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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Février 2022.
Profitez bien des nouveautés ! Le récapitulatif est ici !

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Pourquoi ne pas risquer sa vie si l'on n'y tient pas ?

Samedi 31 octobre 2020

Le bateau du Merlin Castle ne bougeait que 2 fois par mois : avant et après la Pleine Lune. Les amateurs d’Halloween avaient de la chance d’avoir la Pleine Lune ce soir, ce serait une véritable nuit d’horreur. J’avais entendu dire que le Chaudron Baveur organisait une soirée pour l’occasion. Ça me dégoûtait, rien qu’à cette idée. Ma mère et d’autres sorciers étaient morts là-bas et les gens allaient y retourner comme si de rien n’était. Bref, c’était sans doute pour cela que je m’étais rapidement convaincue de me rendre au Merlin Castle. En tant qu’Insurgée et non créature, je pouvais amener mes cours de Médecine aux étudiants de l’école. Et puis, je pourrais penser à autre chose. Le bateau qui m’avait amené jusqu’ici ne lèverait l’ancre qu’à partir de 6h du matin, quand la lune sera couchée. En attendant, j’avais toute la nuit pour ruminer mes noires pensées.

Sur cette île, on aurait sincèrement dit qu’il n’y avait aucune guerre. Une telle harmonie régnait, les enfants courraient partout, les étudiants souriaient et vivaient des choses de leur âge. Une telle joie, une telle paix aurait pu me faire sourire. Mais je n’y arrivais pas. Je n’y arrivais plus. Plus les jours passaient, plus j’avais la sensation de m’enfoncer. J’avais reçu dans la semaine un hibou de mon père en langage codé, afin de protéger leurs intérêts et les miens. Lui et Damian allaient bien et continuaient d’infiltrer les Résurgents. Et le pire dans tout ça, c’était que je ne ressentais rien. Je n’arrivais pas à m’inquiéter pour eux, je n’arrivais pas à avoir peur de les perdre. J’avais l’impression d’être devenue une pierre, aucune émotion ne me traversait.

Après avoir donné mes cours à Reagan, je décidais de traîner dans les couloirs, visitant une nouvelle fois les lieux. Le château était grand et permettait d’accueillir une centaine d’élèves. Une salle était réservée au cours de combat et je remarquais que le professeur était encore à l’intérieur. Rowan Johnson. Sa petite amie, Jaya, ne devait pas être très loin. Pas que je m’intéressais aux ragots comme ceux-là, mais Jaya m’avait pas mal sollicité pour des questions sur tous types de domaines durant l’été. J’avais été assez froide avec elle à chaque fois mais elle persistait. Comme Riley Kane cet été, elles avaient tenté de me faire réagir sur mon attitude trop égoïste. Il n’y avait que James Potter pour le moment qui ne semblait pas contre une idée de mission-suicide. Tobias n’était pas du genre à materner ses troupes, mais il refusait d’en perdre inutilement. Alors je ne lui disais plus rien sur mes agissements, ni sur mes projets, mais je savais qu’il n’était pas prêt à me lâcher. Si ça se trouve il me faisait même surveiller. Mais je n’étais pas bête au point de mettre en péril les Insurgés. C’était pour ça que je ne voulais pas présenter James aux Insurgés notamment. Pour pas qu’il soit mêlé à tout ça. Sinon son désir de vengeance serait sitôt effacé par le vampire à la tête du groupe.

Rowan avait dû sentir ma présence puisqu’il se retourna. J’étais nonchalamment appuyée contre le chambranle de la porte et me détachais. Je m’apprêtais à faire demi-tour, consciente que je devais le déranger, mais il s’approcha de moi. Je pris une grande inspiration et rentrais mes mains dans les poches de mon pantalon. « J’aimerais pas être à la place de ce mannequin … » dis-je en pointant du doigt le mannequin en question sur lequel il s’entraînait. « Emily Evans, tu dois surement me connaître … » Non je ne cessais jamais de me mettre en avant. Je lui tendis une main avec un petit sourire ironique. Si ça se trouve, il connaissait mes exploits auprès de Jaya et je risquais de passer un sale quart d’heure, comme quand Gwen me faisait la morale. Anticipant la chose, je lançais : « Sympa ton tatouage sur la tête, c’est une rune de puissance, c’est ça ? » Autant faire la maligne dans un sujet que je maîtrisais.

Codage par Libella sur Graphiorum

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« Alors, tu es tombée amoureuse ?
- Malheureusement, chère madame, je reste moi-même mon seul véritable amour.
- Au moins, tu ne risques pas d'être éconduite, Emily Evans.
- Pas forcément. Je m'envoie balader de temps en temps, histoire d'entretenir la flamme. »

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Pourquoi ne pas risquer sa vie si l'on n'y tient pas ?
Je m'entraine seul cette fois. J'ai besoin de me défouler, et pour éviter de blesser quelqu'un, je frappe contre un mannequin que j'ai magiquement modifié. Amadeus n'est pas disponible, alors j'utilise les moyens du bord. Mon entrainement a toujours été intensif chez mon père. Magie noir, combat, c'était chaque instant de ma vie. J'ai toujours été sur le qui vive, à l'affut du moindre danger. Et ici, sur cette île, baisser la garde ne me correspond pas, c'est assez étrange. Pas d'entrainer des enfants, ça, c'était presque mon quotidien en temps que Gardien de former plus jeune. Mais c'est de ne plus être au service de mon père, de la magie noir. De ne plus transmettre les runes. Je ne pratique plus. Je ne m'entraine plus avec Arkane, je ne suis plus ses enseignements, à présent c'est moi qui enseigne, oui, c'est vraiment étrange.

Aujourd'hui la salle est sans élève, et je me laisse aller à un combat tout en muscle. Après avoir fait une série d'échauffement, je frappe énergiquement le mannequin qui est animé et tente d'éviter ou de me donner des coups. Demain je dois faire une surprise à Jaya. Depuis qu'on a fuit, depuis que mon père est mort, je n'ai pas l'impression qu'elle se sent libre et différente. Elle tombe encore sur des gens qui la critiquent, la regardent de travers et lui disent qu'elle est insignifiante. Je voudrai qu'elle trouve sa voie, son véritable chemin. Elle n'a pas beaucoup d'élèves dans ses cours, elle s’ennuie. Demain je vais lui offrir une baguette magique. Alors que le mannequins fait un vol plané dans la pièce, je sens qu'on me regarde. Je me tourne pour apercevoir une femme appuyer contre le montant de la porte. Il me faut quelques secondes pour la remettre. Elle trainait au QG des Insurgés, et Jaya m'en a souvent parlé. Elle lui a reproché tous les maux de la terre, et notamment un attentats. J'ignorai que cette fille était sur l'île.

J'attrape une serviette, considérant que mon entrainement est terminé et je m'essuie le front avec, avant d'aller récupérer ma bouteille d'eau. A l'époque, je n'étais pas allé la voir, car Jaya ne voulait pas avoir d'ennuis avec elle, plus qu'elle en avait déjà. Alors j'ai respecté sa demande, mais de savoir qu'elle est ici ne me plait pas du tout. Jaya est dans une période fragile et j'ai peur que ça ne l'aide pas. Je viens vers elle, faut-il qu'on se parle ? Que je lui dise de se tenir à l'écart de Raanee ?

« J’aimerais pas être à la place de ce mannequin … »
"Effectivement, je ne te le souhaite pas non plus."

Elle se présente en me tendant une main, que j'accepte.

