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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Février 2022.
Profitez bien des nouveautés ! Le récapitulatif est ici !

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Pour vivre heureux, il faut vivre caché.
7 août 2021

Nadejda Viktorovna de son vrai nom, Nadia de son surnom m'a gracieusement offert une mèche de ses cheveux. C'est une amie russe, on était à l'école ensemble. Je n'étais pas proche d'elle comme je l'étais de Milana, mais c'est une bonne amie. L'une des rares avec qui je ne suis pas sorti à vrai dire, la raison ? Et bien Nadia est disons, de l'autre bord. Elle aime les femmes, cela s'est vu très vite. Je veux dire, qui refuse de sortir avec moi ? Y'avait personne à l'école pour le faire. Bon, peut-être ma prof de piano, mais c'est une autre histoire. Malgré ça, ses parents, sa famille semblent aveugles. Elle souffre beaucoup de son homosexualité à cause des traditions sangs-purs. Ils attendent tous un héritier. Du coup, il m'a paru assez évident quand on cherchait à qui prendre l'apparence pour Tristelle. Déjà, que ce ne soit pas une de mes ex, par respect pour Tristelle, et pour que cela soit moins étrange pour moi. Ensuite, parce que je savais qu'elle accepterait d'être à mes côtés lors d'un mariage médiatisé. C'est une opportunité pour elle de se montrer aux bras d'un parti, d'un homme. C'est la clef pour calmer quelques temps les émois de sa famille. Ils penseront un temps que nous nous fréquentons, et elle aura la paix. En tout cas, c'est exactement ce qu'elle m'a dit quand je suis allé la rencontrer. Ce qu'il y a de bien avec Nadia, c'est qu'elle ne pose pas beaucoup de questions. L'identité de Tris est donc préservée.

Durant l'été, entre deux origamis, trois centres de table, Jillian et Tristelle ont fabriqué le Polynectar. Assez pour qu'il soit utile à Prudine et Élise. J'ai l'impression d'être un délinquant. Je ne suis pas à l'aise avec tout ce qu'on fait. Mais j'ai accepté pour que tout se fasse dans mon appartement. C'est beaucoup de risques pour une seule soirée. Mais quand on voit les deux filles parler du mariage, du plus beau jour de Jillian, je n'ai pas hésité longtemps. Jillian a besoin de ses amies pour ce grand jour. Elles ont traversé pas mal de choses toutes les trois.

9 fioles pour tout le mariage. J'en ai trois dans la veste de mon costume pour la soirée. Le reste, c'est Tristelle qui les a dans un sac à rallonge. Je ne sais pas lequel de nous deux est le plus stressé. Lequel de nous trois, Jillian se marie, alors j'imagine que c'est la plus stressée de nous trois. Juste avant de transplaner, je regarde Tristelle et l'embrasse fougueusement, c'est la dernière fois que je vois son visage avant plusieurs heures. Quand elle grimace en buvant la potion, je lui souris tendrement, et bientôt elle se transforme, et prend l'apparence de Nadia. C'est vraiment bluffant. Je soupire et admire son visage, son corps. Je déglutis.

"Très réussi. Je te glisserai quelques mots en Russe. Nadia connait assez mal notre langue. Ça sera un avantage si on te fait la conversation."

Je me force à embrasser son front avant de transplaner au Mandarin Oriental. Une main dans son dos, on s'avance vers l'endroit où aura lieu le culte. Il y aura la cérémonie du thé, Jillian et Tris se sont amusées à s'entrainer. On a bu du thé tous l'été. C'était plutôt sympa. Du monde arrive déjà, on a une heure d'avance. D'ici quelques minutes Tristelle va s'enfuir avec Jillian, pour finir de la préparer.

"Monsieur Nott, ravi de vous revoir ici. Et en charmante compagnie."
"Monsieur Avery." Je souris. "Ravi à mon tour. Je vous présente Nadejda Viktorovna."

Aymen lui prend la main dans la plus grande politesse.

"Enchanté Nadejda, Aymen Avery."
"Pardonnez là, Nadia parle très peu l'anglais."
"Russe n'est-ce pas ? Je suis navré, je ne le parle pas."

Je fais mine de traduire à Tristelle qui tente de prendre un très mauvais accent anglais pour lui répondre. Jusque là, tout se passe bien, pourvu qu'on ne tombe pas sur des Russes. Mais vu les origines des Hamilton et des Wen, il y a peu de risques.

"Je vous souhaite une bonne réception à tous les deux. J'espère vous revoir très vite Stephen, autrement qu'à un mariage."

Il me serre la main vigoureusement, il a une sacré poigne. Et ce qu'il dit, je rêve pas, c'est une sorte de... d'invitation ? J'attends qu'il parte un peu loin pour me tourner vers Tris. Je suis toujours aussi surpris quand je vois son visage, c'est vraiment étrange, il va falloir que je m'habitue.

"J'ai pas rêvé non ? Tu l’interprètes comment sa phrase ? Je crois qu'il s'est passé un truc au mariage de son frère, je sais pas, quand je discutais avec Gregory. Je crois que l'interview de ma sœur, ses révélations, elles ont fait écho aux siennes. Je sais pas ce qu'il s'imagine. Je sais pas ce qu'il mijote, mais en même temps, j'aimerai en être."

Je suis excité là je crois. C'était bien ça, Tristelle confirme, y'a un truc. C'était une proposition ou je ne sais quoi. Aymen Avery. Le favori de la presse. En quelques semaines il est devenu l'homme politique le plus important, le plus incontournable, tout le monde parle de lui. La presse se l'arrache, il ne donne aucune interview, ou rare, ce qui le rend encore plus médiatique. Les gens parlent d'un futur bouleversement. Il a fait tomber la réputation d'un Ministre, le vent tourne au Ministère, et Aymen monte en force. Pour un futur avocat comme moi, c'est juste énorme dans une vie politique. C'est une première, non à vrai dire, ça serait une deuxième si les rumeurs sont vrais. Est-ce qu'Aymen va renverser le gouvernement actuel ? S'il y a des nouvelles élections, il en est le favori.

Et là, il vient littéralement de me dire qu'il souhaite me revoir, en dehors d'une soirée mondaine. J'ai envie d'embrasser Tris, je suis... je suis complètement bloqué par son apparence. Je reconnais son regard, à travers les yeux de Nadia, c'est vraiment dérangeant. Quand elle caresse mon bras, je suis gêné, je ferme les yeux et secoue ma tête. Aller Stephen, c'est pas comme si tu l'as trompé, c'est elle, c'est Tris, pense que c'est du maquillage. Je souris, j'essaye de rien laisser paraître.

