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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Décembre 2021.

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L'obscurité suspend tout. Il n'y a rien qui puisse, dans l'obscurité, devenir vrai.
Ma rupture avec Will a été plus dure que je ne l'aurai cru. Je peux la comparer à une descende aux enfers bien lente. Je n'aurai jamais cru qu'à m'acharner à vivre du côté des No-Maj je tombe sur un sorcier et commence à entretenir une relation avec lui. Maintenant que je sais tout, tout s'emboite dans ma tête, tous les moments étranges que j'ai passé avec lui où je n'avais pas de réponse, ou d'autres restaient vagues. J'en ai passé des heures à pleurer, dans les toilettes de l'université pour ne pas à avoir à le faire à la maison devant ma sœur. Devant elle je ne me laisse pas abattre, c'est ce que je souhaite lui montrer. Sourire, toujours sourire. Je l'ai retrouvé et elle a pu me raconter tout ce qui s'est passé. Elle a rencontré quelqu'un, c'est lui qui l'a aidé lors de l'attaque, je crois qu'elle l'aime bien, mais il n'a rien tenté et elle se demande si elle lui plait vraiment. Je passe mon temps à la rassurer, à écouter ses histoires, je me concentre sur elle, sur ces besoins, pour ne pas à avoir à répondre aux questions et à me préoccuper de ma vie.

Depuis des mois, j'étouffe ma magie au plus profond de moi. Je passe encore plus de temps du côté No-Maj, mes amis d'université sortent pas mal, et je les suis, je m'invite une vie, une biographie différente de la vérité. Je mens à mes amis, à moi même. Je sens les changements en moi, profond, je sens que j'arrive à bout de ce que j'ai toujours souhaité, inhiber totalement ma magie. La prochaine étape sera d'oublier qui je suis. Un sort d'oubliette ? Je passe aussi beaucoup de temps à la salle d'entrainement, faire de la boxe, jusqu'à bout de souffle m'aide à ma canaliser. J'oublie tout quand je cogne contre un sac de frappe à m'en faire mal aux mains. J'oublie que j'ai commencé à aimer un sorcier, j'oublie Will et tout ce qu'il aurait pu m'apporter. Je m'imagine qu'il aurait pu me nuire, tout compromettre. Pourtant j'ai vu combien il était blessé quand je l'ai quitté, c'était là dans ces yeux, c'est le dernier détails que je veux effacer de ma mémoire, son regard déçu.

Alors que je sors de la salle, je décide de rentrer à pied plutôt que prendre un bus ou le métro. Ce qui laissera le temps à ma sœur de fermer et ranger la boutique sans que je ressente l'essence de la magie. Je coupe par des ruelles que je connais par cœur. Au bout d'un bon quart d'heure de marche, alors que je tourne dans une zone désaffectée, j'entends du bruit. On dirait que des gens se battent. Souvent c'est des toxicomanes, mais là, je ne sais pas, ça me pousse à aller voir. Quand j'arrive sur place, je comprends très vite que ce sont des sorciers. Il y a du sang, on dirait que l'un deux est un vampire, du moins, les dents et les griffes y font penser, l'autre porte un masque étrange sur le visage. Il a l'air de torturer le vampire, il a une sorte de seringue à la main. Je marche sur un morceau de verre en reculant pour m'enfuir et le vampire se tourne vers moi. Me hurle de fuir. L'homme masqué se tourne vers moi aussi et brandit sa baguette dans ma direction. J'en ai marre, de la magie, de ce monde, des injustices. Plus je fuis les sorciers, plus ils me rattrapent. Je sens quelque chose monter en moi, une puissance noire qui semble faire bouillir mon sang. Mes yeux se voilent, mes mains tremblent et j'ai l'impression de me désintégrer de l'intérieur. Mon esprit vrille totalement, j'ai l'impression que mon corps n'est plus que fumée.

Quand je me réveille, allongée sur le sol bétonné, je vois le vampire penché sur moi. J'ai d'abord peur, mais il me dit que tout va bien. Il me remercie avant de transplaner. Je me redresse, complètement perdue, et je vois une cape et un masque au sol. Toutes les vitres des bâtiments ont explosé et des morceaux d'usine ont fini de s'effondrer au sol. Est-ce que c'est moi qui est fait ça ? J'ai des morceaux de verre plantés un peu partout sur moi, je suis couverte de taches de sang. Et quand je me relève enfin, j'entends des bruits de transplanage. Plusieurs sorciers arrivent et me pointent de leur baguette. Rapidement on me passe des liens magiques et on me fait transplaner.

Je les entends parler, ils disent que je suis un Obscurial. Que j'ai tué un sorcier. Ils me jettent dans une de leur prison magique sans ménagement. Je comprends que je suis au MACUSA. On m'interroge, mais je ne peux rien dire. Ils disent que je suis une candidate pour la Silver Line. Alors que je panique dans un coin de ma cellule, un rouquin vient se poster devant les barreaux. Il dit s’appeler Marcus Davies et être le directeur du département de la justice magique.

"Il faudrait répondre aux questions. On pourrait éviter la peine de mort."
"Pourquoi le Directeur en personne se déplace à mon chevet pour me dire ça ? On dit que... que j'ai tué cet homme..."
"Parce que je peux vous éviter la peine de mort."
"Pourquoi vous feriez cela ?"
"Il n'est pas question de moi pour l'instant. Il est question de vous. Qui êtes vous ? Connaissez-vous ce monde ? Que s'est-il passé ?"

Je secoue la tête et ramène mes genoux contre ma poitrine. Mon Dieu, il faut que je puisse prévenir Jaëlle, dans quelle embrouille je me suis mise, depuis le temps qu'elle me dit que c'est dangereux, qu'elle essaye de me raisonner. Et maintenant, j'ai tué un sorcier. Je ne voulais pas, je ne sais même pas comment j'ai fait ça, je ne comprends rien.

"Bien sûr que je connais ce monde. Je sais que je suis au MACUSA, dans les Jails."
"Et qui êtes vous ? J'ai fais des recherches, vous vous faites passer pour une No-Maj, vous étudiez à l’Université Cornell, section vétérinaire."

Mes yeux s'écarquillent en gros. Je m'assois au bord du lit.

"Comment vous savez ça ?"

Il me montre ma carte étudiante. Bien sûr, je l'avais sur moi quand je me suis, quand j'ai... peu importe.

"Que s'est-il passé pour déclencher l'Obscural ? Vous savez qu'il faudra que quelques petits sorts pour remonter votre histoire. Nous sommes déjà sur le point de trouver où vous habitez."

Je me relève jusqu'aux barreaux pour observer l'homme de plus près. Il me dit vaguement quelque chose, comme s'il me rappelait quelqu'un...

"Il s'est passé que quand j'ai tourné dans la rue des usines, y'avait un gars masqué qui s'en prenait à... je sais pas, je crois que c'était un vampire. Et après je ne sais pas... je me suis réveillée, et il n'y avait plus que la cape et le masque au sol, et vos hommes sont arrivés."
"Et vous n'avez pas eu peur du vampire ?"
"Un gars qui se cache derrière un masque, c'est plus flippant qu'un vampire si vous voulez mon avis. Le vampire semblait, en danger... Qui était cet homme masqué..."

Je crois percevoir un maigre sourire sur ses lèvres juste avant qu'il me réponde. Je fronce mes sourcils/

"Un Purificateur. Bon et bien, je vous laisse vous reposer, je reviendrai vous parler. Il faudra que j'en sache un peu plus. Je ne donne pas grâce à n'importe qui. Dans tous les cas, si vous sortez d'ici, je ne peux pas vous laisser dans la nature. Il va falloir faire quelque chose pour l'Obscurus en vous."

Quand il part. Je suis envahie de peur. Je viens me remettre sur le lit. Est-ce que j'ai vraiment une entité magique parasite en moi ? Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ? Dire ? Comment je vais sortir de là sans risquer de mettre Jaëlle en danger ? J'ai vraiment tué cet homme ? Vont-ils vraiment me laisser sortir d'ici ? Et si c'est le cas, le MACUSA sera au courant, il va falloir encore qu'on déménage, mais toute notre vie est ici, sa boutique...

Codage par Libella sur Graphiorum

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Naëlle Sharp

« Je vais découvrir un autre chemin, et il va falloir que tu sois mon guide dans cette obscurité. Elle pourrait nous entrainer tous les deux. »
 

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L'obscurité suspend tout.
Il n'y a rien qui puisse, dans l'obscurité, devenir vrai.
Naëlle Sharp & Will Davies

ça a été le bordel, sérieux. Super cool, certes, mais un bordel sans nom ! Mon pays natal n'est pas plus organisé que nous en fait. Mais en tout cas, on leur a foutu une belle trempe aux Résurgents, et j'espère bien qu'un jour on pourra en faire de même aux Etas-Unis. Et là... tout est retombé. J'suis allé emmerder Amélia, évidemment, mais j'crois que j'lui tape sur le système. Elle dit que je suis chiant et fatigant. Faut dire que j'ai toujours envie de sortir, de bouger. Et ouais, d'accord, j'ai peut-être un peu exagéré sur la boisson ces derniers temps, mais ça a été... nul quoi. Alors ouais, peut-être que j'ai un peu du mal à digérer que Naëlle m'ait lourdé, même si ça fait plusieurs mois. Et puis il y a eu le tournoi, les stages, les Insurgés, ça fait beaucoup de pression, alors j'avais besoin de relâcher parfois. Et de tenir sans dormir. Heureusement, la griffe de dragon ne m'a jamais lâché, elle. Même si ça m'a valu quelques prises de bec avec mon oncle.

D'ailleurs, c'est lui qui vient me déranger pendant ma sieste de... par tous les scrouts mais quelle heure est-il ?

« Sérieusement William ?
- Pourquoi tu parles si fort ? »


Il me fout une tape à l'arrière du crâne alors que j'émerge et il pose un café fumant devant mon nez. Et là, sérieux, l'odeur est hyper agressive. Je fais la grimace mais Marcus ne l'entend pas de cette oreille.

« Bois !  On a un problème et je crois que ça pourrait t'intéresser. »

Si encore on n'avait qu'un seul problème. On nage dedans. J'avale son café dégueulasse en me passant une main dans ma tignasse.

« Il y a une potentielle Insurgée dans les prisons et en bonne position pour la Silver Line.
- Depuis quand tu te bats pour les « potentielles » ?
- Depuis qu'il y a un obscurus dans l'histoire. »


Je lève un sourcil. Pauvre fille, j'en ai jamais rencontré, d'Obscurial, mais de ce que les livres racontent, c'est pas génial. Souvent ce sont des gosses élevés par des No-Majs, qui n'ont aucune idée qu'il existe un monde pour eux.

