde autour d'elle, et je voulais tous les faire partir, je voulais m'enfuir avec elle, je voulais l'aimer. Je compris vite qu'une fête au village allait être donné. Mais j'étais comme ça aussi, j'étais celui qui resté après tout ça. Et cette fois ci, je pouvais rester avec elle.

On marchait côte à côte pour redescendre, et par moment, dans des sentiers plus étroit nos corps se frôlaient, se parlaient, s'épousaient. Ce besoin, encore, toujours de se toucher. On installa les tentes, on dormirait tous ici ce soir, le site était trop gros pour évacuer tout le monde aujourd'hui. Et certains collègues étaient partis en éclaireurs dans la flores Brésilienne pour faire le "ménage". J'écoutais les gens chantaient, parlaient, je n'étais visiblement pas le seul à ne rien comprendre. On nous installa près d'un feu, et je retrouvais l'ambiance que j'avais parfois connu dans d'autre tributs, mais j'étais avec elle, alors tout était différent, plus magique, plus puissant, plus...important. Pourvu qu'elle ait tous les biens faits de ces peintures. Je la regardais avec passion et sans que je ne m'y attende, elle m'intima de me lever pour danser, avec elle. Je me prêtais au jeu, parce que c'était elle, parce que j'avais envie de la sentir proche de moi. Ses mains sur mon corps, son bassin envoûtant, que j'avais envie de retrouver sur le mien. Ça sifflait autour de nous, mais on n'y faisait pas cas. On était juste les (anciens) meneurs irréprochables et rivaux qui dansaient ensemble, si seulement ils savaient, et peut-être qu'ils le savaient ? Mais nous on était là, on s'était retrouvé.

Je laissais les autres profiter d'une danse de 20 secondes pas plus avec Reagan avant de venir entre chaque passe pour me la réapproprier. Je peinais de regarder mes autres partenaires dans les yeux quand j'étais avec elles, car je ne faisais qu'encore une fois l'admirer elle. La soirée était magnifique, la soirée était pour nous, pour eux, pour ma meute, pour les miens, autant que j'étais leur fils, leur frère. On arriva avec les fameuses peintures devant nous, je n'avais encore jamais fait ça, j'avais fais des soirées de tatouages, mais pas de peinture. Quelque chose de nouveau pour moi et à partager avec elle. On s'éloigna, regagnant la tente qu'on nous avait indiqué.

Sa voix était chevrotante, c'était la première fois qu'on se retrouvait seul depuis des heures, après tout ça. Et si elle était tendue, je l'étais aussi. Mais je faisais mon show, un petit tour sur moi lorsque j'ôtais sensuellement mon haut, vissant mes yeux aux siens. Elle avait peur, je le sentais, pas de moi, mais de tout ce qu'on avait vécu. De tout ce que ça voulait dire, de tout ce que ça pouvait dire. Avait-on partagé la même expérience dans la montagne ? Avions nous vu les mêmes choses ? Ses yeux se relevèrent sur moi, et ses doigts trempés dans la peinture s'approchèrent de mon corps. Mon souffle se faisait court quand elle traça son symbole, je ne le regardais pas vraiment, je l'admirai elle. Je l'admirai faire, son air, ses yeux, son nez, sa bouche.

Je fus presque surpris quand elle remonta ses yeux vers les miens. Mais la suite me surpris encore plus. Je l'écoutais parler, sans voix. Alors elle n'était pas avec lui, alors depuis le début...elle le savait elle... Je n'irai pas dire que j'étais déçu, mais...j'étais interloqué. Pourquoi ? Pourquoi ? Et elle raconta la suite. Touché, blessé par son histoire. Comment pouvait-on faire d'elle une beta ? Comment pouvait-il la garder pour la museler ? Elle était malheureuse, c'était ça, depuis le début, ce que je sentais. C'était pour ça qu'elle ne m'avait rien dit. Ça et le respect qu'elle avait pour lui. Mais quel respect avait-il à la soumettre au lieu de l'élever. Elle l'avait quitté, c'était qu'il n'était pas le bon. Touché par ses mots, jamais son second choix, ne jamais faire de moi un bêta. Me respectait-elle autant ? M'aimait-elle autant ? Me connaissait-elle autant ? Est-ce que je pourrai ? Courber l'échine devant son alpha ? Non.

Non mais je ne pouvais pas non plus passer à côté d'elle. Jamais. Pas maintenant. S'il ne la laissait pas partir, je viendrais la chercher. Je viendrais le défier. Mais il fallait qu'elle le veuille. Il fallait qu'elle me choisisse vraiment, et il avait l'air d'être sa seule famille, son seul repère. Mais je pouvais devenir son avenir, son autre... Je caressais son visage le dégageant de ses cheveux. Je lui disais que j'allais revoir mon histoire avec Victoire, on se mentait tous les deux. Je devais parler de notre relation, et de sa fin, car je ne pouvais plus. Après aujourd'hui c'était terminé, dans mon cœur ça l'était depuis un moment. Mais il fallait le clarifier et l'acter avec elle. Et Victoire, je la sentais prête aussi, on avait fait le tour de notre dernière chance, du deuxième choix. Je voulais le premier maintenant et je la voulais elle, Reagan.

Je me sentis attirer vers elle, ses mains, ses lèvres. Je chutais dans un autre monde. On s'embrassait, comme des flammes ne faisaient qu'un dans un immense brasier. On trébucha dans un désir assourdissant, je n'entendais plus qu'elle, je ne sentais plus qu'elle. Un baiser tant désiré, tant attendu. Délicieux, envoûtant, franc, sauvage. Plus de barrière, plus de règles, plus de non dits, juste nos lèvres. Juste la fièvre de nos deux corps. Je la voulais, maintenant. Je la soulevais dans mes bras pour la faire s'allonger sur le lit. Je voulais la faire mienne, remplir chacun de ses pores pour qu'elle m'appartienne, pour que la planète soit au courant, le monde et surtout nos loups. Ils dansaient déjà, hurlaient ensemble, je les sentais, en totale symbiose, reconnaissant. Ses mains m'hypnotisaient, ses doigts, ses lèvres, c'était comme une course folle.

Mon désir était là, à vif, à cran. Je remontais son haut, caressant ses fesses, son ventre, ses hanches...ses...mes doigts tombèrent une cicatrise, j'en fis le contour. Il n'y avait aucun doute, aucune hésitation possible, c'était la trace d'une ancienne morsure. « Il ne me laissera jamais partir. » Liam. Qui d'autre depuis ses 17 ans ? Elle était une demi-louve, elle était née louve. Je me raidis devant cette horreur. Devant cette révélation. Il l'avait marqué à vie, il l'avait tatoué pour toujours... C'était une chute en abysse. Comment rivaliser avec ça ?

Les rires des gars me sauvèrent, un peu, beaucoup. Je m'arrachais à elle avec une douleur puissante. J'essayais de reprendre une consistance, brûlant encore sous les traces de ses baisers. Mon désir s'était effondré, blessé, outré par un tel geste. Pourquoi l'avait-il blessé comme ça ? Pourquoi l'avait-il rendu esclave plus qu'elle ne voulait l'être sous son commandement ? C'était humiliant pour elle, et je ne supportait pas cet affront de la belle et puissante personne qu'elle était. Mon loup se terra au fond de moi, dans une rage folle. Heureusement que les gars me sautèrent dessus, me bousculaient, me chahutaient, car j'aurai pété une colère noire, j'aurai pu tout détruit dans cette tente. J'aurai transplané pour planter la tête de Liam sur une pique et jeté au feu. Comment avait-il seulement osé poser une patte sur elle ?! Comment pouvait-on vouloir autre chose que l'embrassais, la caressais ? La mordre, vraiment ?

Mon loup grognait et je tentais de le calmer, de me calmer dans ce lit, avec elle. Mais je faisais quoi là ? Je montrais quoi là ? Du dégoût ? Non, elle ne me dégoûtait pas. Je n'avais pas pitié même si j'étais en colère, même si j'étais triste qu'elle soit encore dans son ombre après 4 ans. Elle ne méritait pas ça. Je pouvais lui apporter autre chose, je voulais lui offrir autre chose. Un place de choix. Je voulais l'aimer, prendre soin d'elle et ne jamais la marquer comme ça. Pas par la violence. Je voulais la marquer par l'amour, le respect, la passion, l'harmonie de nos loups. Un enfant, peut-être deux, peut-être plus. Je voulais marquer sa vie, son cœur, son âme. Elle était à moi. A Londres, au Brésil, en Chine, en Afrique, dans n'importe quelle partie du monde, ils sauront tous bientôt qu'elle était à moi, qu'elle serait une alpha. Et je gommerai sa trace, sa mémoire, rien de lui n'était indélébile parce qu'elle se réparerait de lui pour venir avec moi.

Je me rapprochais d'elle, je retrouvais la place que je voulais avoir à ses côtés. Mes mains sur sa peau, mon corps contre le sien. Elle était mienne, même si je n'avais pas pu l’honorer ce soir. Elle était mienne. Mes doigts firent encore le tour de sa morsure. J'embrassais son épaule nue. Je grognais dans son oreille. "Tu es une alpha, tu es mon alpha. Tu ne mérites aucune autre place. Tu brilles. Tu es sur le sommet. Je te l'offre, je t'y amènerai. S'il ne veut pas le comprendre, je viendrai lui expliquer. Je viendrai lui expliquer aussi comment je ne tolérerai plus qu'il te touche ainsi." Je passais de l'autre côté, passant par dessus elle pour me mettre en face de son visage. Je me saisis de ses lèvres. Elle était mon égale. Elle était ma louve. On était un. Ensemble dans la même direction, sur la même ligne. Pas moi devant elle, elle devant moi. Même si inévitablement je la protégerai. Elle le fera aussi, quand ça sera nécessaire et je ne pourrai alors rien faire contre ça. Nos loups s'étaient choisi, et je venais de la choisir. On venait de se choisir. "Mo banríon"* Oui j'avoue que j'ai peut-être regardé quelques bouquins d'irlandais et que ce mot m'avait sauté aux yeux. Parce qu'elle n'était rien d'autre que ça. Elle ne devait être rien d'autre que ça. Pas une bêta, pas sa bêta. Pas une reniée, pas sa propriété. Elle était Mo banrion.

Traduction :
*Ma reine : Irlandais


Je porterai le monde à ses pieds, j'y dormirai s'il le fallait. Et pour lui prouver que je saurai la respecter, je venais dans ses bras plutôt que l'inverse. Lui prouver la confiance que j'avais en elle. Le fait que je n'avais aucune honte de baisser ma garde, de baisser mes yeux devant elle, de courber l'échine en soumission. Je venais poser ma tête contre sa poitrine, prenant ainsi une position plus dominé, j'enroulais mes bras autour de sa taille et me laissais bercer par les battements puissant de son cœur, ses doigts dans mes cheveux. J'étais bien là, au creux de ses bras. A ses bons soins, dans sa grâce. Ma reine. Je m'endormais dans son odeur, dans son amour, dans sa splendeur.

Au réveil, je me rendis compte qu'elle était revenue dans mes bras. Que naturellement le loup avait protégé aussi sa louve une partie de la nuit. Je souriais. Les choses étaient à leur place. J'entendais les premiers mouvement dehors. Je la posais doucement contre un coussin et je me levais. Je sortis de la tente, saisi par la fraîcheur du matin et je rejoignais Sko qui se dirigeait vers une rivière à plusieurs mètres du village. Je m'installais à ses côtés, regardant le courant de l'eau.

"Pourquoi mon fils est-il aussi soucieux alors qu'il a vu si clair sur cette montagne ?"
Je tournais ma tête étonné vers lui. Comment il pouvait...comment il savait ? Pfff avec lui je devais arrêter d'être surpris.
Je m'allongeais sur le dos en gardant mes bras tendus derrière moi.
"Elle est dans une meute, il a fait d'elle une bêta." Alors que je regardais le mouvement de l'eau, Sko me jeta une pierre de la rivière dans l'arrière du crâne. Je me retournais vers lui hébété, me massant la tête.
"Et depuis quand mon fils ne se bats pas pour quelqu'un ? Depuis quand il baisse les armes ? Il recule ?" Je fronçais mes sourcils.
"Je n'ai pas dit que je n'allais pas me battre, que j’abandonnais. Je ne sais juste pas le mal que ça fera... Je ne veux pas lui faire de mal."
"Si tu la veux, il y aura des sacrifices, pour elle et pour toi, et pour la meute qu'elle quittera. Mais regarde ce que tu as accompli aujourd'hui fils... Regarde les loups que tu as réuni pour elle. Elle ne quitte aucune meute, elle devient la meute..."
Je me retournais et je vis le monde s'agitait et s'éveillait petit à petit dans les tentes. Et je la vis, elle, sortir de la tente. Ses yeux survolèrent les loups, les villageois, les collègues et très rapidement se posèrent sur moi.
"Où que tu sois, elle regardera toujours vers toi. Tu ne peux plus l'abandonner maintenant. Vous êtes devenu l'ombre et la lumière." Je posais une main reconnaissante et aimante sur l'épaule de Sko et je me redressais. Je trottinais vers elle, faisant mon pied plus léger en arrivant à ses côtés. Je venais embrasser son front tendrement, caressant son bras avant d'aller aider les autres à ranger le campement. Je me foutais des regards. Je me foutais des collègues et de leur sourires en coin. Même s'il me trouvait fleur bleu, romantique ou trop tendre à ses côtés. Je n'étais pas que ça. Il savait la valeur que j'avais, la force que je dégageais. Je n'avais rien à prouver. Ici, je n'avais rien à prouver, à Londres par contre...

Il était temps de rentrer. D'affronter chacun nos destins. Peut-être qu'on devrait rester ici, peut-être qu'on devrait faire notre vie ici, apprendre la langue, je lui ferai des enfants, je l'aimerai jour et nuit jusqu'à mon dernier souffle. Peut-être que... Je tournais ma tête vers mon collègue.

"Qu'est-ce que tu as dis ?"
"De quoi ?"
"A propos d'Hermione Granger..."
"Tu n'étais pas au courant ?"
"Luke, je viens de passer 2 jours dans une montagne envoûtée par un mage noire, étourdi par un poison à essayer de pas crever entre deux escalades, sans magie et mon Patronus à l'autre bout du pays. Non...j'ai pas suivi les nouvelles."
"C'est officiel...il faut rentrer."

Et alors que j'avais des projets tout autre, cette information là me fit me dire que si je voulais une vie de paix avec Reagan, si je voulais la voir un jour porter mes enfants et les voir grandir, il fallait que je règle tout ce qui se passait là bas. Parce qu'aussi loin que nous serions dans la forêt reculée où nous pourrions habiter, ce qui se préparait en Grande Bretagne viendrait jusqu'à nous quoi qu'il arrive.

