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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Février 2022.
Profitez bien des nouveautés ! Le récapitulatif est ici !

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Début Novembre 2021

Je baille au dessus de mes parchemins, étalés sur la table devant moi. Au vu de l'horloge, je dirai que cela fait bien deux heures et demi que je suis ici à la bibliothèque. Je prends de l'avance dans le travail que nous donnent les professeurs. Je viens de finir deux devoirs d'histoire de la magie. C'est une de mes matière préférée avec le droit sorcier. Je suis assez à l'aise et connait assez bien l'histoire. A Durmstrang j'ai pu accéder à des manuels fascinants que je potassais régulièrement, ce qui souvent m'était reproché par mes amis qui pensaient que j'en faisais trop. Ça les faisaient bien rire, mais en attendant, ça a pu me mener assez loin dans mes études. Je vais bientôt faire un stage avec le Juge Hayes. Il est hors de question de le décevoir, cela pourrait être un tremplin énorme.

Je roule précautionneusement aussi mon parchemin d'économie, et un de droit sorcier. En ce moment, on étudie la loi Rappaport. C'est une loi américaine, venant du MACUSA qui a été abrogée en 1965. Elle avait pour but d'établir une ségrégation absolue entre les sorciers américains et les Non-Maj's. Cela faisait suite à une sorcière, amoureuse d'un No-Maj qui lui a révélé l'existence des sorciers. Cela a été terrible pour la communauté, car ce No-Maj était un descendant d'un Ratisseur, des sorciers corrompus opérant aux États-Unis qui pourchassaient leurs semblables par appâts du gain. Suite à des événements désastreux pour le MACUSA, morts de No-Maj, de sorciers, Emily Rappaport décide d'imposer une ségrégation stricte entre les sorciers et les Non-Maj's. Tout sorcier violant cette loi en sympathisant, fréquentant ou épousant un Non-Maj' était sévèrement sanctionné. De ce fait à l'époque, les rapports entre les deux communautés étaient limités au minimum et autorisés uniquement dans le cadre des activités quotidiennes. Cette loi a eut pour impact de différencier encore plus la culture entre les communautés magiques américaines et européennes et de forcer les sorciers à vivre dans le plus grand secret. Et c'est toujours d'actualité, et c'est pour cela que les sangs-purs, les Résurgents, l'Alliance Unitaire sont ce qu'ils sont aujourd'hui. C'est pour cette même raison que je ne peux pas officiellement être aux côtés de Tristelle.

C'est terrible de se dire que le nom de famille que je porte... me fasse autant de mal, alors que j'ai toujours pensé être né sous la bonne étoile, avec un grand nom. Un nom qui m'ouvrirait des portes, m'apporterait la gloire, la notoriété, le pouvoir, l'argent. Certes, c'est ce qu'il a fait, ce qu'il fait la plupart du temps. Mais il m'enlève une chose essentielle : l'amour. Je n'aurai jamais pensé tomber amoureux d'une née-moldu. Je n'avais jamais décidé de voir le monde différemment avant qu'elle débarque dans ma vie, que je l'y attire. Pour moi les sangs-purs au pouvoir, c'était l'évidence. Et aujourd'hui, travailler sur cette loi, ça me noue l'estomac. Je lève mes yeux du parchemin d'histoire de la magie après y avoir noté une dernière chose. Je commence à le rouler machinalement quand je vois Tris entrer dans le Scitis. Le sourire qui commence à naitre sur mes lèvres meurt instantanément quand je vois qu'elle n'est pas seule.

Nos regards se croisent, toujours, où que l'on soit. C'est comme si on avait un détecteur. Dès qu'elle rentre dans une pièce où je suis, c'est comme si je pouvais le sentir. Comme si l'atmosphère changeait, que la salle se remplissait de son odeur, et qu'elle me prévenait qu'elle arrive. Les gens derrière elle, des camarades de classe, sont plutôt bruyant en rentrant dans la bibliothèque, ce qui leur vaut quelques murmures pour qu'ils fassent moins de bruit. J'ai du mal à les supporter, non pas parce qu'ils m'auraient fait quelque chose, ou que je les connaisse bien, mais tout simplement parce qu'ils tournent trop autour de la femme que j'aime.

Et il n'y a rien de plus énervant que de les voir faire de l'humour avec elle, ou porter son sac. Je préfère qu'elle soit avec Jena, même si j'aime pas trop cette fille, je trouve plus tolérable qu'elle étudie avec elle. Ils s'installent à une table et commencent à sortir leurs affaires. Je termine de rouler mes parchemins et les mettre dans mon sac en rompant le contact visuel avec Tris. J'ai la mâchoire si serrée que j'ai mal aux dents. J'entends un des camarade de Tris dire qu'il n'y a plus le manuel Histoire de la Magie antiquité volume 2. C'est normal, c'est parce que je l'ai actuellement sur ma table. J'arrache alors un bout de parchemin vierge et attrape une plume pour écrire à la va-vite.

"Retrouve moi aux rayons Botanique s'il te plait."

Je range tout, froisse le petit bout de parchemin. Il est presque impossible de ne pas les entendre râler. Je les entends parler du devoir et secoue ma tête. Je me lève alors et me dirige vers leur table, le livre sous le bras.

"C'est en réalité depuis l'Égypte Ancienne."
"Quoi ?! T'es qui toi ?" Bafouille un des gars en me regardant de haut en bas. Il est vrai que cela saute aux yeux que j'ai de l'argent. Ma tenue par exemple, mon pull et ma cape brodés de l'initiale de ma famille, mon cartable, la qualité de mon parchemin.
"Stephen Liam Nott." Répondis-je d'un ton assuré.
"Comme l'héritier ?" Est-ce qu'il y a seulement des gens dans cette université qui ne savent pas qui je suis ?
"Lui même."

Je leur offre un petit sourire alors qu'ils se regardent tous entre eux. J'en vois même un se dandiner sur sa chaise pour essayer de se redresser, les épaules larges. Je prends soin, même si cela m'est difficile, de ne pas regarder Tris. Pour autant, je suis juste à côté d'elle, et je profite de poser le livre sur la table, attirant tous les regards dessus, pour laisser tomber le petit bout de parchemin froissé sur ses genoux. Je me penche sur la table en ouvrant le livre et voit qu'elle a récupéré le papier.

"Je disais que c'est depuis l’Égypte ancienne que la magie est intégrée dans la société et que les sorciers sont reconnus et estimés. Les sorciers égyptiens ensorcelaient les tombes. D'ailleurs de nos jours, les briseurs de sorts de Gringotts tentent encore de s’emparer d’un trésor enfermé dans ces tombes. Dans tous les manuels, vous pourrez lire que certaines pyramides ont des squelettes mutants de Moldus qui avaient voulu entrer à l'époque de l'antiquité et qui s’étaient retrouvés avec deux têtes."

Ils me regardent tous arriver à la page du livre qui pourrait les intéresser.

"Heuu ouais OK, merci mec."

J'offre un dernier sourire avant de quitter leur table et de me diriger aux rayons botanique, les laissant dubitatif. Je jette un coup d’œil autour de moi, voulant être sûr qu'on sera bien seul. Cela devient de plus en plus difficile avec le Merlin Club, enfin, pas avec le Club, mais avec Milana. Je sais qu'elle se doute de quelque chose, j'ai repoussé quelques fois ses avances, avec une excuse différente à chaque fois. Et je sais qu'elle est loin d'y croire. Je n'ai jamais trouvé une seule excuse du temps de Durmstrang pour refuser de coucher avec elle. Elle voit bien que quelque chose se passe. Et elle a même failli nous voir une fois. J'essaye d'être plus prudent, je redoute le jour où elle va l'apprendre, elle pourrait avoir dix milles réactions possibles, et aucune ne serait à mon avantage, ni à celui de Tris. Autant je n'ai pas peur de ce qu'elle pourrait me dire, me faire, autant je redoute si elle parle à Tristelle, Merlin sait ce qu'elle serait capable de dire pour l'éloigner de moi.

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Stephen Nott & Tristelle Arden

Lorsque la sonnerie de fin de cours retentit, on ne se fait pas prier pour quitter l'amphi. Les cours magistraux sur les sortilèges infectieux est certes intéressant, mais terriblement complexe. Surtout à un horaire aussi tardif, quand on a déjà enchainé de nombreuses heures de travail intense. En plus, on a des examens qui arrivent bientôt, bien trop vite à notre goût, surtout vu a quantité de choses à apprendre. Heureusement, même si je ne suis pas la plus douée – et loin de là – pour me faire des amis, j'ai réussi à m'entourer d'un petit groupe putôt sympa. Et on travaille efficacement aussi, on ne se tire pas dans les pattes, pas comme certains, qui volent les manuscrits, les plumes et ce genre de choses. Alors on décide d'aller à la bibliothèque, pour potasser un peu. On se répartit le travail, chacun étudie un parchemin, et en fait une fiche de lecture qu'il passe aux autres. Sans entraide, je ne vois pas comment on peu s'en sortir. D'ailleurs, Daniel vient à mon secours en attrapant mon sac surchargé qui manque de tomber, alors que je porte une pile d'ouvrages à bout de bras. Et comme à chaque fois, il se moque de moi, en me surnommant brindille. Mais je sais qu'il ne le dit pas méchamment, ça se voit à son sourire qu'il est quelqu'un de bien.

Lorsqu'on arrive à la bibliothèque, des étudiants nous intiment de nous taire. D'habitude, ce genre de choses m'arrive quand je suis avec Jena. Mais même si je rougis un peu de déranger, c'est Stephen qui attire mon attention. Il est là, il est toujours en train de travailler. Je lui souris, mais il a l'air... contrarié. Quelque chose a dû mal se passer aujourd'hui, mais on ne pourra pas vraiment en parler avant ce week end. En semaine, c'est compliqué, très compliqué. Ça en devient un peu fatigant d'ailleurs, de se cacher, de se voir cinq minutes par-ci par-là. Surtout avec Milana qui règne sur l'UMS comme une tsarine russe. Mais qu'est-ce qu'on peut y faire ? En plus, c'est bientôt son anniversaire, je ne voudrais pas le lui gâcher par mes plaintes, alors que j'ai accepté les règles du jeu il y a longtemps.

Daniel me parle, me coupant dans mes pensées, alors je m'installe à mon tour, sortant ma plume, déroulant mes parchemins. Je plisse le nez, contrariée, quand Martin m'affirme que le volume sur l'histoire de la magie qu'il devait ficher n'est pas disponible. Cela va nous mettre en retard dans notre programme de travail. D'autant qu'on a une sacrée dissertation à rendre sur l'histoire de la magie et que parmi nous, aucun n'est véritablement expert en la matière.

« Mais le coup de l'intégration des Sorciers, t'es sûr que c'est pas moyen-âge ?
- C'est en réalité depuis l'Égypte Ancienne. »

Je relève la tête, même si je reconnaitrais cette voix entre mille.

"Stephen Liam Nott."

Je le regarde. Je ne regarde que lui, essayant de comprendre les raisons de son intervention. Il n'y a aucun de ses amis, aucune de ses fréquentations à notre table. Il pose ce qui semble être... le manuel d'histoire de la Magie ? Je... Je remarque quelque chose tombant sur ma jupe, et dès lors que je me rends compte qu'il s'agit d'un message, je pose mes mains dessus. Merlin, mais à quoi joue-t-il ? Je referme mes doigts sur le papier, comme s'il s'agissait d'une chose précieuse à préserver. Alors qu'il débite sa leçon d'histoire, je déroule avec soin et discrétion le papier qu'il m'a glissé, m'assurant que mes camarades boivent ses paroles. Merci à ses dons d'orateur. Il veut que je le retrouve au rayon botanique ? On s'arrange toujours pour voler quelques minutes au temps, mais toujours durant nos moments de pause, comme au déjeuner. Ça m'intrigue et m'inquiète un peu.

« C'est moi ou ce mec est vraiment bizarre ? Qu'est-ce que tu en penses, Tris ? Tris ? »

Daniel me donne un coup d'épaule, me ramenant sur terre.

« Moi, je le trouve plutôt mignon.
- Oh pitié Mel, me dis pas que ce genre de gars te plait ! C'est le genre à avoir un balai dans...
- Bizarre ou pas, au moins maintenant, on a notre réponse et le manuel. Alors même si j'aime bien vous voir vous battre pour un Sang-Pur, on devrait peut-être se mettre au travail. »

ça râle pour la forme, mais la quantité de boulot a vite raison de leur envie de débattre sur Stephen Liam Nott. J'attends quelques minutes, pour ne pas précipiter mon absence.

« Je vais voir les parchemins et livres qui pourraient être intéressants pour le dossiers sur les plantes médicinales, ok ? »

Tout le monde a de quoi faire, ça va me faire gagner un peu de temps. Comme je connais par cœur les rayons du Scitis, je joins rapidement les rayons consacrés à la botanique, qui ne sont pas vraiment fréquentés à cette heure de la journée. Dès que je le vois, je m'approche, tendant la main pour la glisser dans la sienne... et je me retrouve presque étouffée par son baiser. Un baiser un peu violent, comme en colère. Ça lui arrive parfois, de temps en temps les choses sont plus intenses.

« C'est totalement imprudent, Stephen, n'importe qui pourrait nous voir ici. Tu faisais une tête bizarre tout à l'heure, quelque chose s'est passé ? Le Club ? Ta mère ? »

Je n'envisage rien de scolaire, il est brillant, mais le reste... Je sais que sa mère tente de renouer le contact avec lui, su'ils se sont vus, je crois que ce serait une bonne chose, qu'il lui parle, qu'il ait des réponses. Est-ce que c'est lié ? Ou est-ce que c'est le Merlin Club qui lui met une pression de dingue ? Comme ce n'est pas un monde auquel j'ai accès, j'en ignore presque tout, peut-être qu'il me cache comment c'est vraiment ?

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Début Novembre 2021

Qu'est-ce que je suis en train de faire ? Un bon vieux caprice d'enfant sang-pur, qui obtient toujours ce qu'il veut. Je devrai culpabiliser, alors que pas du tout, ça me plait de savoir que j'ai encore ce truc d'obtenir ce que je veux, quand je le veux. Bon d'accord, pour cela je dois me cacher dans les rayons d'une bibliothèque, et je ne peux pas le faire au grand jour comme avant. Mais je serai tout aussi comblé quand elle sera dans mes bras. Je ne savais pas qu'un jour je pourrai me contenter de cela. Est-ce que ça me suffit ? En fait je n'en suis pas vraiment sûr, vivre dans l'ombre, ce n'est pas mon truc, moi j'aime parader devant un auditoire rempli au Mangenmagot. Mais c'est Tris, et j'ai appris que j'étais heureux avec elle partout où je me trouve. Quand elle arrive, que je sens sa main dans la mienne, que je vois ses magnifiques yeux bleus troublés par mon invitation soudaine, Merlin que je me dis que j'ai de la chance. Elle est sublime.

Mon baiser est précipité, un peu sauvage. Rien de très conventionnel. Mais j'ai été capable de bien pire, il y a un temps ou ça ne m'aurait pas dérangé de le faire ici, dans cette bibliothèque. C'est très Merlin Club comme comportement, se croire au dessus de tous, c'est ce que je retrouve avec eux. L'insouciance. J'aurai pu coucher avec une fille et la laisser en plan après. Mais pas avec elle non. Ce n'est pas le genre de fille qu'on laisse entre les rayons. Quand je vois cette fille là, je perds tous mes moyens, elle pourrait tout me faire quitter, mais elle n'a pas conscience d'autant de pouvoir qu'elle a sur moi. Et peut-être que ça vaut mieux pour moi.

« C'est totalement imprudent, Stephen, n'importe qui pourrait nous voir ici. Tu faisais une tête bizarre tout à l'heure, quelque chose s'est passé ? Le Club ? Ta mère ? »

J'affiche un sourire radieux, et même un petit rire. Elle est juste parfaite. Elle me gronde non ? Oui ça en a tout l'air. Je me fiche un peu d'elle.

"C'est toi, c'est toi le problème."

Je me retiens de rire devant son expression. Elle cherche déjà ce qu'elle a bien pu faire. Alors je viens prendre son visage entre mes deux mains. J'ai envie de dévorer ses lèvres. C'est bien trop loin le week end... bien trop loin.

"Tu es beaucoup trop belle pour ton bien. Est-ce que j'ai le droit de dire que je n'aime pas tes camarades de classe ? Je suis sûr qu'ils ne m'aiment pas beaucoup, donc j'aurai le droit ?"

Je l'embrasse tendrement, pour lui laisser le temps de me répondre sans se précipiter. Même si je ne m'attends à aucune réponse en réalité. Le baiser se fait en longueur, je sens son excitation, comme la mienne. Et je m'arrête avant de me retrouver dans une situation gênante que je n'ai pas envie d'affronter ici. Quoi que... si je pouvais la voir rougir de l'effet qu'elle me fait, qu'elle me fera toujours. Mais pas maintenant, elle n'est pas prête.

"Pourquoi il portait ton sac ? Est-ce qu'il a tenté un truc ?"

Mon visage se fait moins souriant, trahissant une anxiété. Je ne peux pas ouvertement la revendiquer. Alors tous les hommes du campus pensent qu'elle est célibataire. J'ai confiance en elle, mais je n'ai pas confiance aux autres. Ils sont plutôt beaux garçons quand on les regarde. Arg ça m'énerve. Et ils viennent de bonnes familles aussi, pas comme les sangs-purs, mais assez pour avoir des tenues correctes et être en fac de médicomagie. C'est le truc de Tris, ils partagent ça avec elle, alors ils pourraient croire qu'ils ont une chance. Est-ce qu'ils en ont une ? Elle pourrait... Je soupire, je deviens totalement parano.

"Tu peux le dire. Que je suis jaloux. Ou que je suis assez déboussolé après avoir diner avec ma mère l'autre soir."

Je la relâche et passe une main dans mes cheveux, nerveux. C'est vrai que c'était assez étrange ce diner. Je n'arrêtais pas de me demander pendant la soirée, comment ça se passerait si j'étais avec Tris ? Qu'est-ce que Tris lui répondrai ? Est-ce que ma mère peut aimer Tris ? Et Tris, est-ce qu'elle appréciera ma mère ? Je sais que si elle était une sang-pur, ma mère l'adorerait, mais là... Je ne sais pas. Ça m'a perturbé. Si je veux renouer avec elle, il va falloir que je le lui dise, que je la lui présente. Et je ne sais pas pour qui j'ai le plus peur. Si j'ai un choix à faire, ce sera Tris. C'est un peu ce que j'ai fait depuis un an. C'est elle. Ça sera toujours elle. Ce qui est difficile quand Milana devient trop curieuse.

"Javais besoin de te voir."

C'est plus un souffle qu'autre chose qui traverse mes lèvres. Je cale mon dos contre une étagère. Je pousse un livre parlant des eaux profondes de Transilvanie qui me rentre dans les omoplates. J'attrape ses mains et la tire doucement vers moi. Je ferme quelques secondes mes yeux avant des les rouvrir sur elle.

"Le Merlin Club met un peu la pression, mais rien de grave. Je gère. C'est juste que c'est difficile quand je te vois arriver avec une bande de... tu sais qu'ils craquent pour toi au moins ? Tu vois cela n'est-ce pas ?"

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Stephen Nott & Tristelle Arden

"C'est toi, c'est toi le problème."

Moi ? Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire  Je n'ai rien dit ou fait de... Oh, il se fiche de moi encore. Je fais une grimace alors qu'il attrape mon visage et me parle de mes camarades avant de m'embrasser, lentement.

« Il faut dire... que tu... sais soigner tes entrées » que je lui réponds entre deux caresses de ses lèvres.

Les quelques amis que je me suis fait ici viennent du même milieu que moi. On ne les connait pas partout où ils mettent les pieds, ils sont habitués aux fins de mois difficile, connaissent donc tous les bons plans pour manger ou boire à peu de frais. Et c'est très bien ainsi. Alors forcément, quand on ne dépasse pas les apparences, d'un côté comme de l'autre, on ne peut pas apprendre à vraiment se connaître.

« C'est dommage que tu ne les aimes pas, ce sont des personnes sympas, intelligentes et drôles. En plus, je suis partie pour passer plusieurs années avec eux, donc il va bien falloir que tu les supportes. »

Il a bien l'air de s'être vite adapté à ma famille, et surtout à ma grand-mère qui est autrement plus inconvenante. Mais ce n'est pas important, ce qui est important, c'est nous, c'est ce moment qu'on est en train de partager. C'est ce baiser volé au temps, volé aux autres, dans cette bibliothèque. Je m'agrippe à lui, pour profiter de tout ce qui nous est donné, de nos lèvres qui s'effleurent, se pressent, des instants plus osés qui, à son appartement, nous auraient fait basculer. Ça me manque de ne pouvoir être avec lui autant que je le voudrais, de devoir attendre ces rares et trop brefs instants. Mes doigts caressent sa nuque alors que nous sommes comme coupés du monde. Quand notre baiser s'arrête, je le regarde, rougissant sans doute, essayant de revenir à une température plus... appropriée.

"Pourquoi il portait ton sac ? Est-ce qu'il a tenté un truc ?
- D... Daniel ? »

C'est Daniel qui portait mon sac, je ne m'en sortais pas avec tous les parchemins et manuels. Mais Daniel est un ami, il est juste... gentil. Est-ce qu'il se moque encore de moi ? A voir sa tête, on ne dirait pas. Il... Il croit vraiment que Daniel me...

"Non il essayait juste d'être gentil, je ne m'en sortais pas avec tous les parchemins, c'est tout."

"Tu peux le dire. Que je suis jaloux. Ou que je suis assez déboussolé après avoir diner avec ma mère l'autre soir."

Il est jaloux ? Mais de quoi serait-il jaloux ? Aucun garçon à part lui ne s'est jamais intéressé à moi, j'ai toujours été l'invisible du trio. De nous deux, ce serait plutôt moi qui aurait toutes les raisons de l'être, il est constamment entouré de filles... femmes, toutes plus belles les unes que les autres. Des femmes avec lesquelles il peut s'afficher. Quant à sa soirée avec sa mère... elle ne s'est visiblement pas aussi bien passée qu'il ne l'a dit.

« Qu'est-ce qui s'est passé avec ta mère ?
- J'avais besoin de te voir."

Il m'inquiète, il m'inquiète vraiment. Je l'ai toujours connu sûr de lui, même quand il était en colère contre moi ou qu'on ne se parlait plus, même quand il a dû jouer au moldu. Alors oui là, il m'inquiète. Est-ce que sa mère lui met la pression pour qu'il se marie ? Est-ce que c'est ça qu'il n'ose pas me dire ? Je me rapproche de lui, enlaçant mes doigts aux siens.

"Tu sais qu'ils craquent pour toi au moins ? Tu vois cela n'est-ce pas ?
- Stephen, qu'est-ce que tu t'es mis en tête ? Tu es le seul garçon qui m'a jamais draguée. Et lourdement en plus, tu le sais. Ils craquent pas sur moi et quand bien même ce serait le cas, je m'en moque. Tu sais que j'attends le samedi avec impatience. »

Parce que c'est le jour où on peut se retrouver, celui où on prolonge un peu l'été qu'on a passé ensemble, dans ce grand appartement, avec Merlin qui nous réclame parfois des caresses. On reste souvent enfermés, à travailler dans le grand bureau, ou lui à jouer du piano pendant que je dessine sous la verrière, d'ailleurs j'ai hâte que tombent les premiers flocons. J'essaie de capter son regard, et me fends d'un large sourire.

« Et-ce que le grand Stephen Nott serait en train de s'inquiéter et que pour une fois, je suis celle qui n'a pas peur ? »

En vrai, j'ai un peu peur. Pas qu'il me trompe, je sais qu'il a l'infidélité en horreur. Mais je sais aussi qu'il aime le Club, qu'il apprécie cette Milana qui n'hésitera pas à tout gâcher, et j'ai peur qu'un jour il perde tout à cause de moi. Qu'est-ce qui se passera alors ? Il finira par avoir de la rancoeur, du ressentiment.

« Raconte-moi pour ta mère et pour le club. Quel genre de pression est-ce qu'ils te mettent ? »

Je l'invite à se laisser glisser au sol, où je m'asseois pour qu'on puisse parler un peu de ce qui le tracasse réellement, non sans garder ma main précieusement dans la sienne.

« Et dis moi. Quand ils vont nous donner les mannequins pour l'entrainement au bouche à bouche et aux soins, tu seras jaloux aussi ? »

Allez, il va bien se dérider et se rendre compte de l'aberration qui trotte dans sa tête. Je ne suis pas le genre de fille qu'on drague, il devrait le savoir, alors c'est bien qu'il y a autre chose qui l'angoisse.

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Début Novembre 2021

Je suis ravie de lui faire autant d'effet, et le mieux, c'est qu'elle m'en fait aussi toujours autant. Je me souviens de mon premier regard sur elle, il y a plus d'un an. J'y ai vu la pureté que je pouvais... vous savez ? Quand on est un héritier d'une riche famille, qu'on a été élevé avec tout ce dont on a besoin, et même plus. Qu'on a bénéficié de tout de neuf, dernier cri. Le balai, le chaudron, les plumes, les parchemins. Que tout coûte un prix d'or. Quand on est habitué à avoir le meilleur, le plus cher, le plus pur, le plus rare. Quand je l'ai vu, c'est l'effet que cela m'a fait. Personne ne l'avait touché, personne ne l'avait fané. Si fraiche, si naïve. Elle n'avait pas perdu sa saveur, ni son innocence, comme la plupart de toutes les filles que j'ai eu. Encore aujourd'hui j'arrive à la faire rougir, à lui faire découvrir des choses. Et chaque fois j'en suis profondément ému.

Et elle est capable de me foute autant la trouille que de me rassurer. Comme là, avec cette phrase qu'elle pense innocente au sujet de ses amis qu'elle va garder plusieurs années. Elle dit à la fois que je vais devoir supporter qu'on lui gravite autour, et d'un autre côté qu'elle pense être des années à mes côtés. On m'a appris à tout avoir, mais aussi à craindre de tout perdre. C'est pour cela que j'ai été élevé dans l'excellence, pour ne commettre aucune faute, pour donner le meilleur de moi même. Pour être capable de rebondir, de faire mieux que mon voisin. Et là mon voisin, ce sont des types qui vont traverser les mêmes études et stages qu'elle, manger avec elle alors que je ne peux pas le faire. Je le tolèrerai tellement mieux s'ils savaient tous qu'elle m'appartient. Je sais que dès que son nom, enfin que si un jour son nom se trouve au côté du mien, dans un journal, une Gazette, elle sera intouchable, elle sera à moi, même sans le mariage. Il n'y aura personne d'assez fou pour prétendre quelque chose qui appartient à un homme de mon envergure. Là j'arriverai à gérer. Et je sais que si je le lui dis comme ça, je passerai par un goujat. Comme si elle était un objet. Et ce n'est pas ce que je veux prétendre. Je sais que c'est une partie de ma personnalité que je n'ose pas encore assumer à ses côtés. Parfois elle entraperçoit ce côté là, il n'y a qu'à voir notre appartement. Mais quand il s'agit d'elle, j'ai l'impression de n'avoir aucune limite, aucun filtre. Et je dois faire attention à ne pas la perdre, à ne pas la décevoir. Pourtant... elle mérite mieux, elle mérite plus que ces quelques moments dans une bibliothèque, et ça pour moi c'est dur. Moi qui pourrait lui offrir le monde.

