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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Janvier 2022.

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I've seen that look in your eyes
12 août 2021

Cela fait des semaines que je suis ici. Des mois. Je ne suis pas encore sortie du Centre. Maintenant tout le monde me connait. Même si j'ai encore quelques regards de travers, l''ensemble des gens sont bienveillant avec moi. Ils font attention à moi. J'ai l'impression qu'ils se sont tous fait passer le mot pour ne pas me stresser. On a du leur faire un topo sur mon Obscurial. On m'en a fait un aussi. Je suis une sorte de court, ou je revois un peu la magie élémentaire aussi. Je redoute chaque contact avec ma baguette magique. Je n'ose pas m'en servir. Ce qui me rend en décalage avec les autres.

Mais j'ai un peu progressé, je sais repérer les signes avant coureur. Des fourmis dans mes doigts, l'accélération de mon pouls, une sensation de gêne, d'étouffement. Ils ont apprêté une salle pour moi, quand je sens ces signes, j'ai ordre de m'y enfermer. Il y a des barrières magiques pour contenir la chose en lieu sûr. Mais je n'ai jamais perdu le contrôle encore. Mais je suis en lieu sûr, sans stimulations, alors c'est facile. Les gens font en sortent de ne pas produire de choses qui me ferait perdre le contrôle. Mais dehors ? Comment cela se passerait ? Avec toutes les stimulations ?

J'en ai appris un peu plus de ce qu'ils font ici au QG. On m'appelle toujours la nouvelle. Mais je ne fais pas vraiment partie des nouvelles recrues, les vrais Insurgés. J'en vois qui arrivent d'ailleurs, qui sont formés, briefés. Ce n'est pas le cas pour moi. Je surprends des conversations, je participe parfois autour de la table des repas. Mais ils ne comptent pas sur moi pour ça. Ils savent ce que je fais ici, et parfois j'ai des questions. C'est assez curieux il faut dire, une sorcière qui a renoncé à la magie. Surtout avec le don que j'ai. J'en entends certains murmurer que je pourrai être utile, vu que je peux prendre l'apparence de n'importe qui. Mais je ne m'amuse pas de cela avec eux. Je reste discrète. Par contre, avec l'accord de Marcus et les encouragement de Will, j'ai pris la direction de leur salle d'entrainement. Et je retrouve le plaisir de boxer. C'est mon moment de détente, parce que je ne peux pas sortir courir, ou prendre l'air. Et je dois dire que cela me manque maintenant. Je peux voir Jaëlle, et c'est aussi ma soupape. Elle me remet les pendules à l'heure, elle me remotive, et parfois, c'est moi qui l'aide. Elle a rompu avec Rafaël, je n'ai pas tout compris à la rupture, comme si elle me cachait des choses, mais je sais qu'elle fait cela pour une bonne raison, et elle me dira quand elle sera prête. Parler de ses problèmes, la consoler, ça me permet aussi d'avoir un contact avec le monde, la vie, de ne pas perdre la tête entre ces quatre murs. Des fois elle reste dormir ici, au Centre, on dort serrée l'une contre l'autre. Qu'est-ce que je ne ferai pas sans elle ? C'est la première fois qu'on est séparée comme ça, et je sais que c'est aussi dur pour elle. Heureusement qu'elle s'occupe à la boutique.

Sinon, on se voit régulièrement avec Will, tous les jours en fait, enfin, c'est rare quand il ne passe pas, même en coup de vent me demander comment je vais. Des fois on fait des soirées remise à niveau dans ma chambre. J'ai rencontré Amélia, sa meilleure amie, mais elle a du s'absenter, alors on a pas reproduit les rencontres. Elle m'a fait rire, Will a pu compter sur elle, même après ma rupture, elle me l'a dit, mais pas devant Will. On a pas parlé de notre rupture d'ailleurs tous les deux. En fait j'ai l'impression qu'on recommence tout de zéro. C'est une nouvelle vie, et je ne sais pas si dans cette nouvelle vie il pourrait y avoir un "nous". Je dois dire que j'en ai envie. Le croiser aussi souvent, savoir qui il est vraiment, me fait l'apprécier à sa juste valeur. Je le trouve toujours aussi craquant, et j'apprends à redécouvrir qui il est. L'ancien Will, le nouveau Will, ils me plaisent. Ce qui me plait, c'est qu'il avait aussi craqué sur celle que j'étais avant, et qu'il accepte celle que je suis finalement.

Ce soir, je n'arrive pas à dormir. J'ai utilisé plusieurs fois ma baguette magique, et au bout d'un moment, j'ai ressenti les fourmis dans les doigts. J'ai du partir m'isoler, deux heures dans la salle sécurisée. C'était humiliant, je m'en sortais pourtant pas mal. Et voilà, j'ai du partir. Il n'y avait pas Will. Mais c'est lui qui au bout de deux heures est venu ouvrir la porte. J'ai tellement honte quand il fait ça, j'ose à peine le regarder dans les yeux. C'est le seul autorisé avec Marcus à ré-ouvrir la salle. Alors parfois c'est long d'attendre. J'ai l'impression d'être un monstre. Non, en fait, je suis un monstre. Et aujourd'hui, j'ai appris qu'il y avait tout un tas de créatures magiques autour de moi. Oui, faut vraiment être stupide pour pas l'avoir su avant. Morgane est une louve. Je savais bien qu'il y avait un truc chez certains. Et du coup, tout cela me travaille, j'aimerai en parler à Will. Est-ce qu'il serait pas... une créature aussi ? Je ne pense pas, mais parfois son comportement est étrange, il est bizarre.

Je sors de la chambre pour aller boire un peu d'eau fraiche. Et quand j'arrive dans la cuisine, il doit être une heure du matin, le ciel étoilé est juste magnifique en cette période de l'année, je découvre Will.

"Will ? Qu'est-ce que tu fais là ?"

Quand il se retourne vers moi, je vois bien qu'il n'est pas trop dans son état normal. J'avale ma salive, est-ce que c'est une sorte de vampire ou de loup ? Ses yeux, ses yeux trahissent quelque chose. Il titube un peu, mais son sourire me rassure. Il se met à parler un peu fort, et je m'approche de lui alors il vacille un peu, en rigolant.

"Chut, chut tu vas réveiller tout le monde."

Je rigole un peu avec lui. Est-ce qu'il est saoul ? Je fronce les sourcils.

"T'as bu ? D'où tu viens ?

Oui d'accord, je suis pas sa mère, mais bon... J'ouvre un placard et je récupère des trucs à manger. J'attrape son bras pour le soulever et le poser sur mon épaule. Je vois que je le fais rire.

"Aller viens, tu vas te reposer un peu dans ma chambre. Elle est plus prêt. T'as fait la fête sans moi c'est ça ?"

On avance dans le couloir. Je suis un peu inquiète, je ne l'avais encore jamais vu comme ça. Quand on arrive, il s'avachit sur mon lit. Je pose ce que j'ai récupéré pour manger, ainsi qu'une bouteille d'eau. Je viens à côté de lui.

"Hey ! Pas tes chaussures sur le lit !"

Je dois presque lui sauter dessus pour les lui retirer. J'attrape alors son visage à deux mains. Un air grave sur mon visage, je l'observe avec minutie. Ses pupilles sont dilatées, et il sent un peu l'alcool, mais...

"Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi t'es dans cet état ?"

Je caresse un peu sa joue avant de le relâcher. Je lui tends la bouteille d'eau.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Naëlle Sharp

« Je vais découvrir un autre chemin, et il va falloir que tu sois mon guide dans cette obscurité. Elle pourrait nous entrainer tous les deux. »
 

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Naëlle Sharp & Will Davies

Voilà. C'est fait. J'y suis allé. J'ai souhaité un bon anniversaire à mon père. Mais cette année, je me suis retrouvé tout seul pour le faire. Parce qu'Amélia n'est plus là. Elle est partie elle aussi, pour un stage. Et j'pensais pas que ce serait aussi dur. Sauf qu'on n'avance pas. J'aimerais dire à mon père que la cause avance, mais c'est pas le cas. J'aimerais lui dire que j'ai trouvé le type qui avait réussi à dompter le dragon qui les a tués, mais j'ai pas réussi. J'ai fêté mes 21 ans, j'suis officiellement majeur partout dans le monde. Mais ça n'a pas la saveur escomptée. J'ai peut-être abusé de la griffe de dragon et de l'alcool ces derniers temps, mais il a fallu faire bonne figure, devant tout le monde, devant Naëlle. Et c'est pas facile. Ça fait plusieurs mois qu'elle vit ici, au Télescope. Et qu'elle a peur, d'elle, de la magie. Alors il ne faut montrer aucune faille. Sourire, lui apporter un gâteau pour son anniversaire, la regarder avec sa sœur. C'est... un peu plus dur que je ne l'aurais pensé en cette période.

Alors cette nuit, j'ai peut-être bu et consommé plus que de raison. Mais c'était l'anniversaire de mon père, et ma petite sœur est encore plus en colère que d'habitude, et moi, je sais encore moins la gérer et gérer tout ça que d'habitude. Donc bon, autant dire que j'ai la dalle. J'ai toujours faim quand j'abuse un peu. Heureusement, je suis encore assez lucide pour me faire discret et rentrer sans me faire capter par Marcus. Parce que là je ne suis en état ni pour un sermon ni pour un grand discours de tonton compréhensif. Je m'allonge sur une des tables de la cuisine en mordant dans de doritos, tout en regardant les étoiles. Depuis combien de temps on ne s'est plus allongé sous un plaid pour regarder le ciel avec... Tu parles, c'est idiot. Avant on se réunissait tous pour se tenir chaud. On n'est plus que trois, ça n'aurait plus aucun sens.

"Will ? Qu'est-ce que tu fais là ?"

Will ? C'est moi ça ! Je tourne la tête et découvre Naëlle. Je me redresse, en souriant mais titube un peu en me remettant sur mes deux jambes.

« Hey, j'avais un petit creux. Je savais que tu venais piquer de la bouffe en cachette ! »

Woh, la Terre tourne un peu trop vite à mon goût. Quoi chut chut ?

"T'as bu ? D'où tu viens ?
- Je viens du ciel, et les étoiles entre elles, ne parlent que de toi... »

Je chantonne dans un français très approximatif. Je ne sais même pas où j'ai pu entendre cette chanson. Ok, ok, j'ai peut-être besoin d'aide pour marcher droit. Je me marre de plus belle quand elle me dit qu'elle m'emmène dans sa chambre.

« Je savais que vous me draguiez, miss Sharp ! »

Mais je ne suis pas un homme facile ! Ou peut-être un peu. Oh Merlin, un lit. Je m'affale dessus. Bon, même si elle veut, j'crois qu'merlin junior ne voudra rien faire ce soir. Je marmonne quand elle parle de mes... hey mais ! Elle me les enlève de force !

« Naëlle c'est pas qu'j'ai pas envie mais... »

Merlin, j'l'ai pas vu venir ça. Elle m'attrape le visage et je me retrouve à loucher tellement elle est près de moi.

"Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi t'es dans cet état ?"

Ah non, elle va pas s'y mettre elle aussi !

« J'ai rien, t'as raison, je suis sorti, j'ai fait la fête, ça s'arrête là.
- Ouais, un bonne grosse fête, dit-elle en fronçant les sourcils,…. t'es dans un de ses états… avec qui tu sors comme ça ? Je veux dire, qui te laisse rentrer dans cet état ? T'as transplané ? T'aurai pu te faire désartibuler, ou te perdre dans la cheminée !
- Merlin Naëlle, depuis quand tu n'es pas sortie ? Aucun risque, je gère, pas d'inquiétude. Et en plus, j'réveille personne. Et toi ? Un rencart nocturne ?
- Tu veux même pas savoir depuis quand je suis pas sortie, je l'ai oublié moi même. J'avais rencart avec un verre d'eau ! Et si j'étais pas apparue, si, tu aurais réveillé tout le monde. 
- Nianiania »

Elle prend sa tête entre ses deux mains et me scrute en soupirant, j'ai l'impression d'être face à une prof rabat-joie.