"Hey Stephen ! Waouh, bonsoir mademoiselle."

On se retourne. Un jeune sang-pur, Edward. Et le défilé commence. Les présentations. J'étais tellement obnubilé par le Polynectar, l'organisation, que tout se passe bien pour Tris, pour Jillian, que j'avais totalement oublié l'effet que ça allait produire : moi avec une femme à mon bras. Je n'avais pas percuté que les gens seraient curieux, intéressé. Ils viennent tous nous saluer.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Pour vivre heureux, il faut vivre caché
Stephen Nott & Tristelle Arden

C'est aujourd'hui ! Ça y est, on y est, c'est aujourd'hui ! Je suis réveillée bien avant que ce ne soit l'heure. Je n'ai pas arrêté de gigoter, de me tourner et de me retourner dans le lit. Je crois bien que j'ai réveillé Stephen plus d'une fois. Dès 8h, j'avais envie de commencer à me préparer, je me suis réentrainée à bien saisir le bol, à le tourner correctement pour la cérémonie du thé. Au bout d'un moment Stephen m'a dit que je pouvais aller me préparer. Je veux que tout soit parfait. Je prends une douche, me sèche bien avant de regarder la petite robe rouge que j'ai choisie. C'est la couleur dominante du mariage de Jillian. Ce n'est qu'une fois que je l'ai enfilée que j'ai un doute... Est-ce qu'elle est adaptée à la morphologie de cette fille dont je vais prendre l'apparence. Normalement oui, d'après les dires de Stephen, mais on ne sait jamais. Quand il m'a dit qu'il avait trouvé une amie russe qui acceptait de prêter son image, j'ai été un peu sceptique... Et si c'était cette fille, cette Milana qu'on a croisée au Phenix Bar ? Elle disait être une « très bonne » amie de Stephen. Mais heureusement ce n'est pas elle.

C'est aussi au moment où je me prépare à me maquiller que je réalise la stupidité du geste. Ce ne sera pas mon visage. Allez, ce n'est rien, je vais pouvoir être là au mariage de ma meilleure amie, c'est l'essentiel. Je m'assure que j'ai bien une partie des fioles de Polynectar dans mon sac. Stephen a les autres.

« Je t'ai déjà dit que tu étais particulièrement beau en costume ? »

Je me demande s'il n'est pas né en costume d'ailleurs. Il est parfait. C'est quand même bizarre d'aller à un mariage ensemble. Enfin, même si on n'y va pas « vraiment » ensemble, enfin, bref. Je me délecte de ses lèvres quand il m'embrasse, mais je fais une grimace quand j'avale ma première fiole de polynectar. Ce n'est vraiment pas terrible. Je me sens un peu... j'en sais rien. Je vois la pigmentation de ma peau changer. Mes cheveux rétrécissent... J'essaie de me faire une idée dans le regard de Stephen. Des mots de russe, génial... Je me regarde vite fait dans le miroir de l'entrée. Nadia a un visage de poupon, ton rond, les cheveux courts. Elle est jolie, mais elle ne me ressemble pas du tout. C'est vraiment étrange. Mais il faut y aller. Il nous fait transplaner.

Et par Merlin, Jillian et Zachary n'ont pas lésiné sur les moyens. L'hôtel est.... On en prend plein la vue. Jill a beaucoup de goût et l'harmonie des couleurs est absolument parfaite. Dire qu'elle va se marier, traverser l'allée avec sa merveilleuse robe, qu'elle va enfin fonder la famille qu'elle désire. Quelqu'un interpelle Stephen, je me retourne et...

Oh MERLIN ! Oh Merlin oh Merlin oh Merlin ! C'est lui ! C'est Aymen Avery. Aymen Avery, en personne, là, juste devant moi. Je souris comme une idiote. Heureusement que je suis censée être russe parce que je crois que là, je n'ai aucune phrase cohérente qui me vient en tête. Je souris de plus belle quand il me gratifie d'un baisemain. Oh oui, il faut faire semblant. Alors je tente de me souvenir de l'accent de Bliobéris pour lui répondre.

« Je suis ravie Mr Avery, réellement... »

Il est vraiment aussi beau qu'en photo. Même plus en fait. Il dégage un truc, c'est vraiment fascinant. Et il est là, à parler avec Stephen, à vouloir... Le revoir ? Comment ça le revir, Stephen est étudiant en droit, Aymen est un directeur de département mais...

"J'ai pas rêvé non ? Tu l’interprètes comment sa phrase ? Je crois qu'il s'est passé un truc au mariage de son frère, je sais pas, quand je discutais avec Gregory. Je crois que l'interview de ma sœur, ses révélations, elles ont fait écho aux siennes. Je sais pas ce qu'il s'imagine. Je sais pas ce qu'il mijote, mais en même temps, j'aimerai en être.
- Je... je ne sais pas, mais clairement, il y a un truc. Tu crois qu'il pourrait avoir une place pour un étudiant en droit dans son département ? »

Ce serait un truc dingue. Avery prône la paix et la tolérance, l'égalité, il a dénoncé les horreurs d'Hopkins, tout le monde parle de lui. Si Stephen pouvait travailler avec lui ce serait plus qu'un tremplin. Et peut-être qu'un jour il aura besoin d'un médcin ? Non ? D'accord, je m'emballe. Mais c'est la promesse d'une très bonne opportunité pour Stephen qui se tourne vers moi pour... Oui... non... je sais ce n'est pas mon visage. Je caresse son bras, ce n'est pas grave.

"Hey Stephen ! Waouh, bonsoir mademoiselle."

Stephen parle pour nous. Il présente Nadia, j'oublie parfois de hocher la tête, c'est vrai que c'est moi Nadia. Tout le monde se réjouit de le voir accompagné. Ils s'imaginent que je ne comprends pas l'anglais, alors parfois ils se laissent aller à des commentaires, notamment après son interview lors du mariage Avery-Greengrass. Je serre la main de Stephen, je suis encore plus mal à l'aise je crois, que si j'étais vraiment moi. Parce que mine de rien, on implique une autre personne et que tout cela n'est qu'une mascarade. Ce n'est pas moi qu'il présente. Mais on ne peut pas faire autrement, on mettrait Jillian en danger, on se mettrait en danger. D'autant que parmi les invités, il y a des Résurgents. Enfin, des ex résurgents. Et si leur nouvelle stratégie est dangereuse, Stephen m'a bien dit de me méfier. Le casino de Manchester me manque atrocement en cet instant. Au bout d'un moment, j'embrasse son bras, avant d'y coller mon front. J'espère qu'un jour on pourra profiter, comme n'importe qui. On s'écarte un peu de la foule.

