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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Décembre 2021.

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre.
Je me retiens de bailler. On arrive à la fin des cours de la journée, mes élèves sont en pleine évaluation. Du silence, putain que ça fait du bien. J'aurai envie d'étendre mes jambes sur mon bureau, mais je dois faire profil bas. Tyler était un professeur irréprochable. Hein Tyler ?

Toutes les semaines mes étudiants ont une évaluation synthèse et je ne les entends plus jacasser, bien que dans mes cours, le silence est d'or. Ils savent qu'il peuvent poser des questions, mais ne pas faire de bavardage inutile. Surtout que si je me laisse aller en légilimencie, j'entends leur verbiage de pensées et c'est insupportable. S'ils ont eu du mal à s'y faire au début de l'année, maintenant c'est une routine pour eux. J'ai voulu faire du ménage dans ma classe, j'ai voulu faire un tris parmi les élèves. Je ne veux pas m'encombrer d'abrutis finis. Certains n'ont pas supporté le rythme est ont quitté mon cours. Reste les plus tenace, les plus ambitieux, les plus studieux. C'est déjà plus agréable de traiter avec eux. Et les évaluations me permettent de faire un point sur leurs connaissances. Ainsi sans qu'ils le savent, j'avance à leur vrai rythme. En écoutant leurs pensées lors des contrôles, je sais leurs difficultés, et je les fais progresser, sans qu'ils s'en rendent compte. J'avance dans le programme plus vite que mes collègues. C'est la seule manière de m'éclater, parce que parfois j'ai franchement l'impression de perdre mon putain de temps avec eux.

Il y a eu des jours où j'ai eu envie d'envoyer un sortilège impardonnable dans la tronche de quelques élèves. J'ai du faire preuve d'une grande maitrise pour ne pas le faire. Je ne supporte pas la lenteur de certains. Je pourrai partir, quitter cet emploi, mais il me profite aussi, bien plus que je ne le pense certainement. Cela me permet d'être au contact d'élèves que je peux enrôler, cela me tient au courant des actualités, des dernières nouvelles. C'est la couverture parfaite. Ce métier m'est facile, je n'ai aucune difficulté à prendre le rôle d'un professeur, et Tyler m'a apporté des connaissances, certes très théoriques, mais connaissances quand même. Que d'ailleurs je m'amuse à mettre en pratique quand je ne suis pas à l'université.

Il est passé où le temps où des professeurs comme Amycus Carrow, du temps de Voldemort, donnés des cours de magie noire ? Ou les cours de Défenses Contre les Forces du Mal étaient nommés  "Art de la Magie Noire". Car il s'agit bien là d'un art, un magnifique art que je maitrise de plus en plus. Je suis assez frustré, alors je me rattrape sur mes jours de repos. L'heure tourne et touche à sa fin, et déjà des élèves se lèvent pour me rendre leurs copies. Je les apprécie ceux-là. Je les saluts d'un regard quand ils posent leur feuille sur mon bureau, leur sac pendu à leurs épaules. Ils savent que s'ils ont finis, ils peuvent quitter la salle. Inutile de venir encombrer l'espace, mon air vital. Quand la cloche sonne, tous les autres cessent leur écriture et un par un me rendent leur devoir. Certains me sourient, d'autres, des étudiantes battent des paupières avec un petit mouvement de lèvres. Si elles pensent avoir mes faveurs... putain c'est qu'elles ne me connaissent pas.

Je commence à regarder les copies, d'abord sommairement, puis j'entreprends de les corriger, je ne ramène jamais de travail chez moi, je déteste ça. En général les jours d'évaluation, je suis le dernier à quitter l'université. La nuit tombe, et cela me rappelle les soirs de chasse quand j'étais encore demi-vampire. Cette époque me manque, cette puissance, ce sentiment d'invulnérabilité. La grandeur, le pouvoir. Et puis, finir tard me donne le loisir, la possibilité de connaître un peu plus les lieux, et les habitudes de certains. Cela fait déjà une heure que je corrige des devoirs quand j'entends toquer à ma porte. Putain c'est pas possible, qui vient me faire chier encore ? Y'a trop de monde ici, trop de... Je rage de ne plus avoir mes pouvoirs, mon odorat, mon ouïe, je ne supporte pas ne pas voir et sentir venir les gens.

Quand mon regard se pose sur elle, il doit être noir et agacé. Mais je me radoucie quand je vois que c'est une étudiante et non un abruti de collègue. Qu'est-ce qu'elle veut celle-là ? Je hausse les sourcils, oui bon alors, elle va accoucher ? Je pose alors ma plume, comme ça c'est plus clair.

"Oui ?!"

Pas besoin d'être vampire ou légilimens pour voir que je l'impressionne. C'est un petit plaisir que de savoir que j'ai parfois ce pouvoir sur les gens. Bon honnêtement je l'ai régulièrement. Je suis aussi craint que respecté en cours. Je racle ma gorge alors qu'elle m'annonce qu'elle veut suivre mes cours en option. Elle ? J'ai envie de rire. Bon sang, on dirait un petit moineau à l'aile brisé, pitié, achevez-moi, la soirée est déjà longue.

Lentement je la détaille du regard, d'abord ses pieds, ses jambes, je remonte mes yeux sur elle, comme si j'essayais de la sonder, de comprendre ses motivations, pourtant je ne laisse pas aller mon pouvoir de légilimens. Je n'ai pas envie de savoir ce qu'elle pense. Elle est mince, maigre même. Elle est insignifiante. Puis quand je suis presque sûr qu'elle se sent nue sous mon regard, je fixe ses yeux. Ses yeux d'un bleu à couper le souffle, je dois lui reconnaitre. Son visage est angélique, elle n'a certainement pas les épaules d'affronter la noirceur de mes cours. Je retourne donc à mes copies, sans lui donner de réponse. Mais je l'entends se racler la gorge et avancer un peu devant la porte pour entrer dans ma classe. Je pince mes lèvres et pose de nouveau mon regard sur elle. Elle n'a donc pas compris ? Bordel mais ces élèves sont plus cons les uns que les autres ?

"Quel cursus ?"

Médicomagie. Intéressant, mais non merci, l'âme d'une sauveuse, c'est les pires. Il n'y a qu'à voir ma soit-disant sœur. Elle pue l'avatar d’Élisabeth. Encore une gosse de riche qui veut faire carrière, et vouer sa vie auprès des autres pour se donner bonne conscience. La caricature même des petits clones de la société. Je fais ça pour son bien vraiment, en la refusant dans mon cours.

"Pourquoi la Défense Contre les Forces du Mal ?"

Je pose une deuxième fois ma plume, mais cette fois je me lève de derrière mon bureau pour venir à ses côtés. Je fais une bonne vingtaine de centimètres de plus qu'elle, et rien qu'avec un revers de main je pourrai la briser vu ma carrure et la sienne. Un petit oiseau tombé du nid, venu se perdre dans la noirceur de mon bureau. Je m'approche d'elle, je lui fais face. Mon bras vient au dessus de son épaule pour atteindre la porte derrière elle. Je plaque une main contre cette dernière et la pousse pour qu'elle se referme sur nous. Je sais, je sais que c'est interdit de faire cela, de s'enfermer dans une salle de classe seul avec un élève. Mais ce n'est pas mon élève, et je ne compte pas à ce qu'elle le devienne. Donc il n'y a pas de problème.

"Très bien. Un sortilège. Ce que tu veux. Montres-moi."

Je vais dire non. Quoi qu'elle fasse, je veux juste lui montrer qu'elle n'est pas faite pour ça. Qu'elle reste à soigner la veuve et l'orphelin. J'ai une envie furieuse de la respirer, j'ai envie de sentir son cœur battre. D'autant plus que j'ai des effluves d'un parfum bien trop connu qui m'arrivent au nez mais que je détermine mal. Mes sens aiguisés, toutes ces habitudes me manquent terriblement, putain ça fait chier, j'aurai du penser à m'emparer du corps d'un vampire, plutôt que ce con fini de Tyler. En attendant, je me laisse aller à ma légilimencie pour écouter les sortilèges qui lui traversent l'esprit. Je suis curieux de la voir faire.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Tyler Winston
" Je n'ai jamais compris le concept de se méfier des inconnus. Moi, toutes les personnes qui m'ont fait du mal, je les connaissais toutes."
codage par Laxy

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre
Jeudi 25 novembre 2021

Shay s’inquiétait. Il n’était pas vraiment le genre de gars à se faire du souci mais quand il s’en faisait ce n’était pas pour rien. Chaque 28 du mois, nous payions 50 Gallions chacun à Roland et nous avions déjà du retard sur notre loyer. Nous savions que ce n’était qu’une question de jours avant que le proprio n’arrive et ne nous éjecte de notre appartement. Nous avions déjà réduit nos dépenses en nourriture ainsi qu’en vêtements. Nous mettions en revanche un point d’honneur pour financer nos études. Shay effectuait peut-être bien sa dernière année à l’UMS et ensuite, il pourrait travailler en tant que Brigadier et avoir un salaire décent.

Pour ma part, je commençais seulement mes études à l’UMS et je m’engageais pour 7 années minimum. Aussi, je m’étais décidée à aller passer des entretiens d’embauche dernièrement. Toutes les petites annonces, j’y postulais : serveuse, femme de ménage, nourrice. J’avais postulé à tout. Mais rares étaient ceux qui me répondaient ou donnaient suite à mes candidatures.

Je ne relâchais pas mes efforts à l’Université. Je savais que c’était ça qui me sauverait en définitive. Je me baladais depuis les premières semaines. Mon niveau avancé en Médicomagie, Botanique et Magizoologie me donnait l’impression que je révisais pour le moment. Je revoyais des procédures que j’avais déjà validées avec mes diplômes et je connaissais pratiquement toutes les réponses à mes devoirs sans avoir à fournir beaucoup de recherches. Aussi, afin de me donner un peu de challenge, j’avais pensé à prendre une nouvelle option. Pourquoi pas, après tout ? J’avais regardé sur un écriteau tous les cours disponibles en option et j’avais constaté à quel point Castelobruxo était spécialisé uniquement dans un domaine.

Et puis, un cours m’avait fait de l’œil : la Défense contre les Forces du Mal. Je l’avais étudié entre ma 5ème et ma 12ème année, mais c’était un cours très superficiel en vérité. Il y avait beaucoup de théories et nos professeurs n’étaient pas tournés vers la pratique de cette forme de magie. Peut-être qu’ici, en Angleterre, les choses étaient différentes ?

Le professeur Winston finissait ses cours à 19h mais on m’avait confié qu’il restait tard en général à l’UMS pour corriger ou préparer ses cours du lendemain. Un professeur consciencieux en somme. J’avais hâte de découvrir quel genre d’homme il était. Peut-être que ce serait l’occasion de vraiment apprendre ce qu’était la DCFM, comme le surnommait la plupart des étudiants ici.

Il était 20h quand je frappais à la porte de son amphithéâtre. L’homme était penché sur une pile de copies si bien que je ne pouvais pas voir à quoi il ressemblait. Il leva lentement ses yeux vers moi. Des yeux verts, clairs. Il avait les cheveux courts, coupés presque en brosse. Il aurait pu avoir un beau visage s’il ne m’avait pas regardé comme un vulgaire elfe de maison venu le déranger. « Oui ? » me demanda-t-il enfin en posant sa plume devant lui. Après tout, c’était la moindre des politesses.

Je fis un pas à l’intérieur de sa salle, me rapprochant de son bureau alors que ses yeux me parcouraient. Je resserrai mon sac sur mon épaule. Même si l’homme ne produisait pas le même effet pervers que Roland, cet homme dégageait une aura qui … m’impressionnait. C’était comme si soudain, tout retenait son souffle autour de nous et qu’il avait au creux de sa main le pouvoir de tout détruire. C’était … très étrange comme sensation. « J’aimerais … prendre votre cours en option. » parvins-je à articuler. Je ne voulais pas non plus lui montrer qu’il m’impressionnait trop, ce serait trop facile. D’autant plus que je sentais que la discussion n’allait pas me plaire. Il n’était pas le genre de professeurs à accepter à bras grands ouverts les nouveaux arrivants presque à la fin du premier semestre. Non, il était plutôt le genre de profs à compliquer les choses, à les rendre plus difficiles. Malheureusement pour lui, j’avais toujours connu la difficulté.

Après m’avoir regardé intensément, comme pour essayer certainement de m’effrayer, il retourna à ses copies. Je haussais les sourcils. Quoi ? C’était tout ? Il n’allait même pas prendre le temps de me répondre. Je pris une nouvelle inspiration et me raclais la gorge pour lui montrer que je n’étais toujours pas partie et que je ne comptais pas le faire avant d’avoir reçu une réponse valable.

« Je souhaite vraiment faire parti de votre cours, professeur Winston. » insistais-je en faisant un nouveau pas vers lui. Il releva à nouveau les yeux vers moi. Ces yeux verts, si intenses qui pourraient presque me faire vibrer. « Quel cursus ? » demanda-t-il enfin. Je sentis mon cœur se regonfler d’espoir. « Médicomagie, monsieur. » lui précisais-je, exagérant certainement un peu trop sur la politesse. Mais au moins, il ne pourrait pas me reprocher d’être impolie et irrespectueuse. « Pourquoi la Défense Contre les Forces du Mal ? » Et voilà la partie test. J’espérais que, s’il me posait cette question, c’était que quelque part, j’avais une chance d’intégrer son cours. Il avait reposé sa plume une nouvelle fois et se levait pour se diriger vers moi.

Je pris alors une grande inspiration : « C’est un cours que j’ai déjà traité au cours de ma scolarité à Castelobruxo. Cependant, il ne m’a été dispensé … » Je marquais un instant d’hésitation quand il s’arrêta face à moi, me dominant d’une bonne vingtaine de centimètres, et qu’il referma la porte sur nous. Ca, c’était assez flippant. Mais n’avais-je pas connu pire avec Roland ? Je pris sur moi. Le professeur Winston ne m’effraierait jamais autant que Roland. « … qu’en théorie. J’espérais qu’à vos côtés, je pourrais enfin l’apprendre autrement. »

Le professeur Winston restait à me surplomber de toute sa hauteur, se réjouissant certainement de l’effet qu’il produisait sur moi. Encore une fois, je resserrai le sac sur mon épaule. Je relevais même le menton pour lui montrer que je ne me mettrai pas le ventre à terre. « Très bien. » Mes épaules commencèrent à se détendre. Est-ce que je l’avais convaincu ? « Un sortilège. » Je fronçais les sourcils. Pardon ? « Un … sortilège ? » répétais-je. « Ce que tu veux. Montre-moi. » insista-t-il. Oh ! Donc il voulait que je fasse mes preuves avec une baguette.

Très bien. Je pinçais les lèvres avant de déposer mon sac au pied d’un banc de l’amphi. Je sortis ma baguette et la pointais droit devant moi, essayant d’ignorer le regard pesant du professeur Winston. Il voulait un sort, un sort qui l’impressionnerait, un sort qui le convaincrait de m’intégrer à son cursus. Mais … quoi alors ? Mon esprit vagabondait sur les sorts aperçus en cours : Stupéfix, Expelliarmus, Expulso, Petrificus Totalus … Et puis, l’un d’eux s’imposa de lui-même dans mon esprit. Je ne regardais plus le professeur Winston, j’étais certaine qu’en croisant son regard, il arriverait à me déstabiliser. Il fallait que je me concentre. Inspiration. Expiration.

Je fermais les yeux et oubliais tout autour de moi. Même le claquement de langues du professeur qui s’impatientait. Dans mon esprit, je visualisais Shay et moi, dans cette grange, couchés dans le foin, à imaginer nos rêves de gosses. Je sentais l’odeur de la ferme, j’entendais le rire de Shay et je voyais nettement la vie qui nous attendait. « Expecto Patronum ! » lançais-je. Lorsque je rouvris les yeux, un chat vagabondait sur le bureau du professeur Winston.

Je souris, fière de moi. J’avais un Patronus corporel depuis ma 9ème année, depuis mes 16 ans environ. Mais le professeur Winston était loin de se montrer si impressionnée, ou peut-être que je ne le vis pas. Il me tournait le dos et m’encourageait à présent à reprendre mes affaires pour quitter la salle. « Est-ce que … ça veut dire que je vous ai convaincu ? » L’homme leva à peine les yeux vers moi pour me répondre. Je clignais plusieurs fois des yeux. Quoi ? Comment ça ? Un Patronus ne l’impressionnait même pas ? C’était pourtant l’un des sorts les plus compliqués à réaliser dans ce cours.

J’attrapais mon sac, en colère et me dirigeais vers la porte. Mais avant d’actionner la poignée, je me retournais vers le professeur Winston qui s’était à nouveau installé à son bureau. « En faites, vous n’aviez nullement l’intention de me prendre dans votre cours. Vous m’avez laissé jeter ce sort en sachant très bien que vous ne m’accepteriez pas. » lançais-je, énervée. Après tout, puisqu’il ne comptait pas devenir mon professeur, je me fichais bien à présent de lui manquer de respect. « Mais dites-moi, professeur, vous jugez toujours sur l’apparence des personnes pour les prendre dans votre cours ? Qu’est-ce qui vous dérange chez moi, au juste ? C’est parce que je suis une fille ? Parce que je viens de Castelobruxo ? Parce que les sorts de Magie Blanche ne vous intéressent pas ? » insistais-je.

« Je vous l’ai dit : je souhaite suivre votre cours. Et pas celui d’un autre professeur. Le vôtre ! Pourquoi ? Parce que je sais que vous êtes l’un des meilleurs dans ce domaine et que je sais que je pourrais réellement progresser avec vous. Je sais que je ne dois vraiment pas vous impressionner, que je ne paye pas de mine comme ça. Mais j’ai RÉELLEMENT envie d’en savoir plus sur ce cours, d’apprendre à vos côtés et de réaliser des sorts bien plus impressionnants que celui que je viens de vous montrer. »

L’homme ne daignait toujours pas me répondre. Je secouais la tête : j’avais fait tout ce que j’avais pu. « J’ignorais que vous étiez ce genre de professeurs : à juger sur l’apparence. » Je lui servis un faux sourire avant d’actionner la poignée, prête à quitter cet amphi oppressant.
©️️ YOU_COMPLETE_MESS

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« Peut être qu’on doit être un peu amoché avant d’être à la hauteur. »

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre.
Elle ne m'a pas dit son nom. Mais une ancienne étudiante de Castelobruxo, étudiant la médicomagie à l'UMS, il ne sera pas difficile de me renseigner sur elle. C'est pour cela que je garde la couverture du professeur en temps que Tyler. Elle m'est très utile pour dénicher des perles rares. Des élèves qui ont vraiment les épaules pour un projet qui dépasse clairement cette jeune en proie avec un désir d'apprendre un peu de sensationnel, pour sans doute lui donner l'illusion de côtoyer le danger, le mal. Est-ce son moyen d'avoir un peu d'adrénaline, avec ses cheveux bien coiffés, sa tenue irréprochable, son léger maquillage. Elle croit tromper qui ? Elle espère apprendre la magie noire, enfin... la défense contre les forces du mal ? Autant la confronter de suite.

C'est un délice de laisser aller mon don sur elle, c'est même trop facile, comme si son esprit était fait pour que je le transperce. Mais je ne me disperse pas dans sa vie, je viens chercher ce que je veux exactement. Je reste à l'instant présent, et me concentre sur ses idées de sortilèges. Je reconnais qu'elle connait ses classiques. J'aurai été déçu et je pense que je lui aurai rigolé au nez si elle avait sorti un Petrificus Totalus, mais quelque chose d'intéressant se passa. Quelque chose envahit alors ses pensées, un sortilège particulier. Un bouclier. Je fronce les sourcils alors qu'elle ne me regarde pas. Je dégluti, pas encore sûr qu'elle soit capable de faire cela. Je ne résiste pas à rester sur son souvenir heureux. Il y a un homme avec elle, son amant ? Je ne sais pas, ils rigolent, allongés dans de l'herbe séchée. Elle n'arrivera jamais à faire un tel sort avec un si maigre souvenir. C'est ça le bonheur ? Son plus grand bonheur ? Je devrai l'arrêter, pour qu'elle ne subisse pas une humiliation, mais j'ai envie de la confronter à l'échec, au moins, je n'aurai besoin de rien faire pour qu'elle quitte ma classe. Je m'impatiente alors qu'elle s’imprègne de son souvenir.

« Expecto Patronum ! »

J'ai alors un mouvement de recul devant ce bouclier parfaitement réalisé. J'observe ce chat fouiner sur mon bureau, mon cœur tambourine dans ma poitrine. Fait chier putain. C'est quoi ça ? Qu'est-ce qu'elle fout avec ce Patronus ? Rien que de voir l'expression de la magie aussi pure dans mon bureau me retourne l'esprit et rend affreusement nerveux. J'en ai presque la nausée je suis même furieux et ma mâchoire grince, mes narines s'élargissent, j'essaye de canaliser ma colère. Je me retourne alors pour qu'elle ne remarque pas ce léger trouble, je coupe ainsi la connexion avec son esprit. Cette fille est tout ce que... tout ce qui ne faut pas pour mes cours de défense, mes cours de magie plus noire. Je n'aurai aucun intérêt à l'avoir dans mon cours. Je fais mine de rien en avoir à faire, putain oui, c'est exactement ce que je devrai lui dire. Que j'en ai rien à foutre d'elle et de son chat d'argent.

"Vous pouvez y aller"

Je lui fais un geste de la main. Ramasses tes affaires et tires toi de mon bureau, je vais devoir le purifier, à ma manière, avant de partir. Un Patronus dans ma salle de classe putain !

« Est-ce que … ça veut dire que je vous ai convaincu ? »
"Un Patronus ? Et après ? Vous pensez que c'est suffisant pour être dans mes cours ? Après un trimestre ? Vous connaissez mon niveau, sinon vous serez allée voir mon collègue. Revenez l'année prochaine."

Je hausse les épaules. Je souris alors qu'elle attrape son sac en colère. Désolé ma belle, mais tu n'as pas la carrure, tu n'as pas l'histoire pour ce genre d'expérience. Et comme elle est si docile, elle s'en va sur le champ. Mais en fait, alors que je m'installe à mon bureau, elle se retourne vers moi. Je la regarde cette fois. Ses yeux me lancent des éclairs et cela me donne envie de sourire encore plus, mais je ne le fais pas. Je l'écoute attentivement.

« En faites, vous n’aviez nullement l’intention de me prendre dans votre cours. Vous m’avez laissé jeter ce sort en sachant très bien que vous ne m’accepteriez pas. »
"Je ne vous savez pas aussi perspicace."

Je ne peux plus contenir le sourire que je retiens depuis tout à l'heure. Ce qui l'énerve sans doute encore plus. Je lui fais même une sorte de petite révérence au dessus de mon bureau à l'aide de mon bras. Elle est pas si cruche que je le pensais. Mais elle s'est faite avoir trop vite.

« Mais dites-moi, professeur, vous jugez toujours sur l’apparence des personnes pour les prendre dans votre cours ? Qu’est-ce qui vous dérange chez moi, au juste ? C’est parce que je suis une fille ? Parce que je viens de Castelobruxo ? Parce que les sorts de Magie Blanche ne vous intéressent pas ? »

Il y a un peu de tout cela ma belle. Mais t'as pas besoin de le savoir. Tu ne t'imagines pas une seconde à qui tu parles. Tu ne t'imagines pas une seconde ce que je serai capable de faire et la chance que tu as que je sois dans ce corps, que je sois sous couverture. J'ai l'Avada qui me chatouille à tout instant, et je donnerai cher pour reproduire ce sortilège si puissant. Il me procure un bien être absolu. L'énergie qui traverse mon corps quand je le réalise et sans nul doute la meilleure des drogues.

« Je vous l’ai dit : je souhaite suivre votre cours. Et pas celui d’un autre professeur. Le vôtre ! Pourquoi ? Parce que je sais que vous êtes l’un des meilleurs dans ce domaine et que je sais que je pourrais réellement progresser avec vous. Je sais que je ne dois vraiment pas vous impressionner, que je ne paye pas de mine comme ça. Mais j’ai RÉELLEMENT envie d’en savoir plus sur ce cours, d’apprendre à vos côtés et de réaliser des sorts bien plus impressionnants que celui que je viens de vous montrer. »

Je reste là, à scruter son visage. Elle pense réellement ce qu'elle dit, je le sais, car je suis en train de percer ses pensées. Je devrai aller plus loin, je devrai faire défiler sa vie, juste pour pouvoir l'humilier. Pour qu'elle se la ferme putain. Je n'ai pas envie d'en savoir plus, de savoir ses motivations. Elle se montre trop passionnée, trop pressée, trop ambitieuse. Cela devrait me plaire, c'est exactement ce que je recherche. Mais il y a quelque chose qui me dérange chez elle. Oui certainement qu'elle n'a pas le physique de l'emploi, de mes ambitions à moi. Et je me contrefous totalement que ça brise son petit cœur de petite fille parfaite. C'est toutes les mêmes.

Je me suis déjà imaginé qui elle pouvait être et les raisons de son envie de frissons. Mais elle a repéré que j'étais l'un des meilleurs professeurs de l'UMS en matière de DFCM. Elle a un sacré caractère que je ne pensais pas possible. C'est parce qu'elle ne sait pas qui je suis qu'elle se permet de me parler sur ce ton. J'ai envie de me relever pour claquer le mur derrière elle, et qu'elle en frissonne de peur. J'ai envie de lui sortir cette suffisance quand elle me parle. J'ai envie de lui faire baisser les yeux et de lui faire entrevoir une infime partie de mes pouvoirs. L'ombre pourrait aussi bien engloutir sa putain de lumière. Un Patronus dans ma classe, sérieusement ? J'ai envie que son visage prenne l'expression de quelqu'un d'inquiet et de profondément impressionné. Mais tout cela je ne le peux pas. Je ne peux pas briser ma couverture, pas pour une putain de poupée en porcelaine.