"Rowan Johnson."
« Sympa ton tatouage sur la tête, c’est une rune de puissance, c’est ça ? »

Je passe une main sur mon crâne où se trouve la rune.

"Uruz. Que j'ai reçu à onze an. C'est la rune de la force intérieure, de la vigueur et de la persévérance. Un rune puissante effectivement. Ça t'intéresse ou c'est pour faire diversion ?"

Je ne suis pas dupe. Je ne suis pas né pour être dupe. Elle sait qui je suis, et elle sait que je vois elle est. Jaya est arrivée en pleurs de nombreuses fois par sa faute. Elle ne croit pas au don de Raanee. Je m'approche d'elle. Mes 1m90 sont assez impressionnants, et mon corps entier est recouvert de rune, qu'elle ne peut que voir, puisque je suis torse nu.

"Mais les plus importantes pour moi sont Thurisaz, que j'ai eu quand je suis devenu le Gardien de Jaya. Elle signifie défense, protection et résistance. Et Gebo, don, sacrifice et connexion, qui m'a été tatoué lors d'une mission de sauvetage où j'ai failli perdre la vie pour sauver celle de la Prophétesse. Mais tu sais qui est la Prophétesse bien sûr ?"

Je relève un sourcil, attendant une affirmation de sa part. Au moins que les choses soient claires entre nous. Ma plus grande fierté est d'être le gardien de cette femme exceptionnelle, qui d'autant plus s'avère être la femme que j'aime, que que cette Emily a faite souffrir.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Pourquoi ne pas risquer sa vie si l'on n'y tient pas ?

Samedi 31 octobre 2020

Difficile à croire qu’un mec bâti comme lui pouvait s’intéresser à une poupée de cire, mais chacun son délire. « Uruz. Que j’ai reçu à onze ans. » m’informa-t-il en passant une main sur son crâne alors que je lui avais demandé des informations sur les runes qu’il portait. « C’est la rune de la force intérieure, de la vigueur et de la persévérance. Une rune puissante effectivement. » Ouah, il semblait drôlement bien calé. Je n’aurai pas pensé aux premiers abords. Les Runes n’intéressaient pas vraiment les guerriers, dans notre pays, mais quelque chose me disait qu’il ne partageait pas la même éducation que les jeunes britanniques. « Ça t’intéresse ou c’est pour faire diversion ? »

J’ouvris la bouche pour répondre avant de rire, enfonçant un peu plus les mains dans mes poches. « Ça m’intéresse ET c’est pour faire diversion. » Démasquée ! En même temps, ce ne devait pas être bien difficile. Jena était une véritable fouineuse et bavarde comme elle était, tous les Insurgés étaient au courant de mes mauvais traitements envers elle. « Mais plus sérieusement, je … » Mais l’homme s’avança et ne se gêna pas pour me couper. Il n’avait pas l’air de vouloir rire. Le seul truc dérangeant avec moi, le seul défaut que je pouvais avoir, c’était d’être totalement inconsidérée quand je provoquais quelqu’un. Là j’avais conscience de l’avoir provoqué, je le reconnaissais, je l’admettais, mais je m’en moquais qu’il fasse 1m90 ou 1m30, qu’il pèse 110 kgs ou 50 kgs, qu’il soit un fin connaisseur de la magie ou une buse en magie. Bref, je n’étais pas spécialement réfléchie là-dessus.

« Mais les plus importantes pour moi sont Thurisaz, que j'ai eu quand je suis devenu le Gardien de Jaya. Elle signifie défense, protection et résistance. Et Gebo, don, sacrifice et connexion, qui m'a été tatoué lors d'une mission de sauvetage où j'ai failli perdre la vie pour sauver celle de la Prophétesse. Mais tu sais qui est la Prophétesse bien sûr ? » Ok… « Quelque chose me dit qu’elle t’a déjà parlé de moi, non ? » dis-je avec un sourire goguenard que je regrettais immédiatement.

« Oui elle m'a parlé de toi » Il commença alors à avancer vers moi, de telle sorte que bientôt mon dos se retrouva plaquer contre le mur de la salle. Merde, ce n’était peut-être pas la chose à dire. « Et pas vraiment en bien, si tu veux mon avis. J'ignore le détail de tout, mais ce qui font du mal à Jaya, je ne les vois pas d'un bon œil. Tu veux pouvoir te justifier ? » Je le regardais, droit dans les yeux. Il y avait une certaine menace dans ses paroles mais il me laissait également le droit de me justifier, de m’expliquer. Il ne me condamnait pas, pas encore. Je relâchais mes yeux des siens et dis : « Je fais beaucoup de mal aux gens ces temps-ci et je n’ai pas envie de me justifier pour tout ça. Je regrette seulement que Jaya se soit retrouvée sur mon chemin. » C’était la vérité, et pour une fois, j’avais fait l’effort de me souvenir de son prénom. Elle ne devait pas être une mauvaise fille, sans doute, mais je n’étais pas en mesure d’éprouver de la compassion pour qui que ce soit et je refusais qu’on me prenne en pitié.

« Tes runes sont impressionnantes. » dis-je d’une voix calme, dénuée de toute provocation de tout à l’heure. « Je les étudie et j’arrive parfois à en utiliser quelques-unes, mais en Angleterre, c’est une magie peu usitée. D’où viens-tu ? » demandais-je, curieuse. Oui c’était encore une fois pour faire diversion, mais je n’avais rien de plus à dire sur Jaya et s’il m’en tenait toujours rigueur, je partirais. C’était tout. « Tu dois alors savoir que les runes sont très puissantes. Pourquoi j'en parlerai avec toi, si tu dis faire beaucoup de mal aux gens ? » dit-il en relevant un sourcil. Il marquait un point.

« Des runes, sur des personnes mal intentionnées, c'est dangereux. Si tu n'as pas envie de te justifier, je n'ai pas envie de te dire. » Il croisa ses bras sur sa poitrine, la regardant de manière intense, presque inquiétante. « Je suis un mage noir. Je suis en symbiose avec la magie noire, mais tout le monde n'est pas à l'aise avec le mal. C'est quoi ton histoire ? » Ok, il voulait se la jouer gros bras. Certes, cela m’impressionnait, mais je n’avais pas plus envie que ça de lui raconter ma vie. « Je ne suis pas un mage noir. » répliquais-je, les dents serrées, me décalant sur le côté pour ne plus être coincé entre ce mur et lui. « Et je n’aurai jamais recours à la magie noire si c’est la question. Tout ce que je veux, c’est que la magie m’aide à me venger, et en particulier les runes. » Ouais, je sentais le blabla habituel arriver, du genre : « la vengeance c’est pas bien, la vengeance ça mène à rien ». Presque un spot publicitaire. Mais je n’avais franchement pas besoin de ça.

« Je ne veux pas les utiliser sur quelqu’un d’autre, je veux les utiliser sur moi, pour décupler mes forces ou me protéger. » expliquais-je. « Mes runes, je les ai acquises après de lourds et intenses entrainements ou épreuves. Je n'ai pas cherché à les avoir pour me venger. Je les ai eues, parce que je le méritais. Je m'en suis servis dans le but de protéger Jaya. C'est cela qui m'a évité de basculer dans les forces du mal. Si tu les utilises de la mauvaise manière, elles ne seront pas efficaces, pas aussi efficaces et elles se retourneront contre toi. » Je l’écoutais et étrangement je n’avais rien à redire. Je ne comptais pas faire la maligne sur ce sujet. J’en avais encore un rayon à apprendre sur les Runes et je comptais bien un jour les apprivoiser.