« Ton département condamnerait une enfant ?
- Qui a dit que c'était une enfant ?
- Obscurus ?
- C'est une fille d'à peu près ton âge. Je sais, c'est... Je n'ai pas souvenir d'un tel cas. Personne ne survit aussi longtemps. Mais il y a autre chose de bizarre. »


J'ai comme un mauvais pressentiment là...

« Tu m'as déjà interrogé sur le lieu où elle vit. »

Et là, il me tend une carte. MERLIN ! Cette photo, ce prénom, ces études... Naëlle ?! C'est Naëlle qui a été arrêtée ? Mais...

« Pourquoi elle a été arrêtée exactement ? Pourquoi est-ce qu'elle risque la Silver Line ? Qui est au courant que...
- William calme-toi ! »
, m'intime-t-il en se redresssant à son tour – je ne me suis même pas rendu compte que j'ai bondi d'un coup – et en posant ses mains sur mes épaules. « Pour l'instant, seuls des hommes de confiance sont au courant. Elle a tué un sorcier qui s'en prenait à une créature. Et elle l'a tué à cause d'un Obscurus. Alors je crois que toi aussi, tu as des choses à me dire si tu veux qu'on la sorte de là. »

J'crois que ça fait direct retomber tous les effets de l'alcool et de la griffe de dragon. Je savais qu'elle avait peur de la magie, qu'elle s'en tenait loin mais avec sa sœur, avec la métamorphomagie, je pensais qu'elle avait tout ce même... merlin...

« Elle s'appelle Naëlle. C'est sa sœur qui tient la boutique dont je t'ai parlé la dernière fois. Ce sont pas des criminelles, Marcus, j'te le jure. Naëlle... Elle a peur de la magie, elle veut s'en tenir loin. Elle ne la pratique pas et... Tu crois que ça peut être ça qui a déclenché l'Obscurus ? Je peux aller la voir ? »

Marcus réfléchit un instant, mais il n'est pas du genre à laisser quelqu'un dans le couloir de la Silver Line. J'écris rapidement un message pour Jaëlle et j'envoie Archimède le lui porter le plus vite possible. Et moi je transplane avec mon oncle.

Je me précipite vers la cellule. Merlin... ça fait des mois que je ne l'ai pas vue et la voilà dans une cellule...

« Naëlle. Ecoute, je sais que tu ne voulais plus me voir, mais il faut que tu m'écoutes et que tu me fasses confiance. Les charges sont lourdes, mais on peut te faire sortir. »

Marcus, planté derrière moi, toussote. Ouais, ouais, ça va, je sais, je sais.

« Mais il faut absolument que tu acceptes notre aide pour traiter l'obscurial. Naëlle, je te jure que c'est hyper important. Tu as vu ce qu'il t'a fait faire ? Il va te détruire. Tu pourrais faire du mal aux gens. S'il te plait, Naëlle, ne fuis pas cette fois, accepte l'aide des sorciers. 
- William pourrait même être soigné en même temps que toi.
- Sérieux Marcus ?! »


Il ose parler de ça maintenant ? J'suis pas un danger, c'est bon, je gère, merci bien.

« Naëlle, s'il te plait, il n'est pas question que je te laisse passer en jugement. Fais-moi confiance, s'il te plait. »

Je serais prêt à la sortir de là même sans l'aval de Marcus... mais ça nous plongerait dans des ennuis dont on n'a même pas idée.

black pumpkin

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Loving can hurt, loving can hurt sometimes
But it's the only thing that I know
When it gets hard, you know it can get hard sometimes
It is the only thing makes us feel alive

©crack in time

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L'obscurité suspend tout. Il n'y a rien qui puisse, dans l'obscurité, devenir vrai.
J'ai de gros ennuis. J'ai de très très gros ennuis. J'éclate en larmes quand l'homme étrange sort de ma cellule. J'ai tué quelqu'un ? J'ai vraiment tué cet homme ? Ce sorcier ? J'ai fais la dure devant lui, comme l'aurait fait ma sœur, mais en réalité, j'ai la trouille. Je veux Jaëlle. Bon sang, commet je vais la prévenir ? J'ai si peur. Il sait tout de moi, elle est en danger. Il sait que je me fais passer pour quelqu'un d'autre. Et j'ai l'air d'avoir tué un homme, alors que j'en ai pas le moindre souvenir. Est-ce que c'est vraiment moi ? Est - ce qu'ils essayent pas simplement de me faire porter le chapeau ? Ils parlent d'Obscurial. Je peux pas en être un, je peux... je peux pas !

J'essaye de chasser les souvenirs de conversation avec ma sœur. Elle m'avait prévenu que ça pourrait arriver, même si la littérature n'en parle pas. Elle disait cela pour me faire peur, comme quand on menace un gamin pour qu'il arrête quelque chose. Sauf que là, ça a l'air d'être arrivé. Je regarde mes mains, j'essaye de sentir à l'intérieur de moi. C'est le vide, l'absence de magie, d'espoir. Je ressens comme un gouffre. Et j'ai encore plus peur. J'essuie les larmes sur mes yeux. Je risque la peine de mort. Je ne voulais tellement pas ce monde, qu'il m'a rattrapé affreusement. La magie est mauvaise. Je voudrai...je voudrai ne jamais avoir existé. Ou être née dans une famille moldue. Sans pouvoir. La magie a fait de moi un monstre, et j'ai sans doute tué un sorcier. L'homme a parlé de Purificateur. Je ne sais même pas ce que s'est, de quoi il parle ? Et même s'il me laisse sortir, il a dit que je devrai le suivre ou je ne sais quoi. Que je ne peux pas rester dans la nature, ce qui veut dire... aller dans le monde des sorciers ? Mais je ne peux pas ! Mon Dieu non, je ne peux pas. Je ne veux plus vivre dans ce monde.

J'essaye de me reposer alors qu'il me laisse seule, mais je n'y arrive pas. Tout tourne autour de moi dans cette pièce. J'ai peur de moi. Je me fais peur, c'est une sensation étrange. Je n'ai plus confiance en moi si cette noirceur est vraiment là, tapis dans mon corps, dans mon âme. J'ai peur de faire du mal à ma jumelle. J'ai la sensation que je vais de toute façon mourir. C'est le propre d'un Obscurial. Je suis foutue. Mes mains tremblent quand j'entends du bruit derrière la porte, on ouvre ma cellule et... mon cœur fait un bond. Will ?

Le revoir après tout ces mois me fait autant de bien que de mal. Je me rends compte à quel point il m'a manqué, et en même temps je me dis que de le voir va raviver des blessures. Je l'écoute horrifiée. Charges lourdes. Faire confiance. Obscurial. Accepter de l'aide. Détruire. Il va me détruire. Et qu'est-ce que... qu'est-ce qu'il fait là ? Comment il a su ? Je reconnais l'homme derrière lui. C'est lui qui est venu me voir plus tôt. Je fronce les sourcils quand il parle d'être soigné en même temps que moi. Will s'agace. Marcus. L'homme s'appelle Marcus. Ils se connaissent. William et Marcus. Tout s'embrouille dans ma tête. Puis je retrouve le regard de Will, qui m'implore. Qui veut m'aider.

« Naëlle, s'il te plait, il n'est pas question que je te laisse passer en jugement. Fais-moi confiance, s'il te plait. »
"Je... je ne comprends rien. Qui es-tu ? Qui êtes-vous ?"

Comment peut-on me faire éviter le jugement comme il dit ? Comment ont-ils ce pouvoir ? Ce Marcus m'a dit qu'il pouvait me faire sortir de là. Mais comment le pourrai-je pour une accusation de meurtre ? Et Will, je croyais qu'il était dragonologiste. Il fronce les sourcils.

"Naëlle, arrête ça, tu n'es pas en danger avec nous mais tu vas l'être si tu ne nous laisses pas t'aider!"
"Ils disent que j'ai tué un sorcier. Que je suis un Obscurial. J'ai toutes les raisons de passer sur la Silver Line, comment peux-tu me sortir de là alors ? Je croyais que tu bossais avec les dragons Will."

Je commence à paniquer. Ma respiration s'accélère. Je ne me sens pas bien. J'avale ma salive. Qu'est-ce que c'est que toutes ces histoires ? J'ai l'impression que rien est officiel ici. Je regarde Marcus, puis Will.

"Je bosse avec les dragons, mais Marcus... Marcus peut te sortir de là."
"Directeur de la justice magique. Entre autres."

J'écarquille mes yeux. Cet homme est le directeur du département de la justice magique ? Will connait le directeur ? Je suis totalement perdu. Pourquoi le Directeur ne voudrait pas rendre justice ? Je n'ai pas envie de mourir, ou peut-être que si, mais, je ne sais pas. Tout ceci me semble bizarre, c'est comme s'il manquait des morceaux au puzzle. Ma poitrine se lève et se rebaisse trop rapidement à mon goût.

"Calmez-vous. On ne vous veut pas de mal. On est là pour vous aider. Si vous paniquez ici, vous risquez de tous nous mettre en danger, et c'est ce qu'on veut éviter. Respirez doucement."
"Mais... mais je vais aller où ? Il dit qu'il ne peut pas me laisser partir à cause de l'Obscurial... Jaëlle ! Il faut que je prévienne Jaëlle !"

Mes mains se mettent à trembler, mes cheveux changent de couleur, puis mes yeux. Je sens que ma magie s'agite. Je sens que je suis au bord de l'explosion. Que dans cet état de stress, je ne contrôle plus mes pouvoirs que je tente de camoufler, d'étouffer depuis des mois. Et alors que j'ai fermé les yeux, je sens Will attraper mes mains. Je sursaute, essayant de respirer comme me l'a demandé Marcus.

"Je la préviendrai d'accord ? Rappelle toi je sais où elle vit, je vais lui dire où tu es. On peut t'emmener dans un endroit sûr où ton Obscurial sera traité."
"Un endroit où les enquêteurs ne vous trouveront pas. Et comme votre identité n'est toujours pas officiellement connue, votre sœur ne sera pas ennuyée"

Je m'agrippe alors aux mains de Will et m'approche des barreaux. C'est à mon tour de l'implorer.

"S'il vous plait, ne révélez pas qui je suis. Je... Il ne faut que personne le sache. Je vous suivrez si vous me le promettez."
"Naëlle, calme-toi ! On n'est pas les méchants de l'histoire et tu ne seras pas une prisonnière. Il faut juste que tu traites l'Obscurial et que tu te fasses discrète"

Discrète. Oui je peux me faire discrète, enfin je crois. C'est ce qu'on a toujours fait avec Jaëlle. Alors je devrais pouvoir me faire toute petite. Mais avec un Obscurial en moi... Quel va être le traitement ? La magie n'est-ce pas ? Mon Dieu, je ne vais jamais y arriver. Refaire de la magie, c'est tout ce que je ne veux pas. Je ne veux pas redevenir une sorcière. Je sais que Jaëlle me dirait que j'en suis déjà une. Que j'ai le pouvoir de changer les choses.