On regardait les premiers transplanage, on remerciait tout le monde et chaque chose revenait à sa place. On resta les derniers, on devait être les derniers, on devait s'assurer que tout le monde rentrait bien, que tout le monde allait bien. On devait les protéger. On fermait la marche même si généralement les loups alpha n'étaient jamais en arrière. Là c'était différent, là le monde était en train de changer. On avait pas besoin de se parler, on savait que ce qu'on allait retrouver en Angleterre ne serait pas simple. Que dès que nos pieds fouleront le sol du Ministère, on serait happé par de la paperasse et de l'administratif, chacun dans notre bureau. Des rapports différents. Il fallait qu'on brille, qu'on soit encore irréprochable, il fallait qu'on soit nous contre eux.

"Je sais que tu vas devoir rentrer vite pour voir ce qu'il en est dans ta meute et que je ne pourrai pas t'en empêcher. Mais promets moi de revenir vers moi dès que possible beauté !" Je la rapprochais de moi et fit une pression dans sa main, lui indiquant les coordonnés de mon appartement à Londres. "Je supporterai pas te perdre une deuxième fois dans la jungle qui nous attend là bas..." Et c'était bien vrai. J'étais totalement paniqué rien qu'à l'idée de la perdre de vue plus de cinq secondes. Sans doute le choc traumatique de ce qu'on venait de vivre. Moi je devais revenir auprès de Victoire pour plusieurs raison. Déjà Hermione était sa tante, elle aurait des informations, il était même possible que je lui demande de me conduire chez Potter ou chez les Weasley. Il fallait arrêter tout ça, ce n'était que le début, si elle quittait le Ministère, s'en était fini de nos races. Et aussi pour faire le point, pour la quitter.

Je l'embrassais. On toucha le Portoloin.


***


1 mars 2020

"Ne me dit PAS de me calmer, je suis calme !"
"Ça se voit pas mec ! Regarde le bureau..."
Je me tournais et regardais au tour de moi. Tout avait explosé et volé. Désavantage de la magie sans baguette, parfois les émotions étaient tellement grandes que je ne ressentais rien.
"Et tu as toujours rien trouvé ?"
"Non rien, je te le dis, la seule solution c'est qu'un sort de non localisation est été utilisé !"
"Mais putain Luke on est des Aurors, alors tu m'expliques pourquoi on se fait mettre à la rue par un sort aussi con ?? OK tranquille, allons dire à tous les mages noir d'utiliser ce sort à la con pour qu'on ne les repère pas..."
"J'en sais rien, y'a peut-être autre chose avec ? Mais on la retrouve pas. Reagan a toujours été discrète et ses collègues ne sont jamais allés chez elle. Ils ne savent pas où elle habite."
"Je deviens dingue...Je suis désolé, je sais que c'est pas vos problèmes..." Je m'affalais dans un fauteuil, anéanti, je n'avais jamais été autant abattu de toute ma vie. Même après la mort de mon père, de ma mère. Jamais.
"Peut- être que...tout simplement...elle...elle ne veut plus te voir, elle a fait son choix..."
Je relevais des yeux furieux sur lui, et puis mon visage s'affaissa. Il avait peut-être raison.

Mais c'était injuste. Je n'avais pas pu me battre à la loyale. Elle ne m'avait pas laissé ce choix là. Elle ...c'était pas possible qu'elle ait fait ce choix là pour moi. Elle était une alpha, elle ne pouvait pas m'enlever le droit de me battre pour elle. Elle ne pouvait pas empêcher mon loup de la conquérir définitivement. A moins qu'elle ne se sentait qu'une bêta, que je n'avais pas ravivé sa flamme de domination. A moins que j'avais échoué. J'étais peut-être finalement encore dans cette montagne à délirer. Peut-être que Reagan était un test. Peut-être que j'étais mort ?

Voilà une semaine que je ne l'avais pas vu. Mars avait pointé le bout de son nez. Elle n'était jamais venue à l'appartement. Elle ne venait plus au Ministère. Ses collègues, sous mes ordres, s'étaient chargés de faire croire qu'elle avait posé des vacances pour ne pas se faire virer. J'étais même allé au QG des Insurgés avec Saoirse voir si elle n'y serait pas passé. J'étais même allée voir Gabriel, qui se remettait à peine de son long coma, ce qu'il savait sur les lieux secrets et introuvables tellement j'étais désemparé. J'avais sollicité Spencer, mais même lui restait interloqué. Et puis il m'avait sonné un matin. "Elle n'a plus sa baguette. Elle n'est plus localisable en temps que sorcière." Et il avait raccroché. Reagan n'avait plus sa baguette ? Ce n'était pas normal, ce n'était pas Reagan... Sa baguette c'était...tout. C'était elle, le prolongement de son bras. C'était son essence, c'était comme mon Patronus.

Je venais au boulot comme tous les jours, dans l'espoir qu'elle arrive. 8 jours maintenant. Une éternité, sans vraiment manger, sans vraiment dormir. Les supérieurs avaient insisté pour cette mission, pour que j'y aille. Ce n'était pas le moment de flancher. Je devais faire profil bas, même sans elle, et surtout pour elle. Je devais assumer trois fois plus de boulot car je faisais le sien, pour ne pas qu'elle se fasse griller, pour la garder dans l'équipe alors qu'elle n'était qu'un fantôme qui hantait mes cauchemars. Je revivais chaque courte nuit ces épreuves dans la montagne, et depuis 8 jours, je n'arrivais plus à la retrouver. J'étais jamais sortie des montagnes, jamais ! J'étais en plein dans le cauchemar encore !

Je transplanais avec le Portoloin en Islande, sans espoir, juste celui de survivre un jour de plus pour continuer mes recherches. Je faisais toutes les communautés de loups des environs de Londres pour essayer de la sentir, de la renifler, vu qu'elle n'était plus repérable magiquement. La semaine prochaine je sortirai de Londres.

Alors que je m'avançais vers mes collègues, transit de froid, mes poils se hérissèrent pour une toute autre raison. Mes coéquipiers ne me regardaient plus arriver, il regardait derrière moi. Je me tournais. Je l'aurai reconnu entre mille. Ses yeux noirs qui me captaient. Je transplanais dans la seconde et réapparu devant elle, me saisissant déjà de ses lèvres. Ma reine m'avait été rendu.



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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

Quand je me réveille, il n’est plus là, mais je sais qu’il n’est plus loin. Je reste un instant dans ce lit de fortune, émergeant doucement grâce aux rais du soleil et je regarde un instant autour de moi. Certaines couches sont déjà ides, bien évidemment, mais il y a encore des endormis. Des sorciers. Des Loups. Des hybrides. Des Alphas. Plusieurs alphas et plusieurs meutes dormant ensemble, en toute confiance. Il a réussi un exploit, il a réalisé une chose que je pensais impossible. Depuis quand des alphas aux meutes bien distinctes coopèrent-ils ainsi ? Depuis quand des alphas témoignent de leur respect mutuel comme ils l’ont fait ? Je suis plus qu’étonnée, plus qu’admirative. Jamais Liam n’aurait pris le dénommé Sko dans ses bras. Il semble d’ailleurs très proche d’Amadeus. Et que voulait-il dire par « vous êtes ». En réalité, je le sais. Ou plutôt, la louve le sait, elle le sait depuis le saut. Mais est-ce que je suis seulement prête ? Prête à abandonner ma meute, Liam ? Malgré tout le mal qu’on a pu se faire, il est celui qui m’a fait louve, celui qui m’a donné l’opportunité de vivre cette vie, celui qui m’a tout appris. Je lui dois tout. Est-ce que j’ai le droit de quitter la meute maintenant ? Après ce qu’il s’est passé il y a un an, avec ce qui semble se tramer aujourd’hui ?

Je n’en sais rien, mais la chaleur d’Amadeus encore présente sur ma peau, son odeur imprégnant mes vêtements, tout cela m’oblige à me rendre à l’évidence. C’est avec lui que j’ai envie d’être. Si la femme ne le connait pas mais le désire, la louve, elle le sait. Et ce qu’il m’a dit hier… J’ai bien cru qu’il ne me toucherait plus, qu’il ne voudrait plus de moi quand il a compris pour la morsure de Liam. J’avais cru le dégouter. Une louve marquée à vie dans la soumission…  Pour la première fois depuis des années, j’ai eu honte de cette marque, je me suis sentie gelée et perdue. Mais il est revenu vers moi. Acceptant cette marque, acceptant que j’aie pu perdre un combat face à un Alpha. Ses mots… ses mots d’hier m’ont ébranlée, jusqu’au fond de mon âme. C’est une très mauvaise idée de le laisser approcher de Liam, et j’ai compris que c’était ce qu’il fallait que je fasse. Quand on rentrera à Londres, je lui parlerai.

Amadeus a dormi dans mes bras cette nuit, je le sens encore contre mon cœur. J’ai passé de longues minutes à passer mes doigts dans ses cheveux fous ou à caresser ses muscles chauds. Là, dans cette tente de fortune, au milieu de tous nos semblables, il a fait de moi sa compagne. J’ignore si les non loups ont compris, mais il s’est remis à moi, faisant littéralement de moi sa reine. Je dois être forte. Pour cette marque de confiance, pour cette place qu’il m’offrait. Pour cet homme que je veux, pour cette meute que je désire plus que jamais.

Je sors du lit, m’étirant un peu, avant d’écarter les pans de la tente. Il est tôt et l’air frais me fait frissonner. Quelques pas en avant et je couve du regard cette étrange meute. Disparate, excentrique. Mais grandiose. Je n’en reviens toujours pas. Tout ça à l’appel d’un homme. Cet homme. Mon homme. Je le regarde, tandis qu’il est avec Sko. Deux Alphas. Puissants, forts, charismatiques. Je le laisse venir à moi, je le laisse m’embrasser sur le front, à la vue de tous. Je n’aurais jamais laissé un homme me témoigner la moindre marque d’affection en public et certainement pas devant mes hommes, avant lui. Parce que j’étais une guerrière, parce que j’avais mes preuves à faire, parce que je voulais leur prouver que je n’avais besoin de personne. Mais là, c’est différent. On est dans notre meute. Nos collègues savent ce que l’on vaut, ils savent aussi depuis leur entrée fracassante dans la tente qu’on est un peu plus que des collègues. Et les loups doivent sentir. Il n’y a rien à cacher ici. Et puis, avec ces témoins, je ne serais pas « la femme » ou « la copine » d’Amadeus. Mon identité ne passera jamais après celle de mon dominant.

Je mets la main à la patte pour aider à lever le campement. Il faut rentrer, on ne peut pas rester ici éternellement, même si je me surprends à penser une seconde au fait de rester planquée ici. Si on reste ici, Liam ne me retrouvera jamais et je n’aurais pas une énième engueulade avec lui et il n’y aurait aucun risque de combat entre Amadeus et lui. Sauf que cette pensée, toute séduisante soit elle, ne nous ressemble pas. On affronte. Ensemble. Alors il faut rentrer à Londres. On veille au bon déroulement des transplanages. Sko s’arrête, en passant près de moi. Instinctivement, je baisse les yeux, fléchissant légèrement les genoux. Mais il me redresse le menton, de deux doigts, pour que nos regards se croisent.

« Un présent, juste pour que ma fille se souvienne qu’elle n’est pas seule et qu’elle est bien ce que fils voit en elle. »

Une demi-louve lui tend un bol dans lequel je reconnais la peinture magique typique de la tribu. Soumise, je le laisse esquisser un symbole sur mon visage, dont j’ignore la signification. Et je sens le picotement caractéristique des pigments qui pénètrent ma peau. Je me sens… je ne saurais dire. Emplie d’amour. Je hoche la tête pour le saluer, avant qu’Amadeus ne vienne vers moi. Il s’est passé tellement en si peu de temps. C’est tellement irrationnel, magique…

« Je reviendrai, mo mac tire. Il faut juste que je m’assure de leur sécurité. Je le leur dois. »

Je sais qu’il comprend. Pour l’instant, c’est encore ma meute. La meute avec qui j’ai traversé l’enfer. Ça il ne le sait pas encore, mais je le lui dirais, un jour. Un dernier baiser et on a pris le portoloin pour Londres.

Et là, c’est la cohue. En moins de trois minutes, Amadeus et moi sommes séparés, chacun dans nos ailes respectives. Il faut faire un rapport, le plus clair possible, sans toutefois trop en dire sur le personnel. Je vois que certains supérieurs sont étonnés de nous savoir encore en vie. Oui, c’était une mission suicide. Oui, ils ont clairement voulu nous éliminer. Mais non, nous n’étions pas morts. Pour abattre des loups, il faut être plus fort que cela.

Je suis repartie assez tard du ministère. J’ai transplané au-dessus de la boutique de Liam immédiatement, sans prendre de douche pour tenter d’atténuer l’odeur d’Amadeus. Evidemment, il m’a immédiatement entendue ou sentie arriver. Et vu la manière dont il fronce les sourcils…

« Liam je…
- Je ne vais pas coucher avec lui, hein !
- J’ai pas couché avec lui !
- Ah oui ? En moins d’une seconde, il est sur moi, me plaquant contre le mur du palier et me reniflant le visage, le cou, la naissance de ma poitrine, partout où Amadeus a laissé son empreinte. Parce que tu sens Rea ! Tu veux me faire croire que tu ne t’es pas donnée à lui ?
- Mais bordel, Liam arrête ! »

Il attrape ma main bandée, son regard se fait encore plus sombre, sa jalousie et sa possessivité laissant la place, l’espace d’une seconde, à l’inquiétude. Un alohomora et il ouvre la porte de mon appartement pour nous y engouffrer.

« Qu’est-ce qui s’est passé ?
- C’est rien, j’ai été soignée, ok, tout va bien. »

Il m’a lâchée mais la puissance de son regard me fait sentir comme une gamine prise en faute. Je déteste ça !

« Reagan, tu es ma meute et je ne supporte pas de ne pas pouvoir te protéger.
- Tu ne peux pas toujours me protéger !
- Tu ne sais pas ce qui se passe Reagan, il y a des morts, on traque les loups !
- Je le sais ! Bon sang, mais tu me prends pour une imbécile ou quoi ? Ils sont en train de séparer les loups de leurs équipes au ministère, on nous envoie sur des missions particulières…
- Pour vous éliminer, Reagan et tu espères vraiment que j’accepte ça sans rien dire ? Ils ont des vaccins pour éliminer le gène loup.
- Je...
- Mais ça je suppose que l’alpha que tu te tapes ne le sait pas… »

Sauf qu'il se trouve qu'il le sait et que Liam vient de l'insulter. Je dégaine ma baguette, mais son instinct ou que sais-je fait qu’il est déjà sur moi à me tordre le poignet. Je résiste, mais il plie, jusqu’à temps que je pose un genou à terre, même si je le défie du regard. Il ne me relâche pas sa prise pour autant.

