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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Février 2022.
Profitez bien des nouveautés ! Le récapitulatif est ici !

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Did you follow, follow your fire?Jeudi 8 avril 2021

Cela faisait très exactement 69 jours, 1 heure et 22 minutes que mes fiançailles avec Adryan Avery avaient été annoncées publiquement. Je chérissais cette date car cela marquait un événement très important dans ma vie : j’allais devenir la femme de quelqu’un, et pas de n’importe qui ! Adryan avait la réputation d’être un coureur de jupon, mais à présent je devenais celle qui avait su marquer son cœur. C’était en quelque sorte une fierté.

Cependant, si j’allais bientôt devenir Mrs. Avery, la vie n’était pas encore vraiment celle que j’avais imaginé mener le jour où je serai fiancée. Il fallait dire qu’Adryan était un homme très actif, notamment au niveau de son travail. Il prenait les choses très à cœur, adorait le sport et ne ratait aucun de ses déplacements importants. Il restait évidemment rattaché à l’Angleterre, le pays qui l’avait vu grandir et celui qui accueillait encore son frère et sa sœur, aussi, je ne le voyais que peu souvent au final. Oh mais je lui faisais confiance. Et puis, il me disait que je lui manquais et qu’il donnerait tout pour rester chaque jour à mes côtés. Aussi, je me disais qu’un jour prochain, il finirait par se poser et accepter une mutation en Amérique dans un travail plus tranquille pour élever des enfants.

Mais, il y avait un autre homme dans ma vie. Et il comblait les absences d’Adryan. Oh n’allez pas croire qu’il se soit passé quoi que ce soit entre nous ! Je restais fidèle à mon fiancé et je voulais croire qu’on pouvait construire quelque chose ensemble, rien que pour rabattre le caquet de mon cher Aymen. Seulement, Wayde Lloyd était un acharné. Il continuait à croire qu’un jour ou l’autre j’ouvrirai les yeux sur le véritable Adryan Avery et que je déchanterai vite de cette vie de rêve que je m’imaginais. Il restait convaincu que j’étais la femme de sa vie. Vous me diriez qu’il parlait beaucoup, certes, mais il avait également ces gestes et ces petites attentions que mon fiancé n’avait pas, hélas.

Je restaurais son penthouse, aussi nous étions amenés à nous voir régulièrement. Il m’invitait au restaurant alors que je lui présentais des propositions de plans. Il arrivait qu’on fasse ensuite un léger détour pour aller voir un coucher de soleil ou encore pour visiter un lieu peu connu mais tout simplement magnifique. Parfois on restait chez lui. Je lui donnais des exemples de ce qu’on pourrait faire de telle pièce, lui présentant quelques échantillons. Il me faisait confiance et j’appréciais la manière dont il m’observait curieusement. Il me parlait rarement de son ancienne femme, du moins pas vraiment depuis fin janvier mais je savais qu’un jour ou l’autre le sujet reviendrait entre nous.

Une fois, les choses avaient manqué de déraper entre nous : on passait une agréable soirée. Je lui avais présenté les plans de sa future chambre.

Spoiler :
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On avait bu deux cocktails et on parlait encore de ce fameux bar où un Jukebox était toujours en état de marche. Wayde connaissait un nombre incalculable de vieilles chansons. C’était impressionnant car il arrivait qu’on ait les mêmes goûts pour certaines choses. Emporté par cette frénésie, il me proposa de danser sur Ben King et je me laissais tenter. Il me vola encore un ou deux baisers et machinalement nos corps se déplacèrent jusqu’à sa chambre. Je m’étais surprise ce soir-là à répondre à ses baisers, à apprécier ses mains chaudes et douces sur ma peau, son étreinte qui me laissait penser que j’étais la seule femme qu’il n’ait jamais autant désiré de cette manière. J’aimais ces sensations et soudain je me sentis coupable d’apprécier tout ça. Je devais épouser Adryan et non mener une vie de débauche. Aussi, alors que Wayde commençait à passer ses mains sous mon tee-shirt, je m’écartais un peu violemment de lui. Je relevais les yeux vers lui. « Je ne peux pas, Wayde … » Et je le contournais pour m’enfuir de chez lui.

C’était la dernière fois que je l’avais vu : le mardi 30 mars.

Ce soir, Adryan et moi étions convoqués à l’ouverture de la galerie d’art de Francesca Wilkinson. C’était merveilleux ce qu’elle exposait et j’étais très fière d’y être invitée. « Regarde-moi ça, c’est si transpirant des émotions de colère et de peine qu’elle a pu ressentir, tu ne trouves pas ? » je lançais occasionnellement à Adryan. Mais manifestement, le jeune homme n’avait pas le même goût que moi pour l’art. « Evidemment, sorti du Quidditch, tu perds toute notion de beauté … » ironisais-je, non sans un sourire moqueur.

Cependant, il me proposa d’aller rencontrer Francesca en personne. Ce serait une occasion en or et un rêve que j’aurai juré impossible autrefois. Mais pas quand vous alliez vous marier à Adryan Avery ! « Je t’aime, toi, tu sais ? » murmurais-je à son oreille avant de saluer la Sang-Pur dans les formes. Et elle était brillante. Elle avait tellement de bon sens, de lucidité sur le monde. J’enviais ses idées et la façon dont elle voyait le monde qui nous entourait. « Mrs. Wilkinson, j’espère tellement transmettre un jour ces valeurs à mes enfants ! » lui dis-je avec un grand sourire et un regard ému. « Oh, mais ce ne saurait tarder alors, si je comprends bien vos dernières fiançailles … » lança-t-elle avec un lourd sous-entendu, un petit rire à l’intention d’Adryan. Cependant, ce dernier, bien qu’avec un léger rire sur le début, fit remarquer que nous n’étions pas encore dans l’idée de fonder une famille.

Mon sourire resta légèrement coincé jusqu’à la fin de la discussion. Attendez, Adryan n’était pas prêt de fonder une famille ? Ca voulait dire quoi au juste ? Que si l’on se mariait, ce n’était pas pour faire des enfants ? Qu’il ne voulait pas être père ? Merlin, j’avais soudain l’impression de revivre une ancienne conversation avec Aymen seulement nous n’étions pas mariés et nous étions bien plus jeunes. Pourtant cette idée ne pouvait me sortir de la tête et je devais en avoir le cœur net. Aussi, j’attrapais le bras de mon fiancé, m’excusant auprès de ces dames, avant de l’attirer derrière un rideau où s’entassaient encore des vieux cadres. Le regard coquin du jeune homme apparut, mais je le coupais immédiatement dans son élan : « Dis-moi, j’ai rêvé tout à l’heure, ou bien tu as dit à Francesca, alias l’une des personnes que j’admire le plus en ce monde, que nous n’étions pas prêt à fonder une famille ? » Mon ton avait plus sec que prévu mais cela m’exaspérait plus que cela m’inquiétait.

« Et tu comptais m’informer quand, au juste ? Avant ou après la cérémonie du mariage ? » Adryan grimaça, comme vaguement ennuyé. Manifestement, il ne voulait pas parler de cela ici. « Judi, les choses sont allées vite entre nous. Et pas de problème là-dessus, on est fait pour être ensemble. Mais un enfant... ça va bouleverser notre vie. J'ai juste dit :"Pas tout de suite", c'est tout ! » J'ouvris la bouche en entendant son excuse on-ne-peut-plus stupide, mais le laissais tout de même poursuivre. « On a un mariage à organiser, chaque chose en son temps. Et la conversation n'était jamais venue sur la table... » Je me mordis la joue intérieure en entendant cette dernière phrase. « Pardon ? Excuse-moi mais es-tu sincèrement en train de sous-entendre que PARCE QUE on n'a pas parlé de la venue d'un bébé que ce n'est pas un projet immédiat ? Et ta demande en mariage alors ? On en a jamais parlé pourtant c'est arrivé comme ça, sans prévenir. »

« Un mariage et un bébé, ce n'est pas pareil. Une demande en mariage, c'est censé être une surprise, un bébé n'est pas censé être une surprise ! Je ne dis pas que je ne veux pas d'enfants, j'ai juste précisé que c'était pas pour demain. Ne fais pas une scène, bon sang ! » Mince, il avait raison. Je m'emportais un peu trop dans un endroit public. Je passais une main dans mes cheveux avant d'expirer profondément. Puis je m'approchais d'Adryan, remettant dans un geste distrait le col de sa veste en place. « On en a jamais parlé c'est vrai... » dis-je en employant un ton plus doux. « Mais j'ai vraiment envie de porter un enfant. Et pas seulement dans un an ou plus. » Je souris espérant le convaincre, car c’était mon vœu le plus cher, et en cet instant, j’avais seulement besoin d’être rassuré sur mon avenir. De me dire que je ne me rangeais pas dans un mariage avec un nouvel Avery pour être condamné à ne jamais être mère.

