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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Janvier 2022.

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We can't defend ourselves if we can't communicate
Wolfgang A. Parkinson, Elisabeth Hiilos, Liam Braeden & Reagan Cavanaugh

Je ne saurai toujours pas dire si c'est une bonne ou une mauvaise idée... Il aide les Insurgés de manière ponctuelle depuis quelques temps déjà, mais là, pour les intégrer officiellement, il va bien devoir en discuter avec l'une des personnes qui genre l'organisation. A savoir, Elisabeth. Et on ne peut pas vraiment dire qu'on ait un bon contact. Quant à moi... Moi je me dis qu'il faut que je parle à Liam. Je sais qu'il ne veut plus entendre parler de moi, mais après ce qu'il s'est passé en Irlande et cette menace sur les enfants loups et hybrides, après le printemps et sa puissance... je suppose qu'eux aussi ont vécu cette période avec intensité. Et je soupçonne facilement que Liam, lui, ne se sera pas bridé. Bref, je suppose que s'ils sont déjà en train de songer à fonder une meute, je dois les avertir des dangers. Mais est-ce qu'ils me croiront seulement ?

On en a donc discuté beaucoup, avec Amadeus. Il n'était – et n'est toujours pas – chaud pour que je sois une nouvelle fois en présence d'Elisabeth et Liam. Et pour cause, ce dernier a été parfaitement clair la dernière fois. Je ne suis plus la bienvenue. Et chez les loups-garous, je sais ce que cela signifie. Mais il faut que je le fasse. Et puis, il sera là, je doute qu'il se passe quoi que ce soit. Nous avons décidé d'un commun accord de ne pas nous rendre au Centre de Soin, où Elisabeth est pourtant souvent présente. Pour deux raisons. La première c'est que Liam serait capable de croire qu'on a voulu réaliser l'intégration d'Amadeus dans son dos. La seconde, c'est que ma présence sur le territoire d'Hiilos, ce serait perçu comme une sévère provocation. Bon, aller à la boutique aussi. Mais Liam encaissera mieux un affront personnel qu'un affront envers sa « compagne ».

Toutefois, on a survécu à notre premier printemps, mais on veut un avenir, et on ne l'aura que si on arrive à faire partiellement table rase du passé. On l'aura à condition de lutter contre ceux qui veulent nous détruire. Et ça passe par les Insurgés. ça passe par les mises en garde que je peux leur faire, à Hiilos et à Liam, parce que si on ne se soutient pas entre nous, alors on ne veut rien.

« Il faut que j'y aille. Il s'est peut-être comporté comme un con fini, mais il faut que je lui parle. »

Parce que je lui dois quand même beaucoup. C'est lui qui m'a permis d'explorer ma nature. Et s'il n'est plus ma meute, je ne voudrais pas non plus qu'il arrive quelque chose à ses gamins. Mais par Merlin, fasse qu'il n'en ais pas, s'il te plaît. Je regarde Amadeus, frotte mon nez contre sa machoire, son cou. Il sait qu'il n'y a plus de sentiment amoureux entre Liam et moi, il sait que je ne retournerai pas dans sa meute, que toute ma vie est avec lui désormais. Mais je sais ce que ça fait, cette appréhension en présence d'un autre alpha et surtout cette possessivité. Et il sait la force de l'emprunte que les loups se laissent entre eux. Et Liam en a laissé une sur moi. Je l'abandonnerai si nécessaire, mais uniquement si nécessaire.

On finit par dissimuler nos odeurs derrière un sort, d'une part pour éviter tout problème avec les milices qui patrouillent, mais aussi pour avoir une chance de dire deux avants avant que Liam ne tente de nous étriper, comme la dernière fois. Un baiser, et on transplane, à quelques maisons de la boutique. On croise une milice sur notre chemin. La main d'Amadeus se resserre dans la mienne, mais on ne nous cherche pas d'ennui. Ça me chiffonne un peu de me retrouver devant la boutique. Je sais que lorsque je vais pousser la porte, il y aura l'odeur d'une femme. D'une autre femme, dans la maison qui a été la mienne un an, où je me suis reconstruite après mon déracinement. Allez. Ma vie désormais est avec l'homme à mes côtés. Il est ma maison.

On pousse la porte. Je m'attends presque à ce qu'il nous tombe dessus, mais non. Je ne sens d'ailleurs pas son odeur. Serait-il sorti ? En laissant sa boutique ? C'est Elisabeth qui nous fait face, derrière le comptoir tandis que la boutique est vide. Et... elle nous adresse un grand sourire.

« Bonjour, je peux vous aider ? »

Je fronce les sourcils, suspicieuse. Pourquoi prend-t-elle cette voix enjouée ? Pourquoi ce visage souriant ? Pourquoi cette comédie alors qu'elle nous déteste certainement ?

« On est juste venus pour parler, pour vous parler à Liam et toi. »

Je renifle discrètement, mais elle est trop loin et il est encore un peu trop tôt pour sentir quoi que ce soit si jamais elle est enceinte. On reste presque le dos collé à la porte, pas de geste qui indiquerait qu'on veuille fouler leur territoire.

« C'est important. Je te promets. Ça concerne ton autre meute, et la vôtre. »

Je dois bien admettre que sa façon de réagir me perturbe. La rage, le mépris, j'aurais compris... mais là... c'est vraiment étrange.

black pumpkin

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L'amour d'un père est plus haut que la montagne.
L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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Elisabeth Hiilos
Chef des Insurgés côté Loups


30 Mars 2020 - Londres - Boutique de l’Apothicaire

12. C'est le nombre de jour qui s'est écoulé depuis mon accident. Je n'ai toujours pas retrouvé la mémoire. On sait que j'ai une commotion cérébrale. Il n'y a rien à faire, il faut que l’œdème se résorbe. Et c'est quitte ou double, je peux retrouver la mémoire, comme l'a perdre à jamais. Est-ce que c'est angoissant ? Oui, c'est même terrifiant. Je ne tiens que parce que je fais confiance à ma louve, je l'écoute, on s'écoute, on s'apprivoise. Je marche beaucoup à l'instinct. Liam m'a permis de me révéler, après l'accident, il a pris du temps pour que je renoue avec celle que je suis à l'intérieur avant de rentrer "chez moi". Je n'ai plus aucun repère, mais j'en ai un puissant à l'intérieur de moi, la louve. Liam sait lui parler, il connait son langage, c'est comme s'ils se connaissent. J'ai pourtant l'impression de marcher dans des eaux troubles. Je suis dans un pays inconnu, avec une nouvelle nourriture, un climat différent. Il fait plus chaud en Angleterre qu'en Norvège. J'ai l'impression de souffrir de prosopagnosie, tous les visages me sont inconnus, c'est déstabilisant. Personne ne parle Norvégien. Mon pays me manque.

Après trois jours d'intense introspection sauvage, Liam m'a ramené. Dans un foyer hostile pour moi. J'ai pris peur. J'ai cru qu'il me mentait, j'ai cru tombé dans un piège, une machination de Tobias et Ludwig, et Liam à qui je faisais confiance venait de me trahir. Comment avais-je pu faire de mes pires ennemis mes "frères" ? Ils ont essayé de me parler, ils ont essayé de me raisonner, chacun leur tour, mais je ne voulais rien encore. Je ne pouvais pas l'admettre. Ils m'ont persécuté, des vampires, comment aurais-je pu devenir seulement amie avec eux ? Alors leur sœur ! C'était inadmissible. J'ai voulu partir, paniquée. Mais pour aller où ? Et là...dans ce moment de panique totale, pour essayer de m'apaiser, de me calmer, on est arrivé avec une enfant, un bébé de presque un an. Me disant que c'était ma fille. Manen. La lune.

Tout s'est alors voilé en moi. Absolument tout. Maman, elle m'appelait maman. J'ai pris la fuite. Je suis retournée à l'état sauvage dans les bois autour de la maison, je me suis perdue. J'ai passé une nuit dans la forêt, totalement esseulée et pétrifiée. Liam m'a retrouvé. Je n'avais pas beaucoup de choix à faire. Essayer de cohabiter avec mes pires ennemis devenus mes frères, ou venir vivre avec lui le temps que peut-être je retrouve une hypothétique mémoire.

Je suis rentrée avec lui, il a récupéré Manen, et j'ai vu les vampires furieux, mais pas seulement, ils étaient aussi dévastés. Ludwig était triste, choqué. Assez pour que ça me touche au fond de moi. Ça avait l'air sincère, pas surjoué. Non ce n'était plus un jeu. Ils en ont voulu à Liam. En fait ils leur en veulent toujours. Les filles présentes avec eux ont essayé de me rassurer. Mais j'étais braquée, en colère. Je suis donc allée vivre, avec un homme que je ne connaissais que depuis quatre jours. Officiellement plus, c'est vrai. Mais j'ai écouté ma louve, et je ne savais pas à quel point elle pouvait être puissante en période de Printemps.

Je n'ai vécu que deux Printemps, de mémoire d'amnésique. J'étais adolescente, tout juste 11 et 12 ans les premières fois, aujourd'hui j'en ai bientôt vingt, ce n'est pas pareil. Un puissant désir m'a habité pendant près d'une semaine. D'une violence parfois ingérable et incontrôlable. Les hormones ne m'ont pas aidé. Je ne me suis pas reconnue, ce corps si différent, si féminin, si adulte. Ce côté séductrice, prédatrice, entreprenante. Encore aujourd'hui, je dois me répéter que je ne suis plus une enfant. J'ai eu du mal à l'assumer, mais pas devant Liam étrangement. Ma louve l'a instinctivement reconnu comme un potentiel compagnon, et encore aujourd'hui ça donne des moments cocasses et gênants.

Je ne me souviens même pas avoir couché avec un garçon et là...j'en étais bouffée d'envie. Vraiment gênant. Je ne sais pas trop ce qu'il pense de moi et de mon comportement, il essai juste de me rassurer, de me dire que c'est normal, c'est lui qui m'apprend tout ça. Cette nature de loups. Mais là ça devient...trop. Est-ce son rôle ?
Surtout qu'il me repousse, gentiment, mais parfois de manière plus autoritaire, comme s'il était vexé, blessé, j'ignore pourquoi. Je ne dois pas lui plaire, je me pose encore des questions sur lui et moi. Qui sommes nous réellement ? Quelle genre de relation entretenions nous ? Je pensais que nous étions des amants, visiblement non, c'est que je ne dois pas lui plaire. Trop jeune peut-être ? Peut-être avait-il plus un lien de patriarche avec moi, mais c'est écœurant de penser ça alors qu'il me plait. Ma louve en est dingue. Moi je...moi je suis perdue. Hier j'étais encore amoureuse de Samuel et aujourd'hui, cet homme me trouble, me plait. Il dégage quelque chose de puissant, de séduisant.

Ce matin je me lève avec les pleurs de Manen. Je ne sais pas vous décrire l'effet que ça produit en moi. C'est un déchirement. Au plus profond de moi, mon cœur s'ouvre en deux et rejette ses pleurs. C'est comme un électrochoc, c'est douloureux. Je veux qu'elle s'apaise, je veux la calmer, parce que ça me bouffe. Je me lève et je vais la voir. Je la prends dans mes bras, mais c'est comme si elle ne me reconnait pas. Je ne sais pas comment faire, j'ai oublié tous mes gestes, toutes nos habitudes, ses chansons, nos routines. Et je commence à paniquer après plusieurs minutes. Liam me laisse faire, autant que possible, mais quand les larmes me montent aux yeux il intervient, la mort dans l'âme et prend le relais. La petite finit par se calmer, et moi je suis dévastée. Je sais que c'est ma fille, je le sais, je sens son odeur, la mienne, ça ne fait aucun doute. Je n'ai jamais douté sur mon lien avec elle, c'est impossible. Mais j'ai oublié la grossesse, l'accouchement, le premier contact avec elle, et je suis une inconnue avec le visage de sa mère, c'est le plus effrayant. Je pleure tous les soirs, j'étouffes mes sanglots dans le coussin. J'évacue le trop plein. Je sais que Liam m'entend. Il respecte mon besoin de vider les nerfs. Cette situation est inconfortable. Elle l'est d'autant plus que ma louve ne supporte pas être seule dans un lit. Parfois, je la laisse me guider dans sa chambre, mais il trouve toujours un prétexte pour ne plus dormir, pour m'éviter. Alors que je demande juste à être à ses côtés. Je veux être à ses côtés.

Ce matin je le regarde faire, impuissante une nouvelle fois. Je ne sais as calmer les pleurs de ma propre fille. Il est beau dans ce rôle. Ma louve fond d'un total amour. Je l'admire, je le dévore du regard. Je le veux. Je le sais. Il n'est pas le père, je ne sais pas qui est le père de cette petite fille. Liam m'a dit que je l'avais chassé. Je n'ai pas posé plus de question, comment je pourrai ? Je suis déjà au bout de ce que je peux apprendre sur les huit années que j'ai oublié.