« Tu es ma meute. J’ai juré sur le corps de ta mère que je te protègerai, Reagan. A ton corps défendant s’il le faut. C’est le chaos ici, des guerriers meurent pour nous protéger et toi tu penses à te barrer avec mâle pour aller roucouler. Tu rêves. Il est hors de question que tu retournes au travail, hors de question qu’un jour ils te convoquent pour une visite médicale et qu’ils te vaccinent.
- Tu ne peux pas ! Tu ne peux pas m’interdire ça !
- Oh si je le peux ! – il m’arrache ma baguette des mains, me rendant juste carrément folle, j’essaye alors de lui sauter à la gorge, on se bat, comme on s’est battu il y a quatre ans… mais à nouveau, il a le dessus, surtout quand il menace de briser ma baguette. Là, je m’arrête. – Parle-moi de lui, dis-moi donc ce qui te permet de croire que tu es trop bien pour ma meute ?
- Il est mon compagnon…
- Ton compagnon… et tu vas le quitter dans trois ans parce que tu auras envie d’autres choses ?
- ça n’a rien à voir. Il est mon compagnon.
- Qu’il vienne donc te chercher. Je te rappelle que je suis ton alpha.
- Bien moins que lui. Je l’ai vu avec d’autres Alphas. Je l’ai vu réaliser l’impossible, des choses dont tu n’es pas capable.
- Je te choisirai un compagnon, si ce sont tes chaleurs qui arrivent plus tôt cette année. Mais une chose est certaine, je te veux e sécurité, tu ne bougeras pas d’ici et il ne posera plus ses pattes sur toi.
- Mais va te faire foutre ! Va sauter ta femelle et fous moi la paix ! »

Sauf que visiblement, c’était une très mauvaise idée. Il balance ma baguette sur le sol et m’attrape à la gorge. Il est à deux doigts de se transformer, je le sais. Et je dois avouer que la haine que je vois dans son regard, à cet instant, me terrifie.

« Ne… lui manque… plus jamais… de respect. »

Il me relâche et je tombe lourdement au sol. Il récupère ma baguette et sort de l’appartement, le verrouillant et jetant un sort tout autour. Je me relève, fonce dans la porte en cognant et frappant. Merde ! Merde ! Merde ! Je me laisse tomber par terre, dos contre la porte. C’est le bordel, c’est le chaos. Et comment il sait pour cette histoire de vaccin ? Et Amadeus, qu’est-ce qu’il va croire ?

J’ai essayé, les deux premiers jours de frapper, briser, la porte et les vitres, mais rien à faire à part me faire mal à la main. Et sans ma baguette je me sens tellement… incomplète, impuissante… Et je deviens folle à tourner dans cette cage. Au ministère, ils vont faire jouer l’abandon de poste ! Et Amadeus… il ne va tout de même pas croire que j’ai décidé de ne plus le revoir. Il sait que même si tel avait été ma décision, je le lui aurais au moins dit… Quoique… j’ai menti, il sait que j’ai menti. Physiquement, je ne peux rien faire. Et sans ma baguette…

C’est au bout de trois jours que j’ai compris. Que l’idée folle a germé dans mon esprit. J’ai refusé de manger les premiers temps. Et c’est là que j’ai compris, que j’ai senti ce petit picotement à l’intérieur de moi. Ma louve devient folle. Enfermée, privée de magie, séparée de son compagnon… elle gronde, attendant son heure. Je ne pratique pas la magie sans baguette, le problème aurait été résolu sinon… mais je ne suis pas dénué de magie. Je la sens… J’ai continué à m’affamer, cachant la nourriture que Liam m’apportait pour lui faire croire que je mangeais tout de même. Je veux exciter la louve, la rendre folle. L’humine que je suis doit lui céder la place. Je dois être pur instinct, pur animal. Je veux tenter quelque chose, un coup de folie.

J’ai arrêté de m’alimenter et de dormir aussi, pour exciter la bête, pour que son instinct de survie m’envahisse totalement. Il a fallu plus d’une semaine. Plus d’une semaine pour que sa rage éteigne l’humaine. Je me suis mise à frapper les murs, à les griffer et j’ai senti cette poussée de colère. La magie est en chacun de nous, elle se manifeste parfois, chez les enfants, avant même qu’ils aient une baguette. Elle est seulement moins précise et plus difficile à canaliser. Ça tombe bien c’est ce que je cherche. Et à mesure que je dépérissais, le picotement devenait de plus en plus fort. La magie dont Sko m’a gratifiée… Il a laissé de la magie en moi. Alpha. C’est ce qu’il a peint. Ma louve est une Alpha. Je suis une Alpha. Elle se souvient des mots d’Amadeus, elle se souvient de la chaleur de sa peau, de la brûlure de ses baisers, des piques lancées, des moqueries. Et j’ai hurlé quand j’ai senti une vague déferler en moi. Je n’aurais jamais imaginé que c’était possible, mais ma magie couplée à la rage de ma louve et au coup de pouce magique qui était en moi depuis le Brésil, fait sortir un patronus de mon corps. Une louve sublime. Aux reflets argentés, belle et forte. Je n’ai jamais réussi à créer de patronus… alors sans baguette…

Le sort lancé par Liam se brise et le patronus disparait après qu’il ait ouvert la porte de son appartement. Je me relève péniblement. Ça m’a vidée… je sens que je n’ai presque plus de magie en moi, presque plus de force. Mais là, c’est l’adrénaline qui me maintient debout. Je renverse l’appartement, pour retrouver ma précieuse baguette. J’ignore où il est, Liam, mais j’ai ma baguette et ça me suffit. J’ouvre le frigo pour dévorer une énorme cuisse de poulet. Juste reprendre un peu de forces… La louve a faim, mais elle a besoin d’autre chose. J’avale un carré de chocolat en plus et je transplane au ministère.

« Reagan ? Reagan, ça fait des jours qu’on te cherche ! »

Un de mes anciens collègues, qui m’attire dans un bureau vide.

« On a raconté que tu avais posé des congés et t’es censée être en mission là, mais qu’est-ce qu’il s’est passé ? T’es dans un état...
- Je… c’est une longue histoire. Cette mission, c’est avec Amadeus ? Où ça ? Dis-moi !
- Islande ma belle, le portoloin est encore là. »

Je le prends dans mes bras, chose que je ne fais jamais, mais je suis tellement soulagée. Je me grouille d’atteindre le portoloin, sans sac, sans affaire, juste moi, ma louve et ma baguette. Vu mon état, le voyage me rend un peu malade et le froid, en arrivant, me saisit. Mais il est là, je le sais, immédiatement. J’ai envie de crier, envie d’hurler, mais c’est inutile. En une seconde il est là, et son baiser me réchauffe. Je l’embrasse comme jamais je n’ai embrassé personne. Pour lui demander pardon d’avoir mis autant de temps, pardon d’avoir pu hésiter. Je sens que mes jambes flanchent.

« Une minute, mo mac tire. Accorde-moi une minute… »

On s’assoit, d’un même mouvement. Pour une fois, j’accepte son soutien, je le lui demande, silencieusement. Je me blottis contre lui, en toute confiance.

« J’ai réussi… Je l’ai fait… »

Je sais je ne commence pas le récit par le début, mais je suis tellement fière d’avoir réussi ça, même si je n'y arriverai certainement plus. Je le lui dois, je le dois à Sko. Je relève mes yeux sur lui.

« J’ai fait un patronus, sans baguette. J’ai vu ma louve… »

Je souris, parce que c’est la plus belle expérience qui m’ait été donné de vivre. J’ai vu que j’étais. J’ai vu ce qu’Amadeus voyait en moi. Une Alpha. Pas une Bêta qu’on musèle.

« Il a eu peur. Peur pour moi, peur que je m’en aille. Il a… pété un câble à cause de cette histoire de vaccins anti-loups, de guerre, j'crois qu'il est impliqué. A cause de ton odeur. Il m’a enfermée. C’est pour ça que je ne suis pas venue. J’ai… j’ai dû trouver un moyen de réveiller la louve… »

Je sais ce que je veux, aujourd’hui, je ne veux pas qu’il doute. Je me penche vers lui, caressant son visage de mon nez, déposant des baisers le long de sa mâchoire. Je me soumets. Volontairement. Parce que c’est lui. Parce que c’est nous. Parce que c’est nous contre eux. Et parce qu’il y aura plus d’une guerre à notre retour.

« Un petit revigor, s’il te plait. On parlera de tout ça plus tard, je te promets que je te parlerai, mais là, on a une mission. Qu’il faudrait que tu m’expliques… »

Je lui désigne les hommes qu’on nous a adjoints. J’attends qu’il me redonne un peu d’énergie, avant de lui demande s’il n’a pas un manteau dans son sac pour moi. Mais évidemment, il faut qu’il me donne le sien. Je refuse, mais c’est sans compter sur sa mauvaise tête. Il nous fait transplaner et je reprends une posture digne. Tête haute, dominante. Si je comprends bien, on est sur les rives du Skjálfandafljót. Un nom imprononçable. Mais un village, expert en fabrication de miroirs a semble-t-il un problème. L’un des apprentis, passant le test du cœur devant un miroir du Risèd, aurait révélé un cœur sombre et noir. Il a eu le temps de trafiquer tous les miroirs, des miroirs révélateurs de nature, jusqu’aux miroirs parlants, pour… pour quoi d’ailleurs ?

« On ne sait pas, mais il s’en prend aux créatures. Et il est puissant, même s’il a été chassé. »

Je regarde Amadeus. On ne nous a pas envoyés ici pour rien. Soit au ministère ils veulent clairement nous tuer, soit ils veulent s’assurer que ce sorcier a trouvé le moyen de nous éliminer.

« Les gens du village sont avec lui ?
- Non, mais ils ne parviennent pas à contrer sa magie. Il s’est retranché dans les hauteurs, au-dessus du fleuve. Les villageois ont recouvert tous les miroirs pour qu’il ne voie rien. Sauf que ça l’a mis de mauvaise humeur. Il menace de noyer le village. »

Chiotte. Chiotte, chiotte, chiotte. Je me raidis un peu quand il nous montre le village… Sérieusement ? Au milieu du fleuve ?

« Il faut protéger le miroir du Risèd, il est sacré. »

En plus.

« Il faut déjà évacuer le village. Vous avez commencé ? »

L’homme me dit que oui. Je regarde Amadeus. Eviter les miroirs pour ne pas donner au sorcier une raison de mettre sa menace à exécution. C’est un piège, c’est évident. On le sait tous les deux. On ne peut pas ne pas aider ces gens et on est une menace. Tant pis, ensemble. On avance alors, prudemment, jusqu’à une barque. Je ne suis pas à l’aise. J’essaie de garder bonne contenance, mais je déteste vraiment l’eau. Et je crois que ce n’est pas le moment d’avouer que je ne sais pas nager. Mais alors qu’on est à mi-chemin, un grondement se fait entendre… et une vague gigantesque se dessine à l’horizon.

black pumpkin

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L'amour d'un père est plus haut que la montagne.
L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Islande - 1 Mars 2020 -

J'étais soulagé, profondément soulagé en cet instant. Je revivais. Je la respirais enfin, après ces jours sans elle, en l'ayant perdu de vu. Encore. Et elle m'avait retrouvé. Elle était revenue. J'étais un drogué retrouvant son crack. Je savourai ses lèvres devant l'improbable situation dans laquelle on se trouvait. Mon loup la reniflait et il n'était pas content. Absolument pas content. Il savait lui, combien elle était affaiblie. Et elle l'affirma. Je m'installais au sol avec elle. Je lui accordais toutes les minutes dont elle avait besoin. Je fusillais mes hommes du regard et il s'affairèrent ailleurs. Mes yeux la survolaient, inquiet. Je l'enserrai dans mes bras devenant à moitié fou. Que lui avait-on fait ? Qui ? Liam ?

Je caressais ses cheveux. Réussi quoi ? Faire quoi ? Mes yeux s'écarquillèrent, un sourire timide s'installa sur mes lèvres. Je souriais un peu plus quand ses yeux se levèrent vers moi. "Bien sûr que tu as réussi, mo banríon. Bien sûr ! Et elle est magnifique pour que mon loup et moi on en soit aussi dingue !" Je soufflais fermant mes yeux soulagé. Sans baguette elle avait réussi sans baguette. Merci, merci Merlin. "Il te l'avait prise ?! J'ai pas pu te retrouver parce qu'il te l'avait prise..." Mes doigts se serraient un peu plus fort sur sa peau. Je canalisais mes émotions. Mais j'avais tellement envie de ne faire qu'un avec elle, pour la protéger. J'en avais été incapable. Et j'avais cru devenir fou durant ces huit jours.

Ma poitrine se soulevait violemment devant son discours. Peur ? Il avait eu peur ? Mais il ne savait pas ce qu'était encore la peur, parce que quand j'allais rentrer, il n'y couperait pas. C'était terminé ce délire. J'avais quitté Victoire, j'étais entièrement pour elle. Et elle avait le temps de lui dire. Et il l'avait enfermé ! Séquestré parce qu'il avait eu peur ? Mais j'en avais rien à foutre. C'était lâche, c'était pas digne d'un alpha. Il n'avait qu'à la suivre, la soutenir, la faire grandir, l'élever, pas la museler encore une fois, l'enfermer pour qu'elle ne fuit pas. C'était qu'il ne savait pas s'y prendre avec elle tout simplement, s'il la gardait seulement que par la violence, la crainte, la pression et le marquage... C'était ça son mode de fonctionnement ? Bien sûr qu'il agissait comme ça ! Parce qu'il n'avait pas su la retenir avec l'amour. Et ça le rendait dingue. Au fond je le comprenais, une si belle et puissante alpha. Mais à mes côtés elle serait libre, comme l'air et elle ne partirait pas. Je saurai la garder, je saurai la faire rester. Je saurai l'aimer. Mieux que lui. C'était un homme mort.

Et en même temps je m'en voulais, de ne pas être rentré avec elle. "Je suis désolée beauté, tellement désolé de ne pas avoir été là. J'ai cru que je te reverrai jamais. J'ai tourné partout pendant des jours. Mais tu m'as retrouvé, on s'est retrouvé et tu ne rentrera plus toute seule." Je brûlais sous ses baisers, fermant mes yeux, serrant ma mâchoire. Je m'en voulais et je culpabilisais. Je l'aimais et ça me rendait dingue qu'il l'ait forcé à appeler sa louve. Comment ? Certainement pas en buvant des tisanes. Vu son état d'affaiblissement, elle avait du souffrir pour en arriver là.Pour la libérer. Souffrir pour moi. Plus jamais elle aurait à le faire. Je pourrai tuer pour ça. Mais elle était toujours aussi magnifique, sa louve avait laissé des traces sur elle d'une telle puissance que mon loup en était affolé, excité. D'autant plus qu'elle était soumise en cet instant et que j'avais grâce de la protéger, de la sécuriser et que ça me faisait du bien d'avoir ce rôle.