« Quoi t’as envie d’être engrossée dans ta robe de mariée ? Tu veux pas faire les choses dans l’ordre ? » « Je ... » J'inspirai profondément, tentant de maîtriser ma colère. Même si un rideau nous cachait du reste de la foule dans cette galerie d'art, on n'était pas censé se faire remarquer ainsi, surtout juste 2 mois après l'annonce des fiançailles ... « Je ne veux pas être ENGROSSEE, je veux juste nager dans le bonheur avec mon mari et mes enfants. » Le jeune homme me servit un sourire attendri. « OK. Tu as raison, on aurait dû en parler plus tôt mais ça ne change rien puisque moi aussi je veux une grande descendance ! »

Je levais les yeux au ciel alors qu’il se penchait pour parsemer mon cou de baisers. D’accord, il souhaitait contourner le problème de cette façon, sauf que sa réponse ne me rassurait pas du tout. Aussi, je décidais de reprendre doucement dans l’ordre : « Tu as raison, une demande en mariage c'est une surprise. Mais pour cela on doit parler des projets avant. » lui expliquais-je avant de reprendre sur un ton plus interrogateur : « Quels sont tes projets, Adryan au juste ? » Il me regarda et contourna une nouvelle fois la question et là où je voulais en venir surtout : « On est fiancé depuis quelques mois seulement, je ne voudrais pas que les gens pensent qu’on se marie juste parce que tu es tombée enceinte... »

Je portais les mains à mes hanches, l'interrogeant du regard par la même occasion et agacée qu’il m’évite de cette manière. « Pour ma part, je voulais trouver l'amour. Me marier et avoir des enfants, beaucoup d'enfants. Mais ça tu ne me l'as jamais demandé ... » Je haussais un sourcil en soupirant, lui faisant comprendre que je voulais parler. Seulement, l’idée ne plaisait pas à Mr. Avery qui recula et afficha une mine agacée. Il grimaça et leva alors les mains en l’air. « Merlin ce que tu peux être bornée ! »

Je secouais la tête en lâchant un rire nerveux. « Je ne suis pas "bornée", ce sont mes rêves, Adryan. » Je le regardais un instant dans les yeux avant d'ajouter : « Et visiblement, tu n'es pas prêt de les combler. »

Je décidais de le contourner et sortis de derrière le rideau. Il fallait que je prenne l'air un moment. Que je respire. Que je me rassure toute seule s’il le fallait. Je faisais le bon choix. Je faisais le bon choix. Je faisais le bon choix. Mais pourquoi fallait-il toujours que je me le répète pour en être certaine ? Pourquoi mon instinct me disait de fuir cette vie ? Pourquoi je me sentais revivre ses émotions qui m’avaient comprimé quand j’étais avec Aymen ?

J'attrapais mon manteau dans le hall d'entrée, remerciant distraitement le personnel et m'apprêtais à sortir quand mon épaule bouscula une personne. « Oh, je suis vraiment confuse. Je vous prie d'accepter mes excuses, je ne regardais pas ce que ... » Je levais les yeux et reconnus Wayde Lloyd. « ... je faisais. » Par tous les saints, que faisait-il là ? Et pourquoi fallait-il que je le croise ce soir-là, à cet instant précis ? Et pourtant, même si ce que nous avions vécu était ce soir gênant, je me sentais extrêmement rassurée de le savoir là. Comme si ce besoin d’être rassuré venait de s’envoler, rien qu’en croisant ses yeux bleus. « Vous ici ? Que venez-vous faire ? » Malgré moi, un sourire vint se nicher sur mes lèvres, heureuse de voir un visage qui, lui, redonnait vie à tous mes rêves.

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descriptionDid you follow, follow your fire? EmptyRe: Did you follow, follow your fire?

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Did you follow, follow your fire?
8 avril

Même au travail les collègues disent que je suis ailleurs. Judicaëlle est dans toutes mes préoccupations. J'ai eu l'occasion d'assister à un match de Quidditch, où Adryan se trouvait, j'ai failli aller lui parler quand je l'ai vu draguer ouvertement deux demoiselles dans une loge privée. Il se fout de Judicaëlle, il ne la respecte plus dès lors que les journalistes ne sont pas à l'affût. Il ne fait attention que quand ils sont là. Mais par respect pour elle, je n'ai rien fait, pourtant mes poings m'ont démangé toute la soirée.

Cette fille me hante et mon bonheur de fin de semaine, c'est quand elle vient faire le point sur l'avancée des travaux de mon penthouse. Parfois elle accepte une verre, ou un restaurant quand nos emplois du temps sont prenants. J'aime ces moments, cette fille est incroyablement intéressante, attirante. Je ne comprends pas ce qu'elle fait avec cet Avery. Parfois j'ai l'impression que c'est une revanche personnelle, mais je n'en dis rien. Elle me fait oublier ma femme. Aucune femme n'a réussi avant ça. C'est la première fois que je ne culpabilise pas de ressentir à nouveau des sentiments. Je n'ai plus l'impression de trahir la mère de mon fils. Judicaëlle me fait me sentir légitime pour une nouvelle relation, pour recommencer à zéro. Je la veux, mais la vie encore, m'offre une épreuve de taille. Elle est fiancée, au pire goujat de la planète, mais elle est aussi fidèle. Ce que je respecte chez elle. C'est une femme de caractère, droite dans ses convictions. Pourtant elle semble fragile, elle semble avoir souffert, et je voudrai pouvoir chasser tous ces démons. Tout comme j'aimerai évincer cet Adryan de sa vie. Comment lui ouvrir les yeux ?

Nos soirées sont carrément romantiques parfois, je sais que je lui plais. C'est le plus dur pour moi. Cela se voit à sa gestuelle, son regard. Merlin son regard. J'aimerai m'y perdre, toute une nuit ou toute une vie. Elle me désarme totalement, elle m’éblouit que j'en oublierai tout. Mes responsabilités, mes peines, mes deuils. Je sais qu'elle est faite pour moi. Son rire est comme un doux baume apaisant, ses mains sont comme un pansement, son regard est comme un remède contre tous mes maux. Et un sang-pur indigne est en train de me voler ce rêve. Il y a une bonne semaine, j'ai cru qu'elle succomberait. Mais sa droiture lui a fait reprendre ses esprits, et elle m'a repoussé. Pourtant, l'instant de quelques minutes j'y ai cru. Ses lèvres contre les miennes, mes mains sur son corps. C'était le meilleur moment de ma vie depuis des années, et d'un coup, son honnêteté que j'admire a tout stoppé. Et depuis, je n'ai pas de nouvelle. Ce qui m'inquiète. Elle ne m'a pas donné de nouvelle. Je réalise que sur le coup, c'est moi qui est été un goujat. Un briseur de ménage. Je l'ai poussé à tromper son fiancé. Je m'en veux. J'ai envoyé une carte d'excuse avec un bouquet, signifiant le pardon en langage des fleurs. Mais aucune réponse.

Ce soir je suis invité dans la galerie de Francesca Wilkinson. C'est une très bonne amie. Elle a été d'un grand soutient à la mort de ma femme et de mon fils. Dès qu'il y a une soirée de ce genre, elle m'invite, pour me sortir dit-elle. Elle souhaite que je rencontre d'autres femmes, elle tente parfois de me brancher. Je compte d'ailleurs lui parler de Judicaëlle, pas de manière "officieuse", mais plutôt professionnelle. Je pense que Francesca et elle pourrait travailler ensemble. Judicaëlle pourrait promouvoir ses tableaux lors de ses décorations d'appartement ou de maison. France pourrait lui faire de bons prix.

Je finis tard le travail et rejoins directement la galerie. Alors que je rentre, je percute une femme qui... n'est autre que Judicaëlle en personne. Mon cœur rate un battement, mais immédiatement, mon sourire s'élargit. Je vois qu'elle est préoccupée, elle semble bouleversée, mais elle affiche un petit sourire quand elle me reconnait.

"Il n'y a pas de mal, je n'ai rien sentis."

Je souris de plus belle.

« Vous ici ? Que venez-vous faire ? »
"Moi ici. Francesca est une amie. Je vais à tous ces vernissages ou exposition."

Je me penche à son oreille, le sourire charmeur.

"Je vous ai déjà dit que j'aimais les belles choses."

Puis je me remets face à elle avec mon air habituellement fasciné par cette femme.

"Mais vous partez déjà ? Nous aurions pu discuter autour d'un verre après l'exposition avec France ? Je comptais lui parler de vous justement, du merveilleux travail. J'ai apporté des photos de mon intérieur."

Je tapote mon costume où j'ai mis dans la poche intérieure les photos des débuts des travaux.

"Et vous auriez pu me conseiller un tableau ce soir, pour mettre au Penthouse ?"

Mais alors que je pose une main sur son bras pour l'inviter à revenir, j’aperçois la tête d'Adryan Avery qui se tourne dans tous les sens pour chercher Judicaëlle certainement. Et puis je percute. Elle était sur le point de franchir la porte, sans lui, sans l'attendre. Et il a l'air pressé de la retrouver. Elle avait l'air bouleversé, soucieuse. Que s'est-il passé ? L'a-t-elle vu bécoter une autre femme ? Je me penche vers elle.

"Vous êtes sûre que tout va bien Judicaëlle ? Vous voulez que je vous raccompagne ?"

Je jette un œil vers Adryan qui arrive à grand pas maintenant.

Codage par Libella sur Graphiorum

descriptionDid you follow, follow your fire? EmptyRe: Did you follow, follow your fire?