"Je vais...à la douche. Je vais descendre au magasin si tu veux bien? Je vais ranger quelques ingrédients, je peux ouvrir la boutique ?" Bien sûr qu'il ne va pas me dire non. Mais je demande toujours. Je ne sais pas si je suis à ma place, c'est étrange de vivre comme si on était un couple, une famille, et de ne pas savoir si c'est vraiment ma place. Mes lèvres tremblent quand je le remercie et je file dans la salle de bain. Je ferme la porte et m'effondre au sol, le dos contre la porte. Je suis prise d'un sanglot que je refoule. J'étouffe. Bon sang j'étouffe. Je souffle pour me calmer, comme il me l'a appris, je ferme les yeux et je renoue avec la louve. Je respire moins vite, plus profondément, je la sens monter en moi. Je sais que pour elle tout ira bien. Je me prépare pour descendre à la boutique. Il passe les journées à m'expliquer le fonctionnement. J'apprends vite, rien d'étonnant apparemment, Liam dit que je suis en 1ère année de médecine. Pour le coup ça ne me surprend pas, c'est en adéquation avec ce que je voulais être déjà depuis gosse. C'est d'ailleurs cette passion qui a coûté la vie de ma mère et qui m'a valu ma transformation.

Les plantes et leur propriété me reviennent vite, et ça me fait du bien de ne pas rester sans rien faire. Ça me reconnecte à la réalité tout doucement. Quand on est pas à sa boutique, on est dans le Centre de Soin, Liam y va tout doucement, il y a des choses qui m'échappent encore, et qui prend le temps de m'expliquer, une chose à la fois pour ne pas m'affoler. Là bas, les gens me regardent étrangement. Ils me connaissent tous bien. Leurs mots, leurs gestes m'envahissent et Liam met rapidement le holà, car je ne supporte pas ça. Je ne les reconnais pas et je semble être quelqu'un d'important. Je ne suis pas seulement un "médecin", il y a autre chose. Ce que je sais, c'est que je ne dois pas sortir de la boutique ou du Centre sans lui. Que dehors le climat est rude pour les créatures magiques, que je suis en danger partout. Au début je pensais qu'il disait ça pour me retenir un peu prisonnière, dans une bulle dorée. Mais il m'a montré des articles de journaux. Comment vous dire, je reste dans son sillage, je ne me pose pas de questions et je prie Merlin pour retrouver la mémoire, cette situation est inconfortable pour tout le monde.

Je finis ma douche et m'habille. Je repasse par la cuisine où Liam s'occupe de Manen, je passe à côté d'eux, j'embrasse la demi-louve et ne peux m’empêcher d'avoir un geste tendre pour le loup. "A tout à l'heure". Je ne demande pas mon reste et je descends d'un pas vif.

Je commence le rangement, je dois ouvrir la boutique dans vingt minutes. Ici j'oublie tout, enfin...j'oublie que j'ai oublié. J'ai tout de même un peu l'impression d'être une autre personne, comme si j'avais changé de vie. J'ai une baguette et je peux m'en servir. Alors qu'encore hier je n'en avais pas le droit en dehors des quatre murs de Durmstrang, donc je m'en sers peu.

Après un bon quart d'heure, je viens ouvrir la porte. Je continue de poser les ingrédients sur les étagères quand j'entends la petite sonnette. Je me retourne en souriant. Des clients ! Je dois me montrer prévenante et aimable, ce n'est pas très difficile, j'ai toujours été sociable.

"Bonjour, je peux vous aider ?"

Je me sens chaque jour plus à l'aise ici, donc si je peux les aider ? Sinon Liam ne va pas tarder. La fille prend la parole. Apparemment elle me connait. C'est gênant. Ce que j'aime ici, c'est que je ne rencontre que très peu de personne qui me connaissent, donc je suis en zone de confort. Je peux être qui je veux, je n'ai pas à faire turbiner mon esprit et culpabiliser de pas reconnaître l'autre. Mon cœur commence à battre vivement, l'angoisse monte tout doucement, j'en appelle ma louve à la rescousse. Elle est agacée, j'ai pas besoin de ça, j'ai besoin qu'elle me calme, mais ces gens l'agacent, bon c'est assez, je prends le relais.

Leur comportement est étrange. Ils ne bougent pas. Ils sont timides ? Impressionnés ? Je les regarde à tour de rôle, mon sourire faibli mais ne s'efface pas.

« C'est important. Je te promets. Ça concerne ton autre meute, et la vôtre. »
"Je vois..." Non pas du tout en fait. Mon autre meute ? La notre ? Je ne sais pas de quoi elle parle. de la meute de Liam ? Finn et les autres ?

"Elisabeth, je sais qu'on est peut-être pas les bienvenus, mais c'est important, est-ce qu'on peut parler ?"
"Pourquoi vous ne seriez pas les bienvenus ? Parler c'est ce qu'on est en train de faire non ?" Ils grimacent, comme si je venais de dire une connerie.
Pourquoi je ne me souviens pas d'eux ? J'avale ma salive. J'ai beau réfléchir, je sais que ça ne fera que me flanquer un mal de tête.

"Je sais que ce qu'on a fait...enfin, on a besoin de toi."

"Liam ne va pas tarder, mais rentrez, ne rester pas dans l'entrée. Je ne peux pas vous aider, enfin, mis à part si vous avez besoin de quelque chose dans cette boutique."

"Je comprends ta position, vraiment, je sais que tu nous en veux certainement encore, mais là vraiment, c'est pas évident pour moi non plus de te demander ça...je fais un effort."

"Moi aussi. Ça ne dépend pas que de moi...Liam vous l'a déjà dit non ?" Que je suis amnésique. Si on se connait, si on se connait au point qu'ils aient besoin de moi, Liam a du les prévenir ? Et je fais un effort pour savoir qui ils sont, mais rien à faire.

"C'est vrai. Je sais qu'il a déjà dit qu'on ne devait plus revenir ici, mais là, c'est une requête particulière, je ne viens pas vous défier." Mon cœur s'emballe. Dans quelle situation je suis ? Est-ce que c'est ces gens dont je dois me méfier ? Les sorte de traîtres dangereux qui en veulent aux créatures magiques ? Je fais un pas en arrière, mon sourire s'est évaporé. Ma louve a raison d'être agacée si c'est le cas. Liam me dit de lui faire confiance en toute circonstance.

"S'il vous a dit de ne pas revenir, pourquoi êtes-vous là ?" Liam, qu'est-ce que tu fais ?


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Es-tu heureuse dans ce monde moderne?

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We can't defend ourselves if we can't communicate
Wolfgang A. Parkinson, Elisabeth Hiilos, Reagan Cavanaugh & Liam Braeden

Je regarde Manen, qui essaie de m'attraper les cheveux. Elle a encore pleuré, ses yeux sont bouffis et rouges de chagrin. Évidemment, elle ne reconnaît pas sa maman et sa maman ne la reconnaît pas. Cela fera bientôt deux semaines, et rien, aucun souvenir ne lui revient. J'ai tenté de la ramenée chez elle, mais sa réaction a été plus que violente, et n'a fait qu'augmenter le peu d'estime et d'affection que j'avais pour les Valdemar. Ils ont vraiment été des monstres avec elle. Oui, ils ont changé, oui ils se sont occupés d'elle et de Manen, ils ont été là pour elles quand il n'y avait pas d'homme pour veiller sur elles. Mais maintenant elles en ont un. C'est pour cela que j'ai décidé de les installer chez moi. Et quand elle a fui, terrorisée par le fait d'être une mère ne reconnaissant pas sa fille, je l'ai retrouvée, je l'ai cherchée sans relâche. Et je lui ai dit de venir, de réapprivoiser sa fille comme je l'aide à le faire pour sa louve. J'ai donc installé une chambre pour les deux femmes. Je songe de plus en plus à refaire intégralement ce qui était jusqu'à il y a peu le studio de Reagan. Peut-être le détruire, pour agrandir mon appartement, en faire une vraie chambre, pour Manen. Voire d'autres enfants. Peut-être, un jour.

Je souris en repensant à ce printemps. Enfin, maintenant je suis capable d'avoir le recul nécessaire pour en sourire. Nos loups étaient en communion. J'avais envie d'elle, envie de la faire mienne, officiellement, envie de lui faire des enfants. Mais je n'avais pas le droit, pas alors qu'elle était effrayée, perdue, qu'elle ne se souvient ni de moi, ni de sa fille. Ce ne serait pas... honnête. Et je ne suis pas du genre à profiter des demoiselles. Je veux qu'elle me choisisse, qu'elle en soit consciente, sinon, elle ne sera pas ma compagne, mais juste une femme de plus qui aura partagé ma couche. Or ce n'est pas ce que je désire. Alors oui, la repousser a été dur. L'homme comme le loup la voulaient, à en souffrir. Mais ça se fera dans les règles, ou ça ne se fera pas. Peut-être au printemps prochain, si tout va bien. Peut-être qu'elle se souviendra comment sécher les larmes de sa fille et qu'elle ne sera plus aussi paumée qu'aujourd'hui. Leur souffrance est insoutenable.

Alors j'ai récupéré la petite dans mes bras, la berçant au rythme qui lui convient, lui parlant en irlandais, tout doucement. Quand c'est Elisabeth qui craque et pleure, le soir notamment, je ne dis rien. Je sais qu'elle a besoin de ces moments, à elle. Il n'y a rien que je pourrais dire qui atténuerait sa souffrance. Elisabeth a besoin d’être occupée, d'avoir du concret. Alors en journée, parfois, on va au Centre de soin, pour stimuler sa mémoire, mais les Insurgés veulent aller trop vite en besogne. Ou alors, elle m'aide à la boutique. On parle d'ingrédient, de potion, pour convoquer ses souvenirs dans ce domaine. Ce matin, je l'ai laissé ouvrir la boutique, tandis que je finis de calmer Manen. Je renifle. Bien, je vois que mademoiselle m'a fait un cadeau.

Direction la salle de bain, pour la changer. C'était loin d'être inné, mais je finis par gérer la couche désormais. Je fais semblant de lui mordre le ventre, et elle rigole.

« T'en fais pas ma jolie. Ta maman va aller mieux. Elle va se souvenir qu'elle est une Alpha, la chef d'une grande meute. Elle pourra bientôt sortir seule et te protéger de nouveau. Je fais tout pour. Et en attendant, je suis là. »

Elle va nous revenir, je le sais. Je le sens dans ses gestes. Derrière certains d'entre eux, je reconnaît la louve, ma compagne. Je dois prendre mon mal en patience. Pour le bien de tout le monde.

« Allez, on va voir comment maman s'en sort. »

Je la cale contre moi, quitte l'appartement et descend au rez-de-chaussé où se trouve ma boutique. Sauf que je n'aime pas du tout ce que je découvre. Mon pas se fait rapide pour me positionner légèrement devant Elisabeth et ma prise se resserre sur Manen. Que font-ils là eux ? N'ont-ils pas compris la dernière fois ?

« Dégagez. Je crois avoir été suffisamment clair non ? »

Je grogne. Et ça me met encore plus en rage que ce soit tombé sur Elisabeth, sans ses souvenirs, elle est plus en danger. Tous mes muscles sont tendus, prêts à renouer le combat avec l'Alpha. C'est le printemps, n'ont-ils pas des choses à faire ?

« C'est important Liam, on...
- On n'a rien à faire ici. Tu voulais ta liberté Reagan ? Tu l'as, ne reviens pas ici tous les mois je te prie.
- Amadeus doit parler à Elisabeth, en ta présence s'il le faut.
- La dernière fois qu'il s'est approché d'une femme de ma meute, on sait ce qu'il s'est passé... »

Je lui jette un regard sévère, à l'Auror. Combien de temps Rea m'a-t-elle menti, en me disant qu'il ne se passait rien entre eux ? Oh, je sais qu'il ne me prendra pas Elisabeth, mais je n'ai aucune confiance en lui. En plus, pourquoi voudrait-il lui parler ? Je me tourne vers ma compagne, lui faisant glisser Manen dans les bras.

« Ils ne sont pas les bienvenus, mais pas un danger, je t'expliquerai. Si tu veux monter vas-y, je m'en occupe. », que je lui murmure, je sais à quel point elle avait souffert la première fois, de ne pas comprendre. Alors là...

« On est allé en Irlande, Liam. Je t'assure que c'est important. Labhair mé le mo mháthair, shíleann sí de tú.”

Spoiler :
J'ai parlé à ma mère, elle pense à toi


Je reporte mon attention sur elle. Pourquoi mêle-t-elle sa mère à tout cela ?

« Vous avez deux minutes. »

black pumpkin

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Le cerveau a la pensée, le coeur a l'amour,

le ventre a la paternité et la maternité.