J'embrassais son front, je me relevais et je l'aidais à le faire à son tour, la soulevant de mes puissantes mains. Je l'encerclais alors dans mes bras et murmurait à son oreille. "Rennervate" pour lui donnait l'énergie nécessaire. Le sort traversa chaque part de mon corps pour inonder chaque parcelle de peau que je touchais d'elle. J'embrassais son cou, humant son odeur, elle avait retrouvé sa douce odeur saine et forte. Elle frissonna. Sans même prendre le temps de regarder les sacs quand elle me le demanda, je sortis ma veste et la posa sur ses épaules. C'était sans discussions, je zippais son manteau en transplanant en même temps devant nos collègues et la feuille de route.

Même si plus loin ils l'avait vu faible et moi anéanti et délicat, à présent ils avaient le retour de leur deux alpha et personne ne fit de remarque et je leur en était reconnaissant. Encore de l'eau, encore des chutes. Un nouveau test. Ils n'avaient pas réussi la dernière fois, ils recommençaient ici. Ils n'avaient donc aucune imagination ? Le mage d'ici s'en prenait aux créatures; tiens comme c'était bizarre tout ça. Les coéquipiers n'étaient pas dupe, du moins je l'espérais. Et pourtant ils étaient là. C'était possiblement des Insurgés, car plus les missions avancées, moins on avait d'homme et c'était sensiblement toujours les mêmes aux rendez-vous. Le regard de ma reine me laissait entendre qu'elle était en accord avec mes pensées silencieuses. Je vins placer ma main dans son dos pendant qu'on se pencha tous sur une carte.

Des miroirs révélateurs de nature. Donc si on se reflétait dedans, on était fichu. Comment ? Ça ce n'était pas très clair. Le mage était dans les hauteurs, c'était un remake de toutes nos missions suicides avec Reagan. Fabuleux. Montage, eau. Tout pour rappeler de bons souvenirs de missions. Un gars pointa le village au milieu du fleuve et je sentis Reagan se raidir sous mes doigts. Je fronçais mes sourcils quelques secondes. Comme au Niagara. Je me souvenais alors de notre première interaction, elle et son sort pour ne pas se mouiller.

Bon, bien pour le village. Il faut continuer le boulot. Elle me regarda. Je hochais la tête. Ensemble. Nous contre eux. Nos vies étaient encore en jeu. C'était lassant. J'avais peur pour elle maintenant, encore plus que lors de notre première mission. Je n'avais pas goûté le bonheur d'être sien. On avait pas eu assez de temps ensemble, et je comptais bien rentrer aujourd'hui. On grimpa dans la barque et son coeur battait rapidement. Elle avait peur elle aussi, mais je me devais d'être celui qui restait zen en toute circonstance, alors je me canalisais. On était fort, rapide, on ne craignait pas l'eau, on était bon nageur de par notre force, notre rapidité. Et on était des sorciers,on avait des moyens. On avait peur de presque rien, têtes brûlées, aventuriers. J'étais confiant. Elle était forte. J'avais confiance.

Encore la moitié du chemin à faire avant le village quand le fleuve sembla se déchirer en deux. Les eaux grondaient et le silence apparu quelques secondes après, on tourna tous nos têtes dans la même direction, impossible de la rater, au loin, cette immense vague qui se dressait devant nous. J'étais le premier à réagir.

"Ok tout le monde ça va secouer. Tous à vos sortilèges de Têtenbulle." Je me tournais vers Reagan, quelque chose ne tournait pas rond, peut-être que c'était trop pour elle. Cette mission après sa séquestration. Je ne voulais pas lui demander si ça allait, pas devant nos coéquipiers. Je regardais la vague arrivait. Ça ne ferait pas que secouer. "Il nous faut un Bouclier puissant. Tous ensemble. Un Protego Horribillis." Je m'accroupis dans la barque et posais mes mains sur son fond. "Impervius" Je la rendais ainsi imperméable si jamais on chavirait. "Ok c'est le moment pour les Têtenbulle, greffez bien vos mains à vos baguettes !" Parce que si la baguette leur glissait des mains, le sort s'annulerait. Chacun firent le charme et une bulle d'oxygène se forma autour de nos têtes. "A mon signal." La vague était proche, c'était angoissant de la voir arriver sur nous. Elle était énorme.

"Attendez.... encore....attendez ....attendez.... encore....MAINTENANT" Je lançais mes mains en avant, en même temps que leur baguette et on lança le charme du bouclier, créant ainsi une sorte d'immense paroi pour réceptionner l'eau.

La barque tenguait affreusement, l'eau s'abatit sur notre mur magique, passa sur les côtés, mais la vague était tellement haute, que le mur n'était pas assez grand et l'eau s'engouffra tout de même dans notre barque mais n'y resta pas grâce à l'Impervius. On était trempé, glacé, j'avais même bu la tasse, crachant l'eau gelée. Je voyais des collègues chutaient dans la barque tentant toujours de maintenir leur baguette dirigée vers le mur invisible. Certaines étaient tombés à l'eau. Alors que je sentais Reagan se penchait dangereusement, j'attrapais son bras et l'attira vers moi, la plaquant contre mon torse. Ses yeux étaient fermés et son cœur était prêt à exploser, elle se cramponna à moi dos au mur. Une main sur elle, plaquait sur sa nuque et une main toujours braquée en avant. Nous n'étions plus nombreux mais le calme revint sur l'eau. La vague était passée. Certains gars avaient réussi à s'accrocher à la barque avec des liens magiques et les autres les aider à remonter dessus. Ils ramèrent trois fois plus vite pour arriver au village. Je tenais toujours Reagan dans mes bras, je ne disais rien, je la serrais simplement. Si j'avais eu peur, c'était surtout pour elle. L'idée de ne pas savoir la protéger. Qu'est-ce que ce salaud d'alpha lui avait fait pour qu'elle agisse ainsi ? Mais c'était pas le moment de poser des questions. Elle avait juste besoin de mes bras, pas d'une leçon sur le self contrôle.

Notre barque accosta sur la terre, des gens hurlaient, pleuraient. Il y avait des dégâts monumentaux sur le village/île. Il restait peu de maisons debout, il y avait des survivants, des noyés. Certains tentaient des réanimations, de recouvrir les miroirs. Une femme tenait son bébé inanimé dans les bras. C'était un chant de bataille. Je soulevais Reagan par la taille et posais ses pieds à terre. Je la dégageais doucement de ma poitrine et la fixais dans ses yeux. "Est-ce que ça va aller mo banríon ?" Les collègues se déployaient sur le site, portant secours aux survivants et les aidant aussi à dégager les brisures des miroirs. Mais je pris quelques secondes pour elle. Je tirais notre barque hors de l'eau et la retournais. J'installais Reagan en l'asseyant dessus. Je caressais sa joue. "Prends quelques secondes, d'accord ?" J'embrassais son front, laissant ma main glissait le long de sa mâchoire avant de m'avancer en courant vers les rescapés.

Je jetais des regards réguliers sur elle, prenant soin de ne pas croiser un bout de verre. Ce Liam allait pourrir en enfer quand j'allais rentrer. Je ne la reconnaissais pas. J'aperçu une petite fille recouverte de boue s'approchait d'elle, elle tira sur son haut lui demandant de l'aide. Reagan sembla émergé et commença à s'occuper d'elle. J'étais rassuré, je continuais donc le boulot, je soulevais des murs, des branches, des morceaux de toit, je sortais des victimes, parfois mortes, parfois un sort de soins suffisait. Il fallait vite évacuer.

"Je veux une équipe avec moi dans les hauteurs ! Et une équipe pour tout évacuer avec Reagan." Il était inutile de la faire embarquer dans une nouvelle barque. Il lui fallait la terre ferme pour l'instant. Je transplanais à ses côtés. "Beauté, tu peux t'occuper d'organiser les départs ? Il faut monter avant qu'il recommence." Je posais deux doigts sous son menton et je souriais. "Je reviens vite. Je ne rentre pas sans toi !" Je l'embrassais avant de rejoindre l'équipe des Hauteurs déjà prête.

On poussa les embarcations à l'eau et on regagnait les rives pour grimper dans les terres. J'avais envie de rentrer au plus vite à ses côtés. Je n'étais pas tranquille de la laisser dans cet état. L'équipe était bientôt arrivée. Le sorcier noir se trouvait la, devant un immense miroir. On se mit en offensive et il nous projeta au sol. On se dégagea et se releva rapidement. Il leva ses mains en l'air et frappa devant lui le sol de sa baguette. Tout craqua autour de nous. L'air semblait souffler fort et un immense mur d'eau pris forme de nouveau derrière nous. Je n'eux pas besoin d'hurler qu'il fallait l'arrêter. Il fut touché à une jambe et poussa un rire d'outre tombe. En tombant il agita sa baguette et je le maîtrisais avec un Confringo qui fit exploser la main tenant la baguette suivis d'un Incarcerem.

Un collègue arriva comme un fou à mes côtés et tapota mon épaule. Il me pointa du doigt le fleuve. Une vague encore plus grosse que tout à l'heure s'avançait vers le village. Mon cœur manqua un battement. PUTAIN ! Le stress me gagna. REAGAN ! Je me mis à courir comme un dératé, dévalant la petite montagne. J'invoquais mon Patronus, je le fis filer devant moi, à sa recherche. La vague terrassa le petit village et mon coeur s'acharnait à garder un rythme régulier. Quand j'eus un visuel sur la petite île, il n'y avait plus rien et plus personne, comme si les habitants et les habitations n'avaient jamais existé. La vague avait tout rasé. Je continuais à courir, sans sentir mes poumons me brûlaient, mes muscles s'échauffaient. Je remerciais mon père de m'avoir donné ses gènes, cette rapidité, cette force, cette endurance. Reagan ! Elle était une louve, elle était comme moi, elle s'en sortirait. Elle était affaiblie par son expérience des huit derniers jours, mais ça allait le faire, n'est-ce pas ? Elle était douée, elle avait sa baguette, elle connaissait le sortilège pour respirer sous l'eau ! Elle avait des ressources.

Je vis alors des corps au loin flotté dans l'eau. Certains se fracassaient sur des rochers. Et mon Patronus m'indiqua sa position, seulement je ne la voyais pas. Elle était sous l'eau ! Je courais encore plus vite. Je pris des risques et transplanais sur un gros cailloux le plus proche. Juste ! Je manquais de tomber dans l'eau, me griffant profondément la jambe sur le taillant de la pierre en tombant. Je me rattrapais. Mon Patronus la suivait toujours au dessus de l'eau son corps. Plonger me prendrait trop de temps, je nagerais pas aussi vite. Je n'avais plus qu'une solution. Tenter un nouveau transplanage, sous l'eau. A ses côtés.

Je fermais mes yeux. Je devais la sentir, elle. Juste elle. Je faisais abstraction à tout ce qui se passait autour de moi, le chaos ambiant, les eaux agitées. Je la ressentais elle, dans mon cœur, au fond de mon âme. Je sentais ma poitrine brûlait à l'endroit de sa peinture. Mo banríon. Je la sentais, sa louve, elle était toujours en vie. Je sentais sa force, son essence même. Je visualisais son âme et je transplanais. Mon corps réapparut dans l'eau, sous l'eau. J'écartais mes bras et je le sentais physiquement cette fois, je l'agrippais. Je ballottais de tous les côtés. J'eus du mal à trouver une stabilité, je tirais sa tête au dessus de l'eau. Et entre deux tasses je lançais le sortilège Anapneo pour sortir l'eau de ses poumons. Elle prit une grande inspiration et je fus soulagé instantanément.

"Tiens toi, accroches toi." Elle s'agrippa à mon cou, je pouvais voir la panique dans ses yeux. "Me lâche pas. Je suis là." Je tentais de jeter des sorts de lianes magiques mais je bougeais trop, ça n'accrochait aucun arbre. Je fulminais de rage. Alors que mon corps se tournait avec le courant, je vis la chute devant nous. "Beauté, même si tu dois m'arracher la moitié du dos, accroches toi." Je nous lançais un sort de Têtenbulle qui entoura nos deux têtes dans une unique bulle. Intéressant, je ne savais même pas que c'était possible. Un transplanage à deux dans un pays que je ne connaissais pas était trop risqué, il n'y avait plus qu'une issue, tomber. Et c'est qu'on fit. Je m'agrippais à elle et tentait de me dégager une main pour la diriger sous nos deux corps, vers le bas de la cascade. Je lançais un Defodio, je ne savais pas si il n'y avait pas des rochers en bas, et je les explosais, je les creusais pour nous laisser une marge dans notre chute.


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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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Come on now, follow my lead
Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

Nous ne pouvons pas parler maintenant, pas alors que nos hommes nous attendaient, pas alors qu’une mission nous attendait. Je suis prête à répondre à toutes ses questions, je suis prête à parler s’il le désire, à tout lui expliquer. Et je sens à quel point cela va être nécessaire. J’éprouve la colère de son loup, elle est perceptible. Mais je ne suis pas en état, et ce n’est pas le moment. Je ne veux pas parler de cela maintenant, je ne veux pas me demander comment les choses vont tourner après, à notre retour. Je reprends mes forces grâce à sa magie, et je respire son odeur. Je ne sens plus la marque de Victoire, ce qui fait sourire la louve comme la femme. Mais pour le moment, c’est la tireuse d’élite qui est demandée, c’est elle qui doit s’exprimer.

Pourtant c’est dur. C’est dur d’être cette guerrière qu’on attend, qu’on veut éliminer, parce qu’une nouvelle fois, notre ennemi utilise l’eau. Je sais que les loups sont censés être des nageurs hors pair, mais moi… Moi je dois faire honneur, je dois réussir ce nouveau test. Pour les villageois, pour l’honneur des loups et demi-loups et pour Amadeus. Pour être une compagne digne de ce nom et pour avoir une chance de l’être autrement que sur le papier. Nous n’avons même pas pu avoir une nuit. Une nuit rien qu’à nous, pour que nos loups hurlent à l’unissons et pour que nos corps s’épousent. Alors dans cette barque, j’essaie de ne pas penser au liquide, à ce que j’ai ressenti quand ça a pénétré mes poumons. A la terreur. Il faut ramer, il faut atteindre le bout de terre. Mais c’est sans compter sur l’univers qui ne semble pas du tout nous bénir. Je fixe la vague qui se forme, et mes doigts se crispent sur la rame. J’entends Amadeus, bien sûr, mais ça éveille tellement de souvenirs, encore si frais dans ma mémoire… c’est douloureux, c’est hypnotique. Pourtant, la louve obéit à son alpha. Heureusement finalement que ce lien existe… Je fais le sort du têtenbulle à son signal, sans réellement en avoir conscience. Plus la vague se rapproche, plus je sens mon cœur au bord de l’explosion. Mon pouls s’accélère, ma respiration aussi, et les mots d’Amadeus ne font qu’accentuer mon angoisse. Maintenant ? Maintenant ? Maintenant tout de même ? Je hurle le sort à plein poumons, comme si cela pouvait en augmenter la puissance.

