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In RPG, nous sommes en Décembre 2021.
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Tu me fais confiance ? Évidemment.Samedi 10 juillet 2021

Luke et Calla sillonnaient New-York depuis une semaine déjà. Arrivés dans la soirée du samedi 3 juillet, ils étaient allés déposer les valises chez Jackson O’Donell et avaient profité d’un bon dîner. Jackson était un ami de longue date et il avait accueilli Calla comme un ami le ferait. Oh bien sur, il lui avait fait le coup de « c’est ta petite-amie ? » mais Jackson était au courant de tout ce qui se passait entre Calla et Luke. Ce dernier n’entretenait pas beaucoup de correspondance mais depuis que Jackson était parti habiter en Amérique, il s’y appliquait.

Le lendemain, Luke et Calla s’étaient rendus dans plusieurs hôpitaux, faisant par la même occasion ceux qui étaient autour de la ville de New-York. La jeune femme gardait des souvenirs assez flous de son accouchement, alors le nom de l’hôpital dans lequel elle s’était rendue n’était pas dans sa mémoire. Et le tour des hôpitaux avait continué toute la semaine. Ils attendaient parfois une heure ou deux avant de pouvoir rencontrer un Médicomage, quand la secrétaire ne pouvait les renseigner.

Calla avait accouché sous X et elle avait eu deux mois pour changer d’avis. Selon la législation, elle n’avait pas à laisser d’identité aux Médicomages, mais Calla avait voulu donner une lettre à Bryn. Dedans, elle indiquait son prénom et celui de son père, ainsi que le prénom que Calla aurait souhaité lui donner. Mais les Médicomages étaient bien incapables de les renseigner. Luke passait plusieurs heures sur Internet pour chercher des cas similaires aux leurs et revenaient le lendemain dans de nouveaux hôpitaux avec de nouvelles informations. N’ayant pas été au courant de l’existence de l’enfant, Luke avait une chance de pouvoir faire quelque chose. Mais il était très difficile de retrouver une quelconque trace de l’enfant qui demeurait anonyme.

Le samedi 10 juillet, ils avaient décidé de faire trois derniers hôpitaux avant de se tourner directement vers les orphelinats. Calla désespérait et Luke aussi, même s’il voulait garder espoir pour la jeune femme. Il savait qu’elle fournissait un gros effort pour le suivre et être à chaque fois déçu de la réponse donnée. Ils arrivèrent au Mage Hospital, l’un des plus prestigieux hôpitaux de New-York. C’était le deuxième qu’ils faisaient aujourd’hui. « Allez plus qu’un autre, et on cherchera vers les orphelinats. » dit-il à Luke en attirant la jeune femme vers lui pour frotter doucement son bras alors qu’il s’avançait vers la secrétaire. Un tour chacun, Luke ou Calla prenaient la parole.

« Bonjour Miss. » dit-il de sa voix la plus charmeuse. Il était fatigué mais il faisait surtout ça pour amuser Calla. « Nous cherchons un enfant né sous X, pouvez-vous nous renseigner ? » La secrétaire, qui devait certainement être croisée avec un Gobelin, releva la tête de son ordinateur et baissa ses lunettes comme si elle n’avait pas l’habitude qu’on l’interrompe dans son travail. « Impossible de trouver un enfant né sous X. Impossible. » répondit-elle comme un robot. Luke tourna la tête vers Calla qui haussa les épaules.

« On doit bien pouvoir faire quelque chose. » insista le professeur de Vol. « S’il vous plait, Miss, pouvez-vous faire appeler un Médicomage ou quelque chose dans ce genre-là pour nous aider ? » La femme fronça les sourcils, comme dégouté de voir comment Luke semblait considérer le personnel médical. « Vous ne trouverez pas de réponse ici. Maintenant veuillez aller enquiquiner d’autres personnes, nous avons des urgences ici. » Luke grinça des dents et afficha un sourire crispé. « Vous êtes trop aimable ! » Il se retourna pour pousser un long soupir à l’intention de Calla … mais elle avait disparu.

« Calla ? » Luke fronça les sourcils et regarda dans le hall, mais aucune trace de la chevelure châtaine de la jeune femme. Un éclat de panique passa dans son regard. Et si les Purificateurs lui avaient mis la main dessus ? Qu’elle venait de faire un malaise ? Luke emprunta un couloir au hasard, puis un autre, cherchant comme un fou une trace de la jeune femme alors qu’il composait son numéro. « Putain, Calla, réponds ! » jurait-il alors que ça sonnait toujours dans le combiné. Et puis, il entendit la sonnerie du portable.

Il tourna à l’angle d’un mur et aperçut la jeune femme qui regardait une baie vitrée. Luke raccrocha et arriva à sa hauteur. « Tu m’as fait peur ! Qu’est-ce qu’il t’a pris de disparaître ? » jurait-il avant de comprendre ce qu’elle regardait. Il s’agissait de la salle où était rassemblée tous les enfants nés dans la semaine. La plupart dormait mais certains gazouillaient. Ils allaient bientôt être amenés aux parents qui avaient pu se reposer durant la nuit. Calla posa sa main sur la vitre et Luke posa à son tour machinalement une main sur l’épaule de la jeune femme. « On va la trouver. » dit-il.

