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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Décembre 2021.

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Ne dis pas à ton prochain, va et reviens, demain je te donnerai, quand tu as de quoi donner.
Lundi 15 Novembre 2021

La nouvelle de ma nature a eu l'effet d'une bombe dans la communauté magique en Octobre. Mais étrangement, je me suis fait autant d'amis que d'ennemis sur le plan politique. Beaucoup ont désapprouvé qu'un loup-garou soit à la tête du Ministère, je les comprends, il y a encore quelques mois, je ne l'aurai jamais accepté. Et même si je l'ai pensé très fort, personne n'a parlé de destitution. J'ai étrangement gardé mon titre, signe que la tolérance et le changement sont en train de se mettre en place. Je suis toujours le Ministre de la Magie et je compte toujours changer les choses. J'ai reçu beaucoup de hiboux, pas mal de beuglantes aussi, que mon assistant Alexander Hayes a du traité. Certaines ont explosé dans son bureau, car elles ont été ouvertes trop tard, elles hurlaient que je devais être jugé et que je devais montrer l'exemple de la Silver Line. Que j'étais responsable de la mort de mon ancienne collègue et Directrice Hermione Weasley-Granger. Cette histoire me poursuivra toute ma vie, même sans qu'on me le rappelle.

J'ai les journalistes du monde entier en bas du Ministère et il faut jongler avec des demandes d'interview, des conférences, de nombreuse réunions avec l'international. Je comprends les questionnement et le bouleversement qu'une telle nouvelle a apporté au monde de la magie. J'en suis moi même encore bouleversé. Je ne fais toujours pas à ma nature de loup, alors je ne peux pas demander à ma communauté de le faire plus rapidement que moi. Beaucoup - et c'est grâce à eux que je suis encore là - croient en moi, et me permette de rester au poste. Je ne peux tout simplement pas les décevoir, pas maintenant que je dirige le pays. Même si je passe le plus clair de mon temps à réorganiser le Ministère, tous les Départements, à refaire la politique du Royaume Unis, à changer les lois, ma priorité est de protéger ma fille et sa mère. Et il y a un point noir dans l'horizon de la paix. Ce sont les registres qui recensent toutes les créatures magiques. Il faut que je les récupère tous, et qu'ils soient gardés au sein du Département de Régulation et Contrôle des Créatures Magiques. Département que je vais restructurer et modifier. Il ne faut plus que de tels registres soient entre les mains de n'importe qui, et j'entends pas là des Purificateurs. Et c'est pour cela que je me rends personnellement dans chaque structure, chaque bâtiment, chaque école pour récupérer ces précieux documents.

Poudlard reste un gros point noir à cause de son Directeur Shane Baker. Il me faut encore des preuves et quelques recherches pour monter un dossier solide et le faire renvoyer de Poudlard. Cela prend du temps, et ma visite ne fera qu'avancer d'avantage l'enquête. Je sais personnellement que Shane est un Purificateur, mais il est prudent et malin, je ne dois pas le sous-estimé. Je suis accompagné de quelques Auror et d'un avocat (conseillé par mon beau père le juge Hayes) quand j'arrive sur le pont devant la célèbre école de sorcellerie. Je marque un temps d'arrêt en regardant le château devant moi. Le vent fouette mon visage et je découvre les odeurs environnantes différemment du temps où j'y étais élève, du fait de ma condition de loup. J'ignorais que le château avait une odeur aussi prononcée. Il sent la vieille pierre et la magie. Je sens les odeurs du lac aussi, et celles de la forêt interdite. Tant de choses qui n'étaient pas à ma porté quand je n'étais qu'un simple sorcier. Alors que mes talons claquent sur le sol de pierre, puis celui du bois du pont qui mène jusqu'à l'entrée, je me remémore le passé.

Je me souviens de chaque minute dans cet établissement. Il n'a jamais été un refuge, ni un havre de paix. Mon début ici a été bien plus douloureux que tous les sévices de mon père. Car j'ai du laisser derrière moi ma jeune sœur seule avec cet homme. De ses huit ans à ses onze ans, elle est restée avec lui, jour et nuit. Pendant que moi j'étais ici, échappant à mon sort. Quatre années de tortures où je rentrai à chaque vacance, pour la retrouver encore un peu plus abattue, mais si forte. Je n'ai vraiment pu respirer que lors de ma cinquième année, quand elle est arrivée à Poudlard. Nous ne sommes plus jamais revenus au domicile familial, seulement pendant les vacances d'été. Et dès que j'en ai eu l'âge, j'ai pris un appartement pour vivre avec elle, et échapper au courroux de notre père. Je me souviens que c'est dès mon entrée à Poudlard que j'ai cessé de sourire, et je me rappelle bien que je voyais les gens joyeux, enjoués tout autour de moi dans la Grand Salle, lors de la Répartition du Choixpeau. Ils semblaient tous heureux, alors que pour moi ce concept m'était encore inconnu.

C'est le professeur Daisy O'Conell, directrice adjointe de Poudlard et directrice de la maison Serdaigle qui me chasse de mes pensées. Elle est accompagnée du professeur Allen Spencer, Directeur des Poufsouffles. Tous deux sont vêtus de leur meilleure cape et se tiennent droit sur les dernières marches qui mènent à la porte d'entrée. Ils ont tous les deux le sourire.

