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RPG Harry Potter

Le mois de novembre pointe le bout de son nez, attention au grand froid !

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Mardi 18 Octobre 2022

Quarante-quatre jours que je suis de retour à Poudlard, enfin, loin de mes parents. Il était temps. Quarante-quatre jours que je suis entrée en sixième année. Quarante-quatre jours que je suis préfète. Et bien, que dire à part que le temps passe vite ? Pas grand-chose. Je suis toujours moi. Avec un badge de préfète en plus, avec un an de plus, avec des cauchemars la nuit en plus. Mais c’est moi. Moi qui continue toutes les matières, même l’Histoire de la Magie – quelle drôle d’idée j’ai eu là. Moi qui lis toujours autant de livres, qui passe toujours autant de temps à rêvasser, qui dessine un peu plus certainement. Alors, pourquoi je me sens différente ? Le problème c’est que je n’en sais rien. J’y ai réfléchit, un petit peu, juste un peu. Sauf que c’est difficile de comprendre les autres, donc me comprendre moi-même… C’est une autre histoire, et c’est tout aussi difficile voir plus difficile encore. Est-ce que c’est possible ? J’imagine que oui. Sinon je n’aurais pas cette impression d’incompréhension, ou est-ce une sensation, un sentiment ? Je ne comprends pas la différence. Il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas, comme ces gens si méchants qui sont venus lors de la Coupe de Quidditch.

Enfin. Il y a encore des choses que je comprends. Parce que j’ai appris en classe, mais aussi en étudiant un peu en-dehors des cours. Et parce que j’apprends, toujours, tout le temps. C’est pour cela que je suis une élève, c’est pour cela que je suis à Poudlard. Je dois apprendre pour comprendre, alors c’est ce que je fais. Entre les cours et la bibliothèque, je cherche de plus en plus à connaître la magie. J’ai été trop lente mes cinq premières années, oui j’ai lu, mais pas assez : je m’étonne encore trop. Ce monde est encore trop nouveau, et même si découvrir est agréable, il y a des choses qu’il me faut absolument connaître… C’est comme ça, il y a des choses qui font partie du monde qui nous entoure. Et même si on vient d’un autre monde, il faut savoir faire comme tous les Sorciers. Et pour ça, il faut lire des livres, encore plus, tout en restant sérieux en cours. Tout y passe, surtout les Sortilèges et la Défense Contre les Forces du Mal – de la magie bien utile après ce que j’ai vu cet été. Mais aussi les autres matières, je sais que toutes sont importantes si je veux comprendre entièrement le monde magique. Que se passerait-il si je laissais une partie de côté ?

Je secoue pensivement la tête en sortant de la salle de Potions. Parfois, je réfléchis trop, dès que je n’ai pas besoin de me concentrer sur un exercice ou sur les paroles d’un professeur, mes pensées se mettent à tournicoter dans tous les sens. Ça non plus, ça n’a pas changé. Étrange n’est-ce pas ? Aussi étrange que la question qui me vient à l’esprit. Que vais-je faire maintenant ? La réponse est souvent la même, car j’ai du temps libre avant le repas du soir, je pourrais aller étudier encore un peu : il y aurait bien la potion du jour à réviser, à moins qu’entre les rayons mon regard ne tombe sur un livre de magie encore plus intéressant ? Voilà qui n’est pas impossible, et qui est également très attrayant. Pourtant, l’atmosphère assez lugubre des cachots me donne envie de fuir directement dans le parc plutôt que d’essayer de m’embêter avec les escaliers. C’est l’automne, un temps assez humide mais lorsqu’on a de la chance, on peut avoir quelques rayons de soleil bienvenue. C’est agréable de s’installer dehors quand le temps est bon, la lumière dans les gouttes d’eau suspendues aux branches d’arbres se divise, et c’est très intéressant à dessiner. Et j’aime dessiner, surtout maintenant que je peux le faire librement sans craindre les remarques des parents. Les élèves ? Leur avis m’importe peu au final.