La louve détacha doucement son regard de la salle et releva les yeux vers Luke. Elle perdait espoir, et revenir sur ce continent la chamboulait. Mais Luke était déterminé à retrouver sa fille. Il n’avait jamais eu de certitudes auparavant dans la vie. Il agissait spontanément, sans réfléchir aux conséquences. La grossesse de Calla en était la preuve. Mais tous deux devaient assumer la conséquence de leurs actes. Ils devaient devenir des parents responsables pour Bryn.

Le regard de Luke fut attiré vers une Guérisseuse qui les observait. Quand elle remarqua les yeux du jeune homme, la jeune femme disparut. Était-ce l’instinct ? Le désespoir ? L’avidité d’avoir des réponses ? Luke essaya de l’interpeller et se mit à suivre la jeune femme. Il entendait que Calla était sur ses talons et ils arrivèrent alors dans une salle de repos pour les Guérisseurs. Elle semblait les entendre. Luke jeta un coup d’œil à Calla avant d’entrer dans la salle que la Guérisseuse referma à clé derrière eux, baissant les stores. Quand elle eut terminé, Luke demanda : « Qui êtes-vous ? »

La jeune femme s’approcha mais son regard s’était tourné vers Calla qui fronçait les sourcils. « Je vous connais. » dit-elle alors. Luke, surpris, ne dit pourtant rien. « Oui. » répondit la Guérisseuse. « J’étais présente lors de votre accouchement sous X. » Calla porta une main devant sa bouche et, instinctivement, le professeur de Vol prit la suite. « Nous recherchons notre fille. Pouvez-vous nous aider ? » Sa voix était prudente, comme craignant d’effrayer cette jeune femme. Elle tourna la tête vers Luke et le jugea du regard, comme estimant si elle pouvait lui faire confiance. Puis elle se mit à regarder à nouveau Calla. « Sous X, il vous est impossible de la retrouver. »

Le jeune homme s’efforça de garder son calme pour répondre. « Nous le savons, on ne cesse de nous le répéter depuis une semaine. Mais vous pouvez certainement nous donner quelque chose … un indice ? un nom ? un lieu ? N’importe quoi ! » La Guérisseuse posa alors une main sur l’épaule de Calla et la lui tapota doucement. Puis, elle s’éloigna. « Quoi ? Non, attendez ! » s’écria Luke. Mais la Guérisseuse leva la main pour l’intimer de se taire. Elle récupéra un flacon au fond de la salle, puis elle sortit sa baguette et, sans un mot, elle la pointa sur sa tête. Des filaments sortirent alors et à l’aide de sa baguette, elle les déposa dans le flacon avant d’en ajouter un bouchon.

« Trouvez une pensine. Mettez-les dedans. » dit-elle en tendant le flacon à Calla. « C’est tout ce que je peux faire pour vous. » Luke ne comprenait rien mais quelque chose semblait se passer entre les deux jeunes femmes. Et puis, la Guérisseuse quitta la salle, les abandonnant, comme ne voulant rien avoir à faire avec eux.

Calla déclara qu’elle était fatiguée et elle resta dans l’appartement de Jackson tout l’après-midi pendant que Luke arpentait les rues de la Voie Lactée puis de l’Allée des Embrumes pour se procurer une pensine. Il en obtint une pour le prix de 35 Gallions. Même s’il râlait de l’argent dépensé, il savait qu’ils en avaient besoin. Il revint vers 18h à l’appartement et alla frapper directement à la chambre de Calla. Jackson était certainement encore à son travail car il n’y avait personne d’autre.

« J’ai trouvé une pensine » dit-il en venant la déposer dans la chambre. La jeune femme était en train de réaliser une peinture et le regarda avec un peu d’appréhension. Le flacon était posé sur la table de nuit. Luke hésitait, un peu maladroit. Il mit ses mains dans ses poches, puis les retira, se passa la main dans les cheveux avant de réajuster son tee-shirt. « Bon, euh … je te laisse faire comme tu le sens. Je vais aller prendre une douche. Prends tout le temps qu’il te faudra. » dit-il. Il s’étonnait à la ménager ainsi mais il savait que la méthode brusque n’avait jamais eu d’effet sur Calla. Il devait y aller en douceur.

Luke se dirigea dans la chambre de Jackson. C’était là qu’il dormait alors que Calla occupait la chambre d’amis. Il avait un simple matelas gonflable mais cela lui avait toujours bien suffi. Il n’était pas une personne matérialiste et il pouvait dormir n’importe où. Il récupéra des vêtements propres et des affaires de toilettes avant de se diriger dans la salle d’eau. Se débarrassant de ses vêtements, il se mit sans attendre sous le pommeau de douche qu’il alluma sans plus attendre.

Il était vraiment fatigué. Il ne dormait pas beaucoup et on ne cessait de lui répéter que c’était impossible de retrouver un enfant né de cette manière. Luke ne pouvait croire que quand des parents souhaitaient récupérer leur enfant, qu’ils voulaient vraiment de lui, que ce soit impossible de le revoir. Heureusement, cette Guérisseuse, bien qu’assez étrange, avait su lui redonner espoir. Mais il craignait que les souvenirs qu’elle pourrait faire remonter à Calla puisse l’anéantir. Aussi, il se doucha rapidement et resta, l’oreille aux aguets, surveillant et inspectant chaque bruit suspect. Mais il n’entendait pas grand-chose à dire vrai.