"Ravie de vous recevoir Monsieur le Ministre. Monsieur Baker a du s'absenter juste avant votre venue."

Je ne suis pas surpris. Même si je m'attendais à le voir, je savais qu'il y avait de grande probabilité qu'il fuit le château durant ma visite. Je vous l'ai dit, il est malin. Je monte les marches alors que les Auror sont déjà sur le qui vive. Je serre la main des deux professeurs, régulant ma force.

"Ravi de vous rencontrer. Et merci d'avoir accepté de le remplacer miss O'Connell."

Allen Spencer me dit quelque chose, j'étais à Poudlard en même temps que lui. Rapidement je demande à voir le bureau des Brigadiers de Poudlard. Je veux dissoudre cette organisation. Je ne vais pas encore l'annoncer, mais les Brigadiers n'auront plus lieu d'être quand Shane sera destitué.

"Voici ce que vous avez demandé Monsieur le Ministre."
"Appelez moi Monsieur Avery, je vous en prie."

Je récupère les parchemins. Ce sont les registres, j'y jette un œil très attentif et lis les noms présents. Quelques loups, quelques vampires, des demi-vélane (comme ma compagne), une poignée de demi-géant. Beaucoup de créatures en danger sur ce papier. Mon sentiment est étrange, il y a quelques temps de cela, j'avais ce genre de papier entre les mains, et cela ne me posais pas de problème. Mais à présent, j'ai l'impression de tenir quelque chose de répugnant. Peut-être parce que j'imagine le nom de ma fille dessus.

Toute la matinée je fais le tour de Poudlard, je rencontre les professeurs, les Préfets et Préfets en Chef. Mais aussi Carter, le responsable des Brigadiers. Il peine à me serrer la main, et je ne minore pas ma force cette fois, je lui broie littéralement la main, ce qui lui vaut un rictus encore plus méprisant. J'ai la chance aussi de rencontrer certains élèves positionnés sur le registre que j'ai récupéré. J'accepte de rester manger avec eux, mon avocat n'a toujours pas fini les procédures pour s'assurer qu'il ne reste plus aucune trace de ces noms ici au château.

Je me laisse aller alors à regarder la foule d'élève, très impressionnés pour certains de voir le Ministre de la Magie manger dans leur Grand Salle. Je perçois diverses odeurs. Entre les plats, les bougies, les parfums, la sueur que j'ai du mal à déterminer encore - et à m'y faire - je sais reconnaître mon gêne, celui du loup. Et j'aperçois alors un regard perçant. Quand je m'attarde sur cet élève, je suis intrigué. Il ne me regarde pas comme les autres. Il n'est ni heureux, ni en colère de me voir. C'est différent, c'est difficile à déterminer. Il est bien trop loin pour que je puisse lui parler. Il a des cicatrices sur son visage. Une grande, qui traverse sa joue jusqu'à son nez. Son teint fait maladif. C'est quelque chose qui me fait écho. Même si les cicatrices de mon père n'ont jamais été visibles, qu'elles sont cachées sous mon costume trois pièces, elles pèsent lourd. Dès qu'il détourne son regard, je me penche alors vers Allen Spencer et lui demande discrètement qui il est.

"Theodore Boswell, un jeune insouciant de 6ème année chez les Serpentard. Si vous voulez mon avis il..."

Je lève une main avant qu'il ne continue.

"Je ne voulais pas un avis, juste son nom. Merci Monsieur Spencer."

Mon ton était sec, je le reconnais. Je n'ai pas besoin de savoir ce que pense ce professeur de cet élève. Si les professeurs avaient parlé pour moi autrefois, je ne serai probablement pas Ministre de la Magie. Ils étaient toujours inquiet que je sois si sombre, catalogué de petit fils de Mangemort. Les Avery ont un lourd héritage, et je me suis battu jusqu'à aujourd'hui pour changer l'image de ma famille. De plus, je ne suis pas venu ici pour me faire des amis. Même si je suis sûr que mes responsables de communication voudraient que je fasse plus d'efforts pour être avenant. Mais Poudlard n'est pas le lieu de prédilection pour que je fasse de faux sourires. Je n'aime pas cet endroit.

Le repas semble interminable, et j'ai bien envie de secouer mon avocat pour qu'il se dépêche de finir l'administration. Mais cela ne serait pas très protocolaire, surtout pour moi. Je décide donc de parcourir le parc pour tuer le temps, rester ici entre ces quatre murs m'étouffe et me fait remonter de mauvais souvenirs. Je demande aux Auror de rester à distance, j'ai besoin de respirer, seul. Ils sont inquiets pour moi, mais qu'on s'entende, je suis capable d'assurer ma propre sécurité dans une école au milieu d'adolescents. Si j'ai accepté leur présence, c'est pour rassurer tout le monde, certainement pas moi. Surtout que je viens d’apercevoir le jeune homme de la Grande Salle. Seul, comme je m'y attendais.

Je m'avance alors vers lui, et quand le vent tourne, et arrive à mes narines, je n'ai plus aucun doute. Il s'agit d'un loup, un loup qui n'est pas sur mon registre. J'ai vérifié en sortant de table tout à l'heure, pas de Boswell, pas de recensement. Mais je n'étais pas sûr, jusqu'à ce que je le sente.

"Peu de blessures laissent une trace aussi indélébile sur la peau. La médicomagie a ses limites quand il s'agit des blessures causées par des sévices magiques, ou encore, des créatures magiques."

