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RPG Harry Potter

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Rien ne se perd mais tout se transforme.
Victoire Weasley, Camilla Rock & Seamus McGregor

16 décembre 2021


Cela faisait des lustres qu’il n’avait pas remis les pieds en ville. Il en avait presque oublié l’odeur. Cet air acre qui provenait des grilles des égouts, celui sucré qui s’échappait des boutiques aux devantures alléchantes et l’étouffant gaz d’émanation de la circulation moldue. Cela lui avait manqué, même en étant un véritable garçon de la campagne, Londres avait une atmosphère qu’aucune ville ne pouvait reproduire.
Il tenait la main grassouillette de Victoire, ou plutôt, de la moldue dont elle avait volé les traits pour se balader à découvert. Des cheveux frisés, épais comme une brosse à balai encadraient son visage pale, recouvert de tâches de rousseur. Elle était méconnaissable, si ce n’est son sourire angélique et ce petit air ravi que Seamus lui reconnaissait. Elle était heureuse de pouvoir s’échapper de Merlin Castle le temps d’une après-midi. Autant que lui, sous son imperméable beige, ses cheveux poivres et sel hirsutes et un chapeau melon. Elle s’était moquée de son look sans retenue au moment de quitter leurs appartements.

« Camilla va te prendre pour un pervers dans cet accoutrement. »

Il était vrai qu’il ressemblait à un exhibitionniste de métro, prêt à disparaitre au prochain arrêt après avoir fait son affaire. Cette idée lui plaisait encore plus.

Seamus avait réussi à convaincre Vic de le laisser venir avec elle à ce rendez-vous. Il s’était enthousiasmé de pouvoir enfin se faire une petite sortie en couple mais ils savaient tous les deux que l’insistance du jeune homme était uniquement motivée par un souhait de protection de sa compagne. Victoire avait joué le jeu. Certes, la vie des créatures était de plus en plus confortable grâce aux efforts d’Avery mais la famille McGregor était toujours sur la liste des persona non grata du gouvernement. La seule solution envisagée serait de gracier les membres des insurgés mais le premier ministre ne pouvait pas faire machine-arrière si rapidement. L’opinion publique ne l’aurait pas soutenue, on aurait pu frôler la révolution et ce n’était pas ce que souhaitaient les insurgés.

La seule solution était le bon vieux polynectar et une rencontre en territoire moldu. Victoire et Camilla étaient amies à Poudlard jusqu’à ce que celle-ci disparaisse énigmatiquement lors de l’été de leur 6ème année. Les rumeurs les plus folles avaient couru à son sujet mais rapidement, tout le monde avait conclu à une mort accidentelle. Probablement une rencontre avec une créature sauvage. Victoire lui en avait peu parlé à l’époque, c’était un souvenir douloureux mais la vie avait repris et chacun avait classé ce dossier sans penser qu’il viendrait se rouvrir violemment il y a quelques semaines.

La jeune femme n’était pas morte mais captive durant de longues années. A nouveau, les rumeurs les plus folles couraient à ce sujet mais Victoire voulait entendre la version de Camilla et surtout, elle voulait revoir son amie. Par hibou, celle-ci avait refusé de se rendre au Merlin. Elles avaient donc convenu d’un rendez-vous chez Bertle’s Pastries, à Kensington. Un charmant salon de thé fréquenté par de nombreux touristes. Il était facile de se fondre dans la masse.

Seamus n’avait pas vraiment l’intention de s’incruster dans leurs retrouvailles. Il avait donc pris un bouquin et s’était installé à une autre table.

« Je vais quand même te présenter ! C’est ridicule que tu restes à quelques pas de nous. Tu entendras tout de toutes façons. »

« Mais non… Je serai concentré sur mon livre. »
Elle leva les yeux au ciel, peu convaincue. « J’irai faire un tour ? »

Elle secoua la tête. « Laisse moi juste la saluer, prendre le pouls et je te présenterai dans la foulée. Elle va être mal à l’aise si je lui avoue après coup que tu étais là tout le long. »

Il déposa un baiser sur sa tempe et hocha la tête en signe d’affirmation.