Daniel, au moins je vais retenir son prénom. Et puis quand elle est tellement naïve comme ça, à croire qu'il est simplement gentil. Quel mec sur terre est juste simplement gentil avec une belle fille comme elle ?

"Non il essayait juste d'être gentil, je ne m'en sortais pas avec tous les parchemins, c'est tout."
"C'est tout ?" Je lève les sourcils avec un sourire amusé. Cette fille est incroyable. "Tris, t'es plus l'adolescente de Poudlard. Du moins, ils ne te regardent plus comme cela. Peut-être que toi tu te vois comme ça, mais je t'assure mon ange, tu es magnifique."

Mais bon, on peut dire que c'est la jalousie qui parle. Mais je n'assume qu'à moitié. Je soupire doucement. Ce qui s'est passé avec ma mère ? Par grand chose, enfin... pour tout dire, cela s'est plutôt bien passé. C'est plus moi et mes réflexions, mes questionnements qui me taraudent. J'en reviens au sujet premier, elle ne se rend vraiment pas compte ? Ma douce et si innocente Tristelle Arden. Je serre à peine ma main pour profiter pleinement de ses doigts enlacés aux miens. Et je l'écoute avec plaisir. Je lâche un rire quand elle dit que je l'ai dragué lourdement. Le pire c'est qu'elle a raison, mais le mieux, c'est que ça ait marché.

"Je devrai t'amener quelque part ce week end, si tu n'as pas beaucoup de révision..."

Je lui vole un baiser. J'aimerai bien quitter l'appartement pour qu'on puisse se balader un peu, manger au restaurant, se promener dans un parc. Ça nous ferait du bien aussi. Je la vois qui m'observe, et me lance un sourire qui annonce une boutade.

« Et-ce que le grand Stephen Nott serait en train de s'inquiéter et que pour une fois, je suis celle qui n'a pas peur ? »

J'ouvre la bouche, l'air choqué.

"Non c'est juste un caprice de ma part. Je te voulais pour moi tout seul, c'est tout ! Une stratégie somme toute réussie."

Est-ce que j'ai l'air si inquiet que cela ? C'est vrai que j'ai pris un risque pour la voir. Est-ce que cela deviendra plus facile, ou plus difficile avec le temps ? Je me laisse tirer vers le sol avec elle. Ses "amis" ne vont pas s'inquiéter ? Je ne peux m'empêcher d'avoir un petit sourire de triomphe, elle est là avec moi plutôt qu'avec eux. Et elle aimerait en savoir un peu plus, je ne sais pas vraiment comment aborder les choses. Je ne veux ni la blesser, ni l'inquiéter. Et elle me taquine.

« Et dis moi. Quand ils vont nous donner les mannequins pour l'entrainement au bouche à bouche et aux soins, tu seras jaloux aussi ? »
"Je pourrai peut-être me proposer comme mannequin ? Y'a d'autres jolies filles dans ta classe ?"

Quoooiii ?! C'est elle qui a commencé. Je lui donne un petit coup d'épaule pour lui signifier que je rigole. Et comme pour me faire pardonner, je me décide à me confier un peu. Elle trouve que je suis déjà inquiet de toute façon. J'ai pourtant appris à ne jamais montrer mes faiblesses. C'est impensable pour un avocat. Et encore moins pour un sang-pur. Mais c'est Tris, c'est mon ange.

"Le Merlin est assez exigent. Disons que ce qui ne me donne pas un avantage, c'est que Milana me connait bien. Enfin, elle connait l'ancien Stephen. Il y a des choses que je ne fais plus, et je crois que ça l'intrigue. Et j'ai l'impression qu'elle me teste de plus en plus. Du moins, dans le Club, il y a des bases de comportement. Et quand j'arrive à éviter certains... travers qu'ils ont tous, que j'avais aussi dans le temps, ça intrigue. Si les autres ne posent pas trop de questions, je sais que Mila n'est pas dupe. Et je me demande si ce n'est pas qu'une question de temps..."

Je déglutie. Une question de temps avant qu'elle découvre que je ne suis plus célibataire, et que si je l'évite autant, si je la repousse autant, c'est pour la simple et bonne raison que je suis avec quelqu'un. Et ça la questionnera encore plus, elle se demandera pourquoi je ne montre pas ma conquête. Et elle apprendra pour Tris. J'ignore sa réaction, mais si elle est restée la même... je peux en avoir une idée. Alors au final, je m'inquiète plus pour Tristelle, que pour moi.

"De plus, je ne pourrai pas longtemps cacher à ma mère que je suis avec toi. Si je veux partir sur une bonne relation... Je veux dire..." Je me passe une main dans les cheveux. "... je lui reproche une certaine trahison, une tromperie, et là... c'est un peu moi qui joue au cachotier. A force ça va devenir une spirale infernale."

Waouh. Je ne m'attendais pas à sortir tout ça comme ça. Je me relève brusquement.

"C'est n'importe quoi, viens !" Je lui tends une main pour l'aider à se relever. "Je ne peux pas dire des choses comme ça entre deux rayons. Dis leur que tu dois rentrer, et viens à la maison. Tu enverras un hibou à Jena pour lui dire que ce soir tu restes réviser chez Daniel."

Je me retiens de lever les yeux en l'air en prononçant son prénom. Mais clairement, je peux pas énoncer des choses aussi sérieuses et la laisser comme ça, sans explications, sans la rassurer. Elle va croire des tas de choses, des choses qui sont fausses. Elle va se mettre en tête que j'ai peur pour ma réputation. En un sens, elle aura raison, mais pas parce que j'ai honte d'elle ou quoi que ce soit. On ne peut pas parler d'un sujet aussi sérieux et se quitter, sans se voir jusqu'à samedi...

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Stephen Nott & Tristelle Arden

Je lève les yeux au ciel quand il dit que je suis magnifique. Il exagère, comme d'habitude. Je suis... je suis juste Tris. Quant à l'idée de sortir ce week end, ça pourrait être bien. Pour avoir l'impression d'être normal, loin de Londres, pour ne pas avoir à se cacher.  Puis pour commencer les achats de Noël. Par contre, tu travail, j'en ai, et plus qu'il n'en faut.

« Si je cravache vendredi soir, j'ai peut-être une chance de dégager assez de temps pour vraiment en profiter. Tu penses m'emmener où ? »

Je n'ai jamais autant voyagé que depuis qu'il est dans ma vie. Parfois, ça a été accidentel, comme lorsqu'on s'est retrouvé au Nouveau-Mexique. Mais le fait qu'il ait envie de partir, ça veut bien dire quelque chose. Ça me fait bizarre tout ça, cette partie de cache-cache géante, c'est plus difficile qu'on ne le pensait en réalité. On se doutait que ce serait éprouvant, mais je crois qu'aucun de nous ne soupçonnait à quel point. Et aujourd'hui, c'est à moi d'être forte et confiante, du moins en apparence.

"Non c'est juste un caprice de ma part. Je te voulais pour moi tout seul, c'est tout ! Une stratégie somme toute réussie."

Je souris avant de l'embrasser. C'est vrai qu'il est capricieux, il l'a assumé très vite. Dès son anniversaire l'année dernière, quand il m'avait dit que j'étais son caprice. Mais qu'il soit capable d'en rire, ça c'est une belle nouveauté. Alors je continue sur le terrain de l'humour, pour le détendre un peu.

"Je pourrai peut-être me proposer comme mannequin ? Y'a d'autres jolies filles dans ta classe ?"

Je ui donne un petit coup du dos de la main. Qu'il oublie ça, très très mauvaise idée !

« Non, elles sont toutes édentées, chauves et sentent les selles de griffon ! »

Ce n'est même pas vrai en plus, beaucoup sont très jolies. Certaines dans le genre « femme » déjà, d'autres rebelles comme Jena, d'autres plus sages. Et elles, elles peuvent sourire au garçon qui leur plait, le rejoindre, sans honte, sans gêne. Ma main dans la sienne, je l'écoute me parler du Merlin Club, une sorte de société secrète réservée à ce qu'eux mêmes désignent comme « l'élite ». Des sangs-purs et sangs-mêlés qui appartiennent à la « bonne » société, les étudiants qui changeront le visage du pays. Pas des gens comme moi, évidemment. Je ne sais pas exactement ce qu'ils font dans leurs réunions. Stephen m'a parlé de repas, de festins, plus justement. De soirées. Pour le côté détente en tout cas, car pour le reste, j'ai cru comprendre qu'il y avait un fort lien de devoir, de protection des uns et des autres. Il me parle aussi de « l'ancien » Stephen. Et je ne peux que le deviner. Je sais qu'il n'était pas forcément... stable dans ses relations. Qu'il en a eu... beaucoup. Dont Milana. Et je crois qu'avec Milana, c'était encore différent. Parce qu'ils étaient amis. Et quelque part, c'est pire.

« Avant qu'elle ne comprenne que tu es avec quelqu'un qu'il ne faut pas ? »

Je ne suis pas du tout le genre de femme qu'attend sa famille, ni celle qu'attend le Club. Et donc même à celle qui se définit comme sa plus vieille amie, il ne peut pas parler de moi. Parce que je suis un secret honteux. Parce que tout le monde va lui tourner le dos si on sait qu'il sort avec moi. Et je sais que ce n'est pas juste. Après tout, le Ministre de la Magie est bien avec une femme qui n'est pas une Sang-mêlée... D'accord, je me suis renseignée et sa famille évolue dans les hautes sphères contrairement à la mienne... Et il a peur de parler de moi à sa mère. Evidemment, ça part mal. Son seul fils qui est avec un très mauvais parti. Mes parents m'ont déjà demandé quand ils rencontreront sa mère, je tempère pour l'instant, je trouve des excuses. Mais est-ce qu'il y en a réellement ?

"C'est n'importe quoi, viens !"

Quoi ? Il a bondi d'un coup, sans crier gare, et me donne une impulsion pour que je me lève à mon tour. Il... il veut que je vienne chez lui ? Aujourd'hui ? En pleine semaine ? Je tourne ma tête vers la table où sont mes amis.

« Mais les dev... »

Je ferme les yeux, me traitant de stupide mentalement. J'ai une tonne de devoirs, c'est vrai, mais là, il faut qu'on parle. Vraiment. Faire l'autruche, ça commence à devenir compliqué.

« D'accord, d'accord. Donne-moi une demi-heure, je te rejoins là-bas. »

Nos mains se lâchent et je retourne auprès de mes camarades de classe. Qu'est-ce que je vais leur dire ? Je ne suis pas douée pour mentir et ce n'est pas sympa de les laisser travailler alors qu'on est censé être une équipe.

« Ils n'ont les livres les plus intéressants ici, mais je sais que Jena en a chez nous. Je vais vous laisser pour ce soir, je vais ficher chez moi. Je vous ramène la synthèse d'ici deux jours.
- Tu es sûre que ça va Tris ? Me demande Daniel en se levant. Tu veux que je te raccompagne ?
- Non ne t'inquiète pas, c'est à deux pas. Bon courage et souhaitez-moi bonne chance pour ce fichu dossier ! »

Faites que je ne rougisse pas sous le mensonge... Dire que je vais devoir pondre ce dossier en un rien de temps. Je sors de la bibliothèque, mon sac affreusement lourd sur l'épaule et les bras chargés de parchemins et de manuel. Par Merlin, c'est vrai que ça pèse son poids... Je claudique jusqu'à l'appartement que je partage avec Jena pour y laisser tomber toutes mes affaires. Jena n'est pas la plus rangée qui soit, alors ça ne pose pas problème. Je prends juste un jean et un pull de rechange, j'ai ce qu'il faut chez Stephen, mais ma garde-robe là bas est... disons plus adaptée à un diner royal qu'à un séminaire en médecine. J'enfile une cape, avec une grande capuche, assez longue pour bien me dissimuler, puis je transplane après avoir laissé un mot à Jena, afin de n'avoir plus que quelques mètres à faire. J'ai à peine le temps de toquer à la porte qu'il m'ouvre déjà. Je m'engouffre sans l'appartement en déposant mon sac. Merlin vient déjà dans mes pieds, je l'attrape, tout en gagnant la cuisine pour préparer du thé. Je crois qu'on va en avoir besoin.

« Et si tu me disais réellement et sincèrement ce que tu risques si Milana, le Club ou encore ta mère apprenaient pour... nous ? »

Je suis concentrée sur le plateau, sur lequel je dépose des soucoupe, des tasses, du sucre.

« Si Milana est ton amie, elle ne peut pas comprendre ? Je suis... un peu perdue, je dois bien l'avouer. »

Même si j'essaie de comprendre, j'essaie vraiment. Mais ça fait quelque chose de se dire que s'il est le bienvenue dans ma famille, ce ne sera jamais réciproque. Est-ce que ça vaut le coup ? Est-ce qu'il pense vraiment que ça vaut le coup, ou ça le rendra malheureux ? Je pose le plateau sur la table basse, je sais que je tremble légèrement. Avec l'élection d'Avery, ses aveux quant à sa nature, sur sa femme et sa fille, j'y ai cru, j'ai cru que les choses iraient mieux, seraient plus faciles. Mais c'est sans compter sur le poids des traditions.  

« Il va falloir que tu songes à un cadeau pour ta mère, si tu veux vraiment te réconcilier avec elle. »

Je me rends compte que je ne sais pas quoi lui dire, parce qu'on est devant le fossé entre nos deux mondes. Je ne saurais même pas l'aider pour un cadeau pour sa mère en plus. Qu'offre-t-on dans ce genre de familles ? Après des mois sans s'être parlés ?

« Un parfum personnalisé ? Et des fleurs, il faut toujours des fleurs. Des chocolats, peut-être... »

Merlin, je me sens idiote.

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Début Novembre 2021

« Avant qu'elle ne comprenne que tu es avec quelqu'un qu'il ne faut pas ? » Cette phrase tourne en boucle dans ma tête depuis que j'ai quitté la bibliothèque. Je sais ce qu'elle pense, enfin je crois le savoir. Et d'un côté elle n'a pas tort. Nous deux, nous deux c'est deux mondes qui se rencontrent. Ses parents, sa famille, son mode de vie est à des années lumières de ce que j'ai connu. Je la vois faire, je la vois évoluer, j'ai vu comment elle était dans le monde Moldu. Elle est heureuse, et j'ai peur d'assombrir son doux visage. J'ignore si ma mère l'acceptera. J'ai presque envie de dire qu'elle me doit au moins cela ? Elle a trompé mon père, elle a eu un enfant avec son amant, et elle l'a caché jusqu'à tard. J'ai détesté de toute mon âme cette sœur, sans savoir pourquoi, sans comprendre cette rancune, qui en réalité n'était pas la mienne, mais celle de ma mère, de mon père qui lui aussi sentait que cette enfant était illégitime certainement. Sans l'avouer, il y avait quelque chose dans l'air pendant toute mon enfance. Et ma sœur en a subit les conséquences. Alors ma mère n'a pas le droit de juger mon amour, même si je sais que cela sera un choc. Mais après tout... il n'y a pas d'autre choix. J'ai eu le temps de réfléchir, j'ai eu le temps de faire machine arrière. Je l'ai quitté une fois, il y a bientôt un an, et j'en étais obsédé. Je ne sortais plus, je ne voyais plus mes amis, mon cousin, je n'ai pas touché une seule femme. C'était elle, c'est toujours elle, c'est Tris. Il faut qu'on aille parler ailleurs.

Je tourne en rond dans l'appartement, une demi-heure c'est affreusement long, j'ai le temps de me faire des films, de penser à des choses affreuses, comme les choses affreuses qu'elle peut penser elle en ce moment même. Je vais me passer de l'eau sur le visage, et une main humide dans mes cheveux. Je voudrais une bonne douche mais j'ai peur qu'elle arrive. Les minutes s'égrainent et je suis nerveux. J'ignore pourquoi, parce que c'est Tris, c'est mon ange et qu'on a toujours su parler. Mais je reconnais que je suis toujours le moins bavard des deux, et qu'exprimer ce que je ressens, ce n'est pas ce que j'ai appris le mieux. Je suis un avocat, plus à l'aise pour mentir et parader, que pour être sincère et s'exposer. Et au delà de ça, je suis un sang-pur, qui ne devrait montrer aucune faille. Encore moins devant une femme qui pourrait faire ce qu'elle veut de moi, m'élever, comme me détruire. J'entends alors des pas derrière la porte et je fonce vers elle, j'ouvre alors qu'elle toque doucement.

"Pourquoi tu frappes mon ange ? Tu es chez toi."

J'aimerai qu'elle soit aussi à l'aise ici que dans sa colocation. Même encore plus à l'aise. Cet appartement, je l'ai payé, mais je l'ai acheté pour vivre avec elle. C'est chez nous. Je suis tellement nerveux que je n'ai pas pensé à faire du thé, mais Tris elle, elle y pense. Je la regarde faire, ses doigts fins, ses gestes doux mais précis. Elle est parfaite dans ce décor. Elle est parfaite pour la haute société, quoi qu'elle pense. Elle est parfaite pour moi.

« Et si tu me disais réellement et sincèrement ce que tu risques si Milana, le Club ou encore ta mère apprenaient pour... nous ? Si Milana est ton amie, elle ne peut pas comprendre ? Je suis... un peu perdue, je dois bien l'avouer. »

Sa phrase me ramène à la réalité. Au moins, elle ne tourne pas autour du chaudron. Je ne dis rien, j'essaye d'organiser mes pensées avant de parler. Je ne veux pas être blessant ou maladroit. Je n'ai jamais eu à me justifier avec une fille. Elles étaient toutes bien trop heureuse que je porte attention sur elle, même si ce n'était juste que pour un soir. J'ai toujours su que je ne finirai pas seul, mais je n'ai jamais pensé que ça se passerait comme cela, que je devrai me battre pour garder ce trésor. Je la suis jusqu'à la table basse. Mon silence ne doit pas l'arranger. A ce niveau là je ne l'observe plus, je l'étudie carrément. Je vois ou plutôt j'entends que les tasses tremblent quand elle pose le plateau. Elle est nerveuse elle aussi. Elle essaye de meubler, de rester pragmatique.

« Il va falloir que tu songes à un cadeau pour ta mère, si tu veux vraiment te réconcilier avec elle. Un parfum personnalisé ? Et des fleurs, il faut toujours des fleurs. Des chocolats, peut-être... »

Je souris malgré moi. Ce n'est pas amusant, mais elle m'amuse à rester aussi sérieuse, aussi organisée, méticuleuse, polie. Elle veut s'adapter. Je suis dingue de cette fille. Trop pour son propre bien. J'attrape alors ses mains et nous assoit sur le canapé, côte à côte. Je garde ses mains dans les miens.

"Tris. Je sais que c'est compliqué. Et je suis vraiment navré que tu te sentes mal, mise à l'écart, à cause du nom que je porte, et toutes les traditions qui s'accompagnent."

Je soupire. Il va falloir que ça sorte.

"Sincèrement ? Sincèrement ce que je risque si Mila, le Club ou ma mère apprennent que je suis avec toi ? Je l'ignore réellement. Mais je peux l'imaginer. Le Club a une portée presque internationale, car il communique avec les autres Clubs de tous les pays. C'est une référence, c'est un peu LA référence sur un CV par exemple. Un passe-droit pour presque tout. Si je veux travailler à l'étranger par exemple, je n'ai pas seulement à dire que je suis un brillant étudiant, il suffit que je dise que je faisais parti du Club pour que les portes s'ouvrent."

Je porte ses mains à mes lèvres pour y déposer un baiser, puis je les repose sur mes genoux. Après je pourrai toujours convaincre le Club que ma relation avec elle, ne change en rien qui je suis. Je suis toujours brillant, beau, riche, prometteur. Un futur élite de ce pays. Mais est-ce que j'en suis certain ? Est-ce que Mila ou les autres ne se débrouilleront pas pour me faire échouer, me radier ? Est-ce que ce Club vaut le coup de perdre Tris ?

"Milana, je ne la crains pas tellement pour moi, mais pour toi. Je sais qu'elle essaiera par tous les moyens de t'atteindre, de provoquer notre rupture. Je la connais depuis tellement d'années, je sais comment elle est, j'étais pareil avant de te rencontrer. Elle ne comprendra pas, elle dira que je fous ma carrière, mon avenir en l'air. Je ne veux pas qu'elle te fasse du mal, que tu entendes toutes les horreurs qu'elle pourrait dire, et qu'elle te fasse entendre tout ce que j'ai pu dire par le passé. Parce que je ne le pense plus maintenant, tu le sais. N'est-ce pas mon ange ? Tu le sais ?"

J'ai été odieux, mal élevé, enfin pas mal élevé, car au contraire, c'est mon éducation qui m'a fait être aussi intolérant et impitoyable avec les nés-moldus. Je les traitais mal, avec un total irrespect, sans avoir peur de la moindre conséquence. J'étais toujours au dessus de tout ça. J'avais toujours un professeur de mon côté, mon nom de famille, mes notes exemplaires, mon statut, ma politesse et mon élégance pour le reste, pour ceux que je considérais comme de vrais sorciers.

Je me faisais un plaisir d'humilier les autres. Oh bien sûr, c'était avec grâce et classe. Avec charisme même. Milana et moi étions une équipe soudée dans l'humiliation fine et efficace. C'était toujours avec un tact légendaire, mais on faisait des ravages parfois. Combien de femmes en larmes, de bagarres on a déclenché. Mila pensera que ma relation avec Tris n'est qu'une autre de mes manipulations, ou un projet, un plan sur longue durée. Elle serait assez forte pour faire croire des choses à Tris, qui ne sont pas vrais. Mon amie est intelligente, et Tris ne connait pas ce monde, ces stratégies. Pas encore.

J'ignore comment je pourrai faire comprendre à Milana que c'est sérieux, que je ne joue pas. Que notre temps à Durmstrang est révolu. Que je suis amoureux. Elle ne m'a jamais vu l'être, même pas m'éprendre pour une seule fille. J'ai toujours joué avec les sentiments. Je couchais avec elle, alors elle sait très bien tout cela. Comment changer ce qu'on porte dans nos gênes ? Moi j'ai cet amour, les rencontres que Tris m'a offerte, sa famille qui m'a accepté. Elle m'a fait changer, sincèrement. Mais Mila ? Est-ce que je suis assez prétentieux pour croire que je pourrai changer sa manière de voir ?

"Et ma mère... c'est compliqué. Je n'ai pas honte de lui parler de toi, j'aimerai le faire. Mais j'ai peur qu'elle te ferme la porte au nez, et ça, je sais que je ne le tolèrerai pas. Alors ça serait quoi ? Me disputer avec elle et couper les ponts ? Tu sais que je le ferai pour toi, mais je sais aussi que tu ne voudras jamais que j'en arrive là."

Perdre mon statut, mon rand social, ma réputation, au pire c'est tolérable pour elle. J'ai bien dit au pire. Car je sais qu'elle se sentira coupable et fera tout pour m'encourager, me soutenir pour me refaire un nom, une carrière. Et ça je sais que j'en suis capable. Depuis peu, depuis l'élection de Aymen Avery, de ses promesses, des stages, et même de ma première affaire, je sais que je pourrai percer et recommencer tout à zéro. Remonter sur l'échelle sociale si jamais j'en tombe. Aymen n'est pas tombé de son estrade en disant qu'il était avec une demi-vélane, ni même quand il a avoué être un loup-garou. Si lui n'est pas tombé, pourquoi je tomberai en étant avec une femme aussi belle et brillante que Tris ? Mais perdre ma famille, me fâcher avec ma mère, je sais qu'elle se le reprocherait jusqu'à la fin des temps. Et je n'y tiens pas.

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Stephen Nott & Tristelle Arden

Ton nom est mon ennemi. Tu n'es pas un Montague, tu es toi-même. Qu'est-ce qu'un Montague? Ce n'est ni une main, ni un pied, ni un bras, si un visage, ni rien qui fasse partie d'un homme... Oh! sois quelque autre nom! Qu'y a-t-il dans un nom? Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom. Ainsi, quand Roméo ne s'appellerait plus Roméo, il conserverait encore les chères perfections qu'il possède... Roméo, renonce à ton nom; et, à la place de ce nom qui ne fait pas partie de toi, prends-moi tout entière.

Pourquoi est-ce que je pense à ça ? Pourquoi cette tirade me revient ? C'est ridicule, ce n'est qu'une histoire et là, c'est la vraie vie. Ma vie, notre vie. Pourtant, cette histoire de nom semble se répéter encore et encore, à cette différence que pour Romeo le nom importait peu. Alors que pour Stephen... Et je ne peux rien faire, j'ai l'impression qu'on est coincé, qu'il n'y a pas de bonne solution. Et ce qu'il dit n'est pas pour me rassurer. Son club là... impossible d'y renoncer, ce serait un suicide social dans le monde sorcier. Et s'il est aussi puissant que Stephen le prétend, les décevoir pourrait avoir des conséquences terribles. Je ne sens même pas ses lèvres alors qu'il dépose un baiser sur mes mains. Je commence à me dire qu'on a été idiots, quand on a renoué, au Nouveau-Mexique. On aurait dû se maintenir à ce qu'on avait dit : nous limiter à cette zone géographique. Là-bas on avait le droit. Ici...

Par Merlin, et cette Milana. Je ne sais ce qui me fait le plus peur. Elle, ou qu'elle me révèle la personne qu'il a été ? J'en ai eu un très bref aperçu à Noël dernier, j'ai entendu certains de ses mots quand il a appris que je n'étais pas une Sang-Pure. Et encore, je me doute que ce n'était pas grand-chose, parce qu'il ne pouvait pas tout dire devant les autres. J'ai tout de même du mal à imaginer réellement la personne qu'il pouvait être à Durmstrang et pourtant, je visualise comment est Milana. Stephen et Milana. J'essaie de me chasser cette image de la tête, tout comme l'idée que son ex puisse me rappeler sans cesse leur passé en s'en prenant à moi. Je n'ai pas eu trop à pâtir de l'intolérance, même avec tout ce qu'il s'est passé.

« Je sais... »

Je sais qu'il n'a jamais été un tendre envers les gens comme moi, mais qu'il a réussi à surmonter toutes les croyances qu'il a pu emmagasiner durant toutes ces années. Je l'ai vu avec les Brentwood, notamment avec Miles. Puis avec ma propre famille. Je l'ai vu entrer dans des pubs cent pour cent moldus. Oui, je sais. Mais je sais qu'on est toujours au même point. Parce que son monde ne m'acceptera jamais. Sa Mila en est l'incarnation même. Et il ne peut pas faire sans son monde. Coincés, on est coincés, et lui même en arrive à cette conclusion, cette fois à cause de sa mère. Il a raison sur un point : je n'ai pas envie qu'il se dispute définitivement avec sa mère, je sais à quel point c'est important un parent. Alors qu'est-ce qu'on fait ? Parce qu'il va bien falloir faire quelque chose. Je suis bien avec lui. Je suis meme très bien, mais on loupe tellement de choses. Impossible d'aller à des fêtes ensemble, de déjeuner à la même table, d'envisager le bal de Noël. Et on ne va pas pouvoir passer notre temps à se cacher entre deux couloirs ou deux rangées de livres.