"Je vais devoir faire de la magie. Je vais devoir... j'ai peur Will. Cela fait tellement d'années. Je ne suis pas sûre d'y arriver. Je ne veux faire de mal à personne..."

Je me suis tellement convaincu que la magie était le mal, la source de tous les problèmes. Voilà que je vais devoir en refaire pour me "guérir" d'elle.

"Mais tu ne seras pas seule Naëlle ! Je ne peux pas t'en parler là, mais tu ne seras pas seule et crois moi, ils savent y faire. J'ai fait plus de dégâts que tu ne pourras jamais en faire!"
"J'ai du mal à le croire..."
"Quelle est votre décision ? Vous voulez notre aide ?"

Je hoche ma tête. J'ai bien peur de ne pas avoir le choix. Qu'est-ce qui peut être pire que de faire de la magie ? La mort peut-être. Et c'est les deux seules options qui s'offrent à moi. Je veux revoir Jaëlle, c'est ce choix là que je vais faire. Pas la vie, pas la magie, mais ma sœur. Je ne peux pas la quitter comme ça. Will a promis de lui dire où je serai. Et je dois lui faire confiance, je vois combien il est inquiet de me voir ici. Après ça, Marcus fait ouvrir la cellule pour que je sorte et Will me serre dans ses bras. Je le serre à mon tour.

"Je ne voulais tuer personne."

Il caresse mes cheveux et je le serre encore plus fort.

"Et je ne voulais pas te quitter." Murmuré-je dans son cou.

Tout ceci ne serait jamais arrivé si j'étais restée avec lui n'est-ce pas ? Mais là aussi j'ai eu peur quand il m'a avoué être un sorcier. Je ne voulais plus rien à voir avec ce monde. Et finalement, il me rattrape. Quoi que je fasse. Et j'ai retrouvé Will. Combien y avait-il de chance pour que cela arrive ? On passe par des portes dérobées. Je suis presque sûre qu'il y a peu de monde qui ont accès à ces passages. On sort du Magenmagot. On se dirige vers une bâtisse abandonnée mais avec une cheminée intacte. Ils sortent une poudre de cheminette un peu étrange. Elle brille. On est alors transporté dans un autre monde. Là où je transplane c'est merveilleux. Il semble ne pas y avoir de plafond, on dirait les étoiles, le ciel spatial, l'espace. Il n'y a aucun doute, je suis au cœur de la magie. Marcus donne des ordres et Will m'accompagne dans une chambre. Et quand j'y rentre, je me rends compte que les murs, le lieu me semble familier. Il m'a déjà amené là la dernière fois, quand j'ai rompu.

Je suis épuisée. Je le remercie pour tout. Je me confonds littéralement en excuse. J'ai l'impression que je n'ai rien à faire là. Que ce que j'ai fait est trop horrible pour avoir une seconde chance, et pourtant il caresse mon visage alors que je m'endors sur le lit de la pièce. Quand je me réveille d'un sursaut. Will est toujours là, avec un plateau rempli de nourriture.

"Combien de temps j'ai dormir ? Jaëlle est au courant ?"

Il me demande de me calmer et me tend une tasse de thé fumante. Je souris. Ok ok. Mais je suis super nerveuse. Où est-ce qu'on est ici ? Pourquoi ne pouvait-il rien me dire au MACUSA ? Qui est vraiment Marcus ? Comment se connaissent-ils, on dirait qu'il y a un air de famille. D'accord je me base que sur la couleur des cheveux, mais quand même... Je me redresse dans le lit.

"Je suis tellement désolée pour ce sorcier. Il avait peut-être des enfants, une femme, et... je l'ai carrément atomisé. Il ne restait rien de lui. Il... il y avait ce masque. Un masque étrange. Pourquoi il portait un masque ? Tu... tu connaissais cet homme ? Ou Marcus ? Qu'est-ce que s'est ici ? Qui va m'aider ?"

Il attrape une de mes mains. Ok ok je me calme. Je souffle sur la tasse avant de boire une gorgée. Et je retrouve le sourire quand je m’aperçois qu'il se rappelle de mon goût préféré pour ce breuvage. Il m'a aussi apporté des croissants, ces pâtisseries autrichiennes que j'adore et qu'un café New-yorkais vend, on y est allé plusieurs fois déjeuner là-bas. Je passe une main dans mes cheveux.

"Je suis terrifiée par ce que je suis capable de faire. Cela fait des mois que je n'ai plus pratiqué aucune magie, pas même de la métamorphose, Jaëlle a tenté de me prévenir mais... j'ai fini par faire exploser un homme. J'ai besoin de savoir..."

Après avoir passé des années à ne plus vouloir savoir ce qui se passait dans ce monde.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Naëlle Sharp

« Je vais découvrir un autre chemin, et il va falloir que tu sois mon guide dans cette obscurité. Elle pourrait nous entrainer tous les deux. »
 

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L'obscurité suspend tout.
Il n'y a rien qui puisse, dans l'obscurité, devenir vrai.
Naëlle Sharp & Will Davies

Par Merlin, si elle ne cesse pas de paniquer, j'vais m'y mettre aussi. On n'a pas beaucoup de temps pour la sortir de là, et si elle n'y met pas du sien, je doute que Marcus ne s'attarde plus longtemps. Pour l'instant, il m'aide à essayer de la convaincre. Sauf que la magie la terrorise vraiment. Elle m'a quitté à cause de ça. Est-ce qu'aujourd'hui elle va se laisser bouffer par sa peur au point de refuser notre aide ? Un obscurial bordel ! Ça n'arrive jamais à des personnes de son âge. Je suis soulagé quand elle hoche la tête et je la serre dans mes bras quand Marcus la fait libérer. Marcus... je sens que je vais avoir droit à un interrogatoire en règle.

« Je sais Naëlle, je sais. »

Bien sûr qu'elle n'est pas une meurtrière. Ce mal qui la ronge, il est profond et redoutable. Je ne dis rien quand elle murmure n'avoir jamais voulu me quitter. Pourtant elle l'a fait. Il y a des mois de cela. L'urgent, c'est de sortir d'ici, c'est de la mettre en sécurité. Marcus nous ouvre le passage, on est rapide, discret, on apprend à l'être par la force des choses. Dès qu'on atteitn une cheminée, je sors un peu de poudre de cheminette spéciale Insurgés. Elle ne sera jamais autant en sécurité qu'au Télescope. J'espère juste que cette fois, elle n'en partira pas pour encore disparaître de ma vie. Elle tombe de fatigue, alors je la laisse dormir... pour tomber sur Marcus.

« Tu m'expliques ou je dois faire mes propres conclusions ?
- Y a rien à expliquer.
- Y a rien. Et tu crois que je vais croire que mon andouille de neveu déboule pour me demander « comme par hasard » des informations sur une boutique où vit « comme par hasard » une jeune fille qui lui tombe « comme par hasard » dans les bras, et dont « comme par hasard », il connait la sœur ? »


Il m'énerve, mais il m'énerve !

« Je suis sorti avec elle, d'accord ? La boutique de sa sœur a attiré l'oeil du MACUSA, et Naëlle était terrifiée. Elle m'a quitté quand elle a su que j'étais un sorcier.
- Et aujourd'hui elle est victime d'un obscurus.
- Je vois ça. J'ai prévenu sa sœur, j'espère qu'elle pourra nous aider, elles sont très proches. Des jumelles. »


Il hoche la tête, sans rien dire de plus. Je sens que je vais entendre parler du pays moi ! Je m'écarte pour aller prendre une boisson chaude et attendre le retour d'Archimède. Et comme je m'y attendais, Jaëlle est paniquée. Je m'empresse alors de lui écrire pour la rassurer, mais je sais qu'elle voudra très vite venir voir sa sœur. Et ça, je sens que Marcus ne va pas apprécier. Archimède non plus quand il comprend qu'il doit repartir aussi sec. Pauvre de lui. Je profite du réfectoire pour préparer un petit plateau. Naëlle va avoir besoin de reprendre des forces. Preuve en est, je suis à peine rentré dans la chambre qu'elle se réveille déjà.

« Calme toi Naëlle. Tout est sous contrôle. Je l'ai prévenue que tu étais ici. Enfin ici... »

Je ne lui ai pas non plus donner un plan d'accès au Télescope hein. Et la revoilà qui part encore dans une vague de paroles incessantes sous la panique. Je lui attrape les mains parce qu'elle serait en prime capable de se faire mal. Je sais qu'elle a peur, mais je suis bien placé pour savoir que la peur ne nous sauve pas du malheur. Faut juste faire avec.

« J'crois qu'il faut toujours écouter ta sœur. Ecoute Naëlle, je ne sais pas pourquoi la magie te fait si peur. Mais elle est en toi. Alors plutôt que de la fuir, tu vas devoir l'apprivoiser. Il faut toujours apprivoiser ce qui nous fait peur, le mettre sous notre contrôle. »

C'est un peu ce que je fais, quand on y pense.

« Le type, c'était soit un Purificateur, soit un Résurgent, tu as déjà entendu parler de ça ? »

Si elle fuyait le monde magique comme la peste, c'est possible que non. Bref, dans le doute...

« Les Purificateurs sont des sorciers qui se sont donné pour mission de neutraliser les créatures. Vampires, loups, vélanes, hybrides et j'en passe. Les Résurgents sont dans la même veine, mais eux en plus, ils veulent rétablir le règne des Sangs-Purs. De vraies saloperies tous, tu peux me croire. Ce qu'ils auraient infligé à la créature que tu as sauvée aurait été mille fois pire que ce que tu as fait. »

Alors ouais, c'est pas cool d'avoir dû en arriver là, mais dans le fond... Je m'assois sur le lit à côté d'elle.

« Ici, tu es dans ce qu'on appelle le Télescope. Je te laisse deviner pourquoi, dis-je en levant la tête et en souriant. C'est Marcus qui a fondé cet endroit. Ou plutôt qui l'a réaménagé. Marcus c'est mon oncle. Et tu es chez les Insurgés. Ça fait peut-être beaucou de notions en un seul coup, on serait en cours d'arithmancie j'aurais décroché depuis longtemps. Mais ici il y a des gens qui vont t'aider Naëlle, je te le promets. »

J'attrape sa main. Elle m'en a fait baver quand même cette fille.

« Mais pour qu'ils t'aident efficacement, va falloir être honnête avec eux Naëlle. Si tu ne peux pas l'être avec moi, si tu veux rien me dire et crois moi je peux comprendre et je respecterai totalement ton silence, tu devras leur dire pourquoi tu refuses à ce point ta magie, alors qu'elle fait partie de toi et de ton lien avec ta sœur. »

Et c'est vrai. J'supporte pas quand Marcus veut me faire parler, j'imposerai jamais ça à qui que ce soit, mais là, c'est sa vie qui est en jeu, alors il faudra qu'elle fasse ce pas en avant.