« Ok. T’as raison. »

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Seamus McGregor
 

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Rien ne se perd, tout se transformeJeudi 16 décembre 2021

J’avais eu l’occasion de demander l’autorisation de sortie à Reagan quelques jours auparavant. Cela nous avait donné l’occasion de parler un peu plus. Je n’avais pas vraiment d’attache au Merlin Castle, si ce n’était Teddy. Mais depuis l’affaire de Noun, j’étais beaucoup moins proche de la petite famille et je ne cessais de me sentir coupable. Sortir du Merlin et retrouver une ancienne amie me permettrait au moins de me changer un peu les idées.

Nous avions confié David à la crèche. De toute manière, c’était seulement le temps d’un après-midi et David était bien heureux de pouvoir passer des heures avec ses nouveaux amis.

Seamus et moi avions bu du Polynectar : j’étais ainsi devenue une femme un peu grassouillette, des cheveux blonds lissés et des tâches de rousseur sur le visage. Quant à Seamus, il était le parfait sosie d’Hercule Poirot, ce célèbre détective moldu. On arriva dans un petit salon de thé que nous avions convenu pour nous retrouver. J’avais prévenu Camilla qu’elle risquait de ne pas me reconnaître sous Polynectar mais que je viendrai à elle. Il ne restait plus qu’à croiser les doigts qu’elle viendrait réellement. Je comprenais pourquoi la jeune femme se montrait méfiante. Après ce qu’elle avait vécu, elle avait le droit de se montrer réticente.

Mais contre toute-attente, la jeune femme se montra. Je la vis franchir la porte du salon de thé, un peu hésitante, son regard farfouillant partout dans la salle. Je venais juste de m’asseoir mais je me relevais et lui fis un petit geste de la main. Son regard croisa le mien et je n’y lus que de la surprise. Ce look était bien loin du mien, mais il le fallait, pour me préserver.

« Salut Camilla ! » lui dis-je avec un grand sourire en l’invitant à s’asseoir sur la banquette, ignorant Seamus qui, quelques tables plus loin, faisait semblant de lire un livre alors qu’il écoutait toute la conversation. « Pas mal mon look ?! » m’amusais-je. « Je ne suis pas certaine que l’on puisse réussir à m’identifier comme ça. » Et à ces mots, j’attrapais une petite fiole que je vidais dans le thé déjà fumant devant moi. « Tu veux commander quelque chose ? » J’appelais le serveur pour que Camilla puisse passer commande.

« Bon, quelles sont les nouvelles depuis un mois ? Tu as vu ce procès contre les Purificateurs ? » Je ne pouvais cacher ma joie. Le fait que les Purificateurs commencent à tomber annonçait de l’espoir pour les Insurgés, pour les gens comme Seamus et moi, désireux de reprendre une vie normale. Je laissais Camilla me parler d’elle, de son petit boulot au Chaudron Baveur avant d’ajouter :

« Dis, j’ai amené quelqu’un avec toi et j’aimerais te le présenter, si tu veux bien. » Je parlais d’un ton doux et calme, espérant ne pas la froisser. « C’est Seamus McGregor. Tu le connais déjà de Poudlard, mais … il a pas mal changé on va dire depuis. » Je lui avais déjà indiqué qu’il était mon fiancé et que nous avions un fils ensemble. J’espérais qu’elle serait d’accord pour le rencontrer.
:copyright:️️ YOU_COMPLETE_MESS

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Rien ne se perd, tout se transforme
16 Décembre 2021

Je commence à me faire à ce travail. Cela me permet de parfaire ma magie, ma mémoire, mon organisation. Je deviens de plus en plus douée pour retenir des commandes énormes et ne pas faire trop patienter les clients. J'apprends de plus en plus de sortilège pour porter les énormes plateaux, et sans faire de casse ! Ma magie sans baguette m'aide beaucoup, j'ai la possibilité de ne pas m'encombrer de ma baguette. Il faut dire que je reste parfois le soir pour m'entrainer, avec de la vaisselle incassable, en plastique quoi. Mes collègues sont sympas, et le patron est patient, pas tout le temps, mais il est plutôt bienveillant avec moi. Il se doute bien que j'ai quelques soucis, mais que je les mets de côtés au travail. Et puis il est ravi d'avoir une membre du Spero Patronum qui bosse chez lui, il y a de plus en plus de client qui viennent, qui me reconnaissent, demande les date de concert. Ça lui fait du monde, de la publicité, tout le monde est gagnant.