Il décroisa alors les bras et m’observa toujours de ce regard plus que flippant. « Qui veux-tu venger ? » Je relevais le menton. « Ma mère. Elle a été tuée dans les attentats du 26 juin. » dis-je de but en blanc avant de reprendre. « Je prends en compte ton avertissement. Je ne peux pas nier que tu as beaucoup plus de connaissances que moi sur le sujet. Cependant, je crois comprendre qu’elles ne m’aideront pas pour mon combat. » Je jetais un coup d’œil à la salle. Je n’étais pas raisonnable. J’allais continuer mes recherches, malgré l’avertissement de Rowan. Peut-être disait-il juste ça pour m’emmerder ? Après tout, il le pouvait bien après ce que j’avais fait à Jahoa.

« Je peux te les apprendre. » Je retournais la tête, surprise, vers lui. Il ajouta : « On est dans une école, non ? » J’ouvris la bouche, m’apprêtant à répondre, et eus finalement un sourire. J’hésitais : « Pourquoi tu ferais ça ? » dis-je en haussant les épaules. « Je n’ai pas vraiment été sympa avec ta petite-amie et on ne se connait même pas. Pourquoi tu m’aiderais ? » demandais-je en croisant les bras sur ma poitrine. « Parce que ça ressemble à mon histoire. » Je fronçais les sourcils puis il finit par sourire. « Le Directeur et moi, ça n'a pas été facile au début. On ne se connaissait pas, et il nous a aidé avec Jaya. Je me dis, que je peux rendre ce qu'on m'a déjà donné. Ça te parait si étrange que des gens veulent t'aider ? » J'écoutais son histoire, un peu distraitement, me déplaçant dans la salle pour observer les objets d'entraînement du jeune homme.

« Les gens ne sont pas gentils, et la vie m'a appris que rien n'était gratuit. Je m'attends donc à ce que tu me demandes quelque chose en retour ? »  Je haussais un sourcil. « Tu veux quoi ? De l'argent ? Un objet rare ? Une créature ? »  Je m'appuyais contre un de ses sacs de combat, croisant les bras alors qu’il secouait doucement la tête à chacune de mes questions. « Ou me demander de laisser Jaya tranquille ? » Là, il me pointa du doigt. « Ça serait une bonne contrepartie n'est-ce pas ? Je n'ai besoin de rien d'autre que le bonheur de la Prophétesse. Tant que tu n'auras pas compris qui elle est et la magie qu'elle fait. »

Je l’observais toujours. J’hésitais. Sa proposition était intéressante parce qu’il était doué. J’avais pu le voir tout à l’heure mais à la façon dont il se déplaçait et parlait. Il avait des connaissances, c’était indéniable. Mais étais-je prête à apprendre derrière quelqu’un ? J’avais toujours eu du mal en cours car je ne supportais pas qu’on me dise ce que je devais faire. Rien qu’en pensant à James Potter ou à Alex Bennett à qui j’enseignais, j’appréciais tout particulièrement ma position de force sur eux. Là j’allais à l’inverse de ce que je préférais.

Rowan récupéra alors un bâton et commença à le faire tourner autour de lui. Tout simplement. Je me redressais et le regardais faire alors qu’il se déplaçait dans la pièce comme si c’était très simple. « Détrompe-toi, les gens sont gentils, tu n'es pas tombée sur les bons. » Je poussai un petit rire. Ouais, c’est ce que disait souvent maman. « Je vais pas m'apitoyer sur ton sort, à aucun moment. Ta mère a été tué. C'est triste, injuste. Mais je vais pas te prendre en pitié. » Je relevais la tête vers lui. Là, il m’intéressait. Je ne voulais pas de sa pitié. Je m’en moquais bien. Ça ne servait à rien et ça ne faisait pas de bien du tout. Son bâton s’arrêta soudain et était pointé vers moi, me faisant légèrement sursauter. Mais il maîtrisait parfaitement bien. « La colère est un bon début, tu as le droit d'être en colère contre les gens qui ont fait ça, je n'irai pas te dire le contraire. Mais cette colère, il faut t'en servir autrement si tu veux qu'elle te soit utile. Ta souffrance est ta responsabilité, c'est toi qui t'impose cet état, pas ceux qui ont commis les attentats, pas Jaya qui n'a pas prédit ce drame. »

Je pinçais les lèvres. Oui, ça Gwen me l’avait assez dit, mais c’était plus fort que moi. Il fallait que je trouve un responsable. Comme Damian qui en payait toujours les frais. Soudain, il me lança le bâton et je le rattrapais. Je souris, fière de moi. « C’est toi qui choisis de souffrir encore. Tu as le choix d'arrêter ça. Alors ? Tu veux apprendre ? » J’inspirais profondément. Je l’observais une autre fois.

Et je lui renvoyais le bâton. « Très bien. Je suis prête à apprendre. » Un sourire naquit sur ses lèvres et je haussais un sourcil. « Mais tu vas vite le regretter. » Cela ne fit qu’agrandir son sourire et l’entraînement commença. On travailla toute la nuit avec des bâtons. C’était éprouvant, j’avais l’impression qu’il ne se fatiguait jamais. Mes doigts en pâtirent eux aussi parce qu’il me frappa une bande de fois dessus mais je n’étais pas le genre de filles à me plaindre de mon vernis écaillé. Je réagissais au contraire au quart de tour. Quand 5h sonna, je sus qu’il était temps d’arrêter. Mon bateau allait arriver mais Rowan me promit de venir régulièrement au Speluncae pour d’autres entraînements. Je hochais la tête, récupérais ma veste et sortis du château.

Les semaines passèrent et je m’entraînais régulièrement avec Rowan. James était assez content parce que je lui foutais la paix en attendant. Il était entré chez les Insurgés, aussi il pensait avoir gagné le gros lot. Cela ne m’empêchait pas de venir le charrier dès que je le pouvais. Avec Rowan au contraire, c’était différent. Il n’était pas du tout comme ça et il ne semblait pas forcément adhérer au sarcasme. Alors c’était plus difficile. Et comme avec toutes mes relations, on se prie souvent la tête. Mais je tins ma part de marché : j'évitais le plus souvent Jaya et quand elle tombait sur moi, je me forçais à afficher un air aimable et à répondre à toutes ses questions. Et Merlin, elle en avait.

Ce qui m’exaspérait le plus dans mon marché avec Rowan, c’était qu’il tenait absolument à parler. A parler de moi, de qui j’étais. De temps en temps il me parlait de lui aussi, de l’éducation qu’il avait reçue, de son entraînement, histoire de me mettre en confiance, j’imagine. Sauf que moi, je n’aimais pas parler. Et il avait vite compris le point sensible : Damian.

Nous étions le mercredi 6 janvier. J’avais passé Noël seule même si je disais que ça ne me dérangeait pas. Rowan ne voulait pas me croire. Depuis décembre, nous nous entraînions cette fois-ci avec la magie mais il refusait de m’initier aux runes pour le moment. « Accio ! » criais-je au bâton dans le coin. Les premiers entraînements, j’avais souffert avec ces maudits bouts de bois, mais à présent je savais comment maintenir mes doigts, comment garder l’équilibre, où viser et avec quelle force. Le bâton arriva dans mes mains et je tentais de faire perdre l’équilibre à Rowan. Je ne m’arrêtais jamais et j’aimais me battre. J’aimais sentir l’épuisement à la fin. J’aimais repousser les limites, voir jusqu’où j’étais capable d’aller.