Difficile, que dis-je, presque impossible de faire disparaitre les traces d'un fouet magique, d'un sortilège impardonnable, d'une morsure de vampire, de loup, ou encore d'une griffure. Je regarde le ciel, on peut y deviner la lune, comme un calque, une esquisse. La pleine lune sera dans quatre jours. Vendredi 19. Je suis toujours extrêmement nerveux à son approche. Je bois la potion tue loup depuis vendredi dernier.

"C'était il y a longtemps ?" Sa morsure.

J'évite son regard, le laissant parcourir les eaux sombres du lac.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Tu me connais vraiment. Ce n'était pas moi, là c'est moi. C'est moi maintenant. Je ferais n'importe quoi pour toi, pour que tu vois qui je suis, l'homme qui t'aime plus que son propre souffle, l'homme qui danse aux mariages et te regarde dormir, l'homme qui ne peut pas commencer sa journée sans que tu l'embrasses, l'homme qui préférerait mourir plutôt que de vivre sans toi. Ça, c'est moi, c'est ce que je suis.

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Était-ce un flocon de neige qui venait de tomber, s’écrasant contre la fenêtre de ce lieu vide de tout individu ? Enfin vide était un bien grand mot, à vrai dire, Theodore était présent, assit contre la fenêtre, regardant passer les quelques nuages sombres, et la surprise était présente lorsqu’un léger flocon apparut, glissant lentement mais surement avant de s’échouer sur le verre. C’est peut-être à ce moment-là que le jeune sorcier s’aperçut qu’il était tard, horriblement tard et que s’il ne bougeait pas ses fesses de ce couloir vide, il serait en retard pour son premier cours de la journée.

C’était sans grande envie qu’il s’avançait en direction de ce cours, alors que son esprit se demandait encore pourquoi s’amusait-il encore à aller en cours ici. Le début de cette matinée n’était pas des plus idéales, le jeune sorcier s'était réveillé avec une mauvaise blague trônant dans son lit, une grande partie de ses vêtements déchirés, accompagné par quelques livres. Puérile, et infecte, pourquoi diable continuait-on à le punir ainsi ? Peut-être que si les personnes lui offrant ce genre de supplice étaient des anciennes victimes, il accepterait surement un tel châtiment, mais non, ce n’était que des idiots, anciens amis, qui en vue de sa situation s’amusaient à le torturer à petit feu.

Personne ici n’était au courant de sa situation… De Loup, un secret bien gardé, mais autour de sa nouvelle façon de pensé, et sa mine effroyablement maladive, et de ses cicatrices, beaucoup de rumeurs circulaient. Ses anciens camarades, aussi immonde que lui, l’était, aimaient rabaisser les autres, lui était devenu une cible parfaite à leurs yeux, incapable de dénoncer, répondant qu’une fois sur deux, ancien chef de ce même groupe, c’était la cible idéale.

Alors, n’ayant pas d’appétit, il s’était réfugié dans un couloir laisser à l’abandon en vue de l’heure, incapable de regarder en face ces personnes qui le méprisaient, ou le regardaient avec pitié. C’était un regard assez rare que l’on posait sur lui, mais il le détestait encore plus, surtout lorsque ces personnes le regardaient ainsi, étant sûr que sa pauvre mère folle le frapper alors que son père avait perdu sa fortune. Bruit de couloir stupide, mais qui l’arrangeait bien au fond.

Le premier cours était… Des plus épouvantables. À peine arrivée, en retard de surcroît, le jeune Serpentard se retrouvait au côté d’une personne qui le haïssait plus que tout. Bon, il méritait ce regard répugnant, quelques mois avant l’accident, le jeune sorcier c’était ouvertement foutu de ce pauvre Poufsouffle, humiliant ce dernier. Des excuses ? Cela ne servait à rien, alors sans bruit le loup griffonnait sa page blanche, tachant celle-ci de son encre, tout en sentant l’animosité de son camarade a son égard. Une tension palpable, qui lui donnait mal à la tête.

Il fut en joie lorsque le repas survînt, arrivant enfin à manger, même si ce n’était qu’une demi-assiette. Mais ce repas fut… intéressant, réellement, mais aussi étrange.

Avant le repas, des bruits de couloir sur la venue du grand Avery avait glissé jusqu’à ses oreilles, et lorsque son regard se posa sur l’individu, cela lui coupa le souffle. C’était étrange, réellement étrange, une odeur qu’il ne connaissait pas lui enivrait les narines. Ce n’était pas l’odeur de la nourriture, mais celle d’autre chose. Sans réellement s’en rendre compte, le jeune sorcier avait abandonné son assiette pour poser son regard sur le sorcier. De longues minutes à le fixer, clignant à peine ses paupières. Ce fut lorsque ce dernier osa un regard qu’il comprit que quelques choses chez lui l’intrigué, quelque chose que le loup en lui souhaitait connaitre. Bien vite, il détournait son regard, frottant son nez, avant de replacer ses lunettes convenablement devant ses yeux.