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Did you follow, follow your fire?Jeudi 8 avril 2021

L’Art. Quiconque m’ayant côtoyé plus d’un quart d’heure pourrait tirer une conclusion : « L’Art et Adryan Avery, ça fait deux ». Je peux affirmer sans rougir avoir du goût pour les belles choses. Mais il est indéniable que je ne possède pas une once de talent artistique. Sauf si les grandes instances décidaient soudainement que la séduction ou la persuasion soit un art. Mais ce n’est malheureusement pas près d’arriver.

Ai-je un intérêt pour l’Art ? Pas vraiment, mais je sais pertinemment que même si je n’y comprends rien, l’Art est un très bon investissement. Si mon appartement arbore quelques peintures et photographies, leur achat n’a été motivé que par leur valeur marchande. Je m’en tiens à ça.

C’est donc un comble de se retrouver fiancé à une jeune femme décoratrice, adoratrice de toute forme d’expression artistique. Si, lors de la phase de séduction, j’ai réussi à faire illusion en ressortant des phrases toutes formulées par le promoteur de mes achats, elle a aujourd’hui très bien compris que je n’y comprenais rien et qu’il ne servait à rien d’essayer d’échanger à ce sujet parce qu’on finissait toujours par se prendre le chou. « Ce n’est pas que de l’argent, Adryan ! Ce tableau a une histoire, une âme… » Mouais, je pense surtout que cette tâche de peinture est arrivée là par hasard et que les « experts » trouvent des intentions complètement tarabiscotées aux « artistes »…

Ce soir, nous avions été généreusement invité par le directeur de la galerie qui exposait les nouvelles création de Francesca Wilkinson. Je la connaissais un peu puisque je possédais déjà l’une de ses oeuvres dans mon appartement à Londres. Judi avait d’ailleurs trouvé injuste que je l’ai reléguée à égayer le couloir menant aux toilettes. C’était l’une des premières choses qu’elle avait déplacées chez moi. Trouvant qu’une telle beauté devait s’admirer de loin, elle trônait désormais dans le salon. La paix du ménage réside notamment dans ce genre de petits détails et attentions. Si ça pouvait suffire à la rendre heureuse, ce n’était pas cher payé.

Quand je lui avais annoncé que nous étions invités, elle était aux anges. Je n’y allais évidemment pas pour l’exposition, mais pour le réseau d’invités présents. Elle allait s’extasier devant les toiles pendant que j’essayerai de convaincre Daniel Trampster de devenir le sponsors officiel de mon dernier poulain. Ce dernier avait un faible pour les jolies blondes. Avec Judi à mon bras, il perdrait complètement la boule et signerait le premier contrat que je lui présenterai !

« Regarde-moi ça, c’est si transpirant des émotions de colère et de peine qu’elle a pu ressentir, tu ne trouves pas ? »

Je fronçai les sourcils et plissai les yeux pour tenter de voir de quoi elle pouvait parler. Pour moi, il n’y avait qu’une forme verte non identifiable qui transpirait de ce tableau… La colère n’était pas censée être rouge ? Et la peine, bleue ? Cela n’avait aucun sens.

« Evidemment, sorti du Quidditch, tu perds toute notion de beauté … »

Je lui répondis d’un sourire et l’attira vers moi.

« Le Quidditch… Et vous, chère Miss Greengrass ! »

Je déposai un baiser chaste sur ses lèvres et aperçu que Francesca était juste dernière nous. Je me redressai.

« J’ai quelqu’un à te présenter ! »

Elle suivit mon regard, ses yeux se mirent à pétiller et le rouge lui monta aux joues.

« Je t’aime, toi, tu sais ? »

Judi semblait boire ses paroles. Elle riait aux éclats et je soupçonnais qu’elle ait une crampe aux joues à force de sourire si fort.

« Mrs. Wilkinson, j’espère tellement transmettre un jour ces valeurs à mes enfants ! »

Je posai ma main sur sa hanche, parfaite image du couple fraîchement fiancé qui faisait des projets de famille.

« Oh, mais ce ne saurait tarder alors, si je comprends bien vos dernières fiançailles … »

J’eus un petit rire et haussai les épaules.

« Ouh, ce n’est pas pour tout de suite ! Nous avons encore beaucoup de choses à régler avant de pouvoir lancer le projet bébé… Je dois d’abord m’assurer qu’elle dise ‘oui’ devant l’autel ! »

Francesca rit à son tour et affirma que nous semblions parfaitement assortis et que je n’avais donc aucune crainte à avoir à ce sujet. Judi était soudainement fort taiseuse mais je la pensais impressionnée face à son idole. L’artiste fut appelée par son agent et pris congé. Judi en profita pour m’attirer dans un couloir de la galerie menant à la réserve, caché par un lourd rideau gris. C’était comme si elle avait lu dans mes pensées, je lui fis face, les yeux rieurs et 100% partant pour une petite sauterie en public ! Mais elle posa son doigt sur mes lèvres pour me repousser et je remarquai enfin son regard sombre et sa mine renfrognée. What !?

« Dis-moi, j’ai rêvé tout à l’heure, ou bien tu as dit à Francesca, alias l’une des personnes que j’admire le plus en ce monde, que nous n’étions pas prêt à fonder une famille ? »

Je la dévisageai sans comprendre. Quoi ? J’avais dit quoi ?

« Et tu comptais m’informer quand, au juste ? Avant ou après la cérémonie du mariage ? »

Je laissa ma tête tomber en arrière, en comprenant où elle voulait en venir. OK. Ma petite blague ne lui avait pas plu. Je lui pris la main et tentai de calmer le petit volcan qui venait de se réveiller. Je n’avais pas besoin d’une éruption. Pas ici. Pas maintenant.

« Judi, les choses sont allées vite entre nous. Et pas de problème là-dessus, on est fait pour être ensemble. Mais un enfant... ça va bouleverser notre vie. J'ai juste dit :"Pas tout de suite", c'est tout ! »

Elle tenta t’intervenir mais je repris.

« On a un mariage à organiser, chaque chose en son temps. Et la conversation n'était jamais venue sur la table... »

Mon argumentation me paraissait tout à fait raisonnée. Nous n’étions ensembles que depuis moins d’un an. Les fiançailles étaient déjà un peu précipitées pour certains, alors n’imaginons même pas l’annonce d’une grossesse ! Je voulais qu’on me prenne au sérieux ! Pas qu’on voit en moi un homme qui fonce tête baissée dans sa première relation quelque peu sérieuse. Une femme dans chaque port, OK. Un enfant dans chaque port, NO WAY. Ça vous détruit une réputation ça !

Mais visiblement, mon discours n’avait pas fait sensation de son côté. Elle semblait parfaitement outrée.

« Pardon ? Excuse-moi mais es-tu sincèrement en train de sous-entendre que PARCE QUE on n'a pas parlé de la venue d'un bébé que ce n'est pas un projet immédiat ? Et ta demande en mariage alors ? On en a jamais parlé pourtant c'est arrivé comme ça, sans prévenir. »

Elle était sérieuse ?! Elle me reprochait ma demande en fiançailles ?! Qu’étaient devenu les « C’est le plus beau jour de ma vie… blablabla ! » C’était quoi son problème ? Quel était le rush ? Elle était dans la fleur de l’âge, elle avait toute la vie pour être mère !

« Un mariage et un bébé, ce n'est pas pareil. Une demande en mariage, c'est censé être une surprise, un bébé n'est pas censé être une surprise ! Je ne dis pas que je ne veux pas d'enfants, j'ai juste précisé que c'était pas pour demain. Ne fais pas une scène, bon sang ! »

Elle réalisa soudainement où l’on était et qu’elle avait peut-être levé un peu trop le ton. Je sortis brièvement ma baguette pour lancer un insurdio et ne pas attirer l’attention. Elle ne profita pour se calmer, lisser les plis de sa robe et redresser mon col de chemise qui s’était un peu laissé aller. Lui aussi…

« On en a jamais parlé c'est vrai... » Sa voix avait repris son air doux, ça me soulagea. « Mais j'ai vraiment envie de porter un enfant. Et pas seulement dans un an ou plus. »

Un an ?! Un an !! Je ne me voyais vraiment pas, vraiment pas être père dans un an. J’étais prêt à me marier dans un an. Et puis, on emménagerait ensemble, plutôt du côté anglais du globe, si on me demandait mon avis, et puis… On envisagerait d’arrêter la contraception… Dès qu’on est ok pour tout le reste ! On ferait les choses dans l’ordre. C’est comme ça que ça se faisait !

« Quoi t’as envie d’être engrossée dans ta robe de mariée ? Tu veux pas faire les choses dans l’ordre ? »

« Je… Je ne veux pas être ENGROSSEE, je veux juste nager dans le bonheur avec mon mari et mes enfants. »

« OK. Tu as raison, on aurait dû en parler plus tôt mais ça ne change rien puisque moi aussi je veux une grande descendance ! »


Je lançai une tentative d’apaisement en l’embrassant dans le cou, mais elle ne semblait vraiment pas réceptive. Merlin et on me demande pourquoi je ne m’étais jamais engagé dans une relation avant ? Voici la réponse, mesdames et messieurs, les FEMMES !