« Tu vas te moquer de moi, mais t'es une créature magique toi aussi ? Un loup ? Un vampire ? Sinon, explique moi pourquoi tu as souvent les pupilles dilatées William Davies.
- Une créature magique ? Dis moi donc Naëlle Sharp, qu'est-ce que tu penses que je suis ? Un grand méchant loup qui te dévorera à la nuit tombée ? Ou un vampire qui se contrôle particulièrement bien en ta résence ? Je suis vexé que t'ais pas pensé que je puisse être demi-vélane ! Tu t's pas dit que je pouvais juste être fatigué de tout ce qu'il y a à gérer ici ? 
- Je crois qu'ici, celui qui devrait avoir le plus peur, c'est encore toi. Et si je me fâche et que je libère… ma créature ? »

Elle secoue la tête

« J'ai pas encore oublié mes cours de l'université. T'as les pupilles dilatées. Tu prends un produit. Peut-être parce que t'es crevé oui, de gérer tout ça. Mais… produit quand même. Qu'est-ce que tu prends ?
- T'es mignonne quand tu t'énerves, mais crois moi, c'est pas une bonne heure pour un interrogatoire. Tu n'es pas mon oncle, tu es encore moins ma mère, alors on va s'arrêter là pour ce soir. 
- Je sais pas ce qui me vexe le plus, que je sois personne pour toi, ou que je n'ai pas le droit de m'inquiéter. Mais très bien, j'vais fermer les yeux sur le fait que je trouve que t'y va fort sur la boisson, et que tu prends des produits pour ce soir. »

Elle me colle une bouteille d'eau contre ma poitrine, j'crois qu'elle est en colère. Oh mais merde à la fin, maudites soient les filles j'vous jure ! J'ai pas demandé qu'on me couve moi ! Je soupire. Au moins Amélia me jugeait pas. J'avale une gorgée d'eau, avant de regagné ma chambre. Avec un peu de chance, elle aura oublié d'ici demain.

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I've seen that look in your eyes
13 août 2021

Il me... Arrrrg j'ai envie de hurler. Respire Naëlle, respire. Faut que je garde mon calme, ça ne servira à rien dans l'état dans lequel il est. Mais ça me déchire le cœur de voir ça, de le voir comme ça, c'est... mon Dieu mais qu'est-ce qu'il a pris ?! Il a pris un truc n'est-ce pas ? Je suis pas à ce point à côté de la plaque. C'est pas tellement le produit qui m'inquiète, c'est pourquoi ? Qu'est-ce qui le pousse à prendre ça ? C'est un garçon intelligent, impliqué dans une lutte très... une super lutte quoi. Pourquoi il a besoin de ça ? C'est l'adrénaline ? C'est pour ça qu'il bosse avec les dragons ? Pour se prouver un truc, pour ressentir un truc ? Mais alors, il a perdu quoi ? Qu'est-ce qu'il a perdu pour vouloir le retrouver en se mettant dans des états pareil. Will... Mon cœur se serre, je déblatère des trucs pour la forme, je l'interroge, mais il fait le malin, il esquive, il me dira rien. Boude pas Naëlle, t'es plus rien, très plus rien pour lui depuis que tu l'as quitté.

Je sais même pas pourquoi je lui demande s'il n'est pas une créature magique ? Peut-être que j'espère qu'il n'a rien pris. Je peux pas croire que c'est juste une soirée. Je sais pas pourquoi, mon instinct. Il pu l'alcool, ça me fout la rage. Est-ce qu'il est... genre violent quand il boit ? On ne dirait pas, il est mal luné, mais pas méchant, même si ces commentaires sont tranchants. Je l'agace. Oui et bien ce n'est pas moi qui est bu et me suis droguée ! Pfff. Dans ma tête je tourne en boucle sa phrase en me moquant de lui et prenant un ton ridicule. "T'es pas mon oncle, et encore moins ma mère" Je roule même des yeux. Je lui plaque alors la bouteille d'eau contre sa poitrine. Je ne peux pas m’empêcher d'avouer que je suis vexée. Je devrai faire des efforts, il est bourré et pas en état, mais je sais pas... ça me touche. Ça me fait mal de le voir comme ça, je voudrai pouvoir avoir ne serait-ce que la légitimé pour lui faire la leçon. Mais j'oublie, je suis rien pour lui. Il le dit si bien, et ça fait mal de l'entendre. On dit que quand on est saoul, la vérité sort plus facilement.

Il boit son eau et se casse. Comme ça. Comme ça ! J'attrape un coussin et pousse un cri aigu dedans. Faut que je me calme, faut que je respire. Je sens déjà les frissons le long de ma colonne vertébrale, ce n'est pas bon. Pas bon du tout. Je veux Jaëlle ! Je me roule en boule dans mon lit et éclate en sanglot. Ma sœur me manque, Will me manque. Ma vie d'avant, d'avant cet Obscurus me manque, c'était si simple à l'université. J'ai envie de boxer, mais j'ai même pas le courage de me lever jusque dans la salle d'entrainement. Je crois que je m'endors comme ça, triste et contrariée.

Je me réveille en sursaut, j'ai fait un mauvais rêve, j'ai rêvé que je me laissais aller et que le noir m'enveloppait pour engloutir tout le QG des Insurgés. Puis toute la ville et tout le pays. Et Will était là, une bouteille à la main, en train de rire, un rire dément qui m'a réveillé. Je suis couverte de transpiration. Je me lève pour aller prendre une douche. Il est tôt, pas beaucoup d'Insurgés sont levés, mais j'en croise quelques uns. Je prends une douche froide rapidement. Je passe par les cuisines et fait un petit plateau avant d'aller vers la chambre de Will.

Est-ce que je devrai ? Je suis inquiète, je veux savoir s'il va bien. Mais s'il est avec quelqu'un ? Non mais franchement tu crois que dans l'état où il était, il a ramené une fille dans son lit ? Avant de tirer sur la poignée, j'hésite. Oui ça se pourrait, t'es désinhibé quand tu bois... et s'il a rencontré une fille dans le couloir, je sais pas... Je colle mon oreille à la porte, comme si je pouvais entendre quelqu'un. Puis j'ai l'idée, je lance un sort, un Homenum revelio, qui permet de révéler la présence humain. Et cela m'indique qu'il est seul. Je soupire avant de pousser sa porte. J'essaye de faire le moins de bruit, mais je me prends les pieds dans... dans... un beau foutoir. Et je réalise que je suis jamais venu dans sa chambre en fait. Et à mon avis, pas grand monde. Je pose le plateau sur... mince, y'a pas de place. Je le pose par terre avant de commencer à ranger un peu le bureau.

J'attrape une poche vide et met tous les déchets. Je libère le bureau et pose le plateau dessus. Lancée comme je suis, je continue de ramasser les papiers, les verres, les bouteilles vides. Bordel de merde, oui j'en deviens vulgaire, c'est quoiiii tout ça ? Je me sens comme une intruse, je me doute bien que j'ai rien à faire là, qu'il va être sacrément en rogne, mais je peux pas partir, je peux plus partir. Je me mêle peut-être de ce qui me regarde pas, mais faut que je sois là pour lui. Son oncle sait tout ça ? Dans quel état est la chambre, ce qui s'y trouve ? J'ai peur de fouiller, alors je n'ouvre aucun tiroir, aucun placard, j'ai trop peur de trouver des choses qui m'effraient. Je me contente de ranger ce qui a sur le sol, les meubles. Je récupère aussi des vêtements étalés partout. Je vais aller faire une machine. Je roule tout en boule et sors de sa chambre avec difficulté.

Je dois avouer que faire la lessive à la manière sorcière m'avait manqué, c'est plus rapide, plus facile. Aucune prise de tête. En dix minutes, le linge et propre, sec et repassé. Je reviens dans la chambre, je pose le linge propre sur une chaise. Hors de question d'ouvrir l'armoire. Je regarde sa chambre, y'a moins de bordel maintenant. Je le regarde dormir, et je me surprends à sourire, il a l'air si insouciant comme ça. Et je peux baver sur ses tatouages que je découvre pour certains. Je me rends compte combien il a l'air fragile, alors qu'il ne donne pas cette impression quand il est réveillé.

"Tu t'es pas dit que je pouvais juste être fatigué de tout ce qu'il y a à gérer ici ?" Peut-être oui. C'est trop à supporter, surtout que son oncle est le chef de toute cette organisation, j'imagine les responsabilités, les attentes qui doivent peser sur lui. Il a pas du choisir tout ça. Est-ce que, est-ce que j'ai été un brin de bonheur dans tout ce stress pour lui ? Est-ce que je lui permettais de s'évader ? Si c'est le cas, je lui ai pris semble-t-il la seule distraction qu'il avait, enfin en dehors de l'alcool visiblement.

Je suis sortie de mes pensées par un William Davies qui me dévisage. Mes joues virent au cramoisie quand je réalise que j'aurai peut-être du partir de sa chambre avant qu'il ne se réveille. Je bégaye et marmonne des trucs inintelligibles pour justifier ma présence ici. Je racle ma gorge et dis plus clairement.

"Je venais voir comment tu allais..."

Il réalise sans doute que sa chambre n'a plus la même apparence, oh pitié faite qu'il ne m'engueule pas. Pas trop...

"J'ai pas fouillé, j'ai rien ouvert, je... j'ai juste jeté les déchets et fait une lessive."

Je passe une main dans mes cheveux encore un peu humides.

"Je t'apportais juste le petit-déjeuner."

Je désigne le plateau sur son bureau. Je m'enfonce. Je pince l'arête de mon nez en fermant les yeux, puis je le regarde, attendant sa sentence. Il va probablement plus me supporter maintenant. J'attends que sa colère s’abatte sur moi, mais je veux juste savoir un truc avant.

"Comment tu te sens ?"

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Naëlle Sharp

« Je vais découvrir un autre chemin, et il va falloir que tu sois mon guide dans cette obscurité. Elle pourrait nous entrainer tous les deux. »
 

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Naëlle Sharp & Will Davies

J'ai pas bien dormi... déjà, j'ai cette impression désagréable de m'être endormi depuis cinq minutes à peine alors que le réveil sonne, vous voyez le genre ? J'ai mal au crâne et je suis contrarié. J'ai rêvé... je crois que j'ai rêvé que je m'engueulais avec Naëlle. Ça change d'avec mon oncle, vous allez me dire... Et je serais bien parti à me rendormir si j'avais pas une affreuse en vie de pipi. C'est horrible ça. La chaleur réconfortante du lit, contre cette abominale envie pressante. J'ouvre un œil, première étape d'une longue série de motivations pour réussir à me lever, c'est tout un processus qu'il ne faut pas brusquer. Mais y a un truc qui cloche. J'dois pas être bien réveillé en fait. Alors j'ouvre l'autre œil. Pourtant, me semble bien que je suis réveillé. Naëlle ? Naëlle dans ma chambre ? Pourtant, on n'a pas... enfin on a rien fait ensemble. On a rien fait quand on était ensemble, ça me ferait braire si on l'avait fait et que je m'en souvienne pas. J'soulève le drap. Ok, on a rien fait. Mais alors qu'est-ce qu'elle fait là ? Elle est... elle est pas en train de ranger quand même ? Par Merlin, j'ai peut-être abusé hier soir, je dois avoir des hallucination.

"Je venais voir comment tu allais... J'ai pas fouillé, j'ai rien ouvert, je... j'ai juste jeté les déchets et fait une lessive."

Je ne suis pas sûr de comprendre tout ce qu'elle me dit là en fait. Ce n'est pas vraiment le genre de phrase qu'on entend tous les jours au petit matin.

"Je t'apportais juste le petit-déjeuner. Comment tu te sens ?
- Quoi ? »

C'est officiel, je ne comprends rien. Déjà, j'ai l'impression d'être dans un monde parallèle, parce que cette chambre, c'est clairement pas la mienne. Je me passe une main sur le vissage. Faut que j'emboîte toutes les pièces du puzzle là. J'avale une grande gorgée de jus de fruit frais. J'ai la bouche pâteuse et un arrière goût. On est quand déjà ?

Ah... oui... ça me revient. J'aurais peut-être préféré que ça ne me revienne pas. Et on s'est bel et bien pris la tête Naëlle et moi cette nuit, c'était pas un rêve ça. Chiotte.