Avec Rowan, j’avais déjà parlé de mes études, à Poudlard chez les Gryffondors, puis à l’UMS en Médicomagie. Nous avions abordé le quatuor que j’avais formé avec Simon, May et Damian. Je ne savais pas ce qu’était devenu Simon même s’il m’arrivait de le recroiser à l’UMS. Quant à May, je soupçonnais les Purificateurs de l’avoir tué parce que je l’avais présenté à la directrice de Poudlard lorsqu’elle était devenue vampire. Quelle connerie. Nous avions aussi longtemps parlé de mes parents : des Moldus mais des personnes puissantes dans le milieu de la politique. Papa était parti avec Damian en Amérique après la mort de maman.

Pourquoi ne pas risquer sa vie si l'on n'y tient pas ? 68747470733a2f2f73332e616d617a6f6e6177732e636f6d2f776174747061642d6d656469612d736572766963652f53746f7279496d6167652f3031557475525571386f334a63413d3d2d3330382e313466613836646263383233626263373234363831343131363435332e676966?s=fit&w=720&h=720

J’entendais Rowan qui me sermonnait sur ma défense moisie de derrière. Fichtre ! Je me retournais alors qu’il s’amusait à transplaner de tout côté pour me planter son bâton. Et il insistait encore avec Damian. Je serrai les dents. « Je n’ai pas envie de parler de lui. » Il était Psychomage, ou quoi ? Je m’arrêtais un instant, le regard à l’autre bout de la salle. Je m’appuyais sur mon bâton, profitant de ce moment de répit pour resserrer mon chignon. « Je ne l’ai pas suivi car je ne voulais plus le voir. Point. Et oui, on était très proche avant, mais ça c’était avant. Bon on reprend maintenant ? »

Codage par Libella sur Graphiorum

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« Alors, tu es tombée amoureuse ?
- Malheureusement, chère madame, je reste moi-même mon seul véritable amour.
- Au moins, tu ne risques pas d'être éconduite, Emily Evans.
- Pas forcément. Je m'envoie balader de temps en temps, histoire d'entretenir la flamme. »

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Pourquoi ne pas risquer sa vie si l'on n'y tient pas ?
On s'entraine depuis deux bons mois. Elle fait des efforts, elle progresse, mais elle n'est pas encore prête pour l'enseignement des runes. Elle se ferme trop. Elle garde encore des parts d'elle très sombre, des sujets qu'elle ne veut pas aborder. Et il n'y a pas de secret, ce que j'ai appris, par la magie noire, par un mage noir, mon père, c'est qu'il faut faire table rase sur tout ce qui nous hante.

J'ai commencé l'entrainement très tôt, alors c'était plutôt facile pour moi, j'ai été conditionné depuis ma plus tendre enfance. Je n'ai connu que ça. Je me suis entrainé durement, je n'ai pas eu de mal à suivre l'enseignement d'Arkane ou de mon père. Pour Emily, c'est différent, elle a vécu avant de me rencontrer. Elle a une histoire, il faut tout reformater si elle veut avancer. Il faut être conscient de toutes nos faiblesses pour ne jamais se laisser envahir. Il ne faut pas seulement les mettre de côté, les fuir, les oublier ou bien les refouler. Les runes sont une magie puissante. Il faut que je débusque ses faiblesses pour la rendre plus forte, pour qu'elle supporte le poids de ces enchantements. Il va peser lourd sur ses épaules. C'est pour cela qu'il lui faut la discipline que je lui transmets. C'est pour ça que c'est dur.

"Redresse toi ! Protège tes arrières. Il faut que tu es des yeux dans le dos."

Je transplane à côté d'elle et plante mon bâton dans son flanc, dans son dos, dans son ventre. Je la stimule de tous les côtés. Il faut qu'elle soit vive, prudente, réactive.

"Parle moi de ton frère."

Je transplane à côté de la table pour aller boire un coup, lui laissant un peu de répit. Je regarde Emily refuser encore de me parler de lui. Je secoue ma tête et revisse le bouchon de la bouteille pour la reposer. Il faut qu'elle lâche prise. Cet homme la retient de faire des progrès, même si elle le nie, même si elle l'ignore. Il est un frein à cet enseignement, et ces entrainements.

« Je ne l’ai pas suivi car je ne voulais plus le voir. Point. Et oui, on était très proche avant, mais ça c’était avant. Bon on reprend maintenant ? »

Je la regarde et m'approche d'elle.

"Je sais reconnaître une excuse quand j'en entends une. Ne t'avise surtout pas de jouer les victimes, Emily Evans."

Je viens d'un geste vif frapper dans ses tibias pour qu'elle s'écroule au sol. Je viens ensuite placer mon bâton sous son menton pour qu'elle se relève lentement debout. Elle me fusille du regard, se relevant péniblement avec une grimace.

"Je ne suis pas une victime." Réplique-t-elle. Bien c'est un bon début. Mais encore ?
"Ma mère en est une par contre, oui. Et c'est Damian qui l'a tué."

Dit-elle en essayant de me frapper avec le bâton, des coups particulièrement bien articulés et puissants, qui auraient pu me faire bien mal si je ne les avais pas contré.

"C'est lui qui l'a tué ? Je croyais que c'était les Résurgents. Qu'a-t-il fait ?"

Je lui envoie un sortilège qu'elle contre. C'est bien, elle se libère, il faut qu'elle se libère si elle veut progresser encore. Elle serre les dents. Je sais que je l'énerve, elle m'en a fait la réflexion plusieurs fois, mais je suis tenace, et borné. Sait-elle combien de sortilèges impardonnables j'ai subi pour avoir essayé de lutter contre mon maitre d'entrainement et mon père ? Sait-elle combien de coups de bâton j'ai reçu ? Bien plus qu'elle en a reçu de ma part. Elle m’envoie un sort, suivi d'un coup de bâton. Bien, je sens son potentiel. C'est aussi dans la rage qu'elle progressera. Elle peut se servir de ce genre d'émotion, sans pour autant basculer dans la haine, les forces du mal.

"Cet idiot ..." Commence-t-elle en m'assénant un nouveau coup de bâton. Cette fois je le contre avec mon avant bras et non pas mon bâton. La douleur ne me fait pas peur. "... a préféré consacrer plus de temps à ses amis ..." J'envoie un sortilège qu'elle arrive à annuler. Je vois qu'elle est fière dans son regard. Oui c'est bien, mais continue...  "... qu'à notre mère." Le bâton lui échappe des mains et je donne un coup de pied dedans pour l'éloigner d'elle. Elle peste en répliquant avec de nouveaux sorts, tentant une combine pour récupérer le bâton qui était parti à l'autre bout de la salle maintenant. Je les arrête tous. "Il serait arrivé quelques minutes avant il aurait pu la sauver !"

Vraiment ? Elle pense que ça aurait pu changer les choses ? Il aurait très bien pu y rester lui aussi. Elle aurait pu les perdre tous les deux. Elle avait la rage contre les Résurgents, mais c'était vraisemblablement sur son frère qu'elle se contenait. Je lève de nouveau ma baguette et un de mes sorts la touche et elle se met à grogner. "Bon, je sais que ma vie est palpitante mais puisque tu te tiens tant que ça à parler, tu veux pas papoter de notre chère amie, Jaya ?" Elle me ance un sourire en parvenant à reprendre son bâton. "Je la laisse tranquille depuis. Et je lui ai même indiqué où étaient les toilettes la dernière fois ! Je fais des progrès ..."