« Je ferai venir Jaëlle, mais après que tu aies été auscultée, ok ? Tu sais, la première fois que je t'ai vue, tu étais suivie par un lutin. Entre ça et ton dragon, j'aurais dû me douter de quelque chose. T'as de la chance que j'sois pas réputé pour mon intelligence. »


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L'obscurité suspend tout. Il n'y a rien qui puisse, dans l'obscurité, devenir vrai.
Toujours écouter ma sœur ? Oh mon dieu, elle doit savoir ce que j'ai fait, ce que je suis, que j'ai tué. Tout ceci est un cauchemars. Me revoilà du côté sorcier par ma faute. J'ai repoussé ce monde, et maintenant, il me rattrape. Jaëlle a une boutique d'ésotérisme et... tout cela fonctionnait bien. On était tranquille et depuis quelque temps, tout change. Elle a eu des ennuis, j'en ai eu. Pourquoi ? Pourquoi la vie s'acharne-t-elle sur nous ? Ne pouvons nous pas vivre dans la paix ? Loin de toute magie ? Pourquoi est-ce impossible ?

Je baisse mon regard quand il se demande pourquoi j'ai si peur de la magie. Puis je le regarde avec attention quand il dit qu'elle fait partit de moi. C'est vrai. J'ai même une très belle magie quand on y pense, la métamorphe est quelque chose d'innée, que je pratique depuis ma tendre enfance avec une facilité effrayante, alors que des sorciers mettent des années à en venir à un tel résultat. Je sais que certains donneraient tout pour arriver à un tel niveau. Mais le reste, ce monde. Je n'y ai pas vraiment ma place. Mes parents décidaient tout pour moi, j'aurai du me marier. Quelle vie aurais-je mené ? Et maintenant on est allé trop loin avec Jaëlle pour faire demi tour.

« Le type, c'était soit un Purificateur, soit un Résurgent, tu as déjà entendu parler de ça ? »

Je secoue ma tête. Qu'est-ce que c'est que ça ? Je l'écoute en fronçant mes sourcils. Il faudrait que je fasse confiance à ce monde injuste ? Je n'aime pas du tout quand il fait référence aux sangs-purs. Les Résurgents, est-ce que mes parents sont Résurgents ? Probablement, ils auraient été du genre à s'engager dans ce genre de... mouvement pour avoir les faveurs des sangs-purs. Je ne sais même pas ce qu'ils sont devenus depuis notre fugue. Ont-ils arrêté de nous chercher ?

« .... Ce qu'ils auraient infligé à la créature que tu as sauvée aurait été mille fois pire que ce que tu as fait. »
"C'est... tout ceci est dingue. J'ai du mal à croire qu'on puisse me glorifier d'avoir tué quelqu'un."

Il vient s'assoir à côté de moi. Je sens que la discussion va devenir soudainement plus intense. Je relève ma tête quand il parle du lieux où on se trouve.

"T'es le neveu du Directeur de la Justice Magique ?!"

Waoh, j'ai la tête qui tourne tout d'un coup. Will, le gentil gars rencontré dans un bar. Celui qui me faisait rire, qui ne se prenait jamais la tête. Celui avec qui j'ai passé les meilleures soirées de ma vie, avec qui je pensais que ça pouvait aller plus loin, qui faisait quelques petits boulots, des stages en Tanzanie pour le côté fun de sa vie et en réalité un soigneur de dragon, neveu d'un Directeur au MACUSA. Y'a de quoi tourner les esprits. Il est fichtrement bien sorcier. Bien ancré dans ce monde. Et maintenant il me dit qu'il est aussi Insurgé. Que je suis chez eux. Je suppose, vu le nom, et ce qu'il a dit sur l'homme que j'ai tué, que ce sont des gens qui s'insurgent face aux agissements des Purificateurs et des Résurgents. Mais c'est dangereux !

"Y'a pire que l'arithmancie crois moi, les cours de microbiologie animale..."

Je regarde sa main qui attrape la mienne et soupire. Je sens qu'il va falloir être honnête si je veux leur aide. Je sais... Ce qui me conforte c'est que ça n'a pas l'air très... officiel ici. La dernière fois, c'était toute une sécurité pour venir. Je ne sais même pas comment on est arrivé là. Et ils se sont mouillés pour me sortir du Jail alors que j'ai tué quelqu'un. J'ai bien vu que je ne suis pas sortie par la porte de devant. Cette organisation, les Insurgés, c'est un truc top secret n'est-ce pas ? Et le Directeur de la Justice Magique est à initiative de ce projet. C'est très étonnant. J'ai beaucoup de questions à poser. Mais lui aussi. Et je comprends que je ne peux pas tout demander, être aidée et ne rien devoir à personne. Je suis devenue une arme, même pour ma sœur, et je ne peux pas laisser faire ça, je ne peux pas détruire tout sur mon passage. Je ne veux pas mourir et je ne veux pas tuer quelqu'un d'autre. Et je ne peux pas y arriver seule, seule et sans magie. Je ferme les yeux et inspire lentement. J'avale ma salive et finis par fixer mes yeux sur ceux de Will.

"Je dois t'avouer que... je serai plus à l'aise à te parler, plutôt qu'à ton oncle qui est peut-être directement concerné par la moitié des choses que j'ai faites dans ma vie."
« Je ferai venir Jaëlle, mais après que tu aies été auscultée, ok ? »
"Ok merci beaucoup." Je souris de reconnaissance. Elle va être horrifiée par cette situation. Je suis tellement désolée.
« Tu sais, la première fois que je t'ai vue, tu étais suivie par un lutin. Entre ça et ton dragon, j'aurais dû me douter de quelque chose. T'as de la chance que j'sois pas réputé pour mon intelligence. »

Je serre sa main et ne peut retenir un petit rire.

"Je t'ai laissé voir que ce que je voulais que tu vois. Et j'aurai du me douter aussi pour toi. Tu connais rien du monde No-Maj, y'avait trop d'incohérences. Tu connais pas Friends et Dirty Dancing. Ça aurait du m'alerter. Mais je ne voyais que ce que je voulais voir."

Je touche mon tatouage du bout des doigts et je repense à cet été quand je l'ai vu. Quand il a bloqué sur le dessin dans mon dos. Y'avait un truc dans son regard, c'était pas de l'admiration pour le dessin, mais pour l'animal qu'il connaissait.

"Alors je suppose que tu as déjà soigné un Magyar à pointes ? Tu aurai tellement à m'apprendre sur eux. J'ai tellement fait le tour des dragons du Komodo."

Je secoue ma tête, je sais que je suis en train d'éviter le sujet premier.

"Vous avez une infirmerie ici ? Pour m'ausculter ?"

Il m'amène dans le petit Centre où quelqu'un me fait passer quelques tests. Je dois me mettre en sous vêtement. Will dit qu'il va nous laisser, mais je lui demande de rester. Il m'a déjà vu en maillot de bain alors... Et je suis plus rassurée quand il est là. Le médecin prend mes constantes, ma température. Elle lance quelques sorts et le verdict tombe. Je n'ai rien, aucune lésion suite à... ce qui s'est passé. Ce qui est assez étonnant vu son expression. Le médecin prend mon sang pour l'analyser. Et quand elle enlève son œil du microscope elle me regarde.

"Vous êtes métamorphomage ?"

Je regarde Will qui me sourit doucement pour me rassurer. Ok ok, ici je peux parler.

"Oui, depuis la naissance. C'est un héritage familial probablement. C'est un don plus qu'un enseignement que j'ai suivis."
"C'est probablement pour ça que votre corps n'a subit aucune lésions après la libération de l'Obscurus. Vos cellules sont déjà programmées pour se transformer, l'évaporation de votre enveloppe charnelle n'a laissé aucune séquelle. C'est fascinant, votre magie est fascinante."

Je me sens un peu gênée. Personne ici s'offusque que j'ai tué quelqu'un ? Personne ici n'a peur de moi ? Voilà que maintenant je suis fascinante. Elle finit quelques mesures et me permet de me rhabiller.

"Et on peut me guérir ?"
"Et bien... oui, je pense. Votre Obscurus n'est apparu qu'à l'âge adulte, c'est inédit, mais je suppose qu'il n'est pas trop tard. L'Obscurus est une entité magique parasite. C'est parce que vous avez refoulé vos pouvoirs qu'elle est apparue en vous. Je suppose que si vous laissez libre court à votre magie, l'Obsurus n'aura plus de raison de rester en vous. Et on pourra alors le capturer. Il faut refaire de la magie, pas seulement en surface, il faut que vous soyez libre avec votre partie sorcière."

Soudainement j'ai froid. Je sens comme une chape de plomb sur mes épaules. Je frotte mes mains sur mes bras. Elle regarde Will.

"Mais ça ne sera pas chose aisée, parce que l'Obscurus va vous pousser à le libérer, encore et encore. Il va vous plonger dans vos retranchements pour vivre."

J'avale ma salive et garde mes mains sur mes bras, comme pour me serrer, me donner du courage.

"Je vous laisse, je dois porter ces échantillons pour les étudier encore un peu plus."
"Merci beaucoup... à plus tard."

Je regarde la médicomage partir, puis reporte mon regard sur Will et passe une main dans mes cheveux.

"Est-ce que tu es sûr de vouloir faire ça, pour moi ? C'est te mettre en danger..."

Je crois qu'il n'admettra pas qu'il veut faire machine arrière, maintenant que je suis ici. Il me fait visiter les locaux. Et je me mets un peu à parler.

"On a fugué un été avec ma sœur. Quand on avait 16 ans. Nos parents voulaient nous marier à des sangs-purs. On n'avait pas notre mot à dire. Tout était prévu pour après la rentrée."

J'ai l'impression d'avoir fait un match de boxe après cette révélation. Ça me tord le ventre. Je n'ai jamais parlé de ma vrai vie depuis des années.

"Il a fallu ruser jusqu'à nos 17 ans, à cause de la Trace. On a fait des choses que ton oncle... enfin c'est délicat..."

Délicat d'avouer au neveu du Directeur de la Justice Magique, toutes les infractions du code des sorciers qu'on a faite. Il y a une liste longue comme le bras depuis cinq années. Usage abusif de la magie, notamment de la métamorphose, donc magie devant les No-Maj. On s'est échappé de ce monde, on est pas déclarée au MACUSA. On fuit nos responsabilités. Nos parents. Et y'a le reste... le fait qu'on est révélé l'identité des sorciers à nos copains de l'époque, et qu'on ait du user du sortilège d'amnésie. De quoi rester derrière les barreaux un moment. Mais bon, qu'est-ce que c'est maintenant par rapport à la vie que j'ai prise ? Mais Jaëlle n'a pas encore à subir ça.