« J’ignorais que vous étiez ce genre de professeurs : à juger sur l’apparence. »

Quand elle claque la pote, je ferme mes yeux et m'adosse contre le dossier de mon fauteuil. J'attrape ma baguette magique et l'agite devant moi. Marmonnant un Brumeas. De la fumée noire s'échappe alors de ma baguette. Je peux la contrôler grâce aux mouvements de mes bras. J'aurai pu immobiliser l'étudiante de cette manière, lui montrer ce qu'elle pourrait faire de plus intéressant qu'un Patronus. Je lève mes bras pour que la fumée se dirige dans toute la pièce. Il faut que chaque recoin retrouve son aura, son pouvoir. Son Patronus a chassé toutes les ombres, presque toute ma magie. Je déteste qu'il y ait trop d'ondes positives autour de moi. J'ai besoin de sentir cette ambiance sombre, celle qui rend mes élèves vulnérables et à l'écoute. Je ne me sens bien qu'une fois que la fumée s'est immiscée dans chaque recoins. J'arrête alors le sortilège et respire à plein poumon. Je me sens déjà mieux. Faire de la magie noire permet de canaliser ma colère, ce besoin urgent d'être actif.

Je suis calmé pour ce soir, du moins, jusqu'à ce que je rentre chez moi. Pour l'instant je vis chez Tyler, mais je compte bien réintégré le manoir Hansen. Il faut encore que je règle quelques détails avant qu'il soit en vente, et que je l'achète sans aucun soupçon. Il faut que je force un sorcier sous Impérium de l'acheter pour moi et qu'ensuite je me débarrasse de lui. Ce manoir est toute ma vie, il y a mes livres, mes potions, mes ingrédients, mes chaudrons fétiches. De plus, le sous-sol ne s'ouvre que grâce à un sortilège que j'ai moi-même inventé et réalisé pour en protéger l'entrée. Je ne voudrai pas qu'il détruise la maison. Evens n'en a visiblement pas demander l'héritage.

***

1 semaine plus tard

Amber Nightshade. 22 ans. D'origine anglaise mais ayant étudiée à Arashar, à Castelobruxo. J'ai fais quelques recherches après notre rencontre. Un dossier scolaire irréprochable, des résultats plutôt étonnant. Les commentaires des professeurs sont plus que satisfaisant. Elle a maitrisé son Patronus à 16 ans, ce qui est une prouesse souligne son professeur d'enchantement. Mais je n'ai rien su de plus. Le dossier est comme verrouillé. Il n'y a que des informations sur sa scolarité, ses notes. Je dois avouer que je ne me serai pas attendu à ce qu'elle ait un dossier pareil. Son premier semestre en médicomagie n'est franchement pas mal aussi. Elle fera une bonne petite sauveuse.

Après une séance de sport, et avoir lancé quelques Acidious Strium de ma baguette - des flèches d’acide qui peuvent brûler très gravement - sur un mannequin, je prends une bonne douche afin de prendre la direction de l'UMS. Aujourd'hui j'ai besoin de marcher, il est très tôt, le soleil se lève à peine et je profite de ce crépuscule pour me rappeler ma vie d'avant. L'air frais, la rosé sur mon visage. Je marche dans les rues, observant les petits de se monde se lever pour faire un boulot des plus pitoyable. Ils ignorent tous de la magie, de tout ce qui les entourent. Putain oui, ils ignorent tout de la vie. Alors que j'ai soudainement un désir de transplaner pour arriver plus vite et ne plus observer ses petits soldats de l'absurde, je tombe sur une scène qui me stoppe dans mon élan. Je m'approche un peu plus pour être sûr de ce que je vois.

C'est Amber, et l'homme dans son souvenir heureux. Derrière un énorme container à ordure, elle sort d'une voiture, que dis-je, d'une putain d'épave dans une rue tout aussi chaotique que la vie de Voldemort. Je m'arrête pour admirer ce spectacle. La manche de sa veste tombe de son épaule, et j'y découvre une marque, ou plutôt une cicatrice ronde. Après quelques secondes, elle tourne sa tête vers moi et sursaute en me voyant. Je reste dans un premier temps impassible, rivant mon regard sur le sien. On s'observe une dizaine de seconde avant que je décide de transplaner. J'arrive alors dans le Hall de l'UMS et passe une main dans mes cheveux. Putain c'était quoi ça ? J'essaye de récupérer des souvenirs de Tyler, avant de me dire qu'elle n'ait à l'UMS que depuis le mois de septembre. Tyler ne peut pas la connaitre. Pourquoi elle vit là ? Je pensais que c'était une gosse de riche, visiblement si c'est le cas, ses parents ont du perdre fortune. Ça me fait chier, ça me fait chier de ne pas comprendre. Je dois reconnaitre qu'elle est plus intrigante que je le pensais.

Je me dirige vers la salle des professeurs. Je suis presque toujours le premier, aussi je continue les habitudes de mon ôte et je prépare le café, fais chauffer le thé. En quelques coups de baguette magique, notre salle sent déjà la douce odeur de caféine et de théine. Je me rappelle alors l'odeur qu'elle avait sur elle, quand elle était dans mon bureau. Elle n'avait pas l'apparence de quelqu'un qui avait dormi dans une voiture. Est-ce cet homme qui l'entraine la dedans ? J'ai alors une idée. Les vestiaires de l'UMS. J'attrape un mug de café en carton, y poser un couvercle et transplane à côté du stade de Quidditch. C'est qu'en approchant que j'entends du bruit et voit une faible lumière venant des douche. Si seulement j'étais encore un demi-vampire, je pourrai en savoir plus. Je suis obligé de m'approcher plus, et de passer discrètement ma tête par l'ouverture de la porte. Et je la vois. C'est bien elle, en sous-vêtement, en train de s'habiller devant un casier. Je resors et referme doucement la porte avant de caler mon dos et un pied contre le mur pour l'attendre. Elle ne mange pas assez, elle est trop mince. Et il y a aussi d'autres marques, d'autres cicatrices. Est-ce le fait de vivre à la rue ?

Un bon quart d'heure après, elle sort enfin avec son sac de cours, c'est une toute nouvelle personne. Je racle ma gorge alors qu'elle me dépasse sans me voir. Elle se retourne, j'imagine effrayée. Je me détache du mur et m'approche d'elle. Les cours ne commencent que dans une bonne demi-heure. Je lui tends le gobelet de café encore chaud sans dire un mot. J'insiste du regard. Je la vois boire quelques gorgées avant de me décider à parler.

"Est-ce que tu te drogues ?"

Je hausse un sourcil, oui je veux vraiment une réponse. Je croise mes bras sur ma poitrine.

" Est-ce que tu te prostitues ?"

Elle semble encore plus choquée que la première question. Mais elle était dans la rue, dans une voiture, avec un type encore plus louche que la rue dans laquelle ils étaient. Je fais un pas vers elle.

"Tu sais ce qu'est la prostitution non ? Alors réponds à ma question."

J'avance encore un peu plus. On est seul, avant la première heure de cours, ce n'est pas conforme au protocole, je le sais. Mais je veux des réponses.

"N'est-ce pas vous Mademoiselle Nightshade qui me reprochiez de juger l'apparence ? Je vous trouve dans une voiture, dans une rue désertée et malfamée en présence d'un homme. J'essaye de ne pas juger, et pour cela il me faut des réponses."

Je m'approche encore plus d'elle, mes vieux démons refaisant surface. J'ai besoin de la sentir de plus près, mes sens ne sont plus aiguisés. Je fais encore un pas, à tel point qu'elle est obligé de se coller contre un mur. Elle est à ma merci. J'attrape une mèche de ses cheveux et me penche pour venir sentir ce parfum. Je le reconnais maintenant, c'est celui à disposition dans les douches de l'UMS. Beaucoup d'étudiants reviennent avec cette odeur dans ma classe après leur cours de sport. Je profite d'être si près d'elle pour venir murmurer à son oreille.

"J'ai besoin de savoir Mademoiselle Nightshade. Je n'accepte pas n'importe qui dans mes cours. Et je saurai si vous mentez."

Je relâche sa mèche de cheveux et fait un pas en arrière.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Tyler Winston
" Je n'ai jamais compris le concept de se méfier des inconnus. Moi, toutes les personnes qui m'ont fait du mal, je les connaissais toutes."
codage par Laxy

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre
Mercredi 1er décembre 2021

« Putain, bouge, Shay ! Tu vas me mettre en retard. » Je l’entendis ronchonner, dormant encore à moitié alors qu’il consentait à se décaler pour me laisser atteindre la portière. Selon Shay, il s’agissait d’une Ford Mustang, une de ces anciennes voitures de gens un peu trop riches. Elle était totalement à l’abandon dans cette ruelle et aurait pu valoir un paquet de Gallions avec quelques bonnes pièces de rechange et quelques sorts pour l’améliorer.

Il était à peu près 8h. Le soleil se levait à peine. Les cours ne commençaient pas avant 9 heures mais j’avais besoin de passer à l’UMS avant que les élèves n’arrivent pour utiliser les douches et me donner un visage plus humain. Ensuite, je pourrais étudier un peu au Scitis avant le début de mon cours de Sortilèges. « Mmh, quelle heure ? » « 8h ! » répliquais-je alors que de la buée sortait de ma bouche tandis que je quittais la voiture.

Shay et moi avions perdu l’appartement. Trois mois de retard, ce n’était plus possible pour le proprio qui avait même envoyé des Brigadiers pour nous faire sortir de là. On aurait pu aller squatter chez Mathys, mais comme d’habitude, avec Shay, on voulait se débrouiller par nous-mêmes. On avait pu dormir jusque-là dans cette voiture, avec quelques couvertures et en bouchant les trous des vitres. Mais le froid se penchait de plus en plus sur le Royaume-Uni et j’avais sans cesse peur qu’en m’endormant, je n’arrive pas à me réveiller le lendemain.

Hier, j’avais finalement trouvé un travail au Chaudron Baveur. Le patron est infâme, totalement macho, avec un salaire pas très avantageux, mais il était le seul à s’adapter à mes horaires à l’UMS. Alors, c’était mieux que rien !

Je finissais de m’extirper de la voiture, rassemblant mes affaires de cours, prête à transplaner quand je sentis un regard sur moi. Ce n’était pas Shay mais … le professeur Winston ?! A l’autre bout de la ruelle, il me fixait. Oh et merde ! Pourquoi il bougeait pas ? Pourquoi il disait rien ? Qu’est-ce qu’il regardait comme ça ? Après m’avoir bien humilié la semaine dernière, il pensait pouvoir faire pire en me voyant fringuer comme ça ? Putain et s’il allait voir la directrice ? Lui disant que j’étais à la rue et que je risquais de ne pas pouvoir payer comme il faut les frais de scolarité ? Il transplana soudainement, me laissant dans le plus grand des désarrois. Merde, fais chier !

Je passais une main dans mes cheveux et balançais mon sac sur le dos avant de transplaner au plus vite à l’UMS. On allait se croiser, c’était sur. Et s’il savait déjà où j’allais, ce que je m’apprêtais à faire ? Allait-il m’interdire de me doucher ici ? Allait-il débarquer dans les vestiaires avec la directrice et des Brigadiers ? Mes doigts tremblaient, de froid ? d’inquiétude ? Je ne savais pas trop. Mais je voulais me dépêcher. Je déposais mon sac devant un casier, attrapais quelques vêtements que j’avais fait laver la veille et passais rapidement sous la douche. Je me frottais vaillamment la peau, n’ayant pas peur d’insister sur les cicatrices ou sur ma peau encore rouge due au froid. Je restais en alerte, réagissant au moindre bruit. Dix minutes plus tard, je ressortais de la douche. Hop, j’enfilais des sous-vêtements, des vêtements propres. D’un coup de sort, je séchais mes cheveux et ajoutais un peu de noir autour de mes yeux.

Je pris tout de même le temps de m’observer un instant dans le miroir. Je devenais une toute autre personne. Personne ne savait pour Roland, pour ma vie d’orpheline, pour mes problèmes d’argent. Personne. Et là, le professeur Winston m’avait vu. Je n’arrivais pas à cerner cet homme. Est-ce qu’il venait d’une de ses familles prônant l’excellence par-dessus tout ? Est-ce qu’il ne comprenait pas comment on pouvait se retrouver sans un sou pour vivre à la rue et pourtant mener des études en Médicomagie ? J’entendais mon cœur qui tambourinait dans ma poitrine.

Je pris une grande inspiration avant d’attraper mon sac et de quitter les vestiaires. Je ne regardais même pas derrière moi, je voulais mettre le plus de distance possible entre moi et ce lieu qui pouvait prouver ma condition. Mais j’aurai du. Un raclement de gorge se fit entendre et je me retournais, connaissant déjà l’identité de la personne qui m’attendait. J’essayais d’ignorer les battements de mon cœur qui s’emballaient alors que le professeur Winston s’approchait nonchalamment de moi. Il tenait un gobelet de café … qu’il me tendit. Alors, si je devais m’attendre à ça ?! Je ne masquais pas ma surprise. Il n’y avait aucun mot à échanger. Quoi dire ? Et qu’est-ce qu’il voulait ? Me donner un café avant d’aller avertir la sécurité ? Je bus une gorgée, préférant ne pas risquer de le contrarier. Mais le liquide chaud se propagea en moi comme un doux foyer. J’avais vraiment besoin de ça.

« Est-ce que tu te drogues ? » La question me décontenança. Alors, il commençait par ça ? Je laissais mes émotions se lire sur mon visage sans chercher à les masquer. « Vous souhaitez vraiment que je réponde à ça ? » répliquais-je d’un ton ironique. Les bras croisés sur ma poitrine me montrèrent qu’il ne plaisantait pas. « Non, je ne me drogue pas. » répondis-je comme si c’était l’évidence pure.

« Est-ce que tu te prostitues ? » Je manquais de m’étouffer au beau milieu de ma gorgée cette fois-ci. « Non mais pour qui vous prenez-vous ?! » m’exclamais-je. Il fit un nouveau pas vers moi. Quoi, il cherchait quoi ? A me coincer ? A me faire avouer quelque chose que je n’avais pas fait ça ? « Tu sais ce qu’est la prostitution non ? Alors réponds à ma question. » Je laissais la contrariété se peindre sur mon visage. Il était vraiment inconvenant de poser ce genre de questions. « Non, je ne me prostitue pas. Non mais, qu’est-ce que vous m’voulez à la fin ?! » m’exclamais-je, perdant patience. S’il n’était pas venu pour m’arrêter, me foutre à la porte ou quoi que ce soit, qu’est-ce que ça pouvait lui foutre ce que je voulais ?! Je ne cherchais même plus à avoir de bonnes manières avec lui.

« N'est-ce pas vous Mademoiselle Nightshade qui me reprochiez de juger l'apparence ? » Oh non. Il était sérieux ? Alors que j’avais fait une croix sur son cours et sur tout espoir de l’avoir comme professeur, le voilà qui reprenait la discussion de l’autre fois ? J’essayais d’ignorer le fait qu’il se rapprochait de plus en plus de moi et que cette proximité me mettait mal à l’aise. Malgré moi je fis un pas en arrière. « Je vous trouve dans une voiture … » reprit-il. « … dans une rue désertée et malfamée en présence d'un homme. J'essaye de ne pas juger, et pour cela il me faut des réponses. » Je secouais la tête, m’armant un peu plus de courage. « Qu’est-ce que ça peut bien vous foutre ? » répliquais-je.

Mon dos vint rencontrer le mur et je m’efforçais de garder un air en colère pour masquer mon inquiétude. Aucun élève n’allait passer par là à cette heure-ci, c’était certain. Et le professeur Winston le savait très bien lui aussi. « J’ai besoin de savoir Mademoiselle Nightshade. » Ses doigts attrapèrent l’une des mèches de mes cheveux et son visage se pencha vers le mien pour venir murmurer au creux de mon oreille. J’eus soudainement envie de lever mon genou entre ses jambes mais ce qu’il dit ensuite m’en dissuada.

« Je n'accepte pas n'importe qui dans mes cours. Et je saurai si vous mentez. » Attendez. Il avait donc changé d’avis ? Je fronçais les sourcils alors qu’il se reculait pour mieux voir mon visage. Je n’avais même pas remarqué que j’avais cessé de respirer quand il s’était approché de moi et soudain, c’était comme un grand froid qui se propageait en moi alors qu’il s’éloignait. Je chassais cette impression de ma tête pour répondre : « Que voulez-vous savoir ? » repris-je avec moins de hargne qu’avant. « Le proprio nous a foutu à la porte parce que nous avions des loyers en retard. » expliquais-je le plus naturellement du monde. « Shay … est mon frère. » Pas besoin d’entrer dans les détails. « On fait tous deux des petits boulots mais qui ne suffisent plus à payer un loyer, voilà tout. On met tout dans notre scolarité. Comme je vous l’ai dit, je suis très impliquée dans mes études. »

Je lui disais la vérité et d’ailleurs, le fait qu’il m’ait dit qu’il pourrait savoir si je mentais me laissa penser qu’il savait soit lire dans les pensées, soit détecter les mensonges. Roland aussi avait cette capacité : il savait quand on mentait.

« Je ne comprends pas. En quoi connaître la façon dont je gère mes finances vous indiquera si je suis capable ou non de suivre votre cours. » Je croisais à mon tour les bras après avoir bu une autre gorgée de mon café. A présent, je n’avais plus froid comme cette nuit dans la voiture. Et c’était bon.

« Vous allez me dénoncer ? » demandais-je en indiquant les vestiaires d’un signe de la tête. J’ignorais ce que j’attendais comme réponse. J’espérais juste pouvoir le comprendre un peu mieux. Ses réactions, ses paroles, tout me surprenait. Il m’étonnait. Et si j’avais pensé qu’il avait perdu mon respect la semaine dernière, je me trompais. Cet homme en imposait et le fait que je l’intéresse me prouvait que peut-être il avait des méthodes bien particulières pour enseigner. Qu’il était différent des autres professeurs. « Qu’est-ce que je dois faire pour vous convaincre ? » demandais-je. La Défense contre les Forces du Mal me tendait à nouveau ses bras et je n’allais pas laisser passer cette opportunité.
©️️ YOU_COMPLETE_MESS

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« Peut être qu’on doit être un peu amoché avant d’être à la hauteur. »

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre.
Son fichu caractère il va falloir qu'elle le perde, et qu'elle retrouve des manières avec moi si elle veut assister à mes cours. Il est hors de question qu'une étudiante me sape mon autorité dans ma classe. Et alors que je le pense, elle se radoucit déjà. Je me recule doucement avec un faible sourire sur mes lèvres. J'écoute avec délectation ses explications, sauf que je perds mon sourire. Je tique quand elle dit être à la rue, que cet homme est son frère. Il ne lui ressemble pas. Est-ce encore une connerie du genre "c'est un ami que je considère comme mon frère ?"

« Je ne comprends pas. En quoi connaître la façon dont je gère mes finances vous indiquera si je suis capable ou non de suivre votre cours. »
"Je ne peux pas avoir une élève qui soit sans toit fixe pour mes cours, cela serait trop... instable comme situation. Je suis très exigent. Et je prône l’assiduité et la sérieux. Vous vivez dans une voiture, et si vous ne vous réveillez pas un matin, car vous avez passé une mauvaise nuit ? Le froid arrive. Si une personne vous agresse ? Si vous tombez malade d'une mauvaise hygiène de vie ? Comment allez-vous réviser sans bureau, sans pièce pour vous concentrer, évoluer ?"

Tout est à prendre en considération. Mais en même temps, elle dit se donner à cœur pour ses études, et tout l'argent qu'elle accumule y passe. Mais est-ce que cela sera suffisant pour une stabilité ?

« Vous allez me dénoncer ? »

Je ricane. Oui, rien que cette putain d'idée que je puisse la balancer pour venir prendre sa douche avant les cours dans les vestiaires de l'UMS me fait rire. Elle ne sait vraiment pas à qui elle parle, et ce dont je suis capable. Elle ne sait pas combien je suis dangereux pour elle et pour les autres. Elle ne sait pas tout ce que je détiens sur mes collègues, sur mes élèves. Je suis une vrai fouine, à l'affut de tout. J'utilise mon don pour obtenir des informations et parfois manipuler les gens sans qu'ils s'en rendent compte. Alors aller dénoncer une élève pour ça, c'est vraiment mal me connaitre. Dans le pire des cas, je pourrai me servir de cette information pour la faire chanter. Elle est prudente, attentive. C'est des qualités qui peuvent lui servir.

"Vous ignorez totalement où vous mettez les pieds."

Je la fixe un instant. Ce n'est même pas une question à laquelle j'attends une réponse. Ce n'est même pas une menace, c'est plutôt un avertissement. Je devrai l'envoyer chier, mais il y a quelque chose chez elle, je ne sais pas... je me suis trompé sur son compte. Elle n'est pas comme je le pensais. Je la voyais dans un appartement de luxe avec ses parents, ou en colocation avec ses colocataires aussi guinché qu'elle. Et je la retrouve sans le sous, à vivre dans une voiture.

« Qu’est-ce que je dois faire pour vous convaincre ? »
"Venez à mon cours du soir demain. Soyez à l'heure Mademoiselle Nightshade."

Je finis par briser notre lien du regard et me détourne d'elle comme si rien ne s'était passé.

***

Le lendemain

Mes cours sont finis depuis une heure et demi. Je termine de corriger une pile de parchemin quand je peux ressentir une présence à la porte de ma classe. Bien évidemment, comme je l'espérai, elle a une bonne demi-heure d'avance.

"Vous pouvez entrer. Je vous invite à vous occupez avant que le cours commence. Vous pouvez toucher aux livres et potions mais tout doit retourner à sa place à la fin du cours."

Je replonge dans mes parchemins. De temps en temps je l'observe, naviguer dans la classe, prendre un livre, lire le sommaire. Regarder les potions. Je croise à plusieurs reprises son regard sans jamais dire mot. Au bout d'une demi-heure, tous les élèves en études du soir sont arrivés. Silencieusement, ils ont pris place à leur table habituelle, sortis en silence leurs affaires. Amber trouve la sienne, au premier rand, alors qu'aucun n'a osé jusqu'à présent. Ils ont un devoir à me rendre, et tous sans exception m'ont sorti le parchemin et me l'ont posé en bout de table pour que je le récupère, ce que je fais, en jetant un œil rapide sur toutes les copies. Je porte le tas à mon bureau et me retourne vers eux.

"Mademoiselle Nightshade nous accompagne pour ce soir."

Je me penche à mon bureau et griffonne quelque chose sur un bout de papier. Puis je m'approche d'Amber et pose le papier sur son bureau. Il s'agit du devoir que m'ont rendu les élèves ce soir. J'approche de la bibliothèque de la classe et trouve le livre sur lequel elle devra s'appuyer. Je le pose sur son bureau également, sans même un regard pour elle je rajoute :

"Si tout se passe bien, je voudrai avoir ce devoir demain soir sur mon bureau. Comme pour vos camarades, ce livre est un prêt. Si vous le perdez ou l'abimé, il devra être remboursé."

Oui je sais, je ne lui laisse que 24h pour le faire, alors que les autres ont eu une semaine. Mais je veux mettre à l'épreuve sa persévérance dès le début. Je n'ai pas de temps à perdre.

"Bon nous avons déjà perdu assez de temps. Qui a des questions concernant le dernier cours ?"

Joyce lève la main.

"Concrètement, je me demandais si le Partis Temporus pouvait aussi agir sur le sortilège du Patronus ? Comment peut-il temporairement ouvrir, ou laisser un trou dans une protection magique ? Est-ce seulement possible professeur ?"
"Le mieux c'est d'essayer. Qui se porte volontaire pour nous faire un Patronus et un Partis Temporus ?"
"J'ai étudié le sortilège professeur, puis-je ?"
"Nous avons un attaquant. Qui pour la Défense ?"

A ma grande surprise, c'est Amber qui se propose. Je l'ai déjà vu faire un Patronus, mais il est rare qu'un étudiant dans un de mes cours se porte volontaire aussi rapidement.

"Installons nous." Tous les élèves se lèvent, et d'un coup de baguette magique je déplace et décale les chaises et les tables pour avoir de l'espace dans la classe.

"Je vous en pris... allez y."

Je leur fais signe. Amber réalise un parfait charme du bouclier sous les regards étonnés et expressifs de ses - peut-être - futurs camarades. Je me demande encore comment ce pauvre souvenir pitoyable peut lui faire faire un tel sortilège. Je commence à penser qu'elle est à l'opposé de ce que j'imaginais d'elle. Il est très difficile pour moi de résister à mon envie de légilimencie, putain d'ailleurs j'ignore pourquoi je ne joue pas de mon don sur elle. Je le fais sur tout le monde.

Joyce n'arrive pas à percer sa barrière, et son putain de chat parcourt encore une fois toute ma classe. Cela m'exaspère, alors je décide de prendre les devants. Je m'avance, baguette en main, Joyce se décale pour me laisser la place et je lance moi-même le sortilège. Le sort vient percuter le Patronus d'Amber, qui, comme sa taille est petite semble exploser en mille morceaux dans la classe, soulevant des expressions d'étonnements parmi les étudiants qui reculent même de quelques pas alors que des morceaux argentés s'éparpillent dans la classe avant de s'évaporer.

"Ce qui confirme que oui, quand il est bien réalisé et assez puissant, un Partis Temporus peut créer une brèche même sur un charme du bouclier."

Je fixe mon regard sur Amber, sans même un sourire. Oui, ici dans mon cours, le Patronus ne sera pas le sort le plus puissant ou le plus impressionnant qu'elle aura à travailler. Je veux lui montrer, leur montrer à tous combien son chat peut-être faible face à moi, face à la magie que je peux leur apprendre. Je brise alors le contact visuel en m'approchant de Joyce pour lui montrer un geste plus précis pour le sortilège.

"Tenez d'ailleurs mettez vous par deux, nous allons revoir ce sortilège. Mademoiselle Nightshade vous serez avec moi pour commencer, comme nous sommes un chiffre impair. Ensuite vous tournerez."

Alors que je m'avance à la chaise de mon bureau pour y déposer ma veste de costume, oui parce que ce putain de Tyler porte des costumes en classe, j'entends Joyce parlait en murmurant à Amber. Enfin, je perçois plus ses pensées directes que sa voix.

"Tu verras, ce qu'il y a de cool avec le professeur Winston, c'est qu'on travaille rapidement la pratique, et qu'il est très doué en plus d'être carrément mignon. Ça donne envie de progresser."

Elle lui donne un coup de coude comme pour l'inviter à se confier. Mais comme je la fixe du regard, elle n'ose certainement pas répondre. Je pose ma veste sur le dossier du fauteuil et revient vers eux. Joyce est allée rejoindre en rougissant son partenaire.