« Tu as raison, une demande en mariage c'est une surprise. Mais pour cela on doit parler des projets avant. »

Elle marquait un point. Ceci dit, faire des projets, c’étaient vraiment pas mon fort. Je vivais au jour le jour, suivant mes pulsions, mon instinct. J’aimais les surprises, les imprévus, vivre avec Adryan Avery c’était fuir la routine, un monde où tout était possible !

« Quels sont tes projets, Adryan au juste ? » Je grimaçai et contournai sa question. Je n’avais pas de projet.

« On est fiancé depuis quelques mois seulement, je ne voudrais pas que les gens pensent qu’on se marie juste parce que tu es tombée enceinte... »


Mon esquive n’eut pas l’effet escompté. Elle revint à la charge mais cette fois, elle était accusatrice et me reprochait même un manque… d’attention ? D’écoute ?

« Pour ma part, je voulais trouver l'amour. Me marier et avoir des enfants, beaucoup d'enfants. Mais ça, tu ne me l'as jamais demandé ... »

Je perdis patience. Il y avait beaucoup de choses que l’on pouvait me reprocher. Ma certaine immaturité, mon manque de stabilité, ma façon de ne rien prendre au sérieux, mon goût pour les femmes… Mais là, elle sous-entendait que je ne m’étais jamais intéressé à ses rêves, à ses désirs. Comme si je n’avais jamais été qu’un égoïste dans cette relation ? Je serrai les poings puis levai les mains en signe de reddition.

« Merlin ce que tu peux être bornée ! »

« Je ne suis pas "bornée", ce sont mes rêves, Adryan. Et visiblement, tu n'es pas prêt de les combler.
»

Fière de son petit effet, elle me contourna et fila vers la sortie. Il me fallut un instant pour réaliser qu’elle s’était vraiment barrée en me laissant sur place. Je poussai un grognement rageur et donnait un coup de pied dans un établi qui se renversa sous le choc, faisant tomber une montagne de cadre en bois dans un fracas monstre. Presque immédiatement, un employé de l’accueil apparut et me dévisagea avec surprise. Je serrai les dents et un sourire figé vint se nicher sur mon visage rougit par la colère.

« J’ai trébuché. »

Celui-ci m’assura qu’il n’y avait pas de problème et qu’il se chargeait du rangement. J’hochai la tête et réapparu dans l’allée principale. Quelques regards s’étaient tournés vers moi alors que je scannai l’assemblée des yeux pour repérer Judi.

Enfin, je la vis. Dans l’encablure de la porte d’entrée, en… charmante compagnie. D’où sortait ce mec ? Ils avaient l’air étrangement familier. Il se tenait bien trop prêt d’elle. Je me faufilai à travers la foule et les rejoignis en quelques pas.

J’arrivai à afficher mon sourire poli au dernier moment et tendis la main à l’inconnu. J'allais expédier ces présentations et cet homme qui regardait ma fiancée avec un peu trop d'intensité.

« Adryan Avery. Merci d’avoir réussi à retenir ma chère et tendre. Elle est si pressée qu’elle partirait sans moi ! Rien ne peut arrêter une femme qui a faim. »

Clin d’oeil entendu. Je jetai un regard à ma montre.

« Mais tu as raison, nous avons déjà du retard. Felipe ne retiendra pas notre réservation indéfiniment. »

Je n’avais pas vraiment réservé de table chez Lombardi’s, l’Italien le plus réputé de Little Italy, mais le chef était un ami, il nous trouvait toujours un coin même en débarquant à l’improviste. J’attrapai mon veston et posa la main sur la hanche de Judi qui était étrangement immobile et silencieuse. Bon. On y allait ou quoi ?

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Did you follow, follow your fire?Jeudi 8 avril 2021

Wayde avait ce sourire qui pouvait faire chavirer n’importe quelle femme le voyant ici. D’ailleurs, n’importe quelle femme n’hésiterait pas un seul instant pour fuir avec lui sans hésiter une seconde surement. Il se pencha à mon oreille, me murmurant : « Je vous ai déjà dit que j’aimais les belles choses. » J’aurai pu en frissonner tellement il disait ça avec un lourd double-sens. Je ne savais pas si je devais me sentir flattée d’être aussi désirable, ou honteuse de susciter autant de convoitise alors que j’étais fiancée.

« Mais vous partez déjà ? » J’eus un sourire crispé. « Oui, je … » Mais l’homme ne semblait pas prêt à me laisser partir de cette façon. « Nous aurions pu discuter autour d’un verre après l’exposition avec France ? » En vérité, je voulais surtout aller prendre un bon bol d’air mais rien qu’à l’idée qu’Adryan se retrouve face à Wayde ne me disait rien qu’y vaille. « Je comptais lui parler de vous justement, du merveilleux travail. J’ai apporté des photos de mon intérieur. »

Je relevais les yeux vers lui et eus un instant d’hésitation. J’avais pu discuter avec Francesca grâce à Adryan et sa réputation, mais là Wayde comptait attester de mes travaux auprès de cette femme. Et que je lui conseille un tableau ? En l’observant, je me rendais compte que cet homme était vraiment tout le contraire de mon fiancé.

Il posa une main sur mon bras, comme pour m’inciter à venir avec lui. Mais je secouais la tête, ne sachant comment lui expliquer la situation. « Je … Peut-être une autre fois, Wayde ? » Ce serait mieux ainsi. Seulement, le jeune Lloyd fronça les sourcils et après un coup d’œil derrière moi s’assura que tout allait bien. Je tournais à mon tour la tête en arrière et vis Adryan, le regard noir, se diriger droit vers nous. « Vous devriez partir Wayde, je … »

Mais Adryan était déjà là : le sourire de face, la posture de l’homme possessif et commençant à faire les présentations. « Merci d’avoir réussi à retenir ma chère et tendre. Elle est si pressée qu’elle partirait sans moi ! Rien ne peut arrêter une femme qui a faim. » Je fus tentée de jeter un regard en colère à mon fiancé, mais ce n’était pas des choses qui se faisaient dans notre milieu. J’eus un sourire en réponse aux mots d’Adryan, bien que je n’avais aucune envie d’aller dîner en sa compagnie.

Cependant, il avait déjà attrapé son veston et prêt à lever le camp dès que j’aurai salué Wayde. Ce serait terminé … « Peut-être pouvons-nous attendre quelques minutes ? » Oui, je me ravisais. Je tournais la tête vers Adryan, un grand sourire aux lèvres. « Wayde est l’un de mes clients. Tu sais, les plans du Penthouse que tu as trouvés dans mon bureau l’autre jour. »

Je tournais ma tête vers l’autre jeune homme qui nous observait, un air dubitatif sur le visage. « Je serai ravie de vous conseiller l’une des peintures ornant ces murs. Francesca est également une connaissance d’Adryan qui, même si l’art le rend incrédule, sait admirer les grands artistes. » Je voyais que la situation ne plaisait absolument pas à mon fiancé, elle enchantait plutôt bien Wayde. Ce dernier me devançait déjà, m’invitant à le suivre. Seulement, Adryan m’attrapa le bras, d’une force un peu trop brutale. « Si les enfants ne sont pas au goût du jour très cher, laisse-moi m’épanouir dans mon travail. » répliquais-je à voix basse.

Il relâcha bien vite mon bras, nous étions dans un lieu public. Cependant, à voir son regard, je savais qu’il n’appréciait pas du tout la façon dont je lui tenais tête ce soir.

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Did you follow, follow your fire?
8 avril

Alors c'est donc lui, le fameux Adryan Avery. Je l'avais déjà croisé me semble-t-il, mais à présent j'ai un tout autre regard sur lui. Il est fiancé à la femme que je convoite. A la femme dont mes sentiments ne sont pas du tout clair, ni objectif. Elle me plait atrocement et je fulmine intérieurement de la savoir avec lui. Il a l'air... sournois. Rien d'un homme qu'il lui faut. Je redoute que le mariage soit prononcé, je redoute de la perdre. Je ne supporte pas qu'il se l’approprie ainsi. Elle mérite mieux, si tenté que je puisse lui offrir mieux, mais j'ai la fierté de le croire. Quand on parle tous les deux, j'ai la sensation qu'on est sur la même longueur d'onde. J'ai l'impression qu'il y a un truc. Mais sa classe, sa courtoisie, sa fidélité fait qu'elle a le couteau sous la gorge à présent, et qu'elle ne sait pas comment se détacher de ce rôle qu'elle s'est infligée à ses côtés.

Il me sourit, et je vois bien dans sa poigne de main qu'il me fait passer un message. Et j'y réponds solidement à mon tour. Je le fixe dans les yeux, sans quitter son regard. Est-ce que ça ressemble à un combat de scroutt ? Évidemment. Mais c'est le minimum que nous pouvons faire. Adryan ne sait pas qui je suis, ni la relation que j’entretiens avec sa fiancée, mais clairement, il connait les signaux d'un mâle rival. Il a au moins ça pour lui.

"Wayde Lloyd. Effectivement, elle avait l'air plutôt pressée..."