"Il y a cette chose qu'a dite ton oncle... Il a dit que tu pouvais être soigné en même temps que moi, de quoi parlait-il ?"

Ok j'avoue je fais encore diversion, mais depuis hier je ne fais qu'y penser.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Naëlle Sharp

« Je vais découvrir un autre chemin, et il va falloir que tu sois mon guide dans cette obscurité. Elle pourrait nous entrainer tous les deux. »
 

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L'obscurité suspend tout.
Il n'y a rien qui puisse, dans l'obscurité, devenir vrai.
Naëlle Sharp & Will Davies

« Oh on ne te glorifie pas, mais on est en guerre. Elle est juste... non officiellement déclarée. »

Je n'aime pas ça, l'idée de tuer. Mais j'y suis préparé, j'y suis préparé depuis que les Purificateurs ont réussi l'impossible en domptant un dragon et en le lâchant sur ma famille.

« Ouais, c'est mon cher tonton, parfois à son plus grand désarroi. »

Je lui souris, c'est vrai que Marcus s'est retrouvé du jour au lendemain de célibataire endurci sans mioche à homme responsable de trois pauvres gamins... dont moi et il n'arrête pas de dire que je compte pour cinq. Mais il a été là quand on s'est retrouvés tous seuls, et soyons clairs, j'étais pas capable de gérer à l'époque. Tout comme Naëlle n'est pas capable de gérer maintenant. Je ris quand elle confesse à demi-mot avoir enfreint pas mal de règles du MACUSA. J'aime bien ça. Faut croire que ce lutin l'a mise sur ma route. Et ouais, j'avoue qu'elle a bien failli me griller une bonne demi-douzaine de fois.

« Ouais, c'est vrai qu'au final, t'es pas si intelligente que ça ! »

J'sais d'ailleurs toujours pas c'que c'est que Friends ou Dirty Dancing.Et que j'ai toujours galéré quand elle me posait des questions sur mon job.

"Alors je suppose que tu as déjà soigné un Magyar à pointes ? Tu aurai tellement à m'apprendre sur eux. J'ai tellement fait le tour des dragons du Komodo."
- Un Magyar oui, et un sacrément têtu tu peux me croire. Ce sont les animaux les plus fiers et les plus bourrus de la planète. 
- Vous avez une infirmerie ici ? Pour m'ausculter ?"

Un peu moins têtus que Naëlle Sharp apparemment. C'est une bonne chose. Je lui adresse un signe de tête pour qu'elle me suive. Je l'emmène à l'infirmerie, j'y ai passé un peu de temps après certaines... soirées. C'est Cara, notre médicomage en chef, qui va s'occuper d'elle. Elle est bien, mais elle m'a déjà passé de sacrés savons aussi. Je sais qu'elle va bien s'occuper d'elle. Je propose d'ailleurs de les laisser seules quand l'auscultation doit commencer, mais Naëlle veut que je reste. J'essaie de pas trop regarder, mais bon, quand vous avez Naëlle en sous-vêtements en face de vous... Et quand je dis que Cara est fortiche, elle devine direct que Naëlle est métamorphage. D'ailleurs celle-ci hésite, mais elle peut avoir confiance ici. Un don... C'est un don et elle a peur de la magie, c'est dingue. Mais c'est une bonne chose pour elle, elle va s'en remettre plus vite de l'Obscurial. Si elle accepte de faire de la magie, et ça, c'est pas gagné. Cara nous laisse, j'en profite pour récupérer les vêtements de Naëlle et les lui tendre.

« Ma belle, j'étudie et soigne les dragons, le danger, ça me connait. »

Le danger, c'est aussi ce qui donne du piment à la vie. Sans danger, elle serait bien morne. Allez, il faut qu'elle fasse le tour du Télescope, si elle est vouée à y passer un peu plus de temps que prévu. Et il y en a des choses à voir : des bureaux/salles de réunions, des petites chambrées, une pièce à vivre, une cafétariat...

"On a fugué un été avec ma sœur. Quand on avait 16 ans. Nos parents voulaient nous marier à des sangs-purs. On n'avait pas notre mot à dire. Tout était prévu pour après la rentrée."

Et ça, ça sort de nulle part. A 16 ans je perdais ma famille, ma copine, ma vie. Elle aussi. Alors elle vient d'une famille de ce genre ? Des admirateurs des sangs-purs ? J'm'en suis toujours carré comme de ma première chaussette du statut du sang, mais depuis quelques temps, ils reviennent en force, et bien méprisants, ces Sangs-Purs. J'ai du mal à réaliser que des parents puissent marier de force leurs enfants.Et les filles ont été sacréament douées. Echapper à la Trace, au Macusa, aux enquêteurs. Ça force le respect je dois dire. Je ne peux m'empêcher de sourire en imaginant toutes les infractions qu'elle a dû commettre... et la tête de Marcus s'il apprend ça.

« Et donc c'est pour ça que toi et la magie ce n'est plus une grande histoire d'amour. Je vois, mais tu as choisi de ne regarder que d'un côté : c'est aussi la magie qui vous a permis ta sœur et toi de vous en sortir, de vous construire et d'être fortes ensemble. »

Enfin, on essaiera de ne pas trop en dire à Marcus, juste par précaution. Mais j'me demande si ses parents la cherchent encore.

"Il y a cette chose qu'a dite ton oncle... Il a dit que tu pouvais être soigné en même temps que moi, de quoi parlait-il ?"

Evidemment, ça, elle a entendu. J'ai pas besoin d'être soigné, délire de Marcus. Et ça sert à rien qu'elle se fasse des idées, elle est déjà assez stressée comme ça, j'pense pas qu'elle serait assez rationnelle pour comprendre qu'il n'y a pas à s'en faire.

« C'est rien, crois-moi. Marcus a juste du mal à comprendre qu'on puisse être jeune. T'en fais pas. J'ai pas l'air en pleine forme ? »

Je nous installe dans un fauteuil de la cafétariat après avoir chapardé une glace dans la réserve. La glace, ça fait des merveilles.

« Je te le dis Naëlle, j'en suis convaincu : il faut affronter ce qui nous fait le plus peur. Il n'y a que comme ça qu'on avance. Et si jamais un jour je suis attaqué par un épouvantard, tu verras qu'il aura la forme d'un dragon. »

J'esquisse un sourire. Un comble n'est-ce pas ? Mais j'aime pas en parler. Je secoue la main.

« Donc si j'ai pu devenir dragonologiste, tu peux devenir une grande sorcière. C'est con, miss Sharp, on aurait pu se croiser à Ilvermorny. T'en es partie quand je suis arrivé. J'étais à Oiseau-tonnerre. Mais t'as peut-être connu ma meilleure amie, Amélia Delgado ? Elle était à Oiseau-tonnerre elle aussi. »

A dire vrai, à l'époque où je suis arrivé aux Etats-Unis, y a de fortes chances pour que je ne l'eus pas calculée. J'calculais personne à vrai dire, il a fallu qu'Amélia sorte les rames pour qu'on devienne amis. En tout cas ici, elle va être entourée, qu'elle n'en doute pas.

« Et depuis quatre ans, tu as des nouvelles de tes parents ? Vous êtes majeures maintenant, ils n'ont plus aucun droit sur vous. Je dois admettre que vous êtes douées, moi à chaque fois que je me suis sauvé de chez Marcus, il m'a retrouvé. Mais j'suis sûr qu'il avait déployé tous les agents de son quartier pour ça. »

Et qu'il ne mente pas, il en est capable.

« Et pour te réhabituer à la magie, tu pourrais regarder les rediffusions du Tournoi des Six Sorciers ? Il se tient cette année à Ilvermorny. Et mes dragons ont participé à la première épreuve. J'ai dû en soigner certains, mais crois moi, ils ont mis les candidats mal en points. »


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L'obscurité suspend tout. Il n'y a rien qui puisse, dans l'obscurité, devenir vrai.
« Et donc c'est pour ça que toi et la magie ce n'est plus une grande histoire d'amour. Je vois, mais tu as choisi de ne regarder que d'un côté : c'est aussi la magie qui vous a permis ta sœur et toi de vous en sortir, de vous construire et d'être fortes ensemble. »

Je baisse les yeux. Est-ce que Jaëlle a contacté Will ? Non parce qu'ils ont les mêmes arguments. Oui, oui bien sûr que la magie nous a aidé, mais à présent, on pourrait essayer de faire sans ? Mais ce n'est pas ce qu'ils essayent tous de me faire comprendre. Ils sont tous fiers d'être sorcier. Je sais plus ce que j'en pense. Je tente un peu de dévier de sujet.

"Il y a cette chose qu'a dite ton oncle... Il a dit que tu pouvais être soigné en même temps que moi, de quoi parlait-il ?"
« C'est rien, crois-moi. Marcus a juste du mal à comprendre qu'on puisse être jeune. T'en fais pas. J'ai pas l'air en pleine forme ? »

Je finis par sourire. Oui, il a l'air en forme. Je hoche la tête, d'accord, il semble pas vouloir en parler. Peut-être qu'il a raison, parfois la famille ne comprend pas nos choix. Je suis plutôt bien placée pour le savoir. Si je revenais à la maison, mes parents diraient probablement que j'ai pété un câble et que je devrai me faire soigner pour avoir fuit comme ça. Et puis, il fait diversion avec de la crème glacée. Mon Dieu, j'en ai pas mangé depuis des lustres. Je m'assoie à côté de lui sur le vieux sofa de la cafétéria. Et je l'écoute, pas très attentivement. Il était inquiet pour moi tout ce temps ? Depuis notre rupture ? Est-ce qu'il a pensé à moi comme j'ai pensé à lui ? J'essaye de chasser toutes mes questions et de me concentrer sur ces paroles.

"Ton épouvantard c'est un dragon ?"

Woh ! J'en reviens pas, mais il travaille avec et il a l'air passionné. Enfin je crois. On a pas vraiment discuté de tout cela.

« Donc si j'ai pu devenir dragonologiste, tu peux devenir une grande sorcière. C'est con, miss Sharp, on aurait pu se croiser à Ilvermorny. T'en es partie quand je suis arrivé. J'étais à Oiseau-tonnerre. Mais t'as peut-être connu ma meilleure amie, Amélia Delgado ? Elle était à Oiseau-tonnerre elle aussi. »

J'aurai... j'aurai été ravie de le rencontrer à Ilvermorny. Mais nous n'aurions sans doute pas pu être ensemble, à cause du choix de mes parents. Amélia ? Non ça ne me dit rien.

"J'étais à Puckwoodgenie pour ma part. C'est étrange non, de parler de ça tous les deux ? Étrange de se dire qu'on connait tous les deux ce monde, et qu'on a quand même réussi à... faire semblant qu'on en était pas."

