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RPG Harry Potter

In RPG, nous sommes en Janvier 2022.

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Days of the past, days of the futureSamedi 11 décembre 2021J’avais obtenu une semaine de dispenses de cours de la part de mes professeurs – de toutes façons, je faisait parti d’un des meilleurs élèves de mon année, bien qu’ils aient du mal à l’admettre. Une semaine de plus ou de moins, en fin de compte, cela ne changeait pas grand-chose pour moi, ou mes notes. Alors oui, bien sûr, j’aurais put me contenter de trois jours, comme la plupart des élèves venant eux aussi de Mahoutokoro, mais la tentation de faire pression avec le nom de mon père et notre réputation était bien trop tentante. Les profs m’avaient fait redoublé l’année dernière, alors ils pouvaient bien m’accorder une petite semaine de vacances tout frais payé, non ? Surtout que ma petite bande de délinquant juvénile n’est pas très active depuis quelque temps…

Depuis qu’Irina n’est plus là, en fait. Même si à la vérité, notre hargne au combat s’était essoufflé déjà quelques temps auparavant, avec le départ de ses cousins, Svetlana et Dmitry. Pour preuve, il y avait le fait que nous n’avions toujours pas recruté de nouveaux membres. Et puis… je ne sais pas, je pense que nous sommes tous plus au moins pris par nos études, nos avenirs. Nous n’avons tout simplement plus le temps de nous battre, de nous provoquer pour des choses aussi stupides qu’un mot, un regard échangé avec une bande rivale. Il n’y a plus que moi pour partir au quart de tour, quand bien même j’essaye d’avoir plus d’emprise sur moi-même.

Je sirote mon café noir, accoudé à ma table et plongé dans mes pensées. Ce mardi, le 14, je devais présenter les deux diplômes de dernière année disponible à Mahoutokoro à la journée d’orientation de Poudlard. J’avoue que j’ai sauté sur l’occasion, à la grande surprise du professeur qui venait de faire l’annonce, pour partir loin de l’école de magie. De plus en plus, j’étais comme perdu au sein de ses murs. Qu’est-ce que j’allais faire de ma vie ? Qu’est-ce que j’allais devenir ? Car, avec l’essoufflement du Bunka Bu,  je me rendait peu à peu compte que faire parti du clan de mon père ne me conviendrait pas. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je préférai de loin poursuivre mes études à l’université, faire quelque chose que j’aimais vraiment… Assez pathétique venant d’un petit gars élevé à la dur, non ? Mais c’est comme ça. Et cette journée d’orientation anglaise, c’est une occasion rêvé pour moi : sous couvert de promouvoir Mahoutokoro, je pourrai aussi me renseigner sur mon avenir.

L’horloge sonne 14 heure. Je ne sais pas encore vraiment ce que je vais faire de ma journée, qui n’a commencé pour moi en réalité il y a à peine une demi-heure. Le décalage horaire, c’est bien quelque chose dont je n’arriverais jamais à surmonter… Je sors du café, en bas de mon hôtel. J’ai des goûts de luxe, et j’avoue qu’il est bien pratique d’avoir un père ne regardant pas à la dépense quand il s’agit de « tenir son rang ». Un Horiuchi dans un Hôtel cinq étoile Moldu est toujours plus acceptable que une semaine au Chaudron Baveur, selon lui.

Dans les rues magiques de la capital anglaise, je m’attarde, je flâne, je prends mon temps.  J’ai encore sept bonnes heures à tuer avant de rejoindre Death pour qu’on puisse se prendre une cuite mémorable dans son petit appartement miteux. Là, il doit probablement entre encore en train de dormir, ou de décuver – ce qui se résume, pour lui, en la même chose à vrai dire. Il y a fort à parier qu’il vient encore de louper sciemment un entretien d’embauche que ses parents ont obtenu pour lui. Deathrow est le travail… Pourtant, il est loin d’être bête ou incapable ! Mais il ne veut juste pas travailler, pour faire chier ses parents, la société et le monde. Et quelque part, je comprends sa position. Je ne l’approuve pas, mais je le comprends.

Une chevelure châtains claire qui claque au vent, un éclair vert… Je me retourne, surpris. Cette jeune fille, je la connais, et même assez intiment pour me souvenir du moindre grain de beauté sur son corps, du grain de sa peau. J’aimerais dire que je n’oublie jamais une ex, mais je sais pertinemment que ce n’est pas vrai. Il est même plus rare que je me souvienne d’elle qu’autre chose.

« Emily ! » Je l’interpelle en la rattrapant devant la devanture de la librairie Fleury&Bott. En retirant ma main de son épaule, je constate, surpris, que je n’ai peut-être pas bien doser ma force. Est-ce que je lui ai fait mal ? « Ça c’est super longtemps qu’on ne s’est pas vu, non ? Comment ça va ? »

La conversation se déroule, normalement. De loin, nous avons juste l’air de deux amis, s’étant perdu de vue, mais c’est un peu plus que ça entre nous deux. Pour moi, en tout cas. Je ne saurais pas dire si j’étais amoureux d’Emily lors de l’été de notre rencontre, mais j’étais sous son charme, c’était sûr. Je venais de prendre conscience de se qu’impliquait le fait de retaper ma onzième année, c’est-à-dire l’ennuie en cours, ne connaître personne, et être poursuivis par encore plus de murmures que d’ordinaire quand je me déplaçais dans les couloirs. Et l’été, que j’avais passé en Angleterre, était comme une bulle enchanté, où personne ne me connaissait et ne me regardait bizarrement. J’étais juste un étranger lambda.  
© Justayne