Il était assis sur le canapé, occupé à lancer des cacahuètes dans sa bouche quand la porte de la chambre de Calla s’ouvrit. Il se redressa et la cacahuète qu’il avait lancée retomba sur sa tête. Il l’ignora et s’avança vers la jeune femme. Son air sur le visage était indéchiffrable. Puis, elle leva la tête et déclara qu’elle avait faim. Les épaules de Luke se détendirent et il eut un sourire. « J’ai trouvé justement un restaurant qui pourrait être sympa. » répondit-il en tendant son bras. La jeune femme eut un sourire, le premier depuis de nombreux jours, et attrapa son bras. Ils transplanèrent jusque devant un restaurant se nommant « L’Orbite » sur la Voie Lactée.

Quelques minutes plus tard, ils étaient attablés et, même s’ils avaient une carte dans la main, ils savaient déjà ce qu’ils souhaitaient prendre. « Deux grandes frites et deux hamburgers. Le steak saignant pour la jeune femme, pour moi légèrement assaisonné de sauce poivre. » Il rendit la carte à la serveuse alors que Calla riait d’entendre Luke connaître son menu parfaitement. Il plissa la nappe, d’un geste plutôt nerveux. Il était impatient de connaître ce que la jeune femme avait appris dans la pensine mais il voulait qu’elle prenne la parole en premier.

« C'était la guérisseuse … » commença-t-elle d’une voix un peu éraillée. « … celle qui s'était occupé de moi le soir où… » Les mots semblaient restés coincés au fond de sa gorge et Luke serra les poings, se contenant pour lui laisser le temps qu’elle voulait prendre pour poursuivre.

Retenant une larme au coin de ses yeux, Calla poursuivit alors son récit sans chercher à s'arrêter : dire tout d'une traite serait peut-être plus facile. Son regard, quant à lui, se perdait dans la salle : « J'ai vu les dernières minutes de mon accouchement, elle était là, elle me tenait la main et… lorsque Bryn est née, elle s'est penchée vers moi et elle m'a dit le nom de l'établissement où ils ont emmené l'enfant. » Luke se pencha un peu plus en avant, sourcils froncés. Les souvenirs que Calla avaient entraperçus dans cette pensine avaient l’air de l’avoir secoué.

Et comme pour répondre à ses pensées, la jeune femme reprit : « Je me suis souvenue de tout Luke, de chaque instant, de chaque souffrance lorsque j'ai mis au monde ma fille. Je me suis rappelée des yeux emplis de tristesse de la sagefemme lorsque je lui ai dit que je ne souhaitais pas prendre en charge l'enfant. Elle l'a enveloppé dans une petite couverture mauve, et après m'avoir demandé au moins une dizaine de fois si j'étais sûre de mon choix, elle a plongé son regard plein de compassion dans le mien et m'a recommandé de prendre au moins une fois Bryn dans mes bras. » Pour la première fois, Luke entendait le récit de l’accouchement de sa fille. Il n’avait pas été présent, et Calla n’avait jamais vraiment parlé de Bryn et de ce qu’elle avait vécu avec elle. Alors, Luke se sentait assez chamboulé en entendant ce moment important qu’il avait raté dans la vie de ces deux petits bouts de femmes.

« A contre cœur j'ai accepté. » poursuivait-elle, une larme roulant sur sa joue. « Je n'avais plus la force de lui refuser alors elle déposa le nourrisson contre mon cœur et, l'espace d'une seconde, j'ai croisé le regard de ce petit être blotti contre moi. » Luke se pencha un peu plus. Comme vous l’avez déjà compris, Calla n’avait que rarement parlé de Bryn comme elle le faisait à cet instant. Et Luke ne comptait pas en perdre une miette.

« Ses yeux. » dit-elle, d’une voix un peu rauque. « C'est le seul souvenir qui m'est resté … les mêmes que maman. Alors je me suis dépêchée de rendre l'enfant à la guérisseuse et je l'ai imploré de l'emmener loin de moi. Mais juste avant, à contre cœur elle me demanda de lui donner un prénom, c'était obligatoire dans ce genre de situation. Sans réfléchir, j'ai dit "Bryn", c'était le deuxième prénom de ma mère. » Le professeur de Vol hocha la tête, lui indiquant qu’il comprenait la situation. D’autres larmes s’étaient jointes à la première mais Luke ne faisait rien pour les empêcher de couler. D’abord, parce que voir une fille pleurait le mettait mal à l’aise, mais surtout parce qu’il ne voulait pas stopper le récit de la jeune louve. « Alors elle est partie, elle a quitté la salle pendant quelques minutes avant de revenir. Je n'étais pas très consciente à ce moment-là, mais je me souviens maintenant, elle m'a attrapé la main et elle m'a murmuré : "Elle est au Centre des Orphelins pour métamorphes. En Pennsylvanie. Le gérant de l'établissement se nomme Alphonse Grey." »

Calla garda quelques minutes le silence. Elle venait de s’apercevoir que ses joues étaient humides et elle passa une main dessus. Luke avait le regard perdu dans le vague. C’est à ce moment-là qu’un nouveau serveur arriva avec leurs commandes. Machinalement, Luke et Calla le remercièrent et le serveur ne s’attarda pas davantage à leur table. Calla releva enfin le regard vers le professeur et finit par dire alors qu'il n'avait toujours pas repris la parole : « Elle est là-bas. Bryn est dans ce Centre. » Luke hocha la tête. Lui aussi semblait secoué par toutes ces révélations. A cet instant, il semblait avoir oublié que la priorité était de retrouver leur fille. Il attrapa la main de la jeune femme par-dessus la table, la faisant sursauter, comme réveillée d’un long somme.

