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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Janvier 2022.

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Whatever happens, we do not give up
Dean Cooper & Jennylee Harper

Je me glisse aux côtés de Maddy, tout en portant une coupe de champagne à mes lèvres. Un excellent champagne. Je regarde autour de moi, tous ces invités triés sur le volet, ma famille, des tenues parfaites, des petits fours à tomber.

« Tu fais vraiment des merveilles, Maddy. Merci pour tout, il est ravi. »

Mon père, il sourit, il virevolte d'invité en invité. Il fête ses cinquante-cinq ans et on dirait un tout jeune homme. Dire qu'il a réalisé son rêve. Le Maire de New-York. On a réussi, on s'y est hissé. Et on ne s'arrêtera pas en si bon chemain. Pas alors que je tiens toutes ces personnalités au creux de ma main. Maddy soulève discrètement un pan de ma petite robe noire soigneusement choisie pour l'occasion. Oui, c'est la robe qu'elle m'a aidé à choisir la semaine dernière. Cette fille est un génie, à bien des niveaux.

Elle m'embrasse sur la joue, me disant qu'elle doit aller voir que tout se passe bien. Bien sûr que tout se passe bien, elle a tout sous contrôle, c'est ce qui me plait également. Je pique un petit four alors qu'une serveuse passe à côté de moi. J'adresse quelques mots aux invités et même s'il s'agit d'une réception avant tout familiale, je n'oublie pas de glisser un ou deux mots sur certains projets de lois de mon père ou de prodiguer quelques conseils à certains de mes cousins un peu trop... extravertis sur la scène publique.

J'avise un homme, qui se tient en retrait, mais qui veille au grain. Un homme très élégant et que je « connais » bien. Connaitre est surement un bien grand mot, il s'agit de Dean Cooper, le co-propriétaire de l'hôtel, le directeur général, en quelque sorte. Le frère ainé de Maddy, dans un autre registre.

« Laissez-moi deviner, vous aussi vous venez vous assurer que tout se passe bien ? Vos invités sont ravis Mr Cooper. Maddy fait des miracles. »

La seule fois où j'ai vu cet homme autrement qu'en costume, c'était dans la salle de sport. Et il est agréable à regarder aussi quand il tombe le costume. Même si cela lui sied à ravir.  

« Mais je reconnais là votre goût du travail bien fait. Détendez-vous, Mr Cooper, trinquez à l'anniversaire d'un de vos meilleurs clients. 
- Vous devriez écouter Miss Harper, Mr Cooper. Il n'y a que de sages paroles qui traversent ces merveilleuses lèvres. Alors comme ça mon cocktail spécial est un délice ? »

Sam... Incorrigible ! L'autre frère de Maddy, il est en charge du bar, et il est fait pour ça. Il a une tchatche de tous les diables. D'ailleurs il tend une coupe à son frère en souriant de toutes ses dents. Mais un seul regard de ce dernier le fait fuir, non sans m'avoir lancé un « bon courage », qui me fait rire, mais je reprends mon sérieux quand Dean Cooper reporte son regard sur moi.

« Vous avez entendu votre frère ? »

Il ne va tout de même pas me laisser plantée là avec mon verre. Ça me rappelerait terriblement quand Vincent m'a quittée, en pleine réception. Mon Dieu, les journalistes s'étaient régalés ce jour là.

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« Scandal »
Je ne suis pas la fille que le gars choppe à la fin du film. Si tu me veux, tu dois me mériter..
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Whatever happens, we do not give up
C'est un jour spécial aujourd'hui. C'est l'anniversaire du Maire Harper de New York. Un No-Maj très puissant avec qui je traite depuis depuis le début d'année. Avant ça je travaillais avec son prédécesseur. Et avant ça, c'était mon père qui traitait avec les Maires de New-York et autres grands éminences de la communauté No-Maj.

J'ai été honoré qu'il souhaite faire sa fête ici, au Cooper. Aussi, je savais que je pouvais compter sur Maddy pour faire de cette soirée, quelque chose de festif, de gracieux, à la fois raffiné et familial. Il a invité sa famille, ses proches de la scène politique, quelques amis triés sur le volet, pour éviter des désordres politiques. Il ne peut y avoir un seul faux pas dans cette soirée, de ce fait j'ai bloqué ma soirée pour veiller à ce que tout se passe bien. Même si je reste en retrait, j'ai l’œil partout, sur toute l'organisation. Je veille à ce qu'il ne manque rien. Et je veille aussi à ce qu'il n'y ait aucune magie ce soir. J'aime à dire que j'ai deux vies, celle du sorcier, et celle du No-Maj. J'endosse les deux rôles avec aisance, car nos parents nous ont toujours baigné là dedans depuis qu'on est enfant. A chaque fois qu'on revenait de l'école, pour les vacances ou avant l'internat, nous étions plongés dans cette double vie grâce à l'entreprise.

Depuis leur mort, j'ai pris le rôle trop à cœur. Celui du chef d’entreprise, mais aussi celui du père de famille. Je sais que si cela ne dérange pas Maddy, Sam a du mal à me comprendre parfois. Enfin parfois... non souvent. C'est difficile à dire, mais je me sens responsable, et je n'ai pas envie que mes parents soient déçus. Je veux réussir pour eux, en leur mémoire, je veux faire honneur à l'enseigne Cooper. Alors je suis un peu dur avec mon frère. Je l'ai toujours trouvé trop... insaisissable. Mais il sait qu'il peut compter sur moi.

Près du bar, endroit stratégique, je regarde les invités, j'offre des sourires, des poignées de main. le Maire est déjà venu me saluer, me remercier. J'ai bien évidemment vanté les mérites de ma petite sœur. Cette soirée c'est son travail. Et je dois dire que je suis fier. Je suis fier de ma sœur et mon frère. Oh bien sûr, Sam ne doit jamais le savoir. Je passe encore trop de temps à le remettre dans la bonne direction pour qu'il pense, qu'en réalité, je suis content des choses que nous avons accomplis ensemble. Il a beau me sortir par les yeux, j'ai beau avoir envie de l'étrangler tous les quatre matin et de cacher son corps dans les poubelles derrière l'hôtel, cet abruti a su, à sa manière, rebondir dans cette affaire familiale.

Et alors que je suis un peu distrait, une ravissante créature s'approche de moi. J'avale une dernière gorgée de ma coupe de champagne, que je repose sur le bar. Débarrassée aussi tôt. Et les bulles m'aident à remettre mes idées en place. Cette belle femme n'est autre que la fille du Maire. Merde. Jennylee Harper en personne. C'est... elle est... magnifique. Mais surtout c'est la fille du Maire.

"Mademoiselle Harper, vous avez touché dans le mile."

Je souris et hoche la tête avec grâce quand elle salut les miracles de ma sœur.

"Maddy a toujours su faire des soirées des moments mémorables. Je vous remercie pour elle et ravie que ça vous plaise."
« Mais je reconnais là votre goût du travail bien fait. Détendez-vous, Mr Cooper, trinquez à l'anniversaire d'un de vos meilleurs clients.
- Vous devriez écouter Miss Harper, Mr Cooper. Il n'y a que de sages paroles qui traversent ces merveilleuses lèvres. Alors comme ça mon cocktail spécial est un délice ? »

Qui aurait pu gâcher un tel moment ? Mon frère, bien évidemment. Heureusement, ou malheureusement, je ne sais pas, Jennylee connait la famille. Proche de Maddy, elle connait aussi Sam. Je dois être celui avec lequel elle a le moins de rapports. Pour une simple et bonne raison, c'est le "protocole" de l'entreprise. Pas de lien avec les clients, encore moins avec la fille des clients aussi important que le Maire de New-York. Si je fais confiance à Maddy, je le fais moins à mon petit frère. Il rode parfois autour d'elle, comme il a pu le faire avec d'autres. Je ne sais pas comment nous ne sommes pas encore rentrés en procès avec certains clients. Je lui coule un regard noir, tout en réceptionnant son verre de champagne, qui veut dire tellement de choses : "Déguerpie de là" ; "Pas touche à la fille des clients" ; "Hors de ma vue".

Pour une fois que mon frère ne se fait pas supplier, je retourne à mon admiration. Elle est d'autant plus belle quand elle sourit. Et elle sourit au comportement douteux de mon frère. Au moins elle a de l'humour et ne ressemble pas à ces personnalités que je croise souvent. Elle ne s'offusque pas de ses manières. Et je l'ai vu en salle d'entrainement, elle n'a pas peur de se froisser un ongle, et pourtant, ce soir, elle est divine.

« Vous avez entendu votre frère ? »

J'hésite, j'hésite vraiment à m'éloigner après l'avoir salué, mais... Je ne sais pas, un petit quelque chose me retient. Raaah Sam m'agace, je ne veux pas lui donner raison.

"Sam se trompe, je suis détendu, tout du moins, je sais me détendre. J'ai donc une imagine si austère ?"
"Vous souriez certes, mais votre œil est partout. Vous surveillez tout le monde ici."
"Je vous assure qu'il m'est possible de capter mon attention sur une unique personne."

Je souris. Je ne devrais pas dire ce genre de choses, mais clairement, depuis qu'elle est devant moi, je n'ai pas regardé une seule fois ce qui se passe dans la salle.

"Je dois rester vigilant, c'est un travail qui demande une vigilance de tous les instants. Et vous l'avez dit, votre père est l'un de mes meilleurs clients. Je ne voudrai pas le décevoir"
"Oh vraiment ?"

Elle place sa main devant mes yeux pour m'empêcher de voir

"Alors de quelle couleur sont mes yeux, si vous êtes capable de vous concentrer sur une seule personne. Je serais déçue si vous ne sauriez y répondre"

Je rigole doucement. Pourquoi je ne suis pas surpris ? Mais c'est très risqué. Je devrais seulement la saluer, et ne pas m'attarder à ce petit jeu. Je ne voudrai pas la décevoir, pourtant, je ne refuse pas un tel chalenge. J'inspire doucement et me prête au jeu.

"Les femmes et leurs pièges. Mais très bien, très bien. Mmmh, vous avez des yeux d'un sombre marron. Pour autant, ce regard vous rend chaleureuse. Parce que vos yeux sont souvent rieurs. Et avant que vous le demandiez. Vous êtes blonde, une vrai blonde. Vous avez laissé vos cheveux lâchés, ils tombent sur vos épaules, cachant une partie de votre magnifique robe noire. Vos chaussures sont assorties. Vous souhaitez savoir si je sais la marque des vêtements que vous portez ? Ou du maquillage ?"

Pour répondre aux satisfactions des clients, je me dois de connaître un petit peu la mode. Du moins les grandes enseignes. Pour le maquillage, ça, c'est une longue histoire, et elle me concerne directement avec Maddy. Mais les grandes dames, comme Jennylee ne rigole pas en général avec les produits qu'elles mettent sur leur visage. Ce qu'il y a de plutôt fascinant, c'est que je l'ai vu en tenue de sport, sans maquillage, et que je ne comprends pas pourquoi les femmes si belles naturellement, pensent que ce genre d'artifice est plus adapté pour elle.

"D'accord, admettons que vous ayez été impressionnant sur ce coup là. Même si j'ai un doute pour la marque de sous-vêtements. N'allez-vous donc jamais m'inviter à danser, Mr Cooper ?"

Elle sort sa main de devant mon visage, et je la retrouve. Un sans faute n'est-ce pas ? Je lui souris. J'ai évité l'erreur diplomatique, je suis plutôt fier de moi.