« ça vaut le coup ? Pour toi, vraiment, toute cette histoire, ça vaut le coup ? »

Il m'embrasse pour le rassurer, il m'embrasse comme si c'était la dernière chose qu'il nous restait.


***


Quelques jours plus tard

Je déjeune, le nez plongé dans un livre, j'ai un examen dans quelques heures, et je ne peux pas échouer. Toute ma table révise d'ailleurs, en dépit du bruit ambiant. J'ai appris à travailler dans cette ambiance, à savoir trouver le silence, le calme, quoi qu'il se passe. Pourtant, en dépit de ma concentration, un nom gloussé par une fille à la table de derrière attire mon attention.

« Regarde, c'est Stephen Nott, il est tellement canon...
- Tu vas l'inviter à sortir finalement ? Si tu ne te décides pas, une autre va le faire...
- Après le dernier cours, je vais lui proposer de réviser, si tu vois ce que je veux dire. »

Je jette un coup d'oeil presque imperceptible, relevant à peine la tête de mon livre pour voir Stephen passer à côté, flanqué de Milana qui rayonne. J'en ai marre de cette situation, de toutes ces filles qui gravitent autour de lui. Et le pire, c'est que je ne peux pas lui en parler, il culpabiliserait encore. Et je ne peux pas non plus en parler à Jillian qui voit son couple battre de l'aile et que je m'efforce de rassurer, de réconforter. Leur mariage compte tellement. Pour elle, mais aussi pour moi, pour ces mots prononcés qui m'ont laissé croire. Quand il s'asseoit, Stephen m'adresse un bref regard et je replonge mes yeux dans mon bouquin, non sans sourire quand j'entends :

« Il m'a regardée !
- Ouais j'ai vu, il t'a carrément regardée, tu as toutes tes chances. »

Par curiosité, après mon examen et avant la fin de son dernier cours, je suis allée trainer du côté de l'amphi de droit. Et ce n'est pas Stephen que j'ai vu avec la fille de ce midi, mais Milana, et elle lui faisait clairement comprendre qu'il était chasse gardée et qu'elle n'avait pas intérêt à marcher sur ses plates bandes parce qu'elle ferait de sa vie un enfer russe. Et je ne veux pas savoir ce que cela veut dire.


***


Fin novembre

Je suis contente en contemplant le contenu du sac. Pour l'anniversaire de Stephen, j'ai fait graver une plaque à son nom, avec les armoiries de sa famille, pour son futur bureau quand il ouvrira son cabinet d'avocat. Je lui ai pris une perruque aussi, mais j'ai peur qu'elle ne soit pas de très bonne qualité. Mais j'ai tout reçu dans les temps. Je rentre sur le campus, avec mes achats et croise la route de Stephen et de sa bande d'amis. Alors par réflexe, je cache le sac dans mon dos, je ne veux pas qu'il devine ce que cela peut être. Nos bras se frôlent quand nous nous croisons sans nous écarter, chaque petit geste est bon à prendre.

Seulement, quelqu'un d'autre n'a pas bougé et je bouscule un garçon qui marchait à un ou deux pas derrière lui.

« Oh pardon, je suis désolée, je...
- Sérieusement ? Les Sangs-de-bourbe ne savent même pas regarder devant eux.
- Ecarte-toi, et excuse-toi !
- Mais je... » 

Une fille me dépasse en me donnant volontairement un coup d'épaule, alors que Milana me dévisage en gardant le silence. M'a-t-elle reconnue ?

« Laisse tomber, elle n'en vaut pas la peine. »

L'un d'eux désigne mon sac, que je serre un peu plus fort. D'accord, ça ne vient pas d'un grand magasin... Mais là tout à coup, j'ai honte de mon cadeau.

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Début Novembre 2021

Est-ce que tout cela vaut le coup ? J'y pense depuis plusieurs jours. Est-ce que le Merlin, est-ce que tous les sacrifices valent le coup ? Tout ce que je sais, c'est que ma relation avec Tris vaut tous les coups du monde. C'est la seule chose dont je suis sûr. Je ne peux pas me passer d'elle, je ne peux pas vivre sans elle. Je ne veux pas la quitter, je ne veux pas qu'elle me quitte. Oui c'est dur de ne pas pouvoir profiter d'elle quand je le veux, où je le veux. Mais c'est mieux que rien, mieux que d'être séparé d'elle. Je ne veux pas revivre une séparation. Je ne veux pas. Elle vaut le coup. Le reste, je ne sais pas. Pour l'instant on arrive à vivre comme ça. Je sais que ce n'est pas satisfaisant, c'est même dur, douloureux, mais c'est tout ce qu'on a. Je la retrouve le week end, je vais la retrouver pendant les vacances. Je sais qu'on peut vivre heureux, avec ses amis, sa famille. On ira dans son monde, tant pis, le mien sera pour la semaine, et je vivrai dans le sien le reste du temps, pour qu'elle soit heureuse. Pour l'entendre rire. Je peux faire ça, je peux sacrifier tout ça pour elle. Juste pour voir un sourire, juste pour qu'elle soit en paix. Je sais que Jillian accepte notre relation, ses parents. Même si c'est triste de dire qu'aucun de mes amis l'acceptera, je suis accepté par les siens, et c'est important pour elle. Je le dirai à ma mère. Il faut que je lui dise, j'y ai pensé la semaine. A chaque fois que je croisais Tris dans les couloirs.

Je me nourri de chaque instant, dès que je la croise. Je vais de plus en plus à la bibliothèque, dans l'espoir de la croiser. Cela me fait du bien. Je sais que j'ai toujours une troupe avec moi, le Club. Mais je vole ces secondes, j'en ai besoin. Cette semaine j'ai refusé une demi-douzaine d'invitation pour le Bal de Noël. Je n'y pensais plus. Avant, avant Tris, c'était quelque chose à quoi je faisais attention. Il me fallait une belle cavalière, là cela m'est sortie de la tête. Et j'ai fini aussi par faire attention, à ce que l'entourage de Tris pouvait dire.

"Invite là, elle a dit la dernière fois qu'elle n'irait pas. Ça veut bien dire qu'elle n'a pas de cavalier."
"Mais elle va trouver ça bizarre. On est collègue de promo..."
"Et alors, elle est franchement pas mal, pour pas dire super. Belle, intelligente. Elle a personne, tente le coup."

Je penche ma chaise en arrière, me retenant à la table pour toucher le dossier de la chaise de celui qui parle. Les deux étudiants se retournent et me regardent incrédules.

"J'ai entendu dire qu'elle était finalement déjà prise pour le bal. Vous parlez de la blonde là ?"

Du menton je désigne Tris qui dos à nous cherche un livre sur une étagère.

"Ah ouais ? Et comment t'es au courant ?"
"Laisse tomber Daniel, c'est Nott, il est au courant de tout ce qui se passe dans cette université."

Je leur offre un petit sourire satisfait avant de retrouver ma place devant le bureau et mon devoir de droit. Tout à fait, je suis au courant de beaucoup de choses, notamment grâce au Merlin Club. Mais c'est surtout qu'il est hors de question, foi de Nott, que quelqu'un aille au Bal avec elle. Je suis déjà en train de trouver une stratégie pour ne pas y aller avec Mila et rester avec Tris. Je pense l'inviter dans un restaurant, un endroit où personne ne posera de questions, où l'on pourra danser, où elle pourra mettre une belle robe et avoir son Bal.

***

Fin Novembre.

Je rigole avec mes collègues de droit, en sortant du cours. C'était vraiment intéressant aujourd'hui, j'ai pu profiter de mon expérience, avec Fergal, pour prendre la parole en cours. On a eu un bon échange avec le professeur, vraiment. A présent, avec un ami de promotion, on rejoint le Merlin pour déjeuner avec eux. Il est aussi avec moi, Aubin est vraiment un type sympa. Il me fait penser beaucoup à moi, du temps de Durmstrang, il se donne un genre, mais quand on parle ensemble, je sens le poids de ce qu'on lui dicte d'être et de faire. C'est pour cela qu'il était une cible facile pour le Merlin. Bonne famille, c'est un sang-mêlé, mais sa famille est reconnue dans le monde des sorciers du côté de la finance. Lui a choisi le droit. Sous ses airs d'intolérant, je sais qu'il joue un rôle. Qu'il ne pense pas tout ce qu'il dit. Moi à l'époque, je ne jouais aucun rôle, c'est pour cela que je pense que c'est quelqu'un de bien, un type sympa, du moins avec moi. Je m'entends bien avec lui dans le Club.

Quand on débarque dans le couloir, je sais que je vais croiser Tris, je le sais, parce que je connais son emploi du temps par cœur, et que depuis septembre, ce sont nos habitudes, notre routine. Quand je l'aperçois, mon cœur bat immédiatement la chamade dans ma poitrine. J'éprouve un sentiment immense de joie. Je garde ma trajectoire, et je frisonne de plaisir quand on se frôle, petit plaisir éphémère. J'ai un sourire discret quand je la dépasse. Sourire que je perds dans la seconde quand j'entends le grabuge derrière moi. Pitié non. Je ferme les yeux une seconde avant de me retourner quand j'entends les mots Sang-de-Bourbe. J'analyse la situation, cette fois ci, mon cœur ne bat pas aussi vite pour les mêmes raisons.

Je vois Tris se décomposer et tenir fermement un sac contre elle. Je sens le regard de Mila sur elle, il pèse sur moi sans qu'elle le veuille. Mon cœur est pris dans un étau. Tous les mots qui sortent de leur bouche, j'ai... je les ai déjà prononcé, mais venant d'eux, cela me dégoûte. Ce n'est que le miroir de l'homme que j'ai été, et c'est d'autant plus douloureux qu'ils les prononcent à la femme que j'aime.

"Mais si vas-y, montre ce que t'as dans ton sac. Un manuel pour apprendre les rudiments de la magie ? Parce que t'es pas au niveau ?"
"Comment t'as fait d'ailleurs pour entrer à l'université ?"

Ils ricanent. Et moi le sang pulse fort dans mes tempes, je me contiens, tellement que ma mâchoire me fait mal de serrer les dents. Je déteste ce genre de situation. Et quand un membre fait un pas vers elle, pour essayer de lui chaparder le sac, je m'interpose avant qu'il ne l'attrape. Je me mets entre lui et Tris, lui barrant la vue en gardant mes épaules les plus droites possible, je la touche presque. Sous l’œil surpris de Milana j'interviens même en parole.

"C'est bon arrêtez les gars. On va perdre les meilleures tables au self. Laissez tomber."

L’œil perçant de Mila, suspicieuse m'angoisse, mais je ne laisse rien paraître dans l'expression de mon visage. J'essaye de maitriser ma respiration. C'est difficile de respirer normalement alors que mon cœur pompe tout ce qu'il peut et que mes poumons veulent l'oxygéner.

"Aller bougez, j'ai faim."

Ils se regardent tous et finissent par capituler. Je ne me retourne pas, et c'est difficile, je ne peux pas me retourner et aiguiser encore plus les soupçons. J'avale difficilement ma salive, je me sens mal, je me sens si mal. Je voudrai pouvoir m'excuser, la prendre dans mes bras, partir avec elle. J'aimerai tous pouvoir les envoyer se faire foutre. Je suis en colère, et je ne peux pas le montrer. On va directement au self, et je vois que Mila me regarde, alors je recommence à rire, à lâcher quelques blagues, à faire comme si je me fichais royalement de ce qui vient de se passer. Je parle de la prochaine soirée, de ce qu'on va manger. On parle de faire des plats à la spécialité Russe. Alors que je veux simplement m'enfuir. Je ne peux même pas écrire un hibou, rien du tout. Je sais que ma meilleure amie me surveille, et qu'à présent, elle est comme un missile braqué sur moi. Je donne le change, j'y arrive toujours, je mange, je bois, mais tout me pèse sur l'estomac. Je retourne en cours, et c'est là que je peux écrire un message d'excuse à Tris. Je m'en veux tellement. C'est un petit mot que j'ensorcèle, comme un petit Origami, qui arrivera là où elle se trouve, de manière assez discrète. Plus qu'avec un hibou qui débarque dans une salle de cours.

Mon ange, je ne sais pas quoi dire.
Je suis tellement désolé.
Je m'en veux, cette situation est tellement oppressante.
Est-ce que ça va ?
Tu veux qu'on sèche le dernier cours ? S.N

***

Quelques jours plus tard.

Je suis dans la bibliothèque. Je révise avec le Merlin Club. Une fois n'est pas coutume, notre lieu de prédilection est en travaux, c'est pour cela qu'on est ici. Au milieu "de la populace", comme disent certains membres. Nous apportons une petite amélioration dans nos quartiers, alors ils sont inutilisables aujourd'hui. Oui encore des caprices de jeunes riches. Je suis obligé de suivre le mouvement. Je sais qu'on exaspère la bibliothécaire car clairement, le Merlin ne sait pas se tenir tranquille. Rire, bruit, chamailleries. Et personne n'ose dire quelque chose à ces fameux héritiers, futur élites du pays. Je ne suis pourtant pas nerveux avant de voir que Tris arrive avec ses collègues de promotion. Ma gorge se noue. Je lui lance furtivement un regard. Je sais qu'elle essaye de faire machine arrière, de quitter les lieux, mais ses camarades ne sont pas du même avis. Désolée, elle s'assoit à table avec eux. Je dirai bien aux autres de partir, mais c'est plus délicat.

"Je m'ennuie" Alix baille aux corneilles, faisant un bruit impossible. Il craque ses doigts. "Comment on pourrait s'amuser ?" Et là, mon cœur rate un battement. "Y'a la petite blonde de la dernière fois. On pourrait aller la saluer, t'en pense quoi ?! Elle ne t'a toujours pas présenter des excuses." J'entends alors une chaise racler au sol. Je lève mes yeux vers Milana, qui évidemment me regarde avec un sourire. Est-ce qu'elle vient de dire que c'est une bonne idée ? Mes yeux se reposent rapidement sur ma copie. Part Tris, part d'ici. Bon sang que j'aimerai être légilimens. Je réfléchis à toute vitesse. Tout ceci va très mal se terminer. Alix et Aubin se lèvent déjà et se dirigent vers leur table.

Alix frappe dans le dossier d'une chaise, faisant sursauter celui qui est assis dessus. "Dégage toi." Il attrape un étudiant par le col et le fait se lever de sa chaise. Il s'assoit juste à côté de Tris. Mon cœur bat à tout rompre. Je suis prêt à bondir. Je garde les yeux sur ma copie, mais écoute très attentivement. Je sens le regard de Mila, bien qu'elle doit se délecter de la scène. Qu'est-ce que je peux faire ?

"Alors ma belle, tu pensais avoir une bonne étoile parce que mon ami avait faim ? Hélas, le destin ne laisse aucune chance aux sang-de-bourbe comme toi."

Il y a à présent un silence pesant dans toute la bibliothèque. Même Daniel qui avait commencé à défendre Tris se voit clouer le bouche par un signe et un regard noir d'un membre du Club. Tous les regards sont braqués sur eux. J'ai levé mes yeux de la copie pour regarder ce qui se passe. Alix passe une main sur la joue de Tris et remet une mèche de cheveux derrière ses oreilles. Un geste qui pour moi est dénué de toute douceur, c'est un geste clairement menaçant et même Tris le perçoit, elle se recule sur sa chaise. J'ai les poils qui se hérissent, mon souffle est court.

"Et bien alors quoi ma jolie, tu me repousses ? Moi ? Qu'est-ce qui te prend ? Tu refuses des avances, mais tu crois quoi ? Qui voudrait bien de toi ? Explique moi ?"

Daniel intervient en se levant, mais Aubin le saisit par derrière et lui fait une clef de bras, l'immobilisant. La bibliothécaire tente d'intervenir, mais Milana lui baragouine le discours officiel, traditionnel. Celui qui dit qu'ici, on est les Rois, et qu'un peu de monnaie lui permettra de fermer les yeux. Je ne me suis même pas rendu compte que je me suis levé. Je respire vite à présent. Alix sourit et rapproche sa chaise de celle de Tris.

"Tu serai prête à quoi ma belle pour avoir le quart de ma classe, et de ma fortune ? Tu sais, ça peu s'arranger, toi et moi dans les toilettes. Alors dis-moi ?!"

Là ça va trop loin. Je m'avance alors que Tris répond. J'en ai même le souffle coupé et m'arrête dans mon élan. Elle répond avec l'aplomb que je lui connais bien. Elle répond à un membre du Club le plus puissant de l'école, du pays. Et bien évidemment ça ne plait pas à Alix, ni même à Milana, qui me rejoint.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Stephen Nott & Tristelle Arden

"Mais si vas-y, montre ce que t'as dans ton sac. Un manuel pour apprendre les rudiments de la magie ? Parce que t'es pas au niveau ?"
"Comment t'as fait d'ailleurs pour entrer à l'université ?"

Mon regard passe sur chacun d'eux. Je pensais qu'on avait dépassé tout cela, je me sus bien trompée, il faut le croire. Et Milana avec son regard inquisiteur... ça fait des mois que j'ai peur qu'elle fasse le rapprochement avec le Phoenix Bar. Mais là, le pire, c'est certainement le silence de Stephen. J'ai mal dans la poitrine, je ne sais pas si c'est la peur, la honte ou la déception. Je déteste être au centre de l'attention, surtout quand c'est un tel... parterre face à moi. Par Merlin si en plus ils en venaient à découvrir ce qu'il y a dans mon sac...

Je sursaute alors que Stephen s'interpose entre un de ses amis et moi. Est-ce qu'il va... est-ce qu'il va leur dire ?

"C'est bon arrêtez les gars. On va perdre les meilleures tables au self. Laissez tomber."

Non pas vraiment. Il a peut-être quitté les Résurgents, mais la pression du rang est toujours bien là. Dire que ça fait des jours que j'essaie de rassurer Jillian sur ce côté là, que je la pousse à comprendre Zachary. Mais là, c'est moi qui prends mal cette pression, ce masque, ce jeu auquel mon petit-ami s'adonne encore. Ils finissent par partir, non sans me bousculer au passage, et moi, je reste plantée là, comme une idiote, et je me déteste d'être restée muette, faible et impuissante face à ces... ces... ces abrutis. Je me suis retrouvée comme à Manchester il y a des années. Des larmes de rages coulent le long de mes joues alors que je regagne mon studio, où je retrouve Jena, toujurs abattue. Alors je ne lui dis rien, je ravale tout au fond de moi, pour m'occuper d'elle, avant de retourner en cours. Je prends des notes machinalement. Si je veux être une bonne médicomage, il va falloir que je m'endurcisse et... et je remarque un étrange petit origami sur ma table. Je tourne la tête, avant de le déplier.


Mon ange, je ne sais pas quoi dire.
Je suis tellement désolé.
Je m'en veux, cette situation est tellement oppressante.
Est-ce que ça va ?
Tu veux qu'on sèche le dernier cours ? S.N


Je froisse le papier, sans y donner suite. Non, je ne veux pas sécher mes cours à cause de crétins qui se croient supérieurs. Non, je ça ne va pas bien. Tout ça me met en colère. Et il n'y a pas que ça. Il y a Jillian qui encore une fois me fait faux-bond alors qu'on devait se voir, il y a des histoires sur des attaques en Amérique, il y a que j'en ai assez de tout ça.


***


On s'est un peu disputées avec Jillian, et j'ai pas arrêté de penser à Stephen, à ses amis, à nous, à Jena... Jena a avorté et ça m'a beaucoup plus marquée et retournée que je ne l'aurais imaginé. Que se passerait-il si je tombais enceinte ? Je n'arrive même pas à lui en parler. Si je tombais eneinte, tout le monde saurait et ce serait une catastrophe. Je n'ai pas beaucoup dormi, les cours sont intenses, et j'ai un peu de mal à tenir le rythme. Je continue les travaux de groupe. D'ailleurs, on se dirige vers la bibliothèque, plus effervescente qu'à l'accoutumée. Je comprends très vite ce qui se passe et je me tends instinctivement. Stephen et ses amis sont là. Et au fond, ça commence à me rélter cette soumission de tout le systèe à quelques personnes qui ne respectent rien. Et ce même si Stephen en fait partie.

« On devrait aller travailler ailleurs, que je lance à mes amis, n'ayant pas vraiment envie de me retrouver encore face à ces gens.
-ça va, suffit de les ignorer, on a travaillé dans plus de bruit que ça. »

Je jette un coup d'oeil à Stephen. C'est un peu tendu depuis... la dernière fois. Il faut dire qu'avec tout ce qui se passe et pas seulement les Sangs-Purs, je suis tendue. Alors qu'on s'asseoit en silence, je tente de les ignorer, tout en sortant mes parchemins. Mais comment est-on censé se concentrer avec les baillements, les plaintes d'enfants à quelques tables de nous ? Allez Tris, pense qu'il s'agit d'un test grandur nature, tu seras amenée à soigner des gens autour d'ado et d'enfants impossibles. Helas, c'est impossible, car déjà un des amis de Stephen atterrit à côté de moi. Et c'est reparti pour les insultes. Ils ne m'ont vraiment pas oubliée. Personne ne réagit, pas même moi. C'est Daniel qui, le premier, esquisse un geste pour me venir en aide. Sérieusement ? Personne ? Même la bibliothécaire ? Même... Je regarde le type qui ose poser ses doigts sur ma joue. Je brûle d'envie de tourner la tête, de regarder Stephen et de lui dire « vraiment ? ». Au lieu de ça, je me contente de reculer, pour briser le contact avec ce type, ce qui ne lui plait pas du tout.

"Et bien alors quoi ma jolie, tu me repousses ? Moi ? Qu'est-ce qui te prend ? Tu refuses des avances, mais tu crois quoi ? Qui voudrait bien de toi ? Explique moi ?"

Avant que je n'ai le temps d'ouvrir la bouche, Daniel se lève, et je lui en suis plus que reconnaissante. Sauf qu'en un clignement d'oeil, il est neutralisé, ce qui me fait sursauter. Et toujours personne pour réagir ? Du coin de l'oeil, je vois Milana qui parle au responsable de la bibliothèque. Et à mon avis, ce n'est pas du tout dans mon intérêt. Mon regard croise alors celui de Stephen, qui ne réagit pas. Je sais pourquoi, mais là, à cet instant précis, je lui en veux énormément.

"Tu serai prête à quoi ma belle pour avoir le quart de ma classe, et de ma fortune ? Tu sais, ça peu s'arranger, toi et moi dans les toilettes. Alors dis-moi ?!"

Je le regarde alors dans les yeux, ce crétin présomptueux qui incarne tout ce que je déteste, qui est clairement aujourd'hui la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

« La classe d'un type qui veut sauter une fille dans des toilettes ? Tu n'as pas peur que je te contamine avec mon sang si impur ? Oh mais peut-être que tu ne risques rien, ça ne doit pas être bien long ce qu'il y a dans ton pantalon pour avoir besoin d'imposer ta fausse virilité comme ça. La classe, je l'ai, je suis une Sang-de-bourbe, et je suis aussi puissante sorcière que toi. »

Je n'en reviens même pas d'avoir sorti tout ça d'un trait. Intérieurement, je suis morte de trouille, genre, vraiment. Stephen a été clair sur l'importance du Club et de tout ce qu'ils peuvent. Ils vont me détruire maintenant, mais il est trop tard pour reculer. Il y a quelques secondes de silence, mais bien que je ne sois pas légilimens, je sais bien que le mec face à moi, et tous les autres bouillonnent.

« Tu sais Alix, je crois que notre jeune amie ne sait pas à qui elle parle, ni qui elle est, intervient froidement Milana, et là, à son regard, je comprends. Pourtant, elle devrait savoir comment elle parle à un Sang-Pur, à moins qu'elle s'y soit cru, à fréquenter illégitimement le beau monde de Berlin.
- Tu la connais ? »

Le dénommé Alix grogne presque et me bouscule, ce qui décide enfin les autres à remuer. Encore une fois, c'est Daniel qui s'interpose et dégage Alix, dont le sang ne fait qu'un tour. La situation dégénère en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Moi je sais à qui j'ai à faire, mais pas mes amis. Ils doivent s'en douter, mais s'ils savaient qu'ils s'opposaient ainsi au Merlin Club, le feraient-ils ?

« ça suffit maintenant, arrê... »

Je pousse un cri que j'étouffe en plaquant mes mains devant ma bouche quand Stephen se prend un coup et que je vois sa lèvre en sang. Déjà, je sens la poigne ferme d'Alix sur mon avant bras et son visage près du mien.

« Lâche-moi !
- Je vais te faire renvoyer sans aucun problème, plus aucune université ne... »

Tout à coup, Stephen le détache de moi et le pousse pour le forcer à s'écarter. Le pire, c'est que je sais qu'ils ont les moyens de me renvoyer, de me fermer toutes les portes... Et là, Stephen s'est décidé à prendre ma défense, et je ne sais pas quoi en penser.

« A quoi joues-tu Stephen ?
Lui demande Milana devant tout le monde. Elle est ton jouet personnel depuis des mois, tu l'habilles, tu la coiffes comme une poupée ? »

Je reste interdite. Répondre à Alix c'était une chose, répondre à Milana s'en est une autre, parce qu'elle est « l'amie » de Stephen. Dire que c'est pour ces gens que Jillian s'éloigne de Pru et moi. Ce n'est pas du tout comme ça que j'imaginais que les choses allaient se terminer. Parce qu'eles vont forcément se terminer.

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Do I belong to your world ?

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Début Novembre 2021

Tout cela va trop loin. Ça fulmine de tous les côtés dans un silence absolu qui laisse présager le pire. Mon cœur bat tellement fort que je le sens rebondir dans ma poitrine et que ça en est très désagréable. Je serre mes poings et ma mâchoire quand Milana commence à parler. Putain de merde. J'étais sûr, j'étais sûr qu'à un moment, elle ferait des liens. Depuis quand le sait-elle ? Je déglutie, tout cela va aller trop loin, tout le monde est à cran, il suffit d'un mouvement pour... que tout s'enflamme. Et c'est ce qui arrive, les collègues de Tris se lèvent, les membres du club avancent et passent à l’offensive. Alors que je tente d'arriver aux côtés de Tris, je prends un coup de poing de la part de Daniel, croyant que je venais probablement m'en prendre à elle. Je ne veux pas répliquer, alors qu’honnêtement, j'ai bien envie, juste parce qu'il traine avec Tris, mais ma jalousie n'a pas sa place ici, pas maintenant.

Mon sang ne fait qu'un tour quand je vois Alix saisir Tristelle, là c'est trop pour moi. Je ne réfléchis absolument plus à rien et je fonce sur lui pour l'attraper par le col et le tirer en arrière, tout en le poussant loin d'elle. Encore une fois, je fais barrage de mon corps. Je ne veux plus que personne la touche, et même quand Daniel fait un pas dans sa direction, je me tourne férocement vers lui et pointe la baguette dans sa direction. Je le fusille du regard, et il arrête d'avancer net.