« Je suis désolé. Désolé de ne pas avoir été là. Pour toi. Pour elle. » dit-il. Mais comment aurait-il pu savoir de toute manière ? Calla lui avait caché sa grossesse. Mais ce n’était pas ça qui comptait. Depuis qu’il avait tout appris, Luke avait grandi, mûri. Il avait changé de points de vue, il avait cessé de penser à lui et rien qu’à lui. Il serra un peu plus fort la main de Calla. « Maintenant, tu fais parti de ma vie. Et je veux qu’on décide les choses ensemble, qu’on vive les choses ensemble. Que tu t’appuies sur moi et que tu sois là pour moi en retour. » Il passa son pouce sur la joue humide de la louve. « Je veux qu’on retrouve Bryn ensemble. Et regarde : on a une piste. Une piste sûre, fiable. On va la retrouver. Et on le fera ensemble. »

Calla sembla retrouver le sourire face à cette déclaration et serra à son tour sa main dans la sienne, avant d'attraper une frite dans le plateau qui venait de leur être servi. Malgré toutes ces émotions, toute cette tristesse qui avait pris possession d’elle, Calla trouvait encore la force de manger, cela venait sans aucun doute de Luke, de l'espoir qu'il venait d'apporter à leur quête désespérée.

Le professeur de Vol, rassuré de voir la jeune femme retrouver son appétit, rapprocha à son tour son assiette et commença à manger. Quelques minutes passèrent en silence, juste le temps de se remettre de telles révélations et de savourer un peu leur dîner. « Ce sera notre destination demain alors ?! » Luke releva la tête vers la jeune femme. « On a une nouvelle piste. Autant la suivre, non ? » Calla eut un mince sourire. « Tu crois vraiment qu'elle est toujours là-bas ? Quelqu'un l'a peut-être déjà adopté et les dossiers sont sans aucun doute confidentiels… Vont-ils nous croire ? Nous n'avons pas de preuves tangibles d'être ses parents… » Soudain les questions avaient fusé, le doute avait repris le dessus. Pour Calla, leur stratégie comportait des failles malgré la bonne volonté dont ils avaient fait preuve depuis une semaine ...

Luke reposa son hamburger et secoua la tête. « Arrêtons de nous faire du souci. Nous ne savons pas du tout ce qui nous attend. La situation sera peut-être désespérée, peut-être pas. Peut-être même que nous aurons de la chance. » Malgré ces bonnes paroles pour restituer la bonne humeur de la jeune femme, Luke ne pouvait s’empêcher de se poser les mêmes questions. Un bébé déposé à l’orphelinat était rapidement adopté en règle générale, non ? Mais il valait mieux éviter de se miner le moral trop vite. « Et puis, regarde : hier encore on désespérait de retrouver sa trace et là, nous en avons une. Nous avons un nom, un endroit où aller, un endroit où Bryn était. Rien n’est perdu. Rien n’est jamais perdu. » Il sourit à son tour. « Tu me fais confiance ? » La jeune femme releva la tête : « Evidemment. »
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« A million dreams is all it's gonna take, a million dreams for the world we're gonna make »

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Tu me fais confiance ? Évidemment.L’espoir, la déception, le soulagement, le bouleversement, la relance, le désespoir… Quand tout cela allait-il s’arrêter, ces montagnes russes de sentiments, d’émotions contradictoires ? Il y avait toujours deux issues possibles : l’envol ou la chute, parfois mortelle. Trop souvent. Mais pas cette fois-ci, j’allais retrouver ma fille, Luke et moi, et elle aurait des parents, de vrais. Trop d’espoir tue l’espoir apparemment, mais j’avais décidé que non. Je ne voulais plus attendre, je ne voulais plus imaginer ma fille, je ne voulais plus être si faible. Je me suis réveillée Bryn et je vais venir te chercher, te sauver.

Je devais me répéter ça chaque jour, oui je le devais car chaque instant passé sur ce continent était une torture et une déception incommensurable. Chaque hôpital était un désespoir de plus, un fardeau à tenir encore sur nos épaules commençant à devenir étroites, et pourtant il fallait continuer à chercher et croire. Oui croire que Bryn pouvait être encore trouvée, car on n’arrêtait pas de nous le répéter, impossible de retrouver un enfant nait sous X. Mais cette réponse était inacceptable, nous n’étions pas venus en Amérique pour entendre ça. Bryn était quelque part et nous étions déterminés à la trouver.