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Days of the past, days of the futureSamedi 11 décembre 2021

Je resserrai les livres contre moi. L’année dernière que j’avais passée à traquer les Résurgents et les Purificateurs m’avaient fait prendre du retard sur mes études à l’UMS. Si j’avais réussi à passer les examens de ma 3ème année et à accéder à la 4ème année, je constatais que j’étais quand même à la ramasse sur la plupart des notions. Aussi, par cette froide journée d’hiver, j’avais décidé de m’atteler à des révisions. Oh j’entendais d’ici le rire moqueur de James Potter qui ne me croyait pas une seconde quand je lui disais que j’allais réviser, mais j’allais au moins essayer ! Et puis ces livres coûtaient tout de même 8 Gallions et 15 Mornilles chacun ! Donc faudrait bien qu’ils servent à quelque chose …

Alors que j’attendais à la caisse derrière une vieille dame qui s’extasiait du dernier livre du séduisant Gilderoy Lockhart, je pensais à May Scott. Elle s’était décidée à parler au Ministre de la Magie de ce qui lui était arrivé chez les Purificateurs et celui-ci avait entamé un lourd et long procès sur eux. May était soulagée d’avoir vu des têtes déjà tombées même si elle avait décidé de protéger son père. En revanche, aucune preuve n’avait été trouvée sur Shane Baker, son bourreau par excellence, mais James lui avait promis de tout faire pour en trouver à Poudlard. Lui et son groupe, son armée, voulaient tenter quelque chose sur Baker au cours de la semaine qui arrivait. Je croisais les doigts pour que ça fonctionne, mais j’avais confiance en James : quand il voulait quelque chose, il l’obtenait.

La vieille dame quitta enfin le comptoir et ce fut à mon tour de me faire encaisser. Trois livres et plusieurs Gallions plus tard, je ressortais de la librairie Feury et Botts, armée de mon petit sac, prête à réviser. Le vent agitait mes cheveux et je frissonnais. J’avais plus que hâte de me glisser sous une couverture bien chaude. « Emily ! » Je me retournais quand un jeune homme serra un peu trop mon épaule. Je fronçais les sourcils, prête à réagir de manière toujours aussi impulsive. Mais quand je reconnus le visage de Daichi, ma grimace s’effaça bien vite pour remplacer un sourire éclatant. « Oh par la barbe de Merlin ! » m’exclamais-je en lâchant mon sac dans la poudreuse pour sauter dans les bras de l’asiatique.

« Merlin, Daichi, ça fait … » Je le relâchais pour le regarder, large sourire sur le visage. « Ca fait super longtemps qu’on ne s’est pas vu, non ? » compléta-t-il. « Comment ça va ? » Daichi et moi, ça avait été … sympa. Je mentirais si je disais que j’en étais tombée amoureuse. Nous étions sortis ensemble durant l'été 2020, après la mort de maman. Rien de romantique, Daichi était juste un passe-temps, un pauvre garçon me permettant de penser à autre chose. Mais il m’avait aidé. A sa manière. Et même si cette période était encore sombre pour moi, Daichi avait été comme un rayon de soleil parmi ce chaos. « Je vais bien et toi ? Je suis tellement contente de te revoir. » C’était vrai, je ne pensais pas qu’un jour, nos chemins se recroiseraient.

« Tu as le temps pour un café ou … un truc plus fort comme tu les aimes ? » demandais-je en lui donnant un petit coup d’épaule. Le jeune homme ramassa mon sac qu’il me tendit avant d’accepter mon offre. J’attrapais son bras pour nous extirper de la neige qui s’était accumulée au pied de la librairie, directement le Chaudron Baveur !

Quelques minutes plus tard, nous étions attablés à l’intérieur, au chaud et le serveur venait de prendre nos commandes. « Que fais-tu ici ? Tu reviens pour draguer une anglaise ? » demandais-je, amusée. Entre nous, ça avait été séduction au max, et je ne serai pas étonnée qu’il poursuive dans cette voie. « Tu t’es coupé les cheveux … » remarquais-je en ne me gênant pas pour les toucher. Ce qui avait été difficile entre nous, c’est qu’on avait chacun envie de dominer l’autre. On partageait ce même caractère pour la prétention, l’ambition et la bagarre. Le serveur revint avec nos commandes : du vin chaud pour tous les deux. Et comme au bon vieux temps, on fit tinter nos verres. « Il s’est passé … tellement de choses depuis ton départ … » ajoutais-je, ne sachant pas vraiment par où commencer.

Quand nous étions ensemble, après l’amour bien souvent, nous avions pris l’habitude de parler. Parler de nous, de nos problèmes, de ce qui nous obsédait. Je lui avais parlé de ma mère, de mon père et mon frère partis à l’autre bout du monde, de mon engagement dans un groupe politique, de mon envie de vengeance, de ma passion pour les runes aussi, et même un peu de mes cours en Médicomagie. Je crois même lui avoir dit, avant qu’on ne se quitte, que j’avais rencontré le fils d’Harry Potter et que je voulais qu’il m’aide pour ma vengeance. « J’ai encore fait pas mal de conneries, comme tu dois t’en douter. » Je fis une grimace en riant un peu. S’il y avait bien une personne qui pouvait me comprendre, autre que Damian, c’était Daichi.
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« Alors, tu es tombée amoureuse ?
- Malheureusement, chère madame, je reste moi-même mon seul véritable amour.
- Au moins, tu ne risques pas d'être éconduite, Emily Evans.
- Pas forcément. Je m'envoie balader de temps en temps, histoire d'entretenir la flamme. »

descriptionDays of the past, days of the future EmptyRe: Days of the past, days of the future

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Days of the past, days of the futureSamedi 11 décembre 2021« Oh par la barbe de Merlin ! » Je ne peux pas m’empêcher de rire devant son air surpris. En même temps, il y a de quoi. Emily n’est pas censé savoir que j’étais ici. Pour elle, je devais sûrement être encore entre les murs de l’école de Magie japonaise, à bûcher sur mes cours. Je me demande même si Emily est au courant que l’année scolaire est en différer avec le reste du monde, dans mon pays.. En tout cas, je ne lui cache pas la joie que j’ai de la revoir, un sourire aux lèvres – même si je ne m’attendais pas à ce qu’elle me saute dans les bras ! Heureusement qu’elle n’est pas trop lourde. Ou que je suis assez musclé, c’est selon.