"Créez une barrière de feu, comme on l'a appris en début d'année, et entrainez-vous à tour de rôle à faire le Partis Temporus. Je vous montre le geste une fois. Monsieur Maury, érigez donc une barrière de flamme je vous prie."

L'étudiant s'exécute et je leur montre la posture, le geste et la prononciation du Partis. Mon sortilège frappe les flammes et y perce un énorme trou après une légère résistance. Je leur fais signe de commencer. Je reviens vers Amber alors que les autres sont déjà affairés à leurs sortilèges. Bientôt la classe est remplie de petit mur de feu et la chaleur de la pièce augmente ostensiblement.

"Je vais déjà vous apprendre à faire un mur de flammes. Ce n'est effectivement pas un sortilège de défense contre les forces du mal. Mais vous verrez que dans ce cours, il faut savoir... s'adapter. Si la pratique ne vous plait pas, vous êtes à temps de ne pas revenir la semaine prochaine. Mais tout cour commencé doit-être fini, c'est une règle."

Oui c'est clairement un sort mineur de magie noire. Et oui elle verra que parfois elle voudra sortir de la classe, car la magie sera trop intense. Mais tous ceux qui sortent avant la fin du cours ne sont plus conviés au suivant. Il est important de ne montrer aucun signe de faiblesse. Et pour les sorts mineurs de magie noire, c'est une nécessité, il n'y a rien de plus concret que de réaliser de vrais sortilèges à combattre. En réalité, moi ce que j'observe, c'est ceux qui résistent le plus aux sorts de défenses. Ce que je vais le plus regarder, c'est les murs de flammes plus que le Partis Temporus. J'attrape le poignet d'Amber. Et comme je l'ai fait avec Joyce, je viens caler le dos d'Amber contre ma poitrine, tout en alignant mon bras au sien qui tient sa baguette. Le contact est assez électrisant. Elle a la main froide, signe de sa minceur. Le sang circule faiblement dans ses veines. Même sans être vampire, je me rappelle de ce genre de détail. Je peux même m'imaginer l'odeur de son sang. Je déglutis tout en gardant le contrôle. Je lui montre le mouvement, une fois, deux fois. Puis je lis le geste à la parole.

"Après moi : Flamma Murum"

Codage par Libella sur Graphiorum

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Tyler Winston
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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre
Mercredi 1er décembre 2021

J’étais incapable de déterminer à quoi penser cet homme. S’inquiétait-il pour moi ? Pour lui s’il ne disait rien à mon propos ? Il me parlait du froid, de la nuit, des agressions. Que je n’avais pas d’endroit où travailler, avec un bureau et des casiers. Donc, les conditions pour rejoindre sa classe étaient d’avoir un lieu de travail approprié ? Je haussais un sourcil, perplexe. Cet homme me décontenançait. Il était … étrange, comme s’il cachait une toute autre personnalité au fond de lui. Aucun professeur n’aurait osé approcher une étudiante aussi près. Ils craignaient tellement qu’on associe ça à du harcèlement sexuel. Mais cet homme n’avait peur de rien. Ca, j’en étais certaine.

« Venez à mon cours du soir demain. Soyez à l'heure Mademoiselle Nightshade. » J’étais surprise. Surprise mais soulagée. J’avais réussi, semble-t-il. Il me donnait une chance. Je ne cachais pas mon sourire quand il me devança et partit dans le couloir. J’allais apprendre la Défense contre les Forces du Mal. J’ignorais que je pourrais me battre autant pour une matière … mais cet homme avait eu le don de me pousser à me battre pour mes convictions, pour ce en quoi je croyais. Même s’il avait un comportement étrange, je ne doutais pas que j’avais fait le bon choix quant à mon professeur.

Jeudi 2 décembre 2021

Il était 18h30 quand j’arrivais face à la porte du cours du professeur Winston. J’avais averti Shay que je ne rentrerai pas de sitôt, il avait donc accepté de travailler en soirée dans son petit boulot. Ca nous ferait gagner quelques sous.

Lorsque je franchis le pas de la porte, le professeur Winston releva la tête vers moi. Il m’attendait. Il me laissait entrer et découvrir l’environnement de la classe. Je hochais la tête silencieusement avant d’avancer dans la salle de cours. Par la fenêtre, on pouvait voir la pluie tombée en grands rideaux. Je frissonnais en pensant déjà la nuit qui nous attendait Shay et moi. Mais il serait bien assez tôt d’y penser. En attendant, je devais concentrer toute mon énergie sur ce cours et les preuves que je devais fournir au professeur Winston. J’avais l’étrange sensation que face à lui, je devrais toujours me justifier, fournir des preuves, lui prouver que je valais le coup. Ca avait toujours été ainsi.

Mes doigts se posèrent sur quelques ouvrages. J’en pris un au hasard, le titre m’attirait. Dedans on y trouvait des illustrations pour aider à exécuter les sortilèges. S’ensuivait généralement une explication sur son utilité. On pouvait voir que dans la marge plusieurs personnes y avaient griffonné dedans. Je reposais le manuel et continuais ma marche silencieuse. De temps à autres, je jetais un coup d’œil au professeur Winston. Il m’observait lui aussi. Je pouvais sentir son regard sur moi. Je pensais alors à Roland qui surveillait chacun de mes faits et gestes et me guettait comme si j’allais semer le chaos. Pour lui, je n’étais qu’un objet, du moins je l’étais devenue. A ses yeux, les femmes n’avaient pas leur place dans la société. J’avais toujours espéré le contraire et on m’avait aidé à voir les choses différemment, même si quelque part en moi, la voix de Roland raisonnait encore.

Au bout d’une demi-heure, les étudiants présents à l’étude du soir étaient arrivés et s’étaient installés silencieusement. Le professeur Winston savait tenir sa classe et chacun de ses étudiants le respectait. Je m’installais au premier rang, là où il restait le plus de place. Après tout, ce serait là que je serai le mieux placée pour écouter.

Chacun avait sorti ses affaires, à savoir un encrier, une plume, des parchemins et surtout, leur baguette. J’en fis de même tandis que le professeur Winston récupérait des copies, surement un devoir que les étudiants avaient à faire. « Mademoiselle Nightshade nous accompagne pour ce soir. » annonça-t-il d’une voix ferme. Je me tenais droite, me sentant un peu mal à l’aise en ayant conscience que les regards avaient automatiquement convergé vers moi. Mais je ne me laisserai pas intimidée. Je jetais un nouveau coup d’œil à la fenêtre où les gouttes de pluie ruisselaient toujours sur les carreaux.

Puis je sentis le professeur Winston s’approcher de moi et déposer un papier sur mon bureau avant d’y accompagner un manuel. Il voulait que je lui rende un devoir pour demain soir. 24 heures pour rendre un devoir sur les différentes magies qui existaient dans le monde. Je compris rapidement que cela me prendrait un temps considérable et que je devrais peut-être sécher mon cours d’Arithmancie demain pour pouvoir rendre le devoir dans les temps. Il me mettait au défi et j’avais bien l’intention de le relever.

Le cours commença et le professeur interrogea une première élève. Elle posait une question sur deux sortilèges dont l’un d’eux était le Patronus. Je souris intérieurement. Si je pensais avoir une meilleure occasion de me faire remarquer dans le bon sens, c’était le moment ou jamais ! Je levais la main immédiatement quand il demanda une personne volontaire pour exécuter le sortilège du Patronus. Surpris, le professeur ne fit pas d’autres commentaires à part nous encourager à nous lever. D’un coup de baguette magique, les chaises et les tables s’écartèrent pour laisser place à une véritable salle d’entraînement. « Je vous en prie … allez-y ! »

Je levais ma baguette et fermais les yeux pour me concentrer et faire le vide autour de moi. Shay, Shay était mon souvenir le plus heureux. En lui j’avais trouvé un véritable frère, en lui j’avais trouvé l’espoir d’une vie meilleure. On se comprenait, on se soutenait, on avait fait des rêves ensemble.

Et alors mon chat apparut, se promenant déjà dans toute la classe. Je souris tout en conservant mon énergie pour maintenir cette barrière. L’étudiante essayait de percer mon bouclier mais elle n’y parvenait pas. Mon sourire s’élargit en comprenant que j’étais peut-être douée. Mais soudain, avant que je n’ai pu bien réalisé l’ampleur de la chose, le professeur Winston prit la place de l’étudiante et exécuta le Partis Temporus. Le sort percuta mon Patronus de plein fouet et je reculais sous le choc tandis que mon chat explosait en milles morceaux argentés. J’ouvris la bouche pour reprendre mon souffle.

J’avais senti … une telle charge d’énergie soudainement. Il n’avait pas sourcillé, pas hésité. Son sort était rentré en parfaite collision avec le mien, ne me laissant aucun répit. Je levais lentement les yeux vers lui alors qu’il ne me quittait pas des yeux. Il était … extraordinaire. « Ce qui confirme que oui, quand il est bien réalisé et assez puissant … » reprit-il. « … un Partis Temporus peut créer une brèche même sur un charme du bouclier. » Une brèche ? Il avait réduit mon Patronus à un tas de poussière. J’avais presque envie de relancer mon sort pour être sûre que mon chat était toujours là.

Mais déjà le professeur Winston nous encourageait à nous mettre par deux. Il avait détourné le regard mais le mien restait rivé sur lui. J’étais impressionnée et en même temps j’étais terrifiée. Cet homme gardait en lui une grande puissance magique, je le sentais. J’ignorais pourquoi je le ressentais ainsi, mais je me souvenais des paroles de ma professeur de Médicomagie qui m’avait confié que j’avais un don en Magie Blanche. Peut-être que c’était ce don qui se manifestait au contact de la magie du professeur Winston ?

« Tu verras, ce qu’il y a de cool avec le professeur Winston … » Je ne tournais même pas la tête vers cette fille qui m’avait affronté en duel. J’ignorais même comment elle s’appelait et je voulais lui demander mais le regard du professeur Winston était à nouveau sur nous. Ou sur moi plus exactement. Entendait-il vraiment tout ce qu’on disait ? La jeune femme alla rejoindre son partenaire alors que je me savais en duo avec le professeur. Tout ceci commençait bien. Espérait-il qu’il arriverait à m’envoyer à l’infirmerie et que cela me dégoûterait assez pour ne pas avoir envie de revenir dans son cours ?

« Créez une barrière de feu, comme on l'a appris en début d'année, et entrainez-vous à tour de rôle à faire le Partis Temporus. » Je me surprenais à boire ses paroles. Il avait un don pour s’exprimer et pour captiver les foules, c’était indéniable. Et pour un professeur, je n’en attendais pas moins. Ici, tout le monde avait envie d’apprendre, de progresser. Il n’y avait pas un bruit et chacun attendait la suite des instructions. « Je vous montre le geste une fois. Monsieur Maury, érigez donc une barrière de flamme je vous prie. »

Je regardais la façon dont le jeune homme exécutait son sortilège avant que d’autres ne fassent de même. Je ne connaissais pas ce sort mais rapidement, je pus sentir la chaleur des flammes sur ma peau. Mes yeux se perdaient dans ces lueurs jaunes et oranges, me ramenant quelques années en arrière chez Roland. C’était avant qu’on ne parte tous pour nos écoles. Il faisait froid cette fois-là. On ne voulait pas dormir dehors alors on était rentré. Renn avait allumé le feu et on s’était tous serrés les uns contre les autres pour se réchauffer. Je tenais Jordan contre moi tandis que Mathys lui caressait les cheveux. Le bras de Shay avait entouré ma taille. Seul Renn restait à l’écart, sous une couverture, le regard perdu dans les flammes.

On était resté comme ça pendant un quart d’heure, près du feu, jusqu’à ce que Roland arrive et nous frappe l’un après l’autre pour avoir utilisé trop de bûches. Renn était celui qui avait le plus pris vu qu’il avait allumé le feu. J’eus un frisson en repensant à tout ça mais le professeur Winston me sortit de mes pensées.

« Je vais déjà vous apprendre à faire un mur de flammes. » Je me tournais vers lui, commençant déjà à lever ma baguette. « Ce n’est pas un sortilège de défense, n’est-ce pas ? » demandais-je. « Je n’ai jamais entendu parler d’un tel sort et en feuilletant vos manuels tout à l’heure, je ne l’ai pas trouvé. » expliquais-je. « Ce n'est effectivement pas un sortilège de défense contre les forces du mal. Mais vous verrez que dans ce cours, il faut savoir... s'adapter. » Je hochais la tête et refermais la bouche. « Si la pratique ne vous plait pas, vous êtes à temps de ne pas revenir la semaine prochaine. Mais tout cours commencé doit-être fini, c'est une règle. » Je lâchais un petit rire. « Ne croyez pas que je suis déjà effrayée. Je suis simplement curieuse. » Pourquoi s’imaginait-il toujours que j’allais fuir d’un moment à l’autre ?

Je m’efforçais à ne pas sursauter quand il se saisit de mon poignet pour accompagner mon geste. Sa main était chaude et je me laissais faire. Mon corps se cala contre le sien et je m’efforçais à suivre ses consignes. Le geste était assez simple au final. « Après moi : Flamma Murum » m’indiqua-t-il. Je pris une inspiration pour lancer le sort. « Flamma Murum ! » Il y eut une petite gerbe de flammes mais celles-ci s’éteignirent rapidement. J’entendis le professeur soupirer derrière moi. Génial, il ne cachait même pas son insatisfaction. Il faisait tout pour me déstabiliser. Mais à nouveau je pris une inspiration et je lançais le sort. Et à nouveau, le sort fit un flop.

Le professeur Winston s’écarta de moi, prenant le temps de regarder ma posture avant de m’ordonner de m’exécuter à nouveau. Allez Amber, tu peux le faire ! J’exécutais le sortilège et si les flammes étaient un peu plus imposantes que tout à l’heure, elles s’effacèrent rapidement. J’écoutais le professeur Winston qui m’indiquait qu’il fallait le vouloir. Qu’est-ce qu’il croyait ? Que ça m’amusait de rater un tel sort ? Ne te laisse pas déconcentrer, Amber. Je fermais les yeux. J’avais besoin de faire le vide. Je sentais la chaleur des autres sorts me réchauffer la peau, j’entendais les étudiants lancer le Partis Temporus avec toujours plus de conviction et je pouvais sentir le professeur Winston continuer à me tourner autour.

Mon souffle s’accéléra. Je sentais que ça venait. J’ignorais depuis combien de temps je me concentrais ainsi. Une minute ? Cinq ? Je fermais un peu plus les yeux et pris une inspiration. Puis je soufflais. « Flamma Murum ! » lançais-je en rouvrant les yeux.

Sous les yeux de la classe toute entière, le bureau du professeur Winston prit feu quand la barrière de flammes s’étala de moi jusqu’à la fenêtre à l’autre bout de la classe. « Oh … merde ! » lâchais-je. Horrifiée, je regardais le professeur Winston qui avait déjà éteint le feu. « Professeur Winston, je suis désolée. » Tout le monde retenait son souffle dans la salle. Je comprenais à présent que j’avais gâché ma dernière chance d’être acceptée dans ce cours. J’ignorais comment j’avais fait, comment j’avais fait pour libérer une telle puissance de sorts alors que ce n’était pas mon domaine. Je regardais un peu horrifiée mes mains comme si elles étaient responsables de ce désastre.

Mais le professeur Winston ne fit au premier abord aucun commentaire sur l’incident, réparant bien vite les dégâts. En faites, il allait dire quelque chose quand la sonnerie retentit. Sauvée par le gong, pensais-je. J’attrapais mon sac et rentrais bien vite mes parchemins et manuels avant de filer à toute vitesse.

Vendredi 3 décembre 2021

J’avais bossé comme une dingue sur ce devoir. Si le matin j’étais allée travailler au Chaudron Baveur, j’avais profité de chaque moment de trou pour faire quelques recherches. Je n’avais même pas pris le temps de manger le midi, m’installant à la bibliothèque pour chercher quelques informations supplémentaires. J’avais séché le cours d’Arithmancie comme prévue pour tout mettre au propre et j’avais dû également empiéter sur le cours de Médicomagie. Heureusement que j’avais un assez bon niveau à Castelobruxo et que ce cours se passait en amphithéâtre.

Il était 17h18 quand je mis le point final sur mon cinquième parchemin. Je souris en relisant mon devoir. J’avais fait des recherches, j’avais fait l’impossible pour que le professeur Winston soit fier de mon travail. J’avais … la sensation d’avoir fait quelque chose de bien, d’avoir usé de tous mes atouts pour réussir ce devoir. Je l’avais fait. Et c’était satisfaisant. Il ne restait qu’à voir la tête du professeur Winston.

Son cours se terminait dans trois quarts d’heures. Je fourrais mon devoir dans la sacoche avant de me lever de la Scitis pour aller chercher un truc à manger au Barberus Bragge. Oh pas pour moi ! En réalité, je n’avais mangé que quelques réglisses en guise de petit-déjeuner et ça me suffisait très bien. Non, mais je me doutais déjà que Shay aurait une faim de loup en revenant des cours et comme j’ignorais combien de temps je resterai avec le professeur Winston … Peut-être qu’il allait me faire rembourser son bureau ? et ses affaires ?

J’achetais deux sandwiches et flânais un peu dans l’UMS. Je rencontrais un garçon, Harry Janson, qui avait manqué de me rentrer dedans. Il s’était excusé poliment avant que son regard ne s’attarde plus que nécessaire sur mes formes. Je m’étais sentie rougir. Nous avions un peu discuté. Il était en 3ème année, en Magie Avancée. Je lui laissais mon numéro, il était plutôt sympa, avant de transplaner jusqu’à l’amphi de Shay pour lui faire porter son repas. « Ne m’attends pas ce soir ! » lui indiquais-je en m’enfuyant déjà. Mais sa main retint la mienne : « Attends, tu veux dire que ce soir aussi, tu vas traîner ici ? » Je baissais la tête. « Oui, il faut que je rattrape mon retard. » lui indiquais-je, très sérieuse. « On se retrouve là où tu m’as dit ce matin ? » Il soupira et hocha la tête. Je souris, l’embrassais sur la joue avant de courir pour rejoindre la salle de cours du professeur Winston.

Les derniers élèves quittaient la salle. Certains parlaient encore des sorts qu’ils avaient pratiqué et leurs yeux brillaient d’émerveillement. « Professeur Winston ! » l’appelais-je alors que je le voyais remballer d’un coup de baguette ses affaires. « J’ai votre devoir ! » D’un Accio, j’attirai les cinq parchemins de 30,5 cms chacun dans ma main et les lui tendis. « Désolée encore pour votre bureau … » dis-je en avisant les marques de cramés sur les rebords. « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, en vérité, mais je peux m’améliorer vous savez. » Hors de question de me dévaloriser maintenant. Je pouvais toujours faire mieux et il devait le savoir que j’étais déterminée à tout faire pour rester ici.

Comme d’habitude, son regard me scrutait mais son visage n’exprimait aucune émotion. Impossible de savoir ce qu’il pensait ou ce qu’il allait me dire. Je ne craignais pas d’affronter son regard et je suppose que ce fut ça qui le déstabilisa. « Je vous demande pardon ? » J’étais intriguée par sa requête. Il voulait bosser avec moi ? Encore plus que les cours normaux ? Je lâchais un rire amusé avant de me reprendre. « Excusez-moi, je pensais juste que … laissez tomber ! Je serai ravie d’avoir quelques cours de plus avec vous. » Peut-être que finalement je lui avais forte impression, en tout cas assez pour que ça lui donne envie de rester après son travail.

« Par quoi on commence ? » demandais-je en sortant ma baguette, lançant mon sac au pied d’une table. J’entendis la porte claquer dans mon dos et je m’efforçais à ne pas retourner la tête pour le vérifier. Le professeur Winston avait ses méthodes et j’étais prête à les accepter pour progresser. Je n’avais pas peur de lui-même si je savais qu’il donnait envie qu’on le craigne. Non, je n’avais peur. Je le respectais.
©️️ YOU_COMPLETE_MESS

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« Peut être qu’on doit être un peu amoché avant d’être à la hauteur. »

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre.
Décevant, cette putain de magie blanche qui coule en elle lui empêche de faire un tel sortilège. Je ne peux pas croire que je me sois trompé sur toute la ligne, encore une fois. Cependant je ne peux pas lui reprocher d'être persévérante, ce dont j'étais sûr. Je lui remontre le geste, lui refixe la bonne posture.

"Recommencez !"

Et les flammes s'annulent aussi vites qu'elles apparaissaient. Aller Amber, ne me fait pas prendre en ridicule devant tous mes élèves. Je prône l'excellence dans ce cours. Et elle ne daigne pas faire un sort correct. Il lui manque ce côté sombre que je retrouve dans chacun de ces petits nouveaux ici. Je pensais qu'elle pouvait avoir cela en elle, qu'elle était peut-être spéciale. Mais il en ai rien. Je reste fixé sur elle, sachant pertinemment que je lui mets la pression.

"Vous en avez pas envie ? Vous ne souhaitez pas vraiment rester dans mon cours. C'est ridicule ! C'est un mur de flamme que je vous demande, pas la lune. Il faut le vouloir Amber, concentrez-vous ! Vous êtes trop lente ! Vous commencez mal..."

Ces phrases sont presque murmurées à ses oreilles, comme menaçantes. Je veux la mettre en situation de stress, peut-être même de colère, de rage. Oui c'est ça. Parce que c'est avec ces émotions là qu'elle ira le plus loin. Il faut qu'elle prenne des ruelles plus obscures, et je pense que je pourrai y arriver. Je ne peux pas me voir vaincu, je ne peux pas me tromper à ce point. Je tourne autour d'elle, je sais que je l'agace, je sais que mon aura fonctionne aussi sur elle. Elle ferme ses yeux pour se concentrer, et pour éviter de me voir aussi déçu, aussi pressé. J'ai même arrêté de respirer pour n'être plus qu'une ombre tournant autour de sa victime.

Et enfin la révélation du potentiel. Le sort qui se dégage de sa baguette est incroyable, et j'en sens la puissance meurtrière. Sous ses airs frêles, elle est étonnante. Et j'apprécie enfin cela. Je savais que je ne me trompais pas. Ce n'était pas possible, j'ai toujours eu de instinct. Même si ce dernier a été provoqué. Je n'écoute pas ses jérémiades d'excuses. J'arrête aussitôt les flammes. Je jubile en moi. Elle croit que je lui en veux ? Mais je suis en réalité très fier. J'ai senti une telle énergie sombre, et il n'y a rien de plus excitant. Elle est choquée, et tout le monde autour me regarde, alors que je contente juste de contrôler le feu et réparer les brûlures un peu partout dans mon bureau. Je me suis retourné, voulant la rassurer, mais à peine la sonnerie retentit, qu'elle a disparu la première. Le reste du groupe d'élève, voulant sans doute éviter une remontrance hésite à partir. Ils sont bien briefés.

"Bon travail à tous, le cours est fini pour ce soir. Vous lirez la page 212 du manuel, je veux trois parchemins sur l'Appare Vestigium pour la semaine prochaine. Nous le travailleront. Bonne soirée."
"Merci professeur."
"Bonne soirée professeur."
"Merci bonne soirée professeur."

Pourquoi seulement est-elle partie ? C'est ridicule. Je lui ai pourtant dit que si elle fuyait le cours, je ne voulais plus qu'elle revienne. Elle a de la chance que c'était au moment de la sonnerie. On va dire ça comme ça. Putain je sens qu'elle va me donner du fils à retordre.

- Vendredi 3 décembre 2021 -

La journée est passé rapidement, pour une fois les élèves avaient bien bossé. Cela commence à venir. Après le premier trimestre j'ai eu peur. Mais ils attaquent bien leur deuxième. J'ai attendu Amber toute la journée. J'ai bien peur qu'elle ne revienne plus, c'était trop intense pour elle. Tant pis, elle aura eu sa chance. Je suis juste extrêmement déçu de m'être autant trompé sur le compte de quelqu'un, j'aurai du usé et abusé de ma légilimencie.

Comme à mon habitude, je termine les cours à 18h et je vais enchainer sur la correction de devoirs. J'ai une pile seulement de parchemin à corriger pour ce soir. Les élèves sortent  que je suis déjà en train de m'installer derrière mon bureau et que je range d'un coup de baguette tout ce dont je n'ai pas besoin. C'est quand j'entends sa voix que j'arrête de mettre en ordre mon bureau.

"Alors vous revoilà Mademoiselle Nightshade, je pensais ne plus vous revoir."

Je relève un sourcil quand elle me tend un parchemin que je récupère. Elle a donc fait le devoir en si peu de temps ?

« Désolée encore pour votre bureau … Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, en vérité, mais je peux m’améliorer vous savez. »

Mes yeux oscillent sur elle, sans que je prononce de mot. Pour une fois je laisse aller mon don sur elle. J'ai besoin d'en savoir plus. Je réalise qu'elle essaye de garder la face devant moi, qu'elle se motive à ne pas se dévaloriser. Elle sait au fond d'elle qu'elle peut faire mieux, et elle a peur de me décevoir. Sa détermination se lit clairement dans ses pensées. Il se passe quelque chose qui est rare quand je dévisage ainsi quelqu'un, elle soutient mon regard. C'est assez troublant. Je sais, je le vois, et je peux l'entendre, je l'impression, je la mets mal à l'aise, et pourtant, elle ne cille pas devant moi. Je lève alors ma main pour qu'elle arrête de se confondre en excuse, ça en devient franchement gerbant. Si elle veut s'affirmer, va falloir qu'elle arrête d'être aussi mielleuse avec moi, je n'aime pas les pleurnichards.

"Je pense que vous avez du retard à rattraper. Et qu'il va vous falloir plus qu'un cours du soir une fois par semaine avec moi. Je vous propose de me retrouver plusieurs fois par semaine à partir de maintenant."
« Je vous demande pardon ? Excusez-moi, je pensais juste que … laissez tomber ! Je serai ravie d’avoir quelques cours de plus avec vous. »
"Je ne sais pas si j'en suis autant que vous Mademoiselle Nighshade. Je ne le fais pour personne, alors ne me faites pas regretter mon choix. Bien évidemment, il est inutile de vous dire de ne pas en informer l'administration, vous savez que les cours en dualité avec un professeur sont interdits dans l'établissement ?"
« Par quoi on commence ? »

Je ferme alors la porte du bureau que je verrouille aussi magiquement. Je ne voudrai pas qu'un collègue nous surprenne, je risque certainement ma place, et je ne peux pas me le permettre, pas quand mon plan se met petit à petit en route. Je reviens vers elle.