Tout comme lui visiblement, il regarde sa montre avec intérêt. Comment peut-on être aux noises des heures qui s'égrainent quand on est aux côtés de cette femme ? Peut importe si on rate un diner, elle surpasse tous les meilleurs plats de cette planète. Je regarde le geste qui la rapproche de lui par la hanche. Judicaëlle sourit poliment aux propos d'Avery. Est-il seulement sincère ce sourire ? Pourquoi partait-elle en courant ? Je me doute bien que cette excuse trouvée, et une excuse polie pour les regards en société. Pas d’esclandres, de disputes en publique je connais la chanson.

« Peut-être pouvons-nous attendre quelques minutes ? »
Son sourire est de suite plus radieux ? Est-ce pour moi ? Est-ce pour provoquer Adryan ? Que s'est-il passé entre eux ? Est-ce mon jour de change ? Une aubaine pour tenter de me montrer sur un excellent jour, alors que lui, visiblement a besoin de se faire racheter ?
"Effectivement, peut-être que Felipe peut être conciliant sur les horaires ? Je demandais conseils à votre fiancée. Elle est douée dans ce domaine et ses idées me sont précieuses, mais vous n'êtes pas sans savoir..."
Je souris à mon tour.
« Wayde est l’un de mes clients. Tu sais, les plans du Penthouse que tu as trouvés dans mon bureau l’autre jour. »

Je regarde Judicaëlle qui tourne sa tête vers moi et lui sourit en hochant la tête, pour affirmer ses propos. Alors Adryan sait que je suis un client ? La partie va se jouer serrée s'il sait qu'elle passe beaucoup de temps avec moi, chez moi. Je regarde alors avec attention la réaction du sélectionneur de Quidditch. Va-t-il se griller ? Je suis perplexe. Et Judicaëlle insiste en plus.

« Je serai ravie de vous conseiller l’une des peintures ornant ces murs. Francesca est également une connaissance d’Adryan qui, même si l’art le rend incrédule, sait admirer les grands artistes. »

Adryan me surprend. Alors que je m'avance pour inviter la jeune femme à me suive, il exprime son accord. Il joue le gentleman qui comprend. Même si son regard laisse transparaitre une haine profonde à mon encore, s'avouer vaincu est difficile, il tente le tout pour le tout pour paraitre attentionné et compréhensif. Judicaëlle se radoucit et semble presque éprouver du remord. Hors de question de rater le coche.

"C'est tout à votre honneur que repousser le moment de combler votre estomac. Merci de me prêter les talents de votre fiancée. Je saurai en être reconnaissant. Je vous la ramènerai en un seul morceau."

Je lui tends de nouveau ma main. La poigne est encore plus serrée. Et nos sourires sont crispés et de façade. Je sais que je risque d'avoir des représailles. Maintenant qu'il sait qui je suis, et où j'habite, s'il a vraiment vu les plans du Penthouse. Alors autant profiter de la soirée avec Judicaëlle. Nous prenons congés. Et alors qu'on rentre dans la galerie, je sens soudaine la jeune femme moins à l'aise. Et je sens naitre en moi de la culpabilité.

"Je suis désolé Judicaëlle, si vous souhaitez revenir sur votre parole, je comprendrai. Si vous voulez rejoindre votre fiancé, je pourrai trouver conseils plus tard. C'est votre soirée après tout. Vous n'êtes pas au travail... je peux comprendre que je vous gâche ce moment. J'y trouvais là une occasion, mais je ne savais pas que vous y seriez, encore moins accompagnée. C'est égoïste de ma part de vous monopoliser. Je comptais dans tous les cas parler de vous à France. Et je pourrai lui demander de m'ouvrir sa galerie privée afin de vous montrer ses toiles pour mon Penthouse ultérieurement ?"

Je pose ma main sous son coude.

"Sentez vous libre."

La culpabilité laisse place à de la déception Je serai horriblement déçu si elle me plantait là. Même si mon acte d’appropriation était presque irrespectueux. Comment puis-je être ravi de séparer un ménage ? Mais elle me plait tellement. Reste Judicaëlle... Ne rejoins pas cet homme, choisi moi. C'est tout ce que je peux avoir de toi, du temps. Alors que je voudrai tellement plus. Comme ses lèvres rebondies que je regarde pour capter sa réponse. Reste...

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Did you follow, follow your fire?Jeudi 8 avril 2021

« Peut-être pouvons-nous attendre quelques minutes ? »

J’eu un regard surpris pour ma fiancée. Pardon ? Elle fonçait dehors à l’instant, j’avais été forcé d’inventer une parfaite excuse pour justifier cela et voilà qu’elle changeait brusquement d’avis ? Quelle mouche l’avait donc piquée ? Etait-ce en lien avec ce Wayde Lloyd… ? Je serrai les dents, jaugeant cet inconnu du regard. Ouais, pas dégueu dans le style cow-boy texan en peu trop bronzé au regard de cocker. Mais clairement pas assez dans le pantalon pour se frotter à la Greengrass. Je n’avais visiblement aucune raison de le craindre mais Judi rentrait dans un jeu qui ne me plaisait pas. Etait-ce la provocation vis à vis de mes dernières paroles ? Elle était en colère, et elle voulait me le faire payer.

« Wayde est l’un de mes clients. Tu sais, les plans du Penthouse que tu as trouvés dans mon bureau l’autre jour. »

Mmmh… C’était donc lui, le client. Celui qu’elle voyait régulièrement, seule chez lui. Ok, sur papier, je n’avais rien à craindre mais dans les faits, Judi était souvent seule, à cause de mon boulot. Et c’était facile de perdre pied quand l’être aimé nous manquait. J’étais bien placé pour le savoir.

« Je serai ravie de vous conseiller l’une des peintures ornant ces murs. Francesca est également une connaissance d’Adryan qui, même si l’art le rend incrédule, sait admirer les grands artistes. »

J’encaissai la petite pique que Judi m’envoya sans broncher mais elle venait de déclencher quelque chose dont elle n’avait pas encore compris l’ampleur. Je la connaissais. Je la connaissais mieux que personne. Je savais exactement ce qui la faisait chavirer, je savais ce qui la faisait fuir, je l’avais cernée et elle n’avait plus aucun secret pour moi. Je connaissais ses faiblesses et j’étais prêt à les utiliser pour obtenir ce que je voulais. Comme je le faisais toujours.

Elle s’apprêtait à suivre l’inconnu et je la rattrapais par le bras, un peu plus brusquement que je ne l’avais prévu.

« Si les enfants ne sont pas au goût du jour très cher, laisse-moi m’épanouir dans mon travail. »

Je glissai mes doigts le long de son bras nu et lui offris un sourire attendri puis me baissai vers son oreille.

« Je ne veux pas t’empêcher de faire quoi que ce soit, Judi. Je voulais juste qu’on en parle. Cette querelle n’a pas sens, nous voulons la même chose. Je t’aime, je ne veux que ton bonheur. »

Je me redressai et sentit que mes paroles avaient fait mouche même si elle ne voulait pas ciller. Lloyd était toujours à nos côtés, accroché à ma fiancée comme une moule à la coque d’un bateau.

« Aucun problème, ma chérie. Tu sais bien que Felipe t’adore, il serait capable d’ouvrir au milieu de la nuit si ton estomac criait famine. »

Je tendis le manteau de Judi à une hôtesse qui s’occupait de l’entrée pour qu’elle puisse le remettre au vestiaire.

« Je vous laisse entre connaisseurs, je vais… faire un tour. »

Mon regard croisa celui de Judi. Elle pouvait y lire une pointe de tristesse, de regrets et peut-être même une remise en question. Je voulais qu’elle sache que notre désaccord m’avait touché et que j’allais y réfléchir.

« C'est tout à votre honneur que repousser le moment de combler votre estomac. Merci de me prêter les talents de votre fiancée. Je saurai en être reconnaissant. Je vous la ramènerai en un seul morceau. »

Je dus me retenir de lever les yeux au ciel. Comme si je n’étais dirigé que par mon estomac. Quelle blague, nous étions partis pour passer toute la soirée ici. Ce gars était complètement à côté de la plaque.

« Oh, je ne m’inquiète pas le moindre du monde. Ma fiancée n’a jamais eu besoin d’une quelconque protection masculine pour rester ‘en un seul morceau’. »

J’eus un rire taquin, que Lloyd suivit poliment pour donner le change. JE la connaissais. C’était MA fiancée. Il n’était personne pour elle. Il fallait qu’il le réalise d’une manière ou d’une autre.

Je lui serrai la main, fermement, sourire figé. Espérant que cette rencontre ne se reproduise pas de sitôt. Je me baissai vers Judi et lui déposa un baiser sur la tempe. Chaste, affectueux.

« A plus tard » Lui glissai-je dans un souffle.

Puis, je partis sans un regard.

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Did you follow, follow your fire?Jeudi 8 avril 2021

Les quelques personnes qui avaient tourné les yeux vers nous détournèrent bien vite le regard. Ces personnes savaient qu’il était mal de se dévisager entre nous, de plus, il n’y avait plus de raison de se regarder. Wayde et Adryan semblaient ranger peu à peu leurs gros bras et se radoucirent. Oh bien sûr, je pouvais sentir mon client jubiler au contraire de mon fiancé qui semblait hésiter sur la marche à suivre. Ce serait assez inconvenant de me priver d’un moment comme celui-ci. Après tout, c’était mon travail.