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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Boutique de l’apothicaire - 28 Mars 2020 -

Il faut qu'elle y aille, il faut qu'elle y aille. J'en sais rien. Moi je dois y aller, mais elle ? Après les menaces ? Après tout ça ? Oh bien sûr s'il le faut je me battrai encore et toujours pour elle. Mais il a été clair. Elle ne devrait pas y retourner. Mais c'est Reagan et c'est leur histoire, même si ça me tue de le dire. Je sais qu'elle m'aime, qu'elle m'appartient, je sais qu'elle ne voit plus Liam comme il y a quelques années. Je sais tout ce qu'il a fait. Mais ils ont un lien, et je n'y peux rien. Je ne peux aller contre ça. Il faut que j'avance avec ça.

Je la serre contre moi pendant qu'elle a un geste de tendresse dans mon cou. Je respire aussi ses cheveux, les caressant. Je déglutis sous l'appréhension. Il faut qu'elle vienne. Ok. Je soupire avant de saisir son visage à deux mains et de l'embrasser langoureusement. Je cale ensuite mon front contre le sien. "Toi et moi." Contre tous. Comme à Galway. Il faut qu'on les prévienne de ça. Je sais au fond de moi que mon ticket pour parler à Liam passe aussi par Reagan, elle le connait, elle va savoir trouver les mots pour qu'il écoute. Si je débarque seul, il fermera sa porte définitivement.

Je nous dissimule avant de l'embrasser et de transplaner. Je n'aime pas ça, une milice dans le coin, ces lois, les projets de contrôle des naissances. Je n'aime pas le moment qu'on va vivre. Si seulement je n'étais pas obligé de passer par Élisabeth. Le destin est pire qu'une prophétie maudite. Je sens Reagan se tendre, je sais que revenir ici doit lui rappeler des souvenirs. C'est comme si je rentrai dans la maison de ma mère, que je n'ai su vendre, ou chez Victoire, dans la chambre de David. Les lieux nous appellent à des moments précis qui ont leur importance. Même si je sais que sa place est à mes côtés, même si je sais qu'elle en est consciente, je la ramène chez son ancien compagnon, son ancien alpha, c'est dur pour moi. Pour mon loup.

Je me demande si j'ai vraiment pris la bonne décision ? Si je dois vraiment m'engager officiellement ? Je secoue ma tête. Si...si je le fais pour nous, pour notre avenir, pour ma descendance. Pour Reagan, pour notre amour, pour nos enfants qu'elle portera. Il faut en passer par là. Je veux arrêter de craindre de perdre ma sœur lors d'une bataille que je ne mènerai pas à ses côtés. Il est hors de question que je la laisse encore manquer de se faire vacciner pendant que je croise les bras au Ministère. Si je dois perdre mon boulot, qu'il en soit ainsi.

On entre et je ne m'attends pas à ce genre d'accueil. C'est comme si quelque chose cloche. Élisabeth est trop prévenante. On dirait qu'elle se fiche de nous, qu'elle nous nargue, nous provoque peut-être ? Pourtant je ne sens aucune animosité. On se regarde avec Reagan. Elle lui parle, demande à leur parler à tous les deux, que c'est important. Elle a l'air de douter de nous, elle est suspicieuse, ça se sent. Son comportement est étrange et je prends aussi la parole.

"Élisabeth, je sais qu'on est peut-être pas les bienvenus, mais c'est important, est-ce qu'on peut parler ?"
"Pourquoi vous ne seriez pas les bienvenus ? Parler c'est ce qu'on est en train de faire non ?" Je fais la moue. J'aurai préféré qu'elle soit moins ironique, même un peu d'agressivité j'aurai mieux géré. On est sérieux.
"Je sais que ce qu'on a fait...enfin, on a besoin de toi."
"Liam ne va pas tarder, mais rentrez, ne rester pas dans l'entrée. Je ne peux pas vous aider, enfin, mis à part si vous avez besoin de quelque chose dans cette boutique."

Ça nous arrache d'être ici et de lui demander de l'aide, elle doit le savoir. Je comprends qu'on doit être les dernières personnes qu'elle veut voir, qu'elle veut aider. Surtout moi, surtout avec Gabriel Ecklin. Je tente encore, je sais la personne qu'elle est, c'est un médecin, elle se donne corps et âme dans son métier, elle aime les gens, elle aime aider. J'ai entendu parler d'elle au Centre. Elle a aidé et soigné ma sœur.

"Je comprends ta position, vraiment, je sais que tu nous en veux certainement encore, mais là vraiment, c'est pas évident pour moi non plus de te demander ça...je fais un effort."
"Moi aussi. Ça ne dépend pas que de moi...Liam vous l'a déjà dit non ?" Je mords ma lèvre. Oui, et on ne respecte pas trop la volonté de Braeden, c'est vrai. Mais si on est là c'est qu'on a de bonnes raisons, on ne serait pas venu sinon. Ça ne dépend pas que d'elle, on sait ça aussi, c'est pour ça qu'on est venu ici plutôt qu'au Centre de Soin, pour leur parler à tous les deux, ne pas prendre l'un en traitre.

"C'est vrai. Je sais qu'il a déjà dit qu'on ne devait plus revenir ici, mais là, c'est une requête particulière, je ne viens pas vous défier."
"S'il vous a dit de ne pas revenir, pourquoi êtes-vous là ?" Elle est agacée et inquiète, là je le sens. Sa patience a des limites. Et le loup débarque. Nous intimant de dégager sur un ton des plus appréciable.

D'un coup mon loup bondis dans chacun de mes muscles quand Liam grogne. C'est tendu, ça peut partir à tout moment, mais il a la petite dans ses bras, il ne tentera rien. Je n'ai jamais vu la fille d’Élisabeth, c'est une magnifique petite brune aux yeux sombres, elle lui ressemble.

Reagan intervient, mais Braeden est intransigeant. On ne va pas y arriver à se compte là. J'ouvre ma bouche pour dire quelque chose. Une femme de sa meute ? Tu parles, une prisonnière oui. Qu'il me gonfle, mais je referme mon caquet, je ne suis pas là pour le défier ou lui manquer de respect, je suis sur son territoire, je ronge mon frein. J'encaisse son regard noir. Je serre les dents mais ne fait aucun commentaire. Il rend la petite à sa mère et lui lâche un mot. C'est sans doute mauvais signe. L'enfant faisait barrage. Mais il ne se battrait pas devant elle, n'est-ce pas ? Élisabeth se recule, mais ne quitte pas la pièce.

« On est allé en Irlande, Liam. Je t'assure que c'est important. Labhair mé le mo mháthair, shíleann sí de tú. » Je regarde Reagan.
« Vous avez deux minutes. » Qu'a-t-elle dit pour qu'il autorise ça ? Peut importe, on a que deux minutes, c'est largement suffisant, j'en profite.

"On a eu une mission en Irlande, à Galway. On devait déloger un agent du Ministère de Londres qui était replié dans le château, la meute de la Lune Rousse à ses trousses. Sa mission était précise. Galway était une ville test, pour faire passer des lois. Interdiction d'union et de procréation des créatures magiques. Loups, vampires. Les enfants nés et à naitre, les hybrides, les purs sont en danger et menacés." Je jette un œil à Manen et repose mon regard sur Liam.

"Nous..." Je regarde Reagan. "Nous avons parlé à l'alpha et avons conclu un accord avec lui. On lui a laissé l'agent et on s'est arrangé pour que quelqu'un prenne sa place au Ministère pour étouffer le projet. Pour l'instant." Je sais l'importance de ce que je viens de dire. J'ai parlé et négocier avec celui qui a décimé sa meute, tuer la mère de Rea. Celui qui lui a fait quitter le pays.

"Sur une autre mission, on a brisé des miroirs révélateurs de race. Je ne viens pas pour parler de tout ce qu'on a fait. Je viens pour m'engager, officiellement. Mon poste au Ministère peut nous donnait un avantage, un coup d'avance."

Je fais un pas en avant, les paumes vers le bas en signe de paix et je regarde Élisabeth qui semble totalement perdue. Je m’aperçois à l'instant à quel point elle fait paumée.

"Élisabeth, je viens ici pour que tu me recrutes. Je sais que je ne suis pas la première personne que tu voudrais avoir dans ton organisation. Mais ta lutte m'importe. Notre avenir, comme celui de ta fille et de tous les enfants. Je suis Auror, j'ai promis de défendre les miens. Et les Insurgés luttent pour qu'on soit libre, je veux me battre à tes côtés." Je penche ma tête, pince mes lèvres.

La louve a la poitrine qui se soulève rapidement. Elle hésite puis avance aux côtés de Liam. Elle détaille le loup du regard, comme...comme le ferait Reagan qui cherche du soutien et du réconfort dans le mien.

"Je... Je comprends que ma fille est en danger, nous tous d'ailleurs. Je comprends aussi que tu veux apporter ton aide. Il s'est passé quelque chose qui fait que vous n'êtes pas les bienvenus ici tous les deux. Mais vous revenez quand même, alors que le message était clair si je ne me trompe pas ? Et tu veux malgré tout que je te...recrute pour protéger ma fille en partie ? Pourquoi tu ferai ça ? Pourquoi j'accepterai ?"

Bon elle prend des raccourcis, mais j'aime ses résumés.

"Parce qu'on est dans le même camps au final, on veut la même chose. Parce qu'on ne se bat pas les uns contre les autres. Parce qu'il faut passer à autre chose, même si l'histoire de Reagan et Liam est ce qu'elle est. Tu le sais Élisabeth, toi et moi on est forcé d'accepté ça. Je peux vous apporter mon aide, j'ai un accès au Ministère. Je l'ai déjà dis la dernière fois. Je suis pas seulement un agent, je suis aussi un demi-loup, je sais me battre. Je ne laisserai plus Saoirse se battre seule, tu l'as dit et tu avais raison, j'étais où la dernière fois ? Cette fois je veux être là."

Nouveau regard à son compagnon.


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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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We can't defend ourselves if we can't communicate
Wolfgang A. Parkinson, Elisabeth Hiilos, Liam Braeden & Reagan Cavanaugh

Y a un truc qui cloche. Je ne saurais dire quoi, mais Elisabeth est... beaucoup trop avenante. Je commence à soupçonner un piège ou une ruse, mais c'est insensé. N'empêche que je ne comprends rien à son attitude, c'est comme si elle faisait semblant de ne pas savoir ce dont nous sommes tous en train de parler. Et c'est franchement agaçant !

Ma respiration se stoppe immédiatement quand il apparaît. J'ignore si c'est à cause de lui ou de cette petite fille qu'il tient dans les bras comme si c'était la sienne. Elle pourrait être la sienne, elle lui ressemble un peu. Bien sûr, elle est le portrait craché d’Élisabeth, c'est son odeur qui prédomine. Mais l'odeur de Liam est sur elle, preuve qu'il s'en occupe souvent. Ma louve gronde. Cette femme est maman, elle. Il ne faut pas que j'oublie pour quelle raison nous sommes là. Pour nos familles justement. La nôtre et... la leur.

« C'est important Liam, on...
- On n'a rien à faire ici. Tu voulais ta liberté Reagan ? Tu l'as, ne reviens pas ici tous les mois je te prie.
- Amadeus doit parler à Élisabeth, en ta présence s'il le faut.
- La dernière fois qu'il s'est approché d'une femme de ma meute, on sait ce qu'il s'est passé... »

Sauf qu'il n'approchera pas d’Élisabeth comme il s'est approché de moi, on le sait tous. Je me souviens encore de notre échange, dans la grotte, quand il m'avait collée à la paroi, quand il m'avait imposé SA décision de me toucher, quand il m'avait dit, avec une assurance à la fois excitante et horripilante qu'il m'aurait s'il le désirait. Ces mots n'étaient que pour moi. Pas pour une autre.

Liam se défait de la petite. C'est le moment où jamais. Je sais pourquoi il a fait tout ça pour m'empêcher de partir, je sais l'attachement qu'il éprouve encore aujourd'hui pour ma mère. Et cette corde sensible marche. Deux minutes, c'est déjà plus que ce que j'espérais. Et Amadeus prend le relais. J'observe Liam, pendant le récit. Je remarque la dilatation de sa pupille quand il est fait mention de la Lune Rousse. Oh Liam, je t'en prie, écoute, c'est la suite qui est importante. Cet interdit autour de l'union et de la reproduction, pour les gens comme nous. C'est le printemps, actuellement. Je suppose que sa « compagne » et lui ont déjà un enfant en route. Et si cette « expérience » irlandaise arrive en Angleterre, ils auraient beaucoup à perdre.

Pour la suite, je suis inquiète, et je pense qu'Amadeus doit le voir dans mon regard. Liam va encore prendre ça pour un acte de trahison, il ne va pas comprendre pourquoi on a dû s'associer avec l'homme qui nous a fait tant de mal.

« QUOI ? »

Putain, je savais qu'il réagirait comme ça. Cette fois je n'hésite pas, je brandis ma baguette droit sur lui.