"Enlevez votre veste, posez votre sac Mademoiselle Nightshade, enlever tout ce qui pourrait entraver vos mouvements."

D'un coup de baguette magique je voile les fenêtres du bureau pour assombrir l'ambiance. J'allume des bougies se trouvant sur des étagères. Je vais ensuite derrière mon bureau pour enlever de nouveau ma veste de costume, défaire ma cravate, et le premier bouton de ma chemise.

"Vous pouvez y aller sans crainte. Je ne vais pas vous mordre."

Je dis cela avec un sourire carnassier, si elle savait seulement la vie de demi-vampire que je menais avant. Je reviens vers elle et récupère sa baguette entre ses mains. Je l'examine.

"Bois de lierre c'est ça ?"

Je lance alors un sortilège avec, je dégage les meubles contre les murs pour nous faire de l'espace. Plutôt généraliste, large éventail magique. C'est bien.

"Je dirai plume de phénix. Elle est souple, c'est un avantage. Belle baguette Amber."

Je la lui rends. Puis je passe derrière elle.

"Vous permettez ?"

Je jette alors un sortilège pour attacher ses cheveux. Une mèche dans le visage pourrait faire rater un sortilège. La pièce est dans la pénombre, les bougies semblent faire bouger des ombres inconnues. Je me replace devant elle. Je la fixe un instant, des pieds à la tête avant de poursuivre.

"Il va falloir arrêter de vous sous alimenter. La magie que je pratique vous pompera la moindre parcelle d'énergie. J'ai lu votre dossier scolaire, vous avez un don particulier pour la magie blanche. C'est une grande et belle magie, elle vous maintient sur le fil. Je dis toujours à mes élèves, que pour combattre les forces du mal, il faut savoir de quoi on parle. Aussi vous avez remarqué qu'on pouvait user de sortilège moins conventionnés."

Je viens vers elle, et malgré le fait qu'elle ait enlevé sa veste d'hiver, elle garde un gros pull informe sur elle. J'attrape alors le bas du pull, et le lui soulève. Ses bras suivent le mouvement et je lui débarrasse de cet habit. Elle a un juste-au-corps en dessous, révélant effectivement sa maigreur. Mon visage ne change pas, il n'est pas moins surpris par ce qu'il voit. Elle se couvre de ses bras.

"Votre première leçon, ça sera de ne jamais avoir honte en ma présence. La magie que je pratique demande une grande confiance en soi. Et si vous êtes là, c'est que j'ai choisi de vous faire confiance. Inutile de vous cacher derrière n'importe quel subterfuge. Je veux vous voir telle que vous êtes, il n'y a que comme cela que vous progresserez. Tenez vous droite, le regard franc. Je dois pouvoir être le seul à vous faire baisser les yeux à partir de maintenant. Le premier devoir que vous aurez à faire, c'est de vous alimenter correctement, sinon vous ne tiendrez pas le mois à mes côtés."

Je viens relever son menton du bout de mon doigt pour qu'elle obtienne enfin la juste posture. Je veux qu'elle me regarde comme elle le fait, avec son pull ou sans son pull. Je veux qu'elle me regarde comme je le souhaite, tant que j'ai décidé qu'elle le fasse.

"C'est entendu ?"

Quand elle me fixe enfin avec l'intensité que je recherche chez elle, j'ai l'impression qu'elle est étonnée de mes remarques. Il ne faut pas être legilimens pour savoir pourquoi une fille comme elle se cache derrière des couches de vêtement, hormis le fait de se protéger du froid car elle dort dans une putain de bagnole abandonnée. Elle a du subir des remarques acerbes sur son physique. Elles font toute cela. Mais je veux pouvoir être le seul maintenant à faire la pluie et le beau temps dans sa vie. Je voudrai être celui quel craint le plus. C'est ce qu'elle m'inspire.

"Bien. A partir de maintenant, il faut que vous oubliez la magie de votre Patronus, il faut que vous passiez par des chemins plus sombres. Des sentiers jusque là inconnu Mademoiselle Nightshade."

Je relâche alors son menton. J'ai l'impression d'être face à mon opposée. Elle brille trop de magie blanche, alors que je suis si obscur, trop obscur pour elle. J'ai l'impression que je pourrai me brûler à trop la toucher. Je suis capable de sentir l'énergie qui la traverse, qui nous traverse. Sent-elle cela aussi ?

"Si la magie blanche nait du bien, de la joie, de l'amour et de tout autre sentiment pur. La magie que je sais pratiquer se nourrit de ce qu'il y a de plus sombre en nous. C'est un équilibre à avoir. Si vous avez réussi un tel spectacle dans mon bureau hier, c'est parce que je vous ai poussé dans vos retranchements, que je vous ai harcelé et mis la pression. Vous avez puisé dans quelque chose de sombre en vous, vous l'avez senti ? Et vous allez enfin comprendre qu'il n'y aura jamais rien de plus puissant et que cela se contrôle. Vous allez apprendre le contrôle avec moi Amber."

Je lui offre un sourire et un hochement de tête.

"Dites-moi ce que vous avez ressenti ? Si vous voulez continuer avec moi, il va falloir arrêter d'avoir peur de vous même. Je serai là pour contrôler que tout se passe bien. Il va falloir me faire confiance. Est-ce que vous me faites confiance mademoiselle Nightshade ?"

Je lance alors un accio et récupère un livre dans la bibliothèque. Le livre s'intitule : A nos sombres cauchemars. J'ouvre le livre à une page spéciale. Cauchemardis incarcerem ~ Ce sort plonge la personne visée dans le pire de ses cauchemars pendant cinq à dix minutes. Elle reste totalement impuissante car enfermée dans sa propre terreur.

"Si tout cela se passe bien, au terme de mes enseignements, vous serez capable de contrer un tel sortilège."

Je lui fais alors un signe pour qu'elle s'installe derrière mon bureau. Je fais léviter une chaise en face de la mienne. Je m'installe dans mon fauteuil et commence à regarder son parchemin.

"Installez-vous et mangez ceci." Je fais alors apparaitre d'un sortilège des sandwich et du gâteau au chocolat. "Si vous avez des devoirs à faire dans d'autres matières, je vous en prie. Je dois corriger quelques copies."

Hors de question qu'elle fasse un malaise à peine commencé le cours. J'aimerai bien voir avec elle un basique. Un Acidious strium. Une flèche d’acide qui sort directement de la baguette. Je ferai apparaitre une cible magique tout à l'heure.

"Ah et Amber, ne partez plus jamais de mon cours en courant comme vous l'avez fait hier, au lieu de trois parchemins, vous m'en ferez quatre pour les devoirs que vous n'avez pas pris en vous sauvant aussi vite."

Sans même attendre sa réponse, je continue de lire sa copie. J'aime ce que je lis. Malgré le peu de temps, elle a vraiment poussé ses recherches.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Tyler Winston
" Je n'ai jamais compris le concept de se méfier des inconnus. Moi, toutes les personnes qui m'ont fait du mal, je les connaissais toutes."
codage par Laxy

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre
Vendredi 3 décembre 2021

Je n’en revenais pas de ce que j’entendais. Le professeur Winston m’accordait une nouvelle chance. Il me voulait, moi, dans son cours. Et même plus. Il voulait qu’on se revoit plusieurs fois par semaine pour bosser rien que tous les deux. J’ignorais si c’était une pratique courante en Angleterre, mais au Brésil, comme c’était une assez vaste famille, il nous arrivait de bosser tard avec nos professeurs, nous souciant bien peu de l’horaire. Ici, en Angleterre, c’était ne toute autre manière d’enseigner. Et je ne le constatais pas seulement avec le professeur Winston …

« Je ne le fais pour personne, alors ne me faites pas regretter mon choix. » Je hochais rapidement la tête. Cet homme était toujours empli de menaces et semblait croire que le monde était né pour le faire chier. Pourtant il acceptait d’aider. Quelque part, il voulait se faire passer pour un dur mais il cachait un cœur généreux. A moins qu’il ne servait que ses propres intérêts ? Pour cela, il me faudrait attendre de le connaître davantage.

« Enlevez votre veste. » reprit-il. « Posez votre sac Mademoiselle Nightshade, enlevez tout ce qui pourrait entraver vos mouvements. » J’obéis sans discuter, balançant mon sac au pied d’une table de cours et posant ma lourde veste dessus. Je dégageais mes cheveux de mon cou pour les rejeter en arrière et redescendis mon pull qui s’était relevé. Alors qu’il assombrissait la pièce et se désencombrer lui aussi, je sortis ma baguette magique, prête à entrer directement dans la pratique.

Le professeur Winston commença d’abord par un examen de ma baguette magique. « Bois de lierre c’est ça ? » Je hochais une nouvelle fois la tête alors qu’il exécutait un sortilège. « Je dirai plume de phénix. Elle est souple, c’est un avantage. Belle baguette Amber. » Je la récupérais et me permis d’ajouter : « Merci professeur. J’ignorais que vous vous y connaissiez en baguette. » Peut-être avait-il une affiliation particulière avec la famille Ollivander ou alors avait-il suivi une formation spéciale sur les baguettes ? Je me rendais compte que, plus je fréquentais cet homme, plus il se révélait surprenant.

Je sursautais en peine quand il exécuta un sort pour m’attacher les cheveux. Il tournait autour de moi comme une proie et je devais avouer que cela m’était désagréable. De la part d’un vampire, j’aurai pu le comprendre mais cet homme ne semblait pas en être un. Mon esprit vagabonda un instant vers Roland qui détestait ces créatures. Je savais que s’il avait le moindre soupçon, il n’hésiterait pas à dénoncer l’homme, puisqu’avec ces lois séparatistes, les loup-garous, vampires et leurs hybrides n’étaient plus autorisés à l’UMS.

Le professeur de DCFM se planta alors devant moi, ses yeux me détaillant de la tête aux pieds. J’eus une pensée pour ce garçon, Harry Janson, qui, avec un air rempli de désir, avait regardé mon corps d’à peu près la même façon. Sauf que pour le professeur Winston ça ressemblait davantage à un examen médical.

« Il va falloir arrêter de vous sous alimenter. » Je déglutis difficilement. Merde, mais de quoi il se mêlait celui-là ? « La magie que je pratique vous pompera la moindre parcelle d'énergie. » Mmh. J’étais prête à courir le risque. « J'ai lu votre dossier scolaire, vous avez un don particulier pour la magie blanche. C'est une grande et belle magie, elle vous maintient sur le fil. Je dis toujours à mes élèves, que pour combattre les forces du mal, il faut savoir de quoi on parle. Aussi vous avez remarqué qu'on pouvait user de sortilèges moins conventionnés. » Je hochais la tête alors que l’homme faisait un pas vers moi. Je fus tentée de reculer, comme la fois où il m’avait coincé dans ce couloir, près des vestiaires. Mais je n’en fis rien.

Ses mains vinrent attraper le bas de mon pull et sans sourciller, il m’incita à le quitter. J’hésitais. Un court instant. J’ignorais que dans ce cours il faudrait se mettre à nu de cette façon. Je mordis l’intérieur de ma joue alors que mes bras suivirent le mouvement pour retirer le pull. Mes bras vinrent machinalement se mettre autour de mes hanches, comme voulant cacher le résultat. Mon regard se faisait moins affirmé qu’avant.

Roland m’avait appris à détester ce corps et j’avais été encore une fois une parfaite élève. « Votre première leçon, ça sera de ne jamais avoir honte en ma présence. » Je déglutis une nouvelle fois. Je détestais cette position, cette position où je me sentais faible, impuissante. Où il voyait ce que je détestais le plus en moi. Etait-ce conventionnel d’avoir une telle relation avec son professeur ?

« La magie que je pratique demande une grande confiance en soi. Et si vous êtes là, c'est que j'ai choisi de vous faire confiance. Inutile de vous cacher derrière n'importe quel subterfuge. Je veux vous voir telle que vous êtes, il n'y a que comme cela que vous progresserez. » Mon regard hésita avant de croiser durant quelques secondes le sien. Avoir confiance. Telle que je suis. Ses paroles avaient du mal à trouver leur chemin dans mon esprit. Il me faudrait du temps, beaucoup de temps. A dire vrai, je pensais même ne pas y arriver. Pour la première fois, je sentais que je pouvais échouer dans le cours de DCFM. Je m’étais donnée à fond ces derniers jours pour réussir, mais à cet instant, je me sentais comme impuissante.

« Tenez-vous droite, le regard franc. » reprit-il de sa voix ferme. « Je dois pouvoir être le seul à vous faire baisser les yeux à partir de maintenant. Le premier devoir que vous aurez à faire, c'est de vous alimenter correctement, sinon vous ne tiendrez pas le mois à mes côtés. » Je sentis ses doigts venir relever mon menton. A nouveau, mes yeux croisèrent les siens. Il n’y avait rien que je pouvais associer au dégoût sur son visage. Il me voyait telle que j’étais et il ne faisait aucune grimace. « C’est entendu ? »

Je sentis ma mâchoire trembler légèrement quand je répondis : « Oui. » Il plissa les yeux, signe qu’il voulait que je me répète. A nouveau, je déglutis et pris une nouvelle inspiration : « Oui, professeur. »

« Bien. A partir de maintenant, il faut que vous oubliez la magie de votre Patronus, il faut que vous passiez par des chemins plus sombres. Des sentiers jusque-là inconnu Mademoiselle Nightshade. » Je me retins de pousser un soupir de soulagement quand il s’écarta de moi et qu’on en oublia les remarques sur mon corps. Mais, comme la fois où il s’était approché de moi près des vestiaires, je ressentis soudain un grand vide. C’était comme s’il avait pris tout l’espace, comme s’il avait été le centre de tout, le centre de mon monde, comme s’il n’avait existé que lui et moi. Et là, nous revenions dans la réalité.

Je me sentais vidée. Adieu l’affirmation que j’avais au début du cours. J’avais la forte impression qu’il m’avait vidé de toute mon énergie pour mieux me canaliser. Je ne pouvais m’empêcher de me demander si chacun des élèves de son cours était passé par là eux aussi.

Le professeur Winston commença sa narration sur les différentes magies du monde et la puissance de mon sort d’hier. Je m’efforçais de revenir dans le cours et d’oublier que je ne portais rien pour cacher ma maigreur. « Vous avez puisé dans quelque chose de sombre en vous, vous l’avez senti ? » Je hochais la tête, silencieuse. « Et vous allez enfin comprendre qu’il n’y aura jamais rien de plus puissant et que cela se contrôle. Vous allez apprendre le contrôle avec moi Amber. » Je crus rêver quand il esquissa un sourire. C’était la première fois que je le voyais sourire, mais cela me permit de reprendre confiance en moi. A mon tour, je souris.

« Dites-moi ce que vous avez ressenti ? » Je déglutis et papillonnais des yeux. « Euh … eh bien, je … » « Si vous voulez continuer avec moi, il va falloir arrêter d’avoir peur de vous-même. » me coupa-t-il. Je croisais son regard et relevais le menton. « Je serai là pour contrôler que tout se passe bien. Il va falloir me faire confiance. » Et la revoilà, cette histoire de confiance. Pourquoi était-ce si important pour lui ? « Est-ce que vous me faites confiance mademoiselle Nightshade ? » Je pris le temps de réfléchir à la question. Cet homme m’inspirait le respect. Il était étrange et il avait le don de me déstabiliser. Mais est-ce que j’avais peur ? « Je vous fais confiance. » répondis-je d’une voix plus affirmée qu’auparavant.

« Avant que je lance le sort … » repris-je, m’efforçant de me souvenir ce qu’il s’était passé. « … je me souviens que j’ai fermé les yeux, ça m’aide à me concentrer. Je vous entendais parler et … j’étais en colère. » avouais-je. « J’étais en colère contre vous, contre moi, surtout. Je voulais réussir et j’avais la rage de me sentir impuissante face à un sort qui semblait si facile pour les autres. Je voulais réussir. » répétais-je.

D’un Accio, un livre arriva dans la main du professeur qui me montra une page. On y lisait un sort de magie noire plongeant une personne dans un de ses pires cauchemars. « Si tout cela se passe bien, au terme de mes enseignements, vous serez capable de contrer un tel sortilège. » Je déglutis. Si tout cela se passe bien … Cela signifiait-il qu’à chaque séance nous nous entraînerons sur ce sortilège ? Et si je n’arrivais pas à le contrer ? Assisterait-il à mon pire cauchemar ? Et quel serait-il ? Quand on avait perdu notre appart’ avec Shay ? Quand Roland nous avait envoyé ses menaces ? Quand il avait brûlé sa première cigarette sur moi ?

Je frissonnais mais déjà le livre était retourné à sa place et le professeur Winston m’indiquait de s’asseoir à son bureau. « Installez-vous et mangez ceci. » Sans que je ne puisse poser la question, des sandwichs et une part de gâteau apparurent. J’en restais bouche bée. « Si vous avez des devoirs à faire dans d’autres matières, je vous en prie. Je dois corriger quelques copies. » Je haussais un sourcil en m’installant face à lui, pensant avec sarcasme que mon professeur me forçait à me nourrir. Ridicule.

J’attrapais l’un des sandwichs et je sentis mon ventre gargouiller, bien que l’envie n’était pas là. Je savais très bien que si je mangeais ça, j’irai faire du sport toute l’après-midi demain. Mais si je ne mangeais pas au moins en présence du professeur Winston, j’allais me faire virer. Je mangeais une première bouchée, me forçant à avaler. « Ah et Amber. » Je tournais la tête vers le professeur qui n’avait même pas relevé la tête de mes parchemins. « Ne partez plus jamais de mon cours en courant comme vous l’avez fait hier. » J’hésitais quelques secondes avant de répondre. « Ça ne se reproduira plus. » lui indiquais-je. « Au lieu de trois parchemins, vous m’en ferez quatre pour les devoirs que vous n’avez pas pris en vous sauvant aussi vite. » répondit-il seulement. Je hochais la tête en silence.

Je finis mon sandwich et laissais volontairement les autres de côté. Je ne me sentais pas capable d’en avaler plus. A la place, j’attrapais mes cours de Médicomagie que je n’avais pas pu travailler correctement aujourd’hui. Il faudrait que je trouve des élèves du cours du professeur Winston pour avoir le devoir. Le surprendre avec mes écrits, ça je pouvais le faire facilement.

Ce fut une demi-heure plus tard que le professeur Winston se leva et fit apparaître une cible. Il m’encouragea à me lever. Prestement, je rangeais mes affaires dans le sac et repris ma baguette. Il voulait qu’on s’entraîne sur un sort de magie noire, l’Acidious strium. « Très bien. » dis-je en levant ma baguette vers la cible. Mais déjà le professeur Winston secouait la tête. Comme la veille, il passa derrière moi, m’aidant à me mettre en position. Il me montra plusieurs fois le geste de la main avant d’exécuter lui-même le sort : la flèche alla se planter directement au cœur de la cible. Je déglutis. Si seulement je pouvais en faire autant. Je voulus me taper le front : bien sûr que je pouvais le faire. Je devais cesser de douter.

Je pris une inspiration et fermais les yeux. Dans mon esprit, je visualisais ma main et pensais au mouvement que le professeur Winston m’avait enseigné. Il me fallut plusieurs essais avant de faire apparaître une véritable flèche qui alla se planter à côté de la cible dans un des bouquins de la salle. Je voulus m’excuser mais me rappelais les recommandations du professeur. Aussi, au lieu de me confondre en excuses, je pris une nouvelle inspiration et exécutais le sort. Une nouvelle flèche apparut et alla se planter cette fois-ci dans le cercle le plus extérieur de la cible, mais sur la cible quand même.

Une heure plus tard, quand le professeur Winston décida que c’en était assez pour aujourd’hui, ma dernière flèche s’était plantée à deux cercles du centre de la cible. J’ignorais pourquoi mais la magie noire me vidait beaucoup moins de mon énergie que la magie blanche. Au contraire, je me sentais même ragaillardie, prête à continuer.

Jeudi 9 décembre 2021

Cela faisait presque une semaine que le professeur Winston et moi-même nous entrainions tous les soirs de la semaine. Je devais certainement passer deux heures chaque soir avec lui, après ses cours du soir et moi les miens. Au départ, j’avais choisi de prendre la DCFM en option, une occasion de découvrir une autre forme de magie. Mais en réalité, avec le professeur Winston il fallait s’investir à fond et je devais avouer que ça me plaisait.

Castelobruxo m’avait bien formé et j’avais été moi-même une excellente élève. Je n’avais pas besoin de fournir beaucoup de travail dans mon cursus, du moins pour cette année. Cela me permettait de me concentrer sur d’autres matières telle que la DCFM. J’avais rendu les quatre parchemins demandés mardi soir et avais respecté les consignes du professeur Winston pour ne pas m’enfuir de son cours même si mes pouvoirs m’effrayaient. Moi qui avais toujours pratiqué la magie blanche, je me découvrais une autre forme d’énergie que je maîtrisais. Mais le professeur Winston était là pour me rassurer et m’accompagner. Je lui faisais confiance, c’était certain.

Ce qui me coutait en revanche, c’était de me nourrir.

Je ne mangeais guère plus même si je prenais toujours un sandwich avant de venir à son cours pour lui montrer que je mangeais avant de venir. Néanmoins, cela devait constituer mon seul repas de la journée. Shay s’inquiétait pour moi. Il disait qu’avec le froid, je serai trop faible pour le combattre. Aussi, au lieu de dormir dans des voitures, on s’était incrusté dans quelques caves et garages. On avait même essayé de repérer des maisons inhabitées.

J’avais eu mon deuxième rencard avec Harry Janson hier soir. C’était un garçon assez sympathique. Il était très entreprenant : nous nous étions embrassés dès le premier soir et hier, il voulait que j’aille dormir chez lui. Shay m’attendait, déjà que j’avais traîné avec mon cours du soir, je ne pouvais rester dehors plus longtemps. Aussi, Harry avait manifesté l’envie de me revoir le plus vite possible. Nous avions conclu notre prochaine entrevue pour samedi soir.

Je poussais la porte de la salle du professeur Winston, embrassant une dernière fois Harry qui m’avait accompagné jusque-là. Sourire aux lèvres, j’entrais et posais mon sac près d’une table, me mettant déjà en place. « Bonsoir professeur. » Aujourd’hui, on avait une heure de cours d’étude du soir, et je supposais déjà que le professeur Winston voudrait que je reste une ou deux heures de plus. Je pris place à la première place alors que le cours commençait dans dix minutes. Avant ça, passant devant son bureau, je déposais les trois parchemins demandés pour le troisième devoir que je faisais en deux semaines. « Que va-t-on étudier aujourd’hui ? » lui demandais-je en posant ma veste sur la chaise et en m’asseyant à ma place.

Je tirais sur mon sweat-shirt pour le descendre sur mes hanches alors que les autres élèves arrivaient au compte-goutte. Joyce était devenue une amie dans ce cours et elle avait pris l’habitude de me rejoindre au premier rang. Elle se pencha vers moi, me demandant comment je m’en étais sortie pour le devoir à rendre. D’un signe de la tête, je désignais le parchemin déjà posé sur la table du professeur. « Je ne sais pas comment tu fais, Amber. Je suis les cours du professeur Winston depuis 2 ans, et même moi, je n’arrive pas à écrire autant. » Je lui donnais un coup de coude. « Ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité. » répliquais-je avec un sourire encourageant.

« Mmh, regarde-moi ça … » Je tournais la tête vers elle : « Quoi ? » « Le professeur Winston a enfilé son beau costume. » Je jetais un coup d’œil au professeur et haussais les épaules. « Ouais, comme d’hab, quoi … » Joyce soupira. « Non, celui-là c’est le bleu foncé. » Je pouffais de rire. « T’es vraiment trop accro. En plus, il n’est pas si beau que ça. » Joyce tourna un regard surpris dans ma direction. « Tu plaisantes ? Je tuerai pour avoir des cours particuliers avec lui … » Elle ronronna et je secouais la tête sans rien répondre. Si elle savait combien de temps je passais avec le professeur Winston …

« Et sinon, ton Harry ? » me demanda-t-elle alors que les derniers élèves rentraient. « Vous êtes passés à l’action ? » Je tournais la tête vers et levais les yeux au ciel. « Tu joues trop ta prude, Amber ! Fonce ! Il n’attend que ça ! » J’eus un léger sourire. « C’est justement pour ça que je le laisse languir. Rien n’est amusant si on ne se bat pas un peu pour ce qu’on veut. » A nouveau, Joyce soupira : « A ce rythme-là, il va surtout abandonner. » Le professeur Winston tapota du bout de sa baguette le bureau, réclamant le silence. Le cours commençait.
©️️ YOU_COMPLETE_MESS

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« Peut être qu’on doit être un peu amoché avant d’être à la hauteur. »

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre.
Bien elle mange, pour une fois qu'elle fait quelque chose que je demande sans se justifier. Sa copie est vraiment bonne, vraiment prometteur, mais je voudrai qu'elle soit plus à l'aise dans sa pratique, et c'est tout le but de se retrouver ici et maintenant avec moi. Je vais la pousser à bout, jusqu'à ce qu'elle se révèle, et si elle se brise, alors j'userai de ce que je peux pour la rebâtir, pour de nouveau la faire se dépasser. Elle s'est accroché à ce rêve d'être dans mon cours optionnel, je l'ai prévenu, je ne suis pas passé par quatre chemin, et pourtant elle est toujours là, tenace. Voyons voir si elle tient sur la durée.

La suite de la soirée est encourageante, même si j'essaie de me contenir quand elle n'y arrive pas du premier coup. Je suis pourtant réputé pour ma patience. Avant j'avais beaucoup plus de temps, ma vie aurait été plus longue sous mon ancienne apparence, maintenant je prends conscience du peu de temps que nous offre cette vie de sorcier. Et encore, elle est bien plus longue que ces tristes et pauvres moldus. C'est ce que j'appelle la sélection naturelle, les plus faibles partent avant. Mais j'ai bravé la mort une fois, alors je me console en me disant que je pourrai traverser le temps, et vieillir sans attirer l'attention. C'est finalement plus excitant que d'être un vampire dans la même peau et la même existence. Tyler m'a montré que je pouvais découvrir différents horizons, il aura fait une bonne chose ce con, je vous jure.