Theodore hésitait quelques instants, avant d’enfin glisser ses doigts contre sa plus grosse cicatrice. C’était une manie qu’il avait, et souhaitait se débarrasser. Lorsque quelqu’un posait son regard sur son visage meurtri, il glissait ses doigts sur ses marques hideuses qui avaient enlaidi son visage. Malgré les mois passaient à vivre avec ces choses sur son visage, le jeune sorcier avait encore bien du mal à les accepter. D’après son père, ce ne serait qu’une passe, que dans quelque temps il ne ferait plus attention à ces choses, que ce n’était pas si horrible, pas si moches, qu’il restait beau. Car oui, il se préoccupait plus que tout de sa beauté. Toute sa vie on lui avait fait d’innombrable compliment sur sa gueule d’ange, maintenant on le regardait avec tristesse et dégoût à cause de ceci.

Le repas terminé, Theodore quittait la grande salle, arpentant les couloirs à la recherche de son prochain cours. Cette sensation, il ne devait plus y penser, personne ici ne devait savoir, personne à par ses parents ne devait être au courant de la situation, pas même le ministre, surtout pas le ministre. Mais il y avait quelques choses, au fond de lui, qui était réellement intrigué par cet homme.

« Le cours est annulé ! »

Le cri qui parvenait à ses oreilles réussies l’exploit de le sortir de ses songes. Une mine réjouie s’affichait enfin sur son visage alors que d’un pas peu sur, le jeune sorcier s’aventura au-delà du bâtiment, voulant se dégourdir les jambes, et surtout l’esprit. Mentalement, le voilà à calculer les jours le séparant de la prochaine pleine lune, et celle d’après, et celle d’après, et celle d’encore après. Un soupir s’échappa de ses lèvres, alors que ses paupières, désormais closes, ne semblaient pas vouloir se rouvrir. Car c’est en inspirant de nouveau qu’il s’aperçut qu’il y avait encore cette même odeur, celle qu’il y avait au banquet, celle qui pourtant, ne semblait pas être aux autres banquets. Celle que dégageait Avery.

C’est alors que la voix du ministre arrivait à ses oreilles, le faisant légèrement sursauter. Il avait bien senti qu’une personne c’était approcher, mais il espérait plus que tout que cette dernière n’ouvre la bouche pour lui adresser un quelconque mot. Pinçant ses lèvres, son regard se mit à fuir la personne face à lui, cherchant n’importe quel point à fixer le temps de cette conversation. Et quelle conversation d’ailleurs ! Avery semblait avoir compris son petit jeu.

De sa voix tremblante, il répondait vaguement, essayant du mieux qu’il pouvait contenir la peur en lui. Il avait l’impression d’étouffer, qu’une personne lui serrait la gorge, alors que son cœur avait cédé sous se stresse qu’il se mettait lui-même. Il fuyait du regard son interlocuteur, tout en essayant de fuir d’autres mots autour de ses cicatrices.

« De quoi parlez-vous ? »


Expirant doucement, la phrase du ministre repassait en boucle dans sa tête. Peut-être s'était-il fait un film, beaucoup pensait que sa mère était responsable de ses marques. Par pitié, l’homme était venu le voir ? C’était bien beau de rêver, mais un ministre ne viendrait pas jusqu’à vous pour vous consoler d’une mère abusive.

« Ah ça… Ce n’est rien, juste… un mauvais sort ! »

pieux mensonge, et quel mauvais menteur, tout en lui puer le mensonge et la peur à ce moment précis. Il regrettait presque de devoir... Non que dis-je, de vouloir finir ses études ici ! Afin d’appuyer ses dires, revoilà le jeune élève de Serpentard continuait son baratin, espérant que sa terrible mystification n’apaise pas les soupçons de l’autre homme.

« Vous savez ce que c’est, être jeune et vouloir s’exercer en douce avec sa baguette. »

ans se rendre compte de rien, sa main c’était échouer sur son nez, cachant la marque qui traversait son visage. Un sourire tout aussi faux que sa dernière phrase essayait de fleurir sur son visage, alors que d’un pas, il reculait, comme pour instaurer une marge de sécurité, au cas ou la fuite serait à prévoir. C’est d’ailleurs en reculant, que le jeune élève de Serpentard osait un regard sur l’autre sorcier. Ce regard ne dura qu’une demi-seconde, avant de rabattre ses yeux sur le sol, espérant y découvrir le plus beau trésor au monde, ou un trou pour sa future évasion.

Sans grande surprise, le sol n’abritait que ses chaussures, et celle du ministre. Très belle chaussure d’ailleurs, son père avait presque les mêmes, mais en marrons clairs… Ou en bleu marine. Mais celles-ci étaient vraiment belle de cette couleur, surtout avec la couleur verte du sol entourant l’objet… Bah le voilà à partir sur la contemplation de chaussure plutôt que de s’attarder sur Avery.

« Jolie chaussure. »

Au moins, avec ce genre de phrase, peut-être que l’autre homme le laisserait en paix.


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Ne dis pas à ton prochain, va et reviens, demain je te donnerai, quand tu as de quoi donner.
Lundi 15 Novembre 2021

Tout le trahis et pourtant il persiste à mentir. Il peut y avoir plusieurs raisons à cela. Il ne sait pas que je peux sentir son odeur, et s'il ne le sait pas, c'est qu'il a été mordu récemment, et qu'il ne connait pas bien les rouages de la lycanthropie. Cela veut donc aussi dire qu'il n'a probablement jamais connu le loup qui l'a mordu. Liam, l'un des Chefs des Insurgés, un loup-garou, m'a bien expliqué que normalement, tout comme les vampires, les "créateurs" étaient censés guider, éduquer les personnes qu'ils transforment. Ils doivent les accompagner et ne pas les laisser dans la nature. Cela veut dire qu'il y a encore bien des loups irresponsables et dangereux dans les forêts. Il est tellement jeune. Je ne suis pas un grand sentimental, mais je peux sentir la peine que j'ai pour lui. J'ai vu ma vie dévastée le jour où j'ai été mordu, mais j'avais au moins dix ans de plus que lui.