Petit à petit, je sors de plus en plus, enfin c'est un grand mot, je vais faire des courses, m'acheter des livres. Maintenant que j'ai une paye, je peux en profiter. Le loyer au dessus du Chaudron est ridicule, bien souvent je mange chez Shino en plus, donc je fais des courses pour nous préparer un repas, parce que je suis très gênée qu'il doive tout payer même s'il m'assure que ça ne le dérange pas et que c'est même normal. Nous deux ça va, ça va même très bien, c'est le garçon qu'il me fallait après ma captivité, après le Duc, après tous les sévices, après la mort brutale de mon dernier petit ami, Steve. Je n'avais que 16 ans à l'époque. Aujourd'hui, il ne reste plus rien de la fille que j'étais à cette période. A présent j'ai 21 ans. Depuis cinq ans, je ne savais plus ce qu'était l'amour, la tendresse, la patience. J'ai littéralement était coupée du monde, de tout. Je me suis renfermée dans une coquille survivaliste, ne pouvant plus rien ressentir, sinon ça aurait été dramatique. Wyatt, Lena, Gabriel, il me parle du syndrome de Stockholm. Parce que le Duc me colle à la peau, encore trop souvent.

Dans la littérature, il est dit que c'est un mécanisme psychologique observé chez des otages ayant vécu durant une période prolongée avec leurs geôliers et qui ont développé une sorte de contagion émotionnelle vis-à-vis de ceux-ci, autrement dit, certains otages peuvent finir par développer pendant leur captivité une certaine empathie, voire sympathie, à l’égard de leur geôlier. Mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec tout ce qu'ils racontent dans les livres. Quand on est au prise avec un bourreau, qu'on est puni à chaque faux pas, qu'on subit les foudres, qu'on ne sait jamais quand cela va nous tomber dessus, on s'adapte. On joue un rôle qui n'est plus le notre. On suit le mouvement, on se conforme à ce que veux le geôlier, pour ne pas être puni. Et quand ce dernier devient la seule personne que vous croisez, heures après heures, et puis mois après mois, pour ensuite que cela devienne années après années, apprécier la personne, sympathiser avec elle, n'est plus un syndrome, c'est une question de survie, une question d’identification. Le Duc a été pour moi, le seul contact "humain" que j'ai eu pendant quatre ans et demi. Mon seul repère. Même si je le détestais au plus profond de moi même, j'étais obligée d'avoir de l'empathie pour lui, pour ce fou qui avait perdu sa fille, et qui m'appelait Émilie. Si je n'avais pas eu ce brin d'émotion pour lui, sa présence constante, sa compagnie, comment serais-je aujourd'hui ? Une coquille vide, sans passion, sans vie.

Il a été la personne la plus importante pour mois durant quatre ans et demi, c'est long comme relation. Il garantissait ma santé. Me nourrissait, me soignait, m'habillait, me réchauffait. J'étais une enfant, complètement dépendante d'un parent fou, mais c'était mon parent. Il est difficile de se sortir de là, de son emprise, même 9 mois après sa mort, après ma libération.