« Je ne veux pas t’empêcher de faire quoi que ce soit, Judi. » Ses premiers mots me surprirent. Soudainement, son regard s’était radouci et la pression sur mon bras était moins forte, comme tendre. Alors, il comprenait ? Il comprenait que moi aussi j’avais besoin d’un lieu pour m’épanouir. « Je voulais juste qu’on en parle. » poursuivait-il. « Cette querelle n’a pas de sens, nous voulons la même chose. Je t’aime, je ne veux que ton bonheur. »

Malgré moi, je me radoucis. D’une manière ou d’une autre, il s’excusait à demi-mot. Et il m’aimait. La conversation était la clé dans une relation, j’en étais convaincue, et il voulait qu’on parle. Il n’était pas fermé. Que j’étais bête de réagir aussi vivement à ses paroles ! J’aurai pourtant du comprendre qu’il ne voulait pas parler de ce genre de choses dans un pareil lieu.

Il reprit mon manteau dans un geste attentionné et le donna à l’une des secrétaires d’accueil. « Je vous laisse entre connaisseurs, je vais … faire un tour. » Etait-il… était-il vraiment triste ? Oh mince, j’étais en train de détruire ma relation. Mais je … je ne pouvais pas faire marche arrière ? Wayde m’attendait et … Adryan avait peut-être besoin de temps pour réfléchir ? Mais je réalisais qu’il était plus que touché par notre dispute et moi je m’en allais avec un autre.

« C’est tout à votre honneur que repousser le moment de combler votre estomac. » contait Wayde alors que je gardais mes yeux rivés sur Adryan, hésitante. « Merci de me prêter les talents de votre fiancée. Je saurai en être reconnaissant. Je vous la ramènerai en un seul morceau. » Je tournais la tête vers le jeune Lloyd qui tendait une poignée de main à nouveau vers mon fiancé. « Oh, je ne m’inquiète pas le moindre du monde. Ma fiancée n’a jamais eu besoin d’une quelconque protection masculine pour rester « en un seul morceau ». »

Les deux hommes eurent un petit rire, crispés, avant qu’Adryan n’accepte de lui serrer la main. J’eus un sourire gêné à mon tour, nerveuse à l’idée d’abandonner mon fiancé pour un client. Le truc c’était sans doute que Wayde était plus qu’un client à mes yeux. Mais là était tout le problème. J’avais permis au jeune homme d’être beaucoup plus qu’une relation professionnelle et j’étais attachée autant à l’un qu’à l’autre. C’était sans doute horrible de penser cela alors qu’Adryan semblait profondément blessé par la situation.

Ce dernier se pencha vers moi et déposa un frêle baiser sur ma tempe. J’eus un sourire désolé et ma main frôla son bras alors qu’il faisait demi-tour. Je le regardais partir avec une pointe de regrets et de culpabilité.

Je poussais un faible soupir mais consentis à accompagner Wayde dans la galerie. « Je suis désolée Judicaëlle. » Je relevais les yeux vers l’homme qui semblait lui aussi avoir une once de remord face à la situation. « Ne vous inquiétez pas, Mr. Lloyd. Je sais que ce n’est pas une heure pour travailler mais, je tiens à ce que votre Penthouse, et donc mon travail, soit parfait. » lui assurais-je.

« C’est égoïste de ma part de vous monopoliser. » « Non, laissez-moi vous assurer que tout va très bien. » Oh par Merlin, pourquoi fallait-il que ces deux hommes me fassent me sentir si nerveuse ? Mais il insistait, et il proposait de se revoir plus tard pour en rediscuter. « Sentez vous libre. » Il était tellement serviable, tellement attentionné. Et sa main sur ma peau, et ses yeux qui ne reflétaient que de la bonté.

« Je vous suis reconnaissante pour l’attention que vous me portez. » dis-je avec un sourire poli. « Mais, profitons de cette occasion pour choisir une peinture. Seulement, si vous le voulez bien, je ne pourrais pas rester longtemps. J’ai une discussion à terminer avec mon fiancé. » Je pouvais m’accorder quelques instants pour réfléchir et rejoindre plus tard Adryan, non ?

« J’avais par ailleurs trouvé cette peinture ici, venez voir. » Je l’intimais à me suivre, d’une manière un peu plus enjouée. Je ne devais pas me sentir coupable. Enfin si, je me sentais coupable mais je devais laisser du temps au temps. Et puis, avec Wayde, ce serait sans doute rapide ? Il avait sans aucun doute d’autres femmes à voir, n’est-ce pas ? « Cela représente une ferme dans une campagne du Minesota. » lui expliquais-je devant une peinture qui me semblait plus que réaliste.

L’artiste vint alors nous trouver et engagea la conversation sur sa façon d’avoir repeint cette œuvre d’art. Elle expliquait son choix des couleurs et je confirmais le fait qu’elle ait volontairement laissé de côté les êtres vivants. Ce paysage paraissait tellement paisible, cosy. Elle voulait nous montrer d’autres œuvres mais celles-ci étaient plus abstraites. M’excusant poliment, nous prîmes congé de l’artiste qui était de suite interpellé par d’autres clients potentiels.

« Et … par ici … j’ai trouvé très intéressant le point de vue de cet artiste. » Je l’attrapais machinalement par le bras pour zigzaguer entre les personnes présentes jusqu’à l’amener devant le portrait d’un bébé. L’objectif avait été posé sur le sol et montrait l’enfant tentant de faire ses premiers pas. « Cette photographie est magnifique. » dis-je en resserrant mes bras, en proie à ces pensées qui me rappelaient ma dispute avec Adryan.

Si je ne le rejoignais pas tout de suite, j’allais certainement briser mon couple. Et ce serait moi la responsable. Je ne pouvais pas faire cela. Ce n’était pas moi. Je devrais plutôt être en train de le rattraper pour me faire pardonner.

« Malgré tout … » repris-je d’une voix un peu étouffée. « … les couleurs de la ferme s’allieraient parfaitement avec le nouveau design de votre cuisine. » Je relevais les yeux vers lui, mais je ne pouvais cacher mon air triste.

« Wayde, je … je suis désolée, mais je dois y aller. Je dois aller le retrouver. » Je haussais mes épaules. Il avait déjà bien du s'écouler une grosse demi-heure et je ne pouvais pas me permettre de faire attendre plus longtemps Adryan. « C’est mon fiancé. » tentais-je de me justifier.

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Did you follow, follow your fire?
8 avril

Sentez-vous libre, j'ai vraiment dit ça ? Alors que tout ce que je veux, c'est qu'elle soit avec moi. Évidemment que je veux qu'elle me choisisse, plutôt que cet homme d'affaire, qui étale ses conquêtes comme ses nouvelles recrues au Quidditch. Oui je me suis un peu renseigné sur l'énergumène. On le voit beaucoup dans la presse people. Il s'entoure de beaucoup de personne, aime les mondanités, c'est normal pour son travail. Mais il est très occupé. Délaisse-t-il Judicaëlle ? Il a de l'argent, il a un nom de famille. Il a un certain charme, mais il est aussi connu pour être peu sérieux dans ses relations. Aucune amie officielle, aucune demande en mariage, et il a quel âge ? 29 ans ? Même son cadet a été fiancé, et avec Judicaëlle en plus. N'est-ce pas malsain ? De faire cela à son frère ? Jamais il me viendrait à l'esprit d'entretenir une relation avec les ex-compagnes de mes frères s'ils venaient à se séparer, rien que par respect de la famille. Ce n'est pas un homme pour elle.

Je sens une pointe de regret dans son choix de ce soir. C'est troublant et douloureux de savoir qu'elle est sans doute à contre cœur avec moi, même si elle affirme que tout va très bien. Je devrai être ravi qu'elle soit là avec moi, plutôt que chez Felipe avec lui, mais, je n'arrive pas à me contenter de cela. Je la veux que pour moi, pleinement avec moi, pas que son corps soit ici, et son cœur ailleurs. Hélas, je ne peux me contenter de mieux. Elle n'est là que pour la peinture.

Je la suis dans la galerie, je suis ailleurs alors qu'on converse avec l'artiste. Je ne fais qu'admirer cette belle blonde, que je désire plus que tout. Pourquoi s'aveugle-t-elle ? Notre relation est ambiguë, elle n'est pas claire avec moi, je sens qu'il en faut peu pour qu'elle tombe dans mes bras. Mais sa droiture fait qu'elle ne veut pas abandonner son fiancé. Elle lui reste fidèle, alors que mes lèvres l'ont déjà comblé. Je deviens une sorte d'amant, alors que je ne suis pas comme cela. Je n'ai jamais brisé un mariage, je n'ai jamais trompé personne. Je ne me plais pas dans ce genre de relation, mais je suis sûr d'une chose, cette femme est faite pour moi. J'ignore comment, j'ignore quand, mais elle finira avec moi. Malgré ce mariage, j'en ai l'intuition. Jamais après ma femme je n'ai désiré autant, ce n'est pas une coïncidence, je crois au destin, et elle est faite pour moi.