Je secoue ma tête. C'est ridicule. Est-ce que ça aurait pu marcher encore longtemps lui et moi ? S'il n'y avait pas eu cet incident avec la boutique et Jaëlle ? Combien de temps ça aurait duré ? Il aurait appris plus vite pour moi ? Ou je me serai rendue compte pour lui ?

« Et depuis quatre ans, tu as des nouvelles de tes parents ? Vous êtes majeures maintenant, ils n'ont plus aucun droit sur vous. Je dois admettre que vous êtes douées, moi à chaque fois que je me suis sauvé de chez Marcus, il m'a retrouvé. Mais j'suis sûr qu'il avait déployé tous les agents de son quartier pour ça. »
"Non. Je n'ai aucune nouvelle de mes parents. Moi je n'ai pas essayé d'en avoir, j'ignore si Jaëlle l'a fait, mais je ne pense pas. On s'est servi de notre don outrageusement."

Je regarde autour de nous, un peu paranoïaque. Je baisse d'un ton.

"Je te jure que si ça se sait... Je dois dire que je ne me suis pas vraiment rendue compte que j'étais devenue majeure. On a toujours vécu dans l'urgence, dans le stress. Il a fallu se cacher. Se faire discrète et ce n'était pas facile avec la Trace. Jaëlle a gardé un lien avec la magie, mais pas moi. J'en suis... écœurée. Je souhaite pas devenir une grande sorcière. Mais je peux te donner des tuyaux pour faire le mur et t'échapper de chez Marcus. Après tout, il n'a jamais mis la main sur nous."

Ok, je devrai pas faire ce genre d'humour, mais au moins, je retrouve le sourire.

« Et pour te réhabituer à la magie, tu pourrais regarder les rediffusions du Tournoi des Six Sorciers ? Il se tient cette année à Ilvermorny. Et mes dragons ont participé à la première épreuve. J'ai dû en soigner certains, mais crois moi, ils ont mis les candidats mal en points. »
"C'est une invitation ?"

Je souris.

"Je crois que je ne peux pas refuser de regarder tes dragons à l’œuvre. Mais c'est sérieux ? Ils ont mis des dragons dans le Tournoi ? Attend, tu as dis des six sorciers ?"

J'ai manqué quatre ans d'actualité sorcière. Je me demande si je vais encore apprendre d'autre chose aussi folles. Six sorciers, des dragons. On retourne dans ma chambre d'appoint après qu'il est installé une toile pour voir le Tournoi. Il va vraiment devoir me chaperonner ? Ça ne le dérange pas de se retrouver coincé avec moi ? Je suis son ex, alors peut-être qu'il n'a pas vraiment envie de passer du temps avec moi. Mais je n'ose pas lui demander. D'un coup de baguette magique, les images apparaissent sur la toile blanche. Je reste bloquée un instant. C'est vraiment étrange de revoir Ilvermorny. Il présente l'école, puis les Champions. Je suis pas sûre de reconnaitre ceux de Poudlard. Peut-être le petit jeune, il foutait pas la merde dans l'école ? J'ai de vague souvenir.

D'un autre coup de baguette magique, il rabat les couvertures du lit, et des coussins apparaissent. Il fit apparaitre du pop-corn. Je me crispe un peu, cela fait tellement de temps que je n'ai pas vu la magie à l’œuvre. Mais je dois m'habituer. Je souris en me forçant un peu. On s'installe sur le lit. Heureusement on a gardé le pot de crème glacée.

"Tu es sûr que ça ne te dérange pas de rester avec moi pour regarder ça ?"

Oui Ok, j'ai pas résisté de lui demander. Mais je ne veux pas être un fardeau. Il dit qu'il connait le danger. Mais en dehors du fait que cela soit dangereux, y'a notre histoire. Je veux dire, on a pas reparlé de nous deux. De la rupture. Ça ne va pas compromettre tout ça ? Comment va-t-il pouvoir m'aider ? Que souhaite Marcus ? J'ai tellement envie de voir Jaëlle. Je suis perdue. Je crois, je crois que si je passe du temps avec Will, je vais encore avoir des sentiments, et je m'en sortirai pas cette fois. Maintenant qu'il sait qui je suis et que je sais qui il est. Je me demande si j'ai plus peur de la magie que de l'amour en réalité.

"Oh tu sais, c'est des rediff. J'ai regardé la 2e épreuve mais la 1ere en fait je ne l'ai vue que depuis les coulisses, je la verrai sous un autre angle. Et puis si t'es chiante, je te spoile le résultat"
"Non... non j'peux pas croire que tu es ce genre de mec !"

Je fais mine d'être affreusement choquée et outrée. Puis je me retourne vers l'écran. J'écoute les organisateurs du jeu parler de la première épreuve, parler des candidats. La majorité sont des sangs-purs. Comme si le jeux était truqué. Je deviens livide. Mais c'est quoi ces règles du jeux ?

"J'y crois pas. Will, tous les Champions sont des sangs-purs. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'il se passe dans le monde ?"
"Pas tous en fait. L'Américain là, celui qui fait le con. C'est pas un sang-pur. Pareille pour l'anglaise qui à l'air d'avoir un balai dans… enfin tu vois." Il se renfrogne un peu. "Mais je vais pas te mentir, les Sangs-Purs reviennent en force, par contre les créatures, elles, ont été interdites de Tournoi. De la triche, qu'ils disent. Un danger supplémentaire, aussi."

Mais ce n'est pas juste !

"J'ai vraiment sauvé un vampire ? C'était… c'était quelqu'un de bien ?"

Je ronge nerveusement l'ongle de mon doigt. C'est vrai, j'ai tué ce gars, mais je sais même pas si le vampire que j'ai sauvé été quelqu'un de bien. Sur le coup, je n'ai rien réalisé. Mais je me dis que j'aurai pu tuer la mauvaise personne. Même si en me souvenant, ce truc s'est libéré en moi parce que je trouvais injuste ce que faisait le gars masqué.

"Pourquoi ce mec l'agressait ? C'était quelqu'un du gouvernement ? Pourquoi le gouvernement ferait ça ?"

Il attrape ma main pour écarter mon doigt de la bouche.

"J'en sais rien pour le vampire, ok ? J'sais pas qui c'est, je me suis pas renseigné, mais ce qui est fait est fait. Et sinon, oui, c'était un Rafleur, c'est un truc qu'ils ont hérité d'Angleterre. Ils veulent éliminer les créatures parce qu'ils estiment qu'elles sont… incontrôlables et dangereuses. Sauf qu'ils font pas du cas par cas, si tu vois ce que je veux dire"

Je serre la main qu'il m'a prise. Mon cœur commence à frapper bien fort. Marcus m'a dit que je ne devais pas m'énerver, que je devais rester calme. Mais c'est difficile. Je me concentre sur sa main, sur sa voix. Je suis en sécurité ici. Au Téléscope. Chez les gens qui défendent les créatures magiques apparemment. Il m'a parlé d'un truc, une insurrection. La population se rebelle c'est ça ? Mais il a dit qu'il y a avait une guerre non officiellement déclarée. Est-ce que son groupe se bat contre les Rafleurs ? Marcus a parlé de Purificateurs aussi.

"Mon Dieu Will, tu es aussi un… un Insurgé c'est ça ? Est-ce que… c'est quoi votre rôle ? Tu as parlé d'une guerre. C'est pour ça que tu partais souvent ? C'est ici chez toi ? C'est pour ça que tu ne m'as jamais invité ?"
"Naëlle, respire, on dirait mon ancienne prof d'histoire de la magie quand elle nous interrogeait! Bien sûr que je suis un Insurgé, sinon je n'aurais pas le droit d'être ici. Et ici c'est là où on s'organise pour défendre les droits des créatures, et maintenant des sorciers aussi, opprimés. Mais ça n'a rien à voir avec mon chez moi puisque je vis chez mon oncle ni avec mes absences. Je suis dragonologiste, je vais là où sont les dragons."

Non, non il vient pas de me comparer à cette vieille harpie ? Je ricane doucement. Mais il a raison sur un point, je dois vraiment me calmer, je sens comme des fourmis dans mes doigts, et les fois ou j'ai senti cela ce n'était pas très bon. Mais je dois dire, qu'avoir ma main dans la sienne, sans qu'il ne cherche à s'en libérer me fait du bien.

"Je t'en pris, me dit pas que je ressemble à Mrs Tinck… elle était affreuse…"

Je respire alors vraiment, pour m'apaiser. Me calmer. Je me souviens de quelques exercices de ma sœur. Jaëlle serait ravie que je fasse de la relaxation. Et qu'elle ait eu encore raison sur ce coup là.

"Je suis quoi ? Une sorcière opprimée ? Une Insurgée ? Faut que je signe un genre de registre pour être ici ?"
"Naëlle..."

Il soupire . OK OK. Je plonge ma cuillère dans le pot de crème glacée et avale en savourant. Ça aussi c'est anxiolytique, ça fait du bien par là où ça passe. Mmmhhh un régal.

"Tu vis chez ton oncle ? Pourquoi tu ne vis pas chez tes parents… ? Du coup, je, je ne sais pas si tout ce qu'on s'est dit est vrai ou pas. Mais je voudrai pas te rappeler Mrs Tinck… je sais que je pose trop de questions. Je suis un peu perdue."
"Je suis désolé de te le dire, mais si, tu ressembles carrément à Mrs. Tinck là! T'es ici parce qu'il y a un obscurus en toi, ok, ton nom n'est inscrit nulle part, détends-toi."

Il avale un peu de pop corn qu'il a fait apparaitre un peu plus tôt. Faut vraiiiment que je m'habitue à cette magie qui arrive de partout. Il s'extasie devant un de ses dragons. Il fixe l'écran, sans me regarder pour la suite

"Je vis chez mon oncle parce que mes parents sont morts il y a quelques années. C'est lui qui s'occupe de mon frère, de ma sœur et de moi. Et eux ils sont encore à l'école mais à Ilvermorny."

Mon cœur manque un battement. Ses parents sont morts. Je le fixe, mais il ne me regarde pas. Je comprends que ça doit être douloureux. Mon Dieu Will. Je suis désolée pour lui. Ça a fini de me calmer dans mes questions. Je ne sais pas quoi dire. J'apprends beaucoup de choses en peu de temps. Par exemple, il a un frère et une sœur. On n'a jamais parlé que de la mienne. Il a toujours été discret sur sa vie. Je comprends maintenant. Inutile d'entamer un grand discours. Je me contente juste de serrer sa main. Qu'il sache que je suis là. Il serre ma main en retour, il a compris j'espère. Puis je me mets à regarder le Tournoi. Ça y est, ils ont arrêté de faire le discours, place au jeu. Et... rolala c'est dangereux ma parole !