Aussi, quand j'ai reçu la lettre de Victoire, je me suis dis que c'était une bonne idée de la revoir. Que je devais faire perdurer les contacts humains, les amitié. Je ne dois pas perdre le fil, je suis une personne, une femme, je suis vivante, libre, je peux faire des choix. Et j'ai choisi de rebondir, j'ai choisi d'aller de l'avant, malgré mes fantômes, mes douleurs, mes Epouvantard. Je ne suis pourtant pas tranquille quand j'arrive dans ce salon de thé, j'étais devant, hésitante depuis quelques minutes déjà, j'ai soufflé un bon coup, et j'ai poussé la porte. A présent je dévisage toute les personnes qui sont dans la salle. Elle m'a dit qu'elle n'aurait pas la même apparence pour plus de prudence. Du coup, j'espère qu'elle me reconnaitra la première. Je vois alors un petit signe de la main, est-ce que c'est elle ? Oui, elle prononce mon prénom. Je m'avance alors.

"Waouh ! Je ne t'avais pas reconnu."

Je m'assoie alors à côté d'elle sur la banquette.

« Pas mal mon look ?! Je ne suis pas certaine que l’on puisse réussir à m’identifier comme ça. »
"Oui je comprends totalement !"

Je regarde un peu autour de nous, mais personne nous regarde.

« Tu veux commander quelque chose ? »
"Un chocolat chaud me fera du bien, il gèle dans le Magicobus."

Le serveur prend alors ma commande, et plus rapide que la musique, il me sert un tasse fumante. Waouh, j'espère devenir aussi doué que lui à l’avenir. je le remercie avant de me concentrer sur mon amie, mes mains autour de la céramique chaude.

« Bon, quelles sont les nouvelles depuis un mois ? Tu as vu ce procès contre les Purificateurs ? »

Je hoche vivement la tête.

"Oui je suis ça avec attention, tu parles que je lis tous les journaux qui passent. En ayant été coupée du monde comme cela, je veux en savoir le maximum. J'espère que ça sera positif, et qu'un jour, tu pourras être toi..."

Et pas cette copie de Polynectar. Parler avec Victoire me permet de me dire que je n'ai pas été la seule à avoir vécu des choses terribles.

"Du coup, je rends mon patron un peu dingue au Chaudron, je suis celle qui pose le plus de questions, mais j'ai tout un nouveau monde à découvrir. Il y avait des choses que j'avais loupé. Ce n'est pas évident de rattraper mon retard, même en magie. Mais ce boulot est une aubaine, je suis autonome maintenant, je peux m'offrir des petits plaisirs."

« Dis, j’ai amené quelqu’un avec toi et j’aimerais te le présenter, si tu veux bien. »
"Oh ? Qui ça ?"

Mon ton est inquiet. Malgré moi je regarde de nouveau la salle, comme si un clown allait sortir de sa boite. Mes doigts se crispent sur ma tasse. Je m'étais préparée à revoir Victoire, mais pas qu'elle invite du monde. Encore un fantôme du passée ?

« C’est Seamus McGregor. Tu le connais déjà de Poudlard, mais … il a pas mal changé on va dire depuis. »

Je me radoucie un peu quand elle m'annonce que c'est Seamus, son fiancé. Je me souviens qu'elle m'avait dit qu'il était aussi le père de son enfant. En fait, elle veut me le présenter, c'est que je suis importante pour elle. Je souris alors.

"Bien sûr. Il est là ?"

Et à ce moment là, je vois un homme s'avancer vers nous, visiblement c'est lui, mais je ne le reconnais pas du tout. Ah oui, il est sous Polynectar lui aussi je suppose, sinon, il a très mal vieilli. Et tout d'un coup, c'est là que ça me frappe. Il a pas mal changé. Elle ne parle pas du Polynectar, car c'est une évidence. De quoi parle-t-elle ? Je deviens alors un peu plus soupçonneuse.

"Bonjour Seamus, félicitation pour vos fiançailles, et votre bébé !"

Je me sens mal pour plusieurs raisons. 1) lui a-t-elle déjà tout raconté à mon sujet ? 2) pourquoi ai-je l'impression que cette rencontre n'est pas juste une rencontre pour me faire connaître son homme ?

"Victoire..."

Mon regard est sans appel. Je ne peux m'empêcher de regarder Seamus, son enveloppe me dérange, mais pas parce qu'il est moche, non, parce qu'il y a autre chose, de très typique, même sous cette apparence.

"Tu as changé comment ?"