Mais c’est une tête pas inconnue qui me fait arrêter. Ni bibliothèque ni parc, mes pas s’arrêtent tandis que j’observe la silhouette dans les cachots. Elle ne sort pas de la salle de Potions comme les autres élèves autour de moi, peut-être de la Salle Commune ? Je sais que celle des Serpentards n’est pas loi. Pourtant, maintenant que j’y pense, il aurait dû être en cours avec nous. Je fronce un instant les sourcils tandis que le prénom de l’élève sort des méandres de mon esprit. Allez savoir pourquoi, j’ai retenu son identité. Peut-être parce que nous avons déjà travaillé ensemble ? Ou peut-être parce que ce n’est pas la première fois qu’il rate un cours. A-t-il oublié ? Impossible, on n’oublie pas un cours. Et au pire, on regarde son emploi du temps, la solution de l’associable, ou on demande à un camarade, la solution du sociable. Je refuse tout de même de croire qu’il l’a fait exprès. Qui voudrait ne pas aller en classe ? En réalité, la réponse s’impose dans un petit espace de mon esprit mais je refuse d’y croire. Tout le monde devrait vouloir apprendre. Alors je m’avance, je m’approche. «Seth ?» J’adresse un petit sourire au garçon. Je n’ai jamais été très à l’aise dans une conversation, ça non plus ça n’a pas changé. «Bonjour.» J'hésite, je reste polie, mais je ne sais pas comment aborder quelqu'un. «Pourquoi n’étais-tu pas en cours ? Est-ce que ça va ?» Je sais que c’est certainement très, voir trop, direct. Mais je ne suis pas là pour discuter de n’importe quoi, je ne pense pas que ce soit dans mes habitudes. Je voudrais juste comprendre.

Dernière édition par Alkanor Naoui le Sam 28 Nov - 11:29, édité 1 fois

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Il faut parfois parler pour aller mieux n'est-ce pas ?La vie est une pute…

Ouais je sais, plutôt vulgaire la citation mais j’en venais facilement à ce genre de conclusions ces derniers jours. J’allais pas vous faire le résumé hein, mais en gros j’étais épuisé. Épuisé de faire des efforts pour que la vie me claque dans la gueule à chaque pas que ce n’était pas assez ou encore que ça ne servait à rien, chaque pas en avant était récompensé par un retour violent en arrière, chaque effort en classe était couronné par une remarque bourré d’ironie, chaque acte de présence me valait que l’on souligne mes absences passées, chaque fois que j’essayais d’aller mieux on me rappelait que j’allais mal.

Y a des moments ou j’avais la gnaque de passer outre. Je mettais un coup de collier supplémentaire et je continuais à faire des efforts en me disant que ça finirait par payer et que ma récompense serait les regards de tout ceux qui doutaient ou me rabaissaient quand je serait enfin parvenu à remonter la pente puis il y avait d’autres fois ou j’avais juste pas envie de faire des efforts, de me faire cracher à la gueule encore et de me fatiguer pour que l’on me fasse comprendre que quoi que je fasse on ne se souviendra jamais de rien d’autre que toutes les fois ou j’ai merdé et que une seule de ces mauvaises actions pèse plus lourd que tout ce que je pourrais accomplir de bien dans ma vie.

Alors que j’avais essayé de faire l’effort d’aller en classe ces derniers temps j’avais décidé de sécher pour aujourd’hui. J’avais franchement pas la tête à ça, je savais que je ne serais pas en mesure d’encaisser et que si je m’isolais au moins j’avais une chance d’échapper à Cameron pour aujourd’hui. De tous il était le pire, me faisant me rappeler à chaque instant combien j’étais laid à l’intérieur. Je lui devait au moins d’avoir joué un rôle essentiel quant au fait que j’eus retrouvée la mémoire. Son comportement m’avait rappelée ma mère et à partir de ce constat les souvenirs s’étaient enchaînés très vite. Je ne savais pas encore quoi en penser, de mes souvenirs je veux dire. Je pensais que je me sentirais plus complet en les retrouvant mais comme chaque fois j’étais un peu plus paumé sur le sujet. C’était comme avoir des pièces de puzzle mais aucun endroit où les emboîter, ça n’avait aucun sens. Je n’en avais encore parlé à personne parce que je ne me sentais pas d’y faire face, surtout auprès de Ethan, je sais pas trop ce qu’il dirait, s’il serait content alors que moi je n’arrivais pas à l’être ou s’il serait inquiet parce que Ethan me comprenait trop bien et qu’il sentirait que quelque chose clochait. En plus j’avais tendance à l’éviter en ce moment, justement pour ne pas qu’il se rende compte que quelque chose n’allait pas. Du coup rien que pour ça il devait l’avoir senti mais j’avais fait en sorte de sous entendre plus d’une fois que je prenais des cours de rattrapage, comme j’avais fait pas mal d’efforts ça restait assez cohérent pour au moins éviter les soupçons quelques temps.