Nous partageons trop de valeurs communes, le même amour pour certaines choses de la vie. Clairement Adryan ne m'arrive pas à la cheville. Je serai présent, je veux des enfants. Je veux rentrer chaque soir me lover dans ses bras. Entendre rire nos enfants, les voir courir dans la maison. Adryan est encore à adorer les paillettes et les stades de Quidditch plein à craquer. Moi je rêve de parties de lancer de gnomes dans le jardin, de Wizard Ball. Je veux leur apprendre à nager, à faire du balai. Je veux la voir changer de décoration notre maison chaque nouveau printemps, l'entendre rire dans mes bras devant un film ou au restaurant. Je veux sentir la fraicheur de son parfum dans mes draps. Ses cheveux blond chatouiller ma nuque en me réveillant. Je veux fantasmer sur ses jambes nues qui ne sont pas cachées par son peignoir, alors que l'on prend notre petit déjeuner. Je veux l'embrasser, comme si c'était la première fois, chaque matin avant de partir pour le MACUSA. Et rentrer chaque soir en la voyant danser dans le salon tout en réfléchissant et travaillant sur un nouveau projet.

Je soupire doucement devant le tableau du bébé qui s'essaye à marcher. Je vois dans ses yeux de la nostalgie. Elle serait une si belle maman. "Elle est magnifique, et vous l'êtes tout autant." Je souris, mais je sens qu'elle n'est déjà plus là. Elle pense à lui n'est-ce pas ? « Malgré tout … » répond t-elle d’une voix un peu étouffée « … les couleurs de la ferme s’allieraient parfaitement avec le nouveau design de votre cuisine. » Et voilà, elle parle de nouveau travail.

Mais j'ai envie de lui dire que je suis là. Je suis réel, je ne suis pas un simple client. Je suis celui qui la courtise, celui qui la veut. Qui souhaite l'aimer plus que tout. Je veux la faire réagir, qu'elle comprenne combien elle est importante pour moi. Ses yeux tristes me font de la peine. Judicaëlle, je suis là, je suis là pour vous... regardez moi. J'ai envie de la kidnapper, de lui faire passer une nuit de rêve, une nuit qu'elle mérite. Adryan se trompe sur toute la ligne, elle a besoin de quelqu'un qui la protège. Bien sûr qu'elle est forte, bien sur qu'elle se veut indépendante. Mais au fond, elle désire être aimée, idolâtrée, choyée, défendue, cajolée. Même les gens forts ont besoin d'une épaule large pour se reposer. Et je veux être cette épaule. Et ça y est, elle m'échappe de nouveau...

« Wayde, je … je suis désolée, mais je dois y aller. Je dois aller le retrouver. C’est mon fiancé. »
"Venez par ici."

Je m'assure que personne ne nous voit, et j'entre dans une pièce, une réserve pas vraiment grande, et il n'y a que des vieilles toiles, et même un chariot de ménage. Mais au moins il n'y a personne, je referme la porte, personne ne nous a vu.

"Je dois vous avouez que cela me peine, de vous voir ainsi. Pourquoi êtes vous sortie précipitamment tout à l'heure ? Est-ce vraiment la faim ? Une dispute ?"

Je caresse tendrement son visage et relève doucement son menton.

"Personne ne devrait vous traiter de la sorte. Je n'y arrive pas Judicaëlle, je n'arrive pas à vous oubliez, à vous voir comme ma simple décoratrice d'intérieur. Je veux plus, je vous veux tout entière."

Mon autre main vient accompagner la première et je rapproche son visage du mien, pour l'embrasser tendrement. Sur le moment, je la sens s'abandonner, me rendre le baiser qui se fait plus fiévreux, mais rapidement son visage se crispe, ses mains appuient sur mes avant bras pour me faire lâcher. Et quand je la relâche, une claque siffle sur ma joue. Je suis surpris et me recule. Une main sur ma joue, qui chauffe et pulse, je la regarde. Suis-je allé trop loin ?

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Did you follow, follow your fire?Jeudi 8 avril 2021

Wayde n’avait jamais eu honte de me complimenter. Il n’avait non plus jamais eu honte de me parler de ses rêves et de me confier qu’il voulait que je devienne la femme de sa vie. Oui, il avait toujours été sincère et vrai. Il savait ce qu’il voulait et à cet instant, c’était moi. J’avais d’abord cru, les premiers temps, que c’était un caprice d’enfant gâté. Il voulait, il exigeait quelque chose et quand il l’aurait utilisé, il le jetterait. Mais j’étais forcée de reconnaître que depuis que je le fréquentais, Wayde n’était pas l’homme que je croyais.

Son cœur était pur, blessé et meurtri par la douleur de perdre un enfant et une femme, mais il me donnait l’impression de voir le monde comme je le voyais. Mon cœur battait la chamade quand il était près de moi, et quand il touchait mon bras ou que son épaule frôlait la mienne, c’était comme ces fameux papillons dans le ventre. Ce n’était jamais une corvée d’aller travailler chez lui, il me laissait carte blanche et me comprenait comme si nous ne connaissions depuis toujours.

Il me faisait sentir unique. Il me faisait sentir bien merveilleuse. Il me faisait sentir heureuse.

« Venez par ici. » me demanda-t-il soudainement alors que je venais de lui avouer que je devais partir. Devais-je le suivre ? Tant que personne ne nous regardait, c’était peut-être l’occasion. L’occasion d’être sincère, l’occasion qu’il arrête de m’attendre.

Il referma la porte et d’un ton triste, il tourna la tête vers moi : « Je dois vous avouer que cela me peine, de vous voir ainsi. » Je frottais mon bras et pinçais les lèvres. Je ne pouvais rien lui cacher. « Pourquoi êtes-vous sortie précipitamment tout à l’heure ? Est-ce vraiment la faim ? Une dispute ? » Mes yeux brillèrent doucement en croisant les siens. « Vous savez mieux que quiconque, que dans ce monde, nous devons cacher notre douleur. » Il le savait. Il le savait très bien.

Je baissais la tête, refoulant les larmes qui menaçaient de monter. Je ne devais pas pleurer. Je ne devais pas pleurer. Cela gâcherait mon maquillage et je ne pouvais pas faire cela à Wayde. « C’était une dispute, oui. Mais combien de couples se disputent et sont encore toujours ensemble ?! Cela ne signifie rien … » Je sentis sa main s’approcher de mon visage et relever doucement mon menton.

« Personne ne devrait vous traiter de la sorte. » répondit-il. Je penchais la tête sur le côté, avec un sourire triste, et posai une main sur la sienne. « Je vais bien, Wayde, je vous le promets. » C’était juste que tant que je n’aurai pas réglé ce problème avec Adryan, je sentirai toujours ce nœud me nouait l’estomac. Partirait-il un jour ? Je voulais bien le croire car j’étais fiancée à Adryan et cela jusqu’au mariage qui durera jusqu’à la fin de ma vie. Tout cela ne rimait à rien.

« Je n’y arrive pas Judicaëlle, je n’arrive pas à vous oublier, à vous voir comme ma simple décoratrice d’intérieur. Je veux plus, je vous veux tout entière. » J’ouvris la bouche mais quoi répondre à cela ? C’était une belle déclaration et mon côté romantique frissonnait à ces mots. Aussi, quand il approcha son visage près du mien, puis qu’il déposa ses lèvres contre les miennes, je ne pouvais me résoudre à le repousser.

Au contraire, je ressentais comme une nouvelle décharge électrique dans tout mon corps. Son baiser était tendre, mais moi aussi j’en voulais plus. Je le voulais, lui, cet homme. Mon corps tout entier souhaitait se fondre en lui et oublier le monde qui nous entourait. Je voulais rien que quelques instants sentir ses bras m’entourer, son regard me couver et ses lèvres frôler chaque parcelle de ma peau. Je le voulais tout entier.

Did you follow, follow your fire? 6XUQ

Mais je devais revenir à la réalité. J’étais Judicaëlle Greengrass, fiancée à Adryan Avery. J’étais une Sang-Pure et je devais respecter les conventions. Et ce que j’étais en train de faire était mal. Je ne pouvais pas, je ne voulais pas. A contre-cœur au départ, je voulus me reculer mais ses lèvres appelaient encore les miennes.

Lui aussi jouait avec mon désir, il savait que je ne pouvais résister et je commettais une grosse erreur. Il me condamnait à faire ceci dans le dos de mon fiancé. J’appuyais sur ses bras qui entouraient mes joues et je ne laissais pas plus de temps à l’homme pour réagir. La gifle fusa directement sur sa joue.

Je reculais, instaurant une distance de sécurité entre nous, rencontrant un chariot de ménage derrière moi. Mon cœur battait toujours la chamade et mes joues étaient rouges de ce baiser qui me retournait encore. Mais la colère arrivait et je le pointais du doigt : « Vous … vous devez m’oublier. Vous devez cesser de m’amadouer avec vos peintures, et votre Penthouse, et vos belles manières, et vos baisers si doux et si merveilleux. »

Je respirais fort et j’avais conscience de dire ce qui me passait par la tête. Ce n’était pas digne d’une Greengrass. Je repassais ma robe sur le devant en secouant la tête. « Tout doit s’arrêter. Maintenant. Je suis fiancée Wayde. » Je levais les yeux vers lui, mon regard était dur et tout désir qui m’habitait encore quelques secondes auparavant était envolé. « Vous n’avez pas le droit de jouer avec moi comme vous le faites. Je ne veux pas continuer à tromper Adryan, je veux … être une femme droite et exemplaire. Et je veux l’épouser. »

Le jeune homme était abasourdi par mes paroles. J’imaginais que c’était un coup dur. J’avais toujours éludé le problème, repoussant gentiment ses avances et ses baisers trop pressants. Mais cette fois-ci, je devais y mettre un terme, car cela pourrait bien ruiner mon mariage. Je devais arrêter mes erreurs et rectifier le tir.