Je crois que j'ai peur de la réponse. Est-ce que Victoire... qu'est-ce qui est arrivé à Seamus ?

Codage par Libella sur Graphiorum

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Crois-tu que nos peines un jour se taisent ? Que nos plaies se referment ? Tu me répondras sait-on jamais, le passé peut renaître.

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Rien ne se perd mais tout se transforme.
Victoire Weasley, Camilla Rock & Seamus McGregor

16 décembre 2021


Bien entendu, j’écoute la conversation de Camilla et Victoire. Je ne peux pas m’en empêcher. Le vampirisme m’a apporté énormément de nouvelles contraintes, alors pourquoi me priver d’un des seuls avantages de ma condition, n’est-ce pas ?

Enfin, après avoir échangé quelques banalités et senti que Camilla était plutôt à l’aise, Victoire évoque ma présence et lui demande si je peux me joindre à elles. Instantanément, j’entends son pouls s’emballer et la vois lancer des regards inquiets à travers la pièce. Je me mets à douter du bien fondé de cette rencontre finalement. Elle n’a pas l’air tout à fait rassurée, peut-être que c’est une mauvaise idée… Mais déjà, Vic’ me fait un signe de la main et je me décide à les rejoindre. On verra bien.

Elle m’accueille avec un enthousiasme à peine forcé. Ses battements de coeur sont irréguliers, elle essaie de se contrôler, elle se sent partagée entre l’angoisse et la raison. Elle ne devrait pas avoir peur, Victoire ne lui tendrait jamais de piège. Et pourtant, elle me dévisage comme si elle sentait déjà en quoi j’étais si différent.

« Tu as changé comment ? »

La question fuse alors que je suis à peine assis à leur table. Je risque un regard vers Victoire qui a l’air gênée par la situation. Ne sachant quels mots employés pour calmer et rassurer son amie. Son coeur aussi s’emballe. J’ai l’impression d’être à un concert cacophonique tant les battements sont irréguliers. Toute cette tension me perturbe et m’empêche de me concentrer sur le fait de ne pas respirer et de ne pas fixer les jugulaires de mes voisines de table. Je dois mettre un terme à ce vacarme.

« A vrai dire... c'est plutôt le contraire, je ne change plus du tout… »

Les yeux de Camilla s’agrandissent et glissent rapidement vers Victoire. Elle a peur de comprendre. Je grimace, mal à l’aise et déclare sans cérémonie : « J'ai été mordu par un vampire. »

La réaction est immédiate. Elle sursaute et son coeur rate un battement. Elle devient subitement très pâle et s’enfonce dans sa chaise pour mettre un maximum de distance entre elle et moi. Ses pupilles sont dilatées et son pouls est plus rapide que jamais.

« Donc t'es un vampire !! »

Je ne peux m’empêcher de jeter un regard circulaire autour de nous pour vérifier que personne ne prête attention à notre discussion. Ce serait vraiment le pompon si quelqu’un nous dénonçait et qu’on se faisait arrêter ici. Dans cet accoutrement, en plus ! Elle se retourne violemment vers Victoire.

« Mais pourquoi t'as rien dit. C'est un piège ? »


Vic se tasse sur sa chaise, presque honteuse de la situation.

« Pas du tout, je t'assure. Je voulais te montrer au contraire que les vampires n'étaient pas tous mauvais. »

Elle tente un sourire rassurant et me fais signe de la rejoindre de l’autre côté de la table. Pour mettre encore plus de distance avec la jeune femme. Je m’exécute sans protester. Même si cela me parait ridicule, je n’ai pas envie de déclencher une autre scène. Elle me prend la main sous la table et la serre, fort. Je passe doucement mon pouce sur le dos de sa main brulante. Instantanément, son rythme cardiaque ralentit. J’aime voir l’effet apaisant que je peux avoir sur elle.

« Je ne t'aurai jamais tendu de piège. Ni moi, ni Seamus. »

Camilla de son côté ne semble pas digérer l’information. On dirait une proie acculée qui sent la mort arriver. Cela me met si mal à l’aise que je détourne le regard.