« A quoi joues-tu Stephen ? Elle est ton jouet personnel depuis des mois, tu l'habilles, tu la coiffes comme une poupée ? »

Je tourne ma tête vers mon amie, avec un rictus d'agacement. Mes dents grincent et je secoue la tête. Je me tourne alors vers Tristelle avant de répondre quoi que ce soit. Si je fais tout ça, si j'interviens, c'est pour elle, ce n'est pas pour le Merlin Club.

"Est-ce que ça va ? Est-ce qu'il t'a fait mal ?"

J'attrape doucement son bras, et y voit une trace rouge quand il a du serré. Je relève mes yeux vers Alix. Il est bouche grand ouverte, il me regard, puis regarde Milana.

"De quoi elle parle Stephen ?! Quel jouet ?" Un sourire lui barre alors le visage, et il fait mine de mettre sa main devant la bouche pour cacher un rire. "Attend, tu t'es tapé cette sang-de-bourbe ?"
"Ferme là. Ce n'est pas un jouet. C'est pas un jeu tout ça." Je serre fort ma baguette magique.
"Ce n'est pas un jeu de gosses de riche. Y'a que ça qui t'amuse c'est ça ? Tu ne te rends même pas compte quand tu vas trop loin."
"Fait attention à ce que tu dis et comment tu me parles Stephen. Tu oublies qui je suis."
"Toi aussi, tu oublies qui je suis. Fait attention à ce que tu fais et à comment tu lui parles."

Il jette un regard derrière mon épaule. Oui je parle bien de Tristelle. Mes mains ont arrêté de trembler à présent. En fait, oui, il oublie qui je suis. Je suis un membre à part entière depuis le mois de septembre. J'ai fait l'initiation, et j'ai été brillamment reçu. J'ai eu leur respect, à tous. Je l'ai depuis le début. Je ne les ai pas déçu. Je suis à la hauteur de ce Club, et ils le savent tous. Je suis un bon membre, au même titre qu'eux je suis l'élite de ce pays. Je ne suis pas décevant, au contraire. Je suis même le premier étudiant avocat à qui on a donné une affaire au Mangenmagot. Le Juge Hayes en personne, m'a demandé d'être l'avocat d'une affaire, que j'ai gagné. On a parlé de moi. Mon nom se détache du lot, même Aubin qui est dans le club et en classe avec moi n'a pas eu se privilège, alors qu'il est au Merlin depuis l'année avant moi. Je regarde Milana.

"Ce n'est pas un jeu Mila." Je vois son visage alterner entre plusieurs émotions. Je crois qu'elle prie très fort pour que je me taise, pour que je dise que c'est une vaste plaisanterie. "Tristelle Arden n'a rien d'un amusement. C'est sérieux."

In omnia paratus. Je suis membre du Club maintenant. Et le club se doit de protéger ses membres, de soutenir ses membres, de ne pas les abandonner. Je ne sais pas pourquoi je n'y ai pas pensé avant, pourquoi mes réflexions ne sont pas arrivées à cette constatation, à cette conclusion. Tris n'est pas un frein à ma carrière, cela des mois que je suis avec elle. Et j'en suis là, j'ai évolué, j'ai percé. Ils ne pourront rien dire, tant que je resterai un membre solide. Et c'est ce qu'il faut que je démontre. Que je n'ai pas peur des conséquences. Que je sais ce que je fais, que je suis paré à toutes les éventualités. Je ne transgresse aucune règle du Merlin. Il n'y a aucune close sur les relations que nous devons avoir. Seulement voilà, ils rigolent tous. Ils se moquent. Il y a un véritable brouhaha dans la bibliothèque. Si beaucoup avaient déguerpi au moment où ça a commencé à dégénérer, il y a un peu plus de monde à présent. Ils regardent la scène avec délectation.

Milana se montre incisive, elle me connait trop bien, mais elle connait l'ancien moi, l'ancien avant Tris. Elle a bien vu depuis Septembre que j'avais changé, mais elle ne s'imaginait pas à quel point, maintenant elle le découvre, et cela ne lui plait pas. Elle me demande ce qui est sérieux. J'ai la gorge sèche, et j'ai du mal à perdre les vieilles habitudes. Celle de tout cacher, de garder pour moi. Mais je vois bien qu'elle ne lâchera pas, qu'ils ne lâcheront rien, et qu'ils vont continuer à persécuter Tristelle. Le seul moyen, le seul moyen de la protéger, c'est de la revendiquer. Je suis Stephen Nott. Je suis respecté dans cette école, et maintenant, je fais parti du Merlin Club. Je verrai les conséquences après. Là il faut des réponses à mon amie.

"Nous deux c'est sérieux. Je l'aime." Mon cœur se met à battre à un rythme effréné alors que le silence se fait dans la bibliothèque. Je ne l'avais jamais dit avant. Jamais à haute voix, jamais à Tristelle. Je me retourne alors vers elle, mes yeux sondent alors les siens, et mes mains se retrouvent sur ses joues. J'encadre ainsi son visage.

"Je t'aime mon ange."

Je soupire et lui fait un sourire. J'ignore ce qui va se passer, pour elle, pour moi maintenant. Mais je l'ai dis. Je l'aime. Les messes-basses se font de plus en plus entendre tout autour de nous. Les gens sont surpris, d'autres sont même attendris, car j'ai cru entendre des petits cris de joie, une tentative d'applaudissement qui s'est vite étouffée. Je regarde toujours Tris, et je me parle comme à moi-même, mais en disant tout cela à haute voix sans la quitter du regard. C'est plus un murmure à Tristelle, mais tout le monde peut entendre.

"Je suis amoureux de cette fille depuis des mois. J'essayais probablement de protéger cette relation, parce qu'elle est ce que j'ai de plus précieux. Mais je me rends compte que vivre caché ne signifie pas toujours vivre heureux."

Mon visage s'assombrit un instant alors que je coupe le contact visuel avec la femme que j'aime, pour me retourner vers la foule. Je viens attraper une main de Tris pour la serrer dans la mienne. Cette fois si ma voix se faire plus claire et plus forte.

"Alors si j'entends quelqu'un lui manquer encore de respect, la bousculer ou la menacer, c'est à moi que vous aurez à faire. Et vous n'ignorez pas mon nom."

A présent je me tiens encore plus droit, même si mon cœur bat toujours la chamade. Je me sens revivre, je retrouve la certaine prestance, la puissant de l'ancien sang-pur que j'étais. Oui, il me semble que je me tiens plus droits que sur les derniers mois, c'est comme si un poids se libérer de mes épaules. Comme si je pouvais assumer qui j'étais, parce que j'ai failli oublier qui j'étais. Un Nott. C'est comme si... tout devenait plus clair, maintenant qu'un choix s'est imposé à moi. Je n'ai pas sombré quand mon père s'est fait arrêter. Et être avec Tris est aussi une manière de montrer que je m'éloigne encore plus des Résurgents, que je brille différemment. Et j'y arriverai. Peut-être que cela sera plus dur maintenant, qu'on va se moquer, me mépriser, mais je vais faire ce que je sais faire de mieux. Relever la tête et me montrer digne, fort.

J'ai vraiment réalisé avec le procès de ce Tarek Fergal, quand je parlais à Liam, de toutes les horreurs qui se sont passées. Pourquoi est-ce que je m'étais enrôlé ? En quoi je croyais ? Et les dernières attaques en date, ils ont stérilisé des nés-moldus. Ils sont vraiment, vraiment allés trop loin, et je veux protéger Tris. Étrangement, je me rends compte contre tout attente que c'est mon rand, c'est mon nom qui peut le faire. Je sais que je peux faire craindre les gens, je sais comment j'étais, et tant pis, la seule chose que je veux, c'est qu'elle soit en sécurité, à mes côtés, et que personne n'essaye de la bousculer dans les couloirs, du moins, personne n'osera tant qu'elle se trouvera avec moi. Je sais que maintenant, la rumeur va se répandre, et qu'il va falloir l'assumer, la valider. Il y a de nombreuses filles qui vont la détester, parce que c'est comme ça, la jalousie. Ils vont parler. Une Née-Moldu au bras d'un bon parti, d'un sang-pur. Les histoires vont commencées, mais je l'ai dit, elle le sait maintenant, je l'aime.

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Stephen Nott & Tristelle Arden

Je ne réalise pas ce qui se passe. Je ne réponds même pas lorsque Stephen me parle, quand il me demande si ça va. C'est comme si le temps était suspendu, et moi, je suis cramponnée aux lèvres de Milana, qui dévoile tout, à sa manière bien sûr. Toutes nos conversations, sur les conséquences d'une telle révélation, sur la nécessité de garder notre histoire secrète, tout me revient, tout se bouscule dans ma tête. Je réalise à quel point j'ai toujours désiré que ce moment arrive, et que je n'y suis absolument pas préparée. Mais si la dernière fois il n'avait rien dit, cette fois, il affirme plusieurs fois que ce n'est pas un jeu, nous deux. Qu'il prend notre histoire au sérieux. Je le sais, il me l'a déjà dit, mais qu'il prononce ces mots devant ses amis, devant le club, devant Milana c'est... ça prend une toute autre dimension.

Je la regarde, cette fille qui a été la meilleure amie – et amante – de Stephen à Durmstrang. Je sais qu'il l'apprécie toujours sincèrement, qu'il pense qu'elle n'a pas foncièrement mauvais fond, même si je n'en suis pas personnellement convaincue. Est-ce qu'elle va lui tourner le dos ? Lui faire payer notre relation ?

« Pas un jeu ? avec toutes vos... différences ? »

Je ne peux pas lui en vouloir de poser cette question, même si c'est vexant, parce que je me la suis déjà posé. Il est un sang-pur, je suis une née-moldue. Il est aisé, on ne peut pas dire que ma famille roule sur l'or. Il adore que tous les regards soient braqués sur lui, je déteste être le centre de l'attention. D'ailleurs, je sais que mes joues doivent être cramoisies. J'ai chaud, j'ai mal au ventre, et je crois bien que mon cou rentre dans mes épaules, surtout sous le rire de uns et les murmures des autres. Mon regard finit par glisser sur Daniel, dont les yeux trahissent un mêlange de déception et d'incompréhension. Je me sens un peu honteuse, de n'avoir jamais rien dit. Mais je ne pouvais pas, j'espère qu'il sera en mesure de comprendre.

« Qu'est-ce qui est sérieux, Stephen Liam Nott ? 
- Nous deux c'est sérieux. Je l'aime. »

Je relève la tête, comme beaucoup, vers lui. Je crois qu'on ne doit entendre que mon cœur ou ma respiration. Parce que je réalise qu'il ne me l'a jamais dit, en dépit de tout ce qu'on a déjà traversé. Pourquoi est-ce que ça me panique autant ? Peut-être parce que c'est le sul garçon qui me l'ait jamais dit. Quand il se tourne et saisit mon visage entre ses mains, je réalise que je tremble.

"Je t'aime mon ange."

Je déglutis, mon cœur battant encore plus fort et douloureusement dans ma poitrine. Là encore, j'avais imaginé cette scène une bonne centaine de fois, et jamais je ne réagissais aussi stupidement. Peut-être aussi parce que je n'aurais jamais imaginé que cela se passe ainsi. J'esquisse un sourire très rapide quand il me sourit. Ça n'empêche que tout le monde parle sur nous, nous regarde. Mais quand mes yeux s'envolent vers les autres, son regard me ramène à lui. Je ne sais pas comment il fait, mais là, c'est nous qui sommes importants. Il est le premier garçon que j'ai embrassé, avec qui j'ai couché, que j'ai présenté à mes parents. Et là, pour moi, il prend une décision qui va influencer sa vie. Jusqu'à présent, les conséquences étaient limitées...

"Je suis amoureux de cette fille depuis des mois. J'essayais probablement de protéger cette relation, parce qu'elle est ce que j'ai de plus précieux. Mais je me rends compte que vivre caché ne signifie pas toujours vivre heureux."

J'entends à peine le soupire d'agacement de Milana, qui ne doit pas croire à ce qu'elle entend. Est-ce qu'on va être totalement heureux à présent ? Est-ce qu'on va vraiment pouvoir se voir dans la journée, s'attendre, manger ensemble de temps en temps sans avoir à surveiller que personne ne nous connaisse ? Mes doigts serrent fort les siens quand il glisse sa main dans la mienne. Tout le monde nous regarde...

« Je crois qu'il va falloir qu'on mette certaines choses au clair. Surveille le prochain hibou, Stephen. En attendant, dégage, tous ! Le spectacle est terminé. »

La voix autoritaire et glaçante de Milana, combinée à son regard assassin, suffit à écarter les curieux, sans forcément disperser tout le monde. Elle transplane, imitée par ses amis, nous laissant, Stephen et moi dans la bibliothèque. Mon regard croise celui de Daniel, qui transplane à son tour. C'est Stephen qui nous donne l'impulsion, pour qu'on quitte la bibliothèque, sous les regards curieux.

On transplane chez nous dès qu'on est à l'extérieur, et on reste muets un moment. Les mots nous manquent, par conséquent, je l'enveloppe dans mes bras, me blotissant contre lui. J'espère tellement me montrer à la hauteur, ne pas lui faire honte, qu'il ne regrette pas...

On n'a pas beaucoup parlé hier soir. Je crois que ça faisait trop, trop d'un coup. J'ai juste envoyé un hibou à Jena pour la prévenir que je ne rentrais pas mais m'assurer que tout allait bien pour elle. Ce matin, j'ai enfilé une robe de chambre pour le rejoindre dans la cuisine, où il prend son petit-déjeuner, les yeux dans le vide. Je passe dans son dos, dépose un baiser sur sa joue avant de poser ma tête sur son épaule et de l'envelopper de mes bras.

« ça va aller ? »

Je crois qu'on ignore tous les deux les conséquences réelles de son opposition au club et de cette révélation. Et bizarrement, je ne suis pas pressée de les découvrir. Pour une fois, il y a une part de moi qui aimerait bien faire l'école buissonière. Mais je sais qu'en réalité, je ne pourrais jamais faire une chose pareille. Je me glisse sur ses genoux, tout en me servant une tasse de thé.

« Je ne voulais pas t'apporter autant d'ennuis. Tu crois que tout le monde va le savoir ? »

Avec un peu de chance, seuls les gens présents à la bibliothèque seront au courant. Qu'est-ce que ça peut faire après tout qu'on sorte ensemble ? Oh Merlin, je sais très bien ce que ça fait, je sais très bien qu'on va parler d'un Sang-Pur qui sort avec une Née-Moldue, qu'un Nott, fils de Theodore Nott, sort avec une fille dont personne n'a jamais entendu parler. Je me blottis contre lui, on mange peu, appréhendant tous les deux ce qui va se passer. Mais cette fois, nous allons à l'Université ensemble, main dans la main. Il y a déjà des regards qui glissent sur nous, et ça me met affreusement mal à l'aise, mais Stephen ne me lâche pas la main. On traverse les couloirs, je commence un peu avant lui, alors il m'accompagne jusqu'à mon amphi, ce qu'il n'avait jamais fait jusqu'à présent.

« Bon courage pour ta journée. Et euh... Continue de refuser des invitations pour le bal, s'il te plait. »

Je lui souris et il m'embrasse. Il m'embrasse là, devant des étudiants, et je sens déjà mes joues rosir. Quand il s'en va, je cherche mes amis dans l'amphi. On est gêné, c'est ridicule mais c'est comme ça. Je m'assois près d'eux, alors que Daniel ne me regarde même pas.

« Stephen Nott ? Vraiment ? Me demande Lily.
- Oui Stephen Nott.
- Pourquoi tu ne nous as rien dit ?
- Vous avez vu comment tout le monde a réagi ?
- Ses amis sont des cons, intervient séchement Daniel. Je comprends pas que tu aies pu accepter tout ça.
- J'étais d'accord, ok ? Ecoutez, ce n'est pas une affaire d'Etat, ça ne change rien et...
- Ouais, ouais. »

Daniel se lève alors pour descendre plusieurs rangs de l'amphi et s'installer en contre-bas. Max s'excuse et se propose de lui tenir compagnie. Je soupire... ça promet d'être long.

Quand l'heure du déjeuner se fait entendre, je me rends à la cafétariat pour me servir un plateau. J'ai à peine le temps de m'installer qu'un groupe de filles me tombe dessus.

« C'est bien toi la copine de Stephen Nott ? »

Eh bien voilà que ça commence. J'ouvre la bouche mais...

« Pour l'instant. »

Milana. Elle fait se pousser tout le monde et s'asseoit face à moi.

« Ecoute ma jolie. Je connais Stephen. Crois-moi, je le connais très bien. Vraiment vraiment bien. Les gens comme toi, ça n'a jamais été son truc. Je ne sais pas ce qu'il te trouve, je ne doute pas qu'il se soit entiché de toi, mais je ne pense pas que ce soit pour les bonnes raisons. Je le trouvais triste depuis que je l'ai revu. Avant, c'était le roi de la fête, il souriait, riait tout le temps aujourd'hui il est si sombre, rabat-joie et contrarié. Je comprends mieux pourquoi. Pense à son avenir d'accord ? T'as l'air d'une brave fille, et je ne doute pas que tu t'en voudrais si toutes les portes lui étaient fermées à cause de toi. »

eh bien ça, c'est fait.


black pumpkin

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Do I belong to your world ?

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Début Novembre 2021

Je reste là à croiser le regard de Milana jusqu'à ce qu'elle parte. Je ne peux pas me démonter maintenant. Les autres partent un à un, ceux du Merlin. Et bientôt c'est les amis de Tris qui quittent la bibliothèque. Tris est aussi figée, alors je la tire doucement pour qu'on sorte de la pièce, et trouvant que cela va trop lentement je décide de transplaner pour éviter les regards encore trop curieux.

Je reste sans voix, littéralement, je réalise petit à petit ce que je viens de faire. Ce que cela veut dire. Et j'ai du mal. Je viens d'avouer que j'aime cette fille, je l'ai dit à haute voix. Je sais que je l'aime, je sais que je suis amoureux d'elle, mais ça m'a été vraiment étrange de le dire, pour la première fois de ma vie. C'est la première femme à qui je l'ai dit, à qui j'ai voulu le dire. J'imaginais faire cela autrement, pas au milieu de bibliothèque. Je la serre aussi fort que possible dans mes bras, je ferme mes yeux, profitant de sa tendresse. Elle est tout aussi abasourdie que moi. Notre étreinte durent quelques minutes, je finis par embrasser tendrement son front, et on s'active chacun de notre côté. Je lui propose de faire le repas pendant qu'elle prend sa douche. Je le ferai après manger. C'est assez surréaliste, je ne réalise pas que sa présence ici n'est plus secrète. Elle va pouvoir rester.

On mange, on révise, je crois qu'encore sous le choc, on a besoin d’atterrir ce soir. Et je suis contente que Tris partage cela avec moi. J'aurai eu du mal à poser mes idées, à expliquer ce qui vient de se passer, ce qui va se passer ensuite. Ma nuit a été agité de rêves, mais à chaque fois j'étais rassuré d'avoir Tris à mes côté en ouvrant les yeux. Je pouvais ainsi me rendormir à chaque fois, réalisant que ce n'était pas un rêve, qu'elle était bien là. Elle me manque quand elle n'est pas là, je ne supporte pas le lit vide quatre à cinq nuits par semaine.

Ce matin je me suis levé sans faire de bruit, j'ai fini ma nuit tôt, impossible de me rendormir. J'ai pris une douche pour mieux me réveiller, et je suis allé faire du café. J'ai récupéré la Gazette, tourné machinalement les pages, comme si ce qui s'était passé hier pouvait déjà être écrit en gros en Une. Je survole toutes les pages pour être sûr. Ne voyant rien écrit, je repose sans lire le contenu. Ça y sera, je ne sais pas quand, mais ça y sera bientôt mon histoire avec Tris. Je voudrai juste la lire avant Tristelle. J'ignore comment les choses pourront être tournées. Il faut que je la protège du raz de marré qui pourrait s'abattre sur elle. Maintenant, maintenant je l'ai fait plonger dans mon milieu, alors que jusqu'à présent je l'en avais protégé. Je me lève alors pour attraper un bout de parchemin dans le bureau et une plume. Il faut que je prenne les devants, et je sais que quelqu'un peut m'aider pour ça. Je commence à écrire.

Madame Aaliyah Hayes
J'aurai besoin de vous rencontrer le plus rapidement possible selon vos possibilités, pour éviter un matraquage médiatique.
J'ai quelques révélations à faire, qui n'en seraient pas si cela n'avait pas de rapport avec mon statut de sang.
Veuillez croire, chère Aaliyah Hayes en l'expression de mes sentiments distingués.

Stephen Liam Nott

Pour éviter un scandale médiatique, il faut que je donne l'exclusivité à un journaliste. Et je ne vois personne d'autre pour le faire que Hayes. Avec l'exclusivité les autres journaux ne pourront pas salir leurs journaux d'autre chose que des interviews que je ferai à Aaliyah. Et s'il le font, j'aurai aucun mal de les attaquer en justice, et ils ne s'y risqueraient pas. Il faut juste qu'Aaliyah puisse me recevoir avant que la bombe explose. J'espère qu'elle sera sensible à mon hibou. Je monte alors sur le balcon pour donner la lettre au hibou, puis je reviens à table et essaye d'ouvrir un bouquin de droit, histoire de lire, mais je n'y arrive pas.

Je regarde l'heure et fais du thé pour Tris. Elle ne va pas tarder. Je suis perdu dans mes pensées, à tourner ma troisième tasse encore fumante de café, quand Tris arrive dans la cuisine. J'attrape une de ses mains et en baise le dos.

« ça va aller ? »
"Mmh mmh" Baragouiné-je en hochant ma tête.

Je la réceptionne sur mes genoux et sort de ma léthargie.

« Je ne voulais pas t'apporter autant d'ennuis. Tu crois que tout le monde va le savoir ? »

Je voudrai lui dire non, mais c'est impossible de lui mentir à ce stade. Alors quoi ? Je peux minimiser les choses. Je mords ma lèvre inférieure.

"On peut s'imaginer que non... mais il faut se préparer à ce que tout le monde le sache. C'est mieux."

Je soupire. Forcément que le scandale à bibliothèque aura fait le tour. Tout le monde est à cran, avec les stérilisations, les Résurgents qui tombent un à un, les procès qui menacent. Les nouvelles Lois d'Avery, le sang-pur, ancien Résurgent qui est devenu loup-garou, Ministre, probablement père d'une demi-vélane et demi-louve. Compagnon d'une journaliste. C'est trop tentant de focaliser sur un autre sang-pur qui "perd la tête". C'est du pain béni pour les ragots. Les gens attendent ce genre d'évènement. Un sang-pur avec une née-moldu. Ils attendent tous à des faux pas, à une "première dans le monde magique". Quoi de plus intéressant qu'un Nott, fils d'un Résurgent en prison batifolant avec une née-moldu. Il faut que je parle à Aaliyah, que je dise que c'est sérieux. Parce qu'il y aura des gens pour penser que je la manipule à des fins absurdes.

J'embrasse son cou avant de tirer vers nous les toast et les garnitures. On mange et Tris regarde la Gazette, et je tente de finir de lire mon chapitre de Droit. Pense-t-elle à la même chose que j'ai pensé en la survolant ce matin ? Je ne préfère pas poser la question. On se prépare et pour la première fois depuis qu'on est ensemble, on sort en même temps. Je peux lui tenir la main, je peux marcher à ses côtés, je peux sentir son parfum d'aussi près malgré le monde qui nous entoure. Du monde qui me connait, qui la connaisse. Je peux l'accompagner juste devant la salle de sa classe, ce qui intérieurement me fait le plus grand bien. On a plus besoin de se cacher, cela risque d'être dur, mais je peux être là pour elle, physiquement. Pas dans l'ombre.

« Bon courage pour ta journée. Et euh... Continue de refuser des invitations pour le bal, s'il te plait. »

Je réponds à son sourire, et j'ose me pencher jusqu'à ses lèvres. Je me suis tellement privé de faire cela. Je ne m'étais jamais privé de rien dans la vie. Je savoure ce moment, comme je ne l'ai jamais savouré avant. Oui, avant je n'en avais rien à faire d'embrasser les filles avec qui je sortais à Durmstrang, ou à l'UMS, je les ai plus frustré qu'autre chose. Mais je veux être un vrai petit ami pour Tristelle, pas seulement en surface. Je rejoins les amphi de droit.

Aubin m'attend, appuyé contre un mur, deux mug de café à la main. Un sourire amusé sur ses lèvres.

"T'es qu'un con Nott !"

Il me tend le mug que je récupère.

"Toi aussi Lazare."
"T'es vraiment dans la merde mec. Milana est furieuse."
"Boucle là."

Il se marre en secouant ses cheveux. Je savais que personne ne me demanderai pourquoi je n'ai rien dit. Tous les sangs-purs ou tous les membres du Merlin Club, comme Aubin, le savent. J'imagine que pour Tris cela sera l'inverse. Deux mondes différents.

"Elle est si bonne que ça ?!"

Je le regarde et lève mes yeux au ciel, non sans dissimuler un sourire.

"Je t'ai pas dit de la boucler déjà ?"
"Rooh aller Nott, tu vas pas lâcher une bombe comme ça et te priver d'en parler maintenant ?"

Comme je ne dis rien, il insiste.

"Aller, je ne suis pas Alix, ni les autres. On se connait depuis deux ans mec."

Je soupire. Je sais qu'il est différent. Mais Aubin aime bien suivre la vague. Je l'ai vu hier dans la bibliothèque, faire une clef de bras pour qu'Alix puisse emmerder Tris. Il est pas comme les autres, c'est vrai, mais c'est encore très compliqué.

"Ça fait combien de temps que tu la tir... que t'es avec elle ?"
"C'est compliqué, je dirai quelque chose comme dix mois."
"Merlin je savais pas pourquoi t'étais trop distant aux soirées. Je pensais que tu bossais comme un malade, que tu déprimais même à cause de ton père, de son procès, et je trouvais cela logique. Surtout quand t'as eu à faire ce procès là de Fergal. Mais en fait... en fait depuis tout ce temps t'étais juste ... fidèle ?"
"Et ça te surprend ?"
"Hey mec, je t'ai connu avant elle, et j'entends ce que dit Milana."
"On peut changer."

Il éclate de dire, en disant que je n'avais pas changé, que je m'étais réellement transformé. Je sais que ça, Aubin s'en accommodera, peut-être d'autres, par la force des choses, mais ma mère ? Et Milana ? Elle est vraiment aussi furieuse qu'il le laisse entendre ? Je n'ai pas croisé d'autres membres du Club ce matin. Je compte attendre un peu, voir si je reçois vraiment le hibou de Mila. Et on verra à la soirée ce soir. Il est clair que je vais défendre ma place dans le Club, et que je ne compte pas les lâcher.

Les cours de la matinée passent, Aubin n'a pas insisté, se disant trop frustré que je ne révèle rien de cette mystérieuse blonde. Se faisant des commentaires à lui même, comme quoi, oui elle devait être un bon coup. Moi je n'ai qu'une hâte, pouvoir retrouver Tristelle pour le déjeuner, nos emplois du temps aujourd'hui sont compatibles pour manger ensemble. Entre chaque cours, il y a des filles, plus de filles que d'habitude qui me sourient, me font des signes de main, papillonnent des cils ou rougissent sur mon passage.