"Lui, il va avoir des problèmes… oh reste pas là ! reste pas là !"

Je ferme les yeux alors que le dragon souffle sur Austin. Et Will rigole. Il se fout de moi, je rêve ! Lui il a déjà vu la scène, ce n'est pas du jeu. Il va le tuer, c'est sûr ! Comment c'est possible un truc pareil ? Et les autres attachés aux poteaux, ils vont se faire cramer !

"Je peux les ouvrir, il est pas mort ?"

Je tente d'ouvrir un œil, pas sûre de moi.

"Il s'appelle comment ? Le dragon je veux dire. J'arrive pas à croire que c'est toi qui t'occupe d'eux…"
"Ca va, ouvre-les, y a pas eu de morts, seulement quelques blessures et brûlures. Et le dragon c'est Ajagar. Ca veut dire dragon en Hindi. Pas moi qui ai choisi mais un de mes tuteurs. Il faut bien qu'il y ait des personnes pour s'en occuper. Entre de mauvaises mains, ça peut être terrible, ce genre d'animal. Mais je crois que tu le sais, tu as l'air de les apprécier."

C'est toi que j'apprécie j'ai eu envie de répondre. Mais c'est vrai. J'ai toujours aimé les dragons. Ajagar, ça en jette comme nom. J'aime beaucoup.

"Je n'en ai jamais vu autrement que dans des livres. Je trouve vraiment impressionnant que tu travailles avec eux, alors que... ton épouvantard. Enfin moi je ferai pas la fière devant eux, vraiment. Ces Champions sont vraiment courageux. Et ça va ? Il n'y a pas eu trop de dégâts parmi tes petits protégés ?"

Les coulisses ça doit être quelque chose ! Comme j'aimerai voir comment il s'y prend. Mais je me liquéfierai sur place. On continue de regarder l'épreuve. On rigole tous les deux, enfin plus lui que moi. J'ai sursauté tout du long et je crois qu'il s'en est largement amusé. Je lui ai posé quelques questions - pas beaucoup ça va - sur les dragons, comment ils s'en occupent ? Comment lui ai venu cette passion ? Il me raconte quelques anecdotes. Et j'oublie un peu où je suis, ce que je fais ici, et ce que j'ai à l'intérieur de moi.

On se parle librement. On parle du monde des sorciers, comme si... comme si je ne tentais pas de le fuir. J'ai fini le pot de glace et lui les pop corn. Il me parle de mon tatouage. Et sans vraiment réfléchir, je retire mon t-shirt, enthousiaste, lui tournant le dos, pour qu'il l'observe. Sans vraiment me rendre compte de ce que je fais... C'est juste que je peux enfin montrer mon tatouage à quelqu'un qui s'y connait.

"C'était plutôt douloureux, mais je le trouve bien réalisé. Le No-Maj m'a félicité du dessin. C'était quelque chose de se dire que cette créature existe et qu'il n'en a pas idée..."

Je sens les doigts de Will qui caressent ma peau et contournent le Magnar. Je frissonne, mon cœur s'accélère, ma bouche s'entrouvre alors que mon visage fixe le mur devant moi. J'avale ma salive puis je tourne ma tête vers lui. Je suis gênée en réalisant la situation dans laquelle je nous ai mise.

"On se lance la deuxième épreuve ?"

Il retire sa main et je remets mon haut. Bon sang qu'est-ce qui m'a prit ? Mon cœur bat encore très fort. Ok, il me plait toujours. Bon d'accord, il m'a toujours plus, même quand je l'ai quitté. Il nous lance la deuxième épreuve. Vraiment très étrange celle ci. C'est l'occasion de parler des contes sorciers, que je connais évidemment.

Vu que j'ai fini ma glace, je finis par caler un coussin sur les genoux de Will, et comme je l'aurai fait avec ma sœur, je m'allonge et dépose ma tête sur le coussin pour continuer de commenter l'épreuve. Ils doivent répondre à une énigme qui correspond au conte dans lequel ils sont projetés. C'est un festival de magie, le portoloin, le décor. Ça me force à me plonger dans mes souvenirs lointain. Quand on me lisait les contes avec ma sœur.

"Je ne sais même plus si je sais faire tout ça. Ma baguette est en Acajou, elle est restée à mon appartement. Jaëlle va pouvoir passer me voir ? Ou il faut que je sorte d'ici ? Elle pourrait me l'apporter."

Je tourne ma tête pour le regarder d'en bas. C'est vraiment, vraiment un gros effort de ma part, mais je vois que lui en fait aussi. Et je ne veux pas lui faire perdre son temps avec moi. Je ne veux pas faire perdre du temps aux Insurgés qui ont d'autres chats à fouetter. Et puis il doit s'occuper des dragons...

Codage par Libella sur Graphiorum

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Naëlle Sharp

« Je vais découvrir un autre chemin, et il va falloir que tu sois mon guide dans cette obscurité. Elle pourrait nous entrainer tous les deux. »
 

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L'obscurité suspend tout.
Il n'y a rien qui puisse, dans l'obscurité, devenir vrai.
Naëlle Sharp & Will Davies

Si elle peut m'aider à échapper encore plus souvent à la surveillance de Marcus, je suis preneur. Il a perfectionné ses méthodes, et m'attrape, après coup bien sûr, de plus en plus régulièrement. Mais donc deux gamines de seize ans à peine ont réussi à lui filer entre les doigts durant quatre ans ? Il va être dingue et des têtes vont tomber quand il va savoir ça. En attendant, il va falloir qu'elle réapprivoise le monde magique, et pour y aller en douceur, on va passer par la télé, et le tournoi. Au pire, ça lui paraitra une de ces émissions bizarres dont les no-majs ont le secret.

« Oui des dragons, qu'est-ce qui te surprend ? Tu te souviens du tournoi auquel Harry Potter avait participé ? Ou encore celui d'il y a quelques années là, avec la championne de Beaubâtons et le vampire. Par contre ouais, ils ont innové cette année. Un garçon et une fille pour chaque école. Poudlard, Beauxbâtons et Ilvermorny. »

Il y a eu d'autres nouveautés aussi, mais chaque chose en son temps. Pendant que je lui expliquais tout ça, j'en ai profité pour fire apparaître de la glace, du pop corn, des sodas. On s'assoit tous deux sur le lit et je lance les images de la cérémonie d'ouverture. Je sens son stress, c'est fou. Quelque part moi aussi ça me stresse aussi tout ça. Elle m'a largué comme ça, juste parce que je suis... ce que je suis. Elle m'a plaqué alors qu'elle ignore le quart des horreurs que je peux cacher. En un sens, elle a peut-etre eu raison...

En tout cas, ce qui peut être aussi bien que casse bonbon avec elle, c'est qu'elle ne vous laisse jamais cinq minutes avec vous même. Impossible de se perdre dans ses pensées, elle parle tout le temps. Alors il faut bien lui expliquer. Heureusement que je n'avais pas envisagé de l'emmener à un match ou au ciné pour notre premier rancard... Par contre elle pointe très vite les problèmes de merde de notre société. Ouais, y a presque que des sangs-purs, et j'suis à peu près sûr que les deux sangs-mêlés qui ont été sélectionnés ne l'ont été que pour la forme. J'suis prêt à parier qu'ils vont perdre. Suffit de voir, les créatures ont bien été interdites. Tout ça pour quoi ? Pour faire comme les Anglais ? Y a jamais eu de vrais gros problèmes avec les créatures ici, c'est bidon tout ça. Je vois que ça l'angoisse déjà ces histoires. Faut qu'elle se détende ou elle a pas fini de se faire du mouron et elle va avoir un ulcère à l'estomac avant ses 21 ans. J'essaie de lui expliquer, mais c'est pas vraiment moi, le type doué pour parler, dans la famille. Marcus lui dirait tout bien mieux que moi. Elle a un blanc de quatre ans dans sa vie magique, comment je peux lui expliquer notre lutte quand moi-même je ne comprends pas tout ce qui se passe ?

Et ça devient encore plus compliqué quand elle mentionne mes parents. J'arrive pas à croire qu'on soit sorti aussi « longtemps » sans qu'elle n'apprenne pour eux. Je savais que ça ne pouvait pas durer, mais j'aime pas parler d'eux, parler des frères et sœurs que j'ai perdus. Alors j'expédie le truc, n'approchant pas du détail. Je ne parle pas du nombre de proches que j'ai vus mourir. Je ne mentionne pas le dragon. Je ne fais aucun cas de la souffrance. Je cache le fait que mes parents aidaient les créatures. Je n'aime pas parler de ce jour là. Et pour une fois, j'ai de la chance, elle ne dit rien. Je sais qu'elle me regarde, je sens ses yeux peser sur moi alors que les miens sont obstinément rivés sur l'écran. Et en silence (enfin!), elle serre ma main, que je presse en retour.

Heureusement, après, elle redevient elle même, à sursauter au moindre truc et à parler à l'écran comme si les champions pouvaient l'entendre. Mais on finit par parler de dragons et ça, ça me détend.

« J'faisais pas l'fier au début tu sais. Mais ça s'apprend. Ils sentent la peur, comme la plupart des animaux. Il ne faut pas fléchir quand tu es face à eux, c'est ça le secret. Quant aux Champions... Courageux ou carrément tarés, je ne saurais pas faire mon choix. »

J'suis pas certain que je me serais jeté dans l'arène moi. J'en avais un peu rien à faire de leurs délire de gloire éternelle et compagnie.

« Quelques dragons ont été blessés, mais ils vont s'en remettre, ce sont des coriaces. »

Et puis on les a bichonnés faut dire. Les dragons ont autant besoin d'affection que de rigueur et de rudesse. Je le lui explique, comme je lui exlique comment on mouche un dragon. En revanche, je ne peux pas vraiment lui exliquer d'où me vient cette passion... parce que ce n'en est pas vraiment une.

« Comprends et maitrise ce qui te fait peur. »

Je récite ces mots, comme un moto, un leitmotiv. Non, les dragons ne sont pas une passion, mais comme le riddikulus neutraliserait un épouvantard, le contrôle de notre peur permet de l'atténuer. J'en suis convaincu, et c'est d'autant plus vrai à mes yeux depuis que j'élève Eliott. Je sais la puissance potentielle qui est la sienne, je vois sa violence, sa cruauté putative... Alors je le dompte, j'en fais un animal domestique, afin que sa bestialité soit correctement façonnée. Mais elle, c'est une vraie passionnée. D'ailleurs elle... elle enlève son t-shirt. Genre, comme ça. Je baisse brièvement les yeux, me passant la langue sur les lèvres, amusé par cette spontanéité retouvée.

"C'était plutôt douloureux, mais je le trouve bien réalisé. Le No-Maj m'a félicité du dessin. C'était quelque chose de se dire que cette créature existe et qu'il n'en a pas idée..."