L’espoir avait alors refait surface après tant de semaines à chercher partout sans aucune piste. Les souvenirs, ses terribles souvenirs mais ma fille était là, et pour une fois la lumière apparaissait au bout de ce tunnel sans fin, de mon tunnel infini. Et il était à présent temps de se rendre au Centre des Orphelins pour métamorphoses. A peine arrivé, Luke demanda Alphonse Grey à l’accueil. Mon cœur allait bondir de ma poitrine, elle était peut-être là dans ce bâtiment, à quelques mètres de nous, de moi. Après avoir davantage insisté, le gérant de l’orphelinat accepta de nous recevoir dans son bureau et mon cœur rata un battement.

L’homme ne semblait pas très aimable et accueillant, ou alors n’avait-il pas apprécié notre insistance ? En tout cas, l’entrevue ne dura guère, M. Grey nous sortit le baratin habituel comme quoi il ne pouvait nous donner aucune information, que tout était confidentiel et que nous ne retrouverons jamais un enfant nait sous X. Mais il était hors de questions que nous nous arrêtions là, Luke et moi, alors nous insistâmes et le gérant céda. Il nous apprit que Bryn avait été transférée à Albuquerque dans le Nouveau Mexique quelques mois après son arrivé dans l’établissement où nous nous trouvions. Il ne manqua pas également de nous enlever tout espoir de la retrouver, avant de nous mettre à la porte affichant le même sourire faux qu’à notre arrivée.

Et c’était reparti pour une nouvelle destination, une course poursuite effrénée après Bryn. Le moral n’était pas toujours au rendez-vous mais nous étions là l’un pour l’autre et c’était ainsi que nous tenions le coup, en nous faisant confiance. Un nouveau jour, un nouveau bâtiment où un rendez-vous avec le gérant nous fut accordé. Mon cœur avait repris ses battements insensés, s’accélérant à chaque seconde, elle pouvait être ici, oui elle le devait. Il était temps que tout ce cheminement s’arrête, Bryn devait être ici, elle l’était, j’en étais sûre. La directrice feuilleta plusieurs dossiers, nous accordant de son temps même si cette visite ne semblait guère l’enchantait elle non plus. Puis elle s’arrêta sur un papier et je retins mon souffle. Puis comme annonçant une nouvelle sans importance, elle nous confirma la présence d’un enfant de deux ans dans son établissement, nait sous X et portant le nom de Bryn. Quelques larmes coulèrent de mes yeux sans que je ne m’en rende compte et Luke semblait tout aussi ému que moi. Bryn. Elle était là, à quelques mètres à peine, nous l’avions retrouvé, nous avions réussi, c’était un miracle.

C’était comme un feu qui grandissait au creux de ma poitrine, plusieurs braises décidant de se rejoindre et d’embrasaient mon cœur d’un seul coup. Un sentiment aussi douloureux que plaisant, comme une renaissance, une nouvelle moi. J’étais mère et j’étais prête à être la meilleure qui soit pour Bryn. Mais mon rêve d’être parent s’éteignit soudainement à la réflexion nonchalante de la gérante :


- Bien évidemment, si comme j’ai cru le comprendre, si cet enfant est le vôtre, des tests devront être effectués avant de voir Bryn.


Les sourcils froncés, je m’empressais de demander exactement ce qu’elle entendait par « voir » notre fille. Je concevais très bien le fait que des tests devaient être fait mais…

- Excusez-moi, même si nous n’avons pas les tests confirmant le fait que nous soyons ses parents, ne nous est-il pas possible de la voir, rien qu’un petit instant ? Nous comprenons bien sur que nous ne pouvons pas reprendre Bryn ainsi mais il y a bien moyen…

La directrice me regarda d’un air suspicieux, semblant déceler une folie chez moi au fur et à mesure que je parlais. Elle ne tarda d’ailleurs pas à me stopper, retirant ses vieilles lunettes brusquement comme si elle ne voulait plus me voir.

- Je crois que vous ne comprenez pas bien où vous vous trouvez Monsieur… et Madame… Cet institut n’est pas une garderie, la plupart des enfants dans cet établissement sont ici depuis plusieurs années et même s’il arrive, comme dans votre cas, que les parents ressurgissent de nulle part, vous n’avez aucun droit sur cet enfant.

Avec son chignon serré, elle nous considérait chacun notre tour, les lèvres pincées et le regard sévère comme si elle corrigeait deux mômes.

- Vous avez abandonné Bryn il y a environ deux ans et vous revenez d’un seul coup et exigeait qu’on vous rende votre enfant, cela ne marche pas ainsi ici. Et puis il semblerait qu’un autre facteur entrave votre chemin dans l’adoption de Bryn… Mais je crains ne pouvoir vous communiquer davantage d’informations avant les tests de paternité.