« Je vais bien aussi, même si je viens de me faire agresser par une jeune femme anglaise. » Lui répondis-je en lui tirant la langue. C’était si simple, avec elle. D’être un brin enfantin, drôle et pas seulement sarcastique. D’être heureux. D’être comme tout les autres. « Tu as le temps pour un café ou … un truc plus fort comme tu les aimes ? » J’ai un petit sourire en coin. La jeune femme n’a donc pas oublié mes préférences. « On va rester soft et prendre un Whisky Pur-Feu, tu en penses quoi ? » Je lui tends son sac. Je n’arrives pas à cesser de sourire.

Même si on est sorti ensemble – oh, si brièvement ! - je sais très bien qu’il n’a jamais été question d’amour. Une amitié, certes, nous liait. J’ai toujours eu cette impression étrange que, lorsqu’on s’était trouvé, c’était surtout que nos deux âmes en peines cherchaient du réconfort. N’importe quel réconfort, même si ça passait par faire l’amour. On s’est bien amusé, tout les deux. Mais je ne pense pas que notre relation reparte comme avant. Si je retourne en Angleterre, après la fin de ma dernière année, si je recroise Emily encore une fois… Je pense que nous resterons amis. De bons amis, certes, mais rien que des amis. Et puis, je n’ai jamais eu l’habitude de me remettre en couple avec mes ex, si belles ou attachantes soient-elles.

« Que fais-tu ici ? Tu reviens pour draguer une anglaise ? » J’étais en face d’elle, à une table du Chaudron Baveur. Il semblerait que c’était partis pour qu’on fasse tout les deux le point sur nos vies, en attendant qu’on nous serve nos commandes. « Non, malheureusement ! Quoi que, si tu veux bien me présenter quelques une de tes amies... » Je ris, en voyant l’air qui s’affiche sur son visage. Je sais très bien qu’Emily ne conseillerait même pas à sa pire ennemie de sortir avec moi : je crois qu’elle me connaît trop, que je ferais encore souffrir quelqu’un. L’amour sérieux, ce n’est pas tout de suite pour moi. « T’en as sûrement entendu parler, mais il y a une journée d’orientation, à Poudlard, dans quelques jours. Et Mahoutokoro n’a pas trouvé de meilleurs idées que d’envoyer le mec qui a redoublé deux fois pour présenter l’école ! » En vrai, je trouve cette idée tordante. C’est un bon moyen pour moi de rire des profs. « Et tu me connais, j’ai pas pût résister. J’ai pris une semaine de vacances aux frais de l’école, au lieu de me contenter d’un simple aller-retour. »

« Tu t’es coupé les cheveux … » Mon sourire s’accentue quand je sens le contact chaud de sa paume. C’était comme avant, exactement la même sensation. Je prends sa main dans les miennes, lui caressant distraitement les doigts. « Tu ne croyais pas que j’allais rester un gamin débraillé toute ma vie, non ? J’ai bientôt 20 ans, Emily... » Je porte ma boisson, qu’on vient de nous servir, à mes lèvres. Comme Emily, j’avais pris du vin chaud, écartant l’option du Whisky. Je lâche un petit soupir, qui vient déformer la vapeur qui s’élève de ma chope. 20 ans, déjà. J’arrive à peine à croire que je suis majeur depuis presque un an. J’aurais 20 ans lorsque je sortirais enfin de Mahoutokoro.

« Il s’est passé … tellement de choses depuis ton départ … » Comme au bon vieux temps, je croise les doigts. Je regarde Emily dans les yeux, prêt à l’écouter. On a toujours fonctionné comme ça, tout les deux. On se parlait de nos vies. Je n’ai jamais sût jusqu’où la jeune femme était allé dans ses révélations, avec moi. Mais je sais que toutes les histoires de famille, de vengeance, d’engagement m’avait impressionné. Qu’étais-je donc, à côté d’elle ? Un gamin pleurnichard, qui ne savait pas gérer un seul secret de famille, qui en voulait à la terre entière d’avoir redoublé. Je ne sais plus exactement ce que je lui ai dis. Je suis presque sûr, n’empêche, d’avoir abordé le cas de mon père, autoritaire et distant, malgré tout l’amour qu’on se porte l’un à l’autre . La maladie qui détruit mon oncle à petit feu, sans qu’aucune magie ne puisse rien y faire. Mon redoublement. Mes redoublements, même. La délinquance. Espoirs, passions, désarrois, on s’était partagés tellement de choses sur le coin de l’oreiller, après une nuit torride.