"Pour les sous-vêtements, il me faudrait une meilleure ...visibilité. Et ma mère m'a toujours dit de regarder les femmes dans leur yeux. Elle m'a aussi dit de ne jamais les décevoir."

Je lui tends alors ma main. Je ne devrais pas, je ne sais pas ce qu'il me prend. Sans doute les commentaires de Sam, l'aplomb de Jennylee. Je n'ai jamais fait ça, je veux dire, je n'ai jamais danser juste pour m'amuser, juste pour le plaisir de le faire. Si j'ai pu danser à des soirées, avec des clientes, c'était pour le travail. Là, j'ai l'impression de commettre une erreur. Pourtant, ses yeux, je ne saurai rien leur refuser. Mais c'est juste une danse.

J'attrape sa main et l'amène vers ce qui sert de piste de danse. Je croise le regard de ma sœur, qui semble médusée, je secoue discrètement la tête en lui faisant des gros yeux. Cela ne veut rien dire. Mais Maddy lève ses pousses et sourit largement. Heureusement elle se trouve dans le dos de Jennylee. Je reporte mon attention vers ma cavalière. Nous dansons d'un même mouvement, la musique est douce, mais assez classique pour ne pas me coller trop à elle. Elle pose une main sur mon épaule, moi au dessus de sa hanche. Et nos deux autres mains l'une contre l'autre pour donner le rythme.

"Dites moi, comment est-ce de travailler aux côté de son père ? Vous avez vécu son ascension, cela a du être assez grisant comme sensation. Mais votre rôle ? Est-il pesant ? Comment sont vos relations ?"

Je me suis toujours demandé, si mes parents étaient encore en vie, est-ce que j'aurai choisi cette voie ? Est-ce que je me serais autant investit ? Quel poste aurais-je eu au sein de cette entreprise ? Comment aurait été nos rapports ?

Jennylee travaille à ses côtés. Elle a géré sa campagne de ce que j'en ai lu dans la presse No-Maj. Et cela, sans magie, sans la facilité que j'apprécie dans mon monde. Je suis curieux de savoir comment les personnes qui ne connaissent pas notre communauté s'en sorte dans un milieu politique.

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Dean Cooper & Jennylee Harper

Marron. Marron m'aurait suffi pour toute réponse. J'admets qu'il m'impressionne, mais comme je suis mauvaise perdante, il faut bien que je trouve une chose qu'il ne peut deviner, comme la marque de mes dessous.

« Votre mère était une très sage femme, sans aucun doute possible », dis-je en saisissant sa main. Maddy m'a un peu parlé de leurs parents, je connais leur histoire dans les grandes lignes. A dire vraie, je l'aurais connue d'une manière ou d'une autre, quand on est responsable comme moi en image publique, la connaissance est essentielle. En tout cas, je suis ravie de constater qu'il daigne danser avec moi. Allons, cela fera une bonne publicité qui plus est. Ma famille entretient des rapports professionnels plus que serrés avec les Cooper.  Et donc en plus de ses multiples casquettes, Dean est un danseur correct. Décidément !

"Dites moi, comment est-ce de travailler aux côté de son père ? Vous avez vécu son ascension, cela a du être assez grisant comme sensation. Mais votre rôle ? Est-il pesant ? Comment sont vos relations ?"

Vaste question. Nous restons dans un domaine purement professionnel et pourtant, entre mon père et moi... D'accord, ce n'est pas que du business. C'est la famille.

« Eh bien, j'ai essayé de considérer mon père comme un client lambda. Impossible, je suis clairement son atout charme. Plus sérieusement, j'attends de mes clients une honnêteté totale. Qu'ils soient en faute ou dans leur droit. Vous savez ce qu'on dit : le savoir, c'est le pouvoir. Alors travailler avec mon père c'est à la fois... facile et très compliqué. Parce que je connais presque tout de lui, mais je sais quand il me ment ou me cache des choses. Et ça, ce n'est pas bon pour l'équilibre familial. Néanmoins, comme vous l'avez dit, nous avons connu son ascension. Et j'ose espérer qu'il ne s'arrêtera pas en si bon chemin. Je suis là pour réparer ses bêtises ou éviter qu'il en commette. Mais je crois que vous savez à quel point ce rôle est pesant. N'est-ce pas ? »

Parce que je connais assez bien son frère, Sam... Et ils n'ont strictement rien à voir. Maddy s'est laissée aller à quelques confidences d'aileurs, sur ses « faits d'armes ».

« Je pourrais vous retourner la même question, Mr Cooper. Votre rôle n'est-il pas pesant ? »

Le poids des responsabilités, des codes, des attentes. Mes copines pensent que je réquisitionne la salle de sport, le spa ou même le bar du Cooper uniquement par snobisme. Mais elles se trompent. Je viens ici parce que c'est l'un des rares endroits où je peux me décharger de tout ce poids. Où je peux courir sur un tapis sans être prise en photo, où je peux me battre avec Maddy alors qu'en dehors, la plupart des coachs pensent que je suis une demoiselle sans défense, où je peux avoir du répondant en face de moi, avec quelqu'un qui ne me traite pas comme une petite princesse – merci Sam.

Alors que la musique court ses dernières notes, mon père approche en passant une main dans mon dos et en tendant son autre main à Dean, le sourire franc aux lèvres.

« Mr Cooper, quel plaisir de vous compter parmi nous. Quelle merveille, encore une fois. Comment se portent vos autres établissements ? Jennylee, ta mère me demande son pashmina. Et je n'ai pas la moindre idée de ce que c'est. »

Il regarde Dean en éclatant de rire. Il cherche une solidarité masculine, c'est ça ? Mon regard tombe alors sur... Oh c'est pas vrai !

« Il doit être aux vestiaires. Reste avec tes invités, je m'en occupe. Mr Cooper, vous voulez bien me l'ouvrir s'il vous plait ? »

J'attrape son bras pour l'encourager à faire demi-tour sans opposer trop de résistance. Je murmure alors.

« Mon ex petit-ami qui m'a larguée en me posant un lapin à une cérémonie de ce genre est ici avec sa nouvelle copine. Vous me sauveriez la vie si vous ne me laissiez pas seule... 
- Jenny ? »

Zut, déjà repérée.

« Vincent, quel plaisir de te voir. En si charmante compagnie.
- Je ne pouvais pas manquer l'anniversaire de ton père, tu sais qu'on s'est toujours entendu lui et moi et...
- Oui, oui je sais. »

J'ai un sourire crispé, je sais. Vincent... si je pouvais détruire sa carrière à celui-là.

« Oh, je manque à tous mes devoir. Jennylee, voici Maria Elis.
- Des entreprises Elis ?
- Tout à fait. Et pardonnez-moi, je vous ai vu saluer Mr Harper mais impossible de me souvenir de votre nom. vous êtes ?
- Dean Cooper, le propriétaires des Hôtels Cooper. Papa l'adore. Et moi aussi. »

Je pose mon autre maim sur son bras, en accentuant encore mon sourire. Non mais voilà qu'il m'exhibe une héritière des plus grandes entreprises énergétiques maintenant.

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Whatever happens, we do not give up
Je souris poliment à sa remarque sur ma mère. Une femme très sage, que mon frère aurait du écouter aussi bien que moi j'imagine. Surtout en matière de femme. J'ai des brides de conversation avec elle qui me revienne en mémoire. Elle nous a élevé pour être des gentleman, mais pas seulement. Pas seulement la galanterie, la politesse, les compliments. Non, elle nous a aussi appris quelques rudiments de cuisine, à s'occuper de nos affaires, à repasser nous même. Oui, même si nous avons été élevé dans un hôtel, et qu'il y avait des gens pour cela. Elle nous a toujours montré comment faire. On descendait parfois en cuisine, pour faire des pâtisseries, je me souviens des éclats de rire, de la farine partout, des tâches de colorant pour monter les glaçages. Je ne crois pas avoir refait un gâteau depuis sa mort, ni avoir repassé une seule de mes chemises. Je crois que je n'ai plus fait aucune des tâches qu'elle m'a apprise, par peur de la nostalgie. Par appréhension de revoir surgir des souvenirs heureux avec elle. Alors la réflexion de Jennylee n'est pas si anodine que cela pour moi. Je préfère du coup poser une question pour qu'elle parle d'elle, plutôt que de soulever des fantômes.

Je bois ses paroles avec délice. C'est une femme brillante, et le son de sa voix est agréable. Elle est passionnée, ambitieuse, c'est sûr qu'elle aurait plu à ma mère. J'écoute ses confidences, enfin je me dis que ça en est. Facile et compliqué, je comprends totalement ce qu'elle me raconte. Je ne dirai pas que je suis sur la même longueur d'onde, mais en tout cas, ses propos font écho en moi. Et dire qu'elle est une simple No-Maj. En me disant cela, je n'arrive pas à déterminer s'il vaut mieux, ou si c'est dommage. Je sais que j'aurai pu craquer plus facilement si elle était une sorcière. Ça aurait été un obstacle de mois. Car actuellement j'ai deux barrières à ne pas franchir : elle est la fille d'un client important, et elle est née sans pouvoirs. Je secoue ma tête à la fin de sa tirade. Pourquoi est-ce que je suis en train de penser à cela ? Et pourquoi est-ce que je fixe ses lèvres. Tu parles d'un gentleman...

« Mais je crois que vous savez à quel point ce rôle est pesant. N'est-ce pas ? »
"Tout à fait, pesant, mais grisant."

Je lève mon verre comme pour saluer ses paroles.

« Je pourrais vous retourner la même question, Mr Cooper. Votre rôle n'est-il pas pesant ? »
"Ça l'a été au début, quand j'étais plus jeune. J'ai connu la pression à la mort de mes parents. Mais il a fallu se lancer, mes grands-parents ne pouvaient pas assurer plus longtemps les hôtels, ils avaient déjà donné beaucoup. Il a fallu rebondir, et je crois que cela fait parti de mes compétences. Aujourd'hui la pression est un moteur, alors il faut continuer d'avancer. Et trouver des stratégies pour se décharger."

J'effleure mon tatouage en passant mon pouce dessus. La boxe. J'aurai aimé dire une femme, un enfant. Mais non, je n'ai rien, ni personne dans ma vie pour me détendre, à part la boxe. Parfois Maddy se moque de moi, disant que la boxe c'est ma maitresse. Peut-être n'a-t-elle pas tort finalement. Je la regarde, dans les yeux cette fois et je me laisse aller à un sourire. Je sais qu'elle m'a compris, que ce que je dis n'est pas parole en l'air pour elle. J'ignore pourquoi je laisse entrevoir un bout de moi. Peut-être parce que je me dis qu'elle n'a aucun moyen de m'atteindre, d'atteindre mon monde. Alors que j'ai l'impression que la musique suit nos pensées, en s'arrêtant, je découvre le Maire qui vient à notre rencontre. Je lui retourne son sourire et j'ai l'impression que je me tiens encore plus droit, comme si je voulais faire encore meilleure impression. J'éclate aussi de rire quand il parle du pashmina de sa femme. Et en bon hôte que je suis, je prends sur mon visage en air perplexe, et fait mine de ne pas savoir non plus. Et je regarde Jennylee, qui peut-être se doute que je feins l'ignorance par respect pour son père. Car en réalité, je sais ce que s'est ce tissu, mais je suis bien trop dans mon rôle pour se faire sentir ridicule le Maire de New-York.