Mais ça ne suffit pas. L’eau… Je sens l’eau couler sur moi et je serre ma baguette comme si j’allais mourir. Et j’ai honte. Merlin que j’ai honte. Et là, ce que je n’aurais jamais cru possible se passe, la puissance de l’eau fait faire une embardée à notre embarcation et je lâche ma baguette. Non ! Pas ma baguette, pas elle. Je suis trempée, gelée et je me penche par-dessus bord. Ma baguette ! Où est-elle ? Tout en m’accrochant à rebord à m’en faire mal aux jointures, je plonge ma main libre dans l’eau, dans la panique la plus totale.

Je crie alors qu’Amadeus me tire en arrière, me serrant contre lui. Ma baguette… Je m’accroche à lui, désarmée, terrifiée, honteuse. Est-ce cela que tu as choisi pour Alpha ? Es-tu encore si sure que je suis au sommet alors que je me sens plus bas que terre ? A quoi suis-je bonne sans baguette ? Et surtout, à quoi suis-je bonne quand il y a de l’eau dans les parages. Je vais être la risée de nos hommes. Sa honte. Je le sais. Mais l’eau… L’eau m’a détruite autrefois, comme elle a ravagé le village que je vois en ouvrant doucement les yeux. Je me laisse faire, comme une marionnette. Pathétique. Je suis pathétique. Ça s’agite autour de nous, je devrais être capable d’agir, je devrais agir, être en train de les aider. Qu’est-ce que je fous ? Je n’ai réellement pas un comportement digne d’une alpha.

« Ça va aller, je te demande pardon, va les aider, protège-les, s’il te plait. »

Mon regard se porte sur une femme qui pleure son bébé. Je me mords la lèvre et retiens mes larmes. Puis-je prétendre protéger une meute quand je suis incapable de faire quoi que ce soit pour eux ? Il n’y a pas que les miroirs qui soient révélateurs, non. Il y a l’eau dans mon cas. Je sens soudain qu’on tire sur le manteau dont Amadeus m’a recouverte. Une petite main. Et au bout de cette main, une petite fille. Aux grands yeux implorants. Elle est magnifique, bien que recouverte de boue.

« Viens là, ma chérie. »

Je l’approche doucement de moi et commence à nettoyer son visage. Elle a de beaux cheveux blonds sous la couche de boue, et de beaux yeux bleus. Avec soin, je nettoie ses griffures. Si une petite comme elle a pu survivre à cette vague, je dois pouvoir y parvenir, non ?

« Où est ta maman ? Ma-man ? »

Mais soit elle ne comprend pas, soit elle ne sait pas. Je lui adresse un sourire que j’espère réconfortant. Je l’attrape dans mes bras. Et me lève. Il faut que je me rende utile. Je cale le visage de la petite contre mon épaule, pour qu’elle ne voie pas les corps. C’est un vrai charnier. Par chance, il y a tout de même des survivants. Je fais quelques pas et déjà Amadeus est à mes côtés. Je n’ai pas du tout envie de le savoir là-haut sans moi. Mais ils ont besoin de moi ici, et je sais que c’est un Auror talentueux.

« Ça tombe bien parce que je ne compte pas repartir sans toi. »

Je lui fais signe que ça va aller. J’ai failli, mais il peut compter sur moi. Je confie la fillette à une autochtone pour aller à mon tour compter le nombre d’embarcation disponible et organiser l’évacuation. Quand la barque contenant la petite fille est mise à l’eau, je vois cette dernière se tourner vers moi et vouloir faire mine de descendre. J’inspire profondément et je fais quelques pas dans l’eau pour la reprendre dans mes bras. Je dépose un baiser sur sa joue et la berce doucement. Je lui murmure des mots qu’elle ne doit pas comprendre, en espérant que cela l’apaise, quand on me tapote sur l’épaule. L’un des traducteurs me désigne le miroir du Risèd. Sacré, hein ? Si j’ai bien compris, c’est une tradition. A Poudlard, il y a le Choixpeau, et ici, les jeunes passent tous devant le miroir. Sauf qu’il n’y a plus qu’une barque.

« Mets le à l’intérieur et protège-le. »

Quel sort puissant que celui que le mage fait planer ici. Il a privé les villageois de leur magie, mais nous, nous avons encore la nôtre. L’homme s’exécute mais nous savons tous deux quel est le vrai problème. Il n’y a plus que deux places sur l’embarcation.

« Dis à ce couple là de monter et de prendre la petite.
- Reagan, non, monte dans cette barque.
- Non, il faut sauver tous ceux qu’on peut.
- Regarde cette vague !
- Regarde ces gens. Je reste ici. Tu visualises le Portoloin d’arrivée ? On transplane avec les autant de villageois que possible. »

Je me garde bien de lui montrer que je n’ai pas ma baguette. Il faut qu’ils sauvent un maximum de gens, et pour ceux qui ne pourront pas transplaner, il faut que je sois celle qui reste. Comme Amadeus. De force, je cale la petite qui se met à hurler de toutes ses forces dans les bras de l’homme qui tient bon, et avec l’auror, on pousse la barque. J’essaye de ne pas songer à la vague qui arrive sur nous.

« Transplanez ! »

Je vois avec soulagement le départ des hommes et de plusieurs habitants. Mon regard croise celui de ceux qui vont devoir affronter la vague. J’ai un frêle sourire à leur adresser. Et la vague s’abat. Monstrueuse. Grondante comme un rugissement sorti de l’enfer. Instinctivement, je jette un dernier regard sur la montagne. Je t’aime, mo mac tire.

L’eau me frappe de plein fouet. Sous le choc, je crois que je perds connaissance. Enfin, pas exactement. Je sens mon corps jeté contre le bois des habitations, écrasé par les trombes d’eau. Tout tourne trop vite. Je parviens à m’accrocher à une branche. Ma respiration est haletante, difficile. L’eau me submerge par vague. Et je lâche prise. Mon corps s’envole, et ma tête passe son l’eau. Je m’agite, cédant totalement à la panique. Autrefois, c’est un vampire qui m’a maintenue la tête dans l’eau après m’avoir mordue, mais à nouveau ma gorge me brûle et j’ai conscience que ce n’est plus du tout de l’air qui rentre. Je sombre dans l’inconscience.

Puis je tousse, je vomis de l’eau et ça fait un mal de chien. J’inspire, et c’est comme si mes poumons se dépliaient. Amadeus ? Je m’accroche à lui. J’ai cru que j’allais mourir. J’ai cru que c’était fini avant même d’avoir commencé. Je me concentre sur son regard, pour essayer de me calmer.

« Mo mac tire, je t’arracherai la moitié du dos quand tu seras dans mon lit. »

Je tente de plaisanter. Mais mon cœur s’emballe quand nos corps basculent. Je déteste l’eau, je déteste l’eau, je déteste l’eau ! Je hurle, à lui exploser les tympans. La chute est vertigineuse et je ne sais par quel miracle il maintient le sort. Mais il le maintient. Quand on refait surface, il me souris et trouve encore la force de nous hisser sur un rocher. Là, j’enlève son manteau, pour m’alléger, avant de me nicher dans ses bras.

« J’ai pas été à la hauteur. Je suis désolée. J’ai perdu ma baguette. Et… ça n’excuse en rien mon attitude. »

Je baisse les yeux, honteuse, réellement et profondément honteuse.

« Il y a un an ma meute a connu une bataille sans précédent. Une nuit sanglante. J’ai été mordue par un vampire qui m’a laissé juste assez de force pour me noyer et me voir me débattre. Presque toute la meute a été décimée. Liam a pris la décision de partir pour l’Angleterre où j’ai pu prendre des forces. Je suis terrifiée par l’eau depuis ce jour. Tu avais vu parfaitement clair en moi quand on s’est rencontré. J’avais peur de me mouiller. Je te demande pardon. »

Peut-être que Liam a raison, que je ne suis qu’une bêta. Une Alpha aurait-elle été paralysée comme je l’ai été ? Je n’en sais rien. Et puis, il faut que j’arrête de songer à ce que Liam pense de moi. C’est fini. Après ce qu’il m’a fait, après m’avoir enfermée… je sais que ma place n’est plus dans sa meute. Mais là, maintenant, j’ai surtout peur de ce qu’Amadeus pourrait penser de moi. Je sens sa main qui m’oblige à redresser la tête.

« Ne fais pas ça, ne baisse pas les yeux devant moi.  C'est vrai. Tu aurais dû me le dire. Parce que ça aurait pu être terrible... Mais ne demande pas pardon pour ça. Ce n'est pas...bon sang. »

Mon regard répond au sien et je pose ma main sur l’une des siennes quand il prend mon visage à deux mains.

« Je laisserai plus personne te toucher, tu as assez morflé...
- Plus personne ? Mais si j’ai envie que toi tu me touches ? »

Je l’embrasse. Je veux qu’il comprenne que ça ne change rien, ce que je lui ai dit. Que je suis toujours Reagan et qu’il ne doit pas me traiter comme une princesse ou m’envelopper dans du velours. Je suis la même qui l’a traité d’Alpha primaire et qui le provoque depuis le début. Et l’épuisement n’est rien quand je suis avec lui. La louve fait déjà des courbettes. Dans deux minutes elle va agiter ses fesses devant lui… ce qui techniquement veut dire que je vais en faire de même. J’essaye donc de la ralentir en me concentrant sur sa blessure.

« Assieds toi. »

Je prends ma voix de louve, celle qui ne souffre aucune discussion et j’arrache un bout de mon haut, afin de nettoyer la plaie, de la débarrasser des brindiles et autres cochonneries qui pourraient l’infecter. Tout en le nettoyant, je reprends.

« Je te dirai tout, Amadeus. Tout ce que tu veux savoir. Je te laisserai me protéger quand il le faudra. Mais ne me surprotèges pas et ne culpabilise pas de mes choix. Des erreurs, des mauvais choix, je vais forcément en faire, car c’est la première fois que je suis libre. Avec toi. »

Laisse-moi être l’Alpha que je dois être. Laisse-moi être libre avec toi. Je l’embrasse de plus belle en me redressant et en me hissant sur ses genoux. Je n’ai même plus peur sans ma baguette, j’ai juste envie de lui, envie d’être sienne, envie qu’il soit mien. Mes doigts glissent sur ses tatouages, sur sa peau. Je me sens chavirer. Positivement.

« Ohééééééééééé ! »

Je reprends pied. Merlin mais ce n’est pas possible ! Une embarcation… Et l’un de nos hommes avec la petite fille ?

« On est en train d’installer les tentes pour les survivants. Et cette petite n’arrêtait pas de réclamer après Reagan. »

On descend avec précaution du rocher pour embarquer et la petite se cale immédiatement dans mes bras, tandis que je pose ma tête sur l’épaule d’Amadeus. Bon sang, ces missions nous tueront. Le temps qu’on arrive sur l’autre rive où le campement provisoire est en train d’émerger, la petite s’est endormie. Je l’allonge avec soin sur un couchage de fortune.

« Je vais aider à l’installation des abris. Assure-toi que le mage n’est plus un danger et que les blessés reçoivent les bons soins. »

Je veux me rendre là où je peux être utile. Je me reposerai cette nuit, il sait qu’il n’y a pas à discuter. Que là, je me suis mise en mode « protection de meute ». Je le regarde encore quelques secondes et je conseille quelques sorts de protections, j’installe des foyers dans les tentes, confectionne des lits d’appoints. On me demande aussi d’aider à l’installation du miroir du Risèd. Et l’on m’offre de le regarder ? Je sais que c’est sacré pour eux, je suis surprise de leur offre. Je me doute toutefois de ce que je vais y voir. Ma baguette. Amadeus.

Mais il y a autre chose. Quand je marche devant le reflet, je vois bien ma baguette, je vois bien Amadeus. Mais je vois d’autres choses. Je reste figée devant le spectacle. Il y a une meute, derrière nous, certes, mais tout autour aussi. Une meute gigantesque, belle, multiethnique. Mais je vois aussi des enfants. Nos enfants. Je nous vois fiers et heureux. Libres.

black pumpkin

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L'amour d'un père est plus haut que la montagne.
L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Islande - 1 Mars 2020 -

Quand elle sera dans mon lit. Belle perspective ! Ça me redonnait de l'espoir, de l'énergie. parce que je n'avais pas encore goûter à ce corps, à cette femme, et que c'était une raison suffisante pour rester en vie. Mon loup était d'accord et il me donna l'équilibre nécessaire, magiquement parlant, pour nous aider dans la chute. On s'enfonça dans l'eau. Et je m'aidais d'un sort pour remonter à la surface avec elle. J'étais heureux en sentant l'air et je lui lançais un sourire. Là...doucement, ça allait aller maintenant. On avait fait le plus dur. Et on était encore en vie, nos loups s'acharnaient pour qu'on reste ensemble, envers et contre tout.

Je l'aidais à grimper sur un rocher et j'y montais à sa suite. Ça avait décoiffé. Je regardais la chute derrière nous et je la sentis venir se blottir dans mes bras que je refermais lourdement autour d'elle. Hors de question qu'elle m'échappe à présent. Pas à la hauteur ? Je fronçais mes sourcils et écarquillais mes yeux ensuite quand elle avoua avoir perdu sa baguette.

"Tu...Rea' tu veux dire que tu n'avais pas ta baguette, je t'ai laissé...seule...sans baguette ?" Cette idée me terrifia. Mais pourquoi n'avait-elle rien dit ? "Pourquoi...pourquoi tu me l'as pas dit, je serai jamais parti..." Elle baissa son regard. Ça me fit mal, plus mal que son mensonge. J'acceptais ses excuses, mais de là à dire qu'elle n'était pas été à la hauteur, de quoi parlait-elle ? Pas de moi j'espère... Du boulot ? Et je compris alors avec ses explications.