Je l'observe, je l'écoute, je réponds à son sourire quand elle tente une pique sur Jaya. Elle croit jouer avec un amateur ? Je lance un nouveau sort qu'elle contre de nouveau.

"Et toi Emily, tu étais où pour défendre ta mère ?"

Son sourire disparaît quand je mentionne sa mère et surtout lorsque je sous-entends que ça pourrait être sa faute. Après tout, elle tient son frère pour responsable, mais elle, pourquoi n'a-t-elle pas protégé sa mère ? Pourquoi n'est-elle pas venue la voir sur le chemin de traverse elle aussi, avec Damian ? "Est-ce que ça a vraiment une importance ? Je sais pas où j'étais. Mais ce que je sais, c'est que ma mère attendait Damian et qu'il n'est pas arrivé à temps. Point. Fin de l'histoire."

Elle m’envoie deux autres sorts, histoire de me distraire pour passer à autre chose certainement. Je lève ma main pour barrer les sortilèges, j'en reçois un en pleine poitrine mais je sourcille à peine, la fusillant du regard.

"Non Emily, tout commence ici. C'est le début de ton histoire. Tu as la prétention de dire que ton frère aurait pu la sauver. Mais il aurait pu y rester lui aussi. Tu crois que tu aurais fait mieux ? Il n'était pas là, ce n'est pas lui qui a fait cet attentat. Tu luttes intérieurement contre la mauvaise personne. Et tu fais croire à tout le monde que tu veux te venger des Résurgents, alors que tu n'es pas capable d'affronter celui que tu penses être le véritable coupable."

Elle lève les yeux au ciel, refusant de se concentrer sur ce que je lui dis. Elle fuit encore une fois. Je n'entraine pas des lâches. Je veux qu'elle sorte de ses gongs. "Et c'est le moment où tu m'annonces que t'as un diplôme en Psychomagie ?" Ironise-t-elle. Elle se moque de moi ? Elle me prend pour qui ? Comment dirait Saoirse déjà ? Un guignol ? Je l'ai parfois entendu dire cela lors de mission. "Mine de rien, Jaya doit être contente que son homme revête plusieurs talents ..." Dit-elle en haussant les sourcils, changeant sans mal de sujet.

Je crois qu'elle ne me prend pas au sérieux. Je crois qu'elle ne saisi pas l'enjeu. Elle croit que je suis psychomage, que je fais ça pour une thérapie, pour la soigner. Mais je ne veux pas la guérir. Je veux la faire réagir. J'écarte alors mes bras d'un mouvement brusque et mes yeux se troublent. La pupille consume toute mon iris, et elle devient si dilatée que mes yeux deviennent noir. J'avance une main sur Emily qui est propulsée contre le mur derrière elle. Je garde ma main levée et elle reste collée au mur.

"Anzuz. Le manteau du Dieu Odin dans le vent."

Spoiler :
Pourquoi ne pas risquer sa vie si l'on n'y tient pas ? Ansuz


"Pour accroitre les pouvoirs magiques."

Je me rapproche d'elle et la fait descendre à mon niveau sans relâcher la force qui la plaque au mur.

"Selon la tradition, les runes étaient le présent qu'Odin, principale divinité du panthéon scandinave, offrit à l'humanité. La légende raconte qu'Odin est resté cramponné neuf jours et neuf nuits à l'Arbre du Monde blessé par sa propre lame, torturé par la faim, la soif et la douleur, seul et sans aide jusqu'à ce qu'il aperçoive les runes, qu'il "a saisies" par un extraordinaire effort."
"Ouah, tu connais ton histoire ... !"
"Rowan Odin Johnson, c'est comme cela que mes parents m'ont appelé. Et c'est dans la faim, la soif et la douleur que j'ai été élevé. Je ne vais pas te faire de cadeau Emily, si tu veux prétendre te servir des runes."
Elle hausse un sourcil. "Je ne veux pas de traitement de faveur, je te l'ai dit. Mais je vois pas en quoi parler de mon ... frère pourrait me montrer digne de porter ces runes."
"Parce qu'éviter un sujet, c'est fuir. Et ça te rend faible. Il te faut assumer ou régler tes comptes. Tu en veux à ton frère. Très bien, va lui dire, va régler tes comptes avec lui. Comment tu veux étudier la rune de la sagesse si toi même tu refuses de l'être ? Chaque rune ne s'activera pas si tu es pleine de remord et de regret."

Elle lève une nouvelle fois les yeux au ciel, se moquant de moi. "Pff ... on a tous des problèmes de famille et Damian, ça faisait longtemps que ça n'allait plus entre nous deux. Je veux plus en entendre parler et je veux me battre pour venger ma mère. Je n'ai rien à dire à Damian." Elle regarde le sol avant d'ajouter : "Maintenant si tu pouvais me faire descendre ..."

J'avance ma main et elle lévite vers moi. A quelques centimètres de mon visage. Mes yeux retrouvent leur couleur normale. "On a tous des problèmes de famille. J'ai réglé les miens et mon père est mort." J'ai participé à sa mort, je me suis libéré de toute emprise, j'ai protégé Jaya, au péril de ma vie. Je la repose sur le sol.

"Très bien. Quand tu seras prête, tu me feras signe. L'enseignement est terminé."

Je lui tourne le dos. Je ne reprendrai pas l'entrainement tant qu'elle n'affrontera pas la vérité en face. Elle me prend pour un idiot qui ne sait pas ce qu'il fait. Si elle trouve meilleur professeur, qui irait dans son sens, qui ferait ce qui lui plait, et bien qu'elle y aille. Elle n'est pas prête. Pas pour moi, pas pour mon enseignement.

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Pourquoi ne pas risquer sa vie si l'on n'y tient pas ?

Mercredi 6 janvier - Vendredi 26 février 2021

Ce mercredi 6 janvier, l’entraînement était difficile. Pas seulement physiquement mais aussi moralement. Rowan tenait à me tuer à l’effort, notamment en m’obligeant à parler de ma vie d’avant mais aussi de cet événement qui avait tout changé. La mort de maman. Rowan me traitait de victime, me faisait réfléchir et m’obligeait presque à me placer en tant que responsable de la mort de maman. Je n’étais pas responsable ! C’était Damian qui devait s’occuper d’elle. Pas moi.

Pourtant la question « Et toi Emily, tu étais où pour défendre ta mère ? » je n’arrivais pas à trouver de réponses. Et elle venait tout le temps, tout le temps me hanter. Rowan avait arrêté l’entraînement. Il voulait que je sois « prête. » Et si cela avait un quelconque lien avec maman, je refusais de faire quoi que ce soit d’autre. Tant pis, pour les entraînements ! Je progresserai autrement, je ferais tout pour ne pas affronter ce genre de souvenirs désagréable. Et pourtant, même si je ne voyais plus Rowan, je dormais mal la nuit. Je n’avais jamais eu le sommeil facile, mais là je passais plusieurs nuits blanches.

« Et toi Emily, tu étais où ? » Où est-ce que j’étais ? Pourquoi je ne m’en souvenais pas ? Pourquoi, pourquoi ça restait flou ? « Tout commence ici. » disait le mage noir. « Tu en veux à ton frère. Très bien, va lui dire, va régler tes comptes avec lui. » Non. Je ne pouvais pas l’affronter encore une fois. Il était … et j’étais … Non c’était impossible.