« Merlin... Ta mère ? Tu sais si ta mère sera là ? »

Je ne suis clairement pas prête à la rencontrer. Encore moins avec le visage de Nadia. En plus, si elle parle russe, je suis fichue.

« J'ai tellement hâte de la voir... Et d'être à ce soir. »

Pour reprendre mon apparence, pour pouvoir être libre, avec lui.

« J'ai encore du mal à réaliser qu'elle se marie. J'ai l'impression que c'était hier qu'on avait onze ans et qu'on se rencontrait toutes les trois, à la grande table des Serdaigles. Elle se marie. Ce n'est pas rien ça. On a imaginé ça durant sept ans... »

Même si dans ma tête, on aurait, enfin Jillian, aurait été plus jeune. Mais je commence à comprendre pourquoi elle l'épouse maintenant, pourquoi il y a une telle différence de rapport à l'âge et à l'union. Ici c'est une reconnaissance. Dans mon monde, il n'y a plus vraiment cette dimension. Mais dans ce qu'on imaginait, Prudine et moi on ne se cachait pas. Un rêve de petite fille, qui se réalise pour une de nous.

« Garrett est prêt pour son tour ? »

Le troisième et dernier mariage de l'été. Il se marie jeune lui aussi.

« J'ai quand même du mal à croire qu'Aymen Avery ne soit pas marié. »

Sérieusement, il est bel homme. Et c'est un bon parti. Quoi, qu'est-ce que j'ai dit ?

black pumpkin

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Do I belong to your world ?

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Pour vivre heureux, il faut vivre caché.
7 août 2021

Vu la tonne de flash, Nadia va être contente et satisfaite de son don de cheveux. Les journaux vont craquer d'exclusivité. J'étais célibataire il y a quelques jours, au mariage d'Avery-Greengrass, et me voilà au bras d'une Russe sortie de nulle part. Ils feront les rapprochements, et s'ils viennent jusqu'à elle, elle ne démentira pas. Elle aura la paix pour des années, si on joue une "rupture", elle pourra se cacher derrière le fait qu'elle ne s'en remet pas, et ce sont ses mots. Je suis... contente pour elle ? Quoi qu'il en soit, cela me permet de vivre ce moment avec Tris, même si j'aurai préféré qu'elle garde son apparence. Nadia est pas mal, mais, elle n'a rien à voir avec Tris. Je suis sûr que cette robe va mieux à la femme que j'aime, elle l'aurait mieux mis en valeur sa coupe. Et ses yeux me manquent, son sourire. Après le bain de foule, on s'éloigne, s'octroyant quelques minutes de répits.

« Merlin... Ta mère ? Tu sais si ta mère sera là ? »

Je regarde un peu partout, au cas où je la verrai, mais comme prévu, pas d'Olivia dans les parages. C'est bien ce que je pensais.

"Ne t'inquiète pas pour ça, elle ne briserai pas un protocole, je ne t'ai pas encore présenté officiellement, elle ne va pas venir roder autour de nous, à cause des média qui risquent de l’interroger à son sujet. Et vu qu'elle ne connait rien à ton sujet, ça serait risquer d'être trainée en ridicule."

Je reporte mon attention vers Tris. Je me rends compte de comment j'ai parlé. Je sais que c'est dur ce que je dis, que ça peut faire paraitre fils indigne, irrespectueux, mais c'est la tradition sang-pur qui veut cela. Et Olivia connait tous les codes. Elle s'offusquera un peu, mais en même temps, je ne vais pas demander la main de Tris, enfin de Nadia. Donc il n'y a pas lieu que je la présente officiellement à ma mère. Je finis d'enlever mon air grave sur mon visage pour lui offrir un sourire et... un clin d’œil pour la détendre.

"Mon ange, j'ai tellement de choses à t'apprendre, et en même temps, je n'ai envie de rien te dire, parce que je ne veux pas te... pervertir à ce monde."

Je regarde de nouveau les invités. Ils sont tous là, à faire attention à leur image, propres sur eux, à ne pas faire un geste de travers. Certains repèrent les photographes, les journalistes, leur font les yeux doux. Tris n'est pas ce genre de femme, et c'est ce qui m'a plus, c'est ce qui me plait chez elle. Je ne veux pas m'enfermer dans des protocoles avec elle.

« J'ai tellement hâte de la voir... Et d'être à ce soir. »
"Moi aussi, c'est assez perturbant. J'ai l'impression que si je t'embrasse, je te trompe, c'est..."

Je secoue la tête, chassant cette idée. Ce n'est qu'un jeu, du théâtre, et derrière ce masque, c'est Tris, ce n'est que Tris, rien à voir avec Nadia. C'est un artifice, et je devrai le prendre comme tel. Mais j'ai l'impression de mentir à la terre entière. Et je n'ai pas envie d'une photo où j'embrasse l'apparence de Nadia dans les média. Et je sais que Tris ne voudrait pas ça non plus. Je veux dire plus tard, quand elle verra les journaux, dans quelques temps, elle n'aimera pas ce qu'elle voit. Si l'on doit me photographier en train d'embrasser une femme, ça sera elle. Sur toute les pages des magasines et des journaux, pas son costume de réception. Par respect pour elle, et pour moi.

« J'ai encore du mal à réaliser qu'elle se marie. J'ai l'impression que c'était hier qu'on avait onze ans et qu'on se rencontrait toutes les trois, à la grande table des Serdaigles. Elle se marie. Ce n'est pas rien ça. On a imaginé ça durant sept ans... »

Je penche ma tête pour la regarder, elle est encore plus petite dans ce corps. Je lui souris tendrement.

"Ce n'est pas rien non. Et je suis contente pour ton amie, qu'elle épouse quelqu'un qui lui convient, pas par convenance, mais par réels sentiments. Elle a eu de la chance, tu sais. Ce n'est pas le cas de beaucoup de jeune de notre statut. Je suis là, obligé de faire semblant."

Je caresse sa joue, le bout de ses lèvres avec mon pouce.

"Mais je suis content que tu sois là pour elle, après avoir imaginé ce moment depuis 7 ans. Je suis sûr que tu t'imaginais à l'époque de tes onze ans un gars plus sexy et plus Serdaigle que moi ?"

Je me retiens de rire, mais je finis par m'esclaffer. Cet air qu'elle a. Ok je suis sexy, oui Ok je le sais. Et ça m'a toujours servi, surtout dans le Tribunal Magique et pour avoir les faveurs d'une fille. Mais à l'heure actuelle, je me fiche d'être le plus beau, tant que je suis avec elle. Si je lui plais, c'est encore mieux.

"Mais en vrai... dis moi comment tu t'imaginais à ce potentiel mariage ? Tu as imaginé le tiens ? Comment il serait ?"