J’avais l’impression de me prendre une gifle en pleine figure. La gérante nous mis vite à la porte, ne nous laissant pas le temps de répondre ou de discuter davantage sur ce que nous allions pouvoir faire pour récupérer Bryn. Le cœur serré, nous quittâmes l’établissement, et une impression de déjà-vu me traversa l’esprit, comme l’avait si bien dit la directrice, j’abandonnais encore une fois ma fille…

L’attente fut intenable, une semaine remplie de doutes et de désespoir. Les tests étaient en cours et nous étions là à tourner en rond dans une petite chambre d’hôtel près de l’orphelinat. Luke semblait aussi démuni que moi malgré ses tentatives de me réconforter et je savais que je devais en faire de même pour lui. Toute cette histoire était insensée, comment ce périple pour retrouver notre fille avait-il pu autant nous rapprocher alors que je lui avais fait tant de mal ? Pourtant, nous étions là l’un pour l’autre et sa présence devenait indispensable pour moi. Puis le jour des résultats arriva et une nouvelle rencontre avec la gérante de l’établissement nous fut accordée. Au vu de notre empressement de voir Bryn, elle céda et nous emmena dans une chambre vide où notre fille allait nous être présentée. J’étais tellement impatiente et nerveuse que je ne pus m’empêcher de demander à Luke lorsque nous fûmes seuls dans la pièce :


- Tu crois qu’elle va nous aimer ? Et tu penses qu’elle te ressemble plus ou bien c’est à moi ? Je ne me sens vraiment pas bien, je ne suis pas sûre que ce soit le bon jour finale…

Mais déjà la porte s’ouvrit et ce qui ressemblait à un gazouillement fit écho au silence présent dans la pièce. Elle était là. Les cheveux coiffés en deux couettes hautes, déjà si long, châtains très clairs combinant parfaitement nos deux couleurs à Luke et moi. Encore dos à nous, dans les bras d’une nourrice, elle semblait déjà si grande, tellement de temps perdu. Comment allions-nous faire pour rattraper toutes les étapes, les premiers pas, les premiers mots… ? Puis comme un rayon de soleil au lever du jour, elle tourna sa petite tête ronde vers nous, vers ses parents et nous adressa un sourire radieux. Et puis ses yeux se posèrent sur moi, plongeant son regard empli de douceur dans le mien me rappelant maman. Je ne pus m’empêcher de fondre en larmes, mais pas de tristesse, aujourd’hui j’étais terriblement émue, tellement heureuse de retrouver Bryn et ses yeux étant la parfaite copie de ceux de ma mère. Mais cette fois-ci aucune souffrance ne les accompagna, juste la nostalgie, les bons moments, le souvenir éternelle d’une mère perdue. Bryn était là pour que je ne l’oublie jamais, tout était clair à présent et j’étais prête à la prendre dans mes bras pour enlacer cette nouvelle vie. Jamais je n’oublierais mes parents, ils étaient morts mais moi je ne l’étais pas et ma fille non plus. Il était temps que je fasse mon deuil.

La nourrice déposa l’enfant dans mes bras avant de ne quitter la pièce. Et puis tout d’un coup, sans pouvoir rien contrôler je me mis à pleurer comme jamais, enfin peut-être en écho au jour où j’avais avoué à Luke l’existence de Bryn. Mes larmes coulaient à flots, inondant mes joues mais sans pour autant que cela ne brouille ma vue pour continuer de contempler sans relâche ma fille qui jouait avec mes cheveux mi-longs. Les sanglots montèrent mais seul un sourire s’afficha sur mon visage, continuant malgré tout de pleurer, j’étais tellement heureuse de la retrouver enfin. Luke était à ma droite mais ne semblait, pour l’instant, ne pas vouloir intervenir, me laissant probablement le temps de retrouver ma fille. Mais je sentais son impatience et je ne pouvais cacher la mienne de présenter Bryn à son merveilleux papa. Me rapprochant de lui, tournant l’enfant vers lui, il passa un bras autour de mes épaules regardant sa fille avec les yeux brillants. Bryn, elle, continuait de gazouiller, de nous contempler tout en touchant chacun de nos vêtements ou chaque partie de nos visages. Tout cela c’était grâce à Luke et maintenant nous étions une famille, oui j’avais encore une famille.

Puis comme le coup de grâce, elle se mit à parler, nous appelant chacun notre tour « maman » et « papa ». Mes larmes, s’étant provisoirement arrêtées de couler, ne résistèrent pas à ce nouveau bouleversement et je serrais alors Bryn dans mes bras, la pressant contre mon cœur où elle allait demeurer à jamais. Ce n’étaient peut-être pas ses tout premiers mots mais c’étaient les nôtres et c’était suffisant.


- Je t’aime tellement… Maman et papa sont là maintenant… On ne se quittera plus jamais, je te le promets… Bryn.


J’avais tellement redouté ces retrouvailles, j’avais tellement eu peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas supporter ses yeux, mais j’avais eu tort. Je n’avais jamais ressenti autant d’amour pour quelqu’un, et c’était pour elle, seulement pour elle car elle était tout à présent. Toute ma vie.
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Calla Ashley Sawyer/ Andrews
La pire chose dans la vie, c'est de finir entouré de gens qui te font te sentir seul.
Robin Williams.

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Tu me fais confiance ? Évidemment.Mardi 20 juillet 2021

Calla était impatiente. Stressée, angoissée, mais impatiente. Quant à Luke, il réalisait enfin qu’il allait rencontrer sa fille. La moitié de lui-même. Celle qui serait désormais au cœur de son existence. Bryn. Calla et lui avaient entendu si longtemps, si longtemps pour ces maudits tests et voir enfin le visage de leur fille. Et puis, enfin, elle arriva. Luke eut peur que Calla s’évanouisse devant tant d’émotions, mais elle tenait bon. Encore une fois, elle apparaissait comme la personne la plus forte que Luke n’avait jamais vu.