Je suis intrigué par le regard de Jennylee qui se trouble. Mais je hoche simplement la tête, prêt à l'accompagner jusqu'au vestiaire. Je frissonne au contact de son bras autour du mien. Et je lance un regard à son père, qui hausse les épaules et continue de rire, levant son verre pour nous saluer. Puis je sens son souffle dans mon cou, son murmure, et je fixe l'homme dont elle me parle, son ex-fiancé. Qui pourrait planter ce genre de femme lors d'une soirée pareille ? En tout cas, pas quelqu'un qui aura mon respect. Et puis je me dis que ça serait tout le genre de Rafaël ou de mon frère. Mais malgré nos efforts pour nous faire discret, il nous voit et s'approche. Je sens le malaise de Jennylee.

"Effectivement, je suis l'heureux propriétaire de ces hôtels. La réception vous plait-elle ? Monsieur Harper est pour ainsi dire un ami de longue date, et Jennylee est toujours la bienvenue ici. On ne se lasse jamais de sa présence."

J'affiche un large sourire, et de ma main libre lui serre une bonne poignée de main. Il a l'air de nous étudier. Il se demande si nous sommes ensemble ? Pas ensemble ? Et je ressens la main de Jennylee se resserrer sur mon bras. Faut-il jouer à ce jeu là ? Je ne voudrai pas mettre la fille du Maire mal à l'aise. Son avis, son impression est importante pour moi, elle pourrait aller dire à son père que je suis un goujat ou allez savoir...

"Ravie d'avoir fait votre connaissance, mais nous étions en train de quitter la réception pour quelques minutes tous les deux. Au plaisir de vous revoir tout à l'heure. Mademoiselle Elis."

Je la ravie d'un sourire avant de relâcher la main de l'ex-petit-ami pour la poser sur la main, accrochée à mon bras, de ma cavalière. J'impulse le mouvement pour continuer notre route vers le vestiaire. Ce n'est qu'une fois devant la porte, que je dois sortir ma main de dessus la sienne pour me saisir d'une carte pass. Devant les No-Maj je ne peux pas me servir de ma baguette, alors ce gadget est tout à fait adapté. Je me suis assez bien familiarisé avec les méthodes No-Maj, comme la télévision, que je regarde régulièrement, pour me tenir informer sur les évènements dans le monde non magique. De plus je suis amateur de films, on ne dirait pas comme ça. Mais je me dois d'être capable de parler de tout avec mes clients, surtout ceux sans pouvoirs magiques. Le bip retenti et la porte du vestiaire s'ouvre. Je regarde sur le registre, et trouve sans mal le nom de sa mère. Je l'accompagne silencieusement jusqu'au casier dédié.

"Il a eu tort de vous quitter en pleine réception. Si vous voulez que je fasse quoi que ce soit pour qu'il quitte la fête d'anniversaire de votre père, sachez que je peux trouver n'importe quelle excuse."

Je l'observe dans son dos, alors qu'elle récupère l'étole de sa mère. Quand elle me fait face, à la lumière tamisée de cette pièce, je la trouve encore plus belle, ses cheveux d'or se reflètent dans la demi-obscurité et donnent un air fragile que je ne lui connaissais pas.

"Ou alors, on peut quitter nous même la soirée pour prendre un verre sur le toit-terrasse, histoire que vous décidiez quoi faire ?"

Pourquoi j'ai dit ça ? Pourquoi je lui propose de venir avec moi, seule, sur un toit ? Que va-t-elle interpréter ? Que je la drague ? Est-ce que c'est ce que je suis en train de le faire ? Je passe nerveusement une main sur mon crâne.

"Ce que je voulais dire, c'est que vous pouvez prendre tranquillement le temps de vous ressaisir. Je serai aussi dans tous mes états sur une de mes ex venait faire des courbettes dans une soirée pareille."

Finalement, elle accepte cette invitation. Je soupire, j'espère vraiment qu'elle ne voit pas une mauvaise intention de ma part. Nous sortons du vestiaire et j'intercepte une hôtesse, je lui confis l'écharpe de sa mère pour qu'elle lui porte à la réception. Je lui demande aussi de revenir avec deux coupes de champagne.

"Vous êtes déjà montée sur le toit ?"

Peut-être avec ma sœur ? Et ça m’agacerait, car ils savent que c'est "mon endroit". Je n'en sais rien. J'attends juste qu'il n'y ait pas de malaise le temps que l’hôtesse revienne avec nos deux verres. Je l'ai récupère et on se met à arpenter un couloir, m'arrête devant un ascenseur privatisé. Je joue encore avec le pass. Une fois dedans, j'appuie sur le bouton du dernier étage et tourne une clef que j'ai en ma possession.

"C'est mon ascenseur personnel, j'ai accès à mon appartement d'ici."

J'ignore pourquoi je lui dis tout ça. Non mais vraiment, elle va s'imaginer des choses, comme si c'était une proposition. Je ne sais pas ce qui m'arrive, mais dans l’ascenseur, il y a comme de l'électricité dans l'air, oui ça fait toujours ça, dans les films, dans les livres. Je pensais que c'était une fabulation, mais à y être avec elle, c'est... confirmé. La porte s'ouvre avec un nouveau bip, ce qui me soulage, et je l'invite à avancer la première, une main dans son dos. L'air est frais sur le toit, aussi rapidement, j'enlève ma veste de costume et la pose sur ses épaules.

"Votre père m'en voudrait si jamais vous attrapiez mal et que vous posiez un arrêt de travail."

Ce que je doute qu'elle fasse, même malade. C'est pas le genre. Je souris poliment et lui donne le verre de champagne, nous trinquons tous les deux.

"A la vie de célibat !"

Non mais vraiment Dean, tu devrai garder tes remarques pour toi même. On s'avance vers la vue. L'hôtel est si haut, qu'on voit presque tout New-York. J'ai toujours aimé cet endroit. Il est plutôt reposant, et ce soir, il rend Jennylee accessible. C'est comme si le temps est arrêté ici, que rien ne peut arriver. Je me penche pour regarder, et tourne ma tête vers elle.

"Vous appropriez cet instant de calme ? J'aime bien venir me cacher ici, pour fuir les responsabilités. Personne pourra nous trouver."

Dean !

"Pas que j'ai envie de passer pour un psychopathe qui vous entraine sur un toit à l’abri des regards. Mais vous mieux que personne pouvait comprendre cet endroit hors du temps et de la foule. Loin des responsabilités."

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Dean Cooper & Jennylee Harper

Pesant mais grisant, c'est exactement cela. Certaines personnes se contentent de peu. J'en suis incapable. Mon boulot c'est vicéral, j'ai besoin de ce qu'il m'apporte. Et il me semble bien que Mr Cooper partage cela avec moi. J'ai conscience que c'est incompréhensible pour beaucoup de personnes, qui nous regardent comme des extraterrestres, mais nous ne sommes pas seuls non plus. Je l'écoute avec attention, quand il me parle un peu de son parcours. Bien sûr que je sais pour ses parents, pour sa montée très jeune à la tete de l'entreprise, mais l'entendre de sa bouche, c'est différent. J'admets qu'il a su magistralement rebondir et avancer. Certaines personnes se retrouvent paralysées par les épreuves. Pas lui. Et c'est le genre de caractères que j'apprécie.

Mes yeux tombent sur son poignet, où s'affiche le même tatouage que j'ai pu voir sur Maddy... et Sam, d'après mes souvenirs. Des gants de boxe. Alors c'est vraiment un truc de famille. Mais je comprends Dean, il n'y a rien de tel qu'une bonne séance de boxe pour se décharger d'une longue journée.

« Je crois que nous avons cela en commun. »

Je lui souris. Heureusement que j'ai trouvé leur salle d'ailleurs. Ailleurs, c'est impensable. Et puis Maddy, elle, ne retient pas ses coups, c'est agréable. Pourtant, elle est bien plus forte que moi. Je crois que c'est la première fois que je parle autant avec l'ainé des Cooper. C'est étonnant finalement. Maddy est l'une de mes rares amies, je ris bien avec Sam. Mais Dean était jusqu'à aujourd'hui un grand mystère. Un mystère que je respectais, devinant qu'il devait être aussi acharné de travail que je peux l'être. C'est mon père qui nous interrompt. Puis Vincent, mon cher ex fiancé qui me prend un peu au dépourvu. Par bonheur, Dean joue le jeu. Sans réellement mentir, et j'aime cela. C'est tout un art de manipuler le langage et ses subtilités, un art que peu maitrisent. Je ne lache pas Vincent du regard, même – et surtout – quand Dean pose sa main sur la mienne avant de nous entrainer à l'écart.

« Je vous dois un immense merci », que je lui murmure alors que nous nous éloignons. C'est idiot je sais, mais mon orgueil n'aurait pas supporté l'humiliation d'être encore seule alors qu'il s'exhibe au bras d'une héritière en vogue. Je suis donc le propriétaire jusqu'au vestiaire, et plus précisément jusqu'au pashemina de ma mère.

"Il a eu tort de vous quitter en pleine réception. Si vous voulez que je fasse quoi que ce soit pour qu'il quitte la fête d'anniversaire de votre père, sachez que je peux trouver n'importe quelle excuse."

Je ne peux m'empêcher de rire. Je sais qu'il tente de dédramatiser le truc, mais une partie de moi sait aussi qu'il est sérieux. Parce que c'est le genre de choses que je suis capable de réaliser pour mes clients.

« Laissez-le donc parader. Il s'en mordra bien vite les doigts quand il réalisera qu'elle est un panier percé et qu'il sera coincé dans un mariage qu'il n'a pas réellement désiré. »

J'attrape l'étole. Il s'en est fallu de peu, quand j'y pense, pour que ce soit moi qui soit coincée dans un mariage bidon.

"Ou alors, on peut quitter nous même la soirée pour prendre un verre sur le toit-terrasse, histoire que vous décidiez quoi faire ?"

J'esquisse un sourire. Je rêve ou Dean Cooper me propose de boire un verre ? Ça c'est... surprenant. Loin d'être désagréable, mais pour pour le moins inattendu.

« Vous avez l'impression que je suis dans tous mes états ? Sachez que la personne capable de me mettre dans tous mes états n'est pas encore née. Néanmoins, j'apprécierais une bonne bouffée d'air frais. »

Je crois qu'il me drague. En fait non, je suis absolument certaine qu'il me drague. Mais ce n'est pas désagréable. Loin de là. Je fais signe non de la tête lorsqu'il me demande si je suis déjà montée sur le toit. J'ai beau arpenter les couloirs de cet hôtel, il y a encore des zones qui me sont secrètes. Quand l'hôtesse revient avec le champagne, Dean me conduit dans l'une de ces zones. Je reconnais l'ascenseur privé, celui qui mène aux appartements personnels. Mon père a un pied à terre identique à San Francisco. Pourtant, Dean se sent comme obligé de tout m'expliquer, comme si j'étais une novice. La preuve qu'il n'a pas l'habitude d'emmener des femmes dans cet endroit.

Nous demeurons silencieux dans l'ascenseur, ce qui me laisse aussi le loisir de jeter sur lui quelques coups d'oeil à la dérobée. Je l'ai toujours su bien fait de sa personne, mais aujourd'hui, j'ai l'occasion de réellement le constater. Est-ce que Maddy m'en voudrait si... Je me mords la lèvre. C'est idiot de penser à cela, n'est-ce pas ? L'ascenseur atteint enfin le toit et lorsque les portes s'ouvrent, l'air frais et délicieusement pollué de New-York nous assaille. Mais j'aime cet endroit. Oui, je l'adore. Et je ne  quitterais cette ville que pour Washington. Je tourne légèrement la tête quand il pose sa veste sur mes épaules. C'est officiel, il me drague carrément. Et moi je souris comme une imbécile, car je dois bien m'avouer que j'aime beaucoup son manège. C'est aussi pour cela que je le fixe. Beaucoup se révèlent quand on les regarde droit dans les yeux, parce qu'ils ne le supportent pas.