« Cette fois Liam, tu la fermes ! Ou je te jure que je te bâillonnerai de force et tu sais très bien ce dont je suis capable ! Tu sais pas tout ce qu'on a enduré ! C'était MA mère, Liam. Elle m'a pardonné, elle a compris, elle. Donc tu la boucles et tu écoutes ! »

Et je ne sais pas pourquoi, mais il arrête. Ok, il me regarde comme s'il allait m'égorger à la moindre occasion, mais au moins Amadeus peut parler, il peut enfin dire pourquoi il est là. Et l'attitude d’Élisabeth est de plus en plus inquiétante. Depuis quand elle recule ? Elle était pourtant la première à se confronter à lui. Mais lui, cet homme, mon homme, il veut se battre. Il veut la liberté pour chacun d’entre nous, la reconnaissance. Il veut protéger les enfants, tous, pas seulement les nôtres. Il veut cette meute, grande et belle, disparate mais respectueuse qu'on a vu dans le miroir du Risèd. Je veux cette meute, fascinante, forte, puissante, celle qui a répondu à son appel et qui m'a bouleversée. Je sais sa force de caractère, je sais son aura. Il est capable de concilier les Alphas. Il pourra s'en sortir chez les Insurgés.

Évidemment, la louve est sur la réserve. Si elle le connaissait comme je le connais, elle ne douterait pas. Liam et moi baissons les yeux au même instant et les relevons en même temps, quand Amadeus évoque notre histoire. Il y a un peu moins de férocité dans son regard. Je sais à quel point c'est difficile. Même si aujourd'hui Liam et moi ne sommes plus bons qu'à nous crier dessus, on a quand même eu un lien particulier. C'est lui qui m'a appris à gérer ma partie lupine. C'est lui qui a été mon premier amant. Je me suis battue à ses côtés. On est lié, c'est certain. Et je conçois que ça puisse être dur, comme ça l'est pour moi de le voir ami avec les femmes qui ont compté dans sa vie.

« C'est bon, je peux parler désormais ? »

Je lui fais signe de la tête en guise d'acquiescement, et je baisse doucement ma baguette.

« La décision d’Élisabeth lui revient. Je ne m'opposerai pas à ce qu'il intègre les Insurgés, si ce sont réellement les valeurs qu'il défend. Mais bordel Rea!La meute de la Lune Rousse ? Vraiment ?! Après tout ce qu'ils ont fait ? Tu aurais dû le tuer, tu aurais dû venger les nôtres !
- Ah parce que voilà que maintenant je suis de nouveau des vôtres ! Mais est-ce que tu as écouté une seule seconde ce qu'il vient de dire ? Il fallait qu'on trouve une solution !
- Et c'est ça que tu as trouvé ? Ne pas nous venger ? Ne pas venger ta mère ?
- Mais laisse ma mère en paix Liam ! Elle est morte, d'accord, arrête de t'en servir comme d'une excuse ! Son âme nous a bénis et quand bien même. Notre histoire n'a pas à intervenir dans les choix que vous ferez pour les Insurgés. Mais c'est au nom de notre histoire aussi qu'on voulait vous prévenir pour le risque d'interdiction d'enfanter.
- Tu te crois vraiment capable de la protéger ? De protéger Manen aussi ? Hurle-t-il tout à coup à l'attention d'Amadeus. J'aurais pu concevoir de laisser ma Bêta à un Alpha, si je la savais en sécurité. Combien de missions suicides avez-vous eues depuis que vous vous connaissez, dis-moi ? Combien de ses terreurs a-t-elle dû affronter ? Tu n'es pas assez bête pour croire que je te ferai confiance n'est-ce pas ? Sa vie est entre tes mains maintenant, mais je ne te confierai pas celle d’Élisabeth et celle de Manen. Ce sera son choix, pas le mien. Va-t-en, Reagan, s'il te plaît. »

Bordel, ce serait tellement plus simple de se détester, de ne plus rien avoir à faire de la vie de l'autre. Je sens dans ses cris qu'il y a autre chose que de la haine. Mais avant que je ne réplique, une voix se fait entendre.

« Peur. 'Pa. P'pa. »

Tous nos regards convergent vers la petite, qui a les larmes aux yeux. Papa ? Alors c'est vraiment ça ? Il reconnaît cette enfant comme la sienne. Il a adoptée l'enfant d'un autre.  Il est papa, alors que je n'ai pas pu faire d'Amadeus un père. Il reconstruit la meute, il offre une famille à Élisabeth quand moi je suis à imposer ce genre d’entrevue à mon compagnon. Et elle, elle que je regarde, elle a une meute, elle est plus jeune que moi et déjà responsable des Insurgés et maman. De quoi remettre à leur place mes prétentions d'Alpha. Peut-être n'en suis-je réellement pas une après tout. Ça me brise le cœur, mais je ne peux pas m'empêcher de regarder, quand il se calme immédiatement pour  prendre sa fille dans ses bras, lui embrasser le sommet du crâne en la berçant. Ma louve n'est pas contente, non. Elle a mal, mal parce qu'elle, elle n'a pas ça et elle n'a pas pu offrir ça.

« C'est pour ça qu'il veut se battre. Pour qu'on puisse fonder des familles qui soient assurées d'un bel avenir. Je te promets, Élisabeth Ce n'est pas irréfléchi et je ne te demanderai pas de m'accepter chez les Insurgés. Je te libère de ma protection, Liam. Beidh Liam thuiscint mar a thuigim. Is breá liom tú, Reagan. Beidh mé tú a chosaint. C'est ce que ma mère m'a dit. »

J'approche doucement, pour tirer de ma poche une lettre pliée en quatre, que je tends à Liam.La lettre de ma mère, celle qu'il m'a donné quand il est vnu toquer à ma fenêtre de l'école, pour m'apprendre la vérité.

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L'amour d'un père est plus haut que la montagne.
L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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Elisabeth Hiilos
Chef des Insurgés côté Loups


30 Mars 2020 - Londres - Boutique de l’Apothicaire

Je suis soulagée de voir Liam arriver. Sa réaction ne me surprend pas, s'ils sont des ennemis, le danger de dehors, il est normal qu'il soit en colère. Je l'entends grogner et ma louve se met en alerte, qui sont ces gens ? Je sens, je comprends qu'il se passe quelque chose. Je suis frustrée de ne me souvenir de rien, pourtant les émotions sont là. Ils n'ont pas l'air menaçant. Ils ont une position presque de...soumission. Ils ne cherchent pas les ennuis, pourtant ils ne semblent pas avoir écouté Liam. La fille essaye de parler, mais Liam est catégorique, ils n'ont rien à faire ici.

Je les regarde, je les analyse. S'il y a bien un sens que je développe depuis deux semaines c'est l'instinct, l'observation. L'homme doit me parler, mais Liam semble refuser car il y a des antécédents avec une autre femme de sa meute. Ils savent ce qui s'est passé, mais pas moi. Mais ce n'est pas grave, je ne dois pas paniquer, ça ne servirait à rien, je vis dans un grand trou noir depuis 12 jours, chaque jour j'apprends des choses, il me semble que le pire est passé. Qu'est-ce qu'il peut y avoir de plus horrible que d'avoir oublié sa propre fille ? Je bloque cependant sur le mot liberté. Cette femme, Reagan, elle voulait sa liberté. Ca fait écho en moi, je commence à me faire des scénarios étranges, parce que j'ai cette sensation d'être prisonnière. Est-ce qu'elle aurait été dans le même cas que moi ? Non, parce que je suis prisonnière de mes souvenirs, mais pas de Liam. Il me révèle. Bien sûr je ne peux pas sortir seule, je ne me sens pas libre dans mes mouvements, mais c'est normal. J'ai bien vu le jour où j'ai fuis. Je me suis perdue, je n'avais rien, ni personne. Je suis en danger en restant seule. Je n'ai pas le choix que de prendre mon mal en patience. Ce que je comprends, c'est qu'elle est déjà ici, car il lui a demandé de ne pas revenir tous les mois.

Liam se tourne vers moi pour me donner Manen. Il me rassure, dans un sens, m'informe qu'ils ne sont pas un danger, qu'il peut s'en charger. Est-ce que je veux partir ? Non. Non j'ai envie de rester ici, avec lui, j'ai envie de savoir. Cet homme veut me parler à moi. Il veut que je l'aide. Je veux entendre ce qu'il a à me dire. Je glisse à Liam que je veux rester mais je me recule, ma fille dans mes bras.

La femme Reagan parle de l'Irlande, le pays de Liam. Ils se connaissent de là bas ? Faisait-elle partie de sa meute avant ? Comme Finn et les autres ? Il m'a raconté qu'il a du quitté son pays pour des ennuis de territoire et qu'il a perdu beaucoup des siens. A-t-elle voulu la quitter ? C'est de cette liberté là qu'il parle ? Il m'en a dit assez pour savoir comment vive les loups. Et il est vrai que les deux là ont une odeur de loup, pas comme Liam, plus atténuée, des demi-loup certainement. Elle lui parle dans sa langue, celle dont Liam se sert quand il endort parfois Manen ou chantonne pour elle. Ca me rend jalouse. Mais ça marche, il leur accorde du temps pour parler. Je suis toute ouïe.

C'est l'homme qui ouvre la parole. J'essaie de tout capter. Il a l'air de bosser pour le Ministère de Grande Bretagne. Jusque là je comprends. Le reste me fait peur. Ville test, interdictions, menaces, danger. Je serre Manen dans mes bras quand il pose les yeux sur elle. Mais dans quel monde on vit ? C'est dur pour moi, d'avoir fait un bon dans l'histoire et de voir qu'elle n'est pas belle. Pourquoi je suis venue à Londres si la situation est aussi critique ? Pourquoi je ne suis pas restée en Norvège, je ne comprends pas le cheminement qui m'a amené à venir ici. Des universités il y en a dans mon pays. C'est ça qui me trouble, de ne pas me comprendre moi même, je sais qu'avec la mémoire retrouvée, je vais savoir, tout sera clair. Là en attendant je me trouve stupide. Tout ce qu'il dit, c'est effrayant. Et je n'ai aucune ressource pour lutter dans ce climat actuel. Je suis en train de naitre, je dois tout réapprendre, c'est long, c'est douloureux. Ma mémoire pourrait ne jamais revenir, et je devrai faire avec l'instant T. Donc j'écoute, j’essaie de comprendre.

« QUOI ? » Je regarde Liam. Je sens qu'il se passe quelque chose, je sens qu'il est furieux. Oui ça ne fait aucun doute, ses muscles sont tendus, sa mâchoire grince, j'entends ses grognements sourds. Quelque chose lui fait monter la rage. Je l'entends à ses battements cardiaque, sa posture. Je connais le loup, je vis avec lui, presque en huit clos depuis deux semaines. J'ai appris à décrypter ses attitudes. Quelque chose ne lui plait pas, quelque chose ne va pas, et cette certitude me fait du bien, elle me révèle. Seulement l'autre, la fille, elle pointe sa baguette sur Liam. D'où elle lui parle comme ça, je jure que si elle ne la baisse pas je vais lui sauter au visage. Mais Liam se calme, enfin, il ne dit rien. Pourquoi ? Mais qui est cette fille ? Je regarde Liam, Reagan.

Le demi-loup dit quelque chose qui me fait quitter Liam des yeux. Il veut que je le recrute. Je fronce les sourcils. Ce n'est pas la première fois qu'on me fait des allusions de ce genre, au Centre de Soins aussi. J'ai l'air d'avoir une autorité certaine, un impact certains sur les gens là bas. Assez pour faire partie de quelques chose qui me dépasse à l'heure actuelle, forcément.

Il fait un pas en avant et je vois que ça agace Liam. Moi il a toute mon attention, il me regarde, il semble sincère. Ma lutte ? Parce que je me bats ? Les Insurgés ? Se battre à mes côtés ? Il me fait peur, ça m'angoisse. Je respire fort. Je sais que Liam me préserve de quelque chose d'important, je sens qu'il est d'ailleurs à deux doigts de craquer, je crois qu'il n'apprécie pas qu'on me révèle les choses ainsi. Je m'avance à ses côtés et pose une main sur son bras et le regarde, intensément. Je veux lui faire comprendre que ce n'est pas grave, que ça devait arriver, et que je gère. Je vis avec l'angoisse et l'incompréhension depuis des jours, cette situation ne me panique pas plus qu'une autre. Pas plus que de ne pas arriver à calmer Manen quand elle pleure. Et j'ai confiance en lui. J'ai vraiment confiance en Liam. Et quand je le regarde comme ça, ma louve communique, elle vient en renfort. La peur je vais la gérer, je vais gérer cette situation.

Il est venu me parler, d'accord, mais j'ai des questions aussi. Je regarde le demi-loup.

"Je... Je comprends que ma fille est en danger, nous tous d'ailleurs. Je comprends aussi que tu veux apporter ton aide. Il s'est passé quelque chose qui fait que vous n'êtes pas les bienvenus ici tous les deux. Mais vous revenez quand même, alors que le message était clair si je ne me trompe pas ? Et tu veux malgré tout que je te...recrute pour protéger ma fille en partie ? Pourquoi tu ferai ça ? Pourquoi j'accepterai ?"