"T'es peut-être plus le gars inaccessible Nott, du moins, elles espèrent avoir leur chance maintenant."

Si cela amuse Aubin de se dire que des filles née-moldu voient en moi un potentiel parce que je sors avec une fille "comme elles", moi je le vois d'un mauvais œil. J'y vois de possibles jalousies. Alors qu'elles se trompent, il n'y aura jamais moyen avec aucune d'entre elles. Il n'y a que Tris que je peux accepter dans mon monde, il n'y a qu'elle pour me faire rentrer dans le sien. Je sais que ma tolérance a évolué, mais sans Tris, je ne peux pas me fondre dans leur univers sans magie. Elles n’auront jamais la chance de Tris, si tenter que c'est une chance pour elle ?

Je ne perds pas mon temps pour aller à la cafétéria, je n'attends même pas Aubin qui traine derrière. Quand j'entre, j'essaye de la repérer tout en remplissant mon plateau. Je vois alors Milana penchée vers elle. Je serre mes poings mais tente de rester calme. J'avance droit vers elles et je pose mon plateau en face de celui de Tris que j'embrasse sur le front en me penchant en avant, avant de m'assoir en face aussi, la faisant sursauter.

"Tu te joins à nous Mila ?" Demandé-je de manière désinvolte en montrant une place de libre à côté de moi.

En d'autres termes, tu t'assoies ou tu pars. Ses yeux me lancent des éclairs, et alors que je fais déjà des échanges entre mon plateau et celui de Tris, et que j'ouvre une bouteille d'eau, Milana nous laisse. Je fronce les sourcils en regardant la femme que j'aime.

"Ne laisse pas ce qu'elle te dit te perturber. Tu m'entends Tris ?"

Je bois une gorgée d'eau avant de croquer dans un bout de cake.

"Personne ne va être tendre avec toi, et j'en suis affreusement désolé, mais c'est le temps que tout se tasse, que tout le monde accepte. Quand ils verront qu'ils n'y peuvent rien, ils passeront à autre chose. En attendant, il faut t'accrocher."

Je tends mon bras vers elle pour attraper sa main et la serrer doucement.

"Mon milieu est impitoyable. Mais il faut qu'on se fasse confiance."

Je ne veux pas lui demander ce qu'à pu lui dire Mila, mais je veux qu'elle me fasse confiance, qu'elle me demande si elle a des doutes, si elle a besoin de précisions. Milana m'a connu à Dursmtrang, et je n'étais en rien l'homme qu'elle a sous ses yeux aujourd'hui. Mais je sais aussi combien Milana peut-être intelligente, ce n'est pas pour rien qu'elle était ma meilleure amie là bas.

"C'est beau l'amour !"

Un plateau se pose à côté du mien. Je suis obligé de lâcher la main de Tris alors qu'Aubin se ramène et lui tend une main pour faire un baise-main.

"Aubin Lazare. Je n'ai pas la chance de vous connaître. Nott n'est pas avare en ce qui vous concerne, un vrai dragon protégeant son œuf depuis la petite bombe d'hier soir. Je me suis dis qu'il fallait que je vienne voir en personne."

Tris se présente.

"Ne l’ennuie pas Aubin."
"Est-ce que je vous ennuie chère Tristelle ?"

Mais il dit cela en s'installant déjà à mes côtés, me volant un gâteau au chocolat, que je lui récupère aussitôt. Ce qui le fait rire.

"Aubin est en troisième année de droit avec moi." Je baisse un peu ma voix. "Et au Club."

Mais elle a du le remarquer hier à la bibliothèque. Il est en train de fixer, voire de dévisager Tris. Mais il tique quand je parle du Club, sans pour autant détacher son regard.

"Belle, mais pas une vélane. Est-ce possible d'ailleurs une vélane sang-de-bourbe ?"

Je me penche vers lui.

"T'es sérieux ?!"

Il grimace.

"Pardonnez-moi, ce n'est pas ce que je voulais dire. Je n'ai clairement pas l'habitude de me trouver en présence de... Enfin bref. Je me demandais juste ce que vous pouviez avoir de plus que toutes les filles qui se jettent aux pieds de Nott. J'ai pensé peut-être à un don de vélane. Mais il faut croire que vos pouvoirs de séduction sont plus puissants encore que cela. Est-ce que vous savez faire des choses, vous autres les née-moldue que ne ferait pas les sangs-purs qu'il repousse ?"

Je regarde Tris, il faut que je mette les choses au clair. Autant pour elle que pour lui. Ce n'est que le début de notre relation publique. Ce n'est que le début de deux mondes qui s'opposent.

"Ce que Aubin veut dire, c'est qu'il ne traine pas avec d'autres personnes que des sangs-purs ou des sangs-mêlés aussi friqués que lui. Et qu'il a l'air d'un gros goujat, car il n'a jamais eu à faire attention aux susceptibilités des uns et des autres. C'est ce qui fera de lui probablement un bon avocat, mais pas toujours un bon diplomate. C'est quelqu'un qui peut être suffisant, mais qui arrive assez bien à s'adapter, et à partir de maintenant, il évitera de t'insulter devant moi et fera plus attention à ce qu'il dit s'il veut continuer à manger ici."

Il lève son gobelet, tout sourire, comme pour valider mes propos.

"Bien dit ! Et vous faites quoi comme études Tristelle ?"

Il me tape dans l'épaule.

"Oh mais j'y pense. Il y a une soirée ce soir. Nott tu l'as invité ? Vous allez venir ! Non, vous DEVEZ venir !"

Dit-il en se tournant vers Tris, le visage rayonnant.

"Elles vont être toutes dingue en vous voyant. J'ai vraiment envie de voir ça !"

Codage par Libella sur Graphiorum

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Stephen Nott & Tristelle Arden

Je n'ai même pas le temps de réfléchir réellement à ce que Milana vient de dire, du fait que je rende Stephen malheureux, plus « rabat-joie » selon ses dires, parce que déjà il me fait sursauter, en s'asseyant face à moi, à côté de Milana.

« Désolée, j'ai encore le sens des convenances. »

Elle nous fusille du regard en quittant la table. Je ne sais pas pourquoi mas je sens que je n'en ai pas terminé avec elle. Elle va me faire vivre un enfer, je suis prête à le parier.

"Ne laisse pas ce qu'elle te dit te perturber. Tu m'entends Tris ?"

Plus facile à dire qu'à faire seulement... Il m'explique ce qu'on savait déjà, mais ce à quoi nous n'étions pas réellement préparé : les jugements, les commentaires. Les gens qui se mêlent toujours de ce qui ne les regarde pas.

« Je sais... »

Mes doigts serrent ceux de Stephen. C'est ce que j'ai toujours voulu, c'est juste que c'est moins facile que ce que j'espérais.

« C'est la première fois que des gens dont j'ignore tout savent qui je suis... »

Et ça fait bizarre, vraiment. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, ça ne fait pas se sentir supérieur ou puissant, non. On a plutôt l'impression de n'avoir aucune protection face au monde.

"C'est beau l'amour !"

Et on n'a plus d'espace vital non plus. Je le reconnais, il était à la bibliothèque. Est-ce qu'il pense lui aussi comme Milana ? Ma main est raide quand il s'en emare pour y déposer un baise-main, protocole auquel je ne suis vraiment pas habituée.

"Aubin Lazare. Je n'ai pas la chance de vous connaître. Nott n'est pas avare en ce qui vous concerne, un vrai dragon protégeant son œuf depuis la petite bombe d'hier soir. Je me suis dis qu'il fallait que je vienne voir en personne."

Je jette un coup d'oeil à Stephen, qui n'a pas l'air tendu ou inquiet, alors j'essaie à mon tour de me détendre.

« Tristelle Arden. Ravie de vous connaître. »

Pieu mensonge, je le reconnais. J'avale une gorgée d'eau pour m'aider à me calmer alors qu'Aubin et Stephen poursuivent leur manège.

"Aubin est en troisième année de droit avec moi. Et au Club.
- Je m'en doutais. Félicitation pour votre adhésion.
- Milana va te tuer pour ça aussi. »

Je sais de quoi il parle. Le Club, tout ça, c'est censé être « secret », ou du moins, tout le monde sait officieusement qui en fait partie. J'essaie de ne pas rougir alors qu'il me regarde fixement. Merlin, faites que je ne rougisse pas...

"Belle, mais pas une vélane. Est-ce possible d'ailleurs une vélane sang-de-bourbe ?"

Je laisse échapper un soupire. Ce terme insultant, je suis partie pour l'entendre encore une paire de fois. Et j'hallucine un peu du discours sans filtre qu'Aubin me tient. Ils ne savent donc vraiment rien des interactions avec d'autres êtres humains. Que songent-ils ? Que nous, nés-moldus, nous sommes des extraterrestres ?

"Ce que Aubin veut dire, c'est qu'il ne traine pas avec d'autres personnes que des sangs-purs ou des sangs-mêlés aussi friqués que lui. Et qu'il a l'air d'un gros goujat, car il n'a jamais eu à faire attention aux susceptibilités des uns et des autres. C'est ce qui fera de lui probablement un bon avocat, mais pas toujours un bon diplomate. C'est quelqu'un qui peut être suffisant, mais qui arrive assez bien à s'adapter, et à partir de maintenant, il évitera de t'insulter devant moi et fera plus attention à ce qu'il dit s'il veut continuer à manger ici.
- Bien dit ! Et vous faites quoi comme études Tristelle ?"

J'entrouvre la bouche pour lui répondre mais...

"Oh mais j'y pense. Il y a une soirée ce soir. Nott tu l'as invité ? Vous allez venir ! Non, vous DEVEZ venir ! Elles vont être toutes dingue en vous voyant. J'ai vraiment envie de voir ça !"

D'accord, d'accord. C'est le monde de Stephen, j'aime Stephen, il va bien falloir composer avec son monde. J'inspire un grand coup.

« Je pourrais venir si vous m'autorise à en placer une. Si vous faites les questions mais n'attendez pas les réponses, mon mauvais caractère de Sang-de-bourbe risque de vous trouver très impoli et se vexer. »

Quelques secondes s'écoulent avant qu'Aubin ne se mette à rire.

« Vous avez parfaitement raison. En plus d'en avoir l'air, il semblerait que je sois un goujat. Alors reprenons décemment : ravi de vous connaître, Tristelle, que faites-vous comme études ?
- Je suis en première année de médecine, je compte devenir médicomage.
- Ambitieuse en plus de cela. Tu pourras demander à ton oncle de la prendre en stage l'année prochaine, dit-il à l'attention de Stephen.
- Vous savez, je suis une grande fille majeure. Je me doute que les meilleures places à Ste Mangouste sont réservées, je suis une bonne élève, je suis douée, je pourrais facilement trouver un stage dans un dispensaire. »

Je le regarde dans les yeux en disant cela. Pour des gens comme Aubin, le dispensaire doit être l'endroit où atterrissent les mauvais médicomages, ceux qui ne feront pas fortune, qui n'ouvriront pas des cabinets huppés. Ce n'est pas ce que je veux. Je veux sauver des vies. Toutes les vies, car toutes se valent.

« Elle a du caractère. Sérieusement, vous devez être là demain soir. »

Il attrape une pomme sur son plateau, avant de nous lasser, non sans avoir donné une tape dans le dos de Stephen.

« Je peux y aller si tu ne penses pas que c'est trop tôt. »

Parce que le Club va forcément vouloir avoir une explication : je ne suis même pas une sang-mêlé, je n'appartiens pas à la « bonne société » et je ne suis pas le genre de personne qui va révolutionner le monde. De toute façon, on ne doit plus se cacher maintenant, ou ce serait reconnaître qu'il y a un problème dans notre relation.

Nous finissons de manger dans un calme relatif, même si tout le monde observe nos faits et gestes, avant de retourner en cours, chacun de notre côté. Comme je finis plus tôt que lui, j'en profite pour passer un peu de temps avec Jena, elle en a besoin... et puis je dois lui dire la vérité sur ma relation avant qu'elle ne l'apprenne par d'autres. Ce n'est qu'en début de soirée que je rentre à l'appartement pour choisir une robe pour ce soir. Mais je ne sais pas du tout quoi mettre. Une robe trop sophistiquée pourrait vouloir dire que j'essaie de m'élever. Une robe trop simple ne ferait que souligner ma différence... C'est Stephen qui m'aide à trancher, tout en me donnant des conseils sur... comment affronter la soirée. Nous transplanons ensemble, dans une salle d'un grand restaurant qui semble avoir été privatisée.

Et ça ne manque pas : tous les regards se tournent vers nous comme si nous étions des bêtes curieuses. Spontanément, je cherche Milana du regard.

« Elle n'est pas encore arrivée. Détendez-vous. »

Aubin s'est glissé dans notre dos pour nous entourer de ses bras. Je ne sais pas pourquoi, mais Milana absente, ça me fait presque plus peur que sa présence. Stephen me présente à chaque personne qui vient nous parler, nous interroger parfois, et je trempe mes lèvres dans le meilleur vin que j'ai jamais goûté pour me donner du courage.

« Tu vis vraiment aux Estudiantines ? Il paraît que c'est minuscule là-bas, c'est vrai ?
- Qu'est-ce que ça fait de devoir tout apprendre de la magie à onze ans ?
- Tu sais au moins qui sont les familles sacrées ? »

Ces gens sont vraiment à des milliers d'années lumière de la réalité. Mais j'essaie de garder la face, de sourire, de répondre à chacun le plus poliment possible. En revanche, le type qui s'en est pris à moi hier, un dénommé Alix, il me foudroie du regard.

« Elle n'a pas le droit d'être ici. C'est strictement réservé Nott.
- Allons, Alix, tu vas gêner notre invitée. Nous rappelerons les règles à Stephen une autre fois.
- ah ! Milana, tu es radieuse. »

Et elle l'est, c'est vrai. Toutes les filles doivent autant l'admirer que la détester. Elle sourit, elle parade, totalement à son aise. Elle me regarde avec un grand sourire de prédateur.

« Je vois que tu aimes toujours l'habiller. »

Je sais qu'elle fait référence à la soirée du Phoenix Bar. Elle a bien compris maintenant, et c'est sa manière de souligner que sans lui... eh bien je n'aurais réellement rien à faire dans ce monde. Elle reprend en russe.

« Si tu as envie de t'encanailler ou de tenir tête à ton père, Stephen, il y avait d'autres moyens. Mais le Club peut t'accorder une petite soirée. »

J'ignore ce qu'elle lui a dit, ce qui est passablement agaçant, mais je me doute que ce n'est pas une gentillesse, bien qu'elle ne se gêne pas pour les dire en face généralement. Nous passons à table en attendant. J'observe les faits et gestes de Stephen pour ne pas commettre d'impairs, je goûte avec plaisir aux mets tous délicieux et j'essaie de refuser que mon verre soit sans cesse rempli. Quelques membres me parlent, d'autres m'ignorent royalement. Puis Milana fait tinter son couteau contre son verre.

« Un peu d'attention à tous. Même si certains ne respectent pas les prescriptions du club, je tenais à vous faire un petit présent, car nous sommes une immense famille et je suis fière de chacun d'entre vous. Alors profitez... »

Elle lève sa baguette et des images s'animent devant nous. Une sorte de miscellanées des meilleurs – et pires – moments de chacun des membres présents. La plupart éclate de rire en se voyant. Des chutes, des situations ridicules, des moments de triomphe et surtout des moments illustrant les relations entre chacun. Aubin est le plus expressif à table. Et je souris quand je vois Stephen et Garrett quand ils étaient enfants – d'ailleurs, je me demande comme Milana a obtenu tout cela -, ou encore Stephen et Aubin. Pourtant, mon petit-ami ne semble pas à l'aise. Sa mâchoir est crispée, sa main serre plus forte la mienne alors qu'il a le regard rivé sur les images, que je délaisse quelque peu pour le regarder lui. Jusqu'à ce que je comprenne pourquoi. Je reporte mon attention sur les images qui représentent Stephen à Durmstrang. J'entends ses mots, à l'encontre d'élèves mons aisés, ses mots sur les nés-moldus, je vois ses baisers avec Milana. Et pas seulement avec Milana.

« Tu as toujours eu les plus belles femmes, Nott ! », plaisantent avec joie ses amis.

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Début Novembre 2021

Après le déjeuner, on repart chacun de notre côté. Aubin m'attrape par l'épaule alors qu'on traverse les couloirs. Je sens qu'il s'amuse tellement de la situation. Cela ne m'étonne même pas de lui.

"Au dispensaire ? Elle était pas sérieuse ?"
"Bien sûr qu'elle l'est."
"Mais merde Stephen... tu crois la vendre comment au Club ? Sang-de-b... née-moldue, voulant bosser avec les bouseux, tu vas te faire ramasser. C'est un filtre d'amour c'est ça ? Elle te tient sous un filtre ?"

J'éclate de rire et il rigole avec moi. Je sais qu'il n'est pas vraiment sérieux. Il voudrait comprendre pourquoi je suis tombé amoureux d'elle, parce que lui, je sais qu'il n'en doute pas. Comme il dit, il me connait, il sait l'homme que j'étais. On ne peut pas changer comme cela si ce n'est pas par amour. Il veut juste comprendre ce qu'elle pourrait avoir de spécial. Il est comme je l'étais. Attiré par les femmes, mais pas n'importe lesquelles, celles avec de l'argent, de l'influence, un nom, ou une famille importante de la ville, du Ministère. Je ne crois même pas qu'il est adressé la parole à des Nés-Moldu une fois dans sa vie. C'est l'ambition même, comme Milana. Et c'est ce que j'étais avant. Du moins, je croyais que je ne pourrai briller que si j'avais un mariage correct, sans difficulté. Je pense que Aubin, Milana croient tout ce qu'on raconte, qu'ils s'imaginent qu'ils sont vraiment déficient mentaux.

"Tu ne la connais pas. J'ai du réagir à peu près comme toi quand j'ai appris qu'elle était une née-moldu. Tu crois que ça a été simple pour moi ?"
"Mec je voudrai pas être à ta place. Mais elle a l'air d'avoir un sacré caractère. T'es sûr que tu peux pas la roder un peu ? Lui dire que le mieux serait de bosser à Mangouste ?"
"Quand tu connaitra Tristelle, tu verra qu'il y a peu de chose qu'elle fait contre sa volonté. Demande moi ce qu'elle a dit quand j'ai voulu qu'elle vive avec moi ?"
"Elle va pouvoir vivre avec toi maintenant non ? Ça serait le mieux, ils vont tous venir l'emmerder sinon, quand ils sauront où elle est."
"Merci de me mettre la pression Lazare !"
"C'est parce que t'es mon pote Nott. Mais c'est ça en fait... !"
"C'est ça quoi ?"
"Ce qui te plait chez elle, c'est que tu dois être sans cesse ventre à terre. Pour une fois, t'as une fille qui te résiste. C'est chaud, t'es complètement accro."

Je ne lui ai pas répondu. On est rentré en cours, et on a passé le reste de l'après midi à être sérieux en études. Je sais d'avance que Aubin et Tris peuvent s'entendre. Je sais que mon ami a eu du mal à l'arrivée de Mila. C'est vrai, qu'elle a débarqué à Londres pour se faire une place, et qu'Aubin était au Club un an avant elle. Si au début il l'a trouvé extravagante, génialissime, ce qu'elle est, maintenant il se lasse. Peut-être même qu'il a déjà couché avec elle, et comme on le fait tous quand la nouveauté est passée, on passe à autre chose. Et il n'y a pas à dire, Aubin est tout de même quelqu'un de loyal, et on partage notre 3ème année de droit ensemble, pour lui ce n'est pas rien. Ce n'est pas les quelques mois passés avec Milana qui le fera être de son côté si ça tourne mal. Il est bien trop intelligent, nous travaillons dans le même domaine, il ne voudrait pas se fâcher avec moi, sachant qu'on pourrait se croiser au Mangenmagot. Si Milana était avocat, je ne dirai pas, mais clairement, si quelqu'un peut être avec moi, c'est lui.

J'ai été soulagé quand Tris est revenu chez nous. J'ai cru que ce n'était qu'hier soir, mais non. Ce que m'a dit Aubin m'a travaillé, mais Tris m'a rassuré en me disant qu'elle n'a croisé personne et qu'elle est allée voir Jena qui a besoin d'elle. Je lui ai dit qu'elle pouvait venir ici dans la chambre d'ami au besoin. Je n'aime pas savoir Tris loin de moi maintenant. J'ai dit qu'il n'était pas trop tôt pour la soirée, je me suis dis qu'il valait mieux tôt que tard. Qu'il fallait battre la baguette pendant qu'elle est encore chaude. Si je recule maintenant, cela serra pris comme un instant de faiblesse, et en aucun cas il faut que je me montre abattu. C'est la mort assurée. La mort de la notoriété. Il faut que j'aille au Club avec elle ce soir. Aubin m'a déjà offert un panel de questions et d'interrogation que pourraient avoir les gens. J'ignore seulement la réaction de Milana.

Sa non présence au Club est plutôt inquiétante, elle trafique quelque chose, je le sais. Il ne reste à savoir quoi ? J'arrive tout de même à me détendre. Je soupire ou je rigole quand j'entends les questions que l'on pose à Tris. Je n'interviens que vraiment quand c'est nécessaire et quand ils vont trop loin. Globalement, personne ne lui saute dessus, mais il y a parfois du mépris, du dédains, pas mal de jalousie. Le pire c'est Alix, et d'ailleurs il ne tarde pas pour répliquer qu'ici c'est privé.

"Ce n'est pas de ma faute si tu n'as aucune compagne fixe à ton bras Alix pour nous la présenter."

Il est à deux doigts de grogner quand Milana arrive enfin. Tous braquent ses yeux sur elle. Ses mots ne m’impressionnent plus. Il n'y a aucune règle et elle le sait, en ce qui concerne les conjoints des membres. Je pourrai toujours brandir le Serment Inviolable ou le Fidelitas à Tris s'ils m'ennuient trop avec cela.

« Je vois que tu aimes toujours l'habiller. »
"Merci. Je la trouve aussi ravissante et me fait toujours un plaisir de lui acheter des robes qui la ravissent encore plus."
« Si tu as envie de t'encanailler ou de tenir tête à ton père, Stephen, il y avait d'autres moyens. Mais le Club peut t'accorder une petite soirée. »

Je lui réponds aussi en Russe.

"J'ignore ce que tu trafiques Milana, mais tu peux toujours arrêter à temps."

C'est mon amie, mais elle ne se doute pas de l'amour que je porte à Tristelle. Il la dépasse, il me dépasse même parfois. On passe à table sans plus d’affrontement. Milana est beaucoup trop détendue, mielleuse, je la connais par cœur, elle prépare un mauvais coup. J'offre tout de même de doux sourires à Tris. Je sais qu'elle est un peu tendue, alors je fais des gestes moins rapides, qu'elle s'habitue au protocole. Je caresse doucement sa cuisse parfois sous la table. J'ai toujours un geste pour elle, pour la mettre en confiance, pour la détendre. Le groupe s'anime comme à son habitude, et sa présence ne diminue en rien les festivités, tout aurait pu bien se terminer si Milana n'était pas intervenue. Je sais que c'est là que tout va basculer, elle était beaucoup trop calme, beaucoup trop confiante.

C'est avec horreur que les images défilent, et je sais déjà ce qu'on va y voir. Milana a toujours aimé faire des photos de nos soirées. Y'avait toujours un photographe dans le coin. Je le sais parce qu'on a pu faire chanter des gens de cette manière. Des hommes aux bras d'autres femmes, juste pour s'amuser, on ne demandait presque rien en échange, pas de l'argent en tout cas, toujours des faveurs. Des choses que des jeunes comme nous voulions avoir. Comme l'accès à la réserve de la bibliothèque de Durmstrang, car on avait surpris un professeur trompant sa femme alors qu'on faisait une soirée dans un pub.

Au fur et à mesure que les images défilent, je suis tendu, de moins en moins à l'aise. Je vois Tris sourire, qui s'en amuse presque comme les autres. Mais je sais ce qu'est en train de faire Milana, car son regard est vissé au mien. Tout le monde rigole, même moi je le pourrai, si il n'y avait pas maintenant des photos de moi, avec des filles que j'embrasse, parfois peu vêtue. Milana et moi notamment. Et les gens sifflent dans la salle. Il y a aussi des situations ou je suis affreusement cru avec des gens au faible revenu. Et ce que je peux dire sur les nés-moldus, comme quoi ils ne sont rien, des sorciers fictifs. Je suis l'odieux personnage que je lui avais conté, sans jamais rentrer dans les détails. Mais là, ils lui sont servis sur un plateau.

« Tu as toujours eu les plus belles femmes, Nott ! »
"Et c'est toujours le cas il faut le dire !" Aubin lance un clin d’œil à Tris.

Le diapo s'arrête, et tout le monde est enjoué, seulement maintenant, les yeux sont braqués vers Tristelle. Oui bien évidemment elle n'est sur aucune des photos. C'est une Née-Moldu, comme celles et ceux que j'insulte dans le montage. Et y'a toutes les images de moi et Milana ensemble. Ils me regardent aussi, et Milana exulte de bonheur. Je vide d'un trait mon verre de vin, m'essuie les lèvres et d'un geste embrasse le dos de la main de Tris avant de me lever. Peut-être que tout le monde pense que je vais partir, mais au contraire, je monte sur ma chaise, puis sur la table.

"Je préfère prendre de la hauteur. Vous savez pourquoi ? Parce que la dernière fois que j'ai dis à Tristelle des horreurs pareilles, elle m'a giflé." Je porte une main à ma joue et regarde Tris. "Je m'en souviens encore mon ange."

Tout le monde éclate de rire. Je lui lance un clin d’œil avant de me pencher pour récupérer un nouveau verre de vin. J'avance en poussant du pied les plats, faisant des allers retours sur le bois de la table. Certains retirent leur assiette pour me permettre plus d'aisance. Je fais des gestes avec ma main libre, accentuant mon discours, comme si je plaidais au Mangenmagot.

"Même si Tristelle doit être accablée de me voir ainsi, en image dans ma jeunesse, elle sait que je n'ai jamais feins être quelqu'un d'autre avant de la rencontrer. J'ai été moi même, je ne lui ai jamais caché ma soif de puissance, d'argent. Je n'ai jamais caché que j'étais un Nott, que je voulais faire une brillante carrière, que j'aimais ma notoriété, aussi bien que chacun d'entre vous ici. Et elle n'a jamais été un frein à cela. Bien au contraire, je me suis toujours relevé à ses côtés. Elle m'a aidé à voir des choses sous un autre angle. Elle n'a jamais dire comprendre les tenants et aboutissant des familles sacrées. C'est vrai elle a reconnu ne pas être de ce milieu. Et j'ai reconnu ne pas me plaire dans le sien. Et pourtant, elle est à mes côtés aujourd'hui."

Je bois une grande gorgée de vin et je fixe mon amie, puis tous les membres y compris Tristelle.

"Où étais-tu Milana quand mon père s'est fait arrêter ? Peut-être que certains ce sont détournés de moi, me croyant déjà abattu. ais Tristelle elle, est restée là, me disant que je me relèverai, parce que je suis un Nott. Je voulais vous poser une question : à qui donc a-t-on confié un procès alors qu'il n'est encore qu'un étudiant ?"