Il ment aussi, car il sait très bien qui je suis. Je suis celui qui, il y a quelques temps de cela, a instauré la peine de mort et des Lois séparatrices pour les jeunes comme lui. Il a pris soin de cacher sa nature, de ne pas se faire recenser pour continuer ses études, ou pour faire profil bas. Et qui suis-je, vis à vis de ce que j'ai caché moi-même, pour le juger ? Je sens sa peur, à travers sa voix qui tremble, son regard qui me fuit, son cœur qui bat si fort dans sa poitrine. Tout cela je peux le sentir, comme l'entendre, grâce à la créature que je suis devenu. Il est plus facile d'étudier et de comprendre les gens depuis que je suis devenu ce monst... ce loup. Je me retiens de le regarder aussi, à vrai dire, ses cicatrices me dérangent, n'ont pas parce qu'elles incommodent mon regard, mais juste parce qu'elles me rappellent les miennes. Toutes les miennes. Celles de mon père et de sa colère. Celles d’Élisabeth. En Février, cela fera deux ans que j'ai été mordu par cette louve.

« Ah ça… Ce n’est rien, juste… un mauvais sort ! »
"Un très mauvais sort. Je vous l'accorde."
« Vous savez ce que c’est, être jeune et vouloir s’exercer en douce avec sa baguette. »

Il ne croit même pas en son mensonge et son sourire est aussi faux que les miens. Le bruissement sur la surface du lac m'empêche de jeter un autre regard sur lui. Je me souviens que je passais beaucoup de temps à regarder le calmar géant venir récupérer des bouts de pain que je lançais ici quand j'étais étudiant. Il était plus intéressant de le regarder du parc que de la fenêtre de la Salle Commune des Serpentard. C'est aussi un prétexte pour fuir mes camarades. Je sens son mouvement de recul, et je ne peux pas le lui reprocher. Depuis que je suis un loup, je suis en permanence sur le qui-vive.

« Jolie chaussure. »

C'est bien la première fois que je ressens l'envie de rire de manière aussi spontané. Et étrangement, alors que ça devrait être agréable, cela me dérange. J'hésite un instant entre rester ou partir d'ici. J'ignore ce que je suis en train de faire ? J'ignore pourquoi, parmi tous les élèves, je vais le voir lui. Et surtout, pourquoi j'ai eu besoin de le voir ? Cela ne me ressemble pas. Je ne viens même pas pour le réprimander, ni lui faire une leçon, ni le "réguler". Honnêtement, je n'ai pas la moindre intention de le dénoncer, peut-être que j'ai tort ? Peut-être que c'est une erreur ? Et de penser comme cela, c'est inédit. Même en étant un loup, j'étais prêt à tout pour faire tomber ces créatures. Mais qu'est-ce que je peux faire contre un gosse qui fait diversion en parlant de mes chaussures ?

Je n'ai jamais eu à me préoccuper de personne d'autre que de ma sœur avant... avant ma morsure. Et je me retrouve avec une femme et une fille que je n'ai jamais voulu. J'étais cet homme qui refusait le mariage, qui refuser de fonder une famille. Le grand héritier Avery, sempiternellement célibataire, sans héritier. Et contre toute attente, je suis sur le point de demander une femme en mariage, la mère de ma fille. Amy s'est pointée sans que sa mère et moi ne nous y attendions. Et elle a changé ma façon d'être, de voir le monde, de voir mon avenir. Je dois assurer le sien, je dois assurer pour son avenir. Aaliyah me dirait de rester, de continuer à parler à ce garçon si c'est mon instinct qui me le dicte. Car je ne vois pas autre chose. Ce n'est pas moi, c'est ce loup qui m'a poussé jusqu'à lui. Son odeur, ses marques. Mais je n'ai pas encore appris à écouter mon instinct, alors peut-être, comme j'ai du temps à perdre à attendre mon avocat, peut-être que je devrai rester ? C'est une lutte intérieure qui surgit en moi. Je serre mon poing, un poids écrase ma poitrine, mais je reste.

"A vrai dire, elles ne sont pas aussi confortables qu'elles sont belles. J'ai une envie impérieuse de les déchausser pour courir dans l'herbe. C'est souvent le cas quand la pleine lune s'approche. C'est assez désagréable."

C'est toujours désagréable en cette partie du mois. Je déteste toujours autant après deux ans l'effet que la lune a sur moi. Je déteste cette rage sourde que je peux sentir plus forte, cette sensation d'être plus proche de l'animal que de l'homme. Et je déteste imaginer que je vais être enfermé toute une nuit, alors que j'ai passé mon enfance dans la cave de mon père. Je fais quelques pas vers lui, lentement, je ne veux pas lui faire peur. Je ne sais pas comment m'y prendre. Il n'est peut-être pas obligé de parler, de me répondre ? D'ailleurs je ne sais même pas ce que je dois dire moi même. Pourquoi je suis là ? Ce n'est pas une bonne idée. Je n'aime pas les enfants, ni les adolescents. A vrai dire, je crois n'être capable que d'aimer ma propre fille. J'ai l'impression d'entre la voix d'Aaliyah qui me dit de me faire confiance. J'ai un rôle à jouer depuis que je suis Ministre, et si je veux que les gens y croient, je dois y croire aussi.