Est-ce que je peux lui faire confiance ? Est-ce qu'il est possible de faire confiance à quelqu'un dont on ne connait pas les antécédents ? Liam dit qu'ils ne sont pas les bienvenus, mais qu'ils ne sont pas un danger. Ca veut dire qu'ils ont fait quelque chose de mal, mais est-ce qu'on peut pardonner ces choses qu'ils ont faites ? Le monde a l'air de devenir fou et cet homme propose son aide, il propose de lutter pour protéger des vies, des enfants, des créatures magiques. Est-ce que je dois refuser quelqu'un qui propose son aide pour sauver des gens ? Pour sauver une population ? Est-ce que parce que nous semblons avoir eu des différents je devrai refuser cette aide ? Qui je suis pour refuser ça ?

"Parce qu'on est dans le même camps au final, on veut la même chose. Parce qu'on ne se bat pas les uns contre les autres. Parce qu'il faut passer à autre chose, même si l'histoire de Reagan et Liam est ce qu'elle est. Tu le sais Élisabeth, toi et moi on est forcé d'accepté ça. Je peux vous apporter mon aide, j'ai un accès au Ministère. Je l'ai déjà dis la dernière fois. Je suis pas seulement un agent, je suis aussi un demi-loup, je sais me battre. Je ne laisserai plus Saoirse se battre seule, tu l'as dit et tu avais raison, j'étais où la dernière fois ? Cette fois je veux être là."

L'histoire de Reagan et Liam ? Je pose mon regard sur la femme. D'accord, je comprends d'autres choses. Je suis peut-être amnésique mais pas abrutie. Ces deux là ont eu une histoire, à cette seule réflexion, je sens ma louve s'enflammer de jalousie. Ok ma belle, je comprends pourquoi tu étais agacée tout à l'heure. C'est son ex c'est ça ? Une irlandaise comme lui, qui l'a visiblement quitté, qui voulait sa liberté ? Est-ce que le noeud du problème est là ? Je n'en sais rien, je pourrai en savoir plus après.

Je relève ma tête pour regarder Liam une nouvelle fois. Les deux minutes sont écoulés, je le vois dans ses yeux, une mauvais lueur y brille. Il est furieux. Cet homme a créé un malaise, je crois que Liam n'encaisse pas toutes les révélations qu'ils font comme ça. Mon rôle a joué dans une sorte de groupe, ce qui semble être son ex ici, cette histoire en Irlande. Il sait que j'ai compris, il a du sentir ma louve réagir aux propos de l'agent du Ministère.

« C'est bon, je peux parler désormais ? » Je sens l'alpha qui parle, je sens l'autorité. Je sens que je ne suis pas la seule à être chamboulée. Manen s’agite dans mes bras. Je secoue doucement mon corps pour la bercer, j'embrasse son front, ses petites mains. Liam gronde quand il parle à la demi-louve. Il veut des explications. Oh je comprends des choses, il m'a dit qu'il avait quitté l'Irlande car il y a été chassé, et là il parle de vengeance. Est-ce que la Lune Rousse est à l'origine de ça ? Et les deux autres là ont fait un pacte avec eux ?

Leur conversation va vite. Je ne saisis pas tout, j'ai la tête qui tourne, c'est trop d'informations d'un coup, j'ai...j'ai l'impression de revivre ce moment, j'ai la sensation de déjà vu. Je ferme les yeux et berce un peu plus Manen qui commence à geindre dans mes bras. Je la serre contre moi et lui murmure doucement à l'oreille. "Oui ma chérie, c'est des histoires de grand, je suis désolée, chuut ça va aller, chuuut ma chérie." Ses petits bras se tendent vers Liam, des larmes perlent sur ses joues. Ma gorge se noue et je sursaute quand Liam se met à crier.

- Tu te crois vraiment capable de la protéger ? De protéger Manen aussi ? Hurle-t-il tout à coup à l'attention d'Amadeus. J'aurais pu concevoir de laisser ma Bêta à un Alpha, si je la savais en sécurité. Combien de missions suicides avez-vous eues depuis que vous vous connaissez, dis-moi ? Combien de ses terreurs a-t-elle dû affronter ? Tu n'es pas assez bête pour croire que je te ferai confiance n'est-ce pas ? Sa vie est entre tes mains maintenant, mais je ne te confierai pas celle d’Élisabeth et celle de Manen. Ce sera son choix, pas le mien. Va-t-en, Reagan, s'il te plaît.

"Arrêtez ça, arrêtez ça." Que je murmure pour moi même.

« Peur. 'Pa. P'pa. » Ma bouche s'ouvre sous la surprise. La petite tend les bras vers Liam. Je le regarde tout aussi étonné que moi. Elle l'a appelé papa. Ma fille le visualise comme un père et moi... j'ai tout oublié. Je mords l'intérieur de mes joues, donc c'est bien ça. Ce n'est pas qu'un ami, ce n'est pas qu'un guide, il est plus, je le sens, mais...tout le puzzle n'est pas complet, et toutes ces nuits où il m'évite. Qu'elle est notre véritable histoire ? Manen se débat pour être dans les bras de Liam, je la lui confie. Je passe une main sur ma bouche. Mamen se calme, mais lui aussi.

« C'est pour ça qu'il veut se battre. Pour qu'on puisse fonder des familles qui soient assurées d'un bel avenir. Je te promets, Élisabeth Ce n'est pas irréfléchi et je ne te demanderai pas de m'accepter chez les Insurgés. Je te libère de ma protection, Liam. Beidh Liam thuiscint mar a thuigim. Is breá liom tú, Reagan. Beidh mé tú a chosaint. C'est ce que ma mère m'a dit. »

Elle lui donne une lettre. Je suis essoufflée, comme si je venais de courir des jours en forêt. Je m'assoies sur le tabouret derrière le comptoir et passe une main dans mes cheveux. Je reprends une respiration normale, tout le monde est plutôt calme et on le doit à ma fille. Elle gazouille dans les bras de...de celui qu'elle désigne comme père. Je regarde tout le monde.

"Je ne sais pas grand chose de vous deux, mais vous avez eu le culot de venir ici pour me demander un service. J'ai la réputation de rendre des services à ce qu'il parait. J'ignore totalement la décision que j'aurai prise il y a encore quelques semaines. J'ai pas besoin qu'on protège ma fille, elle semble avoir trouvé quelqu'un qui le fera mieux que personne ici." Je regarde Liam puis repose mes yeux sur le demi-loup.

"Je sais ce que ça fait que d'avoir peur de faire confiance quand on ignore tout de l'autre. Tu dis que tu me fais confiance. J'ai l'impression d'être quelqu'un qui donne des secondes chances." Je pense à ces vampires qui sont devenus des frères. Si j'ai été capable de vivre sous le même toit que des gens que je détestais plus jeune, je dois pouvoir accepter de l'aide de ces deux là. Liam a dit qu'il ne s'y opposerait pas, c'est que la décision me revient de droit. Pour une fois, je maitrise quelque chose, malgré mon amnésie. Et je suis sûre de moi, je le sens, au plus profond de mon âme, la louve est confiante avec mon choix, même si je sens qu'elle est agacée.

"Ma fille n'a pas besoin d'être protégée, mais je crois comprendre que des gens en ont besoin. Je serai qui pour refuser ? Si tu veux que je te recrute, c'est chose faite." Je me retourne vers Liam. "Est-ce qu'il y a des choses que je dois faire ? Que je dois dire ? Des papiers à signer ?" En fait j'en sais rien, strictement rien. Je sais même pas pourquoi c'est moi qui recrute, je suppose que je suis une sorte de chef. J'ai juste envie de me retrouver avec lui, de lui parler, de faire le point. J'ai envie de m'affaler dans un lit et de dormir, parce que j'ai mal à la tête, j'ai des flash lumineux dans les yeux. Tout ceci m'a chamboulé, je sais que ma commotion évolue, qu'il ne faut pas que je force.


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Es-tu heureuse dans ce monde moderne?

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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Boutique de l’apothicaire - 28 Mars 2020 -

« C'est bon, je peux parler désormais ? » Et je sais d'avance, à l'intonation, à sa posture que ce qu'il va dire ne va pas être de tout repos. Reagan lui donne la parole et abaisse sa baguette. Je reste quand même tendu et pas très à l'aise. Prêt au cas où.

Il laisse le libre choix à Élisabeth, c'est bien, il n'est pas si borné que ça. Et voilà qu'il revient sur la Lune Rousse, c'était évident. Dans un sens je le comprends, je sais ce qui s'est passé. Je sais ce qu'il a perdu là bas. C'est un sentiment que je peux comprendre, pas totalement, mais j'ai vécu cet affront quand on m'a arraché à mon équipe au Ministère. On m'a chassé, rabaissé, humilié. Si j'ai réussi à bien le vivre, qu'on se le dise c'est grâce à Reagan. Parce qu'elle était là, parce qu'elle m'a permit d'encaisser. Mais lui, il a tout perdu, même Reagan. Alors je ne dis pas qu'il n'a pas le droit d'être en colère, mais il pourrait essayer de comprendre aussi notre point de vue. Rea essaie de lui expliquer, on avait pas le choix. Croit-il sincèrement que Reagan aurait fait un tel pacte avec les meurtriers de sa mère si ça n'avait pas été la seule option possible ? Elle les aurait tous tué si les circonstances avaient été différentes, l'entend-t-il ?

Le ton monte, je m'avance auprès de ma compagne, il faut qu'il se calme, je vais pas le remplacer, je vais pas devenir le garde du corps d’Élisabeth, je veux juste l'aider dans sa lutte. Tout le monde, tous les Insurgés. Ma sœur, les autres loups et demi-loups. Et je dois passer par elle. Être ici est déjà difficile et humiliant, il ne l'intègre pas. Je suis pas venu ici faire le beau, mais pour proposer mes services, parce que j'y crois. Je vais me mouiller dans cette histoire, je peux perdre mon boulot. Mais je le fais parce que j'ai des convictions, parce que je veux une famille, vivre heureux et en paix avec Rea.

« J'aurais pu concevoir de laisser ma Bêta à un Alpha, si je la savais en sécurité. Combien de missions suicides avez-vous eues depuis que vous vous connaissez, dis-moi ? Combien de ses terreurs a-t-elle dû affronter ? Tu n'es pas assez bête pour croire que je te ferai confiance n'est-ce pas ? Sa vie est entre tes mains maintenant, mais je ne te confierai pas celle d’Élisabeth et celle de Manen. »

Je soupire, serre mes poings et bloque ma mâchoire. Tout ce qu'il dit est vrai. On est en danger, mais notre boulot est un danger en soi. Elle peut risquer sa vie sur n'importe quelle simple mission de Tireuse d’élite, c'est lui aussi qui l'a laissé faire ce métier, et il se permet de juger ? Il n'avait qu'à la garder dans sa meute, comme nourrice, soigneuse où j'en sais rien. Non, il l'a laissé faire ce choix de métier, sachant pertinemment les risques de cette profession, alors qu'il ne vienne pas me faire la morale.

La tension est palpable et alors qu'on ne s'y attend pas, la petite chouine dans les bras de sa mère, appelant...son père. Je regarde Liam. Papa ? Vraiment ? Mon cœur se pince et je ferme mes yeux deux secondes en avalant ma salive. Bon sang, ils sont une famille, il devrait encore plus comprendre. Élisabeth semble perturbée, elle est vraiment étrange, je ne la reconnais pas. Le pire dans tout ça, c'est que je sens le malaise de mo barion. Et ça me crève le cœur, parce que c'est Liam, c'est leur histoire et ça lui fait quelque chose de voir cette scène. Et le voir avec cette petite dans les bras à materner, ça la tue et ça me révolte de ne pas lui offrir la même chose. Putain mais c'est pour ça que je veux m'engager ! Bordel ça crève les yeux ! Et comme d'un même cœur, c'est Reagan qui parle pour moi, qui exprime mes ressentis.

« C'est pour ça qu'il veut se battre. Pour qu'on puisse fonder des familles qui soient assurées d'un bel avenir. Je te promets, Élisabeth Ce n'est pas irréfléchi et je ne te demanderai pas de m'accepter chez les Insurgés. Je te libère de ma protection, Liam. Beidh Liam thuiscint mar a thuigim. Is breá liom tú, Reagan. Beidh mé tú a chosaint. C'est ce que ma mère m'a dit. »

Elle lui donne une lettre qu'il récupère. Je regarde tout le monde et Élisabeth qui vient s'assoir, comme si ses jambes étaient sciées. Mais qu'est-ce qu'il lui arrive à la fin ? La louve reprend vie et me regarde avant de parler.

"Je ne sais pas grand chose de vous deux, mais vous avez eu le culot de venir ici pour me demander un service. J'ai la réputation de rendre des services à ce qu'il parait. J'ignore totalement la décision que j'aurai prise il y a encore quelques semaines. J'ai pas besoin qu'on protège ma fille, elle semble avoir trouvé quelqu'un qui le fera mieux que personne ici."