En attendant, je suis en train de façonner mon élève, celle avec qui je suis le plus proche à présent. Je ne m'investis pas autant avec quelqu'un d'autre, j'ignore ce qui m'a poussé à miser sur elle. D'apparence, elle a tout pour être faible, ce n'est pas vraiment sur le bon Sombral que j'ai misé, mais pourtant... Amber a quelque chose d'attirant dans sa manière d'appréhender la magie. Quelque chose de pure que j'adore souiller, brouiller. J'ai envie d'en savoir plus sur elle, sur son potentiel. Si je me trompe, je pourrai recommencer avec quelqu'un d'autre, et ne pas faire les mêmes erreurs. Sa magie blanche transpire de chacun de ses pores, mais j'adore distiller la mienne sous sa peau, dans son âme, celle qui est plus sombre, et qui rend son regard plus vif, plus puissant.

J'aime la manipuler, dans tous les sens du terme. Pousser son esprit, sa magie, et physiquement positionner sa main, son poignet sur sa baguette. J'aime rattraper ses mouvements, j'aime frôler ce corps froid comme la neige, signe de sa mauvaise circulation à cause de sa maigreur. Je suis le feu alors qu'elle est la glace. Petit à petit, je vais la faire fondre, elle ne sera alors plus qu'une flaque bouillonnante à récupérer. C'est le plus gros challenge de cette année. Quand elle ferme les yeux pour se concentrer, j'ai loisir de l'admirer. Une petite souris dans mes griffes. Un insecte dans ma toile. Un papillon sur mes flammes. En est-elle consciente ? Oh bien sûr qu'elle l'est, j'ai croisé quelques pensées. Elle sait que je suis un danger, mais elle aime cette sensation n'est-ce pas ? C'est là que tout se jouera.


Jeudi 9 décembre 2021


Ils ont été chiant aujourd'hui. Complètement aberrant d'être aussi con parfois. Toutes leurs copies ne valent pas une noise. Décevant, ridicule. Je leur ai demandé deux nouveaux parchemins pour le prochain cours. Ils ne peuvent pas être tous aussi stupides. Finalement les plus prometteurs sont ceux de mon cours du soir, ceux qui ont pris une option. Il faut dire que eux, je les ai sélectionné.

Amber arrive toujours en avance et... qui est-ce ? Qui est ce petit con qui vient profaner sa bouche ? Ma mâchoire se serre et mes dents grincent alors que je regarde ailleurs pour ne pas attirer l'attention. Je pensais que c'était une fille sérieuse ? Que fait-elle avec cet abruti ? Parce qu'il est forcément. Hors de question qu'elle trempe dans une amourette qui lui fera perdre du temps et qui la détournera de mon objectif. Il manquerait plus qu'elle accorde plus de temps à ce putain de petit furoncle qu'à mes cours. Elle va tout bousiller et cela m'emmerde royalement. Voilà, je suis d'une humeur exécrable maintenant.

Elle rentre et me pose une question. Je ne lui réponds pas, ne la regarde pas (ni ces trois parchemins) et ne daigne même pas lui dire bonjour, je suis trop occupé à me contenir devant ce spectacle des plus écœurant. Monsieur-le-connard qui se présente jusque devant la porte de ma classe, c'est quoi ? Un défi ? C'est pour prouver au monde qu'elle lui appartient ? Mais mon petit, quand j'en aurai fini avec Amber, elle ne sera disponible pour personne d'autre que pour moi. Un jour ou l'autre, il faudra que je m'en débarrasse, mais j'espère qu'elle s'en rendra compte avant. Elle ne peut pas autant me décevoir.

Je laisse aller mon pouvoir de légilimencie pour prendre la température de l'étude ce soir. Quel est le moral de mes étudiants. Pourvu qu'ils assurent, au moins ce soir, j'en ai marre d'être aussi tendu. Je me laisse aller, de pensées et pensées, quand je tombe sur celle de Joyce. Et cette fille, malgré son prénom, ce n'est pas que de la joie, je vous le dis. Des cours du soir avec elle ? Elle peut rêver. Il y a rien qui brille chez cette fille, aucune épaules pour faire parti de mes plans. Je ne peux m'empêcher d'aller et venir dans son esprit et celui de Amber. Alors comme cela, le petit parasite s'appelle Harry. Si Joyce continue à lui dire des conneries pareilles, je vais la faire changer de place. Non mais qu'elle continue à faire sa prude, moi cela me va très bien. J'ai besoin de sa pureté, j'ai besoin qu'elle reste exactement comme je le souhaite, pour l'élever ou pour la briser. Il faut que rien ne vienne parasiter mes intentions. Bon j'en ai entendu assez, je tapote ma baguette sur mon bureau.

Ce soir là, je suis intransigeant avec mes étudiants et particulières avec Amber. J'ai même l'impression que les autres ont pitié pour elle, et se demandent si elle reviendra la semaine prochaine. Je la garde deux heures de plus ce soir là, me montrant autant froid que possible. Pourtant à la fin de notre entrevue, je la félicite pour ses efforts, notamment pour l'alimentation qu'elle se force à reprendre. Et je dois dire qu'elle ne doit plus savoir quoi penser. J'ai été distant, dur, inflexible ce soir, et pourtant, j'ai des mots qui portent à la fin. J'ai conscience de ce que je dois bouleverser en elle.

***

Jeudi 23 Décembre 2021 - Deux semaines après

Je suis étendu au sol, une marre de sang m'entoure. Il est tard, près de 19h, et il est hors de question que j'appelle à l'aide. Mes premiers soins n'ont rien donné. J'ai déjà mis du temps à me hisser près de mon bureau pour attraper ma baguette qui sous l'impact du sortilège à valser là-bas. Un sort qui a très mal tourné et a brisé une vitrine de mon bureau. Un long et grand éclat de verre s'est planté dans mon flanc droit, et je dois dire que les conseils qui avisent les gens de ne pas retirer les morceaux plantés dans la chair sont vrais. En retirant le verre, je me suis mis à saigner énormément, ce qui m'a vraiment surpris. Les habitudes ont la vie durent, je n'ai jamais été inquiété de quelques blessures que ce soit quand j'étais demi-vampire. Mais à présent, je vais retenir la leçon. La douleur est vive et je perds de plus de plus de force. Pourtant, j'espère bien en retrouver pour me relever. Je n'arrive pas à transplaner dans cet état, et pour aller où ? Putain mais quel con, une erreur aussi bête. De colère, et comme si cela ne suffisait pas, j'ai lancé un sortilège de rage, explosant un peu plus mes meubles autour de moi. Tous les livres de mes bibliothèques sont tombés, mes potions sont au sol, je ne sais pas s'il y en a des survivantes.

Alors que je ne m'attendais à personne, surtout une veille de vacances scolaires, je vois Amber pousser la porte de ma classe et s'excuser pour son retard. C'est là que je réalise que j'avais cours avec elle. Mais elle aurait du être là il y a bien une heure. Son cris se répercute sur les murs de la pièce qui semblent vident à présent. Elle enjambe les morceaux de bois d'étagère, de bureau, de chaise pour venir à mes côtés, et manque de glisser dans la longue trainée de sang que j'ai faite en rampant jusqu'à mon bureau. Elle baragouine qu'elle doit aller chercher un professeur. Mais j'attrape alors son poignet avant qu'elle reparte en direction du couloir.

"Hors de question."

Je tire sur son bras fin et dépourvu de force. Je n'en n'ai plus beaucoup non plus, et ma main couverte de sang glisse sur son poignet que je relâche de ce fait, et qui vire au rouge.

"Personne." Je reprends mon souffle. "Personne ne doit venir ici. Soit vous restez, soit vous partez en refermant la porte derrière vous."

Il me semble que les derniers mots sont dit par le biais de ma légilimencie, directement dans son esprit, tellement je me sens faible, même pour parler. Plus je perds du sang, plus il est difficile de me contenir, de maitriser Tyler et ma personnalité en même temps. Ce que j'ai fait ici, dans cette classe, c'est de la magie noire. Et n'importe quel professeur un peu aguerri pourrait le remarquer et me dénoncer, alors tout serait perdu. Tous mes efforts, tous ces mois seraient là pour rien. Elle me regarde comme si j'étais fou, ô oui ma belle, je suis complètement dingue, mais ça tu le découvriras plus tard. Je la vois alors revenir en arrière, de nouveau sauter les obstacle qui la sépare de la sortie. Et alors que je pense qu'elle va fuir, je la vois fermer la porte et rester à l'intérieur. D'abord interdite, elle fixe le bois, me tournant le dos. Sa respiration et rapide, et même de là, je vois ses côtes se soulever irrégulièrement. Je déglutie, elle est peut-être ma seule chance. La petite souris est peut-être ma seule promesse de m'en sortir.

"Amber..."

Mais elle ne réagit pas. J'essaye de me redresser, mais je pousse un gémissement. Si j'enlève ma main de la plaie, je me vide comme un porc.

"MADEMOISELLE NIGHTSHADE !"

Je grimace et reprends mon souffle. J'ai l'impression que la pièce tourne autour de moi. Ma vue se brouille.

"Selon la logique, il ne me reste plus beaucoup de sang. Vous êtes en médicomagie n'est-ce pas ? Alors cessez d'avoir peur."

Je tousse. J'ai de plus en plus de mal à respirer et à parler. Je crois que j'ai encore lâcher des brides de phrase directement dans son esprit.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Tyler Winston
" Je n'ai jamais compris le concept de se méfier des inconnus. Moi, toutes les personnes qui m'ont fait du mal, je les connaissais toutes."
codage par Laxy

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre
Jeudi 23 décembre 2021

Les étudiants profitaient tous des vacances depuis samedi dernier. Tout le monde n’avait fait que parler de Noël et de la grosse dinde qu’ils allaient manger. De l’impatience qu’ils avaient à retrouver leurs familles. Shay et moi … on voulait essayer d’organiser un petit truc avec Jordan, Mathys, Renn. On avait réservé dans un petit fast-food. Pas très classe, mais c’était tout ce qu’on pouvait s’offrir. En plus d’un petit cadeau chacun. Ce serait notre Noël à nous et c’était déjà pas mal.

Les températures étaient glaciales en cette fin de décembre. On avait réussi à trouver un petit abri en bois. Avec Shay on avait essayé de protéger au maximum les fentes qui laissaient passer l’air frais et on avait ajouter des sorts de chaleur. Il y avait à peu près 12°C et c’était déjà génial. Shay nous avait déniché de vieux matelas. C’était un véritable paradis.

J’avais essayé de reprendre une alimentation normale. C’était clairement pas évident. Je n’avais pas voulu en parler à Shay, je voulais pas l’embêter avec ça. C’était un truc que je devais faire seule. Je me forçais à faire un repas par jour. Manger un sandwich, prendre une pomme en dessert. C’était déjà un petit pas. Je savais que le professeur Winston appréciait mes efforts même si je le trouvais toujours aussi dur avec moi. Il était froid mais au final, ça ne changeait pas à d’habitude. Après tout, c’était juste et uniquement mon prof et il était là pour m’enseigner la Défense contre les Forces du Mal. Rien de plus, rien de moins.

J’avais un petit-ami : Harry Janson. On avait franchi le pas tous les deux. Je veux dire : on avait couché ensemble. C’était ma première fois. C’était … Je ne sais pas comment vraiment le décrire. C’était agréable dans un certain sens. Mais il manquait quelque chose, je ne saurais dire quoi. Tristelle m’avait dit que c’était sans doute parce que c’était la première fois et qu’il fallait toujours retenter une deuxième fois pour se sentir plus à l’aise. Alors j’attendais ce soir avec impatience.

Harry Janson était un garçon gentil. Il était plus grand et bien plus bâti que moi, mais ce n’était pas difficile tellement j’étais menue. En tout cas il avait été patient et avait attendu. On avait mangé ensemble plus d’une fois, on avait passé des après-midis dans le parc de l’UMS. Le seul bémol, c’est qu’il restait très discret sur sa vie de famille. Bon, je ne pouvais pas vraiment m’en plaindre car au moins, je ne me sentais pas coupable de ne pas lui parler de la mienne. Je préférais ne pas le faire fuir tout de suite et puis … C’était compliqué. Je n’avais eu qu’un seul petit-ami avant lui, c’était à Castelobruxo en 11ème année. On était sorti ensemble 3 mois. Je lui avais parlé de ma vie de famille et je crois que ça l’avait fait flipper. Et puis, il me disait de me nourrir et je ne l’écoutais pas. On avait … on arrivait pas à communiquer. Bref. Aussi, je m’inquiétais de confier à Harry ma vie avec Roland, ici, en Angleterre, alors que déjà ça faisait flipper un garçon à plus de 3 000 kilomètres.

Enfin, on était aux prémices de notre relation, alors valait mieux prendre notre temps.

Aujourd’hui j’avais un autre cours particulier avec le professeur Winston. J’ignorais que l’UMS était ouverte pendant les vacances mais je devais me douter que les professeurs passionnés ne pouvaient s’empêcher de venir travailler ici. Il était 19h quand j’arrivais en courant dans la salle du professeur Winston. J’étais en retard. Je savais déjà qu’il allait me faire la morale sur le fait que je ne m’impliquais pas assez dans ses cours. Or, j’avais vraiment progressé avec lui. Je touchais du bout des doigts la Magie Noire. Et je trouvais ça fascinant.

Ce fut là que je me rendis compte qu’il faisait froid. La fenêtre de la salle était brisée et le vent frais entrait dans la salle. J’étouffais un cri en voyant le reste de la salle : les bibliothèques, les livres, ce qui restaient parfois des bureaux, tout était au sol, comme si un ouragan venait de passer. Et là, étendu par terre, le professeur Winston se tenait à une main son flanc droit, cachant une très vilaine blessure. De l’autre main, il tenait sa baguette, les doigts poissés de sang qui continuaient à s’écouler et à faire une mare autour du bureau. « Par Merlin, professeur … » Je me penchais vers lui. J’étais presque étourdie de voir autant de sang. Mon cerveau tournait à cent milles à l’heure et avait du mal à réfléchir. « Je vais … je vais aller prévenir quelqu’un … un professeur … »

Mais l’homme me saisit soudain le poignet. Je sentais ses doigts se cramponner à mon bras. Il avait encore assez de force pour me faire du mal si je ne lui obéissais pas. Il ne voulait personne. « Mais … » « Soit vous restez, soit vous partez en refermant la porte derrière vous. » Je tressaillis alors que je ramenais mon poignet vers moi. Mon gilet était déjà poissé de son sang et j’étais convaincue que sa voix avait résonné dans mon esprit. Il était … est-ce qu’il était … Légilimens ? Je déglutis et fis un pas en arrière. Cet homme était dingue. Comment allait-il faire pour s’en sortir sans l’aide de quelqu’un ? Et comment avait-il fait tout ça ? Qu’est-ce … qu’est-ce qu’il se passait ? Qu’est-ce que je devais faire ? Peut-être que la solution était de ne pas lui obéir pour une fois et d’aller chercher de l’aide ? Parce qu’il allait se vider de son sang, c’était certain. Et je serai complice d’un meurtre. Oh Merlin, mon esprit divaguait trop loin … ou pas.

Je fis demi-tour, évitant à nouveau les meubles qui barraient mon chemin. La main sur la porte, j’hésitais. Je retournais la tête vers le corps du professeur Winston qui cherchait un moyen de régler son problème. Il ne s’en sortirait pas. Pas seul. Je soupirais avant de refermer la porte. J’étais étudiante en Médicomagie, non ? J’avais fait des études poussées à Castelobruxo. Il y avait certainement un moyen que je trouve quelque chose pour l’empêcher de se vider de son sang. « Amber … » J’entendais sa voix. Faible, tremblante. « MADEMOISELLE NIGHTSHADE ! » Je fermais les yeux, la main sur le bois de la porte comme si cela pouvait me calmer. « Selon la logique, il ne me reste plus beaucoup de sang. » Je déglutis difficilement. Au moins il était encore lucide. « Oui … » répondis-je dans un souffle. « Vous êtes en Médicomagie n’est-ce pas ? » J’ouvris les yeux. « Oui … » répétais-je une nouvelle fois. « Alors cessez d’avoir peur. » Cette fois-ci, j’en étais certaine. Sa voix était entrée dans mon esprit pour me parler.

Je me retournais alors que l’homme tousser. Son teint était blanc, blâfard et bientôt il serait mort au beau milieu de cette salle. Je devais faire quelque chose. Je le devais.

« Alors cessez d’avoir peur. » Je me répétais cette phrase, cette phrase qui me donnait de l’élan. Et d’un seul coup, je m’activais.

Du sort qu’il utilisait toujours, je m’attachais les cheveux. Je retirais ma veste et mon pull. Je ne cachais plus désormais mon corps frêle. Il l’avait déjà vu et j’aurai besoin d’être libre de mes mouvements. D’un coup de baguette, je repoussais les meubles pour me libérer un passage et m’approchais du professeur Winston. Je regardais son état me remémorant les cours de Médicomagie. « Vous avez perdu beaucoup de sang. Depuis combien de temps ? » lui demandais-je.

« Vous allez rester pour le moment sur le sol. Sur une surface plane, j’arriverais à mieux inspecter les lésions et s’il vous vient de perdre connaissance, vous ne tomberez pas plus bas. » Je le vis me regarder, m’étudier. Mais il savait que j’avais raison. Alors il obéit et cessa de bouger. Il gardait sa fierté. Je réfléchissais à voix haute : « Il faut que je referme cette plaie, mais il faut aussi que je vois si vous n’avez pas d’organes de touché. » Je jetais un coup d’œil aux alentours. « J’imagine que c’était ce bout de verre que vous aviez de planté dans votre flanc. » demandais-je.

Notre professeur ne cessait de nous répéter de ne jamais retirer un corps étranger avant examen médical. « Il me faut aussi du sang. » Je relevais la tête. La salle de Médicomagie était à l’étage en-dessous. Là-bas, il y aurait du sang, et un équipement médical stérilisé. Mon cerveau tournait à deux cents à l’heure. Le professeur Winston tournait de l’œil, il allait perdre connaissance d’une minute à l’autre et s’ensuivrait ensuite son cœur qui cesserait de battre. Comment je pouvais faire ?

Je regardais les bouts de verre, la salle … et ma baguette. Mais oui ! Ma baguette ! C’était la solution. « Il faut que je vous déplace. Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer. » C’était le jargon médical, on devait rassurer le patient. Même si ce patient était le professeur Winston. Je me relevais et fermais les yeux. Je pensais à Harry Janson et à notre premier baiser. Quand il m’avait déshabillé et qu’il avait dit que j’étais belle. Quand Shay et moi avions trouvé ce petit abri et que nous avions réussi à dormir au chaud. Au cadeau que je lui avais acheté. « Expecto Patronum ! » Le chat argenté apparut du bout de ma baguette, prêt à répondre à l’appel. Je lui ordonnais d’envelopper le professeur Winston de sa Magie Blanche et de le porter jusqu’à l’infirmerie. Le chat hérissa les poils comme sentant une magie hostile émanait de l’homme. Pourtant j’insistais.

Le Patronus m’obéit alors et le corps du professeur Winston fut rapidement entouré de magie argentée. Il fallait que je me dépêche car il serait bientôt trop tard. J’ouvris la porte de la salle, observais s’il n’y avait personne avant de sortir, emmenant mon Patronus avec moi. Par chance, on ne trouva personne sur notre route. J’avais pris soin de refermer la porte à clé, espérant que personne ne verrait ce désastre avant que je ne vienne le nettoyer.

Quelques minutes plus tard, nous étions dans le laboratoire du Caducée. Mon Patronus reposa le corps du professeur Winston sur la table d’opération. Nous nous entraînions sur des cadavres ici mais nous avions tout l’équipement nécessaire. Rapidement, j’attrapais quelques manuels pour voir les branchements nécessaires afin de perfuser correctement le professeur Winston. « Professeur … quel est votre groupe sanguin ? » lui demandais-je. L’homme avait les yeux légèrement hagards. Il n’avait pas l’air de suivre correctement tout ce qu’il se passait mais il résistait. « A+, très bien ! » dis-je en lançant un Accio sur une poche de sang de A+. Je le mis en place et plantais l’aiguille dans le bras du professeur Winston qui ne sursauta pas. Le sang descendait lentement à présent dans les veines du professeur. Parfait !

Maintenant la plaie.

J’ouvris un manuel et trouvais un sort qui me permettait de visualiser le corps du patient. « Vide corpus ! » dis-je en pointant ma baguette sur le flanc droit du professeur. Une projection de ses organes à l’intérieur m’indiqua que ni le foie, ni le pancréas, ni l’intestin n’étaient touchés. Je soupirais de soulagement avant de remarquer que plusieurs artères étaient touchées, expliquant le sang qui s’écoulait toujours. Il fallait que je cautérise les artères sérieusement endommagées avant de refermer la plaie.

Un bip sonore me fit tourner la tête vers l’ordinateur. « Fibrillation ventriculaire ! » Mon visage revint sur le professeur Winston et je constatais horrifiée que si je ne faisais pas quelque chose immédiatement, son cœur allait définitivement cesser de battre. « Massage cardiaque ! Vide corpus ! » Ma baguette pointait sur son corps, j’obtins une nouvelle projection de son corps qui avait l’air de trembler. « Similis ! » Et ma main vint attraper le cœur projeté qui faisait désormais qu’un avec son cœur dans la poitrine. J’entrepris de masser son cœur, ignorant le fait que je tenais un organe vivant entre mes mains. C’était impressionnant et assez effrayant en même temps. Je devais masser, masser, masser. Quand soudain : « Il repart ! » déclarais-je en jetant un nouveau coup d’œil sur l’ordinateur qui me donnait un rythme cardiaque correcte. « Parfait ! »

Je m’aperçus alors que j’avais les joues inondées de larmes mais je m’en moquais. Il fallait que je referme la plaie. « Finite ! » jetais-je sur le cœur avant de revenir sur le flanc droit. « Vulnera Sanentur ! » Je faisais danser ma baguette sur le flanc, répétant l’incantation plusieurs fois. Le sang cessa alors petit à petit de s’écouler de la plaie au fur et à mesure que les artères se rattachaient les unes aux autres. Il ne me restait plus qu’à recoudre la plaie maintenant.

Ce fut une demi-heure plus tard, alors que je recousais minutieusement la plie comme on nous l’avait enseigné à Castelobruxo que le professeur Wilson reprit connaissance. Il régnait un lourd silence. J’étais concentrée sur ma tâche, mes mains gantées tâchées de sang. Je ne sursautais pas quand il me parla. Je l’avais senti se réveiller sous mes doigts. « Je peux vous donner un peu plus de morphine pour atténuer la douleur. » lui dis-je en ne le regardant pas, préférant finir mon travail. Je reposais ma baguette sur la table quand cela fut terminé. Je levais alors les yeux vers lui. « Je vais aller nettoyer votre salle avant que quelqu’un ne la trouve dans cet état. Vous devriez vous reposer. Personne n’entrera ici. »

J’ignorais d’où me venait ce calme olympien. Mais mon cœur avait cessé de battre la chamade. J’étais … sereine. J’avais sauvé la vie de cet homme grâce à mes compétences à Castelobruxo, à mon don en Magie Blanche, les sorts de soins étant comme une seconde nature. J’avais eu peur mais je l’avais surmonté. Cet homme m’y avait aidé. J’ignorais pourquoi je voulais protéger ce qu’il avait fait, car clairement ce devait être illégal s’il se cachait ainsi. Mais je savais que je devais protéger mon patient, et agir dans son intérêt.

Je croisais son regard et je crus manquer d’air en le voyant ainsi. En position de faiblesse. Et je savais qu’il détestait ça. Mais bizarrement, il n’émit aucune objection. Peut-être qu’il savait que j’avais raison ? Peut-être qu’il était trop hébété d’être en vie ? Peut-être qu’il me faisait confiance ? Je posais une main sur son épaule. « Vous n’aviez aucun organe de touché, j’ai seulement aidé à la cicatrice de vos artères et à refermer votre plaie. Je crains cependant que vous ne gardiez une cicatrice. Je ne suis pas encore très douée pour le côté esthétique des soins. »
:copyright:️️ YOU_COMPLETE_MESS

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« Peut être qu’on doit être un peu amoché avant d’être à la hauteur. »

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre.
Tout se passe à la fois vite et trop lentement. Je crois que je perds plusieurs fois connaissance, et qu'une rage bouillonne à l'intérieur de moi. J'ai bravé la mort, et je vais mourir juste à cause d'un éclat de verre putain ?! Je n'arrive plus à réfléchir, est-ce que je peux vampiriser l'esprit d'Amber pour survivre ? Est-ce que je peux vivre en elle ? Serait-elle un bon réceptacle, je ne pense pas, pas avec toute sa magie blanche, son corps frêle. Je n'avais pas choisi Tyler pour rien, il avait de bonnes bases, il était ouvert à la magie noire. Je tuerai probablement Amber juste après avoir perverti son esprit.

Je commence à divaguer, ma vue se trouble, je ne comprends pas tout ce qu'elle dit, ni tout ce qu'elle fait, je sais seulement que c'est douloureux, et que cela l'est encore plus quand elle déploie son Patronus. Mon corps y résiste, ma magie y résiste, mais par je ne sais quel miracle ou quel coup du sort, je finis par céder et accepter ce trop plein de magie blanche. Sa magie blanche. C'est terrible de douter d'elle, alors que je lui demande de ne pas le faire. J'ai des mouvements de recul, quand elle me touche, quand elle m'observe, jamais de toute ma vie j'ai été à la merci de quelqu'un. Je regrette de ne plus être un demi-vampire, cette blessure ne m'aurait pas autant atteinte. Je n'aurai pas eu besoin de cette étudiante.

J'essaye de lui donner quelques informations quand elle me parle, mais je ne sais même pas si mes réponses sont adaptées. Combien j'ai perdu de sang, mon groupe sanguin. Je comprends vaguement qu'elle va me transfuser, et cela me panique et me rassure à la fois. Elle tente quelque chose pour me sauver, et en même temps je repense à cette fameuse transfusion qui m'a couté mon corps, quand Élisabeth a tout orchestré pour sauver Evens. Aussi j'essaye de garder mon calme et de ne pas me sentir menacer comme je l'ai été à l'époque. Elle ne peut pas savoir qui je suis, d'où je viens. Elle ne sait rien de mon passé.