Je suis curieux de savoir, ce qui pour ma douce, la fait rêver ? J'imagine que si un jour, on peut se marier, j'imagine que tout ce que j'ai appris, tout ce que j'ai vu serait remis en question. Parce que j'aurai envie que ce jour soit sa journée, et non pas un protocole. Je n'aurai jamais pensé comme cela avant, jamais. Et puis je l'ai rencontré, et elle a tout changé.

« Garrett est prêt pour son tour ? »
"Mmmh, pas vraiment. Je veux dire, ça le stresse un peu. Sa copine est très ancrée dans les traditions, elle lui met la pression je crois. Il s'imagine qu'elle va vouloir des enfants rapidement, et il se trouve trop jeune. Et il l'est si tu veux mon avis. Je compatis le pauvre."

Je n'aimerai pas avoir des enfants maintenant, mais ça ne me ferait pas peur de me marier, surtout si je suis sûr. Et Garrett n'est clairement pas sûr de lui, mais c'est la tradition. Après les frasques de son grand père, je crois qu'il se dit qu'il n'a pas trop le choix que de redorer son nom. Pourtant Julian s'appelait Nott. Et je perçois autant de pression sur mes épaules.

« J'ai quand même du mal à croire qu'Aymen Avery ne soit pas marié. »

Je penche ma tête et relève un sourcil. Elle a vraiment dit ce qu'elle vient de dire.

"Ah ouais, toi aussi ? Pourquoi tout le monde craque pour ce brillant, sexy et riche héritier ? Je me le demande. En fait t'es comme les autres hein ! Désolé, mais il est trop vieux pour toi, il faut se contenter de moins..."

Je fais semblant de m'offusquer avant de rigoler et lui chatouiller les côtes quelques secondes en mordant ma lèvre. Je la fais tourner au bout de mon bras, et quand son visage se rapproche du mien, je n'arrive pas à m'y résoudre. J'embrasse alors tendrement son front et la serre ensuite dans mes bras. J'entends les flash, ça y est, nous ne sommes plus tranquille. Je plaque une main dans son dos et je nous éloigne des photographes, tout en gardant un sourire et une attitude irréprochable et poli. Nous apercevons Prudine sous sa forme Polynectar, elle fait signe à Tris. Je me penche à son oreille.

"Je crois que c'est ton moment, celui dont vous rêviez toutes les trois depuis vos onze ans. Va préparer ton amie. Je ne bouge pas."

Je relève sa main pour en embrasser le dessus.

"Fais d'elle une princesse mon ange."

Et puis, il va déjà falloir qu'elle utilise une nouvelle fiole de Polynectar. Dès qu'elle part, je sens les vautours autour de moi. Je reste bref quand je leur parle. Je n'en dis pas beaucoup sur notre relation. Juste le minimum sur lequel on s'est accordé avec Nadia. Je pose, serre des mains. Je croise parfois le regard d'Aymen Avery, et de ses gardes du corps qui ne passent pas inaperçu. Je vais saluer et féliciter Shino comme il se doit, en tant que frère de la mariée. Puis je croise Garrett et sa fiancée. Je ne m'attarde pas, je ne veux pas qu'il me pose des questions. Je n'ai rien dit à personne, à mes amis je veux dire, pour Nadia. Et Garrett est resté sur le fait qu'une née-moldue me plaisait.

C'est un peu long sans Tris. Mais on nous demande déjà de nous installer. Elle n'est toujours pas revenue. Je lui garde alors une place. Et bientôt on entend la musique. Mon cœur bat la chamade, j'ignore pourquoi, mais quand je la vois arriver, derrière la mariée, je ne vois qu'elle, son vrai visage, j'oublie le masque, j'arrive à m'imaginer Tris. Je reconnaitrai sa présence, son âme dans n'importe quel corps. Je souris et lui présente ma main pour l'aider à s'assoir près de moi quand elle passe devant. On s'installe et on écoute la cérémonie Chinoise. Je n'avais encore jamais assisté à ça. Je me penche à l'oreille de Tris et je murmure.

"Tu sais que je rêve toutes les nuits que je sers le thé ? Heureusement que j'aurai juste à tenir la tasse. Alors elle n'a pas trop peur ? Comment ça s'est passé ? Elle ne s'est pas défilée ? Tu n'as pas voulu t'enfuir avec elle ?"

Je me remets droit, gardant mon sérieux alors que quelqu'un s'est tourné pour nous faire signe de nous taire. Je tourne ensuite ma tête vers Tris, faisant la mine du mec amusé. Puis je me repenche vers elle.

"Ces protocoles alors... les gens ne sont pas sortable."

J'ai envie de la faire sourire, de la détendre. On dirait que c'est elle qui se marie.

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Pour vivre heureux, il faut vivre caché
Stephen Nott & Tristelle Arden

A sa manière de décrire sa mère et son respect du protocole, je sens qu'on n'est pas prête de faire connaissance elle et moi, parce qu'elle n'acceptera jamais que son fils sois avec quelqu'un comme moi. Elle en serait jutement « ridiculisée ».

« Je vois. Et tant qu'il n'y a pas de bague au doigt, ça ne veut pas dire grand-chose. »

Je souris en agitant ma main gauche. Ça, j'ai bien compris comment cela fonctionnait dans le monde Sang-Pur. Mais j'ai encore beaucoup à apprendre sur les us et coutumes, les convenances et toutes ces choses. Le moindre faux-pas peut être durement reproché.

« Parce que tu crois que je pourrais oublier à quel point j'aime danser avec une pinte de bière, ou piocher des beignets à pleines mains ? »

Je lui souris. J'aime trop mes racines pour devenir complètement comme... tous ces gens. Mais d'un autre côté, je sais que je peux tenir ce rôle quelques heures. Même si je ne serais jamais aussi à l'aise que lui avec les photographes. Ça semble inné chez lui, je suis sûre que, bébé, il prenait déjà la pose. Bon, quand on en sera au repas « privé », les choses seront plus agréables, parce que nous n'aurons plus à jouer le rôle social. Je relève la tête quand il me confie avoir la sensation de me tromper, à cause de ce visage. Or, j'ai conscience de ce que cela signifie pour lui que la tromperie. Et je peux le comprendre, quand je me suis vue dans la glace... Et d'ici quelques années, quand on regardera les photos, de quoi cela aura l'air ?