« J’ai encore fait pas mal de conneries, comme tu dois t’en douter. » « T’as tué quelqu’un, c'est ça ? » Je lui demande, sans savoir vraiment si je devais rire ou être sérieux. Est-ce qu’elle avait mené à bien son idée de vengeance, avec le gamin dont elle m’avait parlé ? Impossible de me souvenir de son nom… Ce n’est pas bien grave, ce n’est pas comme si j’en avais quelque chose à faire, au final. « Et puis, rassure-toi, Emily, tu as sûrement fais moins de conneries que moi. Relativise ! » Je lui caresse la joue, avec douceur. Je n’aime pas la voir comme ça, soucieuse, même s’il elle essaye de le cacher avec un petit rire.
:copyright: Justayne

descriptionDays of the past, days of the future EmptyRe: Days of the past, days of the future

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Days of the past, days of the futureSamedi 11 décembre 2021

Je ne pensais pas vraiment recroiser la route de Daïchi. Je savais qu’il aimait voyager et rencontrer de nouvelles personnes, et c’était pour cette raison que je pensais qu’il ne remettrait pas les pieds deux fois en Angleterre. Pourtant, il était bien là : en chair et en os devant moi. Il voulait m’amuser en me proposant de lui présenter quelques amies. Il pouvait rêver ! De une, je n’avais pas beaucoup d’amies, de deux, je voyais très mal May ou qui que ce soit d’autre tomber sous le charme de Daïchi. May avait besoin de quelqu’un de sérieux à ses côtés et Daïchi n’était pas vraiment de ce genre.

« T’en as sûrement entendu parler … » reprit l’asiatique. « … mais il y a une journée d’orientation, à Poudlard, dans quelques jours. Et Mahoutokoro n’a pas trouvé de meilleure idée que d’envoyer le mec qui a redoublé deux fois pour présenter l’école ! » Je lâchais un rictus amusé. « Evidemment, qui d’autre mieux que toi ?! » répliquais-je. La journée d’orientation … Cela signifiait qu’il serait là quand Baker se ferait mettre un bon coup de pied au cul. Cela signifiait qu’il allait rencontrer James.

« Et tu me connais, j’ai pas pu résister. J’ai pris une semaine de vacances aux frais de l’école, au lieu de me contenter d’un simple aller-retour. » Je hochais la tête, impressionnée. « Tu as bien négocié ! Et je te conseille de profiter dans ce cas ! » déclarais-je. Daïchi avait une telle facilité à obtenir ce qu’il voulait. Je l’aurai presque jalousé !

Le jeune homme se moqua de moi quand j’agitais ma main dans ses cheveux. « Tu ne croyais pas que j’allais rester un gamin débraillé toute ma vie, non ? J’ai bientôt 20 ans, Emily... » J’écarquillais les yeux. « Oh Merlin ! Tu deviens un homme alors ! » m’exclamais-je, faussement surprise, avant de reprendre sur ce qu’il s’était passé dans ma vie. Après tout, c’était ça qu’on devait faire quand on retrouvait un ancien proche ? On se racontait ce qu’il s’était passé dans nos vies, ce qu’on avait raté, ce qu’on avait envie de confier à l’autre.

Vous commenciez à me connaître : je ne me confiais jamais. Je préférais garder mes sentiments pour moi. La seule personne à laquelle je m’étais ouverte ces dernières années, c’était Rowan. Rowan m’avait appris à être plus ouverte aux autres, à accorder ma confiance plus facilement. J’observais Daïchi : peut-être était-ce la dernière fois que je le voyais avant une bonne décennie ? Qui savait ? Je pouvais bien lui lâcher quelques trucs.

« T’as tué quelqu’un, c’est ça ? » me demanda-t-il. Je relevais les yeux vers lui, mais je ne parvenais pas à indiquer s’il était sérieux ou non. Je secouais la tête. « Non … je ne crois pas … » J’avais eu tout de même un temps d’hésitation. Je m’étais toujours battue sans me soucier du mal que je pouvais faire aux autres, mais au final, il me semblait que je les avais tous sonnés. Rien de plus.

« Et puis, rassure-toi, Emily, tu as sûrement fait moins de conneries que moi. Relativise ! » Je souris et penchais la tête vers sa main qui caressait ma joue. Ce contact m’avait manqué et il me semblait ne pas l’avoir autant apprécié l’an dernier. « Disons que … j’ai mené mon projet à bien. » expliquais-je en tournant le verre entre mes mains. « Le gamin … James Potter … il m’a aidé. » Je relevais les yeux vers lui, l’ombre d’un sourire. « Tu aurais vu : on formait une bonne équipe. Mais j’ai été assez odieuse avec lui, et avec un peu tout le monde autour de moi. » Je le reconnaissais maintenant. Et je savais pourquoi je me retrouvais seule aujourd’hui.

« J’ai mené quelques missions pour le compte des Insurgés … » soufflais-je en jetant un coup d’œil autour de moi, espérant que personne n’écoutait. Mais tout le monde était bien trop occupé par son verre de vin chaud ou par les cadeaux de Noël à boucler. « J’ai retrouvé ma meilleure amie. Je crois que je t’en avais parlé : May Scott avait disparu lors de ma 7ème année. C’était une vampire. Elle était prisonnière depuis tout ce temps chez les Purificateurs. J’ai aussi renoué avec mon frère. Et … J’ai eu mes premières runes. » Je soulevais ma manche droite pour lui montrer deux runes anciennes. Elles brillèrent légèrement quand je prononçais leur nom : « Uruz et Othila. » indiquais-je avant de rabattre ma manche et de prendre un ton plus sombre.