J’étais resté tout l’après midi dans le dortoir à simuler mon plus beau mal de crane, pas qu’il se soit trouvé grand monde pour s’en inquiéter. J’étais pas le genre de personne à pouvoir passer des journées entières dans son lit mais je n’avais pas le courage de faire preuve du minimum vital de sociabilité requit pour aujourd’hui. Au final m’isoler me faisait plus de mal que de bien. J’avais passée une partie de la journée à me retourner le cerveau sur comment demain allait être, si le peu de bien que m’apportait le fait de me reposer aujourd’hui n’allait pas être contrebalancé par l’enfer que j’allais vivre demain et au final j’étais plus nerveux que reposé alors que la journée n’était même pas terminée.

Au bout d’un moment je me décidais à sortir. J’avais décrété que j’avais besoin d’une cigarette et quand bien même je ne me gêne jamais pour fumer à des endroits où c’était interdit du genre les couloirs, je n’aimait pas fumer dans les dortoirs. Déjà c’était grillé dans un espace restreint et je n’aimait pas laisser l’odeur de tabac sur mes draps. Je me décidait donc à quitter l’endroit après avoir attrapée ma veste et à me glisser à l’extérieur de la salle commune des serpentards en quête d’un endroit isolé ou nul n’allait me voir. Je songeait me rendre dans l’un des étages, les recoins où personnes n’allaient étaient légions. Je réfléchissais à quel point j’aurais l’air d’un détraqué si je prononçais cette phrase à haute voix quand j’entendais mon prénom, réflexe évident je me retournais pour faire face à l’une de mes camarades avec qui j’avais quelques cours en commun. A bien y réfléchir il me semble même que nous aurions dû avoir cours de potion à ce moment, en clair j’avais pas franchement bien choisi mon moment pour me glisser hors de mon antre.

Je saluait brièvement la demoiselle d’un signe de tête muet en gardant mon regard rivé sur elle. De ce que je me souvenais, Alkanor n’avait pas beaucoup marqués mes souvenirs, même une fois ma mémoire revenue ce que je me souvenais d’elle était assez flou, nous étions des camarades de classe, on avait échangés quelques mots et je crois même fait un devoir en commun mais rien qui fasse qu’elle m’ait marquée plus que les autres. Nous n’étions pas amis, pas proches, rien de tout ça. Il me semblait d’ailleurs qu’elle était plutôt du genre effacée, aussi je ne m’expliquais pas pourquoi elle se souciait tant de venir prendre de mes nouvelles.

Alors qu’elle parlait je portais ma cigarette à mes lèvres, plus par réflexe que par provocation mais je crois que même si je m’en était rendu compte je n’aurais pas interrompu mon geste. La voilà s’étonnant de ne pas m’avoir vu en cours et je ne pouvais nié, j’étais habillé de mes vêtements quotidiens et pas en uniforme, ça se voyait à des kilomètres que j’avais séché. Elle semblait… S’en inquiéter ou un truc du genre mais franchement ça ne me touchait pas le moins du monde, quand je me faisait démonter dans les couloirs ou que l’on me prenait de haut parce que j’avais trompé Ethan il ne se trouvait personne pour venir s’inquiéter de ce que je ressentais alors ils pouvaient bien tous aller se faire foutre.