Heureusement que c'est les vacances, et que l'on croise personne dans les couloirs et à l'infirmerie, j'aurai du tous les tuer si cela avait été le cas. Et finalement, je ne sais pas si je ne regrette pas qu'il y ait du monde, tuer quelqu'un m'aurait probablement fait du bien, pour libérer ma rage, ma colère d'avoir était aussi imprudent. Je ne dois ma survie qu'à cette fille, maigre et trop pure pour son bien. Une fille qui pour faire apparaitre un Patronus doit penser à cet enfoiré de bonhomme qui est venu à la porte de ma classe putain ! Des images s'imposent à moi, sans que je contrôle la chose à ce moment là. Son corps nu, son regard, sa joie, et les mots que ce connard de Janson prononce. Ne voit-elle pas qu'il ment ? Ne voit-elle pas qu'il se joue d'elle ? Ils m’écœurent et je tourne de l’œil, c'est le black out pendant presque une heure.

Quand j'ouvre à nouveau les yeux, je vois le visage d'Amber, à la fois inquiet et soulagé, mais surtout très concentré sur ce qu'elle fait. "Amber" C'est le premier et le seul mot que je prononce après mon malaise cardiaque. On découvre deux sillons sous ses yeux, qui ont été tracé par ses larmes sur le sang séché sur ses joues. Comme si elle s'était essuyée la sueur au court de mon sauvetage. C'est mon sang qui recouvre sa peau, elle est magnifique. Son visage est sombre, apocalyptique, et je découvre que cela me plait. Je me redresse un peu, alors que je suis torse nu sur une sorte de table en métal. Je la regarde me recoudre calmement, elle fuit mon regard, mais moi, moi je ne cesse de l'observer minutieusement.

"Vous n'avez prévenu personne ?"

Je possède alors son esprit pour avoir une réponse plus directe. Non, elle n'a prévenu personne, je peux le voir, je peux remonter le fil de toute l'opération. La voir s'acharner sur moi, les sortilèges qu'elle a utilisé, le courage dont elle a fait preuve. Tous les souvenirs m'inondent et ne me rassurent dans un sens. Ce n'est pas parce qu'elle était trop occupée à me sauver la vie, qu'elle ne préviendra pas quelqu'un ensuite.

« Je peux vous donner un peu plus de morphine pour atténuer la douleur. »
"Non ça ira."

Je me redresse un peu plus quand elle pose sa baguette, et je regarde son travail. Regarde moi Amber. Lève tes putains de yeux vers moi. Laisse moi sonder ton esprit, laisse moi posséder tout ce que tu as. Relève les yeux, là tout de suite, il n'y a que ça qui compte. Et quand elle le fait, c'est pour me parler de mon putain de bureau saccagé.

"Laissez tomber Mademoiselle Nightshade, je m'en chargerai moi même."

Je ne suis pas handicapé putain ! Alors qu'elle semble retrouver son calme, moi je le perds. Mais je garde une contenance, ça ne sert à rien de l'envoyer bouler alors qu'elle vient de faire un miracle. Je perce son esprit et vois qu'elle veut protéger ce que j'ai fait, même si elle sait que cela doit être forcément illégal. Pourquoi ? Pourquoi ferait-elle une chose pareille ? C'est quoi ces conneries de patient et d'intérêt du patient ? Putain elle est comme Élisabeth en fait. Quand elle disait tout faire pour sauver Evens, au détriment de ma propre vie. Est-ce que cela justifié son acte ? Est-ce qu'il faut lui pardonner pour ça ? Parce que c'était dans l'intérêt de Evens ?

Je me relève de la table, titubant quelques instants, la tête me tourne et j'ai l'impression que Tyler m'assène d'insultes, il a cru avoir une ouverture, mais maintenant je sais que j'ai gagné. Même en étant inconscient, il n'a pas pu prendre les commandes de ce corps. Bientôt il n'existera plus. Je me retiens à la table, clairement je ne paye pas de mine. J'ai l'air plus faible que ce que j'en ai l'air. Mais ce n'est pas le moment de s’apitoyer devant elle, putain tout mais pas ça, pas ce regard.

Je m'en fous d'avoir une trace de tout ça, ce corps n'est pas le mien. Et elle ignore combien je me contre fiche royalement de tout cela. Putain la seule chose qui m'énerve, c'est quand elle détourne son regard de moi. Elle m'a sauvé la vie, alors j'en ai rien à foutre si j'ai une cicatrice, je veux juste qu'elle ne baisse plus jamais ses yeux de ma direction, et qu'elle arrête de me regarder comme si j'étais une pauvre victime. Je voudrai lui dire tout cela, mais je n'en dis pas un mot. Moi je ne risque rien, mais elle, elle risque tout.

"Je vais probablement un jour vous détruire Mademoiselle Nightshade."

Je dis cela sans vouloir lui faire peur. Ce n'est pas non plus une menace pour qu'elle garde secret ce qui vient de se passer. Non, c'est la pure vérité, je suis persuadé qu'à un moment où un autre, elle sera ma victime, je ne sais juste pas quand cela arrivera exactement. Mais je sais qu'à partir de ce moment, elle et moi sommes liés, et que je vais devoir débattre intérieurement ce que je vais faire d'elle. Est-ce que je lui donne une chance ? Où est-ce qu'à la rentrée elle fera partie d'un registre à la morgue ?

Je me remets debout et m'étire. Cela tire dans mon flanc. J'essaye de remettre ma chemise tant bien que mal, et j'ignore pourquoi je la laisse m'aider à le faire. J'ignore même pourquoi elle le fait, alors que mes mots viennent d'être terribles. Est-ce pour me prouver qu'elle n'a pas peur de moi ? Pourtant elle devrait.

On se quitte comme cela, elle rentre chez elle, promettant de ne rien dire à personne, me le jurant même. Je ne lui ai même pas dit merci, je n'ai rien dit, alors qu'elle m'a sauvé la vie. Je retourne simplement nettoyer tout le foutoir dans mon bureau.  Je mets un peu plus de temps que prévu, mais je sais que chez moi, j'ai encore des fioles de mon sang, celui de quand j'étais demi-vampire, il m'aidera à me remettre totalement sur pied.

***

Lundi 3 janvier 2022 - Rentrée des vacances scolaires.

Je n'ai pas revu Amber depuis l'incident. Cela fait donc neufs jours. Je ne suis pas venu à nos rendez-vous habituels. Mais je sais qu'elle s'est présentée à chaque fois. J'étais un plein dilemme personnel. Dois-je laisser vivre Amber ? Avec tout ce qu'elle a vu et tout ce qu'elle a pu comprendre ? Je ne peux pas laisser un grain de sable se mettre dans les rouages de mes plans. Je ne peux pas laisser un être humain mettre en péril ma mission. Je ne peux pas laisser cette fille réduire à néant tous mes efforts, tout mon travail, et pourtant, cela fait neufs jours qu'elle vit encore et profite de l’innocence d’être en vie par ma seule volonté. Mais il faut que je lui parle. Et maintenant, après des jours d'absence et de silence, je suis pressé de la revoir, et d'avoir cette entrevue.

Alors que je parcours les couloirs, que j'offre des sourires polis aux étudiants et des bonjours amicaux aux collègues que je croise ça et là, je vois un attroupement près d'une salle. Je devrai passer mon chemin, après tout qu'est-ce que j'en aurai à foutre de disputes d'étudiants dans une université ? Mais je l'aperçois. C'est elle qui est la cause de l’attroupement, ou plutôt, elle et ce putain de Janson. Il a le visage rouge, comme s'il allait éclaté sur les murs du couloir tellement il est en colère. En colère contre elle. J'ignore pourquoi, mais quand je réalise que je suis près du lieu de vacarme, je décide de réagir.

Je demande aux élèves de dégager de mon chemin, et même du couloir tant qu'à y être, qui du coup, se vide petit à petit. Il n'y a bientôt plus personne, que des courageux qui ne me connaissent pas visiblement. Je m'approche de Janson alors qu'il est sur le point de mettre une gifle à Amber. D'un sortilège, je le réduis en statue. Il est figé dans les airs, la main à quelques centimètres de la joue d'Amber. Ses yeux clignotent d'incompréhension, et comme il ne peut pas tourner la tête, je viens me poster devant lui, devant son regard. Je le fixe un moment, sentant qu'il veut parler, agir, mais qu'il en est incapable. Il est aussi vulnérable qu'un cafard. J'ai envie de le détruire, je sens toutes mes pulsions meurtrières raviver mon âme. Mais est-ce que j'en ai une d'ailleurs ? Je sens ce besoin d'assouvir ce désir, celui de détruire un homme. J'ai envie de faire rouler sur ma langue ce merveilleux sortilège qu'est Avada Kadavra.

C'est Amber qui me sort de ma transe en posant sa main sur mon bras, m'interrogeant. Oui qu'est-ce que je suis en train de foutre ? Je penche la tête pour la regarder et m'aperçois que des gens nous regardent. Putain j'aurai pu tout foutre en l'air juste parce que je me mêle des conneries de cette fille. Je baisse la main de Janson et le sort de mon entrave. Il baragouine des excuses. Je voudrai lui murmurer des choses horribles, le réduire à néant rien qu'avec mon venin habile. Je pourrai réduire en miette sa confiance et son orgueil.

"Que je ne vous surprenne plus à défier le règlement et créer le chaos dans les couloirs. Parce que vous pourriez le regretter Monsieur Janson. Et c'est valable pour vous Mademoiselle Nightshade. Dans mon bureau, tout de suite."

J'ai haussé le ton sous cet ordre, bien plus que je n'aurai voulu le faire dans un couloir, sous le regards de curieux. Je ne lui laisse pas le temps de me répondre, je traverse le couloir à grandes enjambées. Je finis par transplaner jusqu'à mon bureau. Je m'appuie alors sur une chaise, le souffle court. C'était quoi ça putain ? Je soupire et reprends mes esprits. J'espère qu'elle ne va pas tarder. Et effectivement, elle ne me fait pas attendre, ce qui m'arrache un sourire. Je l'ai bien trop formatée pour qu'elle me fasse languir, et cela me plait. Mon sourire s'efface vite et je me mets à lui crier dessus.

"C'était quoi ce bordel ? Un esclandre dans un couloir ? Vous vous foutez de ma gueule ? Vous voulez ruiner vos chances d'apprendre à mes côtés ? Vos querelles j'en ai que faire, mais ça pourrait vous coûtez votre diplôme. Vous pensez que je souhaite que dans mes cours il y ait ce genre d'élève ? J'ai une réputation à tenir."

J'arrive vers elle à grand pas mais m'arrête à quelques centimètres.

"Et c'est la dernière fois que j'interviens putain !"

Je fais un grand geste en levant mon bras vers la porte, comme pour montrer le reste de l'université, là dehors, derrière ce montant de bois. Je réalise combien je suis en colère contre elle, je ne maitrise même plus mon langage. Je détourne mon regard, j'en souffle de rage par mes narines. Pourquoi je suis en rogne contre elle ? Parce qu'elle m'a vu faible, mourant, parce que je lui dois la vie.

"Est-ce que vous en avez parler ?"

Je porte ma main à son visage et attrape son menton pour qu'elle fixe ses yeux aux miens. Ma langue passe sur mes lèvres. Je me connecte à son esprit. Je vois alors sa fête de Noël. Pitoyable, quoi que pas plus triste que ma fête à moi, seul, dans mon ancien manoir.

"Est-ce que... Shay, Rennier, Mason ou Jordan sont au courant ?"

Ma voix est calme, douce, posée, presque bienveillante, et pourtant elle peut sentir qu'elle annonce sourdement une tempête. Je serre un peu plus sa mâchoire, enfonçant mes doigts dans sa peau. Je ne veux pas lui faire mal, je veux juste, la posséder un peu plus. Je m'approche un peu plus d'elle aussi, réduisant presque à néant notre espace vital. Je veux qu'elle sente que j'ai la maitrise de la situation. Je veux qu'elle sente que je balaye tout autour de nous, que j'axe cette réalité à notre seul contact. Juste à notre proximité.

Elle a tenu mon cœur dans ses mains, elle me doit beaucoup de choses pour lui permettre de savourer cela. Elle ignore qu'elle aurait pu débarrasser le monde d'un monstre, d'un danger imminent. Et un jour, elle le regrettera. Mais pour l'instant moi je savoure ma victoire.

"Répondez simplement à la question Mademoiselle Nigthshade, je ne vais pas vous mordre."

Codage par Libella sur Graphiorum

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Tyler Winston
" Je n'ai jamais compris le concept de se méfier des inconnus. Moi, toutes les personnes qui m'ont fait du mal, je les connaissais toutes."
codage par Laxy

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre
Jeudi 23 décembre 2021

Le professeur Winston s’inquiétait que j’ai prévenu quelqu’un durant son sauvetage. Il m’avait dit de ne pas le faire, je ne l’avais pas fait. Je ne suivais pas toujours les règles à la lettre, mais quand j’avais confiance en la personne, je respectais ses volontés. Et j’avais confiance en lui. Même s’il avait une curieuse manière d’enseigner, même s’il exerçait la magie noire alors qu’elle était taboue dans ce pays. J’avais la sensation qu’il cachait un tout autre homme au fond de lui. C’était comme s’il se contenait, comme s’il était … une bombe à retardement. Prête à exploser quand il jugerait le moment nécessaire. Car cet homme était non seulement un brillant professeur, mais aussi un sorcier très rusé.

« Laissez tomber Mademoiselle Nightshade, je m’en chargerai moi-même. » répliqua-t-il d’une voix assez froide. Le fait que je le vois dans cette position ne lui plaisait pas. Et en effet, je savais très bien que c’était gênant pour lui. Il se cachait tellement derrière cette façade de gros dur, d’un sorcier fier de ce qu’il était. Il n’avait sans doute jamais demandé l’aide de personne et savoir que je lui avais sauvé la vie devait le déranger. Se sentait-il redevable, c’était ça ?

L’homme se releva de la table. Je m’écartais légèrement pour le laisser faire même si mon esprit de Médicomage se mettait en alerte. Ce n’était pas conseillé de se lever après une telle opération. Mais je ne disais rien. Est-ce que je devais continuer à m’affirmer face à lui ? Je mettais toujours montrée fière et sûre de moi dans ses cours, mais il avait su entrevoir des moments de doute, notamment quand je découvrais mon éventail de compétences magiques ou bien quand il m’avait demandé de lui sauver la vie. Il avait réussi à développer des capacités dont j’ignorais l’existence. Et pendant que je subissais divers sentiments, diverses émotions, lui restait droit, impassible. Et maintenant, il voulait jouer à nouveau les durs.

Il tituba, se rattrapant à la table. Je m’étais redressée à mon tour, attrapant ma baguette, et l’observant. « Je vais probablement un jour vous détruire Mademoiselle Nightshade. » Mon regard croisa le sien alors qu’il prononçait ses mots, sans sourciller. Qu’est-ce que cela signifiait-il ? Voulait-il me tuer ? Pensait-il que j’étais encore trop faible pour supporter ce qu’il venait de se passer ? Il se trompait. Bien sûr que j’avais eu peur, bien sûr que j’avais douté, mais … je ne m’étais jamais sentie aussi vivante. Je n’avais fait un truc aussi formidable que de sauver la vie de quelqu’un. Je ne m’étais jamais sentie aussi utile.

Mon regard se baissa, non pas par crainte, mais pour ramasser sa chemise et la lui tendre. Il me repoussa, ne souhaitant toujours pas plus d’aide. Mais j’insistais, je persistais. Il ne me faisait pas peur. « Je ne dirai rien à personne. » lui indiquais-je en lui tendant sa baguette alors qu’il s’éloignait déjà de moi pour partir. « Je vous le jure. » L’homme me regarda mais ne dit rien. Il se contenta de m’observer comme il faisait toujours, étudiant peut-être à quel degré j’étais folle pour faire toutes ses promesses à cet homme que je connaissais à peine.

Il partit, me laissant là, dans ce laboratoire d’études, d’où le sang du professeur Winston avait tâché les lieux. Je pris une grande inspiration, prête à accomplir mon devoir afin de nettoyer tout ce bazar. Toutes les preuves devaient être effacées.

Lundi 3 janvier 2022

Nous avions passé Noël dans un pub moldu pas trop cher. Jordan, Shay, Mathys, même Renn et moi. On avait pris une grosse assiette de frites et un hamburger chacun avant de s’offrir nos petits cadeaux. Ce n’était pas grand-chose mais ça revêtait tout de même une grande valeur à nos yeux. Ca m’avait fait plaisir de tous les revoir. Même si Jordan avait changé, et que Renn était le plus solitaire d’entre nous. Nous étions tous réunis autour de cette table, telle une véritable fratrie. Malgré les horreurs que nous avions vécues, malgré ce que Roland nous avait infligé, nous étions toujours soudés.

Et aujourd’hui, c’était la rentrée des classes.

Drôle d’ambiance à l’UMS. Tout d’abord, les loups-garous et vampires avaient été autorisés à revenir étudier et ça créait quelques tensions dans les rangs même si la plupart était très heureux de revoir leurs anciens amis. Pour ma part, je m’inquiétais surtout de croiser à nouveau le regard de Harry. Si au départ, tout était beau, tout était charmant avec lui, je commençais à déchantée. Je me rendais compte que j’étais très vite tombée dans ses bras. J’avais même fait ma première fois avec lui ! Alors que nous ne nous connaissions que depuis 15 jours à ce moment-là.

Harry pouvait se montrer très poli, courtois, charmant et vertueux. Mais … il avait commencé à montrer une toute autre facette avec moi en privé. Il était manipulateur et aimait me faire culpabiliser pour des choses que je n’avais pas faites. Il me faisait un tas de reproches et, la dernière fois qu’on s’était vu, samedi soir, il avait osé lever la main sur moi. Je n’avais jamais reçu de claques … avant Roland. J’étais restée sonnée une minute, pas tant par la force de cette claque mais plutôt sous la surprise. Il m’avait touché, il m’avait frappé. Et il ne décolérait pas. Je m’étais donc enfuie, sans en toucher un seul mot à Shay. Je ne savais que trop bien dans quel état il se mettrait s’il apprenait ce qu’Harry m’avait fait.

Mais si j’avais pu éviter celui-ci hier, aujourd’hui, je ne pouvais y échapper. Quand je sentis sa main sur mon bras, devant une salle de classe, je déglutis difficilement. Je ne pouvais plus fuir. Alors, je devais y mettre un terme. Rassemblant tout mon courage, je me tournais vers lui, le regard furieux. « Lâche-moi, Harry. » Je croisais son regard qui s’était bien assombri en un mois. « Dis-moi où est-il. » Je me dégageais de son emprise, croisant les bras devant moi. Harry était persuadé que je fréquentais quelqu'un d'autre, que c'était pour cette raison que je me montrais aussi peu présente à son goût. Si seulement, il savait ... Mais je ne pouvais décemment pas lui raconter encore toute ma vie. C'était trop tôt. Beaucoup trop tôt. Et puis, étais-je vraiment obligée de le faire ? « Je ne vois pas de qui tu parles. » Le visage d’Harry s’empourpra. « Arrête de faire la connasse avec moi. J’suis ton mec. Je t’interdis de me mentir ! » « Tu n’as aucun droit sur moi ! » répliquais-je. J’ignorais les quelques étudiants qui avaient commencé à nous jeter des regards curieux. Certains, même, s’étaient arrêtés pour profiter de cette scène de ménage et avaient commencé à sortir leur téléphone portable.

La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre. Tumblr_inline_pkvo7klcLP1rooebp_1280

« Je te promets Amber, que tu ne vas pas t’en tirer comme ça. T’es ma meuf, et tu es en train de piétiner mon cœur. » Et voilà qu’il se faisait à nouveau passer pour la victime. Devant cette foule de gens, ce serait moi qui passerais pour la méchante. « Je t’aime, Amber, tu … » « Arrête de dire des conneries, Harry, on se connait depuis à peine un mois et à t’entendre, je serai la femme de ta vie. » Le visage du jeune homme prit une drôle de couleurs et je ne vis que trop tard sa main se levait. Je fermais les yeux mais … rien n’arriva. Rien n’atteint ma joue. J’ouvris prudemment les yeux. Harry me regarda toujours mais … il était comme figé dans le temps. Sa main, à quelques centimètres de moi, était elle aussi paralysée.

Ce fut alors que je remarquais que le couloir s’était vidé de toute personne. Je vis cependant Renn, à quelques mètres d’ici, regarder la scène avec l’un de ses amis. J’étais bien incapable de déchiffrer son regard mais, quand il tourna la tête, je vis alors une toute autre personne : le professeur Winston.

Il était là, la baguette encore pointée sur Harry. Il m’ignorait complètement mais vint se poster entre moi et Harry, le fixant de toute sa taille. Durant un instant, je ne compris pas : je n’avais pas revu mon professeur depuis une dizaine de jours, quand je lui avais sauvé la vie après un sort de magie noire ayant mal tourné. Pourtant, nous avions fixé des tas d’autres séances, et je m’étais présentée à toutes. Mais le professeur Winston n’était jamais venu. Et il était là. Là, me tournant le dos, la baguette toujours pointée sur Harry.

Je posais une main sur son bras, le forçant à me regarder. « Mais qu’est-ce que vous êtes en train de foutre ? » répliquais-je. Un professeur s’était interposé dans une dispute, une dispute entre deux étudiants. Et ce n’était pas n’importe lequel des professeurs. C’était le professeur Winston, le professeur le plus doué mais aussi le plus craint.

Après avoir déplacé la main d’Harry, d’un nouveau sort il annula l’ancien. Harry Janson retrouva sa liberté de mouvements et aussi la parole. Il n’osait même plus me regarder, observant le professeur Winston avec une tête de Boursouflet battu. « Je vous présente mes excuses, professeur … » dit-il.

« Que je ne vous surprenne plus à défier le règlement et créer le chaos dans les couloirs. Parce que vous pourriez le regretter Monsieur Janson. » répliqua le professeur Winston d’un ton sans appel. Puis, il se retourna vers moi : « Et c'est valable pour vous Mademoiselle Nightshade. Dans mon bureau, tout de suite. » J’avais un cours de Soins, mais ce n’était pas le moment de répliquer. Harry Janson ne me lança même pas un regard quand il tourna les talons pour partir dans l’autre sens. Je m’en voulais, je m’en voulais d’avoir réagi de manière excessive. Après ma discussion avec le professeur Winston, il faudrait que j’aille m’excuser auprès d’Harry. C’était ridicule. Et puis … c’était aussi ma faute : je l’avais poussé à bout et les nerfs avaient lâché. J’étais convaincue que si on s’expliquait calmement, les choses rentreraient dans l’ordre.

Je jetais un regard vers l’endroit où se tenait Renn, mais le jeune homme avait disparu. Je croisais les doigts pour qu’il n’aille rien dire à Shay, mais je savais que ce n’était pas son genre. Rapidement, je tournais les talons et me mis à trottiner jusqu’à la salle de classe du professeur Winston. Je ne devais pas le faire attendre sinon ce serait pire. Je serrai les poings. J’étais en colère, contre moi-même essentiellement, mais aussi contre le professeur. Il avait été absent à chacune de nos séances, me faisant me déplacer pour rien à chaque fois, et il était intervenu dans une affaire d’ordre privé.

J’arrivais dans la salle de classe où le professeur Winston était appuyé contre sa chaise, l’esprit perdu dans ses pensées, semblait-il. J’eus à peine le temps de refermer la porte que la voix tonitruante du professeur explosa.

« C'était quoi ce bordel ? Un esclandre dans un couloir ? Vous vous foutez de ma gueule ? Vous voulez ruiner vos chances d'apprendre à mes côtés ? » Je serrai mes poings un peu plus fort, sentant mes ongles rentrer dans la paume de ma main. Je m’efforçais de ne pas répliquer même si j’en mourrai d’envie. Oh oui, je voulais lui dire ce que je pensais de son attitude tout sauf correcte envers moi. « Vos querelles j'en ai que faire, mais ça pourrait vous coûtez votre diplôme. Vous pensez que je souhaite que dans mes cours il y ait ce genre d'élève ? J'ai une réputation à tenir. »

Il venait d’arriver devant moi et comme à son habitude, il me dominait de toute sa hauteur, seulement à quelques centimètres de moi. Je soutenais son regard. Il détestait quand je baissais mes yeux et, pour tout vous dire, je n’en avais aucune envie à cet instant. « Et c'est la dernière fois que j'interviens putain ! » Je ne bronchais pas, face à ses grands gestes. Mais en entendant son souffle court, je comprenais d’autant plus qu’il était sérieusement furieux. Pourquoi ? Des rixes entre étudiants, il y en avait tous les jours et même s’il ne voulait pas de ça avec ses élèves, je voulais surtout répondre que ce n’était pas moi qui l’avais provoqué. Pourtant, tout ce que je fus capable de sortir, ce fut : « Je ne vous ai jamais demandé d’intervenir. » Ma voix, dénuée de toute émotion, était parfaitement maîtrisée. Je n’avais pas peur.

La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre. 1558182378-amber-x-tyler-1

Soudain, l’homme me saisit le visage par le menton et je ne pus cacher un sursaut. « Est-ce que vous en avez parlé ? » Son visage se rapprocha alors du mien et bientôt, tout autour de nous, s’effaça. Il n’y avait plus que nous deux et le secret qui nous liait. Je lui avais sauvé la mise et la vie. Il m’était redevable. Et en sentant sa colère dans sa voix, je comprenais qu’il détestait ça. Tout comme la fois où il était couché sur cette table et qu’il s’était senti faible, je savais qu’il avait détesté ça. « Non. » répondis-je d’une voix ferme. « Est-ce que … Shay, Rennier, Mathys ou Jordan sont au courant ? » J’ouvris la bouche, étonnée, mais ses doigts s’enfoncèrent un peu plus dans ma peau. Puis je me souvins : pendant que je lui sauvais la vie, sa voix s’était comme introduite dans mon esprit. Comme s’il était …

« Vous êtes Légilimens ... » Ce n’était pas vraiment une question, ni non plus une affirmation. Cette réalité m’effrayait un peu. S’il avait réussi à fouiller dans mon esprit pour obtenir le nom de mes frères et sœur, il pouvait également connaître celui de Roland et savoir ce que j’avais vécu. « Répondez simplement à la question Mademoiselle Nigthshade, je ne vais pas vous mordre. » Je m’entendais respirer, j’entendais aussi le sang pulser dans mes oreilles. Cet homme n’était qu’à quelques centimètres de mon visage. Ses doigts s’étaient refermés sur mon menton et il semblait m’avoir enfermé dans une cage, comme s’il voulait me faire comprendre qu’ici, il n’y avait que moi et lui. Qu’ici, c’était à lui que j’appartenais.