« Je sais, je comprends. »

Je serre un peu plus sa main, comme pour le rassurer. Comme pour me rassurer. Et puis nous ne devons pas nous concentrer sur nous. On est là pour Jillian. C'est son grand jour à elle. Son mariage qu'on a rêvé, décortiqué, transformé, amélioré, repensé durant des années dans le dortoirs de la maison Serdaigle. La maison où tout a commencé. Où ça ne s'est pas fini. Stephen dit qu'elle a de la chance, parce qu'elle épouse la personne qu'elle aime, sans avoir besoin de faire semblant. Alors que lui, juste pour assister à un mariage, il doit se balader avec des fioles de Polynectar. Ce n'est pas vraiment juste tout cela. Jusqu'au bout ça va nous revenir en pleine figure, cette histoire de statut du sang, n'est-ce pas.

« Elle a beaucoup de chance oui. »

Même si elle a dû intégrer les Résurgents puis l'Alliance Unitaire pour plaire à sa belle-famille. J'ai peur, de ce qu'on lui demandera, de ce qu'on lui imposera, à Stephen, si notre histoire finit par se savoir. Je ris quant à la suite. Est-ce que je m'imaginais avec un cavalier plus sexy que lui ? Clairement pas ! Je n'en reviens toujours pas qu'il ait posé les yeux sur moi, ce jour-là, chez Mrs Wen.

« Plus Serdaigle, très certainement. Mais pour le côté sexy, tu t'en sors plutôt bien. 
- Mais en vrai... dis moi comment tu t'imaginais à ce potentiel mariage ? Tu as imaginé le tiens ? Comment il serait ?"

Oh... nous y voilà. Le moment des aveux gênants des rêves d'enfants. Quelque part ça me... fait bizarre de parler mariage avec lui. Précisément alors qu'on est à un mariage.

« Eh bien, je ne m'imaginais pas avec cette tête, déjà. Et puis bizarrement, je nous imaginais Prudine et moi avec des robes identiques, tu vois ces fameuses robes de demoiselles d'honneur. »

Quant à « mon » mariage... Je pense que je peux éviter de mentionner que j'ai déjà imaginé mon mariage avec Luke. Dans ma tête, il était bien précis. Merlin que c'était ridicule en y repensant !

« Je crois que j'ai toujours imaginé un mariage comme dans les contes de fée. Une robe de princesse, avec une grande trainée qui tombe sur les marches des escaliers. De grandes tables blanches. Dans un endroit magique. Pas très réaliste, je sais mais j'avais onze ans. Et puis en grandissant, j'ai fini par croire que cela ne m'arriverait pas, alors je me suis dit que j'avais bien le droit de le rêver ainsi. Mais un beau mariage près d'un étang, avec des arbes qui formeraient une voute boisée au dessus de nos têtes et des fleurs dans mes cheveux, ce serait tout aussi magique. »

Il y a eu un mariage comme ça dans ma famille. Une cérémonie païenne, superbe. Simple mais intense. Rien à voir je pense avec le mariage de son cousin, mais on peut avoir des surprises. Et d'après ce que Stephen me dit, il n'est pas prêt. Et la fiancée de Garrett veut en plus des enfants rapidement ? Mais elle a quoi, vingt ans à peine. Je me sens bien incapable de gérer un enfant maintenant. Après, je présume que la configuration n'est pas la même, elle ne va peut-être pas mener d'études, et leurs familles vont subvenir à leurs besoins... mais même comme ça.

« Par Merlin, ces coutumes sont tellement différentes de chez moi. Ne parle jamais de ça à ma grand-mère, elle ruerait dans les brancarts au nom de l'évolution. »

Et pourtant, elle aussi a dû épouser mon grand-père très jeune, parce qu'elle était enceinte de ma tante. Mais dans tout ce « commerce » du mariage, dans toutes ces tractations, étrangement, l'une des stars du moment est toujours célibataire.

"Ah ouais, toi aussi ? Pourquoi tout le monde craque pour ce brillant, sexy et riche héritier ? Je me le demande. En fait t'es comme les autres hein ! Désolé, mais il est trop vieux pour toi, il faut se contenter de moins..."

Je ris alors qu'il me chatouille. Aymen Avery est très séduisant, je suis désolée, personne ne peut le nier. Et en plus, il est pour plus d'égalité ! Mais je me contenterai parfaitement de Stephen... même s'il ne peut pas m'embrasser pour le moment. Je baisse la tête quand les journalistes reprennent de plus belle avec leurs photos. Ça ne s'arrête jamais dans leur monde ? Heureusement, mon petit-ami sait y faire avec eux et je vois Prudine. Enfin... le visage de « prêt » de Prudine. Ça y est, c'est déjà le moment, n'est-ce pas ? Je souris à Stephen. Oui, Jillian va etre une vraie princesse aujourd'hui. Un dernier sourire et je fonce rejoindre Pru et Jill.


***


Mon cœur a battu à tout rompre quand j'ai remonté l'allée avec Prudine derrière Jillian. Je me suis imaginé me prenant les pieds dans je ne sais quoi, tomber, bousculer la grand-mère sur le côté et tout gâcher ! Mais tout s'est bien passé. J'ai accéléré un peu le pas sur la fin, car tous ces regards sont pesants. Je m'assois à côté de Stephen, Prudine sur ma gauche.

« Elle est prête. Même si oui, on a envisagé de s'enfuir pour les Baléares, mais on s'est dit que vus seriez perdus sans nous. »

Je baisse les yeux et Stephen se redresse tandis qu'un homme devant nus nous fait clairement comprendre qu'on dérange. Puis je reporte mon attention sur Jillian. Je tends un peu le cou.

"Ces protocoles alors... les gens ne sont pas sortable."

Je serre sa main fort, tout au long de la cérémonie.


***


Il a fallu que j'aille « me rafraîchir », pour en réalité reprendre une fiole de Polynectar. Et surtout sécher ces fichues larmes, car ils m'ont fait pleurer, Zach et Jill. Je n'ai pas encore pu échanger quelques mots avec mes amies à la fin de la cérémonie. L'héroïne du jour a été happée par les photogaphes. Il faut encore donner le change.

« Tu aurais imaginé un rite aussi compliqué pour ton mariage toi ? D'ailleurs, j'aurais pu te poser la même question tout à l'heure. Je sais qu'on a toujours attendu de toi que tu te maries et que tu fasses de beaux héritiers, donc tu ne t'es jamais posé la question certainement mais imagine que tu aies le choix. Comment tu imagines ton mariage ou ta vie dans cinq ans ? »

C'est un exercice que les professeurs de Poudlard nous ont déjà donné, notamment pour nous aider à trouver notre orientation. Moi j'imagine que je partagerai mon temps entre l'UMS et un dispensaire, je n'ai pas envie de travailler dans un immense hôpital privé, et Ste Mangouste... j'en sais rien, je doute qu'ils m'acceptent. Peut-être que dans cinq ans, cette fois je pourrai effectivement dire que je vis avec Stephen. Jillian sera peut-être enceine à ce moment là. Ou déjà maman...