« Je vous en prie, Wayde, ayez la bonté de me laisser vivre ma vie. » dis-je en passant un doigt sous mes yeux, enlevant le maquillage qui aurait coulé. La main sur la poignée, je me retournais vers le jeune homme une dernière fois : « Je vous souhaite de trouver le bonheur. Sincèrement. » Je baissais la tête : « Je vous enverrai par hibou les derniers plans de votre Penthouse et vous terminerez votre bureau avec mes ouvriers. »

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descriptionDid you follow, follow your fire? EmptyRe: Did you follow, follow your fire?

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Did you follow, follow your fire?
8 avril

Mon cœur tambourine, et j'ai bien compris que j'avais dépassé les bornes. Seulement, sentir ses lèvres chaudes contre les miennes, c'est ce qu'il y a de plus agréable au monde. Je l'ai senti me rendre ce baiser. Je l'ai senti apprécier ce moment. Je lui plais. Elle me plait, alors pourquoi n'est-ce pas possible entre nous ?

La voir reculer contre ce chariot, comme si elle avait peur de moi est plus douloureux que la gifle cinglante qu'elle m'a donné. Ses joues sont rouges, mais pas de colère, je le sais, elles le sont de désir. Elle a aimé cet instant. Elle a aimé que je ne vois qu'elle, que je l'embrasse comme la personne importante à mes yeux. Mais malgré cela, elle reculer, elle me repousse. Elle pointe son doigt sur moi, comme pour m'accuser.

« Vous … vous devez m’oublier. »
"Mais je ne peux pas vous oublier..."
« Vous devez cesser de m’amadouer avec vos peintures, et votre Penthouse, et vos belles manières, et vos baisers si doux et si merveilleux.  »
"Je ne peux pas cesser de faire ce que j'apprécie. Vos doux baisers si merveilleux aussi... Pourquoi refuser ce plaisir ? Cette passion entre nous, elle est possible, il vous suffit seulement de..."
« Tout doit s’arrêter. Maintenant. Je suis fiancée Wayde. »
"Il n'est pas trop tard... vous pouvez dire stop, et me dire oui."
« Vous n’avez pas le droit de jouer avec moi comme vous le faites. Je ne veux pas continuer à tromper Adryan, je veux ...»
"... moi je vous veux..."
« … être une femme droite et exemplaire.  »
"Vous l'êtes, c'est ce que j'aime aussi chez vous..."
« Et je veux l’épouser. »
"En êtes-vous sûre ? Vous pouvez annuler. Je vous rendrai heureuse."

Même si j'essaye de garder la face, ma voix se brise par moment. Je tremble. Ce qu'elle dit m'est insupportable. J'ai beau donné l'impression que je suis quelqu'un qui ne se brise pas facilement, là, aujourd'hui, elle me fait mal. Elle connait mes peines, les douleurs, les souffrances que je me trimbale. Elle est rentrée dans la chambre de mon fils. Je lui ai confié le soin de la transformer, d'effacer les derniers souvenirs de mon enfant. Je l'ai fais parce que j'ai confiance en elle, confiance en mes sentiments pour elle. Je ne peux pas la laisser filer comme cela. Elle est trop importante à mes yeux. Elle connait mes sentiments. Elle les connait depuis les premiers jours. Dès cette soirée chez les Résurgents, en août dernier, elle savait qu'elle m'avait tapé dans l’œil.

"Je ne vous ai jamais caché le fait que vous me plaisiez. Vous le savais depuis le premier jour."
« Je vous en prie, Wayde, ayez la bonté de me laisser vivre ma vie. »
"Je vous ai toujours fait la cour. Je vous ai toujours "amadoué" depuis le début. Mais ce n'était pas un jeu Judicaëlle. Je ne me joue pas de vous. Je suis sincère, et cela depuis près de huit mois. "
« Je vous souhaite de trouver le bonheur. Sincèrement. »

Mon moral s'abat tout d'un coup.

"Le bonheur c'est vous."

« Je vous enverrai par hibou les derniers plans de votre Penthouse et vous terminerez votre bureau avec mes ouvriers. »
"Vous ne m'avez même pas laissé une chance. Vous avez toujours apprécié ma présence. Depuis le début vous saviez mes intentions, et vous veniez au Penthouse, vous m'avez laissé croire des choses. Je sais quelle femme vous êtes. Vous l'avez dit : droite et exemplaire. Alors pourquoi, pourquoi cette relation avec moi, si ce n'est que vous avez des sentiments pour moi aussi... sinon, vous n'en seriez pas arrivé là. Vous me désirez autant que je vous désire. N'allez pas le rejoindre, restez avec moi."

Je tends une main vers elle, mais elle se recule un peu plus.

« Je l'aime. »

BOUM. Trois petits mots d'une puissance terrible. J'ouvre ma bouche pour répondre. Mais aucun mot n'en sort. Je la regarde, fronçant mes sourcils. Un mélange de fierté et de désarroi s'abat sur moi. Entre ne pas dire que cela me touche, et que cela n'est pas grave. Je baisse ma tête, serrant ma mâchoire, avalant ma salive, comme si j'avalais mon amour pour elle.

"Pardonnez moi."

Je m'écarte d'un pas, j'ouvre la porte et lui fais signe de main en la regardant.

"Allez donc rejoindre le prince charmant qui se dispute avec vous lors d'une délicieuse soirée où vous devriez être la reine. Je donnerai vos travaux à France. Vous aurez le chèque demain matin sur votre bureau. Merci pour vos services. Bonne soirée chez Felipe."

Et finalement, je n'attends pas qu'elle sorte la première, je sors d'abord, lui laissant le temps de se ressaisir. Il ne la mérite pas.

Codage par Libella sur Graphiorum

descriptionDid you follow, follow your fire? EmptyRe: Did you follow, follow your fire?

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Did you follow, follow your fire?Jeudi 8 avril 2021

J’avais fait le bon choix. Il trouvait réponse à tout, à toutes mes phrases. Comme si notre amour était écrit dans les étoiles. Comme s’il n’y avait rien de plus simple. Ses mots sortaient naturellement, comme s’il n’avait pas besoin de chercher les mots qui me feraient chavirer.

J’avais fait le bon choix. Petite, j’avais rêvé du prince charmant. Celui qui me conterait des mots doux au creux de l’oreille, qui me réciterait que je suis belle et que j’en vaux la peine. Celui qui n’oserait pas prendre ma main en public et qui se battrait pour moi. Celui qui ne laisserait aucun homme s’approcher car j’étais entièrement et totalement réservée à cet homme. Celui qui me ferait sentir unique, qui m’aiderait à réaliser mes rêves et qui serait le père de mes enfants.

J’avais fait le bon choix. Et ce même si les paroles de Wayde me fendaient le cœur. Pourquoi fallait-il se quitter ? Pourquoi fallait-il que ce soit si dur, si douloureux, si atroce ? Oui, je connaissais ses intentions depuis le début et je les avais appréciées. Merlin que je les avais appréciées. A la fin, ces mots trébuchaient l’un sur l’autre comme … comme si je l’avais sincèrement blessé. Etais-je réellement en train d’attrister deux hommes ce soir ?

« Alors pourquoi, pourquoi cette relation avec moi, si ce n’est que vous avez des sentiments pour moi aussi … sinon, vous n’en seriez pas arrivé là. Vous me désirez autant que je vous désire. N’allez pas le rejoindre, restez avec moi. »

J’avais fait le bon choix.

« Je l’aime. »

J’avais fait le bon choix. Je ne ressentais rien en prononçant ces mots, pas un petit frisson rien qu’à l’idée de les prononcer à voix haute, pas un battement de cœur raté, ni de papillon dans le ventre. Rien. Je ne les avais jamais dit à Adryan. Mais, si on était fiancé, c’était forcément que je l’aimais, non ?

« Pardonnez-moi. » Wayde était sous le choc et je comprenais en cet instant que j’avais trouvé là sa faiblesse.

J’avais fait le bon choix. Il fallait que je parte au plus vite sinon je n’arriverai jamais à m’en convaincre totalement. Ses mots étaient si durs, si froids. Je l’avais blessé. C’était ma faute. Mais il me rendait ma liberté. Il sortit le premier, me laissant le temps de reprendre mon masque de société. Quelques personnes m’observèrent mais je les saluais poliment, prétextant que mon fiancé m’attendait. Car c’était le cas. Il m’attendait. Et je devais y aller.

J’avais fait le bon choix. Mais pourquoi est-ce que je n’arrêtais pas de me répéter ? Pourquoi je pressentais que j’allais regretter cette lourde décision ?

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descriptionDid you follow, follow your fire? EmptyRe: Did you follow, follow your fire?

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