Ma gorge se serra. Mordue, noyée, j'étais au bord du malaise en attendant ça. Comment...comment... Je pris une grande inspiration. Je vivais cela d'une telle violence, rien que l'idée de me dire qu'on avait pu lui faire du mal. C'était insupportable, c'était un miracle qu'elle soit là aujourd'hui. Putain mais si j'avais su... Pourquoi n'avait-elle rien dit pour l'eau... Putain Reagan ! Ça ne servait à rien de la disputer, ça ne servait à rien, elle avait déjà éprouvé suffisamment. Elle n'avait pas besoin de l'alpha qui aboi et corrige, non, en cet instant elle avait besoin de mes bras et de mon réconfort. Je l'embrassais, lui faisant remonter ses yeux sur moi, ma main sous son menton.

« Ne fais pas ça, ne baisse pas les yeux devant moi.  C'est vrai. Tu aurais dû me le dire. Parce que ça aurait pu être terrible... Mais ne demande pas pardon pour ça. Ce n'est pas...bon sang. » C'était mon égale, mo barion, pas de ça entre nous. Elle était toujours forte, puissante, douée. Toujours cette alpha, celle qui avait appelé sa louve à la rescousse, qui avait trouvé les ressources nécessaire pour faire de la magie sans baguette. Qui avait parlé à sa magie pour libérer son Patronus. Voilà c'était elle. Ma reine. Ma louve. Ma femme.

Je saisis son visage. Je l'aimais. Je la respectais. Avec ou sans baguette, avec ou sans phobie. Avec ou sans cicatrice. Avec ou sans faiblesse. Je l'aimais toute entière. Je la voulais toute entière. J'étais prêt à assumer tout ça. Ses mains se calèrent sur le mienne.

« Je laisserai plus personne te toucher, tu as assez morflé...
- Plus personne ? Mais si j’ai envie que toi tu me touches ? »

Je souriais et me laissais embrasser. Je l'embrassais en retour. Mon pouls s'accélérait, ma circulation sanguine faisait déjà effet, mais elle m'ordonna de m’asseoir. NON...pitié non... Aaaarg, je me laissais faire, fronçant mes sourcils en l'observant faire, un sourire tout de même en coin. Fait vite beauté, je vais te dévorer sur place... Merlin qu'elle était lente. Elle pouvait me faire l'amour sur ce rocher alors que j'étais blessé, de l'énergie pour elle, j'en aurai toujours à revendre. Mais je me laissais faire et je l'admirai. Reluquer était plutôt l'adjectif exact. Et elle se mit à parler, ça allait durer encore plus de temps cette histoire, mais...ce qu'elle disait était intéressant. Cependant ça me titiller quand même. Je fronçais mon nez, et fit la moue. Hum. Ne pas la surprotéger et comment c'était possible ? J'allais faire des erreurs, comme elle...c'était sûr. Parce que je voudrai la protéger contre tout et tous. Surtout après ce qui venait de se passer. Mais OK, soit, on allait apprendre à être libre tous les deux ensemble.

"Ça marche, je négocie, pas. Je négocie pas, parce que j'ai trop envie de toi pour me lancer dans des compromis !" Et on s'embrassait, le désir remonta en flèche, aurait-il fallu qu'il me quitte... Elle grimpa sur moi, me caressa, j'attrapais le bas de son haut pour le soulever quand j'entendis une voix. S'il n'y avait pas eu la gamine dans la barque je l'aurai probablement couler. Je regardais Reagan perplexe. Sérieusement ? Je poussais un soupir basculant ma tête en arrière. C'était pas encore pour maintenant. J'allais finir par exploser, c'était même sûr...

Je l'aidais à descendre et à embarquer. Je regardais la petite faire et me surprit à penser que j'en voulais un dizaine comme ça. Pour me régaler de les voir faire dans ses bras. J'embrassais son front alors qu'elle se posa sur mon épaule, son refuge pour toujours maintenant. Je me laissais bercer par les flots. Tout ce qu'il nous restait encore à accomplir... Il allait falloir rentrer aussi. J'avais un autre combat à mener à Londres.

Liam. Je savais que ça ne serait pas facile. Je l'avais vu dans la meute de Sko. Prendre une bêta était un affront. Mais après ce qu'il avait fait, j'avais une marge de manœuvre. Il avait brisé sa confiance, d'une certaine manière en la séquestrant il lui avait montré qu'il ne lui faisait pas confiance pour assumer ses actions. Elle devait s'en défaire. Je n'allais pas le défier pour lui voler son trône, je n'en avais pas besoin, j'avais le mien. Je ne voulais pas sa meute, mais je voulais sa bêta, son ancienne compagne. Et ça, c'était pas le loup seulement que j'allais défier, c'était l'homme, la fierté. Mais tant pis. Reagan ne retournerait pas chez lui. Elle était à moi.

Je hochais ma tête quand elle m'ordonna de m'occuper du mage. Elle n'avait plus sa baguette, je ne pouvais pas la prendre avec moi. Il fallait qu'on trouve une solution. On irait lui en cherchait une autre, même si je savais que ce n'était pas exactement pareil avec une baguette de remplacement. Mais elle apprendrait à s'en servir, c'était une tireuse d'élite, elle arrivera à en amadouer une nouvelle. J'irai avec elle. Dès demain. Je l'embrassais avant de partir avec l'équipe pour arrêter le mage et nettoyer le passage de la magie noire.


***


- Est-ce que quelqu'un a vu Parkinson ? Le hommes étaient rentrés des hauteurs, ils se dirigeaient vers Reagan.

- Reagan ? Il est rentré ? Parce qu'il nous a dit qu'il avait quelque chose à faire. Ça fait deux heures qu'il est parti. Je pensais qu'en rentrant au camp... Un autre homme intervint dans la conversation.

- OK, je veux une patrouille avec moi, on va lancer des recherches... Qui est volontaire ?! Une demi-douzaine de mains se levèrent.

- Rechercher qui ? Tous les regards se tournèrent vers moi. J'étais dans un état pitoyable, je devais l'avouer. J'étais couvert de boue, de sang, mes vêtements étaient déchirés par endroit, j'étais trempé aussi. L'eau gouttait encore de mes cheveux, mais mon sourire, pourtant timide, laissait entendre que j'allais bien.

- Bordel Wolf, qu'est-ce que tu es parti faire ? Et qu'est-ce que tu branles avec une baguette ?!

Je ne l'écoutais pas et je me dirigeais vers Reagan d'un pas assuré. Elle me sauta littéralement au cou, enroulant ses jambes contre ma taille, j'eus qu'un léger mouvement de recul pour la réceptionner dans mes bras. Moi aussi je suis content de te voir beauté.
"Je suis désolé. Je l'ai retrouvé mais...elle est brisée. Je suis désolé beauté, je sais qu'elle comptait énormément pour toi..." Je caressais son visage, le mien était triste pour elle. J'embrassais son nez. "On ira t'en trouvé une rapidement au Chemin..."

Il avait été compliquer de la retrouver. J'avais fais appels à plusieurs sorts, mais j'avais du aussi plonger de nombreuses fois pour sonder de fleuve. J'avais du me battre contre le courant, les roches et rochers, les algues magiques, j'avais même du éloigner des animaux bizarres. Mais j'avais fini par y mettre la main dessus. J'avais déjà échoué à la protéger, sans sa baguette il m'avait été impossible de la retrouver pendant huit jours, et elle me l'avait dit, combien elle y tenait. Je m'étais dit qu'on ne pouvait pas rentrer sans elle. Je ne l'aurai pas supporter. Même si la mienne ne m'apportait rien, je pouvais comprendre l'importance qu'elle avait pour elle. Elle se sentait plus complète en temps que sorcière et c'était mon devoir maintenant de m'assurer qu'elle soit complète et en harmonie dans sa vie. J'avais ce devoir moral et cette envie de la rentre heureuse, et libre. Mais j'avais échoué une fois encore malheureusement. Le bois était fendu en deux.

Une infirmière arriva pour me soigner. "Venez dans la tente monsieur Parkinson, je vais voir vos blessures." Je reposais Reagan au sol. "Elle va s'en occuper, c'est superficiel. Laissez lui le matériels s'il vous plait, Reagan va s'en charger." L'infirmière hésita quelques secondes, mais devant mon regard autoritaire elle fourra la trousse de soins dans les mains de Reagan. Je fis un signe avec ma main à ma louve pour qu'elle s'avance vers la tente. "Après toi.." La tente était placée un peu à l'écart des feux et des tables pour manger. Le nuit était déjà bien tombée.

Juste avant de rentrer dans l'habitation, je m'arrêtais à une douche de fortune qu'on avait installé devant chaque huttes, 4 planches d'un mètre cinquante, un pommeau de douche qui lévitait au dessus. J'enlevais mes vêtements sans pudeur devant elle, il n'y avait rien qu'elle ne pouvait voir de moi à présent. Je me tournais cependant au moment d'enlever mon caleçon, lui laissant admirer mon fessier, non sans un sourire en coin, avant de rentrer dans la douche. "Un commentaire Cavanaugh ? Ne deviez vous pas m'attendre dans la tente ?" Elle répondit à mon sourire et s’engouffra sous le tissu de notre abris.

J'enlevais la boue, les traces de sang. Ça ne saignait plus, un peu d'alcool, trois sorts de cicatrisation et demain je n'aurai plus que des courbatures. Rien de méchant. J'arrivais dans la tête vêtu que de mon sous vêtement. Je restais dans l'entrée la regardant étaler le contenu de la trousse de secours sur une table. Je souriais, me mordant la lèvre. J'approchais d'elle la dévisageant avec envie. C'était bon là ? On était enfin seul, la mission était terminée. Ça voulait dire que...

Je m'avançais vers la table et d'un geste de main je fis tomber tout le matériel par terre qu'elle avait pourtant prit soin de ranger. "Attends, il manque l'outil idéal pour me guérir." Je la soulevais alors par la taille et vint l’asseoir sur la table. Je me calais entre ses jambes, le regard brillant de désir. J'attrapais sa tête entre mes deux mains et vint dévorer ses lèvres. Un baiser violent, passionné. Je décrochais mes lèvres pour venir l'embrasser sur chaque morceau de son visage, descendre le long de son cou, humant son odeur, sa sauvagerie, sa force, sa féminité. D'une main délicate je vins descendre son haut pour embrasser ses épaules. Je revins sur ses lèvres soulevant son t-shirt. Mes doigts parcoururent son dos, ses bras pendant que je l'embrassais. Je vins appuyer sa poitrine contre mon torse et je la soulevais de la table pour venir l'allonger sur le lit.


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Alors que je m'allongeais sur elle pour reprendre la découverte de son corps j'entendis un de mes collègues entrait dans la tente. "Parkinson pour le départ demain tu penses que..." Je me redressais la main devant moi et projetais mon collègue hors de la tente. Il tomba le cul le premier par terre. Merde quoi ! Ils faisaient tous chier ! "J'te laisse gérer Luke, j'ai mieux à faire ! Le prochain qui rentrera ici  bouffera de la purée pour le reste de sa vie ! C'est entendu ?" Je lançais un Collaporta et toutes les toiles de la tente se tendirent et l'entrée se verrouilla. J'entendis un fébrile "Entendu!" derrière les tissus.

BON, le message était passé. Je me retournais vers Reagan en rigolant. "Ils peuvent pas se passer de nous..." J'embrassais son cou, remontant vers son oreille. "Le soucis, c'est que moi non plus je ne peux pas me passer de toi, comment faire ?" Sa peau était d'une douceur effrayante quand mes doigts glissaient dessus. Je voulais la voir, entièrement. Nue elle était belle, magnifique. Mes yeux rivèrent sur sa morsure. Mon cœur palpita et je me tendis légèrement. Je vins la toucher une nouvelle fois, refaire son contour. Avait-elle encore une importance ? Il fallait que je la sorte de son emprise. Il l'avait enfermé, il l'avait séquestré. Je devais venir au moins le défier pour la récupérer. C'était fini, elle ne lui appartenait plus. Elle était à moi. Cette nuit, elle serait définitivement à moi.

Je quittais la cicatrice des yeux pour venir la regarder elle, ce regard puissant, ce regard confiant. Je me mis à l'embrasser, lui faisant comprendre que c'était la mienne, définitivement. Que j'allais aussi me donner à elle entièrement. Je n'avais jamais ressentit cela. Mes lèvres arrivèrent sur la morsure, et j'embrassais chaque délimitation, chaque millimètre carré de cette cicatrice, elle était à moi, et tout ça ne voulait dire plus rien, je la délivrais. Je fermais mes yeux, m'abandonnant à mon tour à elle. On était prêt, pour la suite, pour un nous. On était prêt à faire qu'un.


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Et c'était ce qu'on fit. Dans une parfaite symbiose. Nos loups étaient fait pour être ensemble, tout autant que nos corps. Elle se mariait à moi à la perfection. Tout était en harmonie. Nos cœur étaient à l'unissons, nos loups incontrôlables, libres, enfin, pour la première fois de leur vie. Elle m'était incroyablement familière et pourtant si inconnue. J'aimais tout chez elle. On était fait pour être ensemble, à force égale, il n'y avait pas retenue, pas besoin. Elle était ma reine et elle gouvernait mon être tout entier. Je lui montrais toute mon envie, mon désir, ma confiance, tout ce que je voulais pour elle. J'étais son alpha, elle était la mienne et ça tout le monde devait le savoir à présent. Je retombais sur elle, mon nez dans son cou, à bout de souffle, mais tellement plus puissant. Plus vivant que jamais. J'étais épuisé mais comblé. J'embrassais encore tendrement les morceaux de peau accessibles encore à mes lèvres. Je me décalais sur le côté pour ne pas l'écraser, calant mon bras sur sa poitrine. Qu'avait-il à dire après ça ?

"Je veux que tu viennes vivre avec moi..." Sous entendu qu'il était hors de question qu'elle reste dans l'ombre et les parages de ce taré.


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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

« Justement parce que tu ne serais jamais parti, Amadeus. »

Il est un Auror, il est un Alpha, avant d’être à moi. Je m’interdis de le museler, de l’enchainer à moi, je veux qu’il brille, je veux qu’il soit lui, pleinement, entièrement. Je sais les ravages que peut engendrer la possessivité et l’exclusivité. Alors bien sûr, si je ne peux supporter l’idée qu’il soit avec une autre, je sais aussi qu’il est à la tête d’une meute… hum, comment dit-il ? D’une meute de plus de 3200 membres sur l’Angleterre ? Je ne sais que trop ce que cela signifie. Et il va falloir qu’on trouve un équilibre, notre équilibre. Mais je sais aussi que pour cela, il faut que je sois honnête avec lui, que je lui expose mes failles, qu’il sache précisément qui je suis et dans quoi il s’engage. Une louve effrayée par l’eau, qui va lui apporter des ennuis avec un Alpha, mais une louve qui n’acceptera pas qu’il délaisse une mission pour elle, qui ne tolérera pas qu’il fasse son dominant avec moi.