-Nan je me suis offert un jour de repos, les cours ne m’intéressent pas.

Je disais sans l’ombre d’un regret. En vrai je n’étais pas aussi agressif que ce que j’aurais pu être, simplement parce que je savais que Alkanor n’était pas l’une de ces imbéciles qui se complaisent à enfoncer les autres.

-Tu as d’autres questions ? Tu veux aller me dénoncer peut être ? Sinon j’aimerais aller fumer…

J’attendais qu’elle se pousse pour passer.
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Vous savez, il y a des fois où il vaut mieux laisser les gens tranquilles, dans leur coin, dans leur monde. C’est ce que je me dis lorsque quelqu’un vient me déranger dans mes pensées qui tournent, au rythme d’un de ces manèges que l’on voit parfois dans les fêtes moldues. Je déteste ça, que l’on me dise de tout arrêter alors que je suis concentrée, comme les enfant détestent qu’on leur dise que le tour de manège est terminé. Bah là, franchement, je crois que c’est pareil. Ce garçon, ce Serpentard qui aurait dû être en potion et non je ne sais où à faire je ne sais quoi, semble absolument inintéressé par ce que je dis. Aucun bonjour, si ce n’est que ce signe de tête qui, j’imagine, se veut poli. Et pendant que je parle, il met à sa bouche un objet que je reconnais comme moldu – une cigarette, je crois ? J’ai du mal à me dire que c’est forcément ça. Que ferait un élève de Poudlard, non un élève tout court !, avec une cigarette ?

Encore un truc que je ne comprends pas. Qui peut avoir si peu d’intérêt pour sa santé ? Lui, apparemment. Ou alors il y apporte autant d’intérêt qu’à ses études, c’est à dire très peu puisqu’il m’annonce sans gêne qu’il s’est offert un jour de repos car cela ne l’intéresse pas. La phrase est très simple, très clair, pourtant elle me laisse perplexe. Comment ? Comment est-ce possible ? Il n’a même pas l’air de s’être amusé pendant ce cours auquel il n’a pas assisté. Non, vraiment pas. Habillé en tenue de week-end, aucune affaire pour travailler avec lui, juste cette cigarette qu’il semble vouloir utiliser. Je recule d’un pas devant ses paroles, étonnée. Non pas que j’étais trop proche, vous me connaissez maintenant, mais je ne m’attendais pas à ce qu’il soit aussi… Tiens, c’est une bonne question ça. Peut-on dire qu’il est agressif ? Pas vraiment – et je n’espère pas qu’il le deviendra, je ne suis pas venue lui parler pour ça. Il a simplement l’air d’en avoir absolument rien à faire de ce fameux cours qu’il vient de rater.

C’est bizarre. Vraiment très bizarre d’ailleurs. Je sais qu’il y a des élèves qui ne sont pas du tout intéressés par leurs études, mais j’avais souvenir que Seth voulait faire un effort. En tout cas, c’est ce qu’il m’a dit en cinquième année alors qu’il m’avait demandé de l’aide pour le devoir sur le Patronus. Est-ce qu’il a changé d’avis, finalement ? Est-ce qu’il a abandonné l’idée de rattraper son retard ? C’est dommage, il aurait pu y arriver. Mais pourquoi aurai-t-il changé d’avis ? Je n’en sais rien, je ne suis pas dans sa tête. Alors je hausse les épaules en disant «Libre à toi d’aller t’abîmer les poumons si tu le souhaites.» Je fronce les sourcils en soupirant – je crois que c’est un peu vexant de l’entendre me parler de cette manière alors que je ne veux pas être méchante. «Mais non, je ne te dénoncerais pas. Pour quoi faire de toute façon ? Les professeurs ont bien remarqué ton absence tout seul. Par contre, fais attention à ne déranger personne avec la fumée, c’est ton choix mais pas le leur.»