"Les voeux étaient magnifiques en tout cas."


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Pour vivre heureux, il faut vivre caché.
7 août 2021

En fait, tout le long de la cérémonie, je ne regarde pas les mariés, mais je regarde Tristelle. Même sous l'apparence de Nadia, je reconnais ses expressions, parce que oui, Nadia ne fait jamais ces têtes là. Je reconnais bien là la femme que j'aime. Je suis un peu comme ces parents qui ne regardent pas le spectacle où assiste leur enfant, mais qui regardent l'enfant lui même, ses expressions, ses rires, ses peurs. Parce le vrai spectacle c'est cela. Son émotion, ses yeux qui brillent, ses larmes, sa joie. Voir Tris émue, joyeuse, nostalgique, c'est ce qu'il y a de plus beau aujourd'hui. Même si j'aurai voulu voir son vrai visage, ses yeux qui m'enchantent, me troublent. Cette femme me tourmente de bien des femmes, et c'est en cela que je l'aime.

Enfant, cette femme rêvait d'un mariage contes de fées. D'un mariage princier. Une belle grande robe, une longue traine, des escaliers longs qu'elle pourrait monter et sur lesquels elle pourrait faire trainer des mètres de robe. Quelque chose de littéralement magique. Je sais que je pourrai lui payer ce genre de mariage. J'en ai les moyens. Seulement je ne sais si un jour, tout cela sera possible à cause de nos statuts différents. De notre sang.

Mon regard se porte vers Aymen Avery, il porte de lourdes responsabilités sur ses épaules. Il n'y a plus qu'à lui faire confiance pour l'avenir. Je sais aujourd'hui, en entendant les rêves de la femme que j'aime, en voyant ses yeux pétiller au mariage de sa meilleure amie, que je me rangerai derrière l'opinion d'Avery. Je le sais à présent. Et je sais aussi que cela ne sera pas facile. Qu'il y aura probablement des conséquences. A savoir où ? Et quand ? Il faut que je fasse la part des choses, que je pèse le pour et le contre, que j'analyse toutes les opportunités. Car si je veux un jour payer le mariage de rêve à Tris, il faut que je reste en haut du panier. Que je garde un statut prestigieux, ma fortune, mon nom. Je serai si brillant, que quand elle deviendra une Nott, on ne regardera plus ses origines.

En attendant, j'applaudis comme tout le monde, je partage le thé, je félicite, j'offre des sourires, de nouvelles poignées de main. Je joue mon rôle. Je donne de courtes interviews le temps que Tris se rafraichit. Déjà des attitudes de grandes dames. Elle n'est pas la seule à le faire. Même si je sais que ça rime aussi avec une nouvelle fiole de potion. Ce mariage était émouvant, même si ce qui l'était le plus, c'est d'avoir partagé cela avec elle, qu'elle soit présente pour Jillian. Le mieux aurait été de manière naturelle, mais la sécurité avant tout. Pour elle et pour la nouvelle madame Hamilton. Quand elle revient à mes côtés, j'aurai préféré qu'elle me parle d'autre chose que de mes rêves de mariage. C'est plutôt gênant. J'aurai peur de la décevoir.

« Tu aurais imaginé un rite aussi compliqué pour ton mariage toi ? D'ailleurs, j'aurais pu te poser la même question tout à l'heure. Je sais qu'on a toujours attendu de toi que tu te maries et que tu fasses de beaux héritiers, donc tu ne t'es jamais posé la question certainement mais imagine que tu aies le choix. Comment tu imagines ton mariage ou ta vie dans cinq ans ? »

Je la regarde un instant, avant de porter mon regard ailleurs, mordant ma lèvre inférieure. Si j'avais le choix ? Aussi étrange que cela puisse l'être, je ne me suis jamais posé la question de mon mariage. Parce qu'elle a raison. Tout est, était plus ou moins programmé. Je n'ai jamais eu le loisir ou le besoin surtout de penser à ce genre de chose. Ça n'a jamais été un fantasme ou un rêve, parce que je savais que ça finirai par arriver.

"Tu n'as pas tort, c'est ce qu'on attend de moi. C'est pour cela qu'il y a autant de journalistes autour de nous."

Je souris alors que justement des flash nous inondent. Ils sont là, pour avoir un scoop. Toute ma vie est plus où moins médiatisée, et ce n'est vraiment que depuis que j'ai acheté cet appartement, à l'abri des regards et des journalistes, mais aussi loin de la vue de mes parents, que je me sens un peu plus libre et dans le secret. En fait, c'est en quittant tout, en m'éloignant des traditions que je me sens le mieux. Je sais que mes ancêtres seraient fous que je pense comme cela. On croit que parce qu'on a de l'argent, de la notoriété, on se trouve dans une sorte de confort, de sécurité matérielle. Mais c'est depuis que je quitte un peu ce chemin tracé, depuis que je suis avec Tris que je me sens revivre. Faire à ma manière. Et que je peux peut-être rêver de mariage, des choses dont je n'avais pas à me préoccuper jusqu'à présent.

"Je n'ai jamais vraiment imaginé cela, déjà, parce que pour moi le mariage n'aurait été qu'un écran de fumée pour la fusion entre deux richesses. Je n'ai même pas envie de dire de deux familles, parce qu'il s'agit surtout d'argent. Encore un autre papier officiel où je dois apposé ma signature de riche héritier. Je sais que ma future femme aurait été une sang-pur. Je sais aussi qu'elle et sa famille aurait tout organisé."

Je souris de nouveau. Je sais donner le change dans n'importe quelle circonstance.

"J'aurai validé les couleurs de la réception, le gâteau, les fleurs pour la forme et j'aurai surtout sorti le porte monnaie. Le reste aurait été géré par je ne sais quel prestataire pour que tout soit parfait et dans ma norme sociale. Je n'ai jamais cru à un mariage d'amour. Quand on grandit dans une famille de sang-pur, on sait plus ou moins avec qui on va finir. Déjà parce qu'on est pas si nombreux que cela, surtout dans la même tranche d'âges. Ensuite il suffit de regarder les relations de nos parents, les amis, les connaissances, la politique. Et on peut plus ou moins prédire quelles femmes seront candidates au bout d'un moment. J'ai eu la "chance" d'être un excellent parti. Mes parents ont reçus de nombreuses demandes d'alliance et de mariage. C'est pour cela qu'ils ne se sont jamais pressés pour me marier, parce que j'aurai toujours "de quoi". D'autres ont moins de "chance", ils n'ont pas la beauté, parfois une fortune qui se tarie, une réputation qui se ternie."