Et pourtant c’était arrivé. Ca faisait un mois que j’évitais Rowan. Je m’entraînais soit toute seule, soit parfois avec James. Il était toujours insupportable celui-là. Il crânait, presque autant que moi, et c’était surement ça qui m’agaçait le plus. Il agissait avec une telle détermination pendant les combats que j’avais du mal à croire qu’il était plus jeune que moi. Il n’avait peur de rien et était animé par ce même désir de vengeance que moi. Son père était son héros, sa famille, tout ce qu’il avait, ses amis, éparpillés. Il luttait contre ce que les Purificateurs et cette guerre lui avaient pris. Je me rendais compte que j’arrivais plus facilement à lire en lui, qu’en moi.

Et puis, un soir, papa m’avait contacté. Damian était blessé et seule moi pouvait amener une plante spéciale pour le sauver. J’avais joué l’indifférence, mais en vérité, j’étais morte de trouille. C’était plus facile de ne pas avoir de nouvelles. Je ne savais pas ce que mon père et lui faisaient. Mais là, à présent, Damian était entre la vie et la mort. Alors, j’avais amené la plante et j’avais discuté avec lui. Enfin, au départ c’était discuté. Puis papa nous avait interrompu et puis … j’avais décidé de l’affronter.

« Je l’ai fait. » Rowan alluma la lumière dans la salle d’entraînement qu’il utilisait habituellement. J’avais pris le premier bateau pour le Merlin Castle. Demain, nous avions une mission avec James. On ne l’avait pas déclaré aux Insurgés, ils seraient seulement mis devant le fait accompli. Mais j’avais besoin de l’entraînement de Rowan, c’était indéniable. Je n’avais pas tellement progressé et puis, même s’il m’énervait avec ses questions, je devais avouer que j’avais besoin de son expérience. En plus, il fallait que je lui dise. Que je l’avais fait.

« La semaine dernière. Je suis allée le voir. » J’étais assise sur l’un des gros tapis en mousse, le regard plongé par terre. Aucune émotion ne transparaissait de mon visage. « Je lui ai dit ce que je pensais. Lui aussi. » Rowan s’installa à côté de moi. Il m’écoutait, sans rien dire. « Et il ne m’en veut pas, je crois. » Je secouais la tête et la tournais vers le mage noir. « Je lui ai dit des choses horribles, je l’ai accusé de la mort de maman, et il est resté calme. Parfaitement calme. Il a tout encaissé. » Je pinçais les lèvres alors que je revoyais le visage blessé de mon frère dans ce lit d’infirmerie. « Est-ce moi le monstre ? » demandais-je à Rowan d’une voix presque éteinte.

« Tu n'es pas un monstre. » expliqua-t-il lentement. « S'il n'a rien dit, c'est probablement parce qu'il pense que ce que tu dis est la vérité. Il pense sans doute être responsable de la mort de votre mère. » Je détournais les yeux et grimaçais. « En vérité, Rowan, il pense exactement comme toi. Et … je pense que vous avez raison. » Je secouais la tête. « Je dois cesser d’accabler mon frère pour quelque chose qu’il n’aurait pu empêcher. Elle s’est trouvée là, au mauvais endroit, au mauvais moment. » Je prononçais ses paroles avec un ton neutre, presque accablant.

Rowan prit son temps pour me répondre comme s’il souhaitait seulement me sortir des réponses sages, dignes d’un philosophe de l’Antiquité. « Je crois surtout qu'il est temps que tu arrêtes de t'accabler. Tu n'aurais pu rien changer. Ce n'est pas plus ta faute que la sienne. » Je secouais la tête. « Mais alors... Qu'est-ce que je fais maintenant ? » Quel était mon but désormais ? Traquer les Résurgents et concentrer toute ma haine sur eux ? « Maintenant, tu avances. » répondit-il comme si cela avait toujours été une avance pour lui. C’était comme s’il attendait depuis que l’on s’était rencontré que je lui pose cette question. « Tu te bats pour ce que tu crois. Pas pour des fantômes, mais pour ceux présents. Ton but n'est pas de t'acquitter de tes erreurs, mais de ne plus faire les mêmes. »

Je hochais lentement la tête à ses paroles. Je n'aurai jamais pensé que de simples mots pourraient me redonner de l'espoir, me redonner du courage. Et surtout, je n’aurai jamais pensé que cela viendrait de lui. Rowan avait su prendre sa place dans ma vie.

Je laissais un faible silence s'installer entre nous, le temps de la réflexion. Puis, sans prévenir, je lançais un « Accio ». Un bâton apparut dans mes mains et je me redressais pour dominer Rowan : « Très bien. Alors, on reprend l'entraînement, mon mentor préféré ? » Il releva un sourcil avant de sourire et de récupérer un bâton. « Préféré hein ? Tu le détestais pas encore hier ? » Il donna un premier coup, souriant de plus belle alors que je fronçais le nez. « Disons que tu es monté en grade quand ton sourire est enfin apparu. »

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Je contrais ses coups et le forçais à faire un pas en arrière comme il m'avait enseigné. J'abattus alors le bâton sur son pied avant de le relever sous son menton. « Tu t'es ramolli ces dernières semaines non ? »

Le guerrier tapa dans le bâton avec son avant-bras pour se défaire de la prise. « Ou alors tu commences à faire des progrès... » Il eut un nouveau sourire, à croire qu’il ne pouvait plus s’en empêcher. Et d’ailleurs, c’était contagieux. D’un nouveau sourire, je ripostais.

Malgré mes dernières semaines sans entraînement, mon courage et mon adrénaline me permettaient de me défendre parfaitement et d’attaquer plus ou moins correctement. Rowan continuait ses remontrances, et moi mes sarcasmes. C’était un rituel, on ne pouvait s’en empêcher. Et les entraînements reprirent. Avec l’attaque contre les Résurgents, nous devions être préparés.

Et ce dimanche 14 mars, Rowan allait me montrer une rune. Essoufflée par notre échange de bâtons et de sorts, je profitais qu’il cherche ses outils pour m’asperger le visage d’eau et resserrer mon chignon. « Alors, selon toi, je suis prête ? » dis-je en haussant les sourcils, un sourire en coin. Je m’appuyais contre le mur, bras croisés. « C’est James qui va être jaloux de mes nouveaux talents … » pensais-je à voix haute. Je l’avais entraîné un maximum ces derniers temps pour qu’il soit au même niveau que les Insurgés. Il allait jouer un rôle crucial dans notre entrée à Poudlard et … je tenais à ce qu'il ne lui arrive rien.

Mais Rowan ne m'écoutait plus. Il se tourna vers moi et soudain, d'un simple coup de baguette sur ses doigts, un jet de flammes bleus apparut. J'en restais un instant bouche bée et quittais mon appui pour mieux observer.

Pourquoi ne pas risquer sa vie si l'on n'y tient pas ? 5450529417

La flamme s'éteint et seule une rune persistait sur sa main. Je plissais les yeux, la reconnaissant : « Naudhiz ... » soufflais-je. (information ici )

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« Alors, tu es tombée amoureuse ?
- Malheureusement, chère madame, je reste moi-même mon seul véritable amour.
- Au moins, tu ne risques pas d'être éconduite, Emily Evans.
- Pas forcément. Je m'envoie balader de temps en temps, histoire d'entretenir la flamme. »

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Pourquoi ne pas risquer sa vie si l'on n'y tient pas ?
Elle m'a évité tout un mois. Je n'ai rien dit, j'ai fais comme si elle n'existait pas, je l'ai laisse venir à mois. Il m'est arrivé de détester Arkane, de refuser ses enseignements car ils étaient difficiles. J'étais qu'un enfant quand j'ai commencé à me battre. Et si au début je subissais et encaissais facilement, en grandissant, j'avais plus de mal. La crise d'adolescence est peut-être passé inaperçu extérieurement, mais intérieurement elle a été éprouvante. Je me suis posé beaucoup de question pour Jaya, je me demandais si ce que je faisais était suffisant, si c'était juste, si c'était normal. Et dès que je défiais un temps soit peu, d'une manière comme d'une autre l'autorité, j'étais corrigé lourdement. Mais cela ne m'a jamais empêché de progresser dans ma tête, dans mon esprit. Et il n'a été libre qu'une fois que je me suis libéré de mes démons intérieurs. Sauf que les miens, tout comme ceux d'Emily sont réels, ils sont physique. Et il était important qu'elle les affronte. Et c'est ce qu'elle vient m'annoncer après un mois d'absence.