Un mauvais choix, certes. Mais comme je l’ai dit, s’il ne dérange personne, ça ne me dérangera pas non plus. Le problème, ce n’est pas ça. C’est surtout que s’il est à l’école c’est pour aller en cours, non ? «Pourquoi tu fais ça ? Je veux dire… Ne pas aller en cours, décider qu’aujourd’hui c’est un jour de repos ? C’est pas comme ça que tu vas réussir à comprendre, chaque cours est important. Qu’est-ce que tu vas faire plus tard si tu ne t’intéresses pas à ce qu’on étudie en cours ? Tu as le droit de ne pas aimer certaines matières, moi aussi j’ai des trucs que j’aime moins que d’autres, mais… C’est quand même important. Sans ça, tu ne pourras pas avoir de métier quand tu seras sortit de Poudlard. Les études n’existent pas pour rien.» Je regarde le Serpentard avec sérieux : l’école, c’est important. Surtout qu’on a la chance de pouvoir être dans une école de Magie, on n’est pas n’importe où ! On est à Poudlard ! Alors, pourquoi n’est-il pas heureux de pouvoir apprendre tout ce qu’on lui propose ? Il ne peut pas ne rien aimer. Il est forcément intéressé par quelque chose. Enfin, je crois ?

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Il faut parfois parler pour aller mieux n'est-ce pas ?J’ai horreur des donneurs de leçon. C’est vraiment l’effet qu’elle me fait la miss là avec ses histoires de m’abîmer les poumons. Clairement je suis au courant que la cigarette n’a rien de bon pour la santé. La télé en parle, les adultes en parlent, tous le monde en parle si bien que quand bien même j’aurais voulu l’ignorer ou aurait été complètement débile au point de ne pas pouvoir retenir une simple information je n’aurais pas pu l’ignorer. Je ne sais pas vraiment ce que cette fille me veux et dans l’immédiat la seule idée qui me vient en tête c’est qu’elle veux me les casser gratos avec ses leçons de vie et clairement je ne suis pas d’humeur à ça. J’ai déjà bien assez à encaisser avec le con qui s’est donné pour mission de faire de ma vie un enfer pour servir de faire valoir à mes autres camarades.

-Les autres n’ont qu’à garder leurs distances, que je sache c’est toi qui est venue me parler.

Je sais que mon comportement ne me ressemble pas. J’ai clairement mon caractère mais jamais je ne m’en prends à autrui même quand on me fait des leçons de morale mais je suis tellement à bout que je ne réussi juste pas à m’en moquer. Je n’ai collé personne avec ma cigarette et s’il y a un comportement qui m’agace tout particulièrement c’est bien que l’on vienne m’asticoter en se plaignant ensuite que je suis au même endroit. Le comble.

J’espérais après ça avoir la paix mais je comprends vite que la leçon de vie en dix chapitres de Alkanor ne fait que commencer. Pourquoi je fais ça ? Il n’y a pas de réponses… Ou il y en a des milliers. Je n’ai aucune envie de me justifier, aucune envie d’expliquer que les épreuves par lesquelles je suis passées sont trop lourdes pour que j’ai la tête assez vide pour apprendre quoi que ce soit. Aucune envie d’expliquer que plus grand-chose ne compte pour moi. Mes études ? Mon avenir ? Je ne vois pas assez loin pour m’y projeter. Je crois que c’est ça qu’on appelle la dépression. Cette absence d’envie de vivre, ce manque de perspective… C’est bizarre, j’aurais jamais cru qu’un jour moi je ferais une dépression… J’ai pourtant une force certaine de caractère. Qu’est ce qui m’est arrivé ?

-Et toi pourquoi tu te sens obligée de me faire la morale ? Mon comportement va entacher tes si précieuses études ? Tu ne pourras pas dormir cette nuit si je n’ai pas assisté à tous les cours ?

Je sais que je suis acide et je sais que au fond la jeune fille ne le mérite pas. Certes elle se mêle de ce qui ne la regarde pas mais elle ne le fait pas par méchanceté. Même dans mon état j’arrive à le comprendre. Le comprendre mais pas ne pas m’en agacer. J’ai juste envie de leur dire de me laisser. Je suis pas le genre de gars qui peut continuer à sourire et à avancer quand tout va mal. Je suis pas Ethan moi, j’suis pas un mec bien.