Nous trinquons... « A la vie de célibat. »... Si ça ce n'est pas un appel... La question c'est, est-ce que j'ai envie d'y répondre ? Peut-être bien. Nous faisons quelques pas, pour admirer les lumières de la ville, sa hauteur. En bas, ça grouille de monde, mais ici, tout est calme et silencieux.

"Personne pourra nous trouver."

Nous sommes proches désormais.

"Pas que j'ai envie de passer pour un psychopathe qui vous entraine sur un toit à l’abri des regards. Mais vous mieux que personne pouvez comprendre cet endroit hors du temps et de la foule. Loin des responsabilités."

Je n'ai pas vraiment eu droit à des pauses dans ma vie. Avec Vincent, nous étions en représentation perpétuelle. Les rares instants où je peux être moi-même et ne pas penser au travail, à la presse, à la loi, c'est finalement dans la salle de sport de cet hôtel.

« Et si j'avais envie que vous passiez pour un psychopathe ? »

Je n'ai pas dix-sept ans, je ne suis pas naïve. Et je doute qu'il le soit lui aussi. J'apprécie son caractère, sa force. J'aime qu'il comprenne aussi. C'est rare. Je porte mon verre à mes lèvres.

« Je suis ravie qu'on ait enfin eu l'occasion de faire connaissance. »

Lentement, je me rapproche encore plus de lui. Mes mains remontent le long de ses manches de chemise, avec une lenteur qui décuple tout. Il soutient mon regard, peu d'hommes sont capables de le faire. Nos lèvres se rapprochent, s'esquivent, se cherchent, avant de s'unir.


***


Je m'écroule, essoufflée mais heureuse, déchargée d'un poids lourd, légère désormais. Dean a été absolument parfait, ça a été suffisamment intense pour oublier un peu la folie de New-York. Nos vêtements gisent un peu partout, sur une chaise, sur le sol. Vraiment ravie qu'on ait eu l'occasion de se rencontrer vraiment. Mais Maddy va clairement me tuer si elle apprend ce qu'il s'est passé. Par réflexe, je me penche hors du lit, pour chercher mon téléphone. Merde ! Il est déjà cette heure là ? Je lui montre l'écran.

« Je devrais rejoindre le héros de la fête, il pourrait lancer le FBI à mes trousses. »

Je l'embrasse rapidement, avant de me lever pour ramasser et enfiler rapidement mes habits. J'attache mes cheveux pour dompter leur désordre.

« A tout' », que je lui lance en lui adressant un clin d'oeil avant de sortir de ses quartiers privés. Je n'ai aucune idée d'où va nous mener cette histoire, mais je me rends compte que je suis en train de sourire et de me mordre la lèvre, comme une idiote encore. Je sors un rouge à lèvres pour me rendre un peu plus présentable. Cela faisait longtemps que je n'avais plus eu envie de rejoindre un homme après une soirée mondaine. Mais je me dis que revoir ce cher Dean Cooper à la fin de la soirée serait génial.

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Whatever happens, we do not give up
Et si j'avais envie que vous passiez pour un psychopathe ? C'est la dernière phrase censée dont je me souvienne avant de me retrouver entièrement nu et couvert de sueur avec cette femme. Je suis un parfait psychopathe. Comment, comment j'ai pu faire une chose pareille ? Et prendre autant mon pied. D'accord j'ai pas eu des centaines de femmes, mais là, ça, ce qui s'est passé dans mon lit, c'était de la pure extase, c'était même mieux qu'une partie de boxe avec mon frère. Mieux que de décrocher un énorme contrat. C'était revivifiant. Je me suis jamais autant abandonné dans les bras de quelqu'un et il faut que ça ne se reproduise JAMAIS. Même si ça m'a fait oublié mes responsabilités, et que je n'avais jamais connu ça.

Comment je vais sortir de là ? Comment je vais réussir à sortir de cette embrouille ? La fille du Marie de New-York ! Comment j'ai pu ? Tu parles de toutes les leçons de morales que j'ai faites à mon frère. Être sérieux, penser à l'entreprise. Non là j'ai pensé avec mon deuxième cerveau, et je m'en veux. Je m'en veux, mais c'était trop bon, et voilà, je culpabilise maintenant. Sam, comment ferait-il pour sortir d'une merde pareille ? Il faut que j'aille le voir. Tant pis, je vais descendre dans son estime, mais y'a qu'un vieux filou comme lui pour me sortir de l'embarra, il fait toujours ce genre de truc lui, il aura des idées. Un Oubliette ? NON ! NON qu'est-ce que je raconte, il ne doit jamais l'apprendre. Si j'avoue cela, ça sera l'excuse ultime pour lui pour faire tout ce qu'il veut. Il n'aura plus de limites, plus rien. Je suis vraiment dans la merde. J'y crois pas. Toutes mes bonnes résolutions, tout le baratin servi à mon frère, pour qu'en quelques mouvements de hanches, en quelques baisers et caresses tout s'envole comme la fumée d'un Patronus.

Je rigole à moitié quand elle parle du FBI. Je réalise combien mon erreur a été grande. Cet homme est puissant et je pourrai vite le regretter. Pas seulement moi, mais toute la communauté sorcière. Merlin sait ce que pourrait être capable un père dont la fille a été... salie. J'ignore les idées du Maire, je sais qu'il est en bonne relation avec nous. Mais bonne relation et tolérance pour sa ville, ne veut pas dire tolérer qu'un sorcier abuse de sa fille. Je l'ai abusé ? J'en sais rien. Non elle le voulait autant que moi. Mais de quoi j'aurai l'air ? Je l'ai amené ici, sur le toit de mon hôtel, sans personne autour de nous. Aucun témoin. Même si elle fait le la boxe, personne n'imaginera qu'elle aurait eu une chance d'avoir le dessus sur moi. On dira ce qu'on veut, je suis gaulé comme un de leur Dieu grecs. Elle pourrait dire que je l'ai "envoûté", et y'aurait personne pour croire le contraire. Même Sam je suis sûr qu'il penserait que j'ai utilisé un sort pour la mettre dans mon lit. A ses yeux, je passe pour le coincé du coin, il trouverait bizarre qu'elle ait craqué pour moi sans la magie. Je suis foutu. Je passe une main sur mon crâne et le gratte nerveusement.

"A tout' !" Que je réponds avant de me laisser retomber sur le lit. Vaincu par l'absurdité de la situation.

A toute ? Parce qu'elle pense me retrouver après ? Elle veut me revoir ? Mais... pourquoi ?! Ce clin d’œil, ce baiser décontracté et sûre d'elle. Son « Je suis ravie qu'on ait enfin eu l'occasion de faire connaissance. » de tout à l'heure. Ce n'est juste pas possible. Voilà, exactement ce que je disais à Sam : il n'y a pas moyen. Elle est No-Maj, le Maire me tuerai si j'entrainais sa fille dans notre monde. Et elle, elle serait perdue. Bon peut-être que c'est le genre de femme à rebondir. Mais découvrir un tel monde, là, comme ça. C'est impossible. C'est trop risqué. Son père est dans la confidence, c'est ultra secret, c'est... même le FBI n'est pas au courant. Et elle serait déçue par son père, y'aurait des histoires de famille, et Mr Harper me fait confiance. Je suis une institution de confiance, je symbolise la confiance à moi tout seul. Bon d'accord, peut-être que j'abuse un poil, mais le concept c'est ça. Et c'est ma propre règle que je bafoue, si je la respecte pas, c'est comme si je me respectais pas moi-même. Et que dirait Sam ? Non non, ça va pas le faire cette histoire. Je dois lui faire comprendre de manière subtile, mais très clair, qu'elle est moi c'était juste un coup, comme ça. Et... oui c'est bien Dean, couche avec la fille du Maire et largue là comme une mal-propre c'est sûr que c'est une meilleure idée. De salie par un sorcier, elle sera aussi humiliée.

Je me lève d'un bon, courant presque sous la douche. J'ouvre les robinets sur l'eau chaude, espérant que la chaleur me décrasse et m'aide à y voir plus clair. Mais à part détendre mes muscles, je n'arrive pas à trouver une solution. Je suis dans une impasse. Je ne peux pas construire même une micro relation avec elle, et en même temps, l'éconduire ne va pas avoir un bon effet. Je suis coincé quoi qu'il arrive. J'essaye de trouver un costume similaire à me mettre, ce n'est pas très difficile, ils se ressemblent tous. Je me sens coincé comme je ne l'ai jamais été de toute ma vie. Même quand ce petit Godric m'avait coincé dans une sapinette à Ilvermorny, et que j'ai réussi à prendre le dessus qu'il avait pris, juste à cause de l'effet de surprise de son attaque.

Je rejoins la réception, prenant soin d'éviter du regard ma compagne de crime. Je ne cherche pas à la rejoindre, ni lui lancer des petits sourires en coin. Je feins de l'ignorer et de faire les mondanités aux personnes présentes. J'évite de lever la tête en fait, car le risque serait de la croiser. Et je sais que je reste toujours très très sensible à sa beauté. Rien que l'idée de ses lèvres sur mon corps, de ses mains sur... enfin bon, je me concentre, tente de rigoler de bon cœur quand des blagues fusent mais qu'elles ne sont même pas drôles, bois des coupes de champagne. Mais pas trop, je veux garder le contrôle, j'ai déjà fait assez de dégâts ce soir. Je me sens un peu mal à l'aise avec le Maire, mais ça va, je gère. Sa fille ne lui a rien dit, et en même temps, je suis idiot pour croire qu'elle irait raconter à son père qu'elle vient de s'envoyer "littéralement" en l'air avec moi, alors que ça vient juste de se passer. Ça serait bizarre. Bizarre et mal sain.

La soirée se passe, et j'ai quand même remarqué qu'elle ne partait pas. On dirait qu'elle reste jusqu'à la fin. Et bien, c'est à moi de partir. Je salut l'invité d'honneur quand la voie est libre. J'en informe ma sœur, et je file comme un voleur. J'en suis pas fier, mais c'est ça ou me retrouver en tête à tête avec elle. Et nous savons que les têtes à tête avec Jennylee ne sont pas préférable si je ne veux pas me retrouver une nouvelle fois en sueur au dessus d'elle.

***

Quelques jours sont passés. J'ai eu des remerciements par mail, mais je n'y ai pas répondu. J'ai aussi menti sur mon occupation pour refuser de la voir en personne quand elle s'est présentée à la réception. Et j'ai fais demi-tour quand je l'ai aperçu dans la salle de sport. J'évite ma sœur aussi. Juste par crainte qu'elle soit au courant. Elle sent ce genre de chose. Je me tue encore plus à la tâche, au point que j'ai pas du sortir de ma chambre depuis trois jours pour traiter mail et commande par téléphone et ordinateur. Je sais que je suis ingrat, mais je joue sur le silence, la distance et l'absence pour qu'on passe à autre chose. Sauf que moi, moi je fais que penser à elle. Et un bon moyen pour oublier, c'est la boxe. J'enfile une tenue de sport, et je descends dans la salle. Je commence tout doucement : corde à sauter, slalom, marche pied, pompes. Et je commence à taper dans le sac de frappe. Un habitué se présente et on commence à faire un petit match. Il vient souvent entre midi et deux. C'est agréable de pouvoir toujours trouver quelqu'un pour boxer quand mon frère ou ma sœur ne sont pas là.