J'ai allumé comme à mon habitude notre salle d'entrainement. Je n'ai rien dit, je n'ai fais aucun commentaire sur sa disparition et mon évitement. Au contraire, je l'écoute attentivement, l'air de rien. Non elle n'est pas un monstre et je suis fier d'elle en réalité. Elle n'en ressortira que plus forte, libérée d'un poids elle verra qu'elle pourra soulever plus de montagnes. On se pose tous un jour la même question qu'elle se pose ? Amadeus me l'a posé, quand Reagan s'est retrouvée stérile. Tout un chacun normalement constitué se pose cette question. Qu'est-ce que je dois faire maintenant ? Maintenant que j'ai tout perdu, maintenant que je suis seul, maintenant que je pars de zéro. On avance, on continue le combat, quel qu'il soit. On se relève. On rebondit, on s'étire, mais toujours, on se remet debout. Avec plus ou moins de difficulté, mais le résultat est le même : on recommence, en apprenant de nos erreurs, en tachant de faire mieux. On vit le présent, on avance vers son futur. Le passé n'est là que pour nous dire que l'avenir est devant, jamais derrière. Ce qui est fait et fait, et n'est plus à faire. On peut faire mieux. On peut apprendre de n'importe quelle erreur. Sinon, quel serait le sens de la vie ?

Je sais qu'elle retrouve confiance en moi en cet instant, comme j'ai fini par prendre ce qu'il y avait de bon à prendre dans les enseignements d'Arkane. Mais je ne fais pas les mêmes erreurs que lui. Je ne forme pas Emily pour devenir un mage noir, je forme Emily pour qu'elle soit maître de son destin, maître de sa vie, de ses choix. Ce qui fera le plus gros du travail, c'est la vie elle même, et les erreurs qu'elle fera encore. Je peux juste lui donner les bonnes cartes. Je peux lui enseigner à devenir meilleure. Et l'entrainement à repris de nouveau, pas là où il s'était arrêté, mais à une étape supérieure, car pendant ces semaines, elle avait évolué de son côté. S'enlevant une contrainte des épaules.

14 mars

Après un échauffement avec les bokken et quelques sortilèges, je sens qu'Emily est prête pour passer à autre chose. Je retire mon t-shirt pour m'essuyer le front avec. Je le jette en boule dans un coin de la pièce.

« Alors, selon toi, je suis prête ? C’est James qui va être jaloux de mes nouveaux talents … »

Je lui lance un regard noir appuyé. Je me retiens de lui dire que je ne lui enseigne pas pour qu'elle rende jaloux ses amants. Je range les bâtons et mets un peu d'ordre dans la salle. Et alors qu'elle est pensive, j'attire son attention avec un coup de baguette. Les flammes bleues chatouillent mes doigts et captivent le regard d'Emily. Les flammes dansent dans ses yeux. Et quand les flammes meurent, elles révèlent mon tatouage sur mon avant-bras.

« Naudhiz ... »
"Le sens littéral de Naudhiz est “besoin”, ce qui signifie à la fois l’absence de quelque chose, ou la nécessité au sens large. Je pense que tu es prête. Tu as beaucoup travaillé sur toi même ces derniers temps, et c'était essentiel pour recevoir cet enseignement runique. Cette rune signifie que tu es libre d'une contrainte. Tu as traversé une épreuve, une crise. Tu étais en détresse avant cela. Et tu as finis par accepter l'épreuve. Tu lui as donné du sens. Naudhiz est une rune du progrès. C'est une rune d'évolution par l'épreuve. Tu as accepté ce que t'as dit Damian. Tu as accepté la mort de ta mère. Tu t'es libérée d'une contrainte. Le besoin de savoir, le besoin de réponse est une contrainte. Tu t'en es libéré en ayant compris qu'il se trouvait dans le besoin lui-même. Naudhiz symbolise le feu du sacrifice. Tu as compris qu'il y avait des crises, des changements de caps possibles, tout au long de ta vie. Et c'est cela qui nous permet d'évoluer."

J'agite de nouveau ma baguette et les flammes reprennent vie.

"L’adage qui s’applique le mieux à cette rune est "Connais toi toi-même". Alors Emily, est-ce que tu te connais ? Jusqu'à quel point tu te connais ?"

J'avance vers elle.

"Naudhiz doit être utilisée non pour lutter contre notre destin, et les épreuves qui y sont liées, mais pour effectuer un travail constructif, pour...avancer."

Elle se souvient ? Elle m'avait posé la question. Et aujourd'hui, elle en est là. Prête à recevoir sa première rune. Je continue droit sur elle et je lui place la flamme dans les mains. Elle s'éteint. La porte derrière nous s'ouvre. Et c'est Jaya qui entre, un bol à la main. Je lui souris et m'avance vers elle pour embrasser son front. Elle était là pour chacune de mes runes. Elle a participé à certains rituels. Elle m'a poudré la rune Thurisaz. Et aujourd'hui, je lui ai demandé de venir pour que je puisse, à mon tour, comme le faisait Arkane et mon père, tatouer ma première rune. C'est le premier enseignement que je donne, la première rune que je transmets, et c'était important pour moi qu'elle soit là aussi. Qui de mieux que Jaya peut symboliser Naudhiz ?

Je me mets à genou devant Raanee pour me recueillir un instant. Baissant la tête presque sur ses pieds. Pour l'honorer, pour la respecter. Je sais combien Emily l'a faite souffrir. Je sais de quoi l'a traité mon élève, les horreurs qu'elle a pu lui dire. Tout ceci était injuste, et je pense aujourd'hui qu'Emily peut comprendre. Si elle mérite Naudhiz, c'est qu'elle a compris combien Raanee n'est pour rien dans la mort de sa mère. J'espère qu'elle comprendra le message. Je me relève et Jaya mélange la poudre magique dans le bol, comme elle l'a appris.

"Jaya est là pour symboliser et marquer un apprentissage. Il faut savoir évoluer sans passivité, assumer les épreuves et les obstacles, tout en lâchant prise. Elle symbolise l'avenir que tu as entre tes mains. Elle pourrait savoir de quoi ton avenir est fait, mais il est de ton devoir de le découvrir seule. Tout comme ta mère l'a découvert. Tragiquement, mais c'était son histoire. A toi d'avancer maintenant. A toi de te mettre à genou devant ton destin."

Emily hésite un instant, mais devant mon regard confiant, elle se met à genoux devant Jaya. Je lui désigne l'épaule et Jaya dessine avec la poudre la forme géométrique qui représente deux morceaux de bois utilisés pour allumer un feu. Jaya se recule, je la remercie du regard. Puis je me tourne vers mon élève et avec ma baguette je trace sur le chemin de la poudre la rune. Le bout de ma baguette est comme un tisonnier incandescent. La rune se grave dans sa chair.