« Je n'ai connu qu'un seul vampire Victoire... Qu'un seul… »

Le mec qui lui a fait subir ce qu’elle a vécu est la pire des ordures. Je n’en reviens pas de l’état traumatique dans laquelle il l’a mise. Bien sûr, c’est aussi la faute de l’imaginaire collectif qui a construit une image diabolisée des vampires… La réaction de peur est normale, ou en tout cas, compréhensible. Mais ici, on atteint un autre niveau.

Victoire tend la main vers la jeune femme et la pose sur la sienne.

« Je sais, Cami ... je sais. Pardonne-moi, je ne voulais pas te brusquer. Je sais que tu as parcouru un long chemin pour en arriver là aujourd'hui. Je veux simplement t’aider. »

Comme le silence se prolonge, je me racle la gorge et me décide à intervenir.

« Justement. Tu n'en as connu un seul et ça biaise forcement le jugement que tu portes sur... sur nous. Comme le dit Vic, on n'est pas tous des monstres. Au contraire… »

Camilla a du mal à lever les yeux vers moi, comme si je pouvais lui faire du mal d'un simple regard.

« Écoute, je serais mort aujourd'hui si Tobias ne m'avait pas mordu. Alors, non, à priori je n'aurais pas choisi cette vie, mais c'est la mienne maintenant et je m'efforce chaque jour qu'elle reste la plus normale possible… »

Elle tremble, mais finit par serrer la main de Victoire.

« Je ne sais pas, je sais pas si je suis prête. J'ai plein de question, mais… »

Je lui fais un signe de tête pour l’encourager à les poser. Je n’ai rien à cacher. Elle semble hésiter, parfaitement immobile, puis laisse le flot de questions se déverser sans pouvoir l’arrêter.

« Est-ce que tu mords Victoire ? Et votre fils ? Depuis quand tu es un vampire ? Qu'est-ce que ça fait ? Tu bois du sang humain ? »

Elle s’interrompt brusquement, planquant une main sur sa bouche, réalisant certainement que tout était sorti en bloc, et que cela pouvait peut-être être vexant. Mais je ne me formalise pas. Ce sont les questions habituelles.

« Quoi ? Non, non, je ne me nourris pas sur eux, voyons ! »

J’ai un petit sourire en coin en m’avouant que ce n’est pas l’envie qui manque parfois quand nos nuits sont… agitées avec Victoire.

« Ça fait presque deux ans et j'ai été aidé par... un ami. »

Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour Sam. Je ressens toujours une douleur dans la poitrine quand mes souvenirs me ramènent à mon meilleur ami. Et je doute qu’elle disparaisse un jour. Jamais la culpabilité ne me quittera.

« Pour apprendre à contrôler la soif. Je pars chasser dans les forêts du Nord avec d'autres vampires régulièrement. Et sinon, on fait des réserves, grâce à des poches de transfusion. »

Victoire se penche en avant, son visage s’est détendu. Elle se contrôle un maximum pour donner l’image de quelqu’un qui maîtrise parfaitement la situation. Ce qui est vrai, la plupart du temps.

« On a aussi beaucoup travaillé tous les deux afin d'être sûr qu'il ne blesserait personne, et surtout pas David. Mais nous n'avons connu aucun incident. Il a eu... Un très bon prof. »

J’hoche tristement la tête à ses propos. Je ne remercierai jamais assez Samuel pour ce qu’il a fait pour moi. Grâce à lui, je n’ai jamais eu à gouter au sang humain. Et c’est ça qui aujourd’hui me sauve et me permet de rester « végétarien ». D’après mes amis vampires, le sang humain, prélevé directement sur le corps de sa victime, est comme une drogue à laquelle on devient accro à la première dose. Rien ne le vaut et c’est ce qui est dangereux. On ne l’oublie jamais vraiment une fois qu’on y a gouté. Tant que je ne mords personne, je me sens comme immunisé à cette tentation.

Je tapote la table des doigts.

« Tu… as d’autres questions ? »

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Seamus McGregor
 

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