"Bon merci Dean, c'était fort sympa. On t'a pas beaucoup vu cette semaine ! A la prochaine !"
"Je prends la relève."

Cette voix... cette voix c'est Jennylee Harper. Malaise.

"J'allais partir, je... bonjour."

Mais bien sûr, montre que tu es extrêmement gêné en sa présence, ça n'aura absolument pas l'air suspect.

"J'étais sur le point de remonter travailler."

Mais elle continue de s'équiper, et je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression que je ne passerai pas la porte sans y aller de mes poings. C'est le genre de femme tenace Et revancharde ?!? En fait, je n'aurai pas du avoir peur de son père, mais de sa réaction à elle. J'avais dit quoi pour son ex à la soirée ? Bon sang Dean, t'es dans le pétrin.

"Jennylee, je ne sois pas sûr que ce soit une bonne idée. Je ne peux pas boxer avec la fille du Maire."

Regarde donc l'absurdité de ta phrase. Tu peux pas la boxer, mais tu peux coucher avec elle, et l'éviter juste après ? Si elle te traite de crétin, elle aura raison. Et si elle se contentait de m'insulter et de me laisser partir ?

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Whatever happens, we do not give up
Dean Cooper & Jennylee Harper

Il s'est bien fichu de moi tout de même. Des minables, j'en ai croisés dans la vie, mais alors si je m'attendais à ça de sa part... Dire que j'avais prévu de le revoir, que je voulais le revoir. Et voilà que je me suis retrouvée dans la posture horrible de la nana qui se fait larguer dès que l'homme l'a mise dans son lit. Je déteste ça, je déteste quand ce n'est pas moi qui prends ce genre de décision. Et il m'a snobée dans les grandes largeurs en plus, il m'a même ghostée par téléphone. La grande classe. Et s'il y a bien une chose que je déteste, c'est être humiliée de la sorte. S'il veut jouer au con, eh bien, on va jouer. Parce que les hommes comme lui, je les connais. Et je ne les aime pas.

Je ne courberai pas l'échine, je ne disparaitrai pas alors que c'est précisément ce qu'il veut, oh non, je ne lui ferais pas ce plaisir. Je continue à m'habiller à la perfection, à me maquiller et à me coiffer pour mettre en évidence quelle femme je suis. Je ne changerai pas mes habitudes, je suis une cliente de son hôtel et une bonne cliente qui plus est. Je n'ai pas l'intention de perdre en qualité à cause de lui. Je vais peut-être parler encore plus à Sam qui au moins ne se cache pas et revendique clairement ce qu'il désire, et je vais certainement encore plus souvent à la salle de sport qu'avant, mais j'ai une bonne dose de colère à éliminer.

Et aujourd'hui, alors que je suis sur le tapis de course, j'entends comme une voix familière. J'éteins l'appareil pour m'approcher discrètement du ring, et y voir ce cher Dean Cooper en pleine session avec un type. Dire que j'ai craqué pour cette mâchoire carrée et ces muscles. Et ce bagou. Je crois que c'est ça le pire, j'ai eu un faible pour son esprit, une erreur majeure que je ne referai plus.

"Bon merci Dean, c'était fort sympa. On t'a pas beaucoup vu cette semaine ! A la prochaine !
- Je prends la relève.
- J'allais partir, je... bonjour."

Bonjour ? Alors je n'ai le droit qu'à un bonjour ? Je ne lui réponds pas, je ne quitte absolument pas son regard tout en enfilant des gants.

"J'étais sur le point de remonter travailler."

Oui oui, c'est ça, cause toujours. Les lâches, finalement, ça ose tout.

"Jennylee, je ne sois pas sûr que ce soit une bonne idée. Je ne peux pas boxer avec la fille du Maire.
- Non, mais vous pouvez vous comporter comme le dernier des goujats avec elle. »

Je monte sur le ring et me place, poings levés, prête à combattre.

« Votre frère ose lui. »

Mon premier coup part, vite paré par Dean qui ne répond pas pour autant. S'il y a bien quelque chose qui m'agace, ce sont les gens qui me prennent pour une demoiselle fragile, comme une fleur à protéger. Je sais me battre depuis que je suis adolescente, je me protège moi même depuis des années.

« Vous savez, Mr Cooper, je ne suis plus une enfant. Si vous ne vouliez pas qu'on recommence, il suffisait de le dire au lieu de faire l'autruche. »

Je lance un upercut, qu'il évite à nouveau, sans répliquer.

« Si vous ne répondez plus au téléphone ou à mes demandes de rendez-vous, vous risquez de perdre gros. Parce que je ne vais pas vous appeler comme une amante éplorée, je suis une femme d'affaire Mr Cooper. »

Je frappe dans son torse cette fois, avant de lui envoyer un coup dans le visage.

« J'ai rendez-vous avec votre frère d'ailleurs ce soir, donc cessez d'avoir peur que je ne sois qu'une stalkeuse. »

Parce que Sam, au moins, est clair avec ce qu'il est, avec ses intentions. Je sais très bien qu'il ne veut qu'une nuit. Et c'est très bien parce que finalement, les derniers hommes que j'ai eu envie de revoir se sont avérés décevants. Je frappe encore, profitant d'une sorte... d'effet de surprise, le mettant à terre, et lui souriant.

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Whatever happens, we do not give up
Je le sens très mal cette histoire. Son œil est brillant, féroce. Je réalise l'énorme erreur. Dans quoi est-ce que je me suis fourré ? Elle ne va pas partir, et elle ne va pas me laisser partir. Mon destin est tout tracé, je ne sais pas comment rattraper le coup. Est-ce seulement possible avec une femme pareil ? Sorcier et No-Maj ne doivent jamais se mêler Dean, surtout pas comme cela, pas au lit. Merlin que c'était bon pourtant. Mais c'est comme pour les enfants cette histoire, quelques minutes de plaisir au lit, pour des années de calvaire derrière. Voilà ma pénitence, la colère froide ou chaude de Jennylee. Le pire, le pire dans tout cela, c'est que j'arrive pas à me dire autre chose que le fait qu'elle soit super sexy comme ça, en rogne contre moi. Je suis vraiment foutu.

Et BIM, son sarcasme est pire qu'un coup de poing dans l'estomac. Ok ok visiblement j'ai ma réponse très nette : oui elle m'en veut. Je la regarde telle une lionne monter sur le ring. Je dois dire que jusqu'à ce qu'elle parle de mon frère, j'étais prêt à faire machine arrière. Mais elle est forte, une bonne manipulatrice ce qu'il faut. Me parler de mon frère pour me faire rester. Sam je te déteste ! Je pare son premier coup, rapide. Je ne m'y attendais pas, mais j'ai de très bon réflexe.

"Allons Jennylee, vous croyez que je peux frapper une femme ?"
« Vous savez, Mr Cooper, je ne suis plus une enfant. Si vous ne vouliez pas qu'on recommence, il suffisait de le dire au lieu de faire l'autruche. »
"J'étais très occupé, c'était particulièrement... inopportun."

Elle lève encore les points, et je l'évite cette fois plutôt que de parer. Mais je ne peux pas répliquer. Non vraiment, elle ne pense pas que je vais le faire ?

« Si vous ne répondez plus au téléphone ou à mes demandes de rendez-vous, vous risquez de perdre gros. Parce que je ne vais pas vous appeler comme une amante éplorée, je suis une femme d'affaire Mr Cooper. »
"Ok j'aurai pu envoyer un mail, une lettre, mais cela sonner encore plus goujat."

Et je reçois son poing dans l'estomac et le visage sans broncher. C'était mérité, je l'avoue. Je sens le goût métallique et âpre dans ma bouche, et en m'essuyant du coin de mon coude, je vois que je saigne bien. Je ne recule pas pour autant. Elle commence à me fasciner, elle n'a pas peur d'user des points. C'est une femme de caractère que j'ai blessé, que j'ai humilié. Et je réalise qu'elle n'a rien à voir avec les femmes que j'ai eu dans mon lit. Elle n'a pas peur de moi, elle n'a pas peur de m'affronter, de me dépouiller, de me faire chanter. Je sais pas si c'est flippant ou agréable d'avoir autant de répondant devant moi. Je côtoie les No-Maj, mais des comme elle, rarement.

« J'ai rendez-vous avec votre frère d'ailleurs ce soir, donc cessez d'avoir peur que je ne sois qu'une stalkeuse. »

Je suis soufflé par sa révélation. Mon frère ? Pardon ?! Mais avant d'ouvrir ma bouche, je me retrouve au sol. C'est vraiment bien joué la déconcentration. Je roule sur le côté pour éviter un coup de pieds. Je me mets en position de pompe et tourne la tête vers elle, léchant ma lèvre légèrement enflée.

"Je vous conseille de rester bien loin de mon frère. Je ne suis pas sûr qu'un femme comme vous est faite pour..."

Je fais un mouvement de jambes pour revenir debout alors qu'elle tente un autre coup de pieds. Ok ok, elle ne joue plus là. Elle insinue que je suis jaloux ? Haha, c'est ce qu'elle veut m'entendre dire ? C'est sa vengeance ? Dire que je regrette ? Elle ne veut pas non plus une conférence de presse ? Si ? Dans le doute, il faut mieux que...

"Cela n'a rien à voir avec la jalousie. Ou peut-être ! Vous imaginez que parce que j'ai couché avec vous, mon frère ne peut pas vous avoir ? Non, en réalité je pensais qu'une femme comme vous n'allez pas manger à tous les râteliers. C'est quoi ? Le chalenge Cooper ?"

D'accord, je vais peut-être un peu trop loin, mais là, ça m'a carrément mis en colère, d'une qu'elle parle de rejoindre mon frère, de deux, d'insinuer que je suis jaloux. Peut-être. Mais je n'arrive pas à admettre que Sam pourrait coucher avec elle, non, pas après moi. J'ignore pourquoi je me sens nerveux. Je devrai m'en foutre royalement, mais non. Si je ne peux pas l'avoir, hors de question que mon frère se pavane avec elle.

J'évite un de ses coups, et par réflexe, je lui en rends un. Des années de boxe, les gestes ne se maitrisent pas tout le temps, certaines défenses sont automatiques. Je me rends compte que j'ai touché le côté de son flanc. Elle se plie en deux, et je me tends comme un piquet. "Pardonnez-moi, je..." Cependant, son sourire, comme si elle était ravie que je réplique. Elle fait un mouvement de jambe - très joli jeu de jambe ceci dit en passant - et elle attaque de nouveau. Je pare, je pare, et je donne un coup. Son sourire s’élargit de plus en plus. C'est ça qu'elle veut ?

"Un combat loyal ?"

Elle veut se battre, avoir une chance. Mais c'est difficile pour moi. J'y arrive avec ma sœur, mais là il s'agit d'une autre femme, de la fille du Maire. D'une No-Maj, j'ignore sa résistance, sa force. Pourtant, plus les minutes passent, peut-être même une heure, plus je me lâche. Elle attaque, je me défends, j'attaque et elle se défend. Je retiens certains de mes coups, et plus je les retiens, plus elle est hargneuse et déterminée. Parfois je ne fais que la repousser dans les filets. Elle revient alors plus dynamique et motivée. Par moment, cela devient plus sensuel que brutal, notamment quand on est dans un corps à corps, ou qu'on démêle nos poings. Y'a quelque chose d'affreusement érotique dans le fait de me battre avec elle.

"Je ne veux pas vous blesser !"