Elle ne sait pas grand chose ? Enfin tout de même. Elle doit connaître l'histoire de Liam et Reagan. Elle sait nos métiers, nos valeurs, même si on a de gros différents. Elle connait ma sœur, elle s'est battue avec elle. Elle connait des amis à moi, Lena. Là je ne comprends pas Élisabeth qui se comporte comme une femme de mauvaise foi. Je lance un regard vers Reagan. Son discours est étrange non ?

"Je sais ce que ça fait que d'avoir peur de faire confiance quand on ignore tout de l'autre. Tu dis que tu me fais confiance. J'ai l'impression d'être quelqu'un qui donne des secondes chances." Je suis pas sûr de tout comprendre. Elle est de plus en plus énigmatique.

"Oui je te fais confiance, je comprends pas..." Je fronce mes sourcils.

"Ma fille n'a pas besoin d'être protégée, mais je crois comprendre que des gens en ont besoin. Je serai qui pour refuser ? Si tu veux que je te recrute, c'est chose faite." Je souffle doucement, je suis soulagé. Elle accepte, je ne sais pas comment j'aurai réagi à l'inverse. J'aurai continué d'exprimer mes volontés, mes valeurs. En fait je n'avais pas prévu un refus de sa part. Je connais Élisabeth, bien qu'en colère contre nous, remplie de regrets, je sais qu'elle écoute les arguments.

Elle se retourne vers Liam, un peu perdue.

"Est-ce qu'il y a des choses que je dois faire ? Que je dois dire ? Des papiers à signer ?"

"Attendez il y a quelque chose que je saisis pas... Qu'est-ce qui se passe ?"

C'est un test ? J'ai un doute d'un coup. Est-ce que c'est vraiment Hiilos que j'ai en face de moi ? Parce que l'enveloppe est bien la même, mais la coquille semble vide. Ses yeux sont perdus, elle n'agit pas normalement depuis qu'on est arrivée. Comment se fait-il qu'elle demande la procédure à Liam ? Elle ne connait pas l'histoire du collier ?

"Est-ce qu'il y a un problème ? Je ne sais pas quoi dire... Je ne viens pas me moquer de toi Élisabeth, je suis sincère." Je me tourne vers Liam, il faut aussi que je puisse lui dire les choses, qu'il comprenne mon point de vue. J'aimerai pourvoir apaiser mes tensions avec lui, mais ça semble si profond.

"Pour revenir à ce que tu disais, bien sûr Liam qu'on est en danger. Bien sûr qu'on en a écumé des missions suicides. Mais on est toujours debout, et si je suis là aujourd'hui c'est pour m'engager moi, pas Reagan. C'est pour pouvoir la protéger elle. Pour lui offrir la liberté d'avoir une vie sans Lois contre nous. Une famille. Tu es un alpha, tu penses et réfléchis comme un alpha. Et en tant que tel, on a parfois des décisions à prendre. On nous a arraché à nos équipes pour nous parquer et nous isoler tous les deux. J'aurai du faire quoi ? Baisser la tête et encaisser ? Perdre mon honneur ? Non, parce qu'on était encore debout, mes équipes saines et sauves. Alors on est resté droit et fier, et on continue les missions, parce qu'il est hors de question de les laisser gagner. Parce que je suis un alpha et que j'ai pris une décision avec ma compagne. On t'a chassé de tes terres, tu connais ce sentiment. Ici tu peux être droit et fier et recommencer ta vie. Ici tu as une famille. Un but. Une lutte, un nouveau territoire, que je respecte. Moi on veut m'en empêcher. Je ne suis pas là pour m'occuper de ta compagne et de ta fille, je n'en aurai pas la prétention, mais si l'occasion se présente, je saurai les défendre au même titre que les miens. Parce que c'est ce que font les alpha. C'est ce que j'ai toujours fait et toujours connu. L'entraide. Et ce que je ferai toujours pour l'honneur des loups."


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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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We can't defend ourselves if we can't communicate
Wolfgang A. Parkinson, Elisabeth Hiilos, Reagan Cavanaugh & Liam Braeden

Je veux savoir ce qu'ils sont allés faire en Irlande alors que nous en avons été chassés, avec humiliation. Je veux savoir si ce qu'elle prétend est vrai, si elle a réellement parlé à l'âme de sa mère. C'est son Alpha qui prend la parole. Ils sont donc allés chez nous, et... Quoi ? Le Ministère a fait de Galway une ville expérimentale ? Pour... empêcher que les loups-garous et autres créatures de fonder des familles ? Dois-je aussi comprendre, par son regard, que les enfants non exclusivement sorciers sont... ils sont tués ? Comment peut-on faire ça ? A des vampires, je peux comprendre, mais à des loups-garous ? C'est... c'est aller contre la nature ! C'est la nature qui désire que nous procréions. Est-ce qu'ils entreprendraient de me prendre Elisabeth et Manen ? Est-ce qu'ils entendraient m'interdire de lui faire des enfants ?

« QUOI ! »

Vient-il bien de dire ce que j'ai entendu ? Ils ont... Reagan et lui... ils ont osé passer un pacte avec l'Alpha qui a détruit presque toute ma meute ? Qui a tué sa mère ? Qui nous a chassé d'Irlande ? Qui a laissé Reagan à moitié morte ? Comment... par merlin mais comment ont-ils pu faire ça !? Quand on subit un tel affront, soit on l'accepte soit on lave l'honneur dans la vengeance. C'est ainsi, il n'y a pas d'autre alternative !

« Cette fois Liam, tu la fermes ! Ou je te jure que je te bâillonnerai de force et tu sais très bien ce dont je suis capable ! Tu sais pas tout ce qu'on a enduré ! C'était MA mère, Liam. Elle m'a pardonné, elle a compris, elle. Donc tu la boucles et tu écoutes ! »

Je la fixe. Elle est aussi déterminée que le jour où elle m'a défié. Le jour où j'ai su qu'elle serait une Alpha et où j'ai décidé, pour son bien, d'en faire ma Beta. Et sa mère lui aurait pardonné... je ne sais pas si c'est vrai, mais je ne suis pas du genre à contrarier les âmes. Je fixe Reagan, lui promettant une vengeance si elle ose recommencer. Mais Amadeus continue son speech. Il attend quoi au juste ? Qu'on le félicite ? Qu'on lui donne une médaille pour ses actions ? C'est ridicule. Je ronge mon frein. S'il veut s'engager, ce n’est pas à moi que revient la décision, même si je m'implique de plus en plus dans l'organisation. Toutefois, je n'aime pas du tout qu'il veuille se battre aux côtés d'Elisabeth. C'est ma place, il ne va pas chercher à s'en emparer aussi tout de même. D'ailleurs, Elisabeth se lève pour venir auprès de moi. Je sais à quel point tu es perdue, Elisabeth, mais fie-toi à ton instinct, fais confiance à la louve. Je garde mon regard fixé dans le sien. Je ne prendrais pas la décision pour elle. Et elle reprend la parole, mettant l'Auror devant ses contradictions.

Je baisse la tête, de honte quelque part, quand il évoque mon histoire avec Reagan. Il est vrai qu'on a une histoire. J'étais sous les ordres de son père, je l'ai affronté, prenant sa place. J'ai récupéré sa mère, qui avait tant pris soin de nous. Et je l'ai révélée à elle-même, Rea. J'ai fait son apprentissage. Je suis aussi son premier. On a passé trois ans en tant que couple. Et elle a été la première à me défier au sein de la meute. Pourtant, je l'ai gardée auprès de moi. Parce qu'on a une histoire, parce qu'on s'est marqués mutuellement. Je regarde Reagan. Pourquoi ne peut-on pas couper le lien, après tout ce qu'elle a fait ? Parce qu'on fait souffrir tout le monde ainsi. Je reporte mon attention sur Parkinson. Bien, il veut se battre, je ne peux pas lui ôter cela.

« C'est bon, je peux parler désormais ? »

Bien, elle me laisse enfin en placer une. Parce que j'ai tout de même des choses à dire.

« La décision d’Élisabeth lui revient. Je ne m'opposerai pas à ce qu'il intègre les Insurgés, si ce sont réellement les valeurs qu'il défend. Mais bordel Rea!La meute de la Lune Rousse ? Vraiment ?! Après tout ce qu'ils ont fait ? Tu aurais dû le tuer, tu aurais dû venger les nôtres !
- Ah parce que voilà que maintenant je suis de nouveau des vôtres ! Mais est-ce que tu as écouté une seule seconde ce qu'il vient de dire ? Il fallait qu'on trouve une solution !
- Et c'est ça que tu as trouvé ? Ne pas nous venger ? Ne pas venger ta mère ?
- Mais laisse ma mère en paix Liam ! Elle est morte, d'accord, arrête de t'en servir comme d'une excuse ! Son âme nous a bénis et quand bien même. Notre histoire n'a pas à intervenir dans les choix que vous ferez pour les Insurgés. Mais c'est au nom de notre histoire aussi qu'on voulait vous prévenir pour le risque d'interdiction d'enfanter.
- Tu te crois vraiment capable de la protéger ? De protéger Manen aussi ? J'aurais pu concevoir de laisser ma Bêta à un Alpha, si je la savais en sécurité. Combien de missions suicides avez-vous eues depuis que vous vous connaissez, dis-moi ? Combien de ses terreurs a-t-elle dû affronter ? Tu n'es pas assez bête pour croire que je te ferai confiance n'est-ce pas ? Sa vie est entre tes mains maintenant, mais je ne te confierai pas celle d’Élisabeth et celle de Manen. Ce sera son choix, pas le mien. Va-t-en, Reagan, s'il te plaît. »

J'explose, parce que personne ici ne comprend rien ! L’Irlande me manque pour ça, ici, les loups-garous sont... ils ont perdu toutes les règles de la vie en meute. Elle va crever, Reagan. J'ai l’impression que c'est la voie toute tracée de sa vie depuis qu'elle est avec lui. Elle a toujours eu un coté impulsif et casse-cou et lui, il ne fait qu'aggraver les choses. Et je ne veux pas avoir mal parce qu'elle va crever. Je ne veux pas imposer ça à Elisabeth et qu'elle s'imagine des choses.

« Peur. 'Pa. P'pa. »

Je m'arrête immédiatement, tournant mon regard vers Manen, en pleurs. Vient-elle de m'appeler papa ? Je sais que je considère cette petite comme la mienne, que je souhaite lui transmettre mon éducation, que je veux lui apprendre à chasser, la bercer chaque soir. Mais je ne pouvais prétendre à rien tant qu'Elisabeth ne m'avait officialisé dans ce rôle ou que Manen elle-même ne m'avait accepté. Je récupère « ma fille » dans mes bras, la calant contre mon torse et embrassant son crâne chevelu, la berçant au rythme qu'elle apprécie. C'est elle que je dois préserver désormais. Elle, sa mère. Ma meute. Reagan n'est plus ma meute. Je dois la laisser. Je le sais. Elle sera toujours dans mon orbite, j'en ai conscience, mais ma famille est là, avec cette petite, sa mère et les autres enfants qui peupleront cet immeuble.

Reagan reprend, plus calmement, alors que j'ai toujours Manen dans les bras. Se battre afin qu'on ait une famille, séparément. Puis elle me confie les mots de sa mère. Elle ne peut pas les avoir inventés. Liam comprendra que je comprends. Je t'aime, Reagan. Je vais vous protéger. C'est ce que sa mère lui a dit. Que je comprenne ? Mais je comprend qu'elle me libère, que ce n'est plus à moi de veiller sur elle. Tout en maintenant Manen d'une main, j'attrape la lettre qu'elle me tend ? Je n'ai même pas besoin de l'ouvrir, je sais ce que c’est. La lettre que sa mère a écrite et que je lui ai donnée quand je suis allé toquer à sa fenêtre, à l'école. La lettre qui devait la rassurer sur le fait que je n'étais un psychopathe, mais quelqu'un qui ne voulait que son bien. Je regarde Reagan un instant. Puisses-tu tout de même t'en sortir.

C'est Elisabeth qui me tire de mes pensées. Oui, je veillerai sur Manen, jusqu'à mon dernier souffle. Elle n'a pas besoin d'eux c'est sûr. Mais j'entends ce qu'elle dit, je comprends. J'accepte son choix.

« Non Elisabeth, pas de papier à remplir. Il suffira de lui fournir un collier et de lui expliquer comment se rendre au QG. »

Et moi il va bien falloir que je le tolère. Je me rapproche d'Elisabeth, j'ai l'impression que ça ne va pas, qu'elle couve quelque chose. Je sais à quel point c'est éprouvant ce qu'elle est obligée de vivre sans avoir sa mémoire. Parkinson comprend qu'il y a un problème. Oui, il y en a un , un énorme, mais cela ne le concerne pas. En revanche, il explique, expose ce qui le concerne. Ainsi donc ils sont réellement parqués, … il prétend vouloir la liberté, une famille avec Reagan. Je l'imagine tellement mal se poser et attendre sagement d'arriver au terme d'une grossesse. Mais il dit vrai sur plusieurs point. Je sais ce que ça fait que d'être arraché à son territoire et de se reconstruire, de se trouver une famille. Il faut être digne, en toutes circonstances, ne pas courber l'échine, même lorsqu'on et à terre. Toutefois la suite est assez... nouvelle. Je m'avance vers lui, gardant toujours Manen dans les bras. Bientôt, nous ne sommes plus séparés que par quelques centimètres. Il porte l'odeur de Rea, et ça sent à plein nez.