« J’ai fait un Serment Inviolable aussi. » Je pris le temps de déglutir. C’était le truc dont j’étais le moins fière, car non seulement ça mettait ma vie en danger, mais aussi celle de James. « Et il faut que je trouve le moyen de m’en débarrasser. » Je me penchais sur la table. « Tu ne connaîtrais pas quelque chose ? De Mahoutokoro ? Du Japon ? Un truc qui pourrait m’aider ? »
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« Alors, tu es tombée amoureuse ?
- Malheureusement, chère madame, je reste moi-même mon seul véritable amour.
- Au moins, tu ne risques pas d'être éconduite, Emily Evans.
- Pas forcément. Je m'envoie balader de temps en temps, histoire d'entretenir la flamme. »

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Days of the past, days of the futureSamedi 11 décembre 2021

« Évidemment, qui d’autre mieux que toi ?! »   Je souris devant la réponse de la jeune femme. Emily connaît toute l’ironie de la situation. Mais elle ne me juge pas. Il faut dire que, tout les deux, on est deux gosses terribles, chacun dans notre genre. On s’était bien trouvés, oui. Je souris en coin. Son air impressionné lui va si bien que j’en regretterais presque que ce soit finis, entre nous. Presque. « J’ai des relations… hauts placés, on va dire. » Je descends mon verre, regrettant qu’il ne contienne pas d’alcool. Ce n’est pas vraiment le moment pour aborder le sujet de mon père. Pas quand je suis sobre, en tout cas.

J’essaye de ne pas me mettre en colère devant la surprise outrée de la jeune femme. Elle savait très bien qu’être pris pour un gamin me mettait hors de moi. Ce qu’Emily ignorait, c’était la raison de ma réaction plutôt… violente. Elle est sans doute loin de s’imaginer ce qu’est vraiment ma vie. Que je suis le dernier de ma famille, le laissé pour compte. Toujours, tout le temps. Quoi que je fasse, quoi que je prouve aux autres. Il n’y a juste pas assez de place pour moi. Je soupire, avant d’appeler un serveur. Il était temps pour un autre verre. Je jeta un coup d’œil rapide à la jeune femme, pour jauger la situation. Il était encore trop tôt pour de l’alcool, hein ? C’est avec dépit que je me rabats sur le jus de citrouille, mais ce n’est que partie remise. Je compte bien me mettre une cuite mémorable en Angleterre dès que j’en aurais l’occasion !

« Non … je ne crois pas … »  Je ne dis rien, mais je ne pense pas moins. J’essaye de ne pas avoir l’air inquiet, mais mes sourcils se froncent malgré moi. Je n’ai jamais tué un homme, du moins pas frontalement. J’ai peut-être donné des ordres, ou battu des personnes à mort. Je n’en sais rien, je ne veux pas savoir. Mais me confronter moi-même face à la Grande Faucheuse… Jamais. « Tu ne vas pas être poursuivie en justice, hein ? » Je suis à moitié sérieux en lui demandant ça. Les autorités de ce pays sont sans doute un peu plus pointilleuse que chez moi. « Sinon, je peux aider. » Fis-je en prenant la main d’Emily, très sérieusement. Les Horiuchi ont le bras long, et même ici, le cœur des sorciers n’est pas incorruptibles. Tout le monde a ses petits secrets, ou quelque chose qu’il désire, ou qu’il veut protéger. Bien sûr, en me mettant en première ligne ainsi, Emily en découvrira peut-être un peu trop sur moi mais… Je n’allais quand même pas l’abandonner, hein ? Pas après nos peines et nos joies communes. Je sais que j’ai l’air débile, et faible, mais je pense sincèrement que faire ça, l’aider, est quelque chose de juste.  

« Ton projet avec le gamin ? » Pas la meilleure association, selon moi. Emily n’avait sûrement personne d’autre sous la main pour se contenter de lui. « Tu aurais vu : on formait une bonne équipe. Mais j’ai été assez odieuse avec lui, et avec un peu tout le monde autour de moi. »  Je souris, légèrement. Je ne serais pas allé jusqu’à dire qu’Emily est une personne odieuse – qu’est-ce que je serais alors, moi ? Elle a juste… son caractère, on va dire. « Tu n’étais pas odieuse, avec moi. Sauf… au lit. » Je lui adresse un petit clin d’œil. J’ai tourné la page avec elle, et je sais que je n’y reviendrais pas, mais ça ne veut pas dire que j’arrêterai de la taquiner avec notre relation. J’écoute attentivement l’histoire de sa vie, depuis qu’on s’est quitté. Je ne dis rien, préférant lui donner de l’espace. Et puis… si je commençais à poser des questions, Emily se sentira forcément obligée de me rendre la pareille. Et je n’en avais pas vraiment envie. Elle me prenait pour un adolescent un peu déluré et paumé, mais avec une vie plus ou moins normale, et je ne veux pas que son regard sur moi change. « Ce doit être dur à tout encaisser… Si jamais tu as besoin d’en parler... » Je laisses ma phrase en suspens, ne sachant pas ce que je pourrais ajouter d’autre. Le rôle de consolateur ne me va pas vraiment.