« Bien. Garde cette idée en tête alors. J’aime l’idée d’avoir toujours le dernier mot. »

Même si je sais que ce sera rare en fait et qu’on se tiendra tête, qu’on se défiera comme on l’a fait aux chutes du Niagara. C’est aussi ça qui fait que j’ai tant envie de lui. Mais au lieu de ça, je ris. Je ris en embrassant son menton quand il jette la tête en arrière, de dépit. Ça ne doit pas se faire maintenant. Maintenant, il faut être les Alphas de la meute et lui apporter protection et soutien. Lui, en s’occupant du mage, moi, en aidant du mieux que je suis capable sans baguette. Et les villageois m’offrent l’honneur de contempler le miroir. Je me demande ce qu’Amadeus verrait à l’intérieur. Je ne me rendais pas compte qu’il m’avait si vite marquée. Que son idéal était déjà mien, et surtout que je voulais vraiment ça : une famille, des enfants. Avec lui. Je n’ai eu aucun désir de maternité avec Liam. J’ai eu envie de fonder ma meute, bien sûr, mais je faisais encore une différence. Je connais Amadeus depuis quoi… Un mois et demi. Et la louve veut porter ses petits. La femme, ses enfants ? Et ils sont beaux en plus. C’est un vieil homme du village qui m’a pressé l’épaule pour que je me détache de ce spectacle. Je quitte la tente pour aller aider à la préparation des repas.

Je me sers en dernier, essayant de masquer mon inquiétude pour les hommes qui ne sont pas encore de retour. J’embrasse la fillette une dernière fois et je commence à tourner autour des tentes, pour m’assurer de leur sécurité. Quand le nom d’Amadeus est prononcé, je tourne la tête et avance sur les hommes. Quoi ? Mo mac tire est porté disparu depuis deux heures ? Mon cœur se serre et je suis prise d’une trouille bleue. Je m’apprête à ouvrir la bouche pour brailler des ordres quand on me double. Je jette un regard noir au type. J’vais lui apprendre les règles à celui-là je crois. Au moins, ses hommes sont prêts à tout pour lui. Et tout à coup, Mo mac tire.

« Il faut toujours que tu te donnes en spectacle ! », je lui souris, et, de soulagement, je lui saute dessus. Je me fous de ce que peuvent penser nos hommes. De toute façon, ils ne sont pas idiots, ils savent déjà. Je regarde alors ce qu’il me tend. Bordel. Je suis à la fois… emplie d’amour et de gratitude pour ce qu’il a fait – aller affronter l’eau pour retrouver ma baguette, c’est un exploit – mais aussi d’une immense tristesse. Cette baguette de chêne rouge, c’est la mienne depuis… eh bien depuis que j’ai été en âge d’avoir une baguette. Elle a tout de suite su pour ma vivacité, mon tempérament. Une baguette de duelliste pour une tireuse d’élite. D’un autre côté, Liam disait que nos baguettes étaient « complémentaires », c’est peut-être un signe.

« Tu es un imbécile, mo mac tire. Tu n’aurais pas dû prendre tous ces risques… Vous n’avez pas du travail à faire vous autres ?! »

Je grogne après nos hommes qui lèvent les yeux au ciel, avant de nous laisser. Je souris. Je souris beaucoup trop quand je suis avec lui. Je pourrais presque grogner quand cette femme approche. Heureusement que c’est juste pour le soigner. Mais je préfère largement le plan d’Amadeus. Je me saisis de la trousse de soin en souriant à l’infirmière.

« J’ai toujours eu envie de jouer au docteur », dis-je en passant devant lui.

Et évidemment, je me dois de l’ausculter. Et je ne m’en prive pas, le dévorant du regard avec un désir non dissimulé. Après tout, à quoi bon le cacher. C’est un demi-loup, il sent ces choses-là. Et merlin qu’il est… canon. Je me mors la lèvre quand il exhibe fièrement ses fesses. Bon sang.

« Je voulais juste vérifier le matériel, Parkinson. »

Et pour la énième fois, je souris, avant de passer dans la tente, alors que j’aurais adoré me glisser sous la douche avec lui. Mais il est blessé. Il s’est blessé pour moi. J’étale les produits dont je vais avoir besoin sur la table. Je l’entends entrer. J’ai tout bien préparé.

« Ok, ça ne va pas piquer, ni être trop long rassure… PARKINSON ! »

Bordel mais ! Je vois mon matériel voler, et je me sens soulevée. Il me dépose sur la table. Mon corps de femme le veut, mon cœur de louve le désire, c’est… Son baiser m’embrase, nos chaleurs ensemble nourrissent un brasier. Quand nos peaux nues se rencontrent, comme dans ma vision au Brésil, j’approfondis mon baiser. MAIS BORDEL DE… ! J’aurais eu ma baguette en état de marche, j’aurais pu tuer l’importun. Mais il se charge de le remettre à sa place. Et ça…

« Si tu savais l’effet que tu viens de me faire… »

Chaque nerfs subit comme un choc électrique. Je passe une main dans ses cheveux quand je remarque qu’il contemple la marque de Liam. C’est fini, mo mac tire. Je ne suis plus à lui… Je crois qu’il le comprend, à sa façon de m’embrasser. Je sais exactement ce qu’il fait. Il prend son territoire. Il est mon Alpha. Mon compagnon. Mon homme.

Je redessine chacun de ses tatouages d’une caresse ou d’un baiser, lui témoignant toute l’admiration que j’ai pour son être. Et puis enfin on ne fait plus qu’un. Femme, louve, sorcière, toutes sont comblées en même temps. Je sens sa force dans ses mouvements, je sens son assurance, je sens sa magie. Je l’enveloppe de mes bras, le cœur battant bien trop vite pour une simple sorcière, heureusement que je suis une hybride. Epuisée, morte, et je soupçonne de vilaines courbatures demain, mais je me sens aussi… libre, entière. A ma place.

Je garde une main sur son bras, reprenant mon souffle. Ça n’a jamais été aussi intense. Et pour cause, je n’ai jamais été avec celui qui devait être mon compagnon. Je tourne la tête vers lui à sa proposition. Je me sens stupide. Le seul homme avec qui j’ai vécu c’est Liam… J’ai presque oublié que ce matin je me suis enfuie. Qu’il doit être en train de prêter un câble. Je connais évidemment la valeur d’Amadeus, sa force et je sais qu’il ne me laissera pas repartir. Mais j’ai déjà vu Liam en colère. J’en ai fait les frais. Je ne veux pas qu’il lui arrive quelque chose mais je ne peux pas lui interdire de faire ce qu’il a à faire. C’est un Alpha. Sauf que là… c’est concret. Vivre avec Amadeus, ça veut dire quitter la meute. Officiellement. Définitivement. La seule meute que j’ai connue. Celle qui m’a formée. Et je ne sais surtout pas si j’ai le droit de les abandonner alors qu’une guerre se prépare. Ils ont été les miens. Sous ma responsabilité.

« Je veux vivre avec toi, surtout si tu me gratifies de tes shows tous les jours…  Il ne va pas accepter ça, tu sais ? Il va nous le faire payer. Je ne pourrais plus approcher de la meute, et avec tout ce qui se passe… »

C’est ça le plus dur. Les laisser derrière moi. Ne plus avoir le droit de veiller sur eux, de les protéger. Mais je sais que c’est dans l’ordre des choses. Je sais que pour devenir une véritable Alpha, je dois quitter la meute. Et je sais que c’est le meilleur choix que je puisse faire. Il est mon choix. Il est ma meute. Lui, moi et Saoirse aussi.

« Je t’aime, Parkinson. »

Je crois que c’est la première fois que je le dis. Il est mon choix et je ne vais pas renoncer à lui. Je veux juste qu’il sache exactement où il met les pieds. Demain, ce sera un saut dans l’inconnu. Demain j’abandonnerai tout, pour lui. Pour l’heure, je me love contre lui, en totale soumission, en toute confiance. Il faut reprendre des forces. Demain, c’est le premier jour du reste de ma vie.

Il dort encore quand je me réveille. Je dépose un baiser sur son épaule et je me lève, récupérant mes affaires au passage pour me rhabiller, attrapant les deux morceaux de ma baguette que je glisse dans ma poche et ramassant la trousse de soin. On a fait ça alors qu’on ne l’a même pas soigné. Je soupire, puis remonte sur le lit. L’une de mes mains glisse sous la couverture pour aller réveiller… disons son deuxième cerveau.

« Allez Parkinson, je vais me faire tuer, sinon. »

Je le repousse après lui avoir donné un baiser. Une petite bagarre matinale qui réjouit la louve. Mais je finis par pouvoir le soigner. Je l’embrasse, riant à ses provocations. Mais je le plaque d’une main ferme contre le lit.

« Habille-toi. »

Je sors de la tente et l’air frais me permet de reprendre mes esprits. Les villageois sont déjà presque tous levés. Nos hommes aussi. Et je remarque alors sourire en coin. Evidemment, on a dû m’entendre à l’autre bout du pays.

« Vous faites pas d’illusion. C’est lui qui a crié. »

Ils rient. Moi je vais à table, pour déjeuner avec quelques villageois. Je vois la fillette d’hier arriver vers moi, tout sourire. Je la prends sur mes jambes, tandis qu’elle s’empare de ma baguette cassée, l’air désolée.

« Ce n’est pas parce qu’elle est cassée que tout s’arrête. C’est comme ton village. On reconstruit… »

Je fais un nœud avec un pansement, pour joindre les deux morceaux. Je remarque un couple dans le fond, ils nous regardent. Je crois qu’ils l’ont adoptée. C’est bien. Je la renvoie vers eux quand Amadeus arrive. On va repartir. On va réparer tout ça. Même si nos hôtes offre à Amadeus de contempler le miroir du Risèd à son tour. Je l’attends, saluant les uns et les autres.

« Moi j’ai vu toute une équipe de joueurs de Quidditch à mes pieds et en petite tenue. »

Je souris et touche le portoloin. On transplane au ministère pour les rapports officiels. Ça nous occupe un bon moment.

« Reagan, un homme te cherchait hier, il avait l’air… plutôt furax. Je ne savais pas que tu avais quelqu’un… »

Un autre donne un coup de coude dans ses côtes pour l’empêcher de parler devant Amadeus. Liam. S’il est venu ici, c’est qu’il est vraiment furieux. Je mets les derniers mots sur mon rapport et je vais m’enfermer avec Amadeus.

« Il a une boutique sur le chemin de traverse. Il doit y être, j’habite au-dessus. Laisse-moi prendre quelques affaires. »

Bien sûr, il est hors de question qu’il me laisse y aller seule, pas moyen de négocier. Je nous fais transplaner. Dès qu’on arrive dans mon appartement, je me sens oppressée. Ça a été ma prison cet endroit. Grâce à la magie d’Amadeus, ça va vite de récupérer mes vêtements. Mais au moment de partir, je remarque une trace de griffes, que j’ai faite au mur. J’ai dû torturer ma louve pour lui échapper. Hors de question de lui faire le plaisir de fuir comme ça. Amadeus doit sentir que je suis tenue, car je le sens dans mon dos.

« Fais-moi l’amour. »

Il a l’air étonné. Oui, j’ai toujours eu peur de Liam. Oui, c’est de la folie.

« Tu es mon premier et seul choix, mo mac tire. Et je veux qu’il le sache. Je veux qu’il sache que tu lui as fait de l’ombre, que tu es MON Alpha, comme il ne l’a jamais été. »

Je savais que je pouvais compter sur lui. Mais on entend l’escalier.

« Ramène-nous chez toi ! »

La porte s’ouvre, je défie Liam du regard.


black pumpkin

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L'amour d'un père est plus haut que la montagne.
L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Islande - 2 Mars 2020 -

Je sentais sa peau moite, son coeur encore tremblant de plaisir, ses pulsations encore bien rapides. Je n'avais jamais demandé à une femme de vivre avec moi. Je n'en avais jamais ressentit le besoin. J'avais vécu avec Victoire pendant 3 mois, mais chez elle, je ne lui avais pas demandé d'aménager chez moi avec David. J'aurai pu, car elle vivait dans la maison de ses parents, et que ça aurait été logique. Mais je ne l'avais pas fait. Et je le demandais de manière si naturelle à Reagan. Je souriais, des shows elle en aurait tous les jours, tous les soirs et toutes les nuits si elle venait vivre avec moi. Ce qu'elle semblait accepter.

"Je payerai tout ce qu'il y a à payer pour t'avoir. Pour que tu sois libre. Pour qu'on soit ensemble. Je n'ai pas peur. On va continuer ensemble, tu te souviens ? Nous contre eux. On sait ce qu'il se passe. On les protégera aussi Rea', à distance si tu veux, on gardera un œil dessus. Je te demande pas de les oublier, ni de les abandonner." Je frottais mon nez contre le sien et j'embrassais ses lèvres.

Son je t'aime me déstabilisa un instant. Il était aussi spontané que ma demande de vivre avec moi. Je l'embrassais encore plus avidement. "Pas autant que moi mo barion." Plus que tout au monde. Je l'aimais d'une telle ferveur, d'une telle sauvagerie que mon loup semblait hurler en moi. Ouai mon gars, c'est bon, on est d'accord, tu ne t'étais pas trompé finalement. C'est la bonne. Je me sentais bien, entier, complet. Je ne me sentais pas muselé, je me sentais aimé. Vraiment. Elle avait renoncé à son protecteur, son ancien compagnon, son alpha avec qui elle avait vécu 7 ans. Il n'y avait pas plus belle preuve d'amour. Je devais assurer maintenant. Pour elle. Je m'endormais paisiblement. On avait réussi la mission, on avait survécu, une nouvelle fois. Nos coéquipiers étaient toujours présent, ils étaient moins nombreux, mais bien là. La meute était toujours là.

Je me réveillais en sursaut et...prêt. J'attrapais sa main pour la tirer sur moi. Je l'embrassais. Mais c'était quoi ça ? Des habits ? Elle me repoussa. Nooon. J'ouvris un oeil, qu'est-ce que ?! Du coton. "Reagan qu'est-ce que tu fiches, remonte dans le lit, je t'ai déjà dit hier soir que tu étais le meilleur remède !" Je grognais, mais c'était qu'elle avait du caractère et de la force. J'aurai du lui faire l'amour toute la nuit, elle aurait été incapable de se lever avec cette énergie ce matin. "C'est moi que tu vas tuer si tu...arrf..." Je capitulais, me laissant tomber sur le dos dans le lit. "Tu me revaudras ça Cavanaugh, un loup frustré et un loup revanchard !" Je soufflais reprenant mon air grognon des pays glacés. Mais je finis par me fendre d'un sourire et de lui voler un ultime baiser avant qu'elle ne m'ordonne de m'habiller. J'la détesté, un peu, bon en fait pas du tout. J'étais dingue, elle me rendait dingue et j'aimais ça.