« Fallait le dire que tu voulais mater ce fantastique corps d'athlète. »

J'essaie de faire diversion, mais... elle a pas oublié, elle, pas vrai ? Re-chiotte. Je m'extirpe de ma couette, avant de filer dans la salle d'eau.

« Désolé, besoin naturel. »

J'ai toute la bière d'hier qui redescent là, ça urge vraiment. J'en profite pour me passer de l'eau sur le visage. Combien de fois je me suis réveiller avec la tête de Marcus prêt à me bombarder de reproches et de sermons ? Je ne les compte même plus. Bon, quand faut y aller hein... Je ressors de la salle, récupère un jean dans le placard et commence à me rhabiller.

« Sans déconner Naëlle, c'est pas plutôt moi qui devrait te demander comment ça va ? C'est pas humain de faire le ménage si tôt et... - je renifle la chemise que je viens d'attraper – tu as mis de l'adoucissant ? J'ai trop picolé hier, c'est ça ? Si c'est ça, sérieux, faut pas que tu t'en fasses. Je me gère depuis mes seize ans. J'avais besoin de sortir, de me vider la tête. Je me gère ok. C'est gentil de t'inquiéter mais ça va. »

J'attrape une tartine dans laquelle je mords avec plaisir. Je ne suis pas sûr d'avoir mangé hier en fait. Mais Naëlle est toujours là. C'est bien une fille, tiens.

« C'était l'anniversaire de mon père. Enfin, ça aurait dû être l'anniversaire de mon père. Ça fait cinq ans tout de même. D'habitude Amélia est avec moi, mais là avec son stage, c'était pas possible. Est-ce que j'ai abusé ? Certainement. Mais c'est rien, ok. De toute manière, tu as bien vu, personne ne s'est inquiété. »

D'accord, peut-être parce que j'ai tout fait aussi pour éviter mon oncle, mais ça, c'est un autre truc. J'ai aussi soigneusement évité mon petit frère et ma petite sœur. Je peux pas être là pour eux certains jours. Tous ceux qui me connaissent l'ont accepté, y a plus qu'à ce que Naëlle le comprenne elle aussi. Par contre, j'aime moyennement qu'elle ait eu autant accès à ma chambre. Je ne sais pas si elle a trouvé la Griffe. A mon avis, non, mais allez savoir.

« Par contre, maintenant que tu sais que c'est moi qui pique les bouteilles, je vais devoir te tuer. »

En vrai, je crois que tout le monde sait exactement que c'est chez moi qu'il faut les chercher. Finalement, heureusement qu'il y a de quoi occuper certains Insurgés à l'extérieur, ils me fichent la paix. Toute ma vie é été détruite il y a cinq ans. Mes parents, mes frères et soeurs sont morts, ma maison a été brûlée, j'ai dû quitter mon pays natal, ma copine de l'époque est maman à l'heure qu'il est, alors ouais, parfois, j'ai besoin de remontant. Mais ça, c'est pas quelque chose que je verbalise. A quoi ça servirait de toute manière. A quoi bon hurler au monde qu'à certaines périodes de l'année dormir devient tellement pénible que je préfère la Griffe qui maintient mon cerveau actif ? Il n'y a rien qui puisse changer cela aprs tout.

« Tout ça... j'suis désolé Naëlle, j't'aime bien tu le sais... mais ça fait de toi la nana la plus flippante que j'ai jamais connue. »

Je lui montre ma chambre qui ressemble à celle d'un petit garçon bien sage, bien propet. Ouais, ça, c'est carrément terrifiant.

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13 août 2021

Je l'écoute, et je tente de ne pas rire quand il fait de l'humour, mais je suis grillée par mon sourire et la lèvre que je mords pour éviter d’éclater de rire. Il fait toujours diversion j'ai l'impression, depuis que je le connais, il a toujours évité les questions gênantes. Et même quand je croyais qu'il était No-Maj, il avait l'art et la manière de faire ça et le pire c'est que ça marche. Parce que quand il revient de la salle d'eau, je suis déjà moins inquiète et moins en colère contre lui. Je le regarde s'habiller, et ouais je bave sur son corps d'athlète, enfin, sur ses tatouages que je trouve fascinants, magnifiques, même si certains n'ont pas l'air très "professionnels". Mais c'est ça que j'aime aussi, ce côté brouillon, sans brise de tête, le mec qui plait, alors qu'il n'est pas non plus un canon de beauté, du moins dans les standards de ma sœur. J'aime son côté fracassé, faut le dire. J'ignore pourquoi. Peut-être parce que moi, je suis trop organisée, trop sérieuse ? C'est un peu mon bad boy ? Et d'autant plus depuis hier soir, pourtant j'étais en colère.

Je me rends compte que j'ai clairement été intrusive, et qu'il pourrait se fâcher contre moi, au lieu de ça, je suis là, à attendre qu'il me dise que tout va bien, à faire des "excuses", enfin du moins de se justifier. Alors que concrètement, il a raison, j'ai dépassé des limites, et je ne suis même pas rappelée à l'ordre. Il est majeur, vacciné comme dise les No-Maj, et moi je suis là à lui faire la leçon, alors qu'il a dit, je suis personne.

Et finalement, ses mots m'inquiètent plus qu'ils ne le devraient. Il se gère depuis qu'il a seize ans, et ce n'est pas normal. On est d'accord ? Je croise alors les bras sur ma poitrine. Est-ce que c'était ce que je voulais entendre ? Je ne suis pas sûre. Est-ce que je veux en savoir plus ? Là aussi je suis pas sûre, mais il brise le silence, et je reste là, à le regarder me dire qu'il a bu jusqu'à plus soif, parce que c'était la date de mort de son père. Je me sens bête. J'aurai aimé le savoir avant. Je sais pas si j'aurai changé grand chose, mais peut-être que j'aurai pu passé la soirée avec lui ? Pizza, bière, je m'en fous, mais je me rends compte que j'aurai voulu être là, pour lui. Comme il est là pour moi. Il n'y avait pas Amélia son amie, pourquoi n'a-t-il pas pensé à moi... Ça me brise un peu.

« De toute manière, tu as bien vu, personne ne s'est inquiété. »
"Si moi... moi je me suis inquiétée."

Je baisse le regard et admire mes pieds. Super, j'ai gardé mes chaussons roses, trop classe. Je racle ma gorge et relève la tête vers lui.

« Par contre, maintenant que tu sais que c'est moi qui pique les bouteilles, je vais devoir te tuer. »

Je me fends quand même d'un sourire. C'est une force qu'il a, de trouver toujours le moyen de détourner l'attention. C'est presque de la manipulation en fait, mais vu que j'en suis consciente, ça ne compte pas pour ça.

"Je te tuerai la première de toute façon. L'alcool ça diminue les réflexes."

Je fais un signe circulaire du bout de mon doigt en désignant mon visage très sérieux, alors que pas du tout. Mais bon je suis le grand méchant Obscurial, tout ça tout ça. Je me rends compte qu'il m'a confié quand même quelque chose de sensible, et que je n'ai pas le droit, pour l'instant, d'en demander plus. C'est une sorte de grand pas entre nous. Je ne connais encore trop rien du passé de ce mystérieux et marrant personnage devant moi. Ce que je sais, c'est qu'il donne à s'intéresser à lui. Il me plait, et je n'ai plus envie de me le cacher. Il me plait vraiment, j'ai eu assez de temps pour faire le point, pour me remettre en question. Cela fait des mois que je suis ici enfermée.

« Tout ça... j'suis désolé Naëlle, j't'aime bien tu le sais... mais ça fait de toi la nana la plus flippante que j'ai jamais connue. »
"On dirait que c'est un compliment ?!"

Je souris et frotte mes chaussons l'un contre l'autre alors qu'il s'assoit sur le lit pour mordre encore dans un toast.

"Je veux juste que tu penses à moi le jour où t'as besoin de décompresser. Je crois que j'en ai aussi besoin. Je vais finir par péter un câble à rester enfermée ici. Et ça sera pas à cause de l'Obscurial. Je crois que ça m'aurait plus de boire hier soir aussi. T'aurai pas été obligé de me raconter tes problèmes, et j'aurai fais des efforts pour pas trop te souler avec les miens. Je sais que je suis pas Aurélia, mais je suis là... et je peux pas bouger en plus !"

Je dis cela en ricanant. Mais au fond. Personne ne se rend compte qu'ici, c'est un peu une prison dorée pour moi. C'est sûr, on me traite bien, même plus que ce que je devrai après ce que j'ai fais. Je suis nourrie, blanchie, logée. J'ai une salle de boxe à disposition. On m'aide pour la magie. Mais... C'est la première fois que je suis éloignée, que dis-je : arrachée de ma sœur jumelle. Dans un milieu que je ne connais pas, entourée de créatures magiques qui se battent pour leur liberté, contre l’oppression. Je cohabite avec la pire créature qui soit, je n'ai pas vu la lumière du jour depuis des mois, au point que je suis assez tarée pour dire que le jogging au grand air me manque, et le garçon que j'aime ne me voit pas comme une personne ressource. J'ai un soubresaut quand je me rends compte de ce que je viens de penser. Le garçon que j'aime ?

"Je... je ne vais pas tarder plus longtemps. Tu as certainement des choses à faire, comme profiter de l’adoucissant de ton linge. Tu sais j'aurai fais les draps aussi si tu étais pas vautré dessus !"

Je rigole en levant les mains en l'air. Non mais en plus je suis sérieuse. Je m'approche de lui et me penche pour lui donner un baiser sur la joue. Et je ne sais pas pourquoi, mais sans doute avec la gêne, ma précipitation et mon côté gauche parfois, je rate complètement le baiser, et mes lèvres débordent sur les siennes de moitié. Je suis parcouru immédiatement d'un frisson. On est aussi surpris l'un que l'autre. Et c'est comme dans un film en fait, y'a l'électricité qui remplie la pièce, c'est comme si je décollais lentement mes lèvres, savourant le peu de surface des siennes que le destin m'offre. Et cette fois si j'y reviens, mais je change de trajectoire pour me saisir entièrement de ses lèvres. Plus aucun doute, plus d'erreur. Je l'embrasse, trahissant un désir soudain. Je ne sens pas ses mains me repousser.

Je me laisse alors glisser sur ses genoux, et mes mains viennent s'agripper à ses cheveux, toujours en bataille, d'un roux qui lui va si bien. Je le sens hésiter, comme s'il ne comprenait pas ce qui se passait, et moi non plus, je ne sais pas vraiment ce qui se passe, je ne sais pas vraiment ce que je fais. Mais ça arrive, c'est en train de se passer, là maintenant, je l'embrasse. J'attrape le bas de la chemise qu'il vient à peine de mettre et la remonte pour la lui enlever. Il proteste ? Est-ce que c'est ce qu'il fait ? J'en sais rien, je n'entends plus rien, je ne réponds plus de rien. Je glisse alors ma langue dans sa bouche dès que la chemise est par terre. Comme pour le faire taire. Je ne veux pas qu'il me repousse. Je suis désolée, je suis tellement désolée de l'avoir fait moi-même. Mes doigts viennent dessiner les tatouages que je peux sentir en relief pour certains. Peut-être que c'est une connerie ? Mais je veux être quelqu'un à ses yeux. Et là tout de suite, j'ai envie de franchir le cap qu'on a jamais franchi, parce que maintenant, il sait qui je suis et je sais qui il est. Quel risque il y a ?

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Naëlle Sharp

« Je vais découvrir un autre chemin, et il va falloir que tu sois mon guide dans cette obscurité. Elle pourrait nous entrainer tous les deux. »
 

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I've seen that look in your eyes
Naëlle Sharp & Will Davies

Elle s'habituera. Tout le monde a fini par s'habituer. Marcus, mon frère, ma sœur. Il faudra, pour elle, qu'elle s'habitue, ou elle sera malheureuse. Et elle le mérite pas, elle est cool comme fille et elle a aussi son lot d'emmerdements. Un sacré lot.