« Des runes ? » Murmurais-je en regardant son bras, un peu perplexe. C’était le genre de magie dont je ne connaissais que la théorie. « Plutôt sympa. On est tout les deux gravés à vie, hein ? » Emily doit sûrement connaître mes tatouages par cœur, depuis le temps. « Et, si ce n’est pas indiscret, que font ces runes ? » Lui demandais-je en caressant doucement le bras qu’elle venait de recouvrir. Je sens que la jeune femme veut me dire quelque chose, quelque chose qui ne doit pas être facile à avouer d’après son visage fermé. « J’ai fait un Serment Inviolable aussi. »  Je fixe Emily, effaré, une main serrant mon verre. « Tu as fait quoi ? » Ma voix est sourde, presque froide. Je regarde la jeune femme sans comprendre. Je sais que sa vengeance était sérieuse, mais pas qu’elle en arriverait à de telle extrémités. Je ne peux pas m’empêcher de grimacer quand elle me demande comment l’en débarrasser. Je ne suis pas vraiment de bons conseils pour quelque chose comme ça. « Eh bien... » Je regarde Emily, par-dessus mon verre. Est-ce que je peux m’autoriser de lui dire une telle chose ? « Le plus simple serait que tu couches avec moi pour te défaire du sort. » Je laisse passer une, deux seconde, pour voir la consternation déformée le visage d’Emily. « Hey, relax, je blagues. » Je passe une main dans ses cheveux, pour les ébouriffer. Je me sens un peu mal d’avoir voulu la faire marcher pour ça, alors qu’elle a vraiment l’air aux abois. « Je ne sais pas si je peux t’aider. » Autant être direct, et ne pas provoquer de faux espoirs. Ce serait destructeur.

« Tu connais la légende des 47 rônin ? Des samouraï sans seigneur, qui veulent venger la mort de leur maître. Ils ont fait un serment, Inviolable, cela va sans dire. Pour mettre fin à celui-ci, ils se sont fait seppuku, mais je ne pense pas que tu souhaites t’ouvrir le ventre avec un sabre ? » C’est la seule histoire à laquelle je pense, lorsqu’on en vient à parler de ce type de sortilège – ou de maléfice, selon moi. « Je pense qu’une Miko pourrait vous aider. Je ne vois que ça. » J’ai beau chercher, je ne sais pas comment faire pour défaire ce serment, à part en faisant appel à une spécialiste. « C’est une jeune femme qui aide à la tenue des temples. Mais… la plupart sont en faites des jeunes sorcières, connaissant des rituels de purifications. Elles sauront défaire ton lien, Emily. » Je soupires, sachant pertinemment que j’allais regretter immédiatement ce que je m’apprêtais à dire. « Ma sœur à suivi la formation des Miko. Je peux lui demander… Mais Emiko n’est pas spécialement gentille, ou bienveillante. » Mieux vaut prévenir que guérir. Si on doit recourir aux services de ma sœur aînée, il vaut mieux qu’Emily soit au courant.
:copyright: Justayne

descriptionDays of the past, days of the future EmptyRe: Days of the past, days of the future

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Days of the past, days of the futureSamedi 11 décembre 2021

Je le vis sourire quand je racontais l’équipe que je formais avec James. Mais ce n’était pas parce qu’il était fier de nous deux, non, il était plutôt en train de se moquer de moi : « Tu n’étais pas odieuse, avec moi. Sauf… au lit. » Je me mis à rire face à son clin d’œil charmeur. « Tu es incorrigible, Daïchi. Mais je saurai me venger en temps voulu ! » lui fis-je remarquer en buvant une nouvelle gorgée de mon vin chaud avec amusement. Pour la vengeance, j’étais l’une des meilleures.

« Ce doit être dur à tout encaisser… Si jamais tu as besoin d’en parler... » Je ne répondis pas à ce ton doux et prévoyant, préférant tourner le verre entre mes doigts. Tout ce que j’avais à dire, je l’avais dit ici. Je n’étais pas encore prête à me confier davantage. Je pensais en avoir fait assez pour aujourd’hui. « Des runes ? Plutôt sympa. On est tous les deux gravés à vie, hein ? » remarqua Daïchi avant que je ne rabatte la manche sur mes runes. Je souris. « Il semblerait que j’ai voulu reproduire ces beaux schémas … » susurrais-je. J’avais toujours adoré les multiples tatouages qui parcouraient le corps du japonais. Je trouvais ça tellement sexy et tellement raccord avec le personnage qu’il était.

« Et, si ce n’est pas indiscret, que font ces runes ? » Son doigt vint caresser mon bras. Un frisson me parcourut. Il y avait bien longtemps qu’on ne m’avait pas touché ainsi. Je relevais les yeux vers lui. « Elles n’ont pas de sort précis. » tentais-je d’expliquer. « Je peux faire appel à elles quand je n’ai plus aucun recours. En général, elles me protègent de certains sortilèges de Magie Noire. Parfois, elles m’aident à canaliser mes pouvoirs, même sans baguette. La dernière fois que je m’en suis servie, j’ai réussi à faire fondre les barreaux d’une cage. » Je savais que ça devait être un peu étrange raconté de cette manière. Comment je m’étais retrouvée à faire fondre les barreaux d’une cage ? Comment avais-je été enfermée ? Il y avait des choses que Daïchi devrait ignorer. Je ne comptais pas tout le raconter. J’aimais garder une part de mystères même si je me rendais compte de plus en plus qu’une personne connaissait parfaitement les détails de cette vie : James.

Je lui parlais en revanche du Serment Inviolable. Je vis son teint blêmir à cette idée. Je savais que c’était un sujet grave, important. A ne pas prendre à la légère. C’était dangereux et très risqué. Et je mettais non seulement ma vie en danger, mais aussi celle de James. Je bus une nouvelle gorgée de mon vin chaud, finissant mon verre plus vite que je ne l’aurai cru. « Eh bien... Le plus simple serait que tu couches avec moi pour te défaire du sort. » Je fronçais les sourcils. « Quoi ?! » Avant de réaliser qu’il me faisait marcher. « Putain, t’es con Daïchi ! » Je tapais sur son bras, avec plus de force qu’une frappe normale. « Hey, relax, je blague. » « Ouais ouais … J’vois bien ce que tu essaies de faire, tu veux me remettre dans ton lit. Mais ça ne marchera pas avec moi. Je … ne fais plus ça. » expliquais-je, hésitante sur ce que j’affirmais. Depuis Daïchi, je n’avais eu personne d’autre. Je n’avais pas ressenti le besoin d’avoir quelqu’un d’autre dans ma vie. Et aujourd’hui … aujourd’hui, j’avais des sentiments confus pour James et je n’osais pas encore affirmer la réalité qui s’imposait pourtant tout naturellement aux yeux de May et Damian.