Je saute de la table pour venir tourner autour des convives. Je vole des grappes de raisins.

"Vous pensez qu'être aux côtés d'une Née-Moldu me rend moins brillant ? Ooh vous le pensez vraiment ? Mais qui a gagné le procès ? Et par ce biais une place de choix dans le nouveau Ministère d'Avery ? Moi."

Je leur offre un large sourire et finis cul sec mon verre avant de le poser sur la table.

"Je ne vous demande pas de la faire membre. Ce monde n'est clairement pas le sien, et pourtant sa place est à mes côtés. Non, je vous demande seulement de me faire confiance quant à mes choix. Et celui de ma vie amoureuse ne vous regarde en rien. J'apporterai toujours la gloire et la notoriété à ce Club. Et elles ne seront pas apportées par un quelconque mariage de sang. Non, mais par mes compétences et mon travail. Par mes ambitions ! Car en dehors des murs de l'UMS, je reste Stephen Nott, le futur brillant et ingénieux avocat montant. Plébiscité par le Ministre de la Magie en personne."

Codage par Libella sur Graphiorum

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Stephen Nott & Tristelle Arden

Je crois que je n'entends même plus les gens autour de moi. Comme s'ils étaient tous loin, très loin. J'entends mon cœur, qui bat à m'en faire mal. Tout cela, tout ce que j'ai vu... je le savais. Mais qu'on le veuille ou non, il y a une différence entre savoir quelque chose et le voir, l'entendre. Je n'ai eu que très peu l'occasion de faire face à « ce » Stephen Nott. J'ai eu la chance de voir le Stephen assez ouvert pour jouer au foot avec un petit moldu, pour diner dans une famille moldue, pour bercer un bébé potentiellement né-moldu. Mais oui, ça fait quelque chose. Peut-être plus encore le fait que Milana ait intentionnellement voulu me faire du mal. Je crois que c'est l'intention, qui est la plus pénible. Parce que tout ce que j'ai vu, c'est dérangeant, mais il ne me l'a jamais caché. Il ne l'a jamais nié.

Le contact de ses lèvres sur ma main me sort de ma torpeur, et je regarde Stephen qui... qui monte sur sa chaise ?

"Je préfère prendre de la hauteur. Vous savez pourquoi ? Parce que la dernière fois que j'ai dis à Tristelle des horreurs pareilles, elle m'a giflé. Je m'en souviens encore mon ange."

Tout le monde éclate de rire, je me surprends à sourire, ne comprenant pas bien où il veut en venir. Pourtant, c'est vrai, c'était à Noël dernier... J'avais saturé d'entendre des horreurs sur la « vermine » que j'étais, d'apprendre que ma meilleure amie allait épouser un Résurgent. Et oui, je l'avais giflé. Et je n'avais jamais giflé personne. Tout le monde le regarde, tous les yeux sont rivés vers lui, curieux. Seuls les yeux de Milana sont d'un noir incendiaire. Je crois qu'elle, elle est la seule à savoir ce qu'il prépare.

Je l'écoute parler de moi, de nous. De nos différences radicales. Dit ainsi, il est sûr qu'elles paraissent inconciliables. Or, on essaie, on se débrouille jusqu'à présent. On s'accorde des plongées dans nos mondes respectifs, parfois seuls, parfois à deux, et des échapatoires aussi. Non, je n'appartiendrai jamais à leur monde, ça me paraît plus qu'évident aujourd'hui, parce que cette mentalité ne me plait pas et parce que je ne veux pas être entourée de serpents prêts à cracher leur venin à la moindre occasion. Je le tolèrerai, tout simplement. Parce que Stephen en revanche irradie dans cet univers.

"Où étais-tu Milana quand mon père s'est fait arrêter ? Peut-être que certains ce sont détournés de moi, me croyant déjà abattu. »

Elle lève les yeux au ciel, retenant à peine une remarque que je devine acerbe. Je n'y avais pas songé, leur amitié semble si forte que je ne me suis pas fait la remarque de cette vacance, de ce manque quand le sort s'est abattu sur la famille de Stephen. Effectivement à l'époque, lus personne ne donnait cher du nom des Nott, on les disait fini, mais il se fait un malin plaisir de leur rappeler ce que je lui ai toujours dit. Qu'il se suffit à lui-même. Que c'est lui qui est doué, pas son nom. J'ai presque envie d'applaudir à la fin de sa... plaidoierie.

D'ailleurs, Aubin le fait. Bientôt imité par d'autres convives qui lèvent leur verre et saluent son nom. Alix en revanche rumine bruyamment.

« C'est bon, le petit Stephen a terminé de se prendre pour le centre du monde ? Toujours acerbe, elle poursuit en russe. Pour ton information, je n'avais rien su des procès, parce que ma famille a étouffé l'affaire en Russie, pour ne pas ternir ton nom. Ce que tu vas faire très bien ! Elle repasse en anglais, sans plus jamais m'adresser un regard. Dinons, les présents ne sont guère appréciés ici. »

Je me sens idiote, incapable de dire quoi que ce soit. Je serre simplement la main de Stephen lorsqu'il se rassoit à côté de moi.

« Il y a juste une chose qui m'embête chère Tristelle. C'est que je ne pourrais jamais vous prendre comme médicomage, cet homme là, il aurait trop peur que vous succombiez à mon charme débordant », lance Aubin, qui nous sauve une nouvelle fois.


***


3 décembre


Je n'ai pas été fâchée quand la soirée s'est terminée et qu'on a pu rentrer. Les cours ont continué, on m'interpelle toujours, on murmure sur mon passage. Les membres du Club m'ignorent tous plus ou moins, sauf Aubin qui est tout sauf discret. Ce n'est pas plus mal, je me suis habituée à être invisible et j'y trouve un certain répit. Je crois que Stephen a réussi à apaiser les choses avec Milana, mais elle fait toujours mine de ne pas me voir quand on se croise. Au moins, elle ne me crache pas de monstruosité au visage. Par contre, ce qui ne m'arrange pas, c'est que ce soir, nous fêtons officiellement l'anniversaire de Stephen. Le pire, c'est que c'est mon idée On est sorti au restaurant le jour de son anniversaire. Un grand restaurant comme il aime. Je lui ai offert les cadeaux que j'avais choisis pour lui et nous avons passé une très bonne nuit.

Mais là, depuis que je suis rentrée de cours, je m'active à l'appartement. Ma baguette a volé dans toutes les pièces. Je suis censée recevoir ses amis ici, chez « nous ». Et quand je dis ses amis, ce sont vraiment tous ses amis, y compris certains membres du Club. Et ce ne sont pas forcément ceux que j'apprécie le plus. Mais il faut se battre pour gagner un semblant de légitimité, alors je joue le jeu. Et puis, normalement, il avait prévu de les recevoir ce week end, c'est moi qui ait pensé lui faire la surprise, et Aubin m'a aidé pour contacter les différents invités, ne pas commettre d'impairs tout en maintenant Stephen dans l'ignorance. A moins qu'il lui ai tout raconter pour lui éviter une déception ? En tout cas, c'est lui qui le fera rentrer ce soir, on a convenu d'une heure.

J'ai vérifié que la table était bien mise une bonne cinquantaine de fois, le salon est accueillant, les verres prêts à être remplis de champagne et autres sirupeux. J'ai commandé les mets les plus fins, agencé un coin pour que les invités déposent leurs présents. Je m'agace un peu injustement contre Merlin qui est toujours fourré dans mes pieds. Sans compter que je perds un temps précieux entre la chambre et la salle de bain pour être irréprochable. Le Club n'a pas chassé Stephen, aucune raison, mais ça n'empêche que je dois rentrer dans le moule ce soir. Je triture le pendantif qu'il m'a offert, essayant de me donner du courage. Allez, c'est pour lui que je fais ça.

Je sursaute quand la sonnerie retentit. Déjà ? Je lisse une dernière fois ma robe, remets une mèche de cheveux derrière mon oreille et me précipite vers la porte. Pour me fendre d'un sourire. Bliobéris ! Il me fait un baise main avant de me prendre dans ses bras, disant qu'il est ravi de me voir et me complimentant. Les arrivées suivantes sont bien moins sympathiques. Plus froides, plus... sang-pur. Mais je me fais un devoir de leur adresser des mots polis à chacun, de veiller à ce qu'ils aient tous un verre, qu'ils ne manquent de rien. J'ai invité Milana, mais je doute qu'elle vienne. Ou si elle le fait, elle fera forcément une entrée remarquée. Un signal de mon rapeltout m'indique que Stephen et Aubin sont presque là, alors d'un coup de baguette, je tamise les lumières.

« Bon anniversaire! », crions-nous en levant nos verres quand l'invité d'honneur passe la porte. Si Aubin a vendu la mèche, alors Stephen est bon acteur. Je m'approche pour l'embrasser. Je lui dirais demain que mes parents nous invitent pour Noël, et que Jillian nous réclame pour le réveillon. Ce soir, c'est sa soirée.

« Je voulais tout d'abord vous remercier d'avoir répondu présent à l'invitation. Je vous rassure, je ne vais pas vous accabler d'un discours pesant, c'est Stephen l'orateur de nous deux. Mais il y a un an, Stephen m'a donné la sensation d'être visible. J'ai eu le droit à un baiser made in Nott. Et je sais que certaines ici savent bien de quoi je parle. On s'est aimé, déchiré et à nouveau aimé après ça, et je suis plus qu'heureuse de voir qu'il est aussi bien entouré en dépit de ma... personne. Et je vous rassure, je ne suis pas contagieuse. Alors profitez ! »

Aubin éclate de rire et lance les hostilités en lançant un toast et en allant allègrement piocher dans les petits-fours.

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
J'ai été bien plus en colère que je ne l'aurai admit à quelqu'un après la soirée du Club avec Tris. Milana a vraiment marqué le coup. Un sacré coup. C'est dingue comme je me rends compte que je ne supporte pas qu'on lui fasse du mal. Jusqu'à présent je ne l'avais pas tellement remarqué, ou du moins expérimenté, parce que jusqu'à présent personne ne savait pour nous, et que de vivre cacher me permettait de la préserver et de ne pas découvrir ce genre d'émotion. J'ai découvert un autre Stephen depuis que tous savent, depuis une large semaine, pour moi et elle. Un Stephen jaloux et bagarreur. Je n'ai jamais eu à me battre autrement que par mes mots, et je ne pensais pas le faire en dehors d'un tribunal. Mais depuis la bibliothèque, et si on ne compte pas cette fois là, je me suis bien battu trois fois, me retrouvant la lèvre fendue ou la pommette en sang. J'ai toujours fais en sorte que Tris ne le remarque pas. Aubin a été dans la confidence, et c'est lui qui d'ailleurs à fait en sorte pour que cela ne se voit plus physiquement. Je n'ai jamais usé de la magie, parce que c'est interdit dans le règlement de l'UMS, mais bon sang, qu'est-ce que j'ai aimé les remettre à leur place à chaque fois qu'ils manquaient du respect à Tris. D'ailleurs, depuis, chaque gars que j'ai cogné font profil bas, et ne balancent plus des vacheries, ou alors ils le font bien loin de moi. Je me suis rendu compte que l'on pouvait avoir aussi le respect par les poings, et garder toujours la classe et la popularité qui va avec, mais ce n'est pas la chose la plus agréable à faire. Je préfère briller autrement.

J'ai passé un mauvais moment avec ma meilleure amie. Je ne sais pas si on arrivera un jour à revenir comme avant, à se faire confiance comme avant, mais au moins, les compteurs sont remis à zéro. Et même si elle a entendu ce que j'ai dit, cela ne veut pas dire qu'elle accepte. Si les choses sont plus apaisées en apparence, je sais qu'elle ne pourra pas s'y faire aussi vite. Il m'a fallu plus d'un an pour en arriver là, alors que je suis au cœur de l'histoire. Alors ce n'est pas en quelques jours qu'il faut que j'espère qu'on sera de nouveau à l'aise tous les deux. Cela reste tendu, courtois, mais électrique.

"Putain mais t'es vraiment qu'un con Nott. Montre moi ça."

Il tourne mon visage à gauche, puis à droite comme si j'étais une poupée de chiffon.

"Il t'a pas raté."
"Moi non plus."
"C'est ce qu'on dit toujours, mais maintenant je fais comment moi ? J'suis pas ta meuf médicomage tu sais ? On devrait aller à l'infirmerie."
"Pour que je raconte que je me suis battu avec un autre étudiant ? Pour qu'on nous convoque et que j'explique pourquoi j'ai frappé un mec qui disait du mal de ma copine ?"

Il secoue la tête.

"Je peux arranger ta lèvre, ta fossette, mais ton œil... J'y toucherai pas. Je serrai pas responsable des gros titre "Nott, borgne et désabusé depuis sa relation avec une né-moldu."
"C'est toi qui est con. Mais vas-y, fais ça, je trouverai une excuse pour l’œil."
"Chérie, je me suis pris une porte, moi qui pourtant est sûr de tous mes gestes, réputé pour ma grâce et ma tenue. C'est bien, à peine révélé, un petit mensonge pour renforcer le couple."
"Tu ne sais pas ce que tu dis."
"Je dis que cette fille à peut-être le droit de savoir que tu te bas presque tous les jours pour elle."
"Elle n'a pas besoin de savoir, elle n'a pas besoin de s'inquiéter."
"Tu me dis de ne pas la voir différente d'une sang-pur, mais tu mens à qui ? T'aurait rien dit à ta meuf officielle sang-pur ? Non mec, t'aurai même jamais eu à te battre si t'étais avec une sang-pur. Tu sais, je la croise assez pour savoir qu'elle peut le savoir et l'encaisser sans se dissoudre sur place."
"Comment ça ?"
"Laisse tomber."

Non mais comment ça il la croise assez ? Il commence à lancer des sortilèges pour réduire les plaies, et les aider à cicatriser. D'ici ce soir, on ne verra plus rien. C'est bien pour ça que je ne le relance pas sur ce sujet, alors qu'il a mon visage entre sa baguette.


"Voilà mademoiselle, comme neuf. Ou presque."

Je me regarde dans le miroir d'un des toilettes de l'UMS dans lequel on se trouve quand il a fini. Ok, j'ai un œil au beurre noire et des vaisseaux éclatés. Le coup de la porte ne tiendra pas cinq minutes, surtout avec les connaissances anatomiques de Tris. Mais le reste de la bagarre a disparu.

"Merci, bon il faut retourner en cours."

Tout cela vaut le coup. Pouvoir sortir avec Tristelle officiellement, comme pour mon anniversaire au restaurant. Ça vaut bien de remettre quelques hommes à leur place. C'était un moment tellement magique. Même si personne n'a encore fait véritablement attention à nous, je me fichais qu'on nous surprenne, pour la première fois depuis des longs mois. Tris avait l'air heureuse et c'était tout ce qui m'importer. Tout était parfait, le repas, son rire, ses cadeaux et la nuit avec elle. La voir tous les jours assise à la table de notre cuisine, ou tous les matins me lever avant elle et profiter de quelques secondes pour la regarder dormir alors que je choisis mes affaires dans la penderie. C'est une routine que j'adore, dont je ne pourrai jamais me lasser.

Après les cours, Aubin me traine boire une bierreaubeurre avec quelques membres du Club. Il n'y a pas Milana. D'un côté tant mieux, elle n'aurait pas supporter mon œil, que je me sois battue "pour cette fille". Alors que je frapperai tous les étudiants de cette université s'il le fallait.

"T'as vraiment un mauvais timing Nott." Dit-il alors qu'il fixe mon coquard.
"De quoi ? Pourtant t'es autant évasif depuis ce matin Aubin, c'est pas ton genre."
"J'aime bien te torturer tu le sais."

Il trinque contre mon verre et entame un autre sujet. Je finis par aviser l'horloge du bar, Tris a du finir les cours et la bibliothèque, elle m'a dit qu'elle rentrerait seule ce soir. Mais je suis pressé de la retrouver. On doit organiser la soirée du week end avec mes amis. Je sais que cela la stresse, je le vois depuis quelques jours. Aubin insiste lourdement pour venir boire un dernier verre sur ma terrasse, et je dis oui, juste pour qu'il arrête d'insister. Je l'attrape par le bras et je transplane devant la porte de l'appartement. Autant sonner, c'est un peu un code avec Tristelle maintenant que les gens savent pour nous deux, et que du monde est susceptible de venir à l'appartement. On sonne pour s'annoncer. J'irai pas transplaner en plein milieu de l'appartement, si elle se trouve en petit tenue. J'espère qu'elle ne sera pas trop déçue que je débarque avec lui.

Quand je rentre, j'ai le souffle coupé. L'ambiance de l'appartement, les cris, les verres levés. Je me retourne vers Aubin et comprend son "mauvais timing" de tout à l'heure. Alors il était au courant ? Je me retourne aussi souriant que surpris vers les invités et surtout vers Tristelle qui s'approche de moi. Je l'embrasse. "Quelle surprise, merci." Enfin je suppose que c'est elle que je dois remercier. Je l'écoute faire son toast en mon honneur, l'aisance qu'elle a tout de même... alors qu'elle dit que c'est moi l'orateur des deux. Ce recul dont elle peut faire preuve, en parlant de baiser made in Nott que certaines doivent connaître par exemple.

Beaucoup lèvent leur verre en finissant de rire. Ils l'apprécient, pour certains tout du moins, même si la moitié ne l'admettrons pas officiellement. Aubin lui n'a aucun problème avec cela. Tout le monde bouge dans la pièce et commence à s'animer autour du buffet qu'elle semble avoir préparé. Elle se retourne vers moi, et je sais qu'elle remarque l’œil, parce que son visage change d'expression. J'embrasse son front empêchant sa main de venir à mon visage. "Pas maintenant mon ange." Je tourne déjà la tête vers Bliobéris qui arrive pour me serrer dans ses bras. "T'es là aussi ? Merci !" Je suis tellement touché, elle s'est donné beaucoup du mal. Il y a beaucoup de gens que j'apprécie ici, et même ceux qui doivent être là parce que le protocole le veut. Elle a pensé à tout.

Alors que je fais le tour des invités, je ne lâche jamais la main de Tristelle. Parfois je la présente et parfois je ne le fais pas, cela dépend des personnes que je croise. Je la laisse en arrière, sans quitter son contact. Je sais qu'elle peut sembler surprise, mais il y a des personnes à qui je ne dois pas la présenter, cela serait quelque chose de très officiel, même pour moi. Et puis nous ne sommes pas à l'université ici, il n'y a pas que des étudiants, et pas que des sorciers de ce pays. Je peux briser les connivences et certaines règles, mais pas tous les protocoles sang-purs. Je débats de quelques sujets, je crois qu'elle découvre par la même occasion le Stephen qu'elle connait le moins. Si j'ai toujours été vrai et honnête avec elle, elle découvre le sang-pur mûr de toutes épreuves. Élevé pour toutes les situations, bel orateur, beau parleur aussi parfois. Je me montre alors moins affectueux, parce qu'il le faut, parce que c'est le paraitre qui compte aussi dans ce genre de soirée, et je crois qu'elle le comprend au fur et à mesure de la soirée, et des convives que l'on croise. Parfois je me penche à son oreille, pour lui dire l'influence que pourrait avoir cette personne et si oui ou non elle peut parler librement. Ce n'est pas évident, c'est un exercice plus difficile pour elle que pour moi. Mais elle s'en sort très bien. Quand la soirée sera bien avancé, je sais que toutes les personnes m'empêchant d'être plus libre partiront, et que les vrais amis resteront. Cela sera plus détendu pour elle.

Alors qu'on traverse la pièce pour aller rejoindre Bliobéris, je profite pour lever sa main et en embrasser le dos. "Tu sais, j'ai tout remarqué, la table, les plats. Ce que tu as fais là, ça aura un impact. Je te remercie pour tout ça, c'est une belle soirée réussi, crois-moi. Il y en aura toujours pour critiquer, mais je peux t'assurer que tu n'as fais aucun oubli, aucun écart. Et tu es tellement belle qu'il m'est très difficile d'éviter de te regarder."

On passe par la table et elle nous prépare une assiette alors que je rejoins seul mon ami.

"Alors ça sera bientôt officiel ? J'ai vu l'appartement, elle y a ses affaires." Sous entendu si je vais la demander en mariage.
"Toujours aussi curieux à ce que je vois."
"Je me suis permis parce que je suis un ami."
"Ah bon tous ici ne sont pas mes amis ?"

Nous rigolons tous les deux. On se comprend bien. J'imagine que beaucoup ont du faire le tour de l'appartement.

"Ne fait pas diversion mon ami."
"Pas encore Blio, c'est..."
"Compliqué. Je comprends. Mais je l'aime bien."
"Moi aussi."

Nous rigolons de nouveau alors que Tristelle arrive. Je me tourne vers elle et la remercie pour l'assiette de petits four, je n'ai pas mangé depuis le début de la soirée et elle n'ont plus. Obligé de mondanité.

"C'est excellent, goûte ça."

Je me permets un geste intime en lui donnant directement le petit four dans sa bouche. regardant au dessus de ses épaules si personne ne nous regarde trop. C'est pas très protocole ce genre de comportement, mais je veux pouvoir faire des efforts aussi pour elle, et ne pas me montrer si distant.

"Tu as fait quoi à l’œil ?" Me demande mon ami.
"Je me suis pris une porte."
"Un souafle près d'un terrain."

Aubin - qui vient de nous rejoindre - et moi avons parlé en même temps. Bliobéris éclate de rire et lève les mains en l'air.

"Ok ok cela ne me regarde pas."

Il continue de rire et je croise furtivement le regard de Tris. Je ne veux pas affronter cela maintenant.

"La soirée te plait ? Je pensais vraiment pas qu'elle allait réussir. Sans vouloir te vexer Tristelle."

Il lui fait une petit courbette.

"Mais je dois dire que j'adoooore !" Dit-il avant de piquer des trucs dans notre assiette.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Stephen Nott & Tristelle Arden

Qu'est-ce qu'il a fichu ? Pourquoi est-ce que son œil est dans cet état ? Je veux l'examiner mais il se recule, et ça ne me plait pas du tout. Quand il commence à faire des cachotteries en affichant ce visage impassible et souriant en même temps, c'est qu'il me cache quelque chose. Néanmoins, je présume qu'effectivement, on ne peut pas en parler maintenant, parce que c'est sa soirée, autant amicale que protocolaire. Et Aubin m'a assez expliqué les choses, sur ma pace ce soir. Or, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne mâche pas ses mots et qu'il ne prend pas de pincettes. Il a été très direct, quitte à en être vexant, mais c'est ça aussi le monde de Stephen. Maintenant plus que jamais, je dois m'y préparer. Alors j'accepte de différer la discussion qu'on doit avoir sur son œil au beurre noir. Je garde ma main dans la sienne alors qu'il salue les divers invités, avec toujours un mot poli, gentil ou flatteur. Je souris quand il me présente, je reste en retrait et silencieuse quand tout à coup je redeviens invisible. Cela me met un peu mal à l'aise d'ailleurs, quand il discute comme si je n'étais pas là, quand ses interlocuteurs ne me regardent même pas. Mais dans ces cas-là, je jette un coup d'oeil à Bliobéris ou à Aubin, qui me rassurent d'un geste de la tête.

Parfois il débat de politique, de journalisme, de droit, et je dois reconnaître que ça m'ennuie un peu. Malheureusement, je ne dois pas le montrer, et je me demande vraiment comment font toutes les filles de ce milieu pour vivre ça régulièrement. Mais lui, il est comme un poisson dans l'eau. Je l'observe, sans le fixer. C'est troublant. C'est lui, et en même temps, c'est un tout autre homme. Il est différent d'un convive à l'autre et de temps en temps, il verbalise les choses, en m'expliquant le « protocole ». Je sais que même si l'on est chez nous, que si c'est son anniversaire, tous ne sont pas ses amis, au sens où je l'entends. Alors je tente de tout mémoriser, de tout retenir, mais il y a tellement d'informations que j'ai peur de faire une boulette toutes les deux minutes. Peut-être que si Jillian arrive enfin à m'accorder du temps, elle pourra m'entrainer ?

"Tu sais, j'ai tout remarqué, la table, les plats. Ce que tu as fais là, ça aura un impact. Je te remercie pour tout ça, c'est une belle soirée réussi, crois-moi. Il y en aura toujours pour critiquer, mais je peux t'assurer que tu n'as fais aucun oubli, aucun écart. Et tu es tellement belle qu'il m'est très difficile d'éviter de te regarder.
- Ne me remercie pas, j'ai pris ton chéquier pour payer tout ça », dis-je en souriant.

Il va rejoindre Bliobéris dans le bureau, aussi j'en profite pour nous préparer une assiette. La soirée a commencé depuis un moment et il n'a toujours rien mangé. Moi non plus d'ailleurs. Alors que j'ai choisi les produits les plus chics. Enfin, à ma connaissance. La plupart, je les ai goûtés soit chez les Wen... soit jamais. Quand je rentre dans la pièce, je retrouve Stephen en train de rire. De rire sincèrement, pas ce rire pincé de convenance qu'il faisait tout à l'heure et qui aurait sonné faux à n'importe quelle oreille le connaissant un minimum. Ça me fait plaisir de le voir comme ça, avec un vrai ami, détendu.

« Qu'est-ce qui vous fait rire comme ça ?
- C'est excellent, goûte ça."

Que je goûte.... J'attrape du bout des dents le petit-four qu'il me donne et...

« Oh Merlin, je n'ai jamais rien mangé d'aussi bon ! Qu'est-ce que c'est ?
- Fois gras et son confit de figue. Typiquement français, je vois que mademoiselle a des goûts luxueux,  dit Bliobéris en adressant un clin d'oeil à Stephen. Tu as fait quoi à l’œil ?
- Je me suis pris une porte.
- Un souafle près d'un terrain. »

Je tourne la tête pour voir Aubin arriver. Ils se moquent de nous tous les deux ? S'ils ne voulaient pas attirer l'attention, c'est raté.

"La soirée te plait ? Je pensais vraiment pas qu'elle allait réussir. Sans vouloir te vexer Tristelle. Mais je dois dire que j'adoooore !
- Oh mais je n'aurais jamais réussi sans toi, Aubin, que je lui réponds sur un ton évidemment surjoué.
- Evidemment, de rien. Et si on ouvrait les cadeaux ? »

Pourquoi est-il aussi excité que si c'était son anniversaire ? Mais face à un tel Aubin, qui peut quoi que ce soit ?

« On parlera quand même de ton oeil », que je murmure à Stephen. Mais nous revoilà dans le salon avec toute le monde. Ça me rappelle l'an dernier, le défilé des caeaux. Comme je m'étais sentie ridicule avec le mien. Même encore aujourd'hui, je suis contente de lui avoir donné en privé. Parce que ça ne manque pas. Les cadeaux sont plus somptueux les uns que les autres.

« Je vois qu'on ne m'a même pas attendue. Décidément, la politesse et la galanterie se perdent atrocement de nos jours. »

Nous tournons tous la tête d'un même mouvement. Milana. Si je m'attendais à ce qu'elle passe finalement... Pourtant, elle se tient droite, même si elle évite soigneusement de me regarder.