"Je veux juste que tu penses à moi le jour où t'as besoin de décompresser. Je crois que j'en ai aussi besoin. Je vais finir par péter un câble à rester enfermée ici. Et ça sera pas à cause de l'Obscurial. Je crois que ça m'aurait plus de boire hier soir aussi. T'aurai pas été obligé de me raconter tes problèmes, et j'aurai fais des efforts pour pas trop te souler avec les miens. Je sais que je suis pas Aurélia, mais je suis là... et je peux pas bouger en plus !
- Amélia. Si tu l'appelles Aurélia, elle va se fâcher, et crois-moi, vaut mieux pas s'attirer ses foudres. Je prends bonne note pour la prochaine fois, mais je suis pas forcément... hyper cool dans ces moments là, faut que tu le saches. »

Je suis même chiant, à ce qu'il paraît. Ceci étant, je peux aussi comprendre ce qu'elle ressent, le côté prison dorée de cet endroit. C'est le monde des bisounours, mais ce n'est pas la réalité. La réalité elle est dehors, mais elle est aussi en nous. Et parfois, on a besoin de lui échapper. J'ai mes façons mes chemins. Je ne suis pas certain que ce soit la meilleure route à suivre pour elle, qui craint à ce point la magie.

"Je... je ne vais pas tarder plus longtemps. Tu as certainement des choses à faire, comme profiter de l’adoucissant de ton linge. Tu sais j'aurai fais les draps aussi si tu étais pas vautré dessus !
- Oh, mais si ce n'est que ça, je peux lever mon royal fessier. »

Et là, truc trop bizarre. Alors qu'elle se penche pour m'embrasser sur la joue... Je sens ses lèvres chatouiller les miennes, à la commissure. Et normalement, je sais comment faire hein, mais là, je me trouve con. Elle n'a pas eu l'air de l'avoir fait exprès, mais... ce genre d'accident, ça n'arrive que dans les films non ? Je suis censé faire quoi maintenant ? Je veux dire... on est sorti ensembe, mais c'est fini, elle m'a quitté. Et puis il y a eu l'obscurial et... Pourquoi est-ce que je pense autant moi ? Par chance, elle, elle ne réfléchit pas. En une seconde à peine, je sens de nouveau ses lèvres pleinement sur les miennes et mes mains se posent sur ses hanches fines. C'est plus qu'un frisson cette fois. Je la serre, peut-être un peu fort, mais je me régale du goût de ses baisers. Pourtant, j'ai l'impression d'être maladroit, je n'ose pas chercher ses lèvres quand elles s'écartent des miennes. Est-ce que c'et vraiment ce qu'elle veut ? On est sorti ensemble pendant des semaines, et il ne s'est rien passé sur... sur ce plan là. Et aujourd'hui, après m'avoir vu hier, après s'être fâchée contre moi, elle le veut ?

« Naëlle est-ce que.... »

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle a une technique pour me faire taire. Et là, clairement, il n'y a plus de doute à avoir, plus d'hésitation qui tienne. C'est mon corps qui prend le dessus quand elle m'ôte ma chemise. Tant pis si je suis un sorcier et qu'elle en a peur, tant pis si elle va devoir s'habituer à mes absences. Mes doigts glissent sur sa peau lisse doucement parfumée. Elle est comme un oasis dans ce désert, une fenêtre dans cette prison dorée. Et pour l'instant, elle ne sait pas encore à quel point je peux être écorché, abîmé. A quel point je vais être insupportable alors que je ne veux absolument pas lui faire de mal.

Je la bascule sur mes draps qu'elle n'a pas eu le temps de passer à la machine, et entreprends d'ôter lentement ses vêtements, d'embrasser chaque parcelle de peau que je dévoile. Mon cerveau se déconnecte et en même temps, je ressens tout. Elle me fait l'effet de la griffe de dragon, éclatant tous mes synapses. J'essaie d'être doux, comme pour me faire pardonner de tout ce que je lui cacherai, j'essaie de prendre soin d'elle pour compenser des jours où je ne serai pas à la hauteur. Bientôt, nous ne faisons plus qu'un, dans une étreinte passionnée.


***


Je reste quelques instants serré contre elle, à reprendre mon souffle. Je ne sais pas si c'était le bon moment, mais c'était un sacré bon moment. Je me laisse tomber à côté d'elle pour ne pas lui peser, tous en laissant mes doigts glisser sur sa peau. Des matins comme ça, finalement, j'en veux bien d'autres.

« Si j'avais su que ça te faisait cet effet de faire la lessive, j'aurais plus vite sali mes affaires. »

Je l'embrasse dans le cou, elle est à peine essoufflée, ce n'est pas du jeu.

« Tu sais que je reste un sorcier tout de même ? »

C'est quand même pour ça qu'elle m'a quitté, à la base.

« Après, j'ai une philosophie. Tu vois ce tatouage, je l'ai fait parce que je suis convaincu qu'on soigne le mal par le mal. Le feu par le feu. »

Et ce n'est pas rien de le dire. Je me suis fait tatouer un dragon très spécial à la mort de ma famille, celui qui a tout changé.

« Ne le dis à personne, mais ce dragon, c'est mon épouvantard. Et ouais, je suis pourtant dragonologiste en devenir. Affronter ce qui nous fait peur, c'est notre plus grande force. Alors peut-être que trainer avec un sorcier pourrait t'aider. Et bien sûr, tu sais que Jaële peut venir quand tu en as besoin. Même si pour certaines choses, je pense être plus doué... »

L'une de mes mains se fait baladeuse pour la chatouiller sous les draps. Elle me plait depuis le début, depuis ce jour dans la salle de boxe où elle était suivie par un lutin. C'était il y a plus d'un an déjà, c'est dingue quand on y pense. Dire qu'il y a un an, on se tournait autour, en Tanzanie, et j'avais rencontré Wayde Lloyd. Et Lena. Putain que la vie a changé en un an.

« Tu crois que.... »

Mais je n'ai pas le temps de finir ma phrase que la porte de ma chambre s'ouvre à la volée. Par réflexe, j'ai le temps de couvrir Naëlle et une certaine partie de mon anatomie, pour ne pas « offusquer » mon cher oncle.

« Je crois que tu as oublié la raison pour laquelle on a inventé la porte, Marcus. »

Par réflexe, il a détourné le regard, mais je sens qu'il est furieux. Il l'est souvent après moi de toute manière.

« Tu as encore disparu hier, je voulais m'assurer que tu n'avais rien fait... D'inconscient. Naëlle, je pense que tu vas être en retard, et je crois qu'il va falloir qu'on ait une petite conversation tous les trois.
- Si c'est sur les rapports protégés, on a déjà eu la leçon, tu sais.
- William... »


Il sort en secouant la tête et je me laisse tomber en riant sur mon oreiller, non sans avoir embrassé l'omoplate de Naëlle au passage.

« Il va te dire à quel point je ne suis pas fréquentable. Et je ne lui en veux même pas, c'est vrai. »

black pumpkin

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Loving can hurt, loving can hurt sometimes
But it's the only thing that I know
When it gets hard, you know it can get hard sometimes
It is the only thing makes us feel alive

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I've seen that look in your eyes
13 août 2021

Oh mon Dieu, Oh mon Dieu ! Comme je ne regrette pas de l'avoir embrassé. Ses caresses, ses baisers, il n'y a rien de mieux pour me sentir bien. J'ai l'impression de retrouver la liberté, des sensations que j'avais oublié. J'ai vraiment l'impression d'être à ma place, là, dans ses bras. Je me laisse totalement envahir par lui, par la promesse silencieuse que l'on se fait. J'oublie tout, j'oublie le mal qui me ronge, j'oublie ma crainte de la magie. J'oublie que j'ai failli me perdre. Je ne pense qu'à lui, je ne me concentre que sur ses gestes, sur nos deux corps qui dansent. Je me laisse totalement aller, sans avoir peur de moi. Non, avec Will, je me sens libre d'être. Juste être. C'est comme si nos deux corps se connaissaient. Je n'ai pas honte de rouler des hanches, de me saisir de sa bouche, non, je profite de chaque seconde, de chaque sensations. Je bascule totalement, c'est de l'extase brute. Je n'ai pas peur de la ressentir, car c'est de la paix, non de la colère, ni de la peur. Non, c'est quelque chose qui me bouleverse sans me faire trembler de craintes. Cela fait des mois que je me contrôle, que je dois gérer mes émotions, mais celles là, elles sont si belles, si douces. Pour la première fois depuis des mois, je respire, je respire tellement bien. Un poids se soulève de ma poitrine à chaque baiser, chaque frissons.

Quand un filtre de sueur nous recouvre, et qu'il bascule enfin sur le côté du lit, je me sens apaisée. Heureuse. Un sourire illumine mon visage alors que je garde les yeux mi-clos. J'apprécie ses doigts qui glissent sur ma peau. J'apprécie tout ce qui vient de se passer. Je pousse un petit rire quand il parle de la lessive. Je ne savais pas qu'en rentrant dans sa chambre ce matin il se passerait ça. Dans ses mots, je crois comprendre que lui non plus ne regrette pas. Du moins, je suis trop bien pour lui poser la question. Je tourne mon visage vers lui et le regarde sans détour quand il me dit qu'il est toujours un sorcier. En guise de réponse, je caresse sa joue et me penche pour un baiser furtif. Je n'ai pas oublié, et pour l'instant, je préfère... je préfère ne pas laisser envahir de mauvaises pensées. Je bois ses paroles, à la fois heureuse et surprise qu'il me fasse des confidences.

C'est à mon tour de caresser du bout des doigts son tatouage. Mes yeux s'écarquillent quand j'apprends que c'est son épouvantard. J’entrouvre mes lèvres, mais aucun mot ne sort. Je n'arrive pas y croire, il a peur de ce dragon, mais il travaille avec eux. Je le regarde sous un nouveau jour. J'imagine facilement des épreuves dans sa vie, surtout après hier soir. Mais je pense que je ne me doute pas une seconde desquelles il s'agit. Si je veux faire confiance à ce monde, si je veux avoir confiance en moi, je ne veux pas me laisser pervertir pour le moment. Je ne veux pas apprendre les drames qu'il a du affronter. Je veux être là pour lui, sans aucun doute, mais pour le moment, je veux y aller doucement. Je comprends le messages qu'il me fait passer, et je hoche la tête. Son secret sera bien gardé.

« Alors peut-être que trainer avec un sorcier pourrait t'aider. Et bien sûr, tu sais que Jaëlle peut venir quand tu en as besoin. Même si pour certaines choses, je pense être plus doué... »

Je frissonne tout en éclatant de rire quand je sens ses mains sous les draps. Je mords alors ma lèvre doucement. Oh oui, j'ai bien vu que sur ce coup là, il est tout à fait doué. Mais yeux en brille encore de plaisir. Tant pis si je rougie en pensant cela. Je reprends un peu de sérieux et le regarde avec tendresse.

"Tu n'es nullement un épouvantard pour moi William Davies, tu es plutôt à son antipode. Et je serai ravie de pouvoir "trainer" avec toi."

Est-ce que c'est genre une manière de dire qu'on est... ensemble ? Oh j'espère. Je ne pose pas la question, de peur d'être déçue. Je ne veux pas l'être, pas après ce qu'on vient de faire. Je n'arrive juste pas à croire qu'il y a quelques mois, je l'ai repoussé, parce que justement il était ce qu'il était. Il ne doit plus trop savoir quoi penser de moi. J'ai juste envie qu'il comprenne, qu'il sache que j'ai changé, que je souhaite encore évoluer. Et qu'à présent, je vois les choses sous un nouvel angle.

"Les choses ont changé pour moi, tout du moins, vis à vis de toi Will. Pour le reste, j'essaye de faire beaucoup d'effort."
« Tu crois que.... »

Je pousse un petit cris étouffé, surprise par cette intrusion. Will me recouvre juste à temps. Je retiens mon souffle. Oh non j'y crois pas. J'ai l'impression d'être une hors la loi, et je me sens comme une gamine prise sur le vif, pourtant je suis majeure. Et Marcus n'est pas mon père. Mais j'ai la sensation d'être prise en flagrant délit d'une grosse connerie. Je tremble presque sous les draps en attendant la voix dure de son oncle. Will a l'air... habitué, il prend cela de manière désinvolte. Je note et souligne le "encore" quand Marcus accuse Will d'avoir disparu. Alors il le fait souvent, bien plus souvent qu'il le laisse entendre. Hier il a prétexté une date anniversaire, mais quant est-il réellement ? Je me raidis quand Marcus prononce mon prénom. Je hoche machinalement la tête sous les draps, mais je reste cachée. J'ai trop honte. Une conversation tous les trois ? Est-ce nécessaire. Will a du cran, et si je n'étais pas aussi tétanisée, j'aurai pu rire de son aplomb. Je respire enfin quand la porte se referme, et je découvre ma tête. Will est imperturbable.