« Je ne sais pas si je peux t’aider. » reprit Daïchi, hésitant. Je plissais les yeux, écoutant la suite. « Tu connais la légende des 47 rônin ? » Je secouais la tête. Je ne m’étais jamais bien intéressé au folklore japonais. « Des samouraïs sans seigneur, qui veulent venger la mort de leur maître. Ils ont fait un serment, Inviolable, cela va sans dire. Pour mettre fin à celui-ci, ils se sont fait seppuku, mais je ne pense pas que tu souhaites t’ouvrir le ventre avec un sabre ? » « Euh … » Je fis une grimace, lui faisant comprendre que ce n’était clairement pas mon intention. « Je pense qu’une Miko pourrait vous aider. Je ne vois que ça. » déclara alors le japonais.

« Une … Miko ? » repris-je, étonnée. « Qu’est-ce que c’est ? » « C’est une jeune femme qui aide à la tenue des temples. Mais… la plupart sont en faites des jeunes sorcières, connaissant des rituels de purifications. » « Oh ! Ce … ce serait bien, oui. » Je réfléchissais. Je n’avais jamais entendu parler de telles femmes mais comme je le disais, je ne connaissais pas bien la culture japonaise. « Elles sauront défaire ton lien, Emily. » « Tu crois ? » demandais-je, pleine d’espoir. « Je te jure, si tu me fais encore une fois marcher, je … » « Ma sœur a suivi la formation des Miko. » me coupa-t-il, très sérieux. Très sérieux car je savais que Daïchi ne plaisantait jamais quand il s’agissait de la famille. Je croisais son regard. « Je peux lui demander… Mais Emiko n’est pas spécialement gentille, ou bienveillante. » Je secouais la tête. « Je ne m’attends pas à rencontrer Marraine la bonne fée. Je veux juste quelqu’un qui pourra nous débarrasser de ce Serment et ne plus mettre en danger inutilement la vie de James. » expliquais-je d’un ton ferme.

« Il faut que je lui en parle. Mais quand est-ce que nous pourrions la rencontrer ? Faut-il qu’on vienne au Japon ou peut-être venir ici ? Mon père a les moyens de payer son billet de Portoloin. » Papounet ferait bien ça pour sa fille chérie, à défaut d’avoir été présent le reste du temps. Deux verres de vin chaud lévitèrent jusqu’à nous sur demande de Daïchi qui avait demandé à ce qu’on nous resserve. « Le plus tôt serait le mieux, tu sais. » continuais-je. « Les Purificateurs sont actuellement en procès et les Résurgents ont officiellement disparu. Il faut que nous nous débarrassions de ce Serment avant que cela ne mette plus en danger nos vies. » expliquais-je.

On fit tinter nos verres quand on tomba d’accord et je souris franchement. « Tu m’avais manqué. » dis-je. « Alors, vais-je avoir plus l’occasion de te revoir ici ? Ou bien est-ce ton dernier voyage en Angleterre pour un bon moment ? » demandais-je.
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« Alors, tu es tombée amoureuse ?
- Malheureusement, chère madame, je reste moi-même mon seul véritable amour.
- Au moins, tu ne risques pas d'être éconduite, Emily Evans.
- Pas forcément. Je m'envoie balader de temps en temps, histoire d'entretenir la flamme. »

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Days of the past, days of the futureSamedi 11 décembre 2021

Je souris en touchant du doigt le bord de mon verre vide. Quelque part, j’avais vraiment hâte de voir cette fameuse vengeance d’Emily. Je ne sais pas si je la recroiserai, lors de mes prochains voyages en Angleterre. J’aimerai beaucoup, pourtant : c’est si rare d’avoir des relations apaisés avec ses ex de nos jours. Mais je me dois de faire passer le travail avant tout, malheureusement. Et puis, est-ce que je veux vraiment recroiser Emily alors que je suis en affaire pour mon père. Je n’en suis pas vraiment sûr. Je lui ai juste dit que ma famille était riche, puissante, et faisait du commerce un peu partout. Sans jamais préciser de quoi. Et je n’ai pas envie qu’elle commence à se poser des questions sur moi, sur ma vie. J’ai mis si longtemps avant de trouver quelqu’un avec qui être normal. Je ne vais pas tout gâcher maintenant.

« Il semblerait que j’ai voulu reproduire ces beaux schémas … » Je lui souris, un peu mystérieusement. Si elle savait combien ça me faisait plaisir, qu’elle me dise ça. Pour une fois, mes tatouages ne font pas peur, et ils sont appréciés pour leur valeur artistiques uniquement. Ici, il n’y a aucun lien entre mafia et tatouage. Je peux les montrer librement mais… je n’ose toujours pas, pas vraiment. Je préfère être prudent. C’est toujours assez étrange, quand je me mets nu pour la première fois devant une nouvelle fille. J’anticipe une réaction de dégoût, en sachant pertinemment qu’elle ne viendra jamais. Pas de ce côté du globe, tout du moins.  J’écoute avec attention les explications d’Emily sur les runes. Je ne fais aucuns commentaires, par respect. Mais je suis presque sûr que la partie où elle détruit les barreaux d’une gage, ce n’est pas la chose la plus légale que la jeune femme ait put faire. En tout cas, ce n’est pas moi qui vais la juger pour être sortie des sentiers de la loi – ce serait assez mal venu en sachant ce que je suis, ce que je fais.