"Cette odeur qui flotte dans l'air, c'est comme une odeur de pétrichor, vous ne trouvez pas ? L'odeur que prend la terre après la pluie. Je sais que vous la sentez quand je suis à côté de vous. C'est elle aussi qui m'a guidé ici."

C'est l'odeur du loup. De notre gène. C'est ce pourquoi on se reconnait entre nous. Je réajuste ma cravate, qui est pourtant parfaitement droite. Voilà que je me sens plus nerveux que je ne devrai l'être. Je semble si ridicule à lancer des paroles en l'air, alors que je suis d'habitude si sûr de moi. C'est ce qui me qualifie le mieux d'ailleurs. Et là, je suis un parfait politicien qui ne sait pas parler à un adolescent loup-garou. Aaliyah je me sens tellement ridicule.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Tu me connais vraiment. Ce n'était pas moi, là c'est moi. C'est moi maintenant. Je ferais n'importe quoi pour toi, pour que tu vois qui je suis, l'homme qui t'aime plus que son propre souffle, l'homme qui danse aux mariages et te regarde dormir, l'homme qui ne peut pas commencer sa journée sans que tu l'embrasses, l'homme qui préférerait mourir plutôt que de vivre sans toi. Ça, c'est moi, c'est ce que je suis.

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Serait-ce lâche de partir en courant, là tout de suite maintenant ? Son mensonge était des plus pathétiques, il l’enfonçait plus qu’autre chose, pourtant il avait préparé d’innombrable phrase toute prête, pour chaque question liée à ses immondes choses barrant son visage. Mais il n’était pas préparé à ça, à ce genre de chose. Pourtant il n'avait une forte imagination, mais s’imaginer un jour une quelconque conversation avec le grand ministre Avery, sur ses putains de cicatrices, ça jamais !

Pas une seule fois l’idée lui avait traversé l’esprit, note pour plus tard, créer des phrases pour TOUTE conversation plausible et impossible. Autrement dit, il allait y insérer du pécheur chinois jusqu’au père Noël dans son foutu manège. Bah voilà, il devenait parano. Félicitation monsieur le ministre. À son âge, il avait autre chose à faire que créer des phrases stupides pour fuir les questions sur sa face hideuse.

Lorsque le sorcier face à lui répondre à sa première excuse, Theodore avait l’impression que mourir maintenant serait la meilleure solution à tous ses problèmes, et en vue du tremblement de ses jambes, la fuite semblait désormais presque impossible. Un seul mouvement et ses genoux plieraient sous son poids, le faisant tomber lourdement sur ce foutu sol. Un foutu seul qui semblait réellement intéressant à regarder. Était-ce un asticot par terre ? Ou un bonbon laissé à l’abandon ?

Son ventre se tord doucement, alors que la phrase du ministre le fouette en plein visage. Comme s'il venait de dire ce que Theodore pensait en son for intérieur, c’était à la fois terrifiant et exaltant, car cette chose en lui, avait cette envie, cette chose en lui grondait un peu plus fort. Elle était là, tapie en son for intérieur, mais souhaitait plus que tout sortir, profiter de ses plaines, de la douceur du sol, de la fraicheur du vent, sentir un peu plus cette odeur que dégager l’autre homme, une odeur qui semblait à la fois familière mais inconnue. Elle se sentait seul, enchainé dans ce corps étroit.

Theodore ne savait quoi répondre, d’abord ses yeux c’était un peu plus ouvert, avant de froncer les sourcils, prenant une mine étrange, essayant de cacher au mieux ses émotions. Il essayait d’exprimer l’incompréhension, mais c’était peine perdue, à croire que son jeu d’acteur était pire que mauvais aujourd’hui. La fatigue n’aidait pas, et un politicien en face non plus. Son père lui avait toujours dit que ce genre d’homme était bien plus doué que n’importe qui pour jouer avec les mots et les expressions, de bon menteur, de grand orateur, des acteurs nés, bref il ne faisait pas le poids.

«Cette odeur qui flotte dans l'air, c'est comme une odeur de pétrichor, vous ne trouvez pas ? L'odeur que prend la terre après la pluie. Je sais que vous la sentez quand je suis à côté de vous. C'est elle aussi qui m'a guidé ici.»

Son souffle se coupe à peine la phrase entamée, reprenant alors lorsque celle-ci se termine. D’un geste peu sûr, il guette autour de lui, chaque coin et recoin de ce lieu immense, espérant ne découvrir personne n’écoutant cette conversation des plus étranges et pleines de sous-entendus. À son âge, les sous-entendus étaient souvent salaces, pas de type lunaire. Le jeune élève ne sait pas réellement combien de temps il a hésité avant de répondre, peut-être 2 minutes, comme 10, cherchant toujours plus un point imaginaire à fixer, alors que de multiples phrases se glissaient dans sa tête dans un désordre fou. Répondre à la première phrase, a la seconde, répondre ce qu’il pensait, ressentait ou mentir avant de fuir. Il ne savait que faire, la bête en lui hurlait d’avouer ses cachoteries, mais était-ce vraiment la bête ? C’était une sensation, comme une petite voix, son fort intérieur qu’il imaginait être l’autre. Le serpentard ne pouvait avouer qu’il avait espéré un jour pouvoir parler librement de tout ce qui lui était arrivé, ce qu’il ressentait, et encore mieux, avoir une quelconque personne pour le guider dans ses débuts, mais entre rêve et réalité, c’était un immense faussé. Il avait plus de chance actuellement de faire gagner la coupe des 4 maisons à lui seul que de faire ami avec un loup loup l’aidant.