"J'ai cru que j'allais faire un crise cardiaque, comment tu peux supporter ça avec légèreté ?!"

Mon cœur bat encore la chamade, et lui... il se rallonge tranquillement en riant.

« Il va te dire à quel point je ne suis pas fréquentable. Et je ne lui en veux même pas, c'est vrai. »
"Mais carrément !"

Je me redresse et le regarde rire, en lui donnant un petit coup dans l'épaule. Mais comment peut-il rigoler ainsi ? Puis je suis contaminée et prise à mon tour d'un fou rire. Tout le stress se dissipe et je m'écroule sur son torse. C'est complètement dingue. Mais ça me fait du bien, ça nous fait du bien. Je me rends compte que fait nous n'avons rien fait de mal. Bon ben voilà, c'est officiel, son oncle s'est maintenant pour nous deux. J'espère qu'il ne va pas s'imaginer que... que ça fait un moment ?

"J'ai pas envie de lui parler, j'ai bien trop peur de ce qu'il pourrait me dire. Il pourrait me virer tu crois ? Du Téléscope ?"

J'ai surtout peur d'un sermon possible. J'ai des flash des disputes avec mes parents. D'un bond, je m'assois complètement dans le lit, le draps tiré sur ma poitrine. Mon cœur s'emballe de nouveau. Si j'ai fugué la maison avec Jaëlle, c'est parce que je savais que nos parents voulaient nous marier, qu'ils n'auraient jamais accepté notre relation avec des No-Maj. Et si Marcus décidait que j'étais un danger pour son neveu ? S'il nous forcer à rompre. Je suis après tout une meurtrière, un danger potentiel. J'ai un Obscurial.

"Et si Marcus disait plutôt que c'est moi qui ne suis pas fréquentable !?!"

Will semble avoir perçu mon début de panique, et tout ce qui traverse mon esprit en ce moment même. Il tente de me rassurer. Je me calme doucement, sous ses caresses, sous son regard bienveillant. Après quelques minutes de "papouilles" et de baisers plutôt chastes, je suis de nouveau galvanisée. Pour éviter de me stresser encore, je décide qu'il est temps qu'on se lève. Je ne veux pas attiser encore plus la colère de Marcus.

_________

Après une heure d'entrainement de boxe. Une pause pour boire et deux heures d'entrainement pour l'Obscurial. Je me retrouve dans la petite chambre sécurisée, apprêtée spécialement pour moi, pour prendre les précautions. Il ne dois pas être loin de midi. Je me suis donnée à fond aujourd'hui. Sans doute motivée par ma nouvelle relation avec Will. Je ne veux pas le décevoir. Je dois rester trois quart d'heure au calme. J'ai de moins en moins besoin d'isolement j'ai l'impression. Je sais que c'est plutôt une bonne nouvelle. Même si le temps est plus court, je sens toujours le poids de l'enfermement. J'étais pourtant si libre dans les bras de Will ce matin, que cela me semble être il y a une éternité. Je suis convaincu qu'on soigne le mal par le mal. Le feu par le feu. Je me repasse notre discussion, les mots de Will. Il va valoir, il faut que j'accepte que je suis une sorcière. Il faut que la magie face partie de mon quotidien, dans tous mes gestes, dans chacune de mes pensées. Il faut que j'oublie le monde No-Maj, mes études de vétérinaire. Il faut que je m'éloigne de ma vie d'avant. Il faut que je traine avec des sorciers.

Je sais que Marcus veut nous parler après ma "pause". Il me la dit lui même juste avant que je sois enfermée ici. Aussi j'ai réfléchit. J'ai eu le temps. Je ne sais pas ce qu'il va nous dire. Il avait l'air encore un peu tendu. J'imagine qu'un Directeur et un leader comme lui doit assoir son autorité, de n'importe qu'elle manière que ce soit. Pourtant, je n'ai pas envie de vivre ce moment, pas tout de suite. Je veux bien entendre ce qu'il a à me dire, à nous dire, mais pas maintenant. Je veux encore profiter de ma bonne détermination. Je crains ses paroles, j'ignore ce qu'elles pourraient me faire, comment je pourrai réagir. J'ai encore besoin de temps, j'ai besoin d'encrer mes bonnes résolutions.

Quand Will ouvre la porte, j'attrape son visage à deux mains et l'embrasse, comme une bouffée d'oxygène. Il semble surprit, mais encore plus quand j'annonce que je veux sortir d'ici.

"Amène moi où tu veux, je veux juste sortir quelques heures du Téléscope. Je ne veux pas entendre le sermon de Marcus. S'il te plait..."

Je sais qu'il va nous chercher partout, et je ne veux pas perdre de temps. Alors Will traverse les couloirs. Parfois on est obligé de se caler contre un mur, ou dans le renforcement d'une porte. Et au détour d'un couloir, on tombe sur un Insurgé, je suis la seule à avoir eu le temps de ma cacher dans un angle.

"Marcus te cherche partout mec, il a pas l'air ravi. Je pense que tu devrai y aller. Il m'a dit que si je te trouvais, je devais... te ramener. Désolé mec, tu connais Marcus."

Non, non, non. C'est trop injuste. Je soupire et j'ai alors une idée. Tant pis, cela ne fera qu’aggraver notre cas. Mais pour qu'on puisse passer, je ne vois pas d'autre solution. Je prends délibérément l'apparence du leader des Insurgés. Je sors alors de l'angle. Je vois l'air surpris des deux garçons et je me force à ne pas sourire. Non, je garde le visage imperturbable de Marcus.

"C'est bon. Will vient avec moi. Merci Zade."

Il ne perds pas son temps pour décamper, regardant une dernière fois Will de manière désolé. Quand je ne le vois plus, je repose mon regard vers Will. Je vois bien dans son regard que mon illusion est parfaite.

"Comme cela, il aura vraiment de quoi dire quand il nous engueulera."

Je reprends alors mon apparence normale, ne faisant pas durer le suspense plus longtemps.

"J'imagine qu'il pourra comparer notre degré d'inconscience ?!"

Je mordille ma lèvre nerveusement. Je réaliserai plus tard la connerie que je viens de faire.

"Mais je pense que ça pourra nous être utile. Je pourrai aussi bien prendre ton apparence pour me faire engueuler à ta place. On y va ?"

Je lui donne la main alors qu'il nous entraine vers une pièce où est placée une cheminée. Il m'indique un lieu à prononcer, et quand la poudre me recouvre, je traverse alors tous les conduits possible et inimaginables, apercevant des habitations furtivement, bien trop vite pour m'arrêter sur des détails. Quand j'arrive à destination, j'ai un peu la tête qui tourne, mais je suis heureuse. On sort alors de la maison. Je relève ma tête, appréciant la lumière du jour, et le soleil qui chatouille mon visage. J'inspire doucement.

"Merci."

Je fais quelque pas, regardant le ciel et les alentours. Je ne sais même pas où on est.

"Maintenant, je ne sais pas quoi faire."

Je ne parle pas de cette petite liberté là, mais de ma vie entière.

"Je ne peux plus être vétérinaire, je ne peux plus aller à l'université."

Codage par Libella sur Graphiorum

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Naëlle Sharp

« Je vais découvrir un autre chemin, et il va falloir que tu sois mon guide dans cette obscurité. Elle pourrait nous entrainer tous les deux. »
 

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Naëlle Sharp & Will Davies

"J'ai cru que j'allais faire un crise cardiaque, comment tu peux supporter ça avec légèreté ?!
- L'expérience ma belle, l'expérience. »

Cela fait quelques années que Marcus s'amuse à ça, à jouer à l'oncle surprotecteur. Et pas qu'avec moi, c'est ça le pire. Il n'a pas d'enfant à lui mais depuis la mort de mon père, il se sent investi d'une mission. On s'y habitue, au bout d'un moment. Ça viendra aussi pour Naëlle qui là semble paniquer. On voit qu'elle ne connait absolument pas Marcus pour penser qu'il pourrait la mettre dehors.

« ça fait des années qu'il ne m'a pas viré, et il est venu te chercher dans une cellule du MACUSA. Tu penses vraiment qu'il est de ce genre là ? T'inquiète pas, il va juste jouer à l'oncle un peu trop concerné pour son bien. »

Après tout, c'est lui qui « pour mon bien » avait intercepté les lettres que j'avais écrites pour Lena à l'époque où j'ai quitté l'Angleterre, alors j'appréhende un peu ce qu'il pourrait lui dire. Et surtout sa réaction à elle. Parce qu'elle va paniquer et s'inquiéter, comme tout le monde. Je fronce les sourcils quand elle se redresse brusquement, me laissant tout le loisir d'admirer son tatouage.

"Et si Marcus disait plutôt que c'est moi qui ne suis pas fréquentable !?!"

Je me redresse à mon tour, embrassant son épaule. Voilà qu'elle retombe dans ses travers, et ça, ce n'est pas bon.

« ça fait cinq ans que je ne l'écoute pas, je ne vais pas commencer maintenant. Ecoute, je pense qu'on devrait rester entre gens pas fréquentables. Pour le bien de tout le monde. Tu crois pas ? »

Je l'embrasse dans le cou. Franchement, de nous deux, celle qui aura toutes les bonnes raisons de fuir, c'est bien elle. Mais je n'ai pas envie qu'elle les découvre trop vite, ces raisons.


***


J'ai bien pris soin d'éviter les couloirs à risques du Télescope, partout où pourrait se trouver mon oncle ou cette prof là, qui veut jouer à la psy avec moi. Et puis, il fallait que je potasse un bouquin sur une race particulière de dragon pour mon prochain séjour à l'étranger. Donc j'ai réussi à faire profil bas. Je me suis occupé d'Archimède aussi, Eliott, je l'ai vu hier, il ne faut pas être trop présent, il n'aime pas ça.

Alors quand vient l'heure du déjeuner, je me dis que je peux aller manger avec Naëlle, qui doit être en pleine session d'entrainement. Et après notre échauffement de ce matin, je ne sais vraiment pas comment elle tient le rythme. Je me rends donc d'un pas décidé vers la salle... où je suis accueilli comme un roi j'dois dire.

"Amène moi où tu veux, je veux juste sortir quelques heures du Téléscope. Je ne veux pas entendre le sermon de Marcus. S'il te plait..."

Mes yeux doivent pétiller. Quelqu'un qui m'encourage à enfreindre les règles et à fuir Marcus ? Cette fille est parfaite et elle ne s'en rend même pas compte. Je l'attrape pour la faire tourner et l'embrasser. J'ai pas la moindre idée de où je vais l'emmener, mais je crois que moi aussi, j'ai besoin de sortir. Et faut dire que c'est super drôle de jouer à l'espion en mission secrète, à se planquer comme des gamins. On le faisait autrefois, avec mes frères et sœurs. De sacrées parties de cache-cache qui pouvaient durer des heures.

Sauf que j'ai clairement perdu la main. Et m... On tombe sur Zade. Ce mec est le plus coincé de tous les Insurgés et il craint mon oncle comme la peste. Alors tu m'étonnes qu'il va lui obéir et tout faire pour me ramener.

« Mais si je t'oubliette, il ne saura pas que tu m'as vu ? »

Et là... Marcus ? Je jette un coup d'oeil là où était Naëlle et... elle n'est plus là. Bon, si au moins elle a pu s'en sortir, c'est déjà ça.

"Comme cela, il aura vraiment de quoi dire quand il nous engueulera."

Quoi ? Oh... j'avais presque oublié qu'elle était métamorphomage. Et plutôt douée à ce que je vois, c'est déroutant et je la préfère largement avec sa propre apparence.

« Tu te rends compte que je risque de penser à ça la prochaine fois que tu me sauteras dessus ?
- Mais je pense que ça pourra nous être utile. Je pourrai aussi bien prendre ton apparence pour me faire engueuler à ta place. On y va ?"