« Je ne reste pas longtemps, mais je ne voulais pas qu'elle se perde. »

Et ce « elle », c'est une bouteille de Château Lafite Rothschild 2000. Un clin d'oeil à son année de naissance, l'un des vins les plus côtés de l'année, m'explique Bliobéris. Milana le salue justement, ainsi que tous les autres. Sauf moi, mais je me doutais que cela se passerait comme ça. Je laisse Stephen remercier chaque invité pour les présents, éventuellement parler avec Milana quand Bliobéris me prend à part.

« C'est le deuxième anniversaire où tu es présente, ça n'est jamais arrivé tu sais.
- J'ai cru comprendre oui. »

En revanche, ce sera mon premier anniversaire que je fêterai avec lui, car l'an dernier nous n'étions plus ensemble pour mes dix-huit ans.

« Et c'est toi qui organises celui-ci...
- Oui...
- Et vous vivez ensemble...
- Et si tu me disais clairement ce à quoi tu penses ?
- Tu as déjà rencontré sa famille ?
- Non, pourquoi ?
- Pour rien, Tristelle. Je suis certain qu'on se reverra plus tôt que tu ne le penses. Et je porterai un beau costume.
- Un beau costume, pourquoi tu... »

Mais il m'abandonne déjà, sirotant sa coupe. Qu'est-ce qu'il cherche ? Je ne me souviens pas qu'il ait déjà été aussi curieux.

Alors que les heures s'égrainent, les invités se dispersent, jusqu'à ce qu'il n'y ait que les proches. C'est alors seulement que je peux danser avec Stephen.

« C'est moi ou Bliobéris est bizarre ? Il m'a demandé si j'avais rencontré ta famille et il semblait tenir le compte du temps de notre histoire. Enfin, je présume que c'est comme pour ton œil, que tu ne vas rien me dire ? Tu sais que je peux faire parler Aubin, il n'y a pas que toi qui est sensible à ces petits yeux de biche, comment crois-tu que je l'ai convaincu de m'aider ? »

Je lui fais une petite moue exagérée. Je sais que je ne pourrais jamais tout partager de son monde, mais je n'aime pas qu'on me cache des choses. Je préfère encore être prête et me prendre les coups par devant, non des coups de poignards dans le dos.


***


Quand les derniers invités sont partis, je sens les bras de Stephen qui m'enlacent. Je sais qu'on devrait profiter de ce moment, mais puisqu'il n'a pas eu envie de répondre avec franchise à toutes mes questions, je ne suis guère disposée à lui laisser du repos.

« Si tu n'as rien de prévu pour Noël... Jillian et Zachary nous invitent pour le réveillon. Et mes parents aimeraient nous avoir le 25 à déjeuner. Et je n'embrasserai plus un homme qui a un tel visage. »

Cette fois, puisqu'il n'y a que nous, j'attrape sa mâchoire pour examiner son œil plus en détail. Il me prend vraiment pour un niffleur... De ma main libre, je me saisis de ma baguette pour l'approcher de son visage, en l'intimant à l'immobilisme. Heureusement, avec quelques mois d'entrainement, mes gestes sont devenus plus précis, et en peu de temps, plus rien n'y paraît.

« Tu aurais pu me dire la vérité et ne pas avoir d'oeil au beurre noir sur tes photos. »
 

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Do I belong to your world ?

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Je suis une nouvelle fois sauvé par Aubin, mais ce n'est que partie remise. L'ouverture des cadeaux se fait dans la bonne humeur, tout le monde porte un toast en mon honneur, et je suis ravi, plus que ravi que la femme que j'aime soit présente, et officiellement. Je ne peux m'empêcher de lui lancer quelques regards entre deux ouvertures de papier hors de prix. Je reçois des livres de droits, des nouvelles plumes, de l'encre à tenue éternelle, des cigares introuvables à Londres, un échiquier en bois de cerisier ensorcelé, une nouvelle cape, une plante magique qui tue les moustiques et les mouches, un service à thé en porcelaine de Chine (un vrai), des places pour un spectacle et un match de Quidditch, une invitation dans un chalet Russe (celui de Bliobéris) avec un petit mot "pour une escapade en amoureux, loin de la presse". Je relève la tête et regarde mon ami qui me fait un clin d’œil. Je remercie tout le monde au moment où Milana débarque dans mon appartement. Je me doutais que Tris l'avait invité, mais je ne pensais pas qu'elle viendrait. Son geste me touche, car j'imagine combien ça doit lui coûter d'être là. Comme à son habitude, son entrée est théâtrale et je ne peux m'empêcher de sourire.

Je récupère la bouteille qu'elle m'a offert et la laisse saluer tout le monde, tout le monde sauf Tristelle, évidemment. Nous nous retrouvons rapidement seul, je lance un regard à Tris qui est déjà embarqué par Bliobéris. Je devrai remercier tous mes amis pour faire aussi attention à elle.

"Merci d'être venue. Je n'étais pas au courant, mais merci d'être là. C'est elle qui a organisé tout ça"
"Je m'en doute. L'invitation était sur du papier de piètre qualité. Et je suis venue pour ne pas gâcher une bouteille."
"C'est trop difficile pour toi d'admettre que c'est quand même quelque chose de... laisse tomber. Je te remercie juste d'être passée. Je ne veux pas me disputer avec toi. Je te sers un verre ?"
"Je suis bien élevée, je ne compte pas me disputer avec toi non plus. Je prendrai ce que tu as de plus fort"

Je souris quand je vois que je peux toujours intérimaire normalement avec elle. Je vais donc lui servir un verre de champagne à la fleur de Nimbulus.

"Je te fais visiter l'appartement ?"

Elle me menace de son index.

"Je te rappelle que selon toute logique, je devrais vivre ici. Alors je te préviens que si tu prends un air attendri et affreusement niais dans certaines pièces, tu te souviendras du gout de ma baguette. Mais vas-y, montre-moi donc l'antre du grand Stephen Liam Nott"

Je fais mine de me reculer quand elle le pointe du doigt et je lève les mains en l'air. Elle finit par me tendre le bras pour que je lui fasse visiter comme il se doit.

"Visite contractuelle alors. Aucun épanchement expressif."

Je récupère son bras, non sans jeter un œil vers Tristelle. Comme j'aimerai qu'elles puissent être dans le même pièce sans se détester. Je sais que Tristelle fait des efforts, parce qu'elle est mon amie. Même si elle m'a vue dans des situations... suggestives et bien particulières sur les diapositives au Merlin Club. Je n'imagine pas comment j'aurai réagi, ce que j'aurai ressenti si j'avais vu Tris avec des ex. Je serai devenu fou. Je suis bien heureux qu'elle ait été vierge quand je l'ai connu. C'est affreux de penser cela, mais au moins, je ne peux être jaloux d'aucun fantôme de son passé. Pas que je sache du moins, où rien de sérieux. Je commence alors la visite par le bureau et notre immense bibliothèque. Mes livres et ceux de Tristelle ne se croisent pas, pour une meilleur organisation et rangement. J'ai récupéré aussi des objets que j'aurai donné à Milana de toute façon. Je sais son goût pour les objets de mon père, elle a toujours été plus captivé que moi quand il parlait à la boutique. Elle saurait s'en servir, tout du moins plus que moi je ne m'en servirai.

"J'ai récupéré ce que j'ai pu dans la boutique de mon père."

Je lui montre quelques objets ci et là. Certains doivent être de magie noire, c'est même sûr, j'ai grandi autour d'eux. Ce qui a probablement déprimé mon père. Il aurait voulu que je prenne la suite, mais il n'a jamais insisté. Il m'a soutenu dans mes études de droit, peut-être espérant probablement qu'un jour je le sortirai d'un travers judiciaire. Mais il a finit à Azkaban avant la fin de mes études.

"Est-ce qu'il y a des choses qui te parlent ? Qui ne devrait pas être en exposition, mais dans tes coffres ?"
"Dans mes coffres ? Tout ceci devrait être dans mes coffres, Stephen."

Elle se détache de moi pour observer certains objets de plus près. Elle en prend parfois dans ses mains, en respire l'odeur. Je l'observe en silence. C'est étrange de la voir ici, avec ces objets là, cela me rappelle des souvenirs.

J'ai toujours adoré la boutique de ton père. Vous auriez dû rester en Russie, son succès aurait été encore plus grand. Ta chère et tendre accepte qu'il y ait ce genre d'objets ici ? Même moi j'étais terrifiée par la main de la Gloire."

La main de la Gloire, je m'en souviens très bien. On se racontait d'affreuse histoire, et je crois bien que c'est le seul objet que Milana n'est jamais touché.

"Ce n'est pas notre place ici, pas plus que ceci qui peut éveiller des Inferi en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire."

Qu'elle ajoute en montrant un flacon de bile de dragon. Oui je le sais, c'est pourquoi je veux qu'ils lui reviennent, ils lui seront bien plus utiles à elle qu'à moi.

"Ce sont les seuls vestiges de tout l'empire de mon père, que pourrait-elle bien dire à cela ? Je suis dans le droit Milana, mais je sais combien ces objets doivent être ici, ou chez toi, plutôt que dans les mains du Ministère. Je préfère encore qu'ils te reviennent, tu as toujours su, plus que moi, parler la même passion que mon père"

Je m'approche d'un coffre dissimulé derrière une étagère. Un coup de baguette magique et les livres se décalent pour laisser place à une cachette. J'ouvre le coffre, dont Tristelle a la connaissance. J'y laisse de l'argent si elle en a besoin, notamment pour l'appartement, les courses et ce genre de chose.

"Là dedans, il y a des choses que l'on ne peut exposer. Je me souviens que mon père était dingue quand on jouait avec. Tu es passé le voir ? A Azkaban ?"

Moi non. Je n'y arrive pas.

"Si le Ministère venait à savoir que tu détiens ces objets, tu aurais de sérieux ennuis. Les gens ont peur de cette magie, pourtant, elle coule dans nos veines."

Elle se rapproche de moi pour examiner le contenu du coffre, je ne bouge pas, lui laissant le loisir d'en profiter.

"Ton père a été plus furieux quand il nous a surpris avec ce truc que lorsque mon père nous a surpris dans ma chambre"

Elle sourit visiblement à ce souvenir, sans s'arrêter d'examiner les objets qu'elle est capable de nommer sans aucune erreur, comme je m'y attendais. Je souris aussi pour son souvenir et pour ses connaissances, et je rajoute :

"Je ne dois ma vie qu'à mes qualités d'avocat ce jour là avec ton père."

J'aurai été même prêt à la demander en mariage, juste pour être capable de filer en vie de chez lui.

"Je n'ai pas obtenu l'autorisation d'y aller. Ses visites sont limitées et sans membres de la famille, je n'ai pas pu y aller."

Elle relève les yeux vers moi, et mon cœur se serre quand elle poursuit. Je me décale d'elle, plutôt troublé.

"Il ne te manque pas ?"
"J'en sais rien. C'est peut-être plus facile comme ça. Il n'accepterait jamais ma vie."
"Certainement pas. Mais il s'est toujours bien occupé de toi. Il savait que tu ne reprendrais pas la boutique, il était prêt à la vendre et te donner l'argent pour ouvrir ton cabinet."
"Justement maintenant je veux faire les choses par moi-même. Je ne veux pas de l'argent de la boutique, je veux... de cette vie. Croire en moi, sans mon père pour diriger ma carrière. Oui il a toujours accepté, peut-être en ce disant que toi tu serai là pour prendre la relève, c'est pour ça qu'il ne critiquait pas trop mes choix. Ils avaient tous décidé pour nous deux."

Je passe une main dans mes cheveux, puis sur son œil au beurre noire. Il ne comprendrait pas plus que Milana. Pas plus que Tris ne comprendra pourquoi je me suis battu pour elle. Cet amour me dépasse, j'en suis conscient, mais je ne peux faire autrement. Et je ne veux pas que mon père sois cinglant, qu'il me juge.

"J'aurais été une gérante excellente. C'est dommage, car j'en avais envie, moi, de cette vie."

Pour une fois, je la sens différente, je la crois sincèrement qu'elle souhaitait de cette vie avec moi. Moi aussi il fut un temps, avant Tris. Bien avant elle.

"Tu me feras savoir quand ce sera le bon moment."
"Tout est différent maintenant." Je referme le coffre. "Tu pourras venir récupérer ce qui t'intéresse, quand il y aura un peu moins de monde." Je lui redonne mon bras. "La suite de la visite."

Au lieu de lui montrer la chambre, où elle pourrait voir notre lit, le dressing de Tristelle, notre salle de bain commune, je passe directement sur le toit où Tris y a son atelier dans la verrière. Il y a des guirlandes un peu partout qui éclairent les lieux, cela rend une ambiance chaleureuse, c'est Tris qui a du installer cela pour la soirée. Mais c'est magnifique, j'aimerai que ça reste là toute l'année. On dirait que le ciel étoilé est sur notre toit. Quand son regard se pose sur la verrière, elle prend un ton boudeur.

"Tu mériterais vraiment que je raconte tout à tes aïeuls et que je les fasse venir ici."

Je rigole sincèrement. Elle fait quelques pas pour se retrouver au milieu de la terrasse et je la suis.

"Je reconnais que c'est un bel endroit. Mais tu verras que ce ne sera rien en comparaison du palais que j'aurai chez moi."
"Mon grand-père t'a toujours vénéré, mais ma grand-mère n'a jamais supporté aucune femme autour de moi. Alors elle n'accepterait pas d'être invitée par toi, ni même de venir ici. Elle trouverait grossier que je veuille devenir avocat, alors qu'elle pensait que j'étais prédisposé comme tous les Nott a être... plus à l'aise avec la magie noire. Je l'ai déçu, alors si elle apprenait que j'étais avec une née-moldue, elle en mourrait probablement, elle avait espoir que je change la donne des Nott, qui s'éteignent petit à petit des lignées pures."
"J'ai toujours adoré les hommes Nott... Et ta grand-mère m'aurait adorée si je t'avais donné un fils parfait!"

Cet instant me gêne, très certainement parce que quand je pense à mon héritier, je le vois avec Tristelle. Je sais, j'espère qu'un jour elle portera mon enfant, mais pour l'instant, je ne préfère pas y penser. Mais aussi certainement parce que demain, elle va voir jusqu'où je vais pour cette histoire. J'aurai du lui dire pour l'article, mais peut-être est-elle déjà au courant, ma mère m'a demandé si Milana le savait, pour "moi et la née-moldue". Les connaissant... Je préfère du coup revenir au monde réel et descendre de ce toit, avant de finir par me disputer avec ma meilleure amie. Je ne peux pas non plus la faire espérer, ou qu'elle s'imagine des choses.

"On ne le saura jamais. Je dois descendre, ils vont se mettre à tous me chercher."

Elle hoche la tête, ce qui me rassure, elle n'insistera pas, pas ce soir.

"Et moi je vais rentrer. Je te l'ai dit, ma place n'est clairement pas ici."

Je lui fais un baise main et je la laisse regagner les invités avant de descendre. Elle a déjà filé. Je retrouve la foule, offre des sourires, quelques avis sur l'économie et les Lois du pays. Je bois avec modération, mais assez pour être touché par les effets positifs et euphorique. Le monde se dissipe et petit à petit seuls les proches amis, ceux avec qui je peux laisser un peu les protocoles de côtés restent. Je retrouve Tris, respire son parfum, la serre contre moi dans une danse, deux danse, trois danse. Je la vois se détendre et moi je suis le plus heureux. Heureux de l'avoir dans mon monde, heureux que mes vingt-un an se fassent avec elle.Je suis dans des songes quand elle me parle.

"Mmmh ?"

« C'est moi ou Bliobéris est bizarre ? Il m'a demandé si j'avais rencontré ta famille et il semblait tenir le compte du temps de notre histoire. Enfin, je présume que c'est comme pour ton œil, que tu ne vas rien me dire ? Tu sais que je peux faire parler Aubin, il n'y a pas que toi qui est sensible à ces petits yeux de biche, comment crois-tu que je l'ai convaincu de m'aider ? »
"Je vais devoir surveiller mon ami alors, qui traine un peu trop à mon goût avec la femme que j'aime. C'est ça ? Il est où ?"

Je fais mine de me redresser et de tordre mon cou pour regarder dans toute la pièce pour rechercher Aubin. Même si ce n'est qu'un jeu, je l’aperçois en charmante compagnie, alors je souris. Ok ok, je ne peux pas faire trop diversion, j'élude déjà pour mon œil, je peux répondre au reste.

"Et bien, pour Bliobéris c'est... c'est très certainement parce qu'il ne m'a jamais vu engagé dans rien, je veux dire, avec une femme. Il m'a connu à Durmstrang, et comme sur les diapositives, j'étais frivole, sans aucune attache. Je n'ai jamais cru à l'amour, à une relation comme la notre. Je n'ai jamais eu à me cacher, à protéger une petite amie, j'étais quelqu'un de beaucoup plus fier. Si si je t'assure, encore plus que maintenant, ne rigole pas comme ça. Bref, il s'étonne de la longueur de cette histoire, de notre histoire parce qu'il connait les traditions. Tu vis avec moi mon ange, je ne connais aucun sangs-purs non mariés qui vivent ensemble. Bliobéris non plus."

Et peut-être parce qu'il est au courant du papier qui va sortir demain dans la presse. Au lieu de lui dire, je la fais tourner au bout de mon bras pour ensuite lui faire pencher son dos sur mon avant-bras et l'embrasser doucement. Je ne veux pas en dire plus, je ne souhaite pas en discuter plus. Nous n'avons jamais parlé de mariage, du moins, pas de manière aussi évidente pour nous, et là avec Milana qui parle d'héritier, j'ai peur d'avoir trop de pression.

***

Tout le monde part, après une bonne partie de carte, un bon Whisky et des cigares que j'avais reçu en cadeau. Je passe dans le dos de ma chère et tendre pour l'enlacer, je suis d'humeur câline, très câline maintenant. Je caresse son bras, embrasse la base de son cou, mais elle fait diversion. Zut, elle devient forte à ce jeu là.

« Si tu n'as rien de prévu pour Noël... Jillian et Zachary nous invitent pour le réveillon. Et mes parents aimeraient nous avoir le 25 à déjeuner. »
"D'accord, tout ce que tu veux." Disé-je pour clore la discussion, je navigue dans son cou pour arriver à ses lèvres mais...
« Et je n'embrasserai plus un homme qui a un tel visage. »

Je pousse un petit cris de désespoir (et de frustration) alors que mes mains se faisaient baladeuses sous sa robe. Depuis quand elle arrive à faire ça ? Elle me tripote comme Aubin, me scrutant avec attention. Elle doit être vraiment fâchée.

"T'es fâché ? Tu ne m'aimes plus ?"

Je fais une moue boudeuse, comme elle avait ça, mais sa baguette m'intime le silence et l'immobilité. J'enlève mes mains qui avaient trouvé son dessous. Alors je l'observe, le plus sérieusement possible, et un creux se forme dans mon ventre. Du pur désir. La voir si concentrée, si passionnée, me montrer autant d'attention, d'amour c'est rudement excitant. Sa douceur quand elle me manipule. J'aime cette femme, et je ne regrette pas une seconde de m'être battu pour elle. Je ne le regretterai jamais. Elle mérite d'avoir les gens à ses pieds, pas qu'on la traite de sang-de-bourbe. Je suis tellement tellement désolé d'avoir un jour pensé cela.

Cela me semble une éternité alors qu'elle me signifie qu'elle a terminé. Je me sens étroit dans mes vêtements.

« Tu aurais pu me dire la vérité et ne pas avoir d’œil au beurre noir sur tes photos. »
"Oui mais si je voulais me souvenir ?"

Me souvenir de ce moment, de cette époque. Celle où j'ai revendiqué ma relation avec celle. L'époque où je me suis battu, littéralement, pour défendre cette histoire, cette union. Battu pour elle, pour celle que j'aime. L'union d'un sang-pur d'une longue lignée, avec une née-moldue. Je n'aurai jamais eu à me battre pour personne, ni pour rien. J'ai toujours eu de l'argent, un Nom, un héritage, des facilités. Je ne suis pas né moche, ni bête. J'ai eu toutes les armes pour bien démarrer. Et j'ai méprisé, humilié tous ceux qui n'avaient pas eu mes avantages. Me bagarrer un peu, c'est faire amende honorable. J'attrape son visage avec mes deux mains. J'ai vraiment envie d'elle, mais elle mérite des réponses, certaines réponses.

"Je ne veux pas que tu t'inquiètes, je crois que j'ai besoin de tout ça. De faire le point, d'y voir plus clair. Mon ange, j'ai passé toute ma vie à mépriser les gens qui n'étaient pas sangs-purs. Je suis un peu perdu en ce moment, pas en ce qui te concerne, mais j'ai l'impression que je dois me faire pardonner quelque chose. Tout ce que j'ai dis, tout ce que j'ai fais dans le passé. Tu sais je me sens minable, même de ce que j'ai pu te dire il y a un an. Ce n'est qu'une passade. J'ai besoin de..."

Je ferme les yeux et soupire. Puis j'ouvre de nouveau mes yeux sur elle. Allais Stephen.

"J'ai besoin de te protéger. J'ai besoin de ça, de maitriser tout ce que je n'ai pas pu maitriser jusqu'à présent. Je ne sais pas si tu peux comprendre, j'ai peur que tu me juges. Mais on ne m'a jamais fait défaut, alors il est inacceptable pour moi qu'on te fasse défaut. Je sais que tu peux te défendre, de différentes manières que ce soit. Je sais que tu peux te blinder, que tu peux répliquer, mais moi j'ai besoin de ça, j'ai besoin d'être un Nott. Tu connais ma devise familiale. « Aut vincere, aut mori » : La victoire ou la mort."

Et si un jour, tu viens sur mon trône, quand un jour tu seras sur le trône, elle sera la tienne.

"Je me suis trop longtemps caché. En revanche, je te dois d'être honnête pour une chose. J'ai contacté une journaliste, la compagne du Ministre, Aaliyah Hayes. Dès demain, plus personne ne pourra ignorer notre histoire. C'était un choix personnel, et je sais que je ne t'en ai pas parlé avant. Ce n'est pas que je voulais te mentir ou te cacher, c'est juste que j'avais besoin de le faire, et de te prouver quelque chose, sans que tu t'inquiètes pour moi."
"Attends, attends... tu veux dire que..." Elle rougit, ses yeux s'agitent sans quitter les miens. "Il va y avoir nos noms dans un journal ? Tout le monde... mais pourquoi ? Et ta famille tu y as pensé ?"
"Oui mon ange, demain ton nom et le mien seront dans un même article. J'ai donné une interview exclusive à Aaliyah. Ma mère je l'ai prévenu quand je suis allé déjeuner chez elle le lendemain de mon anniversaire. Elle m'a offert mon cadeau. C'est pour ça que j'étais bizarre en rentrant. Pour le reste de ma famille, je pense qu'on aura des nouvelles très vite s'ils lisent les journaux."
"Mais... pourquoi tu as fait ça ? Tout l'UMS m'arrête déjà pour me demander si c'est vrai et je ne suis pas aussi à l'aise que toi pour parler à des inconnus...."

Pourquoi ? Pourquoi j'ai fait tout ça ? Je voudrai qu'elle n'en doute jamais, de tous les gestes, de tous mes mots, de toutes mes actions. Tout ça c'est pour elle, pour l'amour que je lui porte. Parce qu'il le faut. Je suis un sang-pur, j'ai des choses à respecter, que je ne respecte pas. Alors il faut que j'agisse, que je devance tout le monde, toutes les interrogations. Là c'est officiel. Je ne suis plus sur le marché des célibataires.

"J'ai fais ça parce que je t'aime bébé. Pour quoi j'aurai fait ça ? Pour qu'ils le sachent tous... je l'ai peut-être dit à Bliobéris aussi, c'est aussi pour ça qu'il est bizarre avec toi. Je veux qu'ils le sachent tous, qu'il n'y ait plus de doutes. Tu ne seras plus ennuyée par les sangs-purs et leur questions. Je ne peux pas prévoir les autres. Mais pour les gens de... mon monde, tu seras protégée au moins de ce côté là."

Je sais qu'ils n'iraient pas remettre mon interview en question. Surtout pas celle d'Aaliyah Hayes et de la Gazette. Elle me regarde toujours, sa respiration n'est pas tranquille. Je ne veux pas qu'elle panique, pas alors que je suis prêt pour tout cela. Je déplace une mèche de ses cheveux en arrière de sa coiffure.

"Tu n'étais pas obligé de faire cela. J'ai Jillian, j'ai même Aubin, et je t'ai toi. ça me suffisait largement à supporter les questions et les remarques des Sangs-Purs. Mais les journalistes... Stephen, tu me connais, je ne saurais pas faire s'ils nous suivent ou veulent tout savoir."

Je lâche son visage pour enfin la prendre contre ma poitrine et masser son dos.

"S'il te plait n'est pas peur. Tout cela j'en suis habitué, tu es avec moi maintenant, d'accord ? On est ensemble. Je te montrerai, tu y arriveras. Tu n'es pas obligée de répondre, et j'y mettrais des limites. Crois-moi tu n'imagines pas ce qu'un nom et un statut peut faire. Je sais que c'est un bouleversement pour toi, mais je te demande de me faire confiance. Je ne pouvais plus être sur la liste des célibataires mon ange, juste par respect pour toi. Que ma famille le sache maintenant ou plus tard, qu'est-ce que cela peut faire, rien ne changera mes sentiments pour toi, aujourd'hui ou demain."

Je la serre doucement, profitant de ce moment pour descendre la fermeture de sa robe. Et alors que je me décale à peine, sa robe tombe à ses pieds, la laissant en sous-vêtement et talon haut. Mon cœur bat la chamade, le désir remonte, j'ai toujours l'alcool qui anime mes cellules.

"Détends-toi maintenant, profitons de notre dernière nuit dans le secret."

J'embrasse sa clavicule et remonte le long de son cou, de sa mâchoire. Je parviens à ses lèvres sans trop de difficultés, et je m'enflamme totalement. Elle est si douce, si belle. Et elle est tout à moi. Rien qu'à moi, et j'adore ça. J'ai envie d'essayer tellement de choses avec elle. Comme là, quand je l'attire jusque dans la douche, et que je lui offre de longs et lents préliminaires. Comme quand je lui demande de prendre appuis sur mes épaules, mes hanches, alors que je lui fais l'amour contre le mur de la salle de bain. J'ai envie d'être son premier, pour tout, de lui montrer combien je l'aime, combien je lui fais confiance, combien elle doit me faire confiance. J'aime mener la danse et elle le sait. Aujourd'hui, je suis en paix avec notre relation, je me sens plus libre, plus sûr. J'ai surmonté Milana, ma mère, le Merlin Club, mes amis. Je sais que le chemin est long, notamment avec le reste de ma famille, ou mon amitié avec Milana. Et pour ma mère rien n'est gagné non plus. Mais tout le monde est informé, Tristelle n'est plus un secret qui me pèse, c'est un bonheur qui me libère.

***

C'est le week end, et je voudrai pouvoir dormir encore des heures. J'ai bavé sur l'oreiller après notre nuit de folie. Je voulais me réveiller et lui faire encore l'amour, mais c'est tout autre chose qui me réveille que mon désir pour elle. Une sonnerie, celle de notre appartement. Je me redresse au deuxième son. Sur les coudes je regarde Tristelle toute aussi ensommeillée et étonnée.