« En Irlande les Alphas ne s'entraident pas. C'est la meute qui prédomine, il n'y a rien au dessus. Reagan m'a parlé de ta capacité à fédérer des Alphas autour de toi. Peut-être que ce sera une bonne chose. Les Insurgés ont besoin d'être fédérés, je crois. Mais que l'on soit clair. Toi et moi, ce n'est qu'une tolérance. A aucun moment tu ne pourras prétendre me donner des ordres ou que sais-je. A aucun moment nous ne sommes amis. Elisabeth a fait de toi un Insurgé. C'est elle qui te dira ce que tu dois savoir. Je combattrai à tes côtés quand il le faudra, je protégerai ta meute si c'est réellement nécessaire et que cela n'implique pas que la mienne soit sacrifiée. Mais ça s’arrêtera là. Il faut que tu arrêtes de la ramener ici. Ça fait du mal à tout le monde. »

Je le regarde dans les yeux pour m'assurer qu'il ait bien compris. Puis je reprends ma place auprès d'Elisabeth pour les regarder tous les deux.

« Avons-nous un accord ? »

black pumpkin

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Le cerveau a la pensée, le coeur a l'amour,

le ventre a la paternité et la maternité.


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Wolfgang Amadeus Parkinson
Auror, 24 ans


Boutique de l’apothicaire - 28 Mars 2020 -

Il y a un problème mais je sens que je n'aurai pas de réponse aujourd'hui. J'entends qu'il faut un collier et venir au QG.

"Je demanderai à ma sœur de m'accompagner et me montrer le passage, je récupérerai le collier là bas."

Je fais part de ce que je ressens, de ce qui me motive, de ma foi, mes convictions. Je vais me battre aux côtés des Insurgés parce que j'y crois. Et aussi douloureux que ça puisse être de devoir convenir d'une entente avec celui qui a fait souffrir la femme que j'aime. Je prends sur moi, je m’accommode, je brode comme je l'ai toujours fait. Rea a fait des efforts incommensurable avec la meute de la Lune Rousse, je peux bien faire des efforts pour Braeden. Je soupire un instant.

Il s'avance vers moi et je ne bouge pas, je ne recule pas. Je n'en ai pas l'intention, il ne me fait pas peur. Je visse mes yeux sur les siens. Et il ne fera rien avec sa fille dans ses bras. Au contraire je me redresse calmement, sans chercher non plus à le provoquer, mais la tête haute, je la porte en toute circonstance.

Une tolérance, ça je l'entends de la même manière, qu'il ne pense pas non plus qu'on soit un jour ami. Je suis ami avec de nombreux alpha, j'ai même trouvé l'équivalence d'un père en Sko, mais pour certain, nous nous tolérons pour le bien de leur meute, parce que j'ai sauvé leur famille et qu'ils ont pu m'apporter autre chose aussi. Il ne changera pas vraiment mes habitudes. Mais mieux vaut être allier qu'ennemi. C'est tout ce que je souhaite. Mais il faut aussi qu'il sache que je viens d'ici, que c'est mes racines ce pays, pas les siennes, ni à Elisabeth qui vient de Norvège.

"Mais tu n'es pas en Irlande ici. Tu es sur la terre où j'ai grandit, la terre que je défends. J'ai entendu tout ce que tu as dit. Je ferai de même avec ta meute lors que le besoin sera là. Je viens pas ici pour faire naître une amitié, mais une alliance. Parce qu'on va avoir besoin d'être uni pour ce qui arrive. Je connais le terrain, j'y ai grandit. Elisabeth et toi ne pouvez nier que ce n'est pas votre terre natale, mais votre terre d'adoption. Vous vous y êtes fait une place, la mienne n'est plus à faire. Nous avons un accord oui. Je veux juste pouvoir fonder ma famille ici, comme vous tous, sinon vous ne seriez déjà plus là !"

Je me tourne vers Reagan, nous avons eu cette discussion tous les deux, de partir loin et vivre dans les bois, construire une maison, avoir des enfants. Mais on a choisi de rester et de se battre, ensemble. Elle et moi. Je m'avance à ses côtés, comme Braeden est aux côtés de sa compagne. Tous les deux on veut la même chose.

"Ton territoire, tes règles. Je les respecterai. Mais c'est à Elisabeth que je dois rendre des comptes maintenant."

C'est ce que j'ai toujours fait. Je baisse ma tête légèrement en guise de respect tout de même dans sa direction. Mais qu'il ne pense pas que je courbe devant lui, c'est sa compagne qui m'a recruté, il n'est pas mon chef, ne le sera jamais. Mais on a un accord. J'attrape la main de Reagan et la regarde, je lui souris pour signifier que tout va bien pour moi. A-t-elle quelque chose à rajouter en revanche ?

Elisabeth se lève aux côtés de Braeden.

"Tu dois me rendre des comptes, il est vrai, mais sache que mes décisions et mes choix se feront en partie avec mon compagnon. Donc que cela te plaise ou non, un jour tu auras peut-être des comptes à rendre à Liam."

Elle se tourne vers Reagan, des yeux songeurs.

"Et toi ? Tu ne t'engages pas aux côtés de ton homme ?"

Je fronce mes sourcils. Pourquoi demande-t-elle ça à Reagan ? Elle sait non ? Je regarde Reagan, puis Elisabeth.


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"Je dois maintenir le calme avant la tempête. Ouais ma vie est ce pour quoi je me bats. Je ne peux scinder la mer, ne peux atteindre le rivage. Et ma voix devient une force conductrice. Je ne laisserai pas ça me faire chavirer."

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We can't defend ourselves if we can't communicate
Wolfgang A. Parkinson, Elisabeth Hiilos, Liam Braeden & Reagan Cavanaugh

Liam ne me laissera jamais partir. C'est ce que j'avais dit à mo mac tire. On en a la preuve aujourd'hui. Bien qu'il me chasse, bien qu'il me hurle dessus, ses mots sont clairs. Il a peur qu'il m'arrive quelque chose, il a peur de ne pouvoir rien faire si cela devait se produire.  Moi aussi, ça me ferait mal de le savoir blessé ou autre, et de ne pas avoir été là. Mais c'est mon choix. Amadeus est mon choix. Alors malgré tous les obstacles qu'on nous imposera, je tiendrai bon, parce que je sais qu'on est une famille, qu'on en fondra une.

J'ai du mal à saisir la logique d'Elisabeth. A cela, rien de nouveau, mais tout de même. Elle semble comme... dépassée par les événements. C'est ce qui transparaît de son attitude, en retrait, de ses expressions aussi. « A ce qu'il parait », « j'ai l'impression »... ne se connaît-elle donc pas ? Et surtout, ne connaît-elle pas les Insurgés, la procédure, tout ça ? Amadeus m'a pourtant dit qu'elle en était une des leaders, pourquoi s'en remet-elle à ce point à Liam ? Aurait-il une telle emprise sur elle qu'elle n'en soit plus capable de penser seule ?

Je reporte mon attention sur mo mac tire, qui revendique sa décision, sa légitimité, son droit de se battre pour ses convictions, pour nous. Parce qu'effectivement, on veut nous empêcher d'avoir notre maison, notre famille, de faire notre métier. C'est lui qui m'a appris que des Alphas pouvaient s'entraider, pouvaient s'unir pour répondre à l'appel de l'un d'eux. Je me souviens des frissons que j'ai ressenti au Brésil, quand tous ces loups-garous ont répondu à son appel. Il était beau et grand. Il l'est encore aujourd'hui. Tendre une main à Liam, je sais à quel point ça lui coûte, mais il transcende tout cela, pour le mieux. Il arrive à se faire entendre, Liam semble mettre un peu d'eau dans son vin, ce qui m'étonne. Toutefois, il se sent obligé de reposer des évidences, ternissant un peu l'étrange image qui commençait à se former dans mon esprit. Amadeus et Liam combattant côte à côte... vu leur rencontre, vu la rage et la haine dans le regard de mon ex, j'ai encore du mal à imaginer que Liam pourrait protéger Saoirse ou les enfants que j'aurai un jour avec Amadeus. Pourtant, c'est ce qu'il affirme. Et au fond de moi, je sais qu'il en est capable. Pour mo mac tire, c'est évident. Il est comme ça. C'est lui.

Par contre, Liam me chasse, une nouvelle fois. Il va falloir que j'apprenne à être en retrait, à laisser Amadeus agir seul. Et ça, pour moi, c'est difficile. Encore plus quand il leur rappelle qu'il est sur son territoire, comme si Liam et Elisabeth n'étaient que tolérés ici. Il réveille mes instincts guerriers et territoriaux en disant cela. J'ai été une Alpha primaire, j'ai combattu pour ma terre. Ici, les choses fonctionnent autrement, mais ça reste un combat. Je regarde Amadeus. Oui, je veux combattre pour tout cela et je le soutiendrai jusqu'au bout dans sa démarche. Mes doigts s'entremêlent aux siens quand Elisabeth reprend la parole, pour revendiquer la place de Liam. Elle va réussir à tout gâcher celle-là ! On est en présence de deux Alphas, qui sont presque arrivés à une sorte de traité de paix et elle, elle rajoute de l'huile sur le feu ! Et... Elle se fiche de moi ?

« Es-tu sérieuse, Elisabeth ? Mon compagnon a tout mon soutien. Je partage ses valeurs, je combattrai à ses côtés jusqu'à la fin, pour notre territoire, pour notre meute, pour notre famille. Vous avez également tout mon soutien dans votre lutte, et je vous couvrirai du mieux possible. Mais tu sais très bien pourquoi je ne m'engage pas chez les Insurgés. Après tout ce qu'il s'est passé, je ne vous imposerai pas ma présence. »

Je regarde Liam, brièvement, sans lâcher la main de l'homme que j'aime.

« Peut-être que je rejoindrai un jour votre organisation, mais pas maintenant. Tu le sais, Elisabeth. Tu me détestes, ton compagnon ne veut clairement pas de ma présence, pourquoi voudrais-tu nous faire autant de mal ? »

ça n'a aucun sens. Je fais le choix de la confiance, de leur « remettre » l'homme qui partage ma vie, parce qu'il est assez grand pour cela. Ni Elisabeth ni Liam ni moi ne sommes en revanche prêts à combattre ensemble.

« Par contre, il faut que vous soyez honnêtes aujourd'hui, comme nous l'avons été. Qu'est-ce que vous nous cachez ? »

Je rive mon regard dans celui d'Elisabeth. Je pourrai presque sentir ma louve gronder, flairant qu'il se passe quelque chose d'anormal.

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L'amour d'un père est plus haut que la montagne.
L'amour d'une mère est plus profond que l'océan



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Elisabeth Hiilos
Chef des Insurgés côté Loups


30 Mars 2020 - Londres - Boutique de l’Apothicaire

Je sais que je ne cache pas bien mon jeu, mais j'ai bien du mal à jouer le théâtre, je ne maitrise pas tout malheureusement, même avec tous les efforts que j'ai envie de fournir. Je tâtonne et je vois leur regard. Liam s'approche même de moi, sentant que je deviens une faiblesse. Je suis tellement désolée. J’essaie de tout comprendre, de remettre le puzzle en place. Ma tête déborde. Liam répond à ma place, mais ils ne sont pas dupes. l'Auror pose des questions, je m'en veux. Y'a-t-il un danger à ce qu'il sache ? J'ai l'impression, car ma louve est sur la défensive.

Il pense que je me joue de lui et se sent forcé de rajouter une tirade sur ses motivations et sa convictions. Je l'écoute. Ce qu'il dit fait écho en moi, je le sens. Quand il parle d'honneur, d'alpha, ça me parle. Et puis mes yeux se rivent sur les siens quand il parle de la famille de Liam, je sais qu'il parle de moi. De Manen et moi quand il dit ça. Mon ventre se tord. Je sens que le discours du demi-loup touche aussi Liam, car il s'avance vers lui, avec la petite. Est-ce que je dois m'inquiéter ? Non, Liam ne ferait rien avec Manen dans ses bras.

Il explique son point de vue. J'aime ce qu'il dit, je sens ma louve qui gronde pour lui. Je ferme mes yeux. Souviens toi Elisabeth, bon sang, souviens toi ! C'est insupportable ce flou. Liam dit que je lui dirai tout ce que j'ai à savoir, mais si...si jamais je ne me souviens plus de rien ? Ça me fout la trouille, mais il faut que je relativise, que je respire, je ne dois pas me laisser envahir par la peur, on y a travaillé dessus avec Liam. Je suis rassurée quand il reprend sa place à mes côtés.