La chambre était cosy et lorsque Bryn fut déposée dans les bras de sa mère, la nourrice s’en alla. Elle était déjà grande. Ses cheveux n’étaient clairement pas ceux d’un nouveau-né, ils avaient bien poussé. Luke dirait qu’ils étaient plus blonds que châtain clair, mais ceci serait une dispute amicale entre les deux parents pour plus tard. Luke n’osait pas toucher l’enfant. C’était comme si une connexion s’opérait entre les deux jeunes femmes. Or, elles ne s’étaient vues qu’une seule fois. Mais Bryn touchait le visage de Calla, ses cheveux, ses vêtements. Etait-ce un truc de loup ? Comme une empreinte, une odeur spéciale ?

Calla souriait et tourna l’enfant vers Luke, comme pour faire connaissance. Plus facilement, Luke passa un bras sur l’épaule de Calla, et la serra contre lui, observant, attendri, le visage de son enfant. Bryn était son enfant, son bébé, sa fille. Mais il ne voulait pas pleurer. Même si l’émotion était à son comble. Il préféra embrasser le sommet de la tête de la louve qui continuait à pleurer en entendant Bryn l’appeler « maman ». Oui, elle était sa mère. Elle l’avait reconnu comme telle. Mais alors, la jeune fille se tourna vers Luke et lâcha un autre mot qu’il n’aurait pas cru entendre avant un long moment. « Papa ». La gorge de Luke se dessécha en entendant ce mot. Il y a un an, il n’était pas prêt pour entendre ce genre de choses. Il aurait surement pris les jambes à son cou même. Mais là, ce qui lui vint naturellement, c’est de prendre l’enfant dans ses bras. Malgré le fait qu’elle était grande, elle ne pesait pas plus lourd qu’un Nimbus 2500.

« On est une famille à présent. » souffla-t-il en resserrant son bras autour de Calla. « Et on ne se quittera plus. » Il posa alors ses lèvres sur la tempe de Bryn, respirant l’odeur de bébé qui l’avait si souvent effrayé avant. Et là, c’était comme respirer l’odeur de la maison, l’odeur de la sérénité, l’odeur d’une vie de famille bien rangée. Il était chez lui.

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Mais les choses ne se passèrent pas aussi facilement qu’ils ne l’avaient espéré. L’information que la directrice avait omis de dire, c’était qu’un dossier avait été constitué pour que des parents adoptent Bryn. Fou de rage, Luke avait fait un scandale dans le bureau de la directrice, ne comprenant pas pourquoi les parents n’avaient aucun droit sur leur enfant biologique. Les choses n’étaient pas si simples, bien évidemment !

Encouragé par une nourrice qui suivait Bryn depuis qu’elle était à l’institut, Luke et Calla montèrent leur propre dossier et entamèrent une procédure pour récupérer l’enfant. Les autorités disaient que le chemin serait long mais les parents ne souhaitaient pas abandonner. Depuis qu’ils avaient revus Bryn, c’était comme si l’énergie dont ils avaient besoin leur était revenue. Luke avait promis à Bryn qu’il ne la quitterait plus et il ne comptait pas faillir à sa promesse sitôt qu’elle était entrée dans sa vie.

Plusieurs semaines passèrent durant lesquelles ils passèrent devant un tribunal, parfois avec les parents adoptifs de Bryn, afin de présenter leur cas. Calla et Luke avaient du faire preuve de toute la sincérité dont ils pouvaient, même à révéler le véritable nom de Calla. Calla Andrews. Elle craignait que cela ne la mette en danger, mais aujourd’hui, ce qu’elle voulait le plus, c’était serrer une nouvelle fois Bryn dans ses bras. Ils n’avaient pas pu bénéficier d’un nouvel entretien avec leur fille mais ils pouvaient la voir jouer dans la salle de jeux avec les autres enfants. Elle marchait, elle courait. Elle s’amusait même à sauter. Elle ramassait des crayons et gribouillait sur une feuille. Et elle parlait. Elle parlait tout le temps. Elle babillait sans cesse, comme si elle racontait à ses amis la joie de revoir ses véritables parents. « Maman » et « papa » étaient les mots qu’elle ne cessait de répéter, le reste étant parfois inaudible. Cela permettait à Luke et Calla de garder espoir.

Ils étaient tout le temps collés l’un à l’autre. Quand Calla ne s’accrochait pas à son bras, c’était Luke qui passait un bras dans son dos pour la serrer contre lui. Ils dormaient dans le même lit et passaient leur journée ensemble. Même s’ils ne disaient rien, ils gardaient le silence et c’était comme si une connexion se créait entre eux. Ils avaient besoin de cette proximité pour tenir le coup. Chaque jour, ils allaient voir Bryn quand ils n’étaient pas convoqués au tribunal.

Luke avait trouvé un travail de serveur tous les matins dans un café, aidant Jackson à payer le loyer et la nourriture le temps de l’hébergement. Calla aussi s’était mise à dessiner. Depuis qu’elle avait revu Bryn, c’était comme si tout ce qu’elle ne disait pas s’exprimait à travers ces toiles. Elle en vendait quelques-unes sur le marché de la Voie Lactée, leur rapportant quelques sous et leur permettant, le temps d’une matinée, de penser à autre chose.