Je passe une main dans mes cheveux et je la regarde dans les yeux.

"Je sais que l'arrestation de mon père m'a très certainement fait chuter dans l'estime de certains, dans les sondages. Mais aujourd'hui, ça n'a plus d'importance."

Je lui attrape la main pour y déposer un baiser au dessus.

"Aujourd'hui j'arrive à t'imaginer dans cette longue robe blanche, et à m'imaginer te rendre heureuse. Pour l'instant, je ne m'imagine pas dans cinq ans, je n'y arrive pas, car je travaille dur déjà pour t'avoir à mes côtés chaque jours qui passent. J'espère qu'un jour je cesserai de faire des promesses."

Et m'imaginer avec une née-moldue, une femme qui n'a pas vécu mes coutumes, mes traditions, c'était impossible pour moi jusqu'à il y a quelques mois. Je dois revoir mon schéma prédéfini. Je dois m'imaginer un monde nouveau finalement. Un monde que je ne connais pas, que je n'ai pas appris. Je n'ai plus de repères dans cette relation. Alors je me raccroche à ce que je connais le mieux, en essayant de composer avec elle. J'appréhende la rentrée, ou nous devrons nous séparer. Je sais que si elle avait été une sang-pur, je n'aurai pas agit de la sorte, tout aurait été différent. Alors non, je ne peux pas me projeter avec elle dans cinq ans, je dois déjà me battre pour que cela soit possible, avant de rêver sur une vie à deux.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Pour vivre heureux, il faut vivre caché
Stephen Nott & Tristelle Arden

Dans l'histoire moldue, les mariages arrangés sont fréquents. Un mariage n'a jamais été question d'amour, mais d'alliance politique. Du moins pour les familles nobles et royales. Ce n'est que depuis peu finalement, que les sentiments entrent en ligne de compte. Ce n'est pas pour rien que les derniers mariages princiers ont eu un aussi grand retentissement. Des princes d'Angleterre, futurs rois potentiels, épousant des roturières ! Dans le monde de Stephen, les mariages ne sont donc que des alliances politiques. Ça, je l'ai compris, même si j'ai du mal à réaliser qu'on puisse accepter de... fonder une famille avec quelqu'un qu'on n'aime pas. Cette description qu'il me fait ne me donne pas du tout envie. J'ai certainement une vision idéaliste et totalement biaisée du mariage, mais ce n'est pas du tout ainsi que je l'imagine. Je fronce un peu le nez quand il affirme être un parti prisé. J'ai lu l'article dans la Gazette, celui de Miss Hayes, qui liste la « cote » des jeunes héritiers. Je trouve vraiment cela triste.

Je lui souris quand il dit qu'il m'imagine facilement dans la robe de mes rêves et que sa « chute » dans la liste des meilleurs partis d'Angleterre ne l'attriste pas. Moi, quelque part, ça m'attriste. Je sais à quel point il aime son univers, je sais qu'il y est à sa place. Mais moi, je suis une épine dans son pied, si on peut dire. Parce qu'être avec moi, ça implique presque automatiquement pour lui d'être rejeté par ses pairs. Je me rends compte qu'égoistement, je le bloque aussi. On ne peut pas envisager de mariage, ça lui nuirait, et je ne veux pas qu'il regrette sa vie, qu'il regrette ce qu'il a, ce qu'il avait à cause de moi.

« C'est ça aussi la vie : l'imprévisible. Mais tu es brillant, Stephen Liam Nott. Je suis certaine que tu n'as pas besoin de ton nom pour te faire une place. Tout le monde t'admirera pour tes capacités dans un tribunal, pas pour ton héritage. Pour le reste, je présume qu'il faut attendre. »

Après tout, l'Histoire regorge d'exemples d'êtres exceptionnels surgis de nulle part, qui se sont faits un nom par eux mêmes. Que ce soit chez les Moldus ou chez les Sorciers d'ailleurs. S'il brille, s'il est excellent dans son domaine, je ne vois pas comment les autres pourraient le mettre de côté, ou le rejeter de leur sphère. Il suffit de voir Avery. Il s'est écarté de son nom, de sa famille et pourtant, il est de tous les articles, il est en train d'ébranler le monde politique actuel. Notre histoire... On va déjà voir comment on s'en sort cette année, avant d'imaginer tout le reste.

« En attendant, ce visage va te faire gagner du temps – je désigne les traits de Nadia en souriant, essayant d'alléger un peu le mensonge auquel nous nous adonnons. Je suis sûre que tu vas sortir tes belles paroles à cette journaliste de la dernière fois, celle à qui tu as donné ton numéro. »

Je désigne Miss Hayes d'un signe de tête, l'air faussement jalouse. J'ai bien évidemment lu la Gazette, j'ai lu tous les articles sur le mariage Avery-Greengrass tout comme je vais lire tous ceux parlant du mariage de Jill. La journaliste a l'air de se douter de quelque chose, mais le Polynectar faussera peut-être les pistes.

« D'ailleurs, tu as eu des nouvelles du Juge Hayes ? Tu penses qu'il va te contacter pour un stage ? »

C'est tout de même le juge qui siégé dans l'affaire Hopkins... Ce serait quelque chose d'obtenir de travailler à ses côtés. Pour moi, les stages ne commenceront que l'année prochaine, j'ai encore le temps de voir venir, mais je sais que pour lui c'est important. Tout comme son stage auprès de Mr Hamilton l'était. Et lui, il n'aimerait pas savoir que son ancien stagiaire et sa belle fille fréquentent quelqu'un comme moi.

« Si ça ne t'ennuie pas, je vais voir les filles. On se retrouve tout à l'heure ? »

J'ai tellement hâte d'être à ce soir, quand tous ces invités partiront et qu'il ne restera plus que ceux qui sont dans le secret. Je pourrais être moi-même. Prudine pourra être elle-même. On aura l'illusion de la normalité quelques heures.


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Pour vivre heureux, il faut vivre caché.
7 août 2021

"C'est ça aussi la vie : l'imprévisible." Elle a tout, absolument tout bousculé dans ma vie. Tout a explosé dès que je l'ai vu à cette soirée chez Jillian. C'était une bombe à retardement cette fille. J'aurai du m'en méfier, j'aurai du garder ce désir de conquête pour moi ce soir là, et me retourner vers une partenaire que j'avais déjà eu dans mon lit. Mais non, il a fallu que j'aille jusqu'au bout, que ma fierté et mon égo parviennent à avoir ce qu'ils veulent, et que secondes après secondes, minutes après minutes, jours après jours je tombe amoureux d'elle. Que je tombe amoureuse d'une novice. D'une née-moldu. Sa douceur, sa candeur, son innocente m'a plu, dès nos premiers mots. Sous son air de femme forte, elle est d'une fragilité renversante. Et je savais que je pouvais l'élever ou la détruire. J'ai peut-être fait les deux, et c'est pareil pour moi, elle m'a élevé tout en me détruisant. En détruisant toutes mes idées, tous mes concepts, ma manière de voir le monde, de l'appréhender. Maintenant je dois tout reconstruire, avec elle c'est plus facile, mais si je la perdais ? Je n'arriverai à rien.