« Personne n’est au courant. » répondis-je en détachant chacune de mes syllabes. « Je vous ai fait une promesse, je ne dirai rien, et je ne vois pas pourquoi je le ferai. » Mon regard dur, ma voix ferme, je voulais montrer qu’il ne m’impressionnait pas. Que moi aussi, je pouvais lui tenir tête. Après tout, c’était ce qu’il avait voulu m’enseigner. Ne jamais baisser le regard, ne pas avoir honte.

Je me détachais de son emprise. « Vous avez le don de pouvoir lire librement dans les esprits : vous pouvez si vous le voulez tout connaître de ma vie. Croyez-moi, celui d’entre nous qui est le plus vulnérable, c’est moi. » Et je détestais ça autant que lui. « Je vous ai sauvé la vie et je vais garder un secret pour vous. Nous ne sommes plus simplement professeur et élève à ce stade … » J’exprimais à voix haute ce qui était simplement la vérité. Je croisais les bras devant moi. « Pourquoi n’êtes-vous pas venu à nos séances ? J’étais là, moi. » déclarais-je, fortement contrariée. « Et qu’est-ce que vous étiez en train de faire, avant de vous blesser ? » Après tout, je gardais un secret, il pouvait peut-être bien m’en dire un peu plus.

La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre. 0ed693542401f8e7a4e82f72262f386598e55eba_hq

« Quant à Harry, cette dispute ne se reproduira plus. Je vous le jure. Comme je vous l’ai toujours dit, je ferai toujours le nécessaire pour apprendre à vos côtés. » affirmais-je. Ca faisait un mois qu’on se connaissait, le professeur Winston et moi, tout comme avec Harry. Mais au final, j’avais la sensation de connaître davantage mon professeur particulier que mon petit-ami. « Que savez-vous de Shay, Renn, Mathys ou Jordan ? » lui demandais-je. Je voulais savoir ce qu’il avait réussi à identifier, à comprendre chez moi. Et puis, j'espérais surtout pouvoir laisser en-dehors de toute cette histoire ma famille. Ils n'avaient rien demandé, et c'était une affaire entre le professeur Winston et moi. « Je préférerai que vous ne continuiez pas votre fouille. » C’était la vérité, et je voulais qu’il soit au courant de ce que je souhaitais.

Alors que je m'étais reculée tout à l'heure de lui, je fis cette fois-ci un pas dans sa direction. Je savais qu'il aimait mener la danse mais je voulais lui montrer qu'il m'avait aussi enseigné beaucoup de choses. Je commençais tout doucement à déployer mes ailes et à m'affirmer davantage. « Je ne souhaite en aucun cas abandonner mes cours particuliers avec vous. Je ne saurai comment vous l'expliquer, mais ils me sont devenus ... vitaux. Je veux poursuivre mon apprentissage, avec vous en tant que mon professeur. Je ne veux personne d'autre. Mais je veux que vous soyez sincère avec moi : vous avez fait quelque chose d'illégal dans cette pièce et je me suis rendue complice en vous aidant. Je ne demande pas à tout connaître de vous, je sais très bien que vous êtes la personne la plus secrète que je connaisse. Je demande juste à ce que vous soyez honnête. Avec moi. Et uniquement avec moi. Pourquoi ? Parce que vous placez certains espoirs en moi et que jusqu'ici, je ne vous ai jamais déçu. Alors je vous demande de continuer à me faire confiance et de revenir à nos séances d'entraînements qui me sont importantes. »
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« Peut être qu’on doit être un peu amoché avant d’être à la hauteur. »

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre.
Je n'ai jamais été aussi vulnérable depuis un an et demi, depuis que j'ai pris possession de ce corps. Elle m'a vu faible, elle m'a sauvé la vie, et elle cache mes petits secrets. Je sens que cette femme est dangereuse, aussi dangereux que je le suis pour elle. Et j'aime ça. Le pouvoir qu'elle a sur moi et que j'ai sur elle. Surtout le pouvoir que j'ai sur elle. J'aime l'entendre me dire tout ce qu'elle me dit, que personne est au courant, qu'elle m'a fait une promesse. Ainsi donc il existe encore des êtres dans ce monde qui ont un putain d'honneur et qui le respecte ? Je la fixe dans les yeux, je ne sourcille pas un seul instant, je me nourri de son intensité, de la force qu'elle révèle en ma présence, alors qu'elle avoue être la plus vulnérable de nous deux en ma présence.

« Vous avez le don de pouvoir lire librement dans les esprits : vous pouvez si vous le voulez tout connaître de ma vie. Croyez-moi, celui d’entre nous qui est le plus vulnérable, c’est moi. »
"C'est plus amusant si vous me racontez."

Oui, je préfère l'entendre me le dire, que de fouiller dans son esprit. C'est vrai, j'ai regardé pour son putain Noël, mais je ne suis jamais remonté plus loin que quelques jours dans son esprit. La confiance se gagne, et je préfère la découvrir plutôt que violer son esprit. Il y a quelque chose de pur chez elle, derrière une couche de choses sombrement dégueulasses. Je peux le sentir, quand le mal a entouré et dévoré quelqu'un. Je peux sentir la puanteur des peines et des souffrances qu'elle a vécu, sans jamais savoir ce qu'elle a enduré. Et je ne l'arrête plus, mon cœur se gonfle d'un sentiment vénérable. Je suis en paix en cet instant. Elle me craint, elle me redoute, et pourtant, elle l'avoue et le démontre. Elle me redonne le pouvoir, l’ascension sur elle à un point qu'elle ne peut s'imaginer. Et j'exulte cela, ses mots s'emparent de tout mon être avec une telle violence que mon cœur bat fort et vite. C'est une sorte d'excitation incontrôlable.

« Je vous ai sauvé la vie et je vais garder un secret pour vous. Nous ne sommes plus simplement professeur et élève à ce stade … »
"Ah oui ? Et que sommes nous Mademoiselle Nightshade ?" Que je murmure dans un souffle.

Oui que sommes nous ? Je la possède, pas totalement, mais oui, elle a raison. Nous avons dépassé un stade, dès l'instant où elle m'a sauvé la vie. Je sais que je pourrai en faire tout ce que je veux à présent. Mais faut-il encore que je sache réellement ce que je veux faire d'elle ? Une disciple ? Ma fidèle ? Une allier ? Mon bras droit ? Une exécutante ? Je la veux pour moi et moi seul. J'ai besoin de sa magie blanche, j'ai besoin de la pervertir, de la rendre sombre, de faire couler la magie noire au milieu de sa magie blanche. J'ai besoin de m'insinuer dans sa peau pour la posséder totalement. Elle a besoin de se révéler.

« Pourquoi n’êtes-vous pas venu à nos séances ? J’étais là, moi. »
"C'est vrai. Pourrez-vous me le pardonner ?" Disé-je toujours un ton plus bas que le sien.

Sa colère, sa déception aurait quelque chose d'excitant, je dois l'admettre putain. Bien que je n'ai aucunement envie de m'excuser cela m'amuse de la voir surprise par mes mots. C'est ainsi, j'avais besoin de la tester, de voir sa fidélité, sa loyauté, sa persévérance. Elle est un pion dans mon jeu, mais elle pourrait devenir une pièce maitresse. Je la sens prête.

« Et qu’est-ce que vous étiez en train de faire, avant de vous blesser ? »
"Pas ici, pas maintenant."

Je hoche la tête pour dire non. Je ne serai pas totalement imprudent.

« Quant à Harry, cette dispute ne se reproduira plus. Je vous le jure. Comme je vous l’ai toujours dit, je ferai toujours le nécessaire pour apprendre à vos côtés. »
"Je n'en attends pas moins de vous."

Et s'il devient trop encombrant, je saurai m'en débarrasser. Je tiens quelque chose avec elle, il est hors de question qu'un putain de mec en chaleur vienne la détourner de moi, de mon objectif.

« Que savez-vous de Shay, Renn, Mathys ou Jordan ? »
"Ce que vous voudrez bien m'en dire."

Je souris et hausse un sourcil d'un air innocent quand elle parle de fouille. Moi je fouille ? Je ne dis jamais oui ou non quand elle aborde mon don de légilimencie. A quoi bon l'avouer ? Elle le sent, et je veux qu'elle se fit à ce qu'elle ressent et non ça ce que je peux lui dire. Tout comme je vais faire l'effort de respecter son esprit. Un jour il m'appartiendra totalement, je serrai dans chacune de ses cellules, alors j'ai le temps.

Je regarde sa danse, son numéro, alors qu'elle s'était reculée de moi, tel un aimant, elle ne peut résister à revenir à présent. Elle fait un pas vers moi, mon doux papillon de nuit va se brûler les ailes sur ma lumière. Et je ne l'empêche même pas. Je croise les bras contre ma poitrine, comme pour essayer de l'empêcher de m'atteindre, mais je sais déjà qu'elle a forcé quelque chose en moi. Je n'arrive simplement pas à le déterminer encore.

Mon cœur bat de nouveau la chamade quand elle dit que mes cours sont devenus vitaux pour elle. Je sais déjà qu'elle ressent le bien fait de la magie noire, c'est une drogue, une vrai drogue dont elle ne pourra bientôt plus jamais se passer. Pourtant, il y a comme une forte résistance, à chacun de nos cours. Je sens qu'elle est là, et qu'elle restera toujours là, sa magie blanche, comme un bouclier qui m'empêche d'atteindre son cœur ou son âme.

Elle a besoin de moi, comme une chrysalide dépendante de son cocon. C'est ce qu'elle est, un lépidoptère qui ne peut pas se nourrir sans moi, sans ma magie, sans mes enseignements. Son corps, son esprit se transforment en profondeur, pour passer d'un stade de chenille, à celui d'un papillon. Elle est en pleine mutation, je le vois à sa posture, à ce simple pas qu'elle fait vers moi. Le travail avec elle n'est pas finit. Chez certaines espèces, la chrysalide est protégée par un cocon. Voilà ce que je serai pour elle. Et voilà ce que je veux qu'elle soit pour moi. Ma nymphe, prête à éclore un jour.

« ... Alors je vous demande de continuer à me faire confiance et de revenir à nos séances d'entraînements qui me sont importantes. »
"D'accord, nous reprendrons ce soir. A minuit, attendez moi sur la plage côté nord, seule. Je vous y retrouverez."

Je me retourne vers mon bureau et griffonne un mot d'excuse sur un parchemin pour son professeur. Signalant que j'ai eu besoin d'elle pour un devoir. Je reviens vers elle et lui donne le mot.

"Retournez en cours maintenant."

Je la regarde quitter ma classe. J'espère ne pas me tromper.

***

Minuit.

Je suis sur le sable pieds nus, pas d'étudiants de ce côté là de la plage peu connue et peu attractive. Beaucoup de vent et de vagues en journée. Mon regard est tourné vers les eaux sombres qui semblent me livrer un message. L'eau doit être gelée. Je ne bouge pas quand je l'entends m'appeler doucement dans la nuit pour s'assurer qu'il s'agit bien de moi. Elle s'avance vers et m'interroge sur sa présence ici. Je tourne alors ma tête vers elle et l'étudie quelques secondes avant de lui répondre. Elle a tellement peu de gras sur elle que je vois sa chair de poule et ses seins pointer même à travers ses épaisseurs.

"J'ai réfléchis sur la notion de confiance. Je pense que nous sommes effectivement passés à un autre stade à présent. Mais pour être sûr, j'ai besoin que vous fassiez quelque chose avec moi. Si notre relation évolue, il faut qu'on aille plus loin."

Je reporte mes yeux sur elle.

"Mais pour cela, il faut vous découvrir un peu plus."

Je commence alors a desserrer ma ceinture, puis à l'enlever et la faire tomber sur le sol dans un bruit étouffé. Puis je défais mon bouton de pantalon, et le retire totalement. J'entreprends de défaire les boutons de ma chemise quand je vois qu'elle me regarde étrangement.

"Vous n'êtes pas en train de croire que j'attends des faveurs sexuelles de votre part Mademoiselle Nightshade ? Je n'ai pas ce genre d'intention à votre égard. Nous allons nagé, alors si vous portez tous ces vêtements, vous serez incapable de bouger dans l'eau."

Je lui fais donc un petit signe pour qu'elle se déshabille. Je finis en caleçon et racle ma gorge afin qu'elle se décide vraiment à accélérer le mouvement. Putain déjà que la nuit va être longue... Elle finit en soutien-gorge et culotte devant moi, je ne me cache pas en la regardant. Je ne peux m'empêcher de sourire quand je la sens très mal à l'aise. Et pourtant, elle est là, aussi vulnérable que possible, à minuit, sur une plage déserte avec son étrange et énigmatique professeur de DCFM. C'est ce qu'il y a d'extra chez elle, cette putain d'innocence, cette douceur, cette fragilité, mêlés à sa confiance aveugle en moi. Je pourrai faire ce que je voudrai, par magie, ou physiquement. Je suis plus grand, plus fort et elle est littéralement à nue, et j'aime ça.

"Pas que je devrai me permettre ce genre de commentaire, mais je ne vois pas pourquoi vous vous cachez derrière toutes ces couches. Vous êtes un joyaux brute, et il ne sert à rien de dissimuler votre valeur. Certainement pas devant moi, je vous l'ai déjà dit je crois ?"

Je récupère ses vêtements que je mets en pile sur les miens avant de jeter un sort afin de compacter le tout. Je dissimule ensuite le petit cube de vêtements dans le sable. Avec un simple sort de localisation nous le retrouverons plus tard. Je lui donne alors ma main. Elle hésite mais je racle de nouveau la gorge.

"Il est déjà tard Amber."

Elle finit par me la donner. Je pensais qu'elle serait froide, comme l'air de fin décembre, comme l'eau dans laquelle nous entrons. Mais elle est bizarrement chaude, c'est comme un doux foyer qui crépite au creux de ma paume. Je ne la lâche pas alors que je nous fais progresser dans l'eau. Elle est aussi frigorifiée que je le suis. C'est un peu comme un baptême, comme une cérémonie, et je sais qu'elle en a conscience en cet instant, alors qu'on s'enfonce dans les eaux noires et profondes. Un lourd symbole de la magie que je lui apprends. Je suis en train de littéralement la guider vers le fond, vers les ténèbres. La lune brille et je peux ainsi voir que ses lèvres sont d'une teinte bleutée et qu'elles tremblent. Les miennes aussi certainement. Il serait facile de jeter un sort pour nous réchauffer, mais je ne le veux pas, je veux qu'elle sente cette progression.

"Ainsi donc, vous avez choisi de me faire confiance, malgré tous mes avertissements."

L'eau arrive à son cou, et bientôt elle n'aura plus pied.

"Sachez Mademoiselle Nightshade, que si vous allez plus loin avec moi, je ne vous laisserez plus jamais partir. Vous pouvez encore revenir sur cette plage. Vous pouvez décider de lâcher ma main et de reprendre le cours de votre vie. Ou vous pouvez choisir d'aller plus loin, vous pouvez choisir un autre horizon que je suis prêt à vous montrer, à vous offrir. Un horizon plus dégagé, plus vaste que celui dont vous auriez pu rêver. Il s'agira bien plus que de me faire confiance. Il s'agira bien plus que de la confiance oui.

Putain oui. Je vais lui ouvrir les yeux sur un monde qu'elle ne connait pas, même dans ses pires cauchemars. Je vais repousser sa magie, aussi loin que je le pourrai.

"Mais pour le savoir, il faut plonger. A vous de choisir..."

Je lui laisse quelques secondes, à greloter, nos deux yeux semblent être le seul reflet possible de la lune. Le froid commence à m'engourdir, j'imagine combien elle doit avoir froid. Va-t-elle aller plus loin ? Avec moi ?

Je suis alors satisfait de sa réponse. Et serre un peu plus sa main, je pointe alors ma baguette sur sa tête, et dans un souffle je lance un sort de têtenbulle. Je me fais la même chose avant d'avancer encore, cette fois si nous plongeons carrément sous la surface. Je lâche sa main pour qu'elle puisse nager aisément et lui fait signe de me suivre. Quoi de mieux que l'ancien repère des Insurgés pour assouvir tous mes projets. Nous nageons quelques minutes avant d'arriver devant l'ancienne entrée, qui n'est plus surveillée par des sirènes. Tout est désert. Nous passons le petit tunnel sous marin et faisons surface. Je grimpe sur les rebords rocheux et lui tend une main pour l'aider à grimper. Nous claquons tous les deux des dents et je ne lui laisse pas vraiment le temps de me poser des questions. J'avance pour rentrer complètement dans l'ancien QG. Il y a de quoi se sécher, je récupère un peignoir pendu à l'entrée, auquel je jette un sort pour enlever la poussière qui s'y est accumulée dessus depuis quelques mois. Je le lui tends et fais la même chose pour le mien. Je jette un sortilège pour nous réchauffer avec le coton du peignoir qui devient alors tiède.

"Il y a du linge par-là en attendant de retrouver les notre."

Ce sont des sortes de survêtement de toute taille. Une fois que nous sommes changés et réchauffés, j'allume les lumières. Et là, petit à petit, tous les néons s'allument un par un dans un bruit décalé et métallique. Cela lui permet de découvrir au fur et à mesure la citée souterraine.

"C'était le repère des Insurgés. Ils n'y viennent plus depuis des mois."

J'étudie ses réactions.

"Oui on peut le dire, dans une autre vie j'étais en quelque sorte un Insurgé. Mais j'aspire à autre chose."

Je ne réponds pas à ses autres questions, je m'avance dans le Centre. Cela fait aussi des mois que je ne suis pas venu. Tout est désert, des papiers trainent encore, comme si les gens étaient partis précipitamment. Je sais que depuis cet été, ils se réunissent surtout dans les Centres de Soins Clandestins d'Elisabeth. J'avance de pièces en pièces et je vois Amber qui me suit, et qui bouillonne de questions. J'entre dans la cuisine. Vu le bruit, le frigo marche toujours. En fait toute l'installation est opérationnelle, elle est juste en sommeil.

"Ça sera parfait pour nos entrainements à l'avenir. Dans mon bureau, cela devient trop imprudent, trop étroit, trop fragile."

J'ouvre les placards. Il y a même encore de la nourriture non périssables, des conserves, des produits secs ou à réhydrater. Je commence à ouvrir des boites, mettre dans un plat en verre pour faire chauffer au micro-onde.

"Il faut que vous mangiez. Vous avez du perdre beaucoup de calories avec cette eau gelée."

Je commence à tourner le bouton. Puis d'un coup de baguette j'ouvre le frigo. Il y a des bocaux de sang. J'en ouvre un et je le renifle sous les airs surpris de ma disciple. Cet odeur acre, j'en ai bu des litres, si seulement elle savait. Pourtant, il ne me fait plus envie, je fais une grimace et referme le couvercle.

"Ça sera parfait pour de la magie du sang. Il y a tout ce dont nous avons besoin ici."

Alors que le plat tourne et chauffe, je lui fais signe de me suivre. Nous nous dirigeons vers une pièce spéciale, en passant par des bureaux, une salle d'entrainement, avec encore des armes au sol. Je lui demande d'avancer et allume la lumière, le même bruit typique de néons allument la pièce. Une salle de soin, plus grande que l'infirmerie de l'UMS.

"Il y a tout le matériel nécessaire. Il y a tout ce dont vous aurez besoin."

Je n'ai plus mon odorat, mais je me souviens de l'odeur de ma sœur. Elle n'est plus là, mais elle habite encore les lieux. Je sais quand j'étais encore demi-vampire, combien les murs étaient emplis de... mon regard tombe sur un cadre photo, posé sur le bureau. Je l'attrape et le regarde. Élisabeth et sa fille, Liam, Ludwig, Riley, Reese et Tobias. Le sourire rayonnant de ma sœur me tort les boyaux. Je repense à tous les moments, tout ce que j'ai vécu avec elle, avec eux. Avec ceux qui étaient autrefois mon frère. Je lance alors la photo contre le mur, la vitre s'éclate en milles morceaux. C'est Amber qui me surprend en ramassant la photo au milieu du verre dispersé. Qui sont-ils ?

"Le passé Mademoiselle Nightshade. Vous voulez que j'ignore le votre, alors vous ignorerez le mien."

D'un simple mouvement de baguette, j'enflamme la photo entre ses doigts. Je la réduis en cendres.

"Vous pouvez en faire l'inventaire, regardez les dates de péremptions. Gardez ce qui vous plait, jetez ce qui est bon à jetez. Vous pouvez décorer les lieux. Il vous appartient. Vérifiez que le matériel marche, on en aura besoin."

Je regarde autour de moi.

"Bien. Je pense que c'est prêt, allons manger."

Je reviens dans la cuisine, sors des assiettes et des couverts en passant un coup d'eau dessus. Je sors le plat du micro-onde et le fait léviter jusqu'à la table où me rejoint la jeune femme.

"J'ai des projets. De grands projets. N'aimeriez-vous pas un monde où les gens ne vous verrez pas comme une faible ? Un monde où vous seriez forte, écoutée et plus opprimée ? Un Ordre plus stable ? Un monde où vous serriez en sécurité ? Je peux vous apportez la stabilité et la sécurité."

Je relève mes yeux vers elle avant de faire glisser l'assiette sous son nez. Je sais que sa situation est précaire, je le vois parce qu'elle vit parfois dans la rue, se douche dans les vestiaires de l'UMS. Parce qu'elle fête Noël dans un fastfood.

"Vous pourriez ne plus jamais avoir peur Mademoiselle Nightshade. Je peux la sentir, la terreur dans vos entrailles, celle qui vous glace comme l'eau que nous avons traversé. Vous pensiez ne pas y arriver n'est-ce pas ? Quand on rentrait dans l'eau et que sa morsure vous en a coupé le souffle ? Vous pensiez ne pas résister au froid, vous pensiez vous engourdir dans ses eaux, et à un moment, vous avez peut-être même penser que ça serait plus simple de s'endormir, et de partir paisiblement."

Je me lève pour venir à ses côtés.

"Je voulais que vous ressentiez tout cela, cet abandon. Parce que vous allez devoir croire en moi à présent. Au delà de la confiance, vous allez devoir me suivre, me soutenir, me relever quand je sombrerai. Il me faudra un phare. Et cela sera le plus dur de votre travail. Je peux vous faire ressentir à tout moment cette perte totale de contrôle, ce pouvoir trop fort. Mais je peux vous ramener à chaque instant. Comme cette main tendue sous l'eau."

Je viens parfaitement encadrer son visage de mes deux mains, de chaque côté de son visage.

"Il y a quelque chose que je n'ai pas, que je n'aurai jamais et dont j'ai besoin absolument. Votre magie blanche. J'ai besoin de vous Amber."

Je laisse alors aller ma légilimencie pour lui faire ressentir toute la force de ma magie, jusqu'à que ses lèvres tremblent, que son regard se voile. Je l'engloutie sous ma noirceur, elle peut sentir ma puissance, mon aura, et toute la rage contenue, toute la noirceur de mon âme, parce que j'en ai une maintenant. Elle peut entendre des hurlements sans voir qui les pousse. Sentir des crocs mordre sa peau, alors que personne n'est penché à son cou.

Et alors qu'elle est prête à exploser, il y a quelque chose qui fait surface, là, en elle. Une lumière, une lueur qui prend de l'ampleur et qui court dans tout son être, elle balaye tout sur son passage, venant chasser les ombres petit à petit, jusqu'à émerger de nouveau à la surface, une lumière qui devient un rayon qui me brûle les doigts. Je la relâche alors, et nous ouvrons tous les deux nos yeux l'un sur l'autre. Je souris alors.

"Vous l'avez senti ?"

Je regarde mes mains, comme si elles étaient réellement brûlées.

"Vous ne me repousserez pas autant, cela va demander de l'entrainement. Mais vous arriverez à les faire cohabiter. Vous allez devenir une grande sorcière Mademoiselle Nightshade. Et vous serez magnifique."

Je brise notre contact et me réinstalle à table dans un parfait silence.

Codage par Libella sur Graphiorum

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Tyler Winston
" Je n'ai jamais compris le concept de se méfier des inconnus. Moi, toutes les personnes qui m'ont fait du mal, je les connaissais toutes."
codage par Laxy

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La frontière entre le noir et le blanc, c'est l'ombre
Lundi 3 janvier 2022

Il avait croisé les bras sur sa poitrine, comme s’il voulait m’empêcher de l’atteindre. Comme si le fait de faire un pas vers lui l’étonnait, le prenait au dépourvu. Ne s’attendait-il pas à ce que j’apprenne si vite de lui ? A ce que je le réclame ? N’était-ce pas ce qu’il cherchait au fond ?

« D'accord. » déclara-t-il soudainement, me prenant alors au dépourvu. Il n’avait fait que répondre simplement depuis le début de ma tirade, comme s’amusant de mon ton déterminé et revanchard. « … nous reprendrons ce soir. A minuit. » « A minuit ?! » répétais-je, étonnée. « Attendez-moi sur la plage côté nord, seule. Je vous y retrouverai. » L’homme croisa mon regard avant de se détourner de moi pour retourner à son bureau. Sur la plage ? Que voulait-il qu’on fasse sur la plage ? Même s’il n’y avait pratiquement personne la nuit, on ne pouvait prendre le risque de s’entraîner sur la plage, à la vue de tous. Cette idée me dérangeait beaucoup. Comme si je voulais préserver l’intimité que nous avions développé tous les deux. Je refusais de le partager avec un autre, avec quelqu’un qui pourrait nous voir et qui pourrait nous interdire de poursuivre ce que nous avions commencé. Car évidemment, cela serait bizarre aux yeux de certains de voir une étudiante avec son professeurs, seuls, dans une salle, la porte fermée.