Hum... très mauvaise idée de prendre mon apparence, je préfère fuir et de loin ! Du coup, je sais exactement où l'emmener. Le cimetière de Green-Wood. Ouais, je sais, c'est un peu chelou comme ça d'emmener une fille dans un cimetière. Mais sérieusement, il est tout sauf glauque. Et puis c'est pas n'importe lequel. Et là, avec le soleil qui resplandit, c'est plus qu'agréable. J'fourre mes mains dans mes poches quand elle avoue être un peu paumée. Un peu beaucoup même. Et j'sais c'que c'est. Tout était stable avant pour moi. J'avais une copine, pour qui j'essayais de gérer un minimum mes études. J'avais plein de frères et sœurs. Et du jour au lendemain, je me suis retrouvé dans une maison inconnue, dans un pays inconnu, avec seulement un frère et une sœur et plus aucune envie à part une rage immense. Naëlle aujourd'hui doit tirer un trait à son tour.

« Suis-moi », lui dis-je en faisant un signe de tête. Et sans rien lui dire de plus, je l'emmène dans les allées bordées de statues plus magnifiques les unes que les autres. Il y a des promeneurs, des couples, des familles, des enfants qui jouent. Etrangement, ce lieu grouille de vie. Je parcours les allées que je connais par cœur. Combien de fois j'ai pu arpenter ce cimetière. Tout Brooklyn, en réalité. D'ailleurs, y a une super brasserie pas loin. Je nous arrête devant une stèle, sur laquelle il est écrit : à nos frères et sœurs, parents, neveux et nièces, à ceux qui ont dédié leur vie aux autres.

« Marcus l'a fait érigée ici, il y a presque toute ma famille en dessous. Mon père et ma mère, avec mes frères et sœurs, presque tous. Ils protégeaient les créatures, les Purificateurs leur ont fait payer. C'est un dragon qui a incendié la maison. »

Je regarde la stèle, je n'ose pas forcément regarder Naëlle. J'ai encore du mal à en parler, à dire tout ce qui s'est passé, tout ce que ça a changé pour moi. Tout ce qu'elle doit commencer à comprendre aussi.

« J'avais une copine
– ouais, je sais que je ne devrais pas forcément lui raconter ça mais bon – j'allais à Poudlard ; Et du jour au lendemain, Marcus m'a emmené ici, avec mon frère et ma sœur. Je me suis retrouvé à Ilver, et il a bien fallu avancer. Naëlle, si être vétérinaire c'est ce que tu veux vraiment, rien ne pourra t'arrêter, mais sinon crois-moi, tout va bien se passer. Tu vas te trouver un nouveau but, un nouvel objectif. Comme moi avec les dragons. Si ça tombe, tu vas devenir une sorcière les plus puissantes du monde. »

J'esquisse un sourire. Faut pas qu'elle s'inquiète. L'inquiétude, la peur, ça n'a jamais ralenti la marche du temps. La terre tourne toujours. Ça me fait bizarre qu'elle soit là. Très peu savent qui honore cette stèle.

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I've seen that look in your eyes
Mi août 2021

Pour seule réponse, il me demande de le suivre, et j'aime cette philosophie, être dans l'action plutôt que de parlementer. Alors je me laisse entrainer. On arrive dans... dans un cimetière. Green-Wood, c'est marqué à l'entrée. Une immense entrée, comme si on arrivait ans une cathédrale. C'est un endroit gigantesque, verdoyant. Il y a différentes formes de sépulture, il y a même une pyramide. Des hautes tombes, un petit étang. Des fleurs, des très grands saule pleureur. Si ce n'était pas un cimetière, ça serait un lieu absolument romantique. Le soleil brille et rend les anges des tombes féériques, réellement magique. Si je devais mourir, j'aimerai reposer dans un lieu pareil.

Je suis Will dans les allées pavées. Je ne le trouve pas réellement à l'aise. Je fronce même les sourcils, me demandant ce qu'on fait ici, mais je ne dis rien, et traverse les dédales avec lui, croisant d'autres personnes. Je me rends vraiment compte que cela fait des mois que je ne suis pas sortie, que je n'ai pas croisé des inconnus, mis à par les Insurgés. Il nous arrête devant une tombe. Je lis l'inscription à nos frères et sœurs, parents, neveux et nièces, à ceux qui ont dédié leur vie aux autres, et écoute les explications de Will en le regardant.

Presque toute sa famille ? Je ne peux m'empêcher de fixer alors cette stèle. Mon cœur se serre, je découvre enfin son histoire, sa véritable histoire. Quand il parle du dragon, je regarde alors l'endroit où se trouve son tatouage et fais forcément le lien avec son épouvantard. Je comprends maintenant tellement de choses, notamment sa grande implication chez les Insurgés. Mais aussi les motivations de Marcus. Ses parents, ses frères et sœurs. Ma gorge se noue alors qu'il ne me regarde même pas. Bon sang ce que cela doit être dur d'être ici, de me dire tout cela. Comment peut-on surmonter un tel drame ? Si je perdais Jaëlle, je... Je ne peux que seulement imaginer sa peine. Sa colère. Je le vois encore plus fort que ce que je m'imaginais. J'étais loin de penser à ce qu'il avait vécu. Il s'est relevé, il a avancé, à sa manière, peut-être un peu de traviole, mais il l'a fait. Je m'en veux du mal que je lui ai rajouté un le repoussant quelques mois avant. Mais je ne peux pas revenir là dessus. Je peux juste me promettre de ne plus l'abandonner.

Je relève un sourcil quand il parle de son ex, mais écoute le reste. Malgré tout, après tout ça, il a des mots pour moi. J'ai les larmes aux yeux et je suis bien contente qu'il ne me voit pas. Je les ravale avant de risquer d'éclater en sanglot. Je hoche la tête, racle ma gorge et reprends le dessus sur mes émotions. J'ai beaucoup appris ces derniers moi à maitriser mes émotions, et je suis plutôt fière du résultat. Je viens alors me lover contre lui.

"Je n'ai pas les mots, je n'aurai jamais les mots pour tout ce que tu viens de me dire. Mais je te remercie de ta confiance. Si je deviens la sorcière la plus puissante du monde, je compte bien à ce que tu participes à cela. Tu es une personne formidable Willam Davies. Et je ne regrette pas de tomber amoureuse du sorcier et de l'homme que tu es."

La prochaine fois, je reviendrai ici avec des fleurs. Il y a beaucoup trop de monde pour faire de la magie. On reste là, on s'assoit même un moment. Je lui pose quelques questions. Les prénoms de ses parents, de ses frères et sœurs, même des vivants. Il me raconte aussi un peu sa vie en Angleterre, l'école Poudlard. Et au bout d'un moment, on décide que c'est l'heure de manger. Il nous amère dans une brasserie pas loin. On visite les coins qu'il aime bien de Brooklyn avec nos burgers maison. Je me sens tellement bien. Je vois la vie tellement différemment depuis ce matin, depuis que je me suis littéralement abandonnée à lui. Effectivement les choses paraissent moins effrayantes. J'ai l'impression qu'on a franchit une sorte de cap. Jamais il aurait pu me raconter tout cela en se faisant passer pour un No-Maj.

A la fin de la journée, je décide de faire quelque chose. Cette fois c'est moi qui l'embarque dans un taxi New-Yorkais, direction mon Université. J'avais prévu l'argent No-Maj. On arrive devant la grande bâtisse, et je le traine à l'intérieur, dans le bâtiment de l'administration. Je demande à parler à quelqu'un, et je décide de me désinscrire des listes de la faculté de soins vétérinaires. Will me demande si je suis sûre.

"Il est temps d'accepter mon vrai monde."

Et j'ai le cœur qui d'un côté se serre, mais d'un autre, je sens un poids qui cède de mes épaules. J'inspire un bon coup quand les papiers de ma désinscription arrivent. Un conseiller d'étudiant arrive.

"Vous êtes sûre Mademoiselle Sharp ? Vous avez un dossier scolaire impressionnant. Vos semblez avoir trouvé votre voie."
"Il y a plusieurs chemin monsieur, qui même au même but. Ma décision est définitive. Je voudrai que vous ne vous inquiétez plus de mon absence."
"Est-ce que vous allez bien ? On s'est inquiété pour vous."
"Tout va pour le mieux. Je vous remercie pour les apprentissages. C'est une bonne université, mais je dois passer à autre chose. J'ai d'autres projets."
"Bien, bien si vraiment on ne peut pas vous retenir, signez ici."

Ce que je fais, d'un geste sûr, confiant. Si Will a pu recommencer à zéro, repartir de rien, se relever du pire, combattre ses craintes, travailler avec son épouvantard, je sais que je peux le faire. Et je sais qui sera heureuse de l'apprendre.

"Je suis sûre que Jaëlle a des bières au frigo. Il faut que je lui annonce ça. Tout ça."

Que je lui dise que j'accepte pleinement qui je suis. Qu'à présent, je vais faire en sorte d'être et de rester une sorcière et faut bien que je lui annonce en personne que je suis de nouveau avec Will. Et puis, je n'ai pas encore envie de rentrer. Alors quand on arrive à la boutique, je crois qu'on pleure toutes les deux de joie avant qu'elle ne s'aperçoive de Will qui racle sa gorge derrière nous. Et là, le pauvre, il subit une soirée fille sans y être préparé. Heureusement il y a des bières. Jaëlle est heureuse. Elle sait que je vais m'en sortir maintenant, que je me battrai contre cet Obscurial.

_____________

Début Novembre 2021

Bientôt trois mois qu'on est ensemble avec Will. Il y a des hauts et je ne peux pas vraiment dire qu'il y ait des bas, ce n'est pas vraiment ça, mais disons que je me dois d'accepter Will dans son entièreté. Même quand il boit, même quand je le trouve avec des substances inconnues, qu'il refuse de me montrer, ou de me donner. Un jour je l'ai même menacé de me faire essayer, ce qu'il a bien évidemment refusé, et c'est vraiment là que je me suis rendue compte que c'était quelque chose de forcément mauvais et d'illicite. Malgré tout cela, il sait qu'il peut compter sur moi, il sait que je ferai tout pour lui. Je ne suis jamais partie fâchée, je ne lui ai jamais claqué la porte au nez. Je ne veux pas être ce genre de petite amie. Même si on se dispute dans ces moments là, je reste, même si ça l'agace, même si je suis agacée, je serai là pour lui, pour sa "redescente". Parce que le soleil se lève toujours après la nuit sombre. Je ne peux pas laisser quelqu'un que j'aime, totalement ivre, totalement déchiré seul. Je finis toujours blottis contre lui. Je sais que c'est important pour lui, et qu'il a besoin de quelqu'un de fiable, de solide. Pour les réprimandes, les reproches, il a Marcus.

D'ailleurs depuis trois mois, y'a bien quelques fois où je l'ai "sauvé" de son oncle. Je crois que finalement ce dernier voit peut-être d'un bon œil ma relation avec Will, parce qu'il pense peut-être que Will s'est assagi à mes côtés, mais c'est seulement parce que je suis complice de ses états de dépravation quand ça arrive. Et je ne suis pas du genre à aller parler à Marcus pour cela, surtout que je lui en veux de me refuser mon aide pour les Insurgés. Je suis allée le voir peu de temps après avoir tiré en quelque sorte un trait sur ma vie de No-Maj. Dans un premier temps, il m'a avancé que j'étais trop instable, que mon Obscurial pouvait être un obstacle, un danger, pour au final me dire qu'il ne pourra jamais faire ça à Will. Que les missions sont dangereuses, et que je ne suis clairement pas entrainée, que ça serait du suicide. J'ai serré mes poings, contrôlant une rage sourde, essayant d'éprouver autre chose que de la colère. Si mon Obscurial prenait le dessus, là, devant Marcus, avec tous ses arguments, c'est lui qui aurait gagné. J'ai filé à la salle de sport, et ce jour là, ils ont du changé tous les sacs de frappe. Pas assez forte, c'est ça oui. Physiquement je me défends aussi bien qu'un Insurgé humain, voire même mieux, grâce à mes techniques de boxe. J'ai un puissant don de métamorphose qui pourrait aider. Mais non... Mais quoi ? Juste parce que niveau magie avec baguette je ne suis pas encore opérationnelle ? Non juste parce que Marcus croit que s'il m'arrive un truc, Will ne pourrait pas s'en remettre.