Ce fut le jeudi 26 août que tout ceci prit fin. Après avoir entendu à plusieurs reprises les parents biologiques et les parents adoptifs, le tribunal avait finalement rendu son verdict. Mais quelque chose l’avait aidé à se décider : les parents adoptifs, Mickaël et Richard, un couple homosexuel, avait décidé d’abandonner le dossier, touché par l’histoire de Luke et Calla et souhaitant avant tout le bonheur de l’enfant.

Luke et Calla avaient obtenu la garde de leur fille. Ils devraient avoir un examen dans 3 mois pour observer l’endroit de vie de Bryn, et ils devraient ensuite revenir dans 6 mois pour voir si tout se passait bien et obtenir la garde définitive de Bryn. Calla avait une nouvelle fois pleuré mais n’avait pensé qu’à une chose : retrouver Bryn.

Ils avaient du patienter une bonne partie de l’après-midi. La nourrice qui les avait aidé à monter leur dossier avait pris le temps d’empaqueter toutes les affaires de Bryn et de donner tous les conseils nécessaires aux parents. Cela avait, semble-t-il, été un déchirement pour la nourrice de quitter Bryn avec qui elle s’était attachée. Luke lui avait promis de lui envoyer des hiboux régulièrement pour l’informer de la croissance de leur fille. Après d’émouvants adieux, Luke et Calla avaient été malgré tout très heureux de quitter l’orphelinat.

Bryn dans les bras de Calla, Luke portait la petite valise de leur fille, ils étaient rentrés en taxi jusqu’à New-York. Le voyage avait été long mais avait été nécessaire pour permettre aux parents de profiter de leur fille.

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Vendredi 27 août

Après une bonne nuit de sommeil, Calla et Luke avaient décidé de rentrer au plus vite au pays. Ils ne souhaitaient pas plus déranger Jackson qui avait été si aimable et patient avec eux, et puis ils souhaitaient mettre le plus de distance possible entre l’Amérique et eux. Cela leur rappellerait trop de mauvais souvenirs désormais. Luke avait donc pris des billets pour un bateau qui partait dès le lendemain à 10h en Angleterre. Ils allaient enfin pouvoir être chez eux.
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Tu me fais confiance ? Évidemment.
Insurmontable. Tout m’avait paru si insurmontable ces dernières années. Elles avaient été si longues, interminables, horribles, elles m’avaient tellement torturé qu’il m’était difficile aujourd’hui de croire que tout était fini. Parce que « tout » n’était pas le bon mot. Je savais que je souffrirais toute ma vie de la mort de mes parents car ils étaient des personnes importantes à mes yeux, je les avais tellement aimées, et jamais ils ne reviendraient. Jamais. Même si le temps passait, on n’oubliait jamais cette douleur, elle passait seulement au second plan, on s’y habituait un peu mais elle demeurait présente comme au premier jour et à jamais.

Perdre quelqu’un qu’on aimait vraiment, c’était la chose la plus dur du monde. Se relever et continuer à vivre, ça l’était d’autant plus. On se sentait coupable, on culpabilisait, on se sentais seul, on souffrait en silence et on n’avait envie de rien. Sauf mourir peut-être. J’avais ressenti ce besoin mais on m’avait sauvé, je n’allais pas mieux. Mais j’avais retrouvé ma fille et tout ce que je voulais, c’était son bonheur qui comptait plus que tout au monde à présent et si le mien suivait, tant mieux.

Après nos retrouvailles avec Bryn, les choses s’étaient compliquées puis arrangées. Tout avait été difficiles mais on s’en était sortis et dans quelques jours nous allions quitter le continent américain pour rejoindre l’Angleterre, tous les trois, en famille. Mais avant, avant de quitter le continent de mon passé, de mes douleurs, je voulais revoir ma maison une dernière fois comme le symbole d’une dernière souffrance que j’allais m’infliger. Dire adieu à mon ancienne famille pour accepter pleinement celle qui s’offrait à moi aujourd’hui.

C’était comme si rien n’avait bougé depuis que je m’étais enfuie, comme si tout était resté figé, le temps s’était arrêté le jour où mes parents étaient morts. Le parfait écho à ce que je ressentais. Ma vie s’était arrêtée. Les décombres toujours présents, la boutique saccagée, poussiéreuse et tristement abandonnée. Les larmes ne montèrent pourtant pas, ce fut juste un silence amer qui accompagna cette visite, ces souvenirs moroses, juste le vide et rien d’autre. Ce massacre ne définissait pas qui j’étais, qui nous étions, mon père, ma mère et moi. Nous étions bien plus et je le savais à présent. Alors sans un dernier regard en arrière, je quittais les lieux, la tête haute, survivante, et prête à remettre en marche le temps. Ma vie.


- Il n'y a plus rien ici, rentrons chez nous…


Luke acquiesça accompagnée du sourire solaire de Bryn et nous partîmes sans nous douter qu’un visage qui m’était familier nous observait à quelques pas comme le présage de malheurs à venir…
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Calla Ashley Sawyer/ Andrews
La pire chose dans la vie, c'est de finir entouré de gens qui te font te sentir seul.
Robin Williams.

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