Theodore avait des questions sur sa nature, sur le monde, sur ce qu’il devait faire, pensait, car à chaque seconde de sa vie depuis sa naissance il n’a fait que suivre ses parents sans réellement penser de lui-même, et le voilà perdu, et affreusement seul. Sans se rendre compte de rien, il avait une fois encore retenu sa respiration, avant d’enfin lâcher quelques mots affreusement bas.

« C’est une odeur… Que je ne connais pas vraiment… Pas sur les autres. »

Aucune rencontre avec d’autre spécimens ne c’était fait, depuis ce fameux jour, c’était peut-être pour ça que la bête était aussi intriguée par l’autre homme. Hésitant, le jeune Serpentard relevait les yeux, arrivant enfin à poser un regard sur le visage de son interlocuteur plus d’une minute sans fuir ce visage connu.

« J’ai envie de beaucoup de choses, mais je ne peux pas. Je ne dois pas »

Ses mots sont vagues, il les choisit avec beaucoup de mal, mais c’était assez difficile. N’avait-il pas dit que jamais il n’avouerait son côté loup-garou ? L’envie, le devoir, la promesse. C’était peut-être l’effet de la lune approchant qui lui donnait l’envie de ne plus être seule face à cet astre étrange qu’il haïssait, mais il se devait de garder le secret, et de vivre reclus pour le moment, au moins le temps de sa scolarité. Il l’avait promis à sa mère, il avait juré face à son père.

« Je ne suis jamais sorti a l’extérieur, je n’ai jamais fait quoi que ce soit de mal… »

Des paroles inutiles choisient alors que ses pensées s’embrouillaient. Et si cet homme s’inquiétait pour les autres . C’était tout à fait normal, lui était une erreur ici, mais jamais au grand jamais il n’avait fait quoi que ce soit, il prenait sa potion, et se cachait confortablement à chaque pleine lune. Théodore voulait simplement étudier librement, chose bien difficile ici.

« Je n’ai jamais dérangé qui que ce soit... pas depuis… Pas depuis ça. »

Par pitié, faite-le taire. Theodore s’embrouillait autant qu’il embrouillait son interlocuteur, parler sans réfléchir n’était pas conseillé, mais parler en réfléchissant trop était peut-être pire. Lire dans ses pensées n’aiderait pas plus, le jeune sorcier confondait lui-même chaque phrase, il était d’un maladroit fatiguant, lorsque le jeune sorcier repenserait à cette conversation, une honte immense l’envahirait, c’était tout à fait normal, après de tels charabias et mensonge.

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Ne dis pas à ton prochain, va et reviens, demain je te donnerai, quand tu as de quoi donner.
Lundi 15 Novembre 2021

Je le vois regarder tout autour du nous, il a peur, et je le comprends. Tout cela est ma faute, ce sentiment d'insécurité qu'il ressent, c'est par ma faute. Je suis à l'origine de cette peur. C'est moi qui à l'époque est entrainé la chasse aux monstres comme nous. C'est moi qui est jugé Hermione dangereuse, et qui l'ai faite condamner à mort car elle avait protégé des créatures magiques. Même si j'ai rétabli la vérité après. Je comprends mieux que personne maintenant ce sentiment qui a habité ma collègue à l'époque. Je donnerai tout pour protéger les miens, notamment ma fille, demi-louve. Ce que faisait Hermione Granger, c'est ce que je suis en train de faire. Je suis responsable de tout cela. Je ne peux pas blâmer ce petit. Je ne sais pas quoi lui dire, je culpabilise. En ce moment c'est un sentiment qui m'assaille tout le temps, alors que je l'avait rarement ressentit avant d'être un loup.

Étrangement son silence me fait du bien. Je n'ai jamais été un grand bavard, j'ai toujours tout gardé pour moi. Je me détends au fur et à mesure qu'il tarde à me répondre. Je me reconnais dans ses silences. J'entends tous les mots qu'il ne dit pas, tout ceux que je n'ai jamais dit. Le calme qui nous entoure à quelque chose de plus magique que n'importe quel sortilège. Il est apaisant. Seuls nos battements de cœur se font écho, se parlent. Je sais qu'il peut entendre les miens s'il y prend garde.

Et quand il parle enfin, je le regarde sans hésiter, sans me cacher. Bien sûr, il a évité les loups comme je l'ai fait pendant des mois pour ne pas être repéré au Ministère. Je suis donc le premier loup qu'il rencontre. L'école en a été vidé, par mes Lois, encore une fois. Lois que je vais changer, ce n'est qu'une question de temps.