Mais elle s'en fout, je crois que je ne pourrai pas plus la blesser que je l'ai déjà fait. Elle se défend très bien, si bien que lors d'un coup de pied au sol, elle m'entraine avec elle. Je me retrouve à avoir le dessus, nos respirations sont saccadés, nos corps luisant de transpiration, et ça ressemble à s'y méprendre à une position que nous avons déjà eu, dans ma chambre. Mon cœur bat la chamade, mais pas à cause de l'effort physique, non, à cause du désir. D'ailleurs il se ressent par la naissance d'une bosse dans mon short.

"Je suis désolé. D'accord ? Je vous demande pardon pour m'être comporté comme le pire des cons."

Mon visage est à quelques centimètres du sien, je pourrai, juste en me penchant, saisir ses lèvres. Mais au lieu de cela, je reçois un coup de pieds pile sur mon érection naissante. Je pousse un cri de douleur et roule sur le côté.

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Whatever happens, we do not give up
Dean Cooper & Jennylee Harper

"Je vous conseille de rester bien loin de mon frère. Je ne suis pas sûr qu'un femme comme vous est faite pour...
- Allons donc, Dean Cooper serait-il jaloux ?

Il esquive ma passe, on sent qu'il est dans la vie comme sur un ring habitué à esquiver, à louvoyer, à faire le roublar, en somme. Et il espère me dicter ma conduite ? Allons donc, c'est déjà à peine si mon père y est parvenu alors un homme de passage. Je suis seule maitresse à bord de ma vie, de mon avenir, c'est une règle dont j'ai vite compris la grande nécessité. On ne peut compter sur sur soi, et très vite très tôt, il faut savoir se blinder. Je l'ai toujours fait.

« Le challenge Cooper ?"

S'il savait comme ce genre de commentaire ne m'atteint pas. Mon nom, mon image ont été tellement trainés dans la boue par les magazines, tout cela ne m'importe pas. Alors si ça lui fait plaisir d'associer une femme qui assume ses envies et sa liberté à un simple caprice, soit, il est bien loin d'avoir conscience que nous sommes en 2021. Moi, je me défoule, je fais voler mes poinds, je sautille sans jamais m'arrêter, et ça fait un bien fou d'évacuer. Je déteste qu'on m'humilie sans en payer les conséquences, et son joli minois va les payer, foi de Harper. Mais alors que j'ai laissé un côté à découvert – une bien basse erreur, je le reconnais – son poing s'enfonce dans mon flanc, me coupant littéralement le souffle. Pourtant, un sourire commence à se dessiner sur mes lèvres. Bien, voilà qu'il se décide enfin à arrêter de me considérer comme une petite poupée de porceleine.

Rah, mais le revoilà déjà avec son « pardonnez-moi » ! Ce n'est pas possible ça ! J'ai été confrontée à cela toute ma vie, combien d'entraineur m'ont refusée ou retenaient leurs coups à cause de mon père ou de ma taille ?

"Un combat loyal ?
- Il n'a jamais été question d'autre chose."

J'ai fait mon trou, seule, à force de détermination et d'ambition. Personne ne peut me le retirer. Je n'ai pas peur de me salir les mains, et je sais encaisser les coups, qu'ils soient réels ou métaphoriques. Et là, voilà enfin qu'il se comporte comme un homme. Comme un vrai bonhomme j'entends : quelqu'un qui assume et qui ne fuit pas. Quequ'un qui me tient tête, pas quelqu'un qui cède juste pour me faire plaisir ou parce que je suis la fille d'un célèbre politicien.

Parfois malheureusement, il ouvre la bouche et ça gache tout. Parce que lorsqu'il se tait et que nos corps seuls parlent c'est... Vraiment agréable. S'il n'était pas aussi coincé et aussi... aussi réac, ça pourrait être vraiment bien. Je profite d'un mauvais appui de sa part pour le faire basculer et nous tombons tous deux au sol. Je reprends mon souffle quelques secondes alors que mes mains se sont machinalement posées sur ses biceps alors qu'il pèse de presque tout son poids sur moi. Voilà longtemps qu'il n'avait osé me regarder dans les yeux.

"Je suis désolé. D'accord ? Je vous demande pardon pour m'être comporté comme le pire des cons."

et... Et je sens bien ce que je sens ? Je sais que je peux faire cet effet, et je dois bien avouer que j'aurais pu en être heureuse, mais là...

Là, je fais ce que ma maman m'a toujours conseillé de faire si un garçon m'embêtait de trop près : un bon coup là où ça fait mal et me dégage de lui.

« Le pire des cons c'est bien ça. Et le pire, c'est que je ne suis même pas sûre que vous ayez compris la leçon. »

je balance mes gants à côté de lui avant de lui tourner le dos.

« Oh, et un conseil : soyez un peu plus sélectif quant à vos clients. Non parce que le type qui se fait passer pour un démon, Vapula, la prochaine fois qu'il m'apporche, c'est contre le Cooper que je porte plainte. »

Ce type a réussi à me faire peur. Heureusement, je ne l'ai pas revu depuis. En attendant, je quitte la salle pour aller me changer et reprendre ma vie.


***


Fin novembre

Je dois avouer que Sam est... surprenant. On ne sort pas ensemble, loin de là, mais nous sommes deux adultes qui assument leurs envies. Et cela fait deux ou trois fois qu'on les assument ensemble. Oh, je ne me fais pas d'illusion, il fréquente d'autres personnes. Des femmes mais aussi des hommes, et je dois avouer que ses récits sont... épiques. Il est très ouvert là dessus et n'a jamais eu peur de me choquer et je dois reconnaître que c'est... revivifiant. On s'amuse, on rigole, mais clairement on ne se prend pas au sérieux.

Mais déjà je réalise que je vais être en retard. Je sais que mon père passe énormément de temps ici depuis quelques temps, des affaires « compliquées », selon ses dires, alors je dois prendre les rênes sur certains dossiers, ce qui n'est pas pour me déplaire. Je prends congé de Sam après m'être rendu un peu plus présentable, je referme la porte de ses appartements, et là...

« Mr Cooper. Je présume que mon père est encre et toujours dans le Salon Exécutif. Pour ma part, je voulais vous voir pour la réservation du Ballaro. Monssieur le Maire voudrait que les vœux de fin d'année et la cérémonie d reconnaissance des services accomplis se tiennent au Cooper. Cela impiquera également la réservation de chambres, bien sûr. »

Je sais que Maddy s'en donnera à cœur joie, mais malheureusement, il faut bien passer par le directeur pour ce genre de choses.

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Whatever happens, we do not give up
Je suis resté en boule un sol après son coup  entre mes jambes quelques minutes. Jusqu'à ce qu'un client pousse les portes de la salle de sport. Je me souviens m'être rarement senti aussi mal. Non pas par la douleur, mais par ce qu'elle a révélé de mon comportement. Je me suis comporté comme le pire des connards. Et j'ai honte de moi même. J'aurai pu simplement la voir, lui montrer autrement que ce n'était pas sérieux entre nous. J'aurai du penser que c'était bien ce genre de femme à rebondir et à ne pas s'accrocher au premier homme avec qui elle couche. C'est une belle femme, brillante, très intelligente, j'ai vraiment, vraiment était con. Et je mérite tout cela. Mais je me sens mal. Et même quelques verres avec Rafaël n'ont pas changé l'opinion que j'ai de moi sur ce coup là, d'ailleurs mon vieil ami a bien rigolé. Ce qui m'a poussé à lui parler de Vapula. Il a su rapidement me dire qui il était. En visionnant les vidéos de surveillance, j'ai bien vu qu'il avait usé de la magie sur une No-Maj. Sur Jennylee, je n'arrive pas à me sortir de la tête l'expression qu'elle avait sur son visage, elle a eu vraiment peur. Pour l'instant, le vampire est comme une ombre, mais je vais bientôt mettre la main dessus, et lui expliquer clairement les Lois de ce pays, et surtout les Lois de mon hôtel. Il est sous surveillance et je m'assure qu'il n'approche plus de Jennylee. J'ai d'ailleurs avertit son père. Je dois bien cela au Maire, afin que des gardes No-Maj gardent un œil sur sa fille dans le monde No-Maj. C'est le moins que je puisse faire, surtout que je me sens vraiment malin de dire cela, alors que je suis le premier à avoir fait du mal à sa fille, mais cela, il ne le sait pas.

Depuis quelques temps, je vois le Maire de New-York presque tous les jours. Ces attentats qui frappent le pays ne sont pas pris à la légère. Ni pour les sorciers, ni pour les No- Maj. C'est des réunions de crises chaque jour. J'ai renforcé la sécurité des Hôtels, afin qu'ils soient un lieu sûr pour ceux qui veulent y trouver asile. Nous vérifions les canalisations, les bouches d'aération, la ventilation afin qu'aucun produit ou substance n'atteignent les Hôtels.

Je décide de faire une pause sur mon planning pour aller boxer un peu. Je transplane alors dans nos couloirs, dans la partie de nos appartements, je sors ma baguette magique pour pouvoir prévoir de déverrouiller la porte de mon appartement quand j'entends une porte qui s'ouvre de celui de mon frère. Et quand elle relève les yeux sur moi, mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Jennylee ici ? J'ai l'impression que mon cerveau bugue quelques secondes, avant de ranger rapidement ma baguette à l'intérieur de ma veste. Il me faut quelques secondes pour mettre de l'ordre dans mes pensées et mes habitudes. Je n'ai jamais eu à me cacher de mon côté sorcier de ce côté là de notre hôtel. Et mon sang ne fait alors qu'un tour. Je vois rouge, je sens déjà ma veine sur ma tempe pulser. Deux choses : il a couché avec elle et il l'a fait dans son appartement. Du côté sorcier. Je serre mes poings et écoute à moitié ce qu'elle me dit, je passe rapidement à côté d'elle et enfonce la porte de chez mon frère. Elle vient se fracasser contre le mur.

"SAM !"

Mon frère me fait alors rapidement face, vu le vacarme. Et il est là, en peignoir. Son côté nonchalant ne fait qu'alimenter ma colère. J'ignore ce qui se distingue le plus sous ses sentiments, peut-être ma jalousie avant ma déception.

"Tu te fous vraiment de moi sérieusement ?!"

Je me rapproche de lui pour frapper du plat de mes mains contre sa poitrine, le faisant reculer. Je passe ma langue sur mes lèvres, complètement hors de moi. Mes yeux noirs pourraient lancer des sortilèges si je le pouvais. J'ai la main qui me démange, j'ai envie de récupérer ma baguette et de lui faire sentir un bon sortilège. Je me penche à son visage en agrippant son peignoir, je murmure alors de rage.

"Tu te rends compte que je viens de transplaner à quelques mètres d'elle. Tu ramènes des Née-Moldue ici, dans nos appartements. Tu couches avec la fille du Maire, et je t'avais dit quoi ? T'en en toujours eu rien à foutre de mes règles !"

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Je grogne presque et je viens passer une main sur mon crâne. Mon sang pulse et je ne tiens pas en place. Je le relâche quand j'entends la voix de Jennylee. Je me retourne vers elle, comme me sentant trahi. Mon regard est tout aussi menaçant quand il se pose sur elle. Je secoue la tête, elle me dégoûte. Là en cet instant, je lui en veux. Je me sens trahi et j'ignore pourquoi. L'incident était clos. J'ai couché avec elle, je l'ai humilié à ma manière, c'était ma faute. C'était moi le salaud dans l'histoire. Et elle s'est vengée sur le ring, affaire classée. C'était ce que je croyais. Elle est bien allée voir mon frère. Sérieusement ?! Je pensais qu'elle ne le ferait pas, que c'était de la provocation, qu'elle avait eu ce qu'elle voulait. Je me suis trompé. C'est moi qui vient de passer pour un con cette fois. Elle s'est bien moquée de moi. Et moi je pensais que j'aurai pu passer à autre chose. Mais voir tous les jours son père... ça fait des jours que je pense à elle, que je pense à me racheter. J'ai envoyé des fleurs et une carte aujourd'hui. Qu'elle n'a même pas du recevoir, vu qu'elle est ici. Je comptais l'inviter à diner pour enterrer la hache de guerre et pouvoir collaborer ensemble comme avant. Nous aurions parlé affaire, je me serai excusé convenablement, pour tirer un trait sur cette histoire. Mais là... je l'imagine dans les bras de mon frère, je suis sûre qu'elle sent son parfum. Je secoue ma tête, impossible de cacher ce que je ressens. De la déception.