Effectivement, le dessin est parfait. Doucement, mes doigts refont le tracé des écailles. De mauvais tatoueurs, il y en a des tas. Moi-même je suis marqué par quelques dessins bien ratés. Mais celui-là, il est parfait, très réaliste, et sur sa peau parfait et satinée...

« Ouais, faisons ça. »

Je m'écarte, pour la laisser remettre son haut alors que je prépare la suite du programme. J'ai des fourmillements dans le bout des doigts. Dire qu'elle et moi on n'a jamais... enfin... J'ai caressé son dos, oui, mais guère plus.... Les premières images de l'épreuve des contes apparaissent enfin, nous permettant de penser à autre chose. Finalement, les diffusions du tournoi c'est une bonne idée pour la remettre dans le bain de la magie : après les dragons, c'est la culture des sorciers qui était testée. Tout à coup, je la sens qui pose son oreiller sur mes jambes et... qui y couche sa tête. Ok. C'est un peu bizarre vu tout ce qui s'est passé entre nous, mais ok.

"Je ne sais même plus si je sais faire tout ça. Ma baguette est en Acajou, elle est restée à mon appartement. Jaëlle va pouvoir passer me voir ? Ou il faut que je sorte d'ici ? Elle pourrait me l'apporter."

Je la regarde, franchement étonné qu'elle me réclame sa baguette. Est-ce que c'est un premier pas vers l'acceptation ?

« Je peux la faire venir, elle t'apportera ta baguette, des affaires, tout ce dont tu as besoin. Enfin, je ne sais pas si elle aura assez confiance en moi pour me croire et accepter de venir ici. Vous avez... je sais pas... un mot de code ? Les jumelles ont pas un langage perso ? »

On voit toujours ça dans les films ou les séries et moi faut que je trouve un truc pour convaincre Jaëlle de venir. Quant à Naëlle... Merlin, faut qu'elle arrête de me regarder avec ces yeux-là. Elle a l'air affreusement fragile alors que je l'ai vu cogner des plus costauds que moi.

« C'est dangereux pour toi dehors. Il faut d'abord que tu reprennes des forces et je te jure, il y a des gens vraiment bien ici. Ils ont tendance à se la jouer un peu trop psy, si tu veux mon avis. Et quand tu maitriseras un peu mieux cette... chose, cet obscurus, peut-être que tu pourras revoir des dragons. »

Si elle aime bien, autant l'appâter avec ça non ? Les dragons sont sensibles à la magie, alors si elle ne la contrôle pas, ils ne seront pas vraiment contents.

« Et puis quand tu iras mieux on pourra sortir faire la fête. »

Je lui souris. Une bonne teuf, ça manque, non ? Y a eu trop de drames ces derniers temps, les gens ont carrément oublié de vivre et de s'éclater.

« Tu te souviens de cet été, en Tanzanie. Ça c'était ouf, les gens savaient s'amuser là bas. Tu te souviens l'hôtel où on s'est croisé ? Y avait une discothèque, ça me manque à mort, faut qu'on sorte, j'te présenterai Amélia. »

Bn, j'vais éviter de préciser que j'ai croisé mon ex enceinte – pas de moi hein – à cette occasion.

« Y a des magazines aussi. La presse people sorcière est plutôt active. »

Je me lève, l'obligeant à se redresser. Je ne peux pas l'avoir comme ça, allongée, plus longtemps sous mes yeux. Je fais apparaître quelques paperasses de piètre qualité.

« Tu veux qu'on fasse des moustaches au type que tes parents voulaient que tu épouses ? Si ça tombe, sa face est ravagée par la dragonite... »

Je me demande bien avec quel crétin son père et sa mère voulaient la caser. Ils auraient certainement pété un plomb s'ils savaient qu'elle et moi on est sorti ensmble...

black pumpkin

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Loving can hurt, loving can hurt sometimes
But it's the only thing that I know
When it gets hard, you know it can get hard sometimes
It is the only thing makes us feel alive

©crack in time

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L'obscurité suspend tout. Il n'y a rien qui puisse, dans l'obscurité, devenir vrai.
Je sais qu'il est étonné, je sais reconnaitre cette expression sur son visage. Son visage qui m'a toujours paru bienveillant. Parfois fatigué, tiré, avec un je ne sais quoi de largué dedans. Tous les moments qu'on a vécu, en pensant l'un comme l'autre, que l'autre était un No-Maj. Maintenant je comprends plus de choses. Et il n'est pas n'importe quel sorcier, il est une sorte de rebelle, de défenseur. Je me rends compte que je ne connais presque rien de lui. Il m'ouvre cette partie du monde que je me suis efforcée de fuir.

Je me rends compte, que je ne peux pas sortir d'ici. Qu'il va falloir que je reste. Il propose de faire venir ma sœur, ici, en ce lieu secret et protégé. J'ai confiance en Jaëlle. Il n'y a pas de soucis pour ça, mais cela veut dire, qu'il me fait aussi confiance. Et après la rupture, c'est... c'est beaucoup.

"Un code ?"

Je fais la moue et réfléchis, on a plein de code, de langage perso avec ma sœur. Mais pour qu'elle vienne... Qu'elle sache que c'est bien moi. Il y a bien...

"Dis lui simplement que Pamela Anderson me manque..." Je souris. "Sinon tu peux lui dire où se trouve ma baguette, il n'y a qu'elle qui le sait en dehors de moi. Dans une boite, sous le lit, que seul notre don peut ouvrir, car il faut l'empreinte d'une personne en particulier, et qu'il faut en prendre l'apparence."

Je n'arrive pas à me défaire de son regard. Ma tête posée sur ses genoux. J'avale ma salive. J'ai peur de retomber dans ce monde. C'est comme être un ancien alcoolique à qui on dit "seulement un verre". Dès que ma sœur va arriver, ça sera sans retour en arrière possible. Les Insurgés m'ont ouvert leur porte, alors que je devrai me retrouver à la Silver Line à l'heure actuelle. Je ne peux pas les décevoir, je ne peux pas décevoir Will, et encore moins Jaëlle.

Je soupire. Il essaye vraiment de m'amadouer avec des dragons ? Et il croit que ça marche ? Bon, ok... peut-être. Mais il a pas le droit de faire ça. D'être si rassurant, si gentil avec moi. Il prend cette mission à cœur, j'aimerai être plus qu'une mission. Je... j'ai peur de vouloir plus. J'ai peur d'aimer ce monde, parce qu'il s'y trouve. J'ai peur de faire à nouveau confiance. Peur qu'on me retrouve, que mon passé me rattrape. Peur de m'attacher à lui, pour être arracher ensuite à mes obligations. Mais peut-être que nos ex-fiancés sont déjà mariés à l'heure actuelle ?

"Je me sens en sécurité ici. Ça ne va pas être facile, je vais te décevoir bon nombre de fois, ça fait si longtemps. Il faut que... il faut que je mette en pause ma vie dans le monde No-Maj, que je prévienne de mon absence."

Je passe une main sur mon visage. Je vais devoir prévenir la fac, quelle excuse je peux trouver ? Et pour mes amis ? Est-ce que Jaëlle pourrait se faire passer pour moi quand ils viendront à la boutique pour prendre des nouvelles. Ils vont chercher à m'appeler. Où est mon téléphone d'ailleurs ?

« Et puis quand tu iras mieux on pourra sortir faire la fête. »

Je hausse un sourcil, mais finis par sourire avec lui.

"Oui carrément je marche."

Mais il faut que j'aille mieux. Il m’appâte avec une fête, des dragons... Oooh que oui je me souviens de la Tanzanie. J'aimerai bien aussi refaire une soirée comme ça. Et qui est... Amélia ? Une amie ? Un membre de sa famille ? Sa nouvelle copine ? Non, ça ne peut pas être... si ça pourrait. Je l'ai largué, il est célibataire et... mince, je n'ai même pas demandé, je ne sais pas tout ça. Je me relève alors de ses genoux quand il se lève. Peut-être que j'abuse. S'il a une copine... j'ai un comportement qui doit le gêner. Même si c'est pas ce que je veux laisser entendre. Mince je me sens mal d'un coup. Mais il fait diversion avec des magazines.

« Tu veux qu'on fasse des moustaches au type que tes parents voulaient que tu épouses ? Si ça tombe, sa face est ravagée par la dragonite... »

J'éclate de rire. Il veut vraiment faire ça ?

"Si tu vois passer un Eric ou Charles Dolohov, mais à vrai dire, je crois que les moustaches les arrangeraient. Ils étaient déjà pas très beaux."

Je regarde quelques images, je m'étonne de certaines actualités. C'est étrange d'y revenir dedans après toutes ces années. Et puis je camoufle un bâillement avec ma main. Je lui dis que je suis fatiguée, et il comprend que c'est l'heure de dormir pour moi. Je le retiens pas le bras alors qu'il sort de la chambre.

"Will, je voulais, je voulais te dire merci pour tout ce que tu fais."

Je fais un geste pour montrer la chambre.

"Pour tout ce que vous faites ici. Merci de ta confiance."

Il s'est porté garant pour moi. J'espère ne pas le décevoir sur ce plan là au moins. J'ai encore l'impression de lui dire au revoir sur le perron de la boutique. Il n'est jamais rentré chez moi après une soirée, je ne suis jamais allée chez lui non plus. Maintenant je comprends maintenant pourquoi. Est-ce que de savoir qu'on est tous les deux sorciers changera les choses pour nous deux ? Peut-on être ami ? Ne vais-je pas tomber dans un piège de sentiments ? On va devoir passer beaucoup de temps ensemble. Est-ce qu'Amélia sera contente avec ça ? Et lui ?

Il referme la porte et je m'installe dans le lit. Jaëlle. Je pense fort à elle, et envoie des pensées positives, apaisantes, rassurantes que j'espère qu'elle ressentira. Comme la fois où j'ai senti qu'elle était blessé à la boutique, alors que j'étais en cours. Demain est un autre jour. J'ai peur de ma magie, de ce côté si sombre que j'ai fais naitre en moi. Des souvenirs que j'ai, les obscurus pouvaient être fatal. Peut-être que je vis mes derniers moments. Peut-être que je ne serai pas aussi forte. La magie veut me faire payer toutes ces années à la renier.

Je m'endors, mais mon sommeil est agité. Cauchemars, insomnies. Je revois la mort de ce Purificateur. L'attaque du vampire. Je me vois engloutir le monde de mon ombre, détruire la ville, détruite Will, Jaëlle. Je peine à dormir quelques heures. Vivement que le jour se lève, que je retrouve Jaëlle.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Naëlle Sharp

« Je vais découvrir un autre chemin, et il va falloir que tu sois mon guide dans cette obscurité. Elle pourrait nous entrainer tous les deux. »
 

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