Je me dépêchais de sauter dans un pantalon, d'enfiler mes chaussettes, un t-shirt, une veste  pour la rattraper. Je me surpris à rire moi même de son commentaire à mes hommes. Je levais mes yeux au ciel et finissais par les fusiller du regard. Rigolez pas trop...je reste le boss les gars. J'attrapais un truc à manger sur une table et je filais au côté de Luke pour faire les derniers préparatifs de départ. "Alors finalement elle n'avait pas fait son choix ? Qu'est-ce qu'elle foutait ?" Je regardais Reagan rafistolait sa baguette devant la petite d'hier. "Ce qu'elle sait faire le mieux : elle s'adaptait !" Une idée germa dans ma tête en la voyant faire. On termina les plans de transplanage et je rejoignis Reagan. "Tout vas bien, c'est sa nouvelle famille ?" Je regardais la petite, baissant ma tête pour saluer les gens qui l'avaient entre leur bras. Ils se levèrent vers moi, me faisant des signes, me montrant le miroir.

Je n'osais pas m'y approcher dans un premier temps, étrangement, j'étais anxieux d'y voir mes plus profonds désirs. Et si ce n'était pas tout ça, et si ce n'était pas cette vie dont je voulais ? Je regardais et touchais du bout du doigt l'inscription. « Je ne montre pas ton visage mais de ton cœur le désir ». Je m'avançais devant. Et je nous voyais avec Reagan. On se donnait la main, ma sœur avait sa main posée sur son épaule, et sur la mienne reposée celle de Sko. Derrière nous, des peuples entiers, et sur le côté, un regard profond, un regard puissant. Un homme que je n'avais encore jamais vu, mais que je reconnaîtrais entre mille. Liam. Que foutait-il là ? Dans mon Rised !? Il hocha la tête dans ma direction et mon reflet en fit autant, en guise de respect. Comme le faisait Sko et tous les autres alpha dans le miroir à présent. Je désirais la paix, entre tous nos peuples. Je désirais l'harmonie de nos races. Je me rappelais une phrase que n'avait de cesse de dire Sko quand il y avait des disputes dans sa meute. Quand il prenait les plus jeunes, à part, qui s'étaient battu dans les bois. "Le sang qui en coulera sera de la même couleur que le tien. Nous sommes tous deux enfants du Grand Esprit." Il avait raison, nous étions tous des enfants du Grand Esprit. Nous avions tous le même sang, nous avions tous le mêmes gènes...encore plus nous, les loups.

Je revins auprès de Reagan, le coeur léger. Je savais les épreuves que j'allais affronter, et je les assumerai, même si le sang devait couler, il finirait par arrêter. J'étais confiant pour l'avenir. Je la fusillais du regard. Moi en vie, elle n'approcherait pas un stade de Quidditch. "Et moi je t'ai vu arrêter de me frustrer le matin au réveil..." Je répondis à son sourire et on transplana.

Au bureau je passais d'un rapport à l'autre. Je clôturais le tout de manière irréprochable. On avait plus le droit à la moindre erreur. On sentait de plus en plus les tensions. J'allais dans mon bureau, je regardais une nouvelle pile de courrier, et par dessus celle-ci, une pub. Une propagande pour une vaccination. Je broyais le papier et l'envoyer à la corbeille. Et certains le faisaient ! Le Ministère disait que les vaccinations était un succès, mais c'était faux. Certains oui, perdaient le gène, mais d'autres perdaient la vie. Je revins auprès de ma louve quand un homme fit la remarque d'un homme furieux venu la chercher hier. Liam, forcément. Et ça me rendit furieux aussi.

"Oui elle a quelqu'un Elis, et ce quelqu'un c'est moi. Interdisez l'accès de cet homme la prochaine fois. C'est compris ?" Ma voix était rude, sèche, puissante, autoritaire. Elle ne laissait aucun doute à mon affirmation et mes instructions. "C'est compris Wolf !"

Je trépignais du pieds quand elle termina un rapport et m'isola dans une pièce. C'était là, c'était maintenant. J'étais prêt, depuis des jours. J'aurai du le faire à la dernière mission déjà, elle n'aurait pas vécu la séquestration.

"Très bien, je viens avec toi et Rea...c'est pas négociable." Je fronçais mes sourcils. Pas de ça maintenant. Elle nous mena au dessus de sa boutique. Je sentais son odeur, partout, ça piquait mon nez, mon coeur. Bordel ! Il était fort, puissant. Il était comme Sko. Un pur. C'était un vrai loup garou, comme on en faisait plus. Ca ne changeait rien de toute façon. Je lançais un sort de Failamalle pour rassembler en un temps record les affaires de Reagan dans un sac. Je regardais autour de moi, je la regardais faire. Je sentais son malaise, son mal-être. Je m'avançais vers elle.

"Allons-y beauté, ce n'est plus chez toi ici..." Mais elle s'arrêta et se retourna vers moi. Qu..quoi ? Que je lui fasse l'amour ? J'haussais mes sourcils. Elle était sûre de ça. Ici ? Elle me demandait de la faire sienne, ici, dans la prison de son ancien alpha. Elle me demandait de lui dire que c'était fini. Qu'elle était à moi. Que j'étais son choix. Son alpha dorénavant. Et ça, si l'homme aurait pu refuser pour tout un tas de raisons, le loup lui, le chef, l'animal, l'alpha ne pouvait pas refuser.

Elle avait réveillé tous mes instincts, je devenais le loup, la bête, et je la faisais mienne. C'était un tel affront que je me sentais capable d'assumer. Il ne comprendrait que comme ça. Que c'était fini. Qu'elle était à moi.

Il grimpait, rapidement. Le temps à peine de s'habiller à peu près correctement. Et j'attendais. Je voulais le voir. Je voulais qu'il me voit. Qu'il nous voient partir ensemble. La porte s'ouvrit à la volé. J'attrapais Reagan par la hanche et je jetais à terre, devant ses pieds, la baguette brisée de Reagan. "Elle est libre maintenant! Une alpha. La mienne." Je transplanais avec elle. Oui je l'avais fais. Je lui avais rappelé que sans baguette elle m'avait retrouvé, qu'elle n'en avait plus besoin, pas celle là. Elle recommençait une vie, avec moi.

J'avais transplané à mon appartement. Je la lâchais. J'étais tendu. Remplit de colère. J'aurai voulu me battre, je l'avais senti, mon loup grognait, provoquait Liam. Et je l'avais fait, deux fois. J'aurai voulu rester, me battre. J'aurai voulu lui dire tout ce que je pensais de lui, de ce qu'il lui avait fait. Mais pour Reagan, pour tout ce qui se passait dans nos rands, je ne pouvais pas. Pourtant la rage que je ressentais en moi ne voulait pas partir. J'envoyais valser une chaise, puis je me tournais vers Reagan. Je me mis à roder autour d'elle, je vins caresser ses cheveux, embrasser son cou. Humer son odeur. Puis je finis par la prendre dans mes bras et la serrer. "Je t'aime." C'était juste ça. Je l'aimais. Je me calmais, sous ses caresses, sous les battements de son coeur. Ce qu'elle avait fait là... C'était l'ultime preuve par l'ultime affront. J'avais retrouvé mon calme, je calais mon front contre le sien. "J'ai quelque chose pour toi, j'y ai réfléchi longuement. Et tu ne peux pas dire non. Tu n'as pas le droit de dire non, d'accord ?"

Je m'avançais vers mon sac. Sa baguette ne pouvait pas être réparée et son potentiel était pourtant énorme. Elle avait réussi à faire un Patronus sans baguette. J'avais réussi le mien à 13 ans, avec ma baguette à l'époque. Parce que c'était l'école, et qu'il y avait des choses et des protocoles à respecter à Poudlard. Je l'avais mise de côté à mes 17 ans. Me consacrant entièrement à mon potentiel magique qui avait toujours été là. La magie sans baguette, depuis 7 ans. Cela faisait 7 ans qu'elle dormait et attendait son heure, comme ça faisait 7 ans que Reagan attendait d'être libre et d'être mienne.

J'attrapais ce bout de bois qui était comme un bout de moi, de ma magie. Je vins placer ma baguette dans sa main. "Elle m'a choisi il y des années. Mais j'en ai pas besoin. Je choisi de te la donner aujourd'hui. C'est du Pin. Elle apprécie la nouveauté et l'inventivité, elle est très sensible aux sortilèges qui sont informulés. Elle aime les sorciers indépendants. Elle devrait te plaire." Je refermais sa main qui tenait la baguette.


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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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Come on now, follow my lead
Wolfgang A. Parkinson & Reagan Cavanaugh

C’est de la folie. De la folie furieuse ce qu’on vient de faire, je le sais. On vient de commettre l’un des affronts les plus graves qui soit en couchant ensemble sur le territoire de Liam. Et surtout en couchant avec cette force et cette passion. Car je sais que ce n’est pas l’homme qui vient de m’aimer de la sorte, mais l’Alpha, le loup. Il y avait une telle puissance dans ses coups, un tel désir de conquête que ça en était évident. J’ai agi pareil, parce qu’on est pareil. Ça ne m’a pas empêché d’avoir peur au moment, non où j’ai vu Liam, mais au moment où Amadeus lui a jeté ma baguette. J’abandonne réellement celle que j’étais. J’abandonne mon passé. L’alliance du chêne blanc et du chêne rouge, c’est terminé. Et j’ai tout de suite su, au regard de Liam, que c’était terminé. Que je n’étais plus sa protégée. Et que la prochaine rencontre serait douloureuse, parce qu’il ne chercherait pas à me récupérer. J’ai vu la haine dans son regard. Sa haine pour moi, pour Amadeus, l’Alpha qui a osé venir sur son territoire pour le marquer et prendre sa bêta. Sauf qu’en dépit de tout, de la violence, de la pression, je ne pourrais jamais le haïr.

Le transplanage nous dépose dans un endroit que je ne connais pas. Mais il est empli de son odeur. On est chez lui. Je me rends compte que je ne suis jamais allée chez lui. Que je ne connais presque rien de lui en fait. Mais cela n’a pas d’importance. Je connais l’essentiel. Je sais qui il est, je sais ses valeurs, je sais qu’il est mon âme-sœur. Je sais que ma louve l’a toujours su. Comme elle sait très bien ce qui se passe là, maintenant. Je me tiens bien droit, ne le lâchant pas du regard. Je garde la tête haute, je suis fixe alors qu’il laisse exploser sa colère. Je sais, mo mac tire. Tu es un Alpha et tu as été privé de combat. Je frissonne à peine quand il envoie valser une chaise et je recommence à soutenir son regard quand il me tourne autour. J’ai vécu dans une meute. Une vraie meute, je sais ce que ça veut dire. Soit sa colère va éclater, ce dont je doute, soit il va me sauter dessus et passer toute sa frustration en mode alpha mâle dominant, soit il faut juste que je sois son ancrage. Sa louve qui ne l’abandonnera pas. Je ne bouge pas quand il se rapproche, quand il me touche. Ce n’est que lorsqu’il me serre dans ses bras que j’en fais de même. Que je prends une profonde inspiration au creux de son cou. Je serre encore plus fort à son « je t’aime ». Je ne suis pas sûre qu’on me l’ait déjà dit. Je caresse son dos, son cou. Je dépose des baisers dans son cou.

« Je l’ai dit en premier, mo mac tire. »

Je souris, avant de légèrement grimacer quand il me dit avoir quelque chose pour moi, et que je n’ai pas le droit de refuser. Je l’observe, tout en observant autour de moi, cet endroit où je vais vivre. Et je marque un pas de recul quand il me met sa baguette dans la main. C’est… c’est sa baguette, une baguette ça choisit son sorcier, elle l’a choisi lui, pas moi. Ça ne se fait pas d’utiliser la baguette d’un autre. J’ouvre la bouche pour refuser, avant de la refermer. Plusieurs fois de suite. Classe Reagan, vraiment très classe. Ça me fait bizarre. Je n’ai pas mes repères ici. Je ne sais pas encore exactement sur quelle rainure placer mon pouce.  Je baisse les yeux sur sa baguette… Ma baguette. J’ai changé de meute. J’ai changé d’Alpha. J’ai changé. Je tente un sort mais il part bien trop vite pour ce que j’avais prévu et j’éclate de rire.

« Ok, heureusement que tu ne pars pas aussi vite qu’elle quand j’ai ta « baguette » entre les mains. »

Je l’embrasse, m’accrochant de ma main libre à son t-shirt. Puis je réessaye, modifiant l’inclinaison, la position de mes doigts. Et cette fois, ça marche. Il va me falloir un peu d’entrainement, mais je sens que ça va aller.

« Est-ce que ça veut dire que je te mène à la baguette ? Ou que je suis ravie de pouvoir jouer avec ton matériel, Parkinson ? Ou que je prendrai soin de l’asti… »

Il m’embrasse pour me faire taire et j’éclate de rire. J’enroule mes bras autour de son cou, pour le regarder en silence. Puis mes doigts viennent caresser son visage, ses lèvres, ses mèches folles. Tout est nouveau ici, pour moi. Aucune odeur ne m’est familière à part la sienne. Je ne sens même pas l’odeur de son ex. ça m’aide. C’est nous, contre eux. Nous contre Liam le temps qu’il comprenne, nous contre le ministère, nous contre les vaccins. Je garderai un œil sur la meute, de loin. Mais j’en ai une autre sur laquelle veiller désormais.

« Il va falloir que tu me fasses visiter, et que je mette mon odeur absolument partout. Et que tu me fasses de la place dans ton placard. »

Je l’embrasse avant de le serrer dans mes bras. Combien de fois avons-nous flirté avec la mort depuis janvier ?

« Merci, mo mac tire. »

Et désolée aussi de t’avoir embarqué là-dedans, dans une telle galère.

« Mais ne va pas le défier, seul. J’ai super faim, dis-moi que tu as ton frigo rempli, pitié pitié pitié. »

Je prends une profonde inspiration avant de m’écarter de lui et de regarder une nouvelle fois autour de moi. C’est un nouveau départ, une nouvelle vie, ensemble.

« Tu crois qu’ils vont nous laisser un peu de répit ? Le ministère, je veux dire. J’ai vu la campagne de vaccin. Aucun miroir révélateur n’a été ramené d’Islande, mais s’ils en ont… Pourquoi est-ce qu’ils ne nous arrêtent pas tout simplement ? Enfin ne te fais pas d’illusion, je veux seulement un peu de répit histoire de bien « manipuler » ta baguette, que je puisse faire ça… »

Je lance un Diffindo très précis du out de la baguette afin de découper son t-shirt en deux, révélant son torse puissant.

black pumpkin

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L'amour d'un père est plus haut que la montagne.
L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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