"Tu laisseras un message à ma secrétaire, tu auras ce que tu voudras. Ou demande à Sam."

Mes épaules s'affaissent. Je suis totalement démunie, je me rends compte que je l'ai tutoyé. Après tout, elle est intime avec tous les Cooper maintenant. Ma mâchoire est serrée quand je passe à côté d'elle. Il faut mieux que je parte avant de défigurer mon frère. Comment a-t-il pu ramené une non sorcière ici ? Comment a-t-il pu baisser sa garde autant ? Surtout qu'elle ne doit être qu'une distraction pour elle. Rien de sérieux je me doute.

"Vous vous êtes bien fichu de ma gueule tous les deux."

A Merlin ma politesse. Il faut que je quitte cet appartement. Je fais quelques pas pour éviter les débris de bois de la porte de Sam et sort sans même me retourner. Je traverse le couloir, arrive devant ma chambre que j'ouvre avec mon pass et non ma baguette magique. Aussitôt la porte refermée je fracasse de mon poing un miroir qui se trouve dans l'entrée. Il explose en mille morceaux et entaille ma peau. Le sang se met à couler à grosse goutte sur le parquet. Je respire rapidement, plus sous l'effet de la colère que de la douleur. J'entends alors quelqu'un frapper à la porte.

"Va te faire foutre Sam !"

Je ne prends pas la peine d'aller ouvrir la porte, je vais vers mon bar pour ouvrir une bouteille en verre qui décante du Whisky Pur feu et m'en servir un verre. J'entends la porte qui s'ouvre et n'y prête pas attention, j'ai le dos tourné. Je m'en moque qu'il vienne faire ses excuses, si jamais il me parle, je lui éclate le visage. Je vais chercher des glaçons pour les mettre dans mon verre et au passage sur ma blessure. Je viens de ruiner tout un parquet en le tachant de sang. Je vais devoir faire appel au service de nettoyage magique pour récupérer ce bois antique. Quand j'entends les bruits des débris du miroir sous des talons, je me retourne alors pour faire face de nouveau à Jennylee et non mon frère. Je me doutais bien qu'il ne serait pas assez fou pour venir juste après.

"C'est interdit aux clients."

Je fais tomber les glaçons dans mon verre et je sors sur mon balcon. Celui la même où j'avais passé un agréablement moment avec elle, il y a quelque temps.

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Whatever happens, we do not give up
Dean Cooper & Jennylee Harper

"Je vous conseille de rester bien loin de mon frère. Je ne suis pas sûr qu'un femme comme vous est faite pour...
Mais... mais qu'est-ce qu'il fabrique ? Il ne prend même plus la peine de me répondre maintenant ? J'ai beau prononcer son nom, rien y fait, c'est comme si je n'existais pas. Il... il va vraiment parler à son frère maintenant ? Je sursaute devant la violence avec laquelle il ouvre la porte et en entendant le ton qu'il emploie. Je ne l'ai jamais vu dans un tel état. Cooper est... il est l'incarnation du politicien. Costume taillé sur mesure, sourire à toute épreuve, l'air de tout contrôler dans l'univers. Or là il explose contre son frère. Je n'en reviens pas. Est-ce qu'il... est-ce qu'il est vraiment jaloux ? Non, ce serait idiot, c'est lui qui n'a pas donné suite et... et il n'a pas le droit d'être jaloux de toute manière, surtout que j'étais en train de lui parler affaire !

« Dean qu'est-ce que vous faites ! Arrêtez ça !
- Tes foutues règles va falloir t'asseoir dessus. »

L'espace d'un instant, j'en suis à me demander si je dois aller chercher Maddy ou pas. Elle m'a déjà parlé des fameuses disputes de ses frères mais je ne pensais pas avoir le « privilège » d'assister à l'une d'entre elles.

« Sérieusement, ça suffit, vous êtes ridicules... »

Je m'efforce de ne pas reculer alors qu'il me foudroie du regard. C'est une promesse que je me suis faite à moi-même, de ne pas trembler devant un homme. C'est aussi pour cela que j'ai très tôt pris des cours de krav-maga puis de boxe. Et je n'aime pas du tout ce que je lis dans son regard. Il y a des hommes qui ont un talent fou pour vous faire sentir une moins que rien, une trainée. Et là, il possède ce talent, ce regard qui vous diminue. Alors naturellement, j'érige mon armure.

"Tu laisseras un message à ma secrétaire, tu auras ce que tu voudras. Ou demande à Sam."

Mes poings sont serrés, ma gorge l'est tout autant. Je peux presque entendre mon cœur qui tambourine dans ma poitrine. Mais je ne baisse pas le regard, par provocation, par protection.

"Vous vous êtes bien fichu de ma gueule tous les deux."

Sam et moi on se regarde quand Dean sort de la pièce, furieux. Je n'ai pas raconté à Sam que j'avais eu une petite aventure avec son frère, mais à voir sa tête, il a compris. S'il se fait volontiers passer pour un con, il est en réalité loin de l'être. Il se passe une main sur le crâne. Je sens que ça va me retomber dessus cette histoire et que même Sam peut finir par m'en vouloir, même s'il ne me fera pas de crise comme Dean.

« Je vais lui parler. »

C'est mon job de régler les situations de crise après tout non ? Sauf que tout à coup, mon boulot, même dans ses aspects les plus glauques, me paraît plus simple que tout ce merdier. J efrappe à la porte des appartements du directeur.

"Va te faire foutre Sam !"

c'est toujours sympathique comme accueil. Alors douement et sans trop y croire, je tourne la poignée de la porte et entre dans cet endroit qui nous a valu bien des problèmes. Je remarque immédiatement le sang et les éclats de verre. Il en faut plus pour me rebuter, heureusement. Je m'avance, les bras croisés, mes talons écrasant un peu plus ce qui fut il y a encore peu de temps un miroir.

"C'est interdit aux clients."

Allons donc. Comme je connais le chemin et que je ne suis pas du genre à partir quand on me le demande, je le suis sur le balcon, non sans m'être servi un verre à mon tour. J'en avale une gorgée, avant de faire quelques pas, pour venir m'appuyer à rembarde.

« C'est interdit aux clients. Dois-je en déduire que c'est sérieux pour toi cette histoire de règles ? Il m'arrive d'enfreindre certaines des miennes, mais tu sais quoi, faut faire avec. A la décharge de Sam, je ne lui ai rien dit pour ce qui s'est passé entre nous ; Si tant est que ce soit réellement ça le problème. »

Et le truc, c'est que je n'en sais vraiment rien. Des mecs jaloux, j'en ai croisés évidemment, mais un mec qui m'a ghostée et qui se montrerait aussi exclusif après une nuit. Il y a forcément un truc qui me dépasse.

« Ecoute, je ne prétends pas comprendre ce qui se passe. On a eu un moment toi et moi. Tu n'as pas voulu y donner suite, on s'est expliqué. Fin de l'histoire. J'ai eu un moment avec ton frère, on est ami, on rigole, ça s'arrête là. Je t'ai dit que j'étais une grande fille. Toi, en revanche, tu t'es comporté comme un petit garçon aujourd'hui. Alors tu peux décider de céder à tous mes caprices pour simplement ne plus te trouver face à moi, ou tu peux arrêter tes idioties et me dire les choses en face. »

Quitte à ce que je m'en prenne plein la tronche, mais j'évolue dans un milieu d'hommes, alors j'ai l'habitude. Et puis c'est justement sa grande capacité à fuir qui a posé problème depuis le début. Je défais mon foulard pour essuyer le sang sur sa main, qu'il me refuse.

« Ne fais pas l'enfant, vraiment, ça ne te va pas du tout. »

Je lui attrape d'office sa main que je compresse. Il va bien falloir crever l'abscès n'est-ce pas ?

« Tu me dois un foulard. J'aime la soie, je dis ça je dis rien. »

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Whatever happens, we do not give up
Fin Novembre

J'irai pas reconnaître que je me suis emporté. Je n'arrive pas à croire qu'ils couchent ensemble, qu'elle ait vraiment... Il vaut mieux qu'elle parte. Je suis trop en colère. Et ce n'est jamais bon quand je suis trop en colère. J'ai envie d'un ring et de bastonner à mort. J'en ai les muscles qui me démangent.

« C'est interdit aux clients. Dois-je en déduire que c'est sérieux pour toi cette histoire de règles ? Il m'arrive d'enfreindre certaines des miennes, mais tu sais quoi, faut faire avec. A la décharge de Sam, je ne lui ai rien dit pour ce qui s'est passé entre nous ; Si tant est que ce soit réellement ça le problème. »

Je me tourne et mes glaçons cognent dans le verre, faisant renverser du liquide brun sur le béton ciré du balcon.

"Tu sais quoi, ne parle pas de Sam va..." Disé-je d'un ton précipité et autoritaire. Je grince des dents. Je ne veux plus entendre parler de mon frère, parce que j'ai qu'une envie, c'est d'y retourner lui péter les dents avec son sourire suffisant. "Et oui c'est du sérieux mes règles. Bon sang pourquoi personne ne me prend au sérieux deux minutes ?!"

Ils me lourdent tous. C'est incroyable. Elle ne sait pas de quoi elle parle. Elle ne sait pas ce que je me tue à protéger ici. Ce n'est qu'une No-Maj... elle n'imagine pas l'étendue du Cooper. Elle n'en voit que la moitié. Et c'est déjà assez compliqué de jongler avec les deux côtés. Pourquoi Sam ne peut-il pas comprendre cela ? Et la voilà ici maintenant, là où je n'aurai même jamais du l'amener la première fois. J'ai créé la brèche, c'est ça, c'est moi qui ai créé l'erreur, la faille dans mon système. Et maintenant je vais reprocher à mon abruti de frangin de faire la même chose. Mais bon sang, il est beaucoup moins consciencieux que moi, beaucoup moins prudent. Elle aurait pu me voir transplaner, et j'aurai eu l'air bien con de devoir l'oubliéter.

« Ecoute, je ne prétends pas comprendre ce qui se passe. On a eu un moment toi et moi. Tu n'as pas voulu y donner suite, on s'est expliqué. Fin de l'histoire. J'ai eu un moment avec ton frère, on est ami, on rigole, ça s'arrête là. Je t'ai dit que j'étais une grande fille. Toi, en revanche, tu t'es comporté comme un petit garçon aujourd'hui. Alors tu peux décider de céder à tous mes caprices pour simplement ne plus te trouver face à moi, ou tu peux arrêter tes idioties et me dire les choses en face. »

J'ouvre la bouche puis la referme, préférant boire une bonne gorgée, et même deux de mon Whisky préféré. Le petit garçon ? Qui est-ce qui couche avec le petit frère parce qu'elle s'est faite remercier sauvagement par le grand frère ? C'était quoi ? Une vengeance, oooh mais elle est bien réussi, ça va je digère, merci ! J'inspire longuement. Je lui dis de ne plus parler de mon frère, mais elle en rajoute une couche. Sérieusement ?! Et je peux lui dire quoi ? Qu'est-ce qu'elle veut entendre ? Je ne sais pas moi-même la vrai raison de mon emballement aujourd'hui. Alors qu'est-ce que j'ai à lui dire en face ?