« Avons-nous un accord ? »

L'Auror a encore à dire. Liam ne lui a-t-il pas demander de se taire juste avant ? Je fronce mes sourcils. Il me touche, au plus profond de moi quand il parle de ma terre natale. Elle me manque, affreusement, c'est là que j'ai eu envie d'aller quand ma mémoire a disparu, mes racines, mes repères. Et à présent, je sens que ma place est ici, avec Liam et Manen, et c'est étrange de ressentir cela. Sa compagne, je suis sa compagne, même Manen le sait, elle l'appelle papa. C'est un message qui grouille dans mes entrailles à présent et depuis quelques jours, depuis le premier de ma perte de mémoire.

Je relève la tête vers lui, à ses derniers mots. Pas de compte à rendre à Liam ? Il a tord, et ça je sais que c'est ma louve qui me le hurle. Il y a quelque chose qui me chagrine en plus du reste, que je ne comprends pas. Pourquoi est-il le seul qui s'engage dans cette lutte ? Pourquoi sa compagne n'en fait pas de même ? Pourquoi si c'est pour leur famille à tous les deux ? Alors je pose les limites, les conditions, annonce Liam officiellement comme mon compagnon, ce qui ne choque personne ici, et ce qui me libère d'un poids, étrangement. Et je pose la question, mal m'en a pris. Je le vois aux regards choqués des deux demi-loup.

J'ai posé la question de trop. J'ai agacé la louve en face de moi. Je ne sais plus quoi répondre pour le coup, j'ai allumé une mèche que je ne suis pas sûre de pouvoir éteindre à temps. Nous faire autant de mal ? On se déteste à ce point ? Mon regard la fusille un instant. Comme si mon instinct avait repris le dessus quelques secondes. Mes yeux passent sur Liam. Je m'en veux tellement, j'aurai du remonté quand il me l'a proposé tout à l'heure, il est trop tard pour ça maintenant.

« Par contre, il faut que vous soyez honnêtes aujourd'hui, comme nous l'avons été. Qu'est-ce que vous nous cachez ? »

Ma mâchoire se ferme et je ne quitte pas son regard. Mes poils se hérissent.

"Rien qui vous concerne, ça ne regarde que nous. C'est..."

L'Auror intervient en me coupant la parole.

"On doit partir. J'entends des collègues du Ministère, ils sont là pour un contrôle. Ne les cherchez pas trop, ils seront plutôt cool, ils ne sont pas trop en accord des lois, mais bossent parce qu'ils n'ont pas le choix." Il me regarde une seconde avant de transplaner. Je soupire mais je n'ai pas le temps de souffler que j'entends la sonnette de la boutique de Liam. Je déglutie et avance un radieux sourire.

"Bonjour messieurs, puis-je vous aider ?"
"On est ici pour un contrôle. Vous êtes ?"
"Mademoiselle Hiilos.
"Vous travaillez ici ? Vivez ici ?"

L'autre sorcier s'approche de Liam, je l'observe faire, il pose un regard confiant sur moi, qui veut me dire, "fais ce qu'il te demande".
"Vos papiers s'il vous plait." Lui demande-t-il. Mon regard se reporte alors sur le sorcier qui me contrôle et me repose la question.

"Vous vivez ici ?"
"Je viens tout juste d'aménager, on s'est récemment mis ensemble et j'aide à la boutique oui."
"Il va falloir régulariser cela et que votre nom apparaisse sur le formulaire, sinon vous allez être contrôlé tous les jours. C'est entendu Monsieur Braeden ?"
"On le fera ! Merci beaucoup."
"Et la petite ?" Mon cœur s'arrache dans ma poitrine. Je vais vers Liam et récupère Manen dans mes bras.
"C'est ma fille. Manen."
"Quel age ?"
"Bien...bientôt 1 an." Mon cœur bat fort. Je crois n'avoir jamais connu une si grande peur. Mes yeux s'embrument mais Liam prend la situation en main. Et ils quittent la boutique sans rien demander d'autre. Ma respiration se calme et j'essuie une larme qui a roulé sur ma joue.

"Ils pourraient lui faire du mal n'est-ce pas ? La recenser ou je ne sais pas quoi. Les laisse pas s'approcher d'elle Liam, s'il te plait. On va...on va tout faire dans les règles, qu'ils ne posent pas de question, qu'on attire pas l'attention sur elle."

Je suis secouée par tout ce qui vient de se passer. Ces impressions de déjà vu, sans pour autant comprendre et savoir. Cette révélation sur Liam et moi. Je passe une main sur mon visage et regarde le loup. Je vois que lui aussi est ébranlé par la venu des demis-loups. Mon visage s'adoucit.

"Viens là..." Je m'approche de lui et passe une main sur sa joue. Mes doigts rencontrent sa barbe naissante. "Je suis désolée de t'apporter des ennuis. Même si je n'ai pas tout compris, j'ai appris des choses aujourd'hui. J'ai appris qui tu es. J'ignore pourquoi, si c'est le cas, tu m'as repoussé autant de fois ces derniers jours ? J'ignore ce que j'ai fait quand j'avais encore ma mémoire. Je crois que tu veux que je vois des choses avant. Et je crois que c'est moi qui te repoussais. Hum ?" Je l'approche encore plus de nous avec Manen. Elle attrape d'ailleurs son t-shirt et tire dessus, nous collant encore plus tous les trois ensemble.

"Je te promets de retrouver la mémoire et de te regarder avec ce même regard que je porte sur toi aujourd'hui. Parce que je sais qui tu es." J'avance mon visage du sien pour l'embrasser. La réponse est là sur ses lèvres, c'est là où est ma place.

Je ne sais pas pourquoi la femme avant moi, celle qui a la mémoire a repoussé cet homme, parce qu'au jour d'aujourd'hui, j'en suis amoureuse. Il me tarde de savoir, de lui dire. Il me tarde d'être une famille. Il me tarde de partager son lit, sa vie. D'être vraiment présente. Il me tarde d'avoir les réponses à toutes mes questions. Et ce baiser me fait vibrer, je reconnais ses lèvres qui m'ont déjà - semble-t-il - embrassé. C'est Manen qui nous sépare en plaçant ses deux mains sur les joues de Liam pour le faire reculer et appuyer ses petites lèvres contre sa joue.

"'Pa ! 'Pa, 'sou, bi-sou" J'éclate de rire et regarde mon compagnon dans les yeux. Ils brillent.

"Tu ne peux plus te cacher papa."


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Es-tu heureuse dans ce monde moderne?

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We can't defend ourselves if we can't communicate
Wolfgang A. Parkinson, Elisabeth Hiilos, Reagan Cavanaugh & Liam Braeden

Une alliance, guère plus. Une alliance momentanée, éphémère, parce que je ne veux pas avoir affaire à eux éternellement. J'ai du mal à la laisser partir, même si elle n'est plus ma compagne, plus ma Beta. J'ai veillé sur elle tellement longtemps, elle a veillé sur la meute et moi durant des années. C'est trop compliqué. Je sais que si elle reste dans les parages, je n'arriverai pas à chasser ce besoin de la protéger, alors que j'ai une compagne et une fille. Et eux, ils auront des enfants. Je ne veux rien savoir à ce sujet d'ailleurs. Je me concentre sur l'Auror, sur ses mots. Oui, c'est « sa » terre, mais il ne s'est pas battu pour elle. Il y est de fait et non de droit. Et il refuse mes ordres. Je ronge mon frein.

Pourtant, c'est Elisabeth qui prend la parole, pour réaffirmer ma place. Et surtout, elle prononce ce mot, pour la première fois. Elle me revendique comme son compagnon. Spontanément, je me redresse, gonfle légèrement la poitrine et porte la tête haute. Est-ce qu'enfin elle sait ? Est-ce que, privée de sa mémoire et de ses barrières mentales, elle s'est fiée à son instinct et elle l'a senti, notre union, notre lien.

Mon territoire, ma meute, c'est elle, c'est auprès d'elle. On surmontera les épreuves, son amnésie et aussi les Purificateurs. Nous y arriverons, ensemble. Parce qu'elle est mon alpha, parce que je vais enfin combattre en symbiose. Il nous faut toutefois être prudent. Si cela vient à se savoir, qu'elle a perdu une partie de sa mémoire, sa meute risque de s'effriter. Et je sens que Reagan n'est pas loin de comprendre. Elle ne veut pas s'engager, c'est déjà un bon point. Elle comprend que pour le moment, ça ne pourrait pas fonctionner, même si elle se trompe sur les sentiments que j'éprouve. Toutefois, cela n'a pas d'importance, ce qui en a, c'est cette demande, cet appel à la « vérité ».

Elisabeth et moi sommes sauvés par le gong, ou plus justement par une patrouille. Je n'aurais jamais cru que je serais soulagé de les savoir dans les parages ceux-là, d'autant que si j'en crois l'Auror, ce ne sont pas des endoctrinés, et ils ont le mérite de les mettre dehors les deux autres.

« Messieurs. »

Je les salue d'un mouvement de la tête. Un contrôle, soit. Je sors mes papiers sans discuter, regardant Elisabeth et l'encourageant à faire de même. Ils n'ont rien contre nous, pour le moment tout du moins. Il faut jouer le jeu de l'administration et officialiser le fait qu'elle vive désormais chez moi, ce qui ne sera pas un problème.

« Aucun souci messieurs. Comme ma compagne l'a dit, c'est récent, nous pensions avoir un peu plus de temps, mais ce sera fait, rassurez-vous. »

Il nous interroge ensuite sur Manen, qu'Elisabeth reprend. Sa fille. Pas « notre » fille. Un pas en avant... Mais elle a déjà reconnu que je suis son compagnon, il me faut me satisfaire d'une victoire à la fois.

« Je passerai faire une déclaration avant la fin de la semaine, sans faute. Je présume qu'il suffira d'une copie de leurs papiers d'identité et des miens, avec une déclaration sur l'honneur avec nos deux noms pour le registre ? »

Je fais mine de m'intéresser, d'être un citoyen exemplaire. J'ignore s'ils sont dupes ou simplement complaisants, mais l'Auror avait dit vrai, ils ne nous cherchent pas d'ennuis et finissent par repartir. Néanmoins, cela a suffi à rendre Elisabeth inquiète. Je sens qu'elle est à fleur de peau et n'ose l'approcher, de peur qu'elle se braque.

« Je ne les laisserai jamais faire de mal à Manen, Elisabeth, jamais. Ni toi ni moi ne sommes identifiés comme loup-garou, et ils n'ont pas encore de moyen de le découvrir. Nous serons à leurs yeux simplement un homme et une femme qui se mettent ensemble et Manen ne sera rien de plus qu'une petite sorcière. »

Un jour peut-être, elle aura la chance de connaître ce que j'ai connu : la liberté et la fierté d'être autre chose qu'une simple sorcière. Je lui souhaite d'être une demi-louve puissante et sans crainte. J'espère qu'un jour je pourrais l'emmener courir et chasser en pleine forêt. Comme je l'ai fait jadis pour Reagan.

Elisabeth me ramène à elle et je la laisse passer ses doigts sur ma barbe de trois jours, m'arrachant un sourire. Oh non, elle ne m'apporte pas d'ennuis. Elle apporte la paix, et elle ne s'en rend même pas compte. Enfin, elle n'a pas apporté la paix lors de l'arrivée du printemps, mais quand elle comprendra, elle sera en mesure d'en plaisanter.

« Je veux tout de toi, Elisabeth. Je veux t'aimer et que tu aies conscience de tout ce qui nous lie. Je n'ai pas voulu profiter de toi, parce que tu avais effectivement oublié que tu n'étais pas prête. »

Et je veux qu'elle le soit. Manen m'a choisi, c'est à elle de le faire. Elle m'embrasse, je l'embrasse. Elle est mienne, elle doit l'être et je sais que le prochain printemps sera parfait, absolument parfait. Je sais que je serai libre de l'aimer, que nous aurons des enfants. Peut-être pas dans un an, je dois tenir compte qu'elle est plus jeune que moi et qu'elle a probablement d'autres envies. Manen me pousse, m'appelant une nouvelle fois « papa » et réclamant un baiser. Merlin, j'aime cet enfant. J'ignore pourquoi, je suis un loup alpha, je ne devrais pas m'attacher à la petite d'un autre. Mais l'autre n'est plus. L'autre ne s'est pas battu pour elles. Et je dis bien « elles », parce qu'elles ne font qu'une, quelque part.

« Avec vous, je ne me cacherai jamais. »

Je fais un bisou à Manen et fais mine de vouloir lui mordre la joue, et la voilà qui appelle sa maman au secours. Mais bien évidemment, cette maman indigne tient de mon côté. Et nous rions. Nous rions dans cette boutique restée sans âme depuis trop longtemps.Je me battrai pour elles, jusqu'au bout, quitte à supporter l'Auror. Elles sont ce que j'ai de plus précieux.

black pumpkin

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Le cerveau a la pensée, le coeur a l'amour,

le ventre a la paternité et la maternité.


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