Même si j’avais essayé de détendre l’atmosphère en blaguant, je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir un peu peur pour la jeune femme. Au Japon, on ne rigole pas vraiment avec les Serments Inviolables. Qu’une personne aussi jeune en fasse aussi facilement… Je crois que c’est impensable, chez moi. Je me massais toujours le bras – elle avait une de ses forces ! - en lui parlant avec le plus de détails possible des Miko, et de leurs pouvoirs. Je n’avais même pas relevé son allusion à nos soirées plutôt… agréables. Emily me connaissait, elle savait très bien que je ne couchais jamais avec mes ex, non ? Et puis, on avait d’autres sujets, plus grave, sur lesquels se pencher, avant de parler de sexe.  

« Je ne m’attends pas à rencontrer Marraine la bonne fée. Je veux juste quelqu’un qui pourra nous débarrasser de ce Serment et ne plus mettre en danger inutilement la vie de James. » Je ris doucement. Heureusement qu’Emily est assez pragmatique sur la question, je ne voudrai pas qu’elle soit trop déçue en rencontrant ma sœur. Quand je pense que les Miko sont réputés pour leur gentillesse, leur douceur et leur pureté… Emiko n’est rien de tout ça, mais j’espère qu’elle pourra quand même aider la jeune femme. Et le garçon avec qui elle a fait le Serment, bien sûr. Même si pour être totalement honnête, je m’en fous un peu de lui. « Emiko vit au Japon, à Tokyo. Je ne pense pas qu’elle fera le déplacement jusqu’ici... » Mon aînée est assez… têtue, pour ne pas dire carrément chiante. Je sais déjà qu’elle me demandera beaucoup de chose en retour de ce service que je lui demanderai. Alors si je forçais en plus ma sœur a quitter le pays… Je pense sincèrement que ce sera la fin pour moi et qu’Emiko me traitera comme son esclave à vie. « … Et je pense que ce serait mieux de faire le rituel dans un temple. Pour plus d’efficacité, tu vois ? » Je ne sais pas si elle accordera du crédit à cette partie du folklore. Je ne sais même pas si le garçon voudra bien venir, et traverser la moitié de la planète pour rencontrer mon horrible sœur qui pourra – sûrement – lever le Serment. « Si ton père peut te le payer, pourquoi pas. Sinon, je peux te le payer. » Je détourne le regard, un peu mal à l’aise. Normalement, je ne fais pas de sentiment quand j’étale mon argent devant les autres, j’y prends même plaisir. Mais normalement, je n’essaye pas de me faire passer pour quelqu’un de… normal, justement.  

« Le plus tôt serait le mieux, tu sais. » J’essaye de sourire pour la rassurer, en prenant sa main dans la mienne. Je sais qu’elle veut s’en débarrasser le plus vite… Je n’ose même pas imaginer ce qu’elle doit ressentir, en se sachant lié avec une autre personne.  « Les Purificateurs sont actuellement en procès et les Résurgents ont officiellement disparu. Il faut que nous nous débarrassions de ce Serment avant que cela ne mette plus en danger nos vies. » C’est donc ça. Irina m’avait un peu parlé des mouvements concernant la guerre en Angleterre, mais je n’aurai pas crû que ça aille aussi vite. « Je comprends. Est-ce que tu penses pouvoir venir dans les premiers jours de janvier ? Le 2 ou le 3, par exemple ? » Ce sont des jours vastes, normalement. C’est un bon choix pour un rituel de purification, et une visite au temple. Je commande deux nouveaux verres de vin chaud, pour sceller notre accord. C’est la première fois que les deux mondes auxquels j’appartiens, l’orient et l’occident, la normalité et la mafia, vont se rencontrer. Pour être sincère, j’ai un peu peur. Mais Emily ne devrait pas rester assez longtemps pour s’en apercevoir, pour me voir tel que je suis vraiment.

« Tu m’avais manqué. » Je souris, charmeur. Ce genre de compliment fait toujours plaisir. Surtout que dans ce cas-là, je sais qu’il est sincère. « Tu m’as manqué aussi, Emily. » Nos petites querelles, ses rires à mes blagues débiles… C’est quelque chose qui laissera un grand vide, quand je retournerai chez moi. J’essaye de profiter de chaque instant, mais c’est dur en sachant que ce sera bientôt fini.  « Alors, vais-je avoir plus l’occasion de te revoir ici ? Ou bien est-ce ton dernier voyage en Angleterre pour un bon moment ? » Je hausse les épaules. La vérité, c’est que mes déplacements dépendent entièrement du bon vouloir de mon père. Je ne peux pas prévoir, pour l’instant. Même si on m’a proposé un stage ici, je ne sais pas si je pourrai revoir Emily… Ou même si je vais accepter cette proposition. La famille avant tout, comme toujours. « On verra bien, qui sait de quoi demain est fait ? » Je ne préfère pas me mouiller, et ne pas lui parler du stage. Pas encore. Peut-être quand elle viendra au Japon. Peut-être pas. Je verrai bien… Je paye les consommations quant on a fini de parler, avant de la raccompagner dehors. Ça m’a vraiment fait du bien de revoir Emily, et d’avoir eu l’impression qu’on me parlait comme quelqu’un de normal.
:copyright: Justayne

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