"Naudhiz, puisse le feu du sacrifice brûler toujours en toi."

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Pourquoi ne pas risquer sa vie si l'on n'y tient pas ?

Dimanche 14 mars 2021

Nous avions passé plus d’une heure à nous entraîner mais comme d’habitude, je ne voyais pas le temps passer ici. J’aimais ce que j’apprenais avec Rowan même si je ne lui dirai jamais combien je lui en étais reconnaissante. J’avais appris de moi-même les premiers temps, enseignant ensuite à James et Riley. Et puis j’avais rencontré Rowan et il était devenu mon mentor. Il avait une toute autre culture et ses réflexes m’avaient permis d’affronter un autre niveau. Pas de pitié, pas de douleur, on combattait.

Mais il aimait parler. Il était vraiment tout le contraire de ce que j’étais. J’aimais le sarcasme, il était toujours sérieux. J’aimais désobéir aux règles, il aimait les établir et les faire respecter. J’avais besoin du regard des autres pour exister, il était en paix avec lui-même.

Cependant, nous avions réussi à nous entendre. Malgré tout, je sentais que, quelque part, il m’appréciait. Et moi aussi. Je le respectais, chose qui ne m’était pas arrivée depuis bien longtemps. Seulement, je m’étais faite une raison : il me surpassait dans tous les domaines. Y compris dans celui des runes.

« Le sens littéral de Naudhiz est « besoin », ce qui signifie à la fois l’absence de quelque chose, ou la nécessité au sens large. » Je levais les yeux vers le mage qui pensait que chaque rune avait une signification spéciale. J’avais fait une blague, ça ne lui avait pas plu. Il était sérieux et je devais en faire autant.

Il me disait prête et m’expliquait pourquoi je recevais cette rune et pas une autre. « Tu as traversé une épreuve, une crise. Tu étais en détresse avant cela. Et tu as fini par accepter l’épreuve. Tu lui as donné du sens. » J’eus un mince sourire. Il voulait faire référence à Damian et au fait que j’avais accepté que ma mère était morte, et que je n’y pouvais rien, ni moi ni personne. Damian n’était pas responsable, je n’étais pas responsable.

« L’adage qui s’applique le mieux à cette rune est « Connais toi toi-même ». » Je pris une grande inspiration alors qu’il s’approchait de moi, me remémorant la fois où je lui avais posé la question :

« Mais alors qu’est-ce que je fais maintenant ?
- Maintenant, tu avances. »

Cela avait tellement de sens à présent. Rowan s’approcha encore un peu plus et la flamme qu’il avait dans sa main atterrit doucement dans les miennes. Je la regardais mais rapidement elle s’effaça. Une porte s’ouvrit et je vis Jaya arriver avec divers outils dans les mains. Je jetais un coup d’œil vers Rowan qui s’approcha d’elle pour l’embrasser.

Quand j’avais commencé mes entraînements avec lui, j’avais promis de laisser sa copine tranquille. Aussi, quand on se voyait, je faisais toujours un effort pour rester polie et répondre à ses questions même si c’était de moins en moins souvent. Elle s’était faite d’autres amis et elle avait vite compris qu’il y avait mieux que moi. Mais pour Rowan, je la respectais.

D’ailleurs, le voilà qui s’agenouillait devant Jaya. Devais-je faire de même ? J’hésitais mais je choisis finalement de rester droite pour les regarder faire. Et puis, la prophétesse commença à agiter quelque chose dans son bol. « Jaya est là pour symboliser et marquer un apprentissage. Il faut savoir évoluer, sans passivité, assumer les épreuves et les obstacles, tout en lâchant prise. Elle symbolise l’avenir que tu as entre tes mains. »

Je hochais la tête tout en essayant d’intégrer avec sérieux les informations qu’il me donnait. Oui, une fois elle avait lu mon avenir. Elle y avait vu des retrouvailles avec Damian ainsi que des cours avec Rowan. Ceci s’était réalisé. Il ne manquait qu’une chose : ma mise en danger lors d’une mission des Insurgés. Et même si de nombreuses personnes s’étaient bousculées pour connaître l’issue de la bataille du 16 mars, je ne l’avais pas fait. C’était à moi de découvrir seule de quoi mon avenir serait fait, comme le disait Rowan.

Il me demandait de me mettre à genoux. J’hésitais, regardant un instant Jaya puis Rowan, puis je fléchis mes genoux devant la prophétesse. Je maintenais mes poings serrés, comme appréhendant un peu. Je savais que ce n’était pas rien cette cérémonie et j’étais plutôt excitée de savoir ce que cela produirait en moi.

J’avais toujours testé diverses runes sur moi ou sur des objets sans jamais arriver à grand-chose. Mais là c’était sérieux, là c’était du concret. J’allais recevoir en moi le pouvoir d’une rune. De Naudhiz.

Les doigts de la jeune femme se mirent à dessiner des symboles sur mon épaule, là où ma rune apparaîtrait. Je fermais les yeux et inspirais un grand coup. Je sentis Jaya s’éloigner et puis une brûlure sur mon épaule. Je poussais un faible gémissement mais me retins de crier. « Naudhiz, puisse le feu du sacrifice brûler toujours en toi. » prononçait Rowan.

Je sentais ma chair brûler mais je sentais aussi une chaleur se propager dans tout mon corps. Je rouvris les yeux quand ce fut terminé et je vis Rowan et Jaya me regardaient, un air serein sur le visage, un sourire aux lèvres. Ouais, ça se voyait que c’était pas eux qui venait d’avoir leur épaule mutilée. Je tournais la tête vers celle-ci et vis les deux bâtons symbolisant Naudhiz.

A mon tour, j’eus un sourire et je retournais la tête vers mon mentor qui tendait une main vers moi. Sans hésiter, je la lui pris et me relevais, un regard fier et un sourire radieux. « Merci » leur dis-je en les regardant tour à tour. Qu’ils le notent bien, c’était la première fois et dernière fois que je disais ça avant longtemps !

Mais Rowan passait déjà à autre chose et m’enjoignait à utiliser le pouvoir de ma rune. Visiblement c’était un moment très important : le moment où je me servais pour la première fois de ma rune. J’approchais ma main de celle de mon mentor et me concentrais exactement comme il me l’intimait. Une forte chaleur réagissait de ma rune et inonda bientôt tout mon bras. C’était étrange, pas douloureux mais je n’avais ressenti rien de pareil.

Soudain une gerbe de flammes bleus apparut dans mes mains et mon sourire s’élargit. « J’y arrive ! » m’exclamais-je, assez étonnée mais fière.

Rowan m’entraîna encore une bonne partie de l’après-midi à maîtriser le pouvoir de ma rune. C’était important de faire corps avec elle, de la sentir en moi et de la contrôler. Elle nous apportait la sérénité et elle venait marquer un passage de ma vie. Je savais que c’était important pour lui, cette cérémonie, ce don qu’il m’avait fait. Et je lui en étais reconnaissante. Car je savais que cette bataille du 16 mars j’aurai une alliée de taille !

Codage par Libella sur Graphiorum

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« Alors, tu es tombée amoureuse ?
- Malheureusement, chère madame, je reste moi-même mon seul véritable amour.
- Au moins, tu ne risques pas d'être éconduite, Emily Evans.
- Pas forcément. Je m'envoie balader de temps en temps, histoire d'entretenir la flamme. »

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