Du coup, depuis trois mois, je travaille beaucoup. Will m'aide énormément, et je fais des progrès. Ce n'est pas évident de rattraper autant de temps de retard, sans la moindre magie, et de le faire avec l'Obscurial. Ce n'est pas non plus évident, car je fais cela sans but. Je repense à notre conversation devant la tombe de ses parents en août. Je bosse dur, mais pour quoi ? Je voulais aider les Insurgés, mais je n'en ai pas le droit. Je voudrai être vraiment utile, que ma magie soit utile, faire le bien. Je voudrai partir avec Will en mission, mais je n'en ai pas l'autorisation, alors je me morfonds parfois des jours jusqu'à ce qu'il revienne. Il y a aussi son travail auprès des dragons. Voilà pourquoi, chaque fois qu'on se voit, je ne veux pas me fâcher avec lui, et que j'accepte, avec toute la peine du monde qu'il y ait des soirées ou il est totalement déchiré dans le lit qu'on partage.

Mais ce soir, quand il rentre, il n'a pas bu, et il ne s'est pas drogué. Il arrive avec une barquette de Chiftele, des boulettes de viande frites et bien épicées, signe qu'il a travaillé en Roumanie. Je lui saute dans les bras pour l'embrasser, mais il grimace.

"Tu n'es encore pas passé par l'infirmerie ?!"

Il ne le fait presque plus. Je le débarrasse des Chiftele que je pose sur son bureau et il enlève sa veste et son haut. Je retiens un petit cri étranglé. Il a une profonde griffure et des brûlures. J'attrape alors la boite en métal dans son armoire et récupère ma baguette magique. J'ai appris, il m'a montré, et j'ai lu quelques bouquins. J'ai des connaissances sur les soins auprès des animaux No-Maj, mais il a juste fallu que je m'adapte à l'anatomie humaine et aux soins par la magie. Et Will est un très beau cobaye. Je lui lance un sortilège pour réduire la profondeur de la griffure. Je nettoie la plaie.

"Je vais devoir te recoudre. Tu es sûr de ne pas vouloir aller à l'infirmerie ?"

Je savais le faire déjà, mais j'ai appris à le faire avec des fils magiques, je sais que demain matin, les fils seront résorbés et que la plaie sera refermée. Et dire que chez les No-Maj, cela met une bonne quinzaine de jour pour cicatriser, avec des soins quotidiens. Je suis très consciencieuse, très adroite, très appliquée et très concentrée. Je fais attention à ne pas abimer ses tatouages.

"Qu'est-ce qui s'est passé ? C'était quel genre de dragon ?

Quand j'ai fini, je pose un pansement et m’attèle aux brûlures. Je pose des cataplasmes sur ses brûlures, quelques sortilèges pour la douleur et la cicatrisation.

"Il y a eu d'autres blessés ? Est-ce qu'un jour au moins je pourrai t'accompagner pour te soigner sur place ?"

Il sait que j'aimerai venir, déjà pour voir des dragons, ça serait une première pour moi. Et surtout parce que je réalise que je pourrai le perdre à chaque instant avec ces animaux. S'ils sont aussi fascinants ce sont aussi des dangers de mort, et je n'oublie pas que Will travaille auprès de la même espèce qui a tué toute sa famille. Est-ce que toutes les blessures qu'il reçoit, ne sont pas une sorte de pénitence pour lui ? Pour avoir survécu ? Nous n'en parlons pas souvent, en fait jamais, mais j'ai réussi à en déduire que sa quête ne s'arrête pas à travailler avec les dragons et être un Insurgé. Je me suis dis un jour qu'il recherchait le dragon et les Purificateurs qui ont fait cela. Je ferai ça aussi, je braverai tous les dangers pour venger Jaëlle.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Naëlle Sharp

« Je vais découvrir un autre chemin, et il va falloir que tu sois mon guide dans cette obscurité. Elle pourrait nous entrainer tous les deux. »
 

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I've seen that look in your eyes
Naëlle Sharp & Will Davies

Début Novembre 2021

J'ai sacrément mal, c'est le moins que l'on puisse dire. Et sérieusement, ils veulent pondre une autorisation d'élevage pour n'importe qui ? Qu'ils passent cinq minutes avec un dragon ces bureaucrates et on en reparlera. J'essaie de détendre mes muscles quand j'arrive au Télescope. Heureusement que je ne croise pas Marcus, il me sermonnerait, même s'il s'est calmé depuis que je suis avec Naëlle. On s'entraide et s'entraine beaucoup elle et moi. Elle me massacre toujours sur un ring de boxe, mais il paraît que j'ai progressé et que je suis plus endurant qu'avant. Je n'ose pas imaginer dans quel état je me serais retrouvé après une telle confrontation avec un dragon comme le dernier ! Je la connais, elle va s'inquiéter. J'avais peur de ça, qu'elle s'inquiète pour moi. Et ça n'a pas loupé, elle s'inquiète. Ça nous a valu pas mal de disputes, c'est ce que je ne voulais pas. Je me gère et je ne supporte pas qu'on pense le contraire ou qu'on s'angoisse pour moi. C'était le rôle de mes parents, et ils ne sont plus là.

Alors j'ai tenté une diversion, en ramenant à manger. Parce qu'on ne s'est pas vus depuis plusieurs jours à cause du travail, à cause de ce maudit dragon. Donc quand je pars comme ça pour plusieurs jours, on passe toujours la soirée de mon retour ensemble, pas dans la cantine du Télescope. En revanche, si je suis content de la revoir, je reconnais que mes cotes apprécient moyennement son bond dans mes bras.

« Tu n'es encore pas passé par l'infirmerie ?!
- Moi aussi je t'aime et moi aussi je suis content de te revoir. »

Je l'embrasse en la déposant doucement au sol. A quoi ça sert de passer par l'infirmerie ? Avoir une leçon de prudence, prendre toujours les mêmes potions anesthésiantes ? La douleur ça me rappelle que moi j'ai la chance d'être envie. Grimaçant de douleur, j'enlève mon haut, qui se colle aux plaies. Et c'est bien désagréable ! Immédiatement, Naëlle s'en occupe, elle a tenu à apprendre les premiers soins, elle dit qu'elle veut se rendre utile. Elle l'est, parce que ça fait du bien mine de rien.

« Qu'est-ce qu'ils feraient de plus que toi ? »

Je serre les dents alors qu'elle entreprend de me soigner. Cette phase là, ce n'est pas ma préférée.

"Qu'est-ce qui s'est passé ? C'était quel genre de dragon ?
- Un Cornelongue romain. Un caractériel tu peux me croire. »

Il s'était échappé de la réserve et ne semblait pas d'accord pour y retourner.

"Il y a eu d'autres blessés ? Est-ce qu'un jour au moins je pourrai t'accompagner pour te soigner sur place ?"

Je passe un bras autour de ses épaules pour la serrer contre moi et la faire taire comme je sais si bien le faire. Elle me demande régulièrement ça mais ce qui était bien quand j'étais célibataire et sans attache, c'est précisément ça : je n'avais pas d'attache, je ne m'inquiétais pour personne, je n'avais que ma propre vie à « protéger ». J'aurais peur si elle était là. Genre vraiment, parce que la peur face à un dragon, ça ne m'a jamais quitté.

« Arrête de t'en faire, ce genre de blessures, ça fait partie du métier, on sait gérer ça. Regarde, au sport, tu apprends bien à tomber et à encaisser les coups avant d'en donner ? Eh bien pour nous c'st pareil. »

Je lui souris, mais je vois bien qu'elle ne va pas se contenter de ça. Depuis des mois, j'ai bien appris à interpréter chaque micro-expression qu'elle peut afficher. Et celle qu'elle a présentement, elle ne sent pas bon pour moi, parce que souvent, elle précède une dispute, une prise de tête. Il faut dire qu'elle s'ennuie aussi, elle a besoin d'être active et être enfermée au Télescope, ce n'est pas pour elle. Elle a tenu à arrêter ses études no-maj, pour accepter pleinement sa nature de sorcière, sauf que depuis trois mois eh bien... elle ne fait rien d'autre que rattraper son retard et finir de combattre l'Obscurus.

Il faut que je trouve une solution, sinon je suis foutu. Et là, je sais. Je sais ce qui pourrait me tirer d'un mauvais pas, tout en lui faisant plaisir, et assez sécuriser pour que je ne panique pas.

« Tu ne m'accompagneras pas, parce qu'il faudrait des années de formation et que je ne laisserai personne approcher ces dragons sauvages. Par contre, j'ai peut-être une piste qui pourrait t'intéresser. »

J'espère juste qu'elle ne réagira pas aussi naïvement que ma compère. D'ailleurs, en y réfléchissant deux minutes, je crois que c'est une très mauvaise idée que de donner une bonne raison à Naëlle et Rose de se cotoyer régulièrement. Mais je crois que ma copine a besoin de ça.

« Tu vois Rose ? Rose O'Dylan ? Et bien il y a quelques temps, elle m'a annoncé qu'apparemment là-haut, ils réfléchissent à un projet de loi pour ouvrir l'élevage de dragons. Evidemment, j'ai mis Marcus sur le coup, pour qu'il encadre ça et que les permis et autorisations soient très compliqués à obtenir. Mais on s'est dit, Rose et moi, qu'on pourrait s'occuper de ça. Elle à la gestion et moi vraiment à l'élevage. Même si elle viendra me donner un coup de main pour les endormir, il suffit qu'on la laisse parler et c'est gagné. »

Je reste convaincu que c'est un danger sans nom si n'importe qui peut obtenir un permis, mais je me doute que mon oncle veille au grain et qu'on aura surtout le choix de refuser de laisser nos dragons à n'importe qui.

« Donc je pense qu'on pourrait avoir besoin d'un soigneur. Mais ce sera moi qui rentrera ans la cage. Je serai tes mains si ça te dit. Viens voir. »

Je lui tends la main, pour nous faire transplaner dans un lieu que moi seul connais. Et je dois avouer que ça me fiche un peu la trouille finalement. La grotte est humide et sombre, aussi, d'un coup de baguette, je l'illumine, avant de me tourner vers Naëlle.

« Absolument personne ne sait ce que je vais te montrer. Je suis très sérieux Naëlle, tu ne peux en parler à personne. Pas même ta sœur ok ? »

Parce que ça me vaudrait des ennuis plus énormes qu'une pile de trolls. Et puis on me le prendrait, et je ne sais pas dans quelle réserve il serait envoyé. Je le regarde, pour une fois, je ne plaisante vraiment pas. Puis je siffle, non sans m'être avancer pour me placer devant elle.

Alors en peu de temps, on entend des battements d'ailes. Puis un cri, auquel je suis habitué.

« Je te présente Eliott. »

Mon dragon, qui a bien grandi depuis que son œuf a éclos, a encore des mouvements brusques et avance agressivement vers Naëlle, alors je siffle de nouveau en brandissant ma main devant lui.

« Doucement Eliott, doucement. »

J'attrape la main de Naelle que j'avance vers le dragon, pour que nos odeurs se mêlangent et qu'il comprenne qu'il n'y a pas de danger.

« On m'a toujours dit qu'on ne pouvait pas dresser les dragons. Mais j'ai vu que c'était possible. Eliott est un peu mon... expérience. Mais il reste sauvage, en dépit des progrès. C'est un travail de longue haleine, c'est pour ça que je veux avoir le monopole si cette loi passe vraiment. »

Et peut-être qu'un jour Eliott me mènera au dragon qui a tué toute ma famille. A son maitre.

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I've seen that look in your eyes
Début Novembre 2021

Je roule mes yeux quand il fait le parallèle avec mon sport. Mais il a raison sur certains points je dois l'avouer, sauf que je ne vais pas lui avouer à lui. Il manquerait plus que ça. Moi je risque un œil au beurre, noire, au pire une côte cassée. Mais lui risque de se faire cramer. Il pourrait être réduit en cendre s'il est sous une mauvaise trajectoire. Je le regarde attentivement, qu'il ne croit pas m'endormir avec ça.

Alors que j'ouvre la bouche pour lui faire part de mes remarques, ce qui va engendrer une dispute et pourtant je n'en ai pas envie, il me coupe la parole en me disant qu'il avait quelque chose qui pourrait m'intéresser. D'un coup j'oublie les reproches, mes craintes. Ma curiosité prend le dessus. Je fronce les sourcils.