Oui je suis furieux contre Sam, parce qu'il a monté une No-Maj ici, dans nos appartements, notre côté sorcier. Mais je le suis d'autant plus que cette fille là c'est Jennylee. D'un, je lui avais dit de ne pas la toucher. De deux, ça me rend dingue de la savoir sans ses bras. Pourquoi pas une autre fille ? Qu'est-ce qu'elle est allée s'amuser avec lui ? Peut-être bien que je le vis comme une trahison, de la part des deux. Mais c'est qui les gamins ? C'est eux deux, de grands enfants, sous mon toit, brisant mes règles. Si elle voulait me blesser, il faut croire qu'elle a réussi. Et c'est ce qui m'énerve le plus. Ca ne devrait être qu'une femme, rien de plus.

J'amorce un mouvement de rejet quand elle veut prendre ma main, qui je me rends compte saigne. Et puis quoi encore ? J'en ai rien à faire en plus, et pourquoi ? Parce que d'un coup de baguette magique et tout sera réglé. Ma plaie, le sang sur mon parquet antique. Elle ne le sait pas ça, hein ? Preuve qu'elle ne devrait pas être ici. Et bien qu'elle flingue son foulard hors de prix si elle veut.

Je lève les yeux au ciel, ce que je ne me permets jamais d'habitude, quand elle dit que faire l'enfant ne me va pas. Mais je ne suis plus à ça près avec elle. Je finis par capituler quand elle attrape ma main de force, mais aïe c'est que ça fait mal en plus. Je serre les dents, gardant mon orgueil pour moi. Elle veut des réponses, elle veut qu'on se parle franchement. mais rien de ce que je pourrai dire va la contenter.

"Je ne prétends pas non plus comprendre ce qui se passe. Mais il est clair qu'une de mes règles n'a pas été respecté."

Je l'empêche de parler. Oui je parle encore de mes règles, je sais.

"Oui Jennylee, ce n'est pas une plaisanterie. Jamais de client ici dans les étages. C'est une question d'équilibre et de sécurité. Je ne dis pas que tu es n'importe qui, ce n'est pas ce que je veux dire. Mais c'est quelque chose qui regarde ma famille, depuis des dizaines d'années. Sam et Maddy sont au courant, savent à quoi s'attendre en vivant ici au Cooper. Je n'aurai moi, jamais du t'emmener chez moi. C'est plus compliqué à expliquer, encore plus dur à comprendre."

Je vide le contenu de mon verre d'un trait.

"Et peut-être que cela m'a vraiment blessé de te voir avec lui. Peut-être que j'ai été à l'opposé d'un gentleman avec toi, à cause de mon règlement, de ton père, de notre collaboration." Qui va au delà des apparences, au delà de ce qu'elle s'imagine. Mais cela elle ne peut pas le savoir. "Peut-être aussi que je ne t'ai pas rappelé à cause de tout cela, mais je ne pensais pas que tu passerai à mon frère."

Je viens m'appuyer sur le rebord de mon balcon et regarde la vue qui s'offre à nous. Une vue prenante sur le monde No-Maj. En bas c'est un royaume que je ne peux qu'effleurer du doigt. Un monde qui ne pourra jamais m'accepter autrement qu'en tant que directeur d'hôtels. Et ce n'est jamais bon que deux mondes se rencontrent, ce n'est pas bien qu'elle soit à mes côtés. Rien que dans ma chambre, elle pourrait tomber sur des choses insolites.

"Je ne pourrai pas t'en dire plus Jennylee. J'ai un empire à ne pas faire s'écrouler, et tu le comprends mieux que personne. Je ne pourrai pas offrir grand chose à une femme de toute façon, et peut-être que je suis jaloux de la frivolité de mon frère pour cela. Je me suis fais la promesse de veiller à notre équilibre depuis tellement d'années, alors quand je sens qu'il devient fragile, ça me donne envie de faire l'enfant."

Je secoue la tête et me retourne vers elle en soupirant.

"Tu ne pourras pas revenir ici. Mais tu pourra toujours me mettre une raclé dans la salle de boxe ?!"

On entend alors des bruissements d'ailes. Il faut que ça soit le moment pour que mon hibou arrive. Par chance il n'a pas de lettre avec lui dans son bec, il vient juste réclamer ses câlins et sa nourriture. Il se pose alors sur la rembarre en pliant ses immenses ailes dans son dos et fixe Jennylee avec des yeux ronds, qui me donnent presque envie de rire. Il faut dire qu'il ne voit jamais personne ici, même lui est surpris. Même lui connait mes règles !

"C'est Hermès. Hermès je te présente Jennylee."

Je ne voudrai pas qu'il la pince, alors je suis bien obligé de faire les présentations. Oui et c'est là que cela va devenir étrange. Pourquoi Dean Cooper, grand directeur d'hôtel, l'air coincé, a-t-il un hibou en haut de son immeuble ?

"C'est un client qui me l'a offert. Un fanatique des oiseaux, il l'a bien dressé, c'est incroyable comme ces animaux là sont... intelligents. Je ne me suis pas résous à le rendre ou le donner à une association. Il est plutôt fidèle, il vient chercher son bout de viande. Faut dire dans cette grande ville, difficile de trouver de quoi becqueter."

Je disparais quelques secondes dans l'appartement pour récupérer un petit bol de morceaux de poulet cru. J'en met un bout dans ma main et Hermès vient le picorer, tout en observant minutieusement Jennylee.

"Tu veux essayer ? Au pire, tu perds un doigt." Disé-je avec un grand sourire amusé.

Il y a quelque chose de terriblement excitant de la voir toucher du bout des doigts mon univers. Hermès n'est pas du tout un hibou donné par un client. Qu'est-ce que cela ferait si je disais : c'est mon hibou, tu sais, celui pour transporter mes lettres à mes collègues sorciers à l'autre bout du pays ? Non Jennylee n'est qu'une femme insaisissable. Je ne peux pas briser l'harmonie de nos deux mondes, ça serait aussi la mettre en danger. Le monde des sorciers est prêt à éclater, et les gens comme elle sont en danger. Que penserait-elle si elle savait que des sorciers tentent de stériliser les gens nés de parents comme elle ? Au mieux elle me prendrait pour un fou, au pire pour un menteur prêt à tout pour se défaire d'elle. Pourtant là, je savoure ce moment, où elle nourrit un signe de magie par excellence. Elle se débrouille bien en plus, parce que Hermès refuse même chaque bout de poulet que moi je lui tends. Ma colère a presque disparu, et je me surprends même à retrouver mon sourire.

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Whatever happens, we do not give up
Dean Cooper & Jennylee Harper

A dire vrai, j’ai l’impression de m’entendre. Le respect de MES règles, c’est ce que j’impose et exige de mes clients. Une transparence absolue et une foi aveugle, parce qu’on ne peut gérer que si on est au courant de la plus infime donnée. Alors en réalité, oui, je comprends parfaitement son point de vue, même si aujourd’hui, on ne parle pas de cadavre dans le placard (parfois au sens littéral) ni de scandale politique. Dans nos métiers, dans nos rôles, il faut aussi savoir reconnaitre les degrés de gravité. Et j’ai l’impression que c’est un exercice qu’il ne maîtrise pas encore.

Je penche la tête sur le côté, quand il finit par reconnaitre que nous sommes partis du très mauvais pieds lui et moi. Des règles strictes sécurisent c’est un fait, mais elles ne laissent pas de place à ce qui pourrait changer une vie. C’est le principe même.

« Je ne suis pas passée à ton frère. Ou en tout cas, pas dans le but de te faire du mal. Crois ce que tu veux, mais j’ai besoin d’une bulle. Ce que je fais, dans ma vie personnelle et professionnelle, c’est éprouvant, c’est… tu sais ce que c’est. On ne tient pas éternellement à ce rythme si on ne s’accorde pas des pauses. C’est tout. »

La preuve, il vient de péter un boulon pour vraiment pas grand-chose. Et il ne peut pas avoir la réaction d’un amant éconduit, il ne doit pas avoir de sentiments pour moi. Pas selon ses règles. Je m’appuie à mon tour contre le rebord du balcon. C’est magnifique vu d’ici, mais pour les gens comme Dean et moi, ça n’a pas le même sens que pour le commun des mortels. Tout ça, c’est un terrain miné, un sac de nœuds que nous devons sans cesse réorganisé.

"Je ne pourrai pas t'en dire plus Jennylee. J'ai un empire à ne pas faire s'écrouler, et tu le comprends mieux que personne. Je ne pourrai pas offrir grand chose à une femme de toute façon, et peut-être que je suis jaloux de la frivolité de mon frère pour cela. Je me suis fais la promesse de veiller à notre équilibre depuis tellement d'années, alors quand je sens qu'il devient fragile, ça me donne envie de faire l'enfant. Tu ne pourras pas revenir ici. Mais tu pourra toujours me mettre une raclé dans la salle de boxe ?!
- ça c’est une rupture en bonne et due forme, je lui souris, il a raison, je connais tout cela. J’ignore bien sûr quels sont les secrets qu’il cache, mais je sais aussi que je ne voudrais pas qu’on vienne fouiller dans les miens. Je valide l’idée de te mettre une raclée sur le ring. On sous-estime trop les personnes de moins d’un mètre soixante-dix.

Nous tournons la tête en même temps, alors qu’un bruissement d’ailes se fait entendre.

« C’est… c’est un hibou ? »

Normalement, ce sont les pigeons les rois de New-York, mais des hiboux… Je crois que je n’en ai jamais vu en vrai. A la télévision, dans les magazines, oui, mais jamais en vrai. Et en plus, il ne semble pas sauvage, il n’est pas apeuré.

"C'est Hermès. Hermès je te présente Jennylee."

J’arque un sourcil en regardant Dean Cooper, le plus étrange directeur d’hôtel que je connaisse.

« La plupart des gens ont des chats, des chiens ou des poissons rouges. Mais c’est un très bon choix de nom. »

Hermès, le messager des dieux. Un présent d’un client ? Heureusement qu’aucun de mes clients ne m’a jamais remerciée de la sorte, je tue des cactus, alors un être vivant… Dean lui, semble savoir y faire. Je l’observe nourrir son oiseau qui me fixe comme si j’étais un ennemi mortel.

"Tu veux essayer ? Au pire, tu perds un doigt."

Je plisse les yeux face à cette provocation. Je ne suis pas forcément fan des animaux, mais je dois bien admettre qu’avoir un hibou domestique, c’est pour le moins curieux.

« Je présume que c’est pour cela qu’on en a neuf autres. »

je n’ai jamais reculé devant un défi, je ne vais pas commencer aujourd’hui, pas face à lui. Alors j’attrape un bout de poulet du bout des doigts et je le tends à Hermès, qui me regarde vraiment comme si je n’étais qu’un ver de terre.

« Je t’assure que c’est du bon poulet, tu as déjà goûté le poulet du chef du Ballaro ? Fais moi confiance, c’est du premier choix. »

Quand le hibou attrape le morceau, je suis prise d’un hoquet de surprise et je recule d’un bond, en serrant mes mains contre moi, avant d’éclater de rire.

Je crois que nous avons fait la paix, en quelque sorte après cela. Tout du moins, nos rapports étaient bien moins tendus ensuite.

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