J'éclate de rire quand elle parle du numéro que j'ai pu donner à la journaliste. "Seriez-vous jalouse ?" Je regrette de ne pas voir le rose de ses joues à elle s'enflammer. Nadia... Nadia n'a en rien la beauté de la femme qui se cache sous son apparence. "Il n'y a pas de quoi." Je me tourne vers la journaliste et murmure au creux de l'oreille de Tris. "Je suis déjà fou d'une autre blonde."

« D'ailleurs, tu as eu des nouvelles du Juge Hayes ? Tu penses qu'il va te contacter pour un stage ? »
"Je pense que c'est qu'une question de jour. Oui j'ai reçu une carte, m'invitant à prendre rendez-vous. Rien est fait donc, c'est juste une rencontre. Je dois donc me montrer trèèèès gentil avec sa fille."

J'éclate de nouveau de rire devant son air faussement outré. J'embrasse son front, amusé. Je secoue la tête quand elle me demande si ça ne me dérange qu'elle rejoigne ses amies. Je vais donc taquiner mon cousin sur son futur mariage, et lui mettre l'angoisse. Il me maudit, mais moi je rigole. Et au fond de moi, un creux se forme. Est-ce que je pourrai me marier un jour ? Et avec Tristelle Arden ? Je chasse cette idée en attrapant une coupe de champagne, que je bois presque d'un trait. Je vais faire la conversation à droite et à gauche. Je bois une autre coupe de champagne. Je parle brièvement à la fille du Juge. Elle a quelques questions, mais ce mariage est pour l'instant plus important que quelques ragots, ce qui m'arrange.

Les minutes passent, peut-être même les heures. J'observe en douce - comme un idiot de junkie - Tris qui parle, radieuse avec ses copines. Je sais que ce n'était pas le mariage qu'elle avait espéré, pas avec cette apparence, mais elle est quand même ravie d'être là. Et moi ? J'évite ma mère, les amis de la famille, j'évite tout le monde pour ne pas à avoir à répondre à des questions. Je mens à tout le monde, je me mens à moi même. J'ai perdu de mon éclat, je le sais. Je ne suis pas le Stephen d'il y a un an. J'aurai brillé à cette soirée, à ce mariage. J'aurai bu, j'aurai fumé les meilleurs cigares, je me serai trouvé une fille pour la fin de la nuit, j'aurai quitté son lit avant le petit matin. Mais là, aujourd'hui, je n'ai plus besoin de tout cela quand elle est avec moi, quand elle est prêt de moi. Pourtant, elle me parait si loin. Sous cette apparence. Heureusement je vois le monde diminuer, les invités comme à partir. La réception privée va commencer d'une minute à l'autre. Je suis soulagé. Et en même temps, les quelques restant vont être surpris. Mais il va falloir faire confiance aux mariés sur ce coup là, normalement, les gens qui restent, ne seront pas... ne diront rien sur le Polynectar de Tris et Prudine. Je ne connais pas aussi bien Jillian que Tris, mais je sais qu'elle ne mettrait jamais son amie, ses amies en danger.

Je serre quelques poignées de main pour dire au revoir aux derniers invités. On nous invite dans une autre salle, celle du restaurant. Une grande réception, la réception est magique, même pour moi qui en ait vu beaucoup. Le lieu est décoré à la perfection, très Chinois tout ça. Jillian s'est surpassée, on sent son âme d'artiste, elle a dessiné les tableaux, les peintures, je l'entends l'expliquer à Tris et Prudine.  Il y a un énorme tableau, qui a du lui prendre des heures. Je n'ai pas besoin de savoir pour les reconnaitre, les parents de Jillian. J'oublie qu'elle est orpheline. Sa famille c'est ses amies, c'est Tris.

Il y a de vrais cerisiers en fleurs dans la salle, des dragons viennent rendre le tout très élégant. Il n'y a aucune faute de goût, même la vaisselle en porcelaine chinoise. C'est époustouflant, et ça tranche de tout ce que j'ai pu connaître. Ses racines transpercent la moindre parcelle de la pièce. Des calligraphie pour indiquer les places des invités. J’aperçois un "Tris" à côté de ma place, à la table d'honneur. Je vois aussi le nom de mon ancien mentor, forcément, c'est le père de Zachary. Peut-on vraiment lui faire confiance ? Les lanternes éclairent magnifiquement la salle, et il me tarde de revoir le doux visage de mon ange. Je joue avec un lotus qui flotte sur un centre de table, et relève mes yeux vers ma cavalière qui s'avance vers moi. Un sourire se dessine sur mes lèvres. Je l'enlace dans mes bras, je suis aussi pressé qu'elle.

On s'installe tous à table, et on est servi. Les plats sont plus succulents les uns que les autres. C'est très délicat, bien assaisonné, je me régale. J'ai vu Tris boire une potion à un moment dans la soirée, la dernière. Dans quelques minutes, je sais que je vais la revoir. Elle m'a tellement manqué. Alors que des éclats de rires fusent, alors que quelqu'un fait une blague, je vois son apparence changer. Ses cheveux, sa taille. Heureusement que cette robe s'ajuste à ses formes, plus harmonieuses, plus sexy. Elle ne se rend compte de rien, trop occupée à parler vivement à Jillian à côté d'elle. Et moi j’assiste émerveillé au réveil du papillon. Elle se retourne vers moi, et ça y est, le Polynectard ne fait plus effet, je retrouve ses yeux, son nez, sa bouche dont je me languissais. Et je n'y tiens plus, j'attrape son visage à deux mains et je l'embrasse fougueusement. Oubliant totalement les gens autour de nous. Je lui en ai coupé le souffle. Quand je détache mes lèvres, je vois sa surprise. Je caresse alors sa joue tendrement et je l'admire.

"Tu m'as manqué." Disé-je simplement.

Puis l'air de rien, j'attrape un verre de vin, et en bois une gorgée. Je respire enfin. Je suis enfin à ma place. Et finalement, je crois que j'ai besoin d'un bon cigare. Je retrouve la saveur du vin, et les plats me paraissent meilleurs encore, et la pièce bien plus belle qu'il y a quelques heures.
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