Quand je croise alors son regard pour la première fois depuis que je suis venu à lui, c'est comme si la rencontre se faisait enfin. Je vois la profondeur de son âme, ou de son loup, j'ignore si c'est vraiment possible, mais je ne m'en chasse pas l'idée. Au contraire, elle me séduit. J'essaye de décrypter ses mots; le silence était plus facile entre nous deux. Je pense que l'évidence ne sera jamais de mise. Aaliyah dit que je ferai un bon père, mais j'ai l'impression que c'est un rôle qui sera difficile à tenir. Je n'ai eu aucune bonne figure paternelle. Je découvre ce qu'est un vrai père quand je côtoie le Juge Hayes, le père d'Aaliyah. Le mien était violent, sadique, sans amour. Difficile de s'en faire un modèle raisonnable.

« Je ne suis jamais sorti a l’extérieur, je n’ai jamais fait quoi que ce soit de mal… »
"Je n'en doute pas."

Et c'est vrai, je le crois. Au vue de son comportement, je le crois sincère. Il est tout aussi perdu que je l'étais, du moins c'est ce que j'imagine. Il n'a pas l'air dangereux, pas dangereux comme l'entendent les Lois que j'avais mis en place. Je me rends compte encore une fois des limites des horreurs que j'ai véhiculé. Ce gamin est tout aussi paumé que je l'ai été. Et je n'ai jamais fait de mal à personne, pas sous ma forme de loup. J'ai fait du mal avec ma magie, comme quand j'ai effacé les souvenirs de ma sœur. C'est le sorcier qui a fait cela, pas l'animal.

« Je n’ai jamais dérangé qui que ce soit... pas depuis… Pas depuis ça. »
"Et je suis sûr que vous ne dérangerez personne. J'ignore depuis quand "ça" est arrivé. Mais personne n'a entendu parlé de vous. Je ne vous ai pas non plus vu sur les registres que j'ai récupéré."

Je marque un temps de pause. Je ne compte pas lui faire peur, bien au contraire. Je veux qu'il puisse se sentir en confiance à mes côtés. J'ignore pourquoi il m'inspire cela. Peut-être parce qu'il me fait penser à moi dans ma première impression sur lui.

"Je vais les détruire, c'est uniquement pour cela que je les ai récupéré."

Je tourne mon visage vers lui, quittant la surface du lac.

"Vous avez du le lire dans la presse, que j'ai gardé un moment ce secret pour moi. Aussi pesant et douloureux soit-il, il ne m'a pas empêcher de devenir Ministre de la Magie. Et devenir Ministre ne m'empêchera pas de rester là, à côté de vous, jusqu'à ce que vous soyez prêt à ce que je parte."

Je croise alors mes bras contre ma poitrine et me remet à admirer la vue. Je peux rester là des heures, même dans l'absolu silence. Je peux rester là longtemps à attendre qu'il soit prêt. Prêt à quoi je l'ignore ? Peut-être prêt à me poser une question ? Prêt à se rendre compte que je ne lui veux pas du mal.

"Pour moi le plus difficile, à l'époque, devant les gens, les collègues, la famille, ça a été mon changement d'alimentation. Je mange souvent au restaurant avec les clients, les politiciens par exemple. Et cette envie de viande rouge, elle était très prenante. J'ai du aussi changer tous mes costumes."

Mon frère à l'époque pensez que je forçais un peu trop sur la salle de sport. Quand j'y repense, tout le monde a vu le changement physique, sans se poser plus de question que cela. Je hausse mes épaules. Je lui parle de choses dont je n'ai jamais parlé avec personne, pas même avec Aaliyah. Je n'ai pas discuté vraiment du changement que cela était pour moi. J'ai été violenté par mon père tellement de fois, j'ai eu mal tellement de fois, mais rien de comparable avec la douleur que j'ai ressentit au moment de la morsure et de la première transformation. Tout cela, je ne l'ai exprimé à personne, alors j'ignore pourquoi j'y arrive si facilement avec lui.

"Et aujourd'hui le plus dur, c'est quand elle est haute dans le ciel. Quand je sens le sang bouillir dans mes veines, juste avant la transformation. Je ne m'y suis jamais fais, je ne m'y ferai probablement jamais. Le plus terrible ce n'est pas tellement la douleur, elle se dompte."

Comme j'ai dompté chaque coup de ceinture, ou de sortilèges impardonnables de mon père. Non le plus dur ce n'est pas ça.

"C'est le bruit que fait chaque os qui craque."

Ma mâchoire se serre. C'est un bruit terrifiant, qui terrasse tout l'être entier. C'est l'homme qui littéralement se brise au profit de l'animal. J'ai toujours l'impression que je vais mourir pour de bon. Et cet élève sous mes yeux est bien trop jeune pour vivre cela tout seul. Chaque fois j'aimerai pouvoir retenir le processus. Arrêter la transformation. Mais d'après Élisabeth, la dirigeante des Insurgés, la seule personne qu'elle connait - en dehors de loup de naissance - capable d'une telle prouesse, c'est elle même.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Tu me connais vraiment. Ce n'était pas moi, là c'est moi. C'est moi maintenant. Je ferais n'importe quoi pour toi, pour que tu vois qui je suis, l'homme qui t'aime plus que son propre souffle, l'homme qui danse aux mariages et te regarde dormir, l'homme qui ne peut pas commencer sa journée sans que tu l'embrasses, l'homme qui préférerait mourir plutôt que de vivre sans toi. Ça, c'est moi, c'est ce que je suis.

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