L’homme revint jusqu’à moi, un mot tendu. C’était une excuse pour mon professeur. « Retournez en cours maintenant. » Je relevais la tête vers lui. Pendant un instant, j’avais obscurci tout le reste. Pendant un instant, il n’y avait eu que lui et moi. Dans cette pièce. Et le temps s’était comme figé alors qu’hélas, les autres avaient poursuivi le cours de leur vie.

« A ce soir. » dis-je avant de quitter la salle de classe.

○○○

Cette journée de cours avait été étrange. Je n’avais fait que penser à retrouver au plus vite le professeur Winston. Le temps ne semblait pas s’écouler assez vite et je restais distraite pendant la majorité de mes cours. J’avais balbutié un début de fièvre à Tristelle qui s’était inquiétée de ne pas me voir prendre des notes. La jeune femme m’avait conseillé d’aller me mettre au lit, m’indiquant qu’elle me récupérerait les cours. J’avais donc séché. Sauf que je n’avais pas de lit chaud dans lequel me blottir. Alors j’avais traîné. Dans un bar d’abord, puis j’avais recroisé Renn pour la 2ème fois de la journée.

On avait longuement parlé de Harry et de la scène qu’il m’avait faite. Renn n’était pas du genre à se soucier des autres, il avait déjà assez à faire avec lui-même. Mais là, cette scène avait suscité pas mal de rumeurs et il était impossible de cacher que nous étions frère et sœur avec notre nom. Renn m’avait donc demandé de mettre fin à cette relation au plus vite pour éviter un nouveau spectacle de ce genre, me promettant même de venir régler le compte à Harry si l’envie lui reprenait de donner sa sœur en spectacle. Nous avions passé l’après-midi ensemble. Je ne connaissais pas beaucoup Renn mais il avait su se tisser une vie bien ici. Il dormait chez un ami riche, Ansel je ne sais plus comment. Il m’avait fait visiter la maison. Je n’avais pu m’empêcher de me moquer de ce style chic, trop chic pour Renn.

○○○

Minuit était enfin arrivé. Shay me regarda prendre mon manteau chaud, ne masquant pas son inquiétude. Je ne lui avais pas dit pour qui j’y allais et pourquoi faire, mais ça amplifiait un peu plus le désarroi de mon frère. « Dors, s’il te plait. Tout va bien aller ! » lui promis-je. Si seulement j’avais pu lui dire qu’avec le professeur Winston je ne craignais absolument rien. J’avais une entière confiance en lui malgré son côté mystérieux. J’ignorais pourquoi, mais je savais qu’il ne me ferait pas de mal. Je le savais : je ne craignais rien.

Je transplanais de la voiture jusqu’au hall de transplanage. Il n’y avait personne dans les couloirs depuis que les créatures n’étudiaient plus la nuit. Je me dirigeais vers la plage, au nord, comme il me l’avait indiqué. Un homme se tenait là. Droit, il regardait l’étendue d’eau. « Professeur Winston ? » Il ne se retourna même pas mais je n’eus qu’à faire quelques pas supplémentaires pour arriver à sa hauteur. Le froid n’avait l’air d’avoir aucun effet sur lui alors que mes cheveux s’envolaient avec le vent qui émanait de la mer. Je resserrai mes bras autour de moi. Ma veste ne me tiendrait pas assez chaud.

« J'ai réfléchi sur la notion de confiance. » déclara-t-il alors. « Je pense que nous sommes effectivement passés à un autre stade à présent. Mais pour être sûr, j'ai besoin que vous fassiez quelque chose avec moi. Si notre relation évolue, il faut qu'on aille plus loin. » Ses yeux vinrent se poser sur moi, comme me sondant. J’entrouvris la bouche, intriguée par ce qu’il attendait de moi à présent.

« Mais pour cela, il faut vous découvrir un peu plus. » Je fronçais les sourcils alors qu’il commençait à se déshabiller. Alors, on n’allait pas s’entraîner à lancer des sorts aujourd’hui ? Quoi ? Il attendait … Voulait-il … Tous les deux … ?

« Vous n'êtes pas en train de croire que j'attends des faveurs sexuelles de votre part Mademoiselle Nightshade ? » « Eh bien … disons que j’étais en train de me poser des questions … » admis-je en le voyant déboutonner sa chemise. Combien de professeurs se déshabillaient ainsi devant ses élèves ? Non, il avait raison, nous passions désormais à un autre stade. « Je n'ai pas ce genre d'intention à votre égard. » me coupa-t-il ce qui me fit rougir. « Nous allons nager, alors si vous portez tous ces vêtements, vous serez incapable de bouger dans l'eau. » Oh. Nager. Dans cette eau glacée ? Je jetais un regard vers l’étendue d’eau puis regardais à nouveau le professeur Winston, seulement vêtu d’un caleçon désormais.

Nous passions à un stade supérieur.

Je déglutis difficilement avant de retirer ma veste. J’accélérai mes mouvements, sentant le froid s’insinuer en moi plus vite qu’un Hyppogriffe au galop. Mon pantalon tomba suivi de mon pull et d’un petit haut léger. J’étais à présent en sous-vêtements face à un professeur tout aussi nu que moi. J’étais mal à l’aise. La dernière fois que je m’étais déshabillée devant un garçon, c’était face à Harry. Et encore. Je n’étais pas aussi rapide pour lui alors il finissait toujours par me déshabiller lui-même.

Un sourire apparut sur le visage du professeur Winston. Plutôt un sourire amusé qu’un sourire pervers, pas celui qu’avait Harry en tout cas. « Pas que je devrai me permettre ce genre de commentaire, mais je ne vois pas pourquoi vous vous cachez derrière toutes ces couches. Vous êtes un joyau brut, et il ne sert à rien de dissimuler votre valeur. Certainement pas devant moi, je vous l'ai déjà dit je crois ? » Je détournais le regard, ne voulant pas baisser les yeux, me frottant le bras avec mon autre main. « Je préférerai que l’on passe à la suite. » avouais-je, mal à l’aise et commençant à grelotter. Il avait encore neigé dans quelques jours et je sentais que les températures approchaient cette nuit de 0°C.

Le professeur Winston se saisit de nos vêtements sur lesquels il jeta un sort pour les réduire et les cacher. Après quoi, il me tendit la main. Quoi ? On allait transplaner. « Il est déjà tard Amber. » répliqua-t-il, ne cachant plus son impatience. Je fis un nouveau pas vers lui et posais ma main dans la sienne, calleuse et réconfortante. C’est presque naturel de serrer alors sa main dans la sienne. L’homme s’avança pour entrer dans l’eau, m’entraînant avec lui. J’eus une pensée pour les sirènes de ce conte moldu, Peter Pan, avec les sirènes qui noyaient lentement de cette manière. Pourtant, j’avançais à mon tour.

Mes orteils entrèrent en contact avec l’eau glacée et je laissais échapper un gémissement. Mes tremblements redoublèrent alors que je m’immergeais doucement dans cette eau salée. Quelques gémissements s’échappaient encore de ma bouche alors que l’eau atteignait désormais ma taille. J’avais la sensation de ne plus sentir mes orteils pourtant je m’efforçais de les faire bouger. « Ainsi donc, vous avez choisi de me faire confiance, malgré tous mes avertissements. » L’eau grimpa jusqu’à mon cou alors que je sentais les larmes me picoter les yeux face à ce froid piquant. « Je sais que vous ne me ferez courir aucun risque. » répliquais-je d’une voix faible comme si le froid était entrée aussi en moi.

Et c’était vrai. Il aurait très bien pu me tuer après ce que j’avais vu mais il avait choisi de me laisser en vie. Je savais que ce n’était pas de cette manière qu’il en finirait avec moi. Non, c’était encore un test.

« Sachez Mademoiselle Nightshade, que si vous allez plus loin avec moi, je ne vous laisserai plus jamais partir. » Mon regard croisa le sien alors que mes orteils ne touchaient presque plus pied. De son côté, l’eau arrivait au niveau de ses épaules. Je sentais le froid m’engourdir tous les membres. C’était là que je sentais que mon corps fin était une faiblesse. J’étais maigre, tellement maigre. Comment pouvais-je résister si je ne l’aidais pas un minimum ?

« Vous pouvez encore revenir sur cette plage. » poursuivit le professeur Winston. « Vous pouvez décider de lâcher ma main et de reprendre le cours de votre vie. » Je jetais un coup d’œil à la plage que j’avais quittée avant que la voix du professeur reprenne et ne me fasse le regarder une nouvelle fois. « Ou vous pouvez choisir d'aller plus loin, vous pouvez choisir un autre horizon que je suis prêt à vous montrer, à vous offrir. Un horizon plus dégagé, plus vaste que celui dont vous auriez pu rêver. Il s'agira bien plus que de me faire confiance. Il s'agira bien plus que de la confiance oui. » Cet homme appréciait la domination. Il me dominait, j’étais à sa merci et il aimait ça.

Je savais que Shay et Mathys m’avaient toujours trouvé naïve. A trouver du bon en chacun de nous. Avec la magie blanche qui me disait que le bien triomphait toujours. J’étais naïve et c’était pourquoi je me retrouvais là. Mais le professeur Winston me laissait le choix. Quoi qu’il arrive par la suite, ce serait mon choix.

« Mais pour le savoir, il faut plonger. A vous de choisir... » conclut-il.

Ses yeux sombres croisèrent les miens. Il avait un regard magnifique. Je ne pensais pas l’avoir déjà remarqué auparavant. Peut-être le froid qui me faisait réaliser cette chose insignifiante les autres fois ? Peut-être que je refusais d’admettre que j’étais bien plus attirée par la noirceur de cet homme que je ne l’admettrais jamais ? Car oui, j’avais peut-être ce don en Magie Blanche, mais la Magie Noire que le professeur Winston pratiquait m’intriguait tout autant. Ensemble, j’avais la sensation qu’on pouvait faire quelque chose. Peut-être le sentait-il aussi ? Je ne pouvais m’empêcher de me demander si j’étais unique ou s’il avait amené d’autres étudiantes ici ? J’entendais le sang pulser dans mes oreilles, et mon cœur tambourinait dans ma poitrine.

Je grelottais toujours et je pensais ne plus jamais pouvoir rebouger mes orteils un jour. Pourtant, je relevais le menton et ma main qui serrait la sienne exerça une pression. « Je veux aller plus loin. »

L’homme n’hésita pas : il lança un sort de Têtenbulle sur nos deux têtes et m’entraîna avec lui sous l’eau. Je plongeais sans hésiter, essayant de dégourdir mes membres qui menaçaient de se geler à jamais eux aussi. Il lâcha ma main et passa devant moi, m’indiquant le chemin à suivre. Alors quoi ? Il possédait un repaire sous l’eau ? Cet homme ne cesserait jamais de me surprendre et j’étais à présent curieuse d’en apprendre plus. C’était ce qui me permettait de tenir alors que nous arrivions à … une grotte sous-marine ? On franchit un tunnel et soudain, on arriva à la surface. Le sortilège s’annula de lui-même et j’attrapais la main du professeur pour grimper jusqu’à l’entrée de la grotte. Je ne pouvais m’empêcher d’admirer les lieux qui semblaient ... habités.

Il y avait des habits, des meubles partout et les murs étaient blancs, bien loin de l’idée d’une grotte sombre et humide. Non tout était si … futuriste en faites. Je me saisis immédiatement du peignoir que le professeur me tendit et accueillit avec un nouveau gémissement la chaleur de celui-ci. Je garderai peut-être quelques membres finalement ! Un sourire se dessinait sur mon visage malgré moi. Cette épreuve … me permettait de découvrir cet endroit avec un véritable soulagement. Comme un Sanctuaire.

« Il y a du linge par-là en attendant de retrouver les notre. » J’en attrapais un, une fois séchée, et enfilais ce survêtement plutôt agréable. Pendant de ce temps, le professeur Winston ne perdait pas de temps et allumait d’un coup de baguette les lumières. « Ouah ! Mais quel est cet endroit ? » demandais-je.

« C'était le repère des Insurgés. Ils n'y viennent plus depuis des mois. » expliqua-t-il. J’écarquillais les yeux avant de tourner la tête vers le professeur Winston. « Les Insurgés ? Sérieusement ? » Bien sûr, le professeur Winston ne faisait jamais de blague. « Mais attendez … comment connaissez-vous cet endroit ? Êtes-vous un … ? » Je ne connaissais pas vraiment les Insurgés. Il fallait dire que je n’étais véritablement revenue en Angleterre que depuis cet été alors … Les Insurgés, les Purificateurs. Tout ça me dépassait.

« Oui on peut le dire, dans une autre vie j'étais en quelque sorte un Insurgé. Mais j'aspire à autre chose. » Je poussais un sifflement, plutôt enjoué depuis la mise à l’épreuve, bien que je me doutais que ce n’était pas encore terminé. « Dans une autre vie ? Vous voulez dire que vous avez changé d’avis ? » demandais-je. Mais le professeur garda le silence. Manifestement, il ne voulait pas encore en parler. Pas encore, bien sûr. Car si nous allions vraiment plus loin, je considérais que maintenant, nous fonctionnons en duo. Nous avions des secrets l’un pour l’autre mais bientôt, tout ceci serait dépassé n’est-ce pas ?

« Ouah ! Les Insurgés s’entraînaient vraiment là-dessus ? » dis-je en avisant des cibles et des mannequins. On voyait des impacts de sorts également aux murs. « Oh ! Il y a même une cuisine ! » Ils faisait vraiment tout ici. Y avait-il aussi des chambres ? Des salles de bains ? « Ça sera parfait pour nos entrainements à l'avenir. » déclara le professeur Winston. « Dans mon bureau, cela devient trop imprudent, trop étroit, trop fragile. » Je hochais la tête, ne le contredisant pas. Il était vrai que nous serions mieux ici. Bien que revivre l’épreuve de l’eau glacée me plaisait guère mais je trouverai certainement un sort pour contrer celle-ci.

Le professeur commença à scruter les placards, me disant qu’il fallait impérativement me nourrir après cette eau gelée que nous venions de traverser. Je haussais un sourcil, intriguée une nouvelle fois qu’il se soucie de mon corps de cette façon. Mais pour une fois, je le comprenais. Mon corps était trop faible pour les épreuves que nous allions affronter, je le comprenais maintenant. J’avais fait entrer le professeur Winston dans ma vie. Il était temps que je laisse tomber Roland et ses remarques affreuses sur mon corps.

Le professeur renifla un pot contenant du sang, me faisant froncer à nouveau les sourcils. « Ça sera parfait pour de la magie du sang. Il y a tout ce dont nous avons besoin ici. » déclara-t-il. Cet homme avait une idée derrière la tête et j’ignorais encore tout ce qu’il préparait. Ce que je savais en revanche c’est qu’en plongeant avec lui, j’allais en faire partie.

Un plat au micro-ondes, l’homme m’emmena dans une autre pièce : elle ressemblait sensiblement à l’infirmerie que nous avions à l’UMS mais était beaucoup plus grande et contenait des produits que les 1ères années n’étaient pas autorisées à utiliser. Cela me donnait encore plus d’excitation.

« Il y a tout le matériel nécessaire. Il y a tout ce dont vous aurez besoin. » Un grand sourire se forma sur mon visage. « Ce lieu … serait à moi ? » demandais-je, légèrement abasourdie face à ce cadeau. Je n’avais jamais rien possédé jusqu’à maintenant et cet homme m’offrait une salle de soins. « C’est … c’est fantastique ! » reconnus-je, grand sourire. Je me retournais vers le professeur de DCFM quand celui-ci balança un cadre photo contre le mur. Je sursautais et m’approchais lentement de la photo qui gisait au milieu des bouts de verre. On voyait … des gens heureux sur cette photo. Je n’en connaissais aucun.

« Qui sont-ils ? » demandais-je d’une voix douce, sincèrement curieuse. Ils étaient si souriants. Pourquoi avait-il balancé cette photo comme si elle ne représentait plus rien d’autre que … de la colère ? « Le passé Mademoiselle Nightshade. Vous voulez que j'ignore le vôtre, alors vous ignorerez le mien. » Je baissais la tête, déçue, et laissais retomber la photo qui s’enflamma.

« Vous pouvez en faire l'inventaire … » reprit-il comme s’il n’y avait pas eu d’interruption. « … regardez les dates de péremptions. Gardez ce qui vous plait, jetez ce qui est bon à jeter. Vous pouvez décorer les lieux. Il vous appartient. Vérifiez que le matériel marche, on en aura besoin. » Je hochais la tête, enthousiaste face à ce nouveau lieu rien qu’à moi, avant de le suivre pour revenir à la cuisine.

« J'ai des projets. » reprit l’homme en s’asseyant la table, une assiette pour chacun d’entre nous. « De grands projets. » « De quel genre ? » Je m’assis prudemment, comme ne voulant pas brusquer les choses mais impatiente d’en apprendre plus. Qui était cet homme ? Que voulait-il faire ? Qu’est-ce qui le motivait ? « N'aimeriez-vous pas un monde où les gens ne vous verrez pas comme une faible ? Un monde où vous seriez forte, écoutée et plus opprimée ? Un Ordre plus stable ? Un monde où vous seriez en sécurité ? » Je haussais les épaules, intriguée par ses questions de faibles, de forts. « Sans doute que si. » reconnus-je. « Je peux vous apportez la stabilité et la sécurité. » Nos regards se croisèrent alors qu’il faisait glisser mon assiette jusqu’à moi. J’attrapais une fourchette, jugeant le plat qu’il m’avait fait chauffer.

« Vous pourriez ne plus jamais avoir peur Mademoiselle Nightshade. » Je relevais les yeux vers lui, intriguée. « Mais … » Je n’ai pas peur, avais-je envie de dire. « Je peux la sentir, la terreur dans vos entrailles, celle qui vous glace comme l'eau que nous avons traversée. Vous pensiez ne pas y arriver n'est-ce pas ? Quand on rentrait dans l'eau et que sa morsure vous en a coupé le souffle ? Vous pensiez ne pas résister au froid, vous pensiez vous engourdir dans ses eaux, et à un moment, vous avez peut-être même penser que ça serait plus simple de s'endormir, et de partir paisiblement. » Ma bouche restait légèrement entrouverte. Cet homme était un Légilimens, j’en étais désormais convaincue. Pourtant, il ne se servait pas de ce don comme je l’aurai pensé. Il me laissait me découvrir peu à peu, il ne prenait que ce qui l’intéressait dans l’immédiat. Rien de plus.

L’homme se redressa pour venir lentement à mes côtés. Je ne le quittais pas des yeux, ces yeux sombres qui avaient réussi à m’entraîner jusque dans le fond de cette eau. « Je voulais que vous ressentiez tout cela, cet abandon. » Je secouais la tête. « Pourquoi ? » demandais-je à mi-voix. « Parce que vous allez devoir croire en moi à présent. Au-delà de la confiance, vous allez devoir me suivre, me soutenir, me relever quand je sombrerai. Il me faudra un phare. Et cela sera le plus dur de votre travail. Je peux vous faire ressentir à tout moment cette perte totale de contrôle, ce pouvoir trop fort. Mais je peux vous ramener à chaque instant. Comme cette main tendue sous l'eau. » Son discours. Merlin. Qui était-il ? Il ne pouvait être seulement Tyler Winston, n’est-ce pas ? Il avait un talent pour parler, pour convaincre les foules, pour me convaincre moi.

Ses mains calleuses vinrent se poser sur mes joues, comme voulant se pencher pour m’embrasser. « Il y a quelque chose que je n'ai pas, que je n'aurai jamais et dont j'ai besoin absolument. » « Qu’est-ce donc ? » « Votre magie blanche. J'ai besoin de vous Amber. » souffla-t-il. J’entrouvris à nouveau la bouche. « Pourquoi ça ? » insistais-je. Mais l’homme ne me répondit pas. Non. Il ferma les yeux et soudain, c’était comme si quelque chose – ou quelqu’un – s’emparait de moi. Mon cerveau, mes membres, plus rien ne m’appartenait. Je sentais cette chose prendre le contrôle de moi, de mes pensées, de mes souvenirs. De mon âme.

C’était comme si cet homme voulait prendre possession de moi et que j’entendais des choses venant de lui. Car oui, il y avait des cris, du sang, de la violence. Je sentais tout ça sur moi, comme si je le subissais. Comme si on me mordait jusqu’au sang, comme si on aspirait une partie de moi.

Je crus perdre pied et ne plus jamais revenir … quand soudain quelque chose repoussa le mal. Quelque chose, une lueur, un espoir. La lumière. Les hurlements, les picotements sur la peau, le cerveau en feu : tout ça disparut et s’éloigna définitivement. Je retrouvais mon souffle, m’étonnant de l’avoir perdu et ouvris mes yeux pour croiser ceux sombres du professeur Winston. Je souris, tout comme lui.

« Vous l'avez senti ? » Je papillonnais des yeux, reprenant mon souffle. « C’était … c’était moi. » affirmais-je, ayant conscience que la magie blanche qui m’habitait avait repoussé la noirceur. Elle avait réussi à la combattre. Jamais je n’aurai connu ça sans le professeur Winston. « Vous ne me repousserez pas autant, cela va demander de l'entrainement. Mais vous arriverez à les faire cohabiter. » J’ouvris les yeux un peu plus grands. « Vraiment ? Vous le pensez ? » « Vous allez devenir une grande sorcière Mademoiselle Nightshade. Et vous serez magnifique. » Je souris à nouveau, définitivement convaincue par les paroles de cet homme.

Il alla se rasseoir de l’autre côté de la table et entreprit de manger son repas. Je me sentais vide face à cet éloignement. C’était devenu à chaque fois le cas, à chaque fois qu’il s’éloignait de moi, à chaque fois qu’on avait eu un contact prolongé et qu’il s’éloignait brusquement. Je l’observais un long moment avant de commencer à me nourrir. Cet homme me faisait voir les choses autrement et si j’ignorais encore quel était exactement son projet, je voulais être à ses côtés. Ce ne serait pas possible autrement. Lui et moi. J’y croyais. J’y croyais vraiment. Aujourd’hui, j’avais la sensation qu’un tout autre avenir me tendait les bras.

Vendredi 7 janvier 2022

Il était 19h quand j’approchais de la plage. La nuit était tombée depuis quelques heures déjà mais je jetais tout de même un regard aux alentours avant de me jeter un sort de Désillusion et d’exécuter le sort pour me protéger du froid de l’eau. Quelques minutes plus tard, j’arrivais au Speluncae. J’aimais ce nom. Il revêtait une signification particulière mais ce lieu n’appartenait plus aux Insurgés. Il apparait à Tyler Winston, et à son grand projet.

Il était déjà à l’intérieur. Il s’entraînait manifestement. Je m’approchais de la salle d’entraînement où j’entendais les sorts résonner. La porte était légèrement entrouverte et je jetais un coup d’œil. Il était bien là, envahi par une fumée noire. Ses yeux sombres ne possédaient plus de pupilles et il était comme aspiré par ce tourbillon de noirceur. Il était … terrifiant et tellement magnifique à la fois. Mes yeux ne pouvaient se détacher de ce spectacle. Aurais-je du fuir ? Condamner la Magie Noire et ses exécutants ? En Angleterre, elle était interdite, mais dans bien d’autres pays, elle était autorisée et pratiquée. En quoi serait-elle mal ici et bien ailleurs ?

La porte s’ouvrit brusquement et l’épaisse fumée noire vint me cueillir, me forçant à entrer dans la pièce. Je retins mon souffle mais les yeux du professeur Winston avaient retrouvé leur éclat naturel. Je chassais la peur qui m’avait envahi car je savais que je n’avais rien à craindre. « Je suis en avance. » expliquais-je. « Mais j’avais des questions … » La fumée noire me relâcha et je retrouvais la terre ferme. Pourtant, je fis un nouveau pas vers le professeur Winston.

J’avais entrepris de faire des repas plus complets. Je faisais 3 repas par jour et je m’efforçais à manger un sandwich ou une salade avec un fruit. C’était … c’était un début toutefois ! « Les projets dont vous parliez l'autre jour : j’aimerais en savoir plus. Quels sont-ils exactement ? Sont-ils en lien avec les Insurgés que vous avez quittés ? Partagez-vous leurs idées ? Ou tout au contraire ? » Je croisais les bras devant lui. « J’ai fait des recherches sur eux d’ailleurs. Je ne connaissais pas vraiment ce groupe et leurs actions, mais j’ai pu voir qu’ils étaient constitués en majorité de créatures magiques et parfois de simples sorciers venus les soutenir. Ils essaient de rétablir la vérité mais au final, ils vont tous être jugés dans une dizaine de jours. » Je fronçais les sourcils. « Vous étiez avec eux. Allez-vous être jugé vous aussi ? »

Je me reculais pour aller m’installer sur un meuble légèrement en hauteur, laissant le professeur Winston poursuivre son entraînement. « Une autre question me taraude l’esprit : je n’ai pas pu m’empêcher de me demander si j’étais votre seule trouvaille, votre seul … « joyau brut ». » Je faisais écho au compliment qu’il m’avait fait avant que je ne plonge avec lui dans l’eau glacée. « Suis-je la seule à bénéficier de cet endroit ? Ou bien séduisez-vous d’autres jeunes filles dans mon genre ? » Je penchais la tête sur le côté, toujours aussi curieuse. « Je veux dire, vous avez l’âme d’un orateur et tout ce que vous dites … me parle. Sincèrement. Et j’ai confiance en vous. Suis-je la première à être enrôlée de cette manière ? ou ai-je une valeur particulière pour vous ? »

Je redescendis de mon meuble pour faire quelques pas dans sa direction, interrompant à nouveau son entraînement. « Vous me donnez la sensation de vous appartenir. Et je ne peux nier que j'aime ça. Mais est-ce qu’un jour, vous pourrez m’appartenir à votre tour ? » soufflais-je, le regard rivé dans le sien. Ma main vint attraper la sienne alors qu’il restait immobile. « Vous êtes Légilimens et vous avez réussi à me convaincre à faire une croix sur ma vie d’avant pour vous suivre. Autrement dit, je m’offre toute entière à vous. »
:copyright:️️ YOU_COMPLETE_MESS

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« Peut être qu’on doit être un peu amoché avant d’être à la hauteur. »

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