"Tu attends du monde ?"

Elle secoue la tête.

"Moi non plus."

Et puis, un éclair de lucidité me foudroie.

"Tes parents lisent la presse sorcière ?"

Ses yeux s’écarquillent. On était tellement bien dans notre cocon, qu'on ne s'est même pas levé pour lire le journal, notre journal. Je me lève d'un bon, enfilant un caleçon à la va vite dans un tiroir.

"Alors habille toi, c'est la mienne. Ma famille."

Je manque de trébucher quand j'enfile un pantalon, et je me cogne l'orteil contre une chaise quand j'essaye en même temps de rentrer la chemise dans le pantalon. Je mets les premières chaussettes qui trainent et lance un accio pour attraper des chaussures. Je n'ai pas le temps de faire correctement mon nœud de cravate, j'essaye de le rattraper alors que je traverse le salon en courant. J'ouvre alors la porte en inspirant lentement.

La première chose que je vois, c'est un journal qu'on me colle contre ma poitrine. Puis le chapeau de ma grand-mère et son air contrarié. Elle n'attend pas que je lui dise de rentrer et s'impose, elle scrute l'appartement. L'appartement à peine rangé de la veille, de mon anniversaire surprise. Bon sang.

"Stephen... Nott."

Son accent anglais est très prononcé, très gracieux, voire carrément obséquieux. Elle me regarde de haut en bas.

"C'est cela de vivre avec une sang-de-bourbe. Merlin je n'y croyais pas, et je te vois ainsi ? Dans cet accoutrement, dans cette porcherie alors qu'il est déjà 7h ? Un café bien serré veux-tu, tu as déjà oublié tes bonnes manières à ses côtés ?"
"Bonjour Judith, ravi de votre visite. Avec du lait et sans sucre ?"

Pour seule réponse j'ai un haussement de sourcil. Je m'avance dans la cuisine, en lançant des sortilèges pour amasser les ordures dans des sac poubelles. Je nettoie le plan de travail, met le moulin à café en route, l'eau sur le gaz. Mon cœur bat la chamade. Je n'ai jamais manqué de respect à ma grand-mère, et je ne voudrai pas que cela change, mais j'ai vraiment la trouille, là tout de suite.

"Où est-elle ? Où la caches-tu ? Je suis tellement déçue Stephen, saches-le. J'ai eu ta mère, tu vas la tuer, après ton père, comment peux-tu nous faire cela ?" Elle s'assoit de manière théâtrale, comme si elle allait tomber dans les pommes.
"J'ai vu mère pas plus tard qu'hier, j'ai pas eu l'impression qu'elle avait cessé de respirer après mon départ."
"Je n'ai pas eu l'impression. Ne te montre pas aussi insolent et surveille ton langage veux-tu Stephen Nott ?"
"Oui pardonnez-moi Judith. Votre café."

Je lui donne dans nos plus belles tasses. De la vaisselle de qualité, certifiée Nott. Elle esquisse un certain sourire. Je cache ma nervosité en activant ma baguette pour ranger l'appartement. Les bouteilles d'alcool retrouvent leur place, les papiers sont ramassés. La nourriture s'emballe et trouve sa place dans le frigo. Les périssables vont dans la poubelle. Ma grand-mère observe le manège.

"Est-elle aussi impolie que toi ? C'est elle qui devrait me servir. Pourquoi se cache-t-elle, de quoi a-t-elle peur ? Je ne vais pas la mordre, je ne suis pas l'une de ces créatures que tu défends au Tribunal. Tu aurais du reprendre la boutique de ton père Stephen, cela aurait été un moindre gâchi."

Codage par Libella sur Graphiorum

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Stephen Nott & Tristelle Arden
Je sursaute en entendant la... la sonnette ? Pourquoi ça sonne ? Personne ne sonne jamais, sinon Jillian mais elle prévient toujours. Et surtout, j'ai l'impression de m'etre couchée il y a à peine quelques minutes. L'anniversaire de Stephen a duré longtemps, et puis on a eu cette conversation qui me laisse encore un goût doux amer en bouche. Parce que clairement, je ne suis pas prête à être exposée, et que je ne sais que penser de son désir de protection. Il dit que c'est important pour lui mais je ne suis pas sûre d'apprécier qu'il se batte – littéralement – et qu'il me voie comme une petite chose fragile. Je sais qu'il est sincère, je sais à quel point tout cela est nouveau pour lui, j'espère simplement que la situation s'apaisera. Et puis il y a eu cette nuit magique. Il est doué pour couper court aux discussions. Néanmoins, autant dire que nous n'avons que très peu dormi et que mon corps est encore engourdi.

"Tu attends du monde ?"

Pourquoi attendrais-je quelqu'un ? Je fais non de la tête. A tous les coups, c'est encore Aubin ou Milana. J'ouvre un œil, éblouie par la lumière qui baigne la chambre.

"Moi non plus. Tes parents lisent la presse sorcière ?"

Quoi ? Quoi ? La presse. Oh par Merlin, il parle de cette histoire d'article ? De l'interview qu'il a donné à Aaliyah Hayes ? Au fait que notre histoire va etre étalée dans la Gazette ? Hier c'était déjà angoissant mais là c'est... non non c'est pire, c'est...

« Non, non... »

Non, mes parents ne lisent pas la presse sorcière et heureusement d'ailleurs. Toutefois, ça ne veut pas dire que...

"Alors habille toi, c'est la mienne. Ma famille.
- Tu es sérieux ? Là ? Ils sont là maintenant ? »

Finalement, la panique qui m'a habitée hier quand il m'a parlé de l'article, ce n'est rien du tout en comparaison de ce que j'éprouve en cet instant présent. Je bondit hors du lit, récupérant les premiers vêtements qui me tombent sous la main, comme une enfant prise en faute. Mon cœur bat à cent... non... à mille à l'heure et mes gestes deviennent maladroits, je suis gauche, tout autant que Stephen, qui est un peu plus rapide que moi. La famille de Stephen ? En soi, je n'étais pas pressée de la rencontrer mais en plus j'imaginais que j'aurais eu des jours et des jours pour m'y préparer. J'aurais choisi une robe classique, j'aurais correctement coiffé mes cheveux, on aurait préparé un diner savamment réfléchi, tout aurait été calculé, millimétré.

Non, je n'aurais jamais imaginé cette rencontre si tot le matin, dans un appartement en désordre. Sa famille. Est-ce que je dois comprendre que c'est sa mère ? Je ne pense pas vu ce qu'il m'a dit hier mais... Oh par Merlin. Je me passe rapidement les doigts dans les cheveux pour les dompter un minimum, je lisse au mieux mes vêtements. Et je m'arrête quelques secondes, engouffrant ma tete entre mes mains. J'inspire, j'expire, j'inspire, j'expire. Il faut que je me calme. Céder à la panique n'aidera en rien. Je récupère ma baguette sur la table de chevet et arrange un peu la chambre. Autant sauver les meubles, n'est-ce pas ?

C'est encore tremblante que je quitte la chambre mais je fais à peine deux pas que la voix d'une femme me tétanise.

"Où est-elle ? Où la caches-tu ? Je suis tellement déçue Stephen, saches-le. J'ai eu ta mère, tu vas la tuer, après ton père, comment peux-tu nous faire cela ?"

Je ne sais pas exactement qui c'est mais c'est une anglaise pure souche... Et une Sang-Pure visiblement respecteuse de la lignée. Très respectueuse. Trop respectueuse. Ma gorge se serre. Ils me détestent tous alors ? Et ils vont détester Stephen également. Judith. Judith... Est-ce qu'il s'agit de sa grand-mère ? Je suis complètement perdue. Est-ce que je dois y aller ou les laisser discuter ? C'était une chose de se dire que tout le monde allait me hair, c'en est une autre que d'y faire effectivement face.

"Est-elle aussi impolie que toi ? C'est elle qui devrait me servir. Pourquoi se cache-t-elle, de quoi a-t-elle peur ? Je ne vais pas la mordre, je ne suis pas l'une de ces créatures que tu défends au Tribunal. Tu aurais du reprendre la boutique de ton père Stephen, cela aurait été un moindre gâchi."

Impolie ? Je suis bien des choses, mais certainement pas impolie ! Et comment ça c'est moi qui devrais la servir ? Quant au fait qu'elle ne me morde pas, j'ai comme un doute. Un gâchi ? Elle estime vraiment que la carrière et le vie de Stephen sont un gâchi ? Je fronce les sourcils.

“Bonjour Mrs Nott, nous ne vous attendions pas ou nous vous aurions fait meilleur accueil.”

Je ne m'arrête même pas et traverse le salon pour rejoindre Stephen dans la cuisine et, sans parler, sortir un plat de biscuits, qui iront avec le café chaud. Puis je reviens pour déposer le plateau sur la table – mais pas le café ! - et m'asseoir sur le fauteuil, assez loin pour qu'elle ne puisse pas me mordre au cas où l'envie lui en prendrait.

“Je suis Tristelle Arden. Je suis désolée que nous nous rencontrions de la sorte, mais je suis heureuse que vous soyez venue.” Personne n'est dupe de la fausseté de la phrase, mais je présume qu'il faut arrondir les angles. “Meme si je suis d'accord avec vous pour penser que ce n'était pas la meilleure façon de vous mettre au courant. Vous ne souhaitiez pas que je me cache, je présume donc que vous voulez me connaitre. Alors n'hésitez pas, je répondrai à vos questions, c'est important pour Stephen.
- Merlin et je vais tremper ces viennoiseries dans quoi ?” Eh bien, dans le café que son petit-fils peut lui servir ? D'ailleurs, elle se tourne vers lui. "Rien absolument rien du protocole elle connait.”

Elle se trompe à peine. Néanmoins, je commence à connaitre certaines choses, surtout qu'Aubin m'a bien aidée. Mais il y a une nuance entre ignorer un protocole et refuser de se plier à ce que j'estime être un fait injuste et stupide. Nous sommes au 21e siècle, et je ne vois pas en quoi ce serait forcément à la femme de cuisiner et servir le café. Je ne tremble pas sous son regard méprisant. Elle me met mal à l'aise, mais elle me met surtout en colère.

"Vous connaître, ooh mais j'en sais déjà assez, avec ce torchon dans la Gazette. Moi qui estimais ce journal. Je voulais venir en personne, pour répondre à une question, et puisque vous êtes là... Etes-vous enceinte demoiselle ?
- Parce que c'est ainsi qu'on garde un homme près de soi ?
- Non, parce que c'est ce qui aurait pu expliquer la folie de mon petit-fils.
- Je ne suis pas enceinte, Mrs Nott. Je suis étudiante en médicomagie, et Stephen travaille dur, nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir un enfant dans ces circonstances.
- Je n'ai pas épousé Warren pour que deux générations plus tard mon héritage disparaisse avec vous. Notre famille bat de l'aile et Stephen a le devoir de perdurer la lignée. La lignée PURE.
- Judith...
- Ne me coupe pas la parole Stephen, j'ai une conversation avec ton... ta... avec cette jeune femme.”

C'est bien la première fois que je vois quelqu'un capable de faire plier Stephen. C'est à la fois fascinant et dérangeant. Cette fois, ce n'est pas devant des étudiants que nous sommes, mais devant sa famille. Est-ce qu'elle pourrait couper les ponts ?

- Vous ne connaissez rien à la famille, vous n'êtes même pas venue boire le thé à la maison. Feu mon mari, jamais il aurait toléré une telle décadence de son petit fils. Il t'adorait Stephen, il doit probablement se retourner dans sa tombe. Etudiante en médicomagie, aucune femme de la famille ne l'a été. Un métier bien trop prenant. Comment pourrez-vous entretenir la maison, prendre soin de mon petit fils, de vos enfants ? Comment prendre le temps d'organiser des réceptions ? D'entretenir les liens de la bonne société. Oh Merlin, mais personne ne voudra jamais entretenir des liens avec vous.
- Parce vous m'auriez ouvert la porte pour le thé ? Si tel était le cas, alors je regrette. Je ne donnerai pas d'enfant sang-pur à votre petit-fils, c'est un fait contre lequel je ne peux rien. Je ne serais pas non plus une femme au foyer, mais certains de ses plus fidèles amis m'ont déjà acceptée, Mrs Nott. Et j'ai déjà tenu une réception. Elle n'était pas parfaite, je doute d'exceller un jour dans ce domaine, mais ce n'est pas une tradition à laquelle votre petit-fils renoncera. Quant à Stephen ou à nos enfants potentiels, je ferai comme des milliers de femmes. Je travaillerai et je leur consacrerai mon temps libre.”

Je crois que j'ai dit la pire chose qui soit, parce qu'elle multiplie les grimaces et ne cherche même pas à dissimuler son peu d'estime à mon égard. D'un coup, elle vire au rouge et regarde Stephen.

« C'est cela que tu veux Stephen ? D'une femme qui ne donnera que son temps libre à tes enfants ? Et comment éduquera-t-elle un héritier ? »

Cette conversation me semble tellement surréaliste. Je n'ai même pas dix-neuf ans, pourquoi parle-t-on déjà du fait que je pourrais avoir des enfants ? Je retiens avec peine un sursaut quand elle se tourne vers moi.

« Alors si je comprends bien, vous allez épouser ce bon parti sans élever ses enfants dans la valeur des Nott ? Sans faire attention à nos traditions ? C'est dire la considération que vous avez pour la famille. N'importe quelle autre femme sang-pur aurait tout donné pour faire briller ce nom de famille. Vous n'êtes là que pour l'argent et le confort de mon petit-fils. »

Alors là, je suis soufflée. C'est ce qu'elle pense de moi ? C'est ça que la plupart « des siens » pensent de moi ? Que je suis une... que je suis avec lui uniquement pour son argent ? Et Stephen dans tout ça ? Est-ce que c'est ce qu'il attend de moi, qu'en réalité je ne devienne pas médicomage et que je m'occupe de la maison ?

« Judith je ne peux pas vous laissez lui parler comme cela. Vous ne savez rien, vous ne la connaissez pas. Vous ne lui donnez même pas une chance.
- Une chance Stephen ? Mais elle a déjà beaucoup de chance de t'avoir, plus qu'elle ne le mérite. Que font vos parents jeune fille ?
- Mes parents ? Certainement des métiers que vous mépriserez. Car oui, mes deux parents travaillent et pourtant je n'ai jamais manqué de rien et encore moins de l'amour de ma mère. Je suis prête à respecter certaines traditions parce qu'elles lui tiennent à cœur, mais non, Mrs Nott je ne suis pas une sang-pure. Si vous le permettez, je suis suffisamment éduquée pour ne pas vous demander de partir, mais aussi pour ne pas me laisser insulter de la sorte, alors je vais vous laisser discuter en famille et laisser votre petit-fils vous faire la visite. Je serai dans mon atelier », que je termine en regardant Stephen.

J'essaie de me tenir droite et de ne pas trembler quand je quitte la pièce. Cette femme est... elle est odieuse. Ça va être ça maintenant, les commentaires auxquels je vais devoir faire face ou accepter pour qu'il ne se dispute pas avec sa famille. J'ai besoin de Jillian, j'ai besoin de lui parler, elle connait ce monde elle, elle saura me dire quoi faire. D'ailleurs, c'est ce qu'elle veut faire, elle ? Une fois sur le toit, j'essaie de l'appeler. En vain, comme souvent ces derniers temps. Alors je me mets à gribouiller sur une toile.


***


« Elle est partie ? »

Je ne tourne meme pas la tête quand j'entends Stephen entrer.

« Je suis désolée si je n'ai pas répondu ce qu'il fallait mais je... je ne suis pas ce qu'elle attend de moi. Et je ne le serai pas.  Je sais que tu aimes ta famille, et je ne te demanderai jamais d'y renoncer, mais s'il te plait, ne m'oblige pas à etre là la prochaine fois. »

Peut-être que nos deux mondes doivent rester bien séparés, au moins sur ce sujet là. Je comprends que sa grand-mère soit fâchée de la manière dont elle l'a appris. Et en effet, je ne suis pas venue boire le thé, parce que Stephen a choisi la manière de révéler notre histoire. Et peut-être que sur ce coup-là, je lui en veux un peu plus que je ne l'aurais cru.

« J'ai besoin d'un peu de temps aujourd'hui. S'il te plait. »

Je lui souris, mais aujourd'hui, il me faut digérer ça, et j'ai besoin d'être seule, je ne veux pas qu'il se confonde en excuse ou qu'il me réaffirme qu'il m'aime, je le sais. Là, tout ce que je veux, c'est du temps pour moi.

black pumpkin

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Do I belong to your world ?

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Un jour j'oublierai tout jusqu'à mon nom
Ma grand-mère ne s'est pas éternisée longtemps après le départ de Tristelle. J'aimerai que les choses soient différentes, j'aimerai que tout soit plus facile, pour ma famille, pour elle. Mais cela n'est pas possible, je peux au moins faire en sorte d'accompagner Tris dans tout ça, si elle le souhaite, si elle supporte qui je suis, ce que cela implique. Ma grand-mère a été odieuse, mais je la connais depuis tellement d'années. Elle tient le patrimoine des Nott d'une main de fer, elle n'a jamais eu la réputation d'avoir un gant de velours autour. Elle est redoutable, puissante, et même moi je me sens comme un moins que rien à ses côtés, j'ai appris à la respecter, à ne rien dire, ne pas la contre dire. Pourtant là, je me suis sentie si mal. Je n'aurai jamais été dans cet état avec une autre femme à mes côtés. Parce que la femme en fasse aurait été une sang-pur qui aurait une grand-mère tout aussi austère que la mienne. Rien à voir avec Milie, qui a pris ma défense dès les premiers instants. Je voudrai offrir à Tristelle une famille aussi facile, aussi ouverte. Mais ce n'est pas le cas. Je n'ai jamais choisi d'être un Nott, de vivre avec tout ceci sur mes épaules. je n'ai jamais demandé à avoir autant de responsabilités si tôt, d'être trainé dans des diners étouffants et ennuyeux qui étaient très important pour mes parents. Je n'ai jamais demandé d'être corrigé à chacun de mes mots, de mes pas, de mes mouvements. Je n'ai jamais demander d'être ce fils là, même si aujourd'hui je l'assume, cela n'a jamais été toujours évident, et si à l'âge adulte on s'adapte, enfant c'est compliqué. J'ai compris plus tard, je comprends maintenant ce que me vaut cette éducation, mais aujourd'hui j'en fais les frais. Et pas seulement moi, celle que j'aime le plus en ce bas monde. Celle qui m'aime pour celui que je suis, celui en coulisse, celui à ses côtés. Celui derrière le piano, au dehors des projecteurs.

Je monte la rejoindre, j'ignore trop bien encore ce que je vais lui dire, ce que je peux faire pour la rassurer. Mais finalement quand j'arrive, je suis happé par l'ambiance de la pièce, remplie de son humeur, et ce n'est pas bon. Pas bon pour moi. Elle ne se tourne pas, ne me regarde pas. Elle s'excuse de son comportement. Je voudrai lui dire que je gère cette partie là. Que je rattraperai tout, que c'est mon rôle de bon fils de famille. Je me rends compte que j'ai bien fait de refuser le diner proposé par ma grand-mère. Elle m'a assuré que je n'aurai managé aucune femme sang-pur digne de ce nom, non sans me lâcher un mot à mon ancienne amie Milana. C'est drôle, là, elle n'a pas écorché son prénom, alors que pendant dix ans c'était à peine si elle savait le prononcer.

« J'ai besoin d'un peu de temps aujourd'hui. S'il te plait. »

Son sourire me sonne faux, mais elle fait des efforts pour me faire avaler son besoin. Je ne fais que hocher la porte et je ferme lentement la porte derrière moi. Je sors, il faut que je sorte. J'ai une boule au ventre, un sentiment inconnu. Je n'ai jamais entendu une femme me dire qu'elle avait besoin de temps, me repousser comme cela. De la part de Tris, cela est douloureux, plus que je ne l'aurai imaginé. Je n'ai jamais été éconduit, même si je comprends ce qu'elle veut me dire. Oui ma grand-mère a été désagréable. Je me rends compte que peut-être j'ai fait une erreur, et je n'en fais jamais, et c'est désagréable de le ressentir. Je peux me tromper, je peux avoir tort, comme quand j'ai cru toutes les horreurs sur le compte des nés-moldus. Mais faire une erreur et l'admettre ? Et si j'ai mal comme cela, c'est que j'ai peur, peur de la perdre, la seule qui m'est précieuse.

Alors que tout mon monde bascule, que tout part en vrille, que j'assume enfin qui je suis, ce que je veux : elle. Et bien elle me tourne le dos, combien de temps ? Quel espace lui donner ? N'importe quelle femme aurait aimé ce qu'elle aurait lu dans la presse. Elle m'aurait parlé du mariage, des enfants, du prochain repas avec la famille. Mais Tris n'est pas ce genre de femme. Elle est différente de toutes les femmes. Et c'est en cela que je l'aime. Mais aujourd'hui, cet amour me bouleverse, je perds mes repères. Qu'est-ce que je dois faire ? Un peu de temps, cela veut dire quoi ? Est-elle en colère contre moi ? Qu'est-ce que je dois faire pour que cela lui passe ? Je passe une main dans mes cheveux, paumé. Ce sentiment est nouveau, c'est une première. Je me sens bête, à ne pas savoir quoi faire, comment agir. Tu parles du grand Nott.

J'essaie de me calmer, de me rassurer avec cette seule phrase : Tristelle sera toujours la femme de mes première fois.

Je décide de quitter l'appartement, parce que je sais que je ne pourrai pas lui donner l'espace voulu, et que je finirai par craquer et aller la voir, m'excuser. Mais je ne sais pas de quoi. De ma grand-mère ? De l'interview ? J'appelle Garrett, qu'il me rejoigne au bar ou à la salle de sport. Il faut que je me change les idées. Avant de partir, je laisse un petit mot sur la table, lui disant de ne pas s'inquiéter, que je rentre un peu plus tard.

Quand je reviens, toutes les lumières sont éteintes et je vérifie qu'elle est toujours bien chez nous. J'en suis soulagée. Je n'ose pas prendre ma place dans le lit, surtout que Merlin ce traite est déjà pelotonné contre elle. Mais on ne peut pas être jaloux d'un chat n'est-ce pas ? je décide de prendre mes quartiers dans le salon. De toute façon, le canapé, vu le prix qu'il a coûté doit être aussi confortable que le lit.

Quand je me réveille le matin par la lumière des rideaux qui ne sont pas tirés, je décide d'aller faire un copieux petit déjeuner. Je veux lui faire plaisir, et ça marche toujours non la nourriture ? Je me lance dans la création de sucré et de salé, digne d'un hôtel Cooper. Je me rends compte que je cuisine depuis presque une heure quand elle arrive dans la cuisine. Je perds de suite mon aisance que j'avais derrière la poêle. Je ne me sens pas à l'aise, je ne sais pas comment elle se sent. Si je ne suis pas trop intrusif ou j'en sais rien. Est-ce qu'elle voulait plus de temps ? Mais est-ce que cela signifie disparaitre totalement pendant des jours. Non mais vraiment, je n'aime pas cette situation que je ne maitrise pas. Je me dis que je ne comprendrai jamais totalement les femmes. J'ai jamais eu à les comprendre. Pas des femmes comme elle. Je l'aime.

"Bonjour, est-ce que, est-ce que tu vas bien ?"
"Ça va toujours quand on se réveille avec ces odeurs. Ça fait longtemps que tu es levé ? Je ne t'ai pas entendu. Ni te coucher ni te lever..."

Elle s'approche du plan de travail pour humer les senteurs et embrasser mon épaule. Je devrai me détendre, mais je me sens encore à marcher sur des œufs. Est-ce qu'elle va m'en vouloir aussi pour ne pas avoir dormi avec elle ? Ça aussi c'était une erreur. Mais je sais pas, je sais pas OK. Comment on peut se sentir le roi du monde dans un tribunal, et si petit face à elle ? Si perdu. Elle veut de l’honnêteté, juste de l'honnêteté Stephen.

"En fait, j'ai dormi dans le salon, je ne savais pas, combien de temps il te fallait. En fait j'ignore s'il t'en faut encore ?"

Je la regarde gêné.

"Dans le... Stephen, j'étais contrariée et je venais de me faire incendier par ta grand-mère alors oui, j'avais besoin de quelques heures parce que c'était trop d'un coup, mais c'est tout." Elle me prend les avant-bras. Je me détends un peu plus. "Je crois qu'il va surtout qu'on apprenne à se parler toi et moi" Je lui retourne son tendre sourire.

"Je sais pas faire Tris, je sais pas demander pardon ou ... j'ai bien vu que je t'avais blessé. Je me rends compte, par ton comportement que je n'ai pas bien agis. Mais je pensais bien faire. Cet interview. Ma grand-mère n'aurait pas du arriver comme cela. Elle sait dire le choses qui font mal, je n'ai pas été épargné non plus."
"Et moi je ne sais pas être exposée, je ne sais pas comment réagir quand tout le monde sait tout de moi. Promets-moi juste de ne plus me prendre au dépourvu, quant à ta grand-mère, on verra ensemble comment agir si elle veut nous revoir. Je sais que tu as voulu bien faire, il y avait simplement peut-être moyen de le faire plus en douceur. Que dirais-tu qu'on sorte aujourd’hui. On va dehors, on se balade. Les gens nous verront ensemble et ça me semblera plus naturel et moins brutal qu'un article de presse. Qu'est-ce que tu en dis ?"
"Oui, oui tu as probablement raison, je ne réalise pas tout cela. Je n'ai jamais eu à le faire. Je sais qu'il faut qu'on apprenne à se comprendre. Je ne dois pas oublier que je ne suis pas seul, que ton avis compte, tes envies. Pourtant ça me plait de les avoir, crois moi, mais ce n'est pas un réflex. On m'a appris à tout gérer, tout le temps."

Je viens la prendre dans mes bras. Sentir le parfum laisser par les draps encore sur elle. J'aime la sentir plein de sommeil, sa peau douce contre la mienne. J'aime la savoir là, près de moi.

"Tu aimerai aller dans un endroit particulier ? On peut sortir la journée, manger au restaurant ce midi."
"J'adorerais aller au restaurant. J'ai envie d'aller au Victoria Park. Le marché de Noël vient d'ouvrir, et je crois qu'on a beaucoup de très beaux cadeaux à faire pour nous faire pardonner auprès de ta famille. Et on apprendra à gérer à deux tandis que tu pourras commencer à m'apprendre le protocole. ça marche ?"

Je viens l'embrasser.

"Oui ça marche. Ça ne sera pas toujours facile. Mais j'irai parler à chacun, avec ou sans toi, selon ce que tu te sens capable. Je te promets que je ferai tout pour que tu te sentes le mieux possible dans ma vie, dans celle des Nott. C'est une famille que tu vas devoir étudier, il n'y a pas d'autre mot. Tu ne peux pas la connaître, l'apprendre, tu ne peux que l'étudier. Et tu t'en sortiras, j'en suis sûr."

C'est comme un cours d'histoire de la magie. Même si les contrôles sont réguliers et intraitable, pas de rattrapages possibles. Enfin, pas sans dommages.

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