"De quoi s'agit-il ?"

Je hoche la tête quand il me parle de rose, oui je vois absolument, je la côtoie de plus en plus quand elle vient par ici. Je plaque une main contre ma bouche.

"Mon Dieu... mais pourquoi ?"

Pourquoi le MACUSA fait-il cela ? Ils sont complètement inconscient. Dans quel but ? Est-ce que c'est encore un plan des Purificateurs, pas des Insurgés par pitié ! Un élevage de dragons, mais il faut être complètement taré. Ou suicidaire ! Ca serait des armes redoutables... On le sait tous. Non ?! Mmmh attendez, quoi ?

"S'occuper de quoi ?"
« ... Elle à la gestion et moi vraiment à l'élevage. Même si elle viendra me donner un coup de main pour les endormir, il suffit qu'on la laisse parler et c'est gagné. »
"Je ne comprends pas là Will..."
« Donc je pense qu'on pourrait avoir besoin d'un soigneur. Mais ce sera moi qui rentrera ans la cage. Je serai tes mains si ça te dit. Viens voir. »

Venir voir ? Venir voir quoi ? Je ne réalise pas tout ce qu'il est en train de me dire. Pourquoi il aurait besoin d'une soigneuse ? Rose et lui ? C'est quoi cette histoire de gestion et d'élevage. Non, Will ne fait pas ça, il fait ça ? J'attrape sa main, pour des réponses, juste pour comprendre. Nous transplanons alors dans une sorte de... non c'est pas une "sorte", c'est vraiment une grotte. Je sursaute quand il lance un lumos. Je hoche la tête.

"Oui bien sûr, bien sûr tu peux me faire confiance."

Soudainement j'ai peur, qu'est-ce qu'il va me montrer que je ne pourrai pas dire à la moitié de moi même ? Je suis en angoisse totale, j'ai peur de savoir ce que je vais voir. Le cri ne me rassure pas et je tremble un peu.

"Will ?..."

Il se met devant moi, et bientôt je le vois. Je n'en reviens pas. Je reste interdite, la bouche ouverte.

« Je te présente Eliott. »
"Eliott. William Davies tu as un dragon ?"

C'est un dragon. Bien sûr que c'est un dragon. Mais je veux dire, que je n'hallucine pas. C'est la chose la plus belle et la plus effrayante que je n'ai jamais vu. Il est bébé, il n'a pas sa taille adulte, mais il est tout de même impressionnant. Surtout quand il avance vers moi comme ça. Je recule d'un pas, et Wil... Will le canalise. Il attrape ma main, le temps d'une seconde, je voudrai la lui reprendre, mais je décide de lui faire confiance.

"Comment tu fais ça ?"
« On m'a toujours dit qu'on ne pouvait pas dresser les dragons. Mais j'ai vu que c'était possible. Eliott est un peu mon... expérience. Mais il reste sauvage, en dépit des progrès. C'est un travail de longue haleine, c'est pour ça que je veux avoir le monopole si cette loi passe vraiment. »
"Pas plus tard qu'il y a dix minutes, je me disais que les gens qui voulaient élevé des dragons étaient complètement cinglés ou suicidaire. Lequel des deux es-tu ?"

Je le regarde avec un demi sourire, je suis sous le choc, mais aussi en totale admiration. Je me laisse renifler, son souffle est chaud, alors je n'ose imaginer.

"Il craque déjà du feu ? Bon sang, il a quel âge ? Où l'as-tu trouvé ? Depuis quand tu le caches ici ? Merlin Marcus n'est pas au courant ? Comment tu le nourris ?"

Mon cœur bat la chamade et je me dois de me calmer, pour le bien de tous, je ne veux pas effrayer ce dragon et qu'il nous carbonise tous les deux. Je me contrôle, comme quand je le fais pour l'Obscurus. Je retrouve une respiration plus décente.

"Tu viens de réaliser mon rêve le plus terrifiant. Je touche un dragon."

Je n'en reviens pas. Je ne sais pas quoi faire, je ne bouge pas, je touche ses écailles toujours sous le couvert de Will. Le dragon m'observe, m'étudie, mon odeur est mêlée à celle de Will, j'essaye de ne pas sursauter, mais il me faudra des jours, des semaines pour ne pas avoir peur à chacun de ses mouvements.

"Hungarian Horntail. C'est un Magyar à pointes. Tu élèves le dragon le plus dangereux au monde et moi j'ai peur quand tu pars avec ton équipe..."

Il souffle fort, dégageant comme des vapeurs de fumée par ses narines.

"Est-ce qu'il est calme ? Où il s'énerve là ? T'es complètement taré, pourquoi je t'aime autant ?"

Mon cœur bat vite. Will me met en confiance, mais c'est un dragon ! J'ai l'opportunité de le côtoyer, d'en prendre soin. J'ai l'occasion de faire autre chose que de rester dans cette prison dorée à m'entrainer encore et encore, sans jamais de vrai but.

"Ok j'en suis. Je peux pas laisser Rose toute seul, il faut quelqu'un qui la canalise. Je vais ressortir discrètement toute ma documentation sur les dragons. Je t'aiderai. Mais ça ne m'empêche pas de me dire que tu es complètement fou."

Le dragon a besoin de se divertir, et il prend alors son envol dans la caverne, je viens me lover, par peur et par réconfort dans les bras de Will.

"Même moi qui n'est pas ton passé j'en ai peur, alors comment tu arrives à faire cela ? Pourquoi tu as récupéré Eliott, quel était ton but ?"

Je voudrai comprendre pourquoi mon homme met sa vie, sa carrière en jeu ? Il pourrait finir en prison, payer des amendes. C'est totalement illégal.

"Est-ce que Rose l'a déjà vu ? Elle sait tout ça ?"

Je me colle sur sa poitrine alors qu'on regarde Eliott faire des cercles et cracher des fumées épaisses.

"Comment va-t-on s'y prendre pour empêcher le MACUSA de commettre une telle énormité ? C'est dangereux Will, pourquoi font-ils ça ? Est-ce que Marcus sait déjà quelles idées ils ont en tête ?"

Codage par Libella sur Graphiorum

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Naëlle Sharp

« Je vais découvrir un autre chemin, et il va falloir que tu sois mon guide dans cette obscurité. Elle pourrait nous entrainer tous les deux. »
 

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I've seen that look in your eyes
Naëlle Sharp & Will Davies
"Pas plus tard qu'il y a dix minutes, je me disais que les gens qui voulaient élevé des dragons étaient complètement cinglés ou suicidaire. Lequel des deux es-tu ?
- A dire vrai ? Certainement les deux à la fois. »

J'ai tout perdu il y a quelques années, alors ouais, c'est peut-être un peu suicidaire et vu le nombre de fois où on m'a traité de cinglé, je crois bien que je le suis un peu. En tout cas, il faut que je le sois pour lui révéler mon plus grand secret. Pour le moment, Eliott a l'air calme, mais c'est la première fois qu'il est en présence d'un autre sorcier que moi, alors je reste sur mes gardes. C'est encore un bébé en plus, il m'a déjà roussi le bras alors qu'il était juste content de me voir.

« Une question à la fois Naëlle, je te rappelle que je ne suis pas un génie. Et oui, il crache du feu, alors calme, ok ? Ça fait déjà quelques années que je l'ai et bien sûr que non Marcus n'est pas au courant. Il attend la moindre excuse pour m'interner officiellement, là, ce serait du pain béni. »

Quant à savoir où je l'ai trouvé, elle oublie que je suis apprenti dragonologiste et que c'est mon métier ? Mais oui, c'est un rêve terrifiant. Absolument effrayant. Une telle puissance, une telle arme entre nos mains. Je l'observe tandis qu'elle « caresse » Eliott. Je l'ai vu se battre, faire la coriace, mais là, elle semble d'une douceur presque irréelle. Je comprends complètement pourquoi elle voulait être vétérinaire. Et je me dis que j'aurais aussi une alliée pour convaincre Rose, parce que Naelle semble avoir bien plus conscience de la dangerosité de l'animal que ma chère amie.

"Hungarian Horntail. C'est un Magyar à pointes. Tu élèves le dragon le plus dangereux au monde et moi j'ai peur quand tu pars avec ton équipe...
- J'ai toujours détesté faire les choses à moitié. 
- Est-ce qu'il est calme ? Où il s'énerve là ? T'es complètement taré, pourquoi je t'aime autant ?
- Il est calme, rassure-toi. Et c'est justement parce que je suis complètement taré que tu m'aimes. »

Je passe dans son dos en disant cela, tendant une main pour toucher Eliott et m'assurer qu'il n'ait aucun geste brusque, non sans avoir embrassé la joue de Naëlle. Les dragons sont comme n'importe quels animaux sur un point : ils sont des éponges à émotions et ils sentent très bien quand on a peur. Je souris quand elle accepte de nous aider. Et puis si la loi passe vraiment, Marcus n'aura rien à dire, il n'aura pas le choix. Il sait aussi bien que moi le risque de l'élevage de dragons et il partagera mon idée : faire que les Insurgés en aient le monopole. Et ici, je suis désolé, mais je suis encore celui qui s'y connait le plus. Eliott nous envoie une bonne rafale quand il s'élève pour aller se dégourdir des ailes dans la grotte. J'appréhende un peu le jour où il découvrira l'étendue du ciel. Alors je réceptionne Naëlle dans mes bras, qui me pose encore des questions. Finalement, c'est peut-etre pas une bonne idée de la mettre trop en présence de Rose.

« A ton avis ? Vraiment, Naëlle, tu ne vois pas ? Toute notre vie on nous a dit que c'était impossible de dompter un dragon. Mais c'est faux. C'est complètement faux et les Purificateurs me l'ont prouvé. Eliott m'aidera à le retrouver, et à le contrer.
- Est-ce que Rose l'a déjà vu ? Elle sait tout ça ?
- ça ne va pas ? Rose est la dernière personne à qui il faut confier un secret ! »

Je plaisante à peine en disant cela. Oh je n'imagine pas qu'elle pourrait divulguer un tel secret volontairement, mais quand elle est lancée, elle meme ne contrôle pas toujours ce qui sort de sa bouche.

"Comment va-t-on s'y prendre pour empêcher le MACUSA de commettre une telle énormité ? C'est dangereux Will, pourquoi font-ils ça ? Est-ce que Marcus sait déjà quelles idées ils ont en tête ?
- Franchement, je n'ai pas beaucoup d'info. C'est Rose qui m'en a parlé, peut-être que tu devrais voir avec elle directement, moi je comprends rien au charabia administratif. Tout ce que je sais, c'est que si c'est vraiment en projet, il faut absolument qu'on ait le monopole, que seule notre équipe ait la licence, sinon, franchement, je ne donne pas cher de l'avenir... »

Déjà qu'Amanda continue à perpétrer ses horreurs et qu'on a été incapable de réellement les anticiper. En plus, de l'autre côté de l'océan, la paix semble se profiler... Si les Purificateurs et Résurgents ici parviennent à dresser des dragons... ça pue franchement.

« De toute manière, on n'arrêtera pas de se battre. Je pense qu'au mieux, ils font ça pour l'argent. Au pire, c'est un coup de nos ennemis parce qu'ils ont déjà une armada de prête. Marcus tente de faire barrage pour l'instant, mais va savoir. »

Le monde ne tourne pas rond, c'est bien connu. Ce ne serait qu'une preuve de plus.

« Je sais que j'fais des trucs bizarres parfois, mais tu vois, je gère. D'une drôle de manière, j'te l'accorde, mais je gère. Seulement, j'ai besoin de toi pour etre la tête pensante de tout ce merdier, ok ? »

Alors qu'Eliott s'occupe comme un grand, je nous fais transplaner pour qu'on rentre au Télescope. Naëlle a réussi à cesser ses questions deux bonnes heures avant de recommencer, mais j'ai réussi à la faire taire d'une très agréable manière quand nous sommes retournés dans la chambre.

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Loving can hurt, loving can hurt sometimes
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When it gets hard, you know it can get hard sometimes
It is the only thing makes us feel alive

©crack in time

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