-Je suis à Poudlard parce que j’ai nulle part d’autre où aller et que c’est mieux d’être ici que crever la dalle dans la rue. T’as quelque chose à redire ? Tu veux peut être essayer de me convaincre que j’ai tout à gagner à apprendre vos conneries de cours plutôt que boire, fumer et me taper le frère de mon petit ami ?

En vrai même moi en prononçant ces mots j’ai conscience que j’aurais tout intérêt justement à étudier pour ne pas y revenir plus tard à la question de si je vais dormir ou non dans la rue et j’ai essayé vraiment de m’en sortir. Le fossé de mes lacunes n’est plus si creusé depuis que la mémoire m’est revenu, je pourrais sans doute encore rattrapé mais… Je n’y arrive pas. Pas quand mes efforts sont ruinés chaque fois que l’autre qui me harcèle pète un boulard et vient gratuitement me mettre un taquet pour me projeter à terre.

-Soit gentille, retourne à tes très chers cours et va pomper l’air à quelqu’un qui est réceptif à tes discours.
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Je ne comprends pas. Le pire, je crois, c’est que je déteste ne pas comprendre alors je cherche toujours à éviter ce genre de situations. Celles où je n’arrive pas à me mettre suffisamment à la place des Autres pour être capable d’appréhender leurs pensées et leurs actions. Et pour éviter ces situations, la seule solution est de chercher à comprendre. Les livres malheureusement ne suffisent pas toujours, surtout pour la compréhension des Autres qui sont des êtres bien trop différents et complexes pour pouvoir être décrit du début à la fin en lettres noires sur ces pages blanches qui permettent habituellement d’apprendre. Les généralités n’existent pas quand il s’agit de l’Esprit…

Pourtant, même en posant des questions je n’arrive pas à me retenir d’argumenter. Expliquer pourquoi je trouve certaines choses absurdes, tandis que le but réel est de comprendre pourquoi l’Autre pense ainsi, agit ainsi. Après tout, il a sûrement ses raisons, des raisons qui font que peut-être, il a le droit. J’aimerais bien être capable de l’accepter, sauf qu’une grosse part de moi s’y refuse. Il faut aller en cours, apprendre pour mieux grandir et être utile dans le monde, c’est ainsi que je vois, pense – vis, tout simplement. Mais si ma manière de penser est différente de la sienne, alors on sera forcément en contradiction, non ?

Si. C’est de plus en plus clair. D’abord cette histoire de cigarette, de la mort lente et douloureuse qu’il transporte avec lui en ce moment-même. Il a bien l’air décidé à ne pas arrêter, à faire ce qu’il veut, malgré la présence des autres élèves qui s’en vont en cours ou cherchent à rejoindre leurs Salles Communes. Et tout ce que Seth trouve à dire, c’est que les autres n’ont qu’à garder leurs distances. Plus facile à dire qu’à faire, un coup d’oeil circulaire autour de nous et le nombre d’élèves de l’école en tête suffisent à me faire soupirer un peu plus : c’est pas toujours facile de se tenir éloigné des autres.

Croyez-moi d’ailleurs, je l’expérimente sans cesse. Je ne veux que ça, être loin de l’activité humaine qui rayonne dans les couloirs ! Je déteste les bousculades, rien qu’un frôlement suffit à me faire frissonner, reculer. Et pourtant, ce sont des choses qui arrivent sans cesse, ça va trop vite pour pouvoir y échapper. Néanmoins, le Serpentard a raison : c’est moi qui suis venue. Et alors ? Je ne parlais pas de moi mais des Autres. Je sais ce que je fais, enfin plus ou moins. Il faut veiller à ce que tout se passe bien pour tout le monde… C’est tout. Et si je suis ici, n’est-ce pas pour cela ? Mmmh pas tellement non, mais tant pis.

Je hausse simplement les épaules, car il n’y a rien à redire. Contredire, confirmer, qu’importe ? Il a l’air bizarre aujourd’hui. Tellement différent de cet élève prêt à travailler à la bibliothèque l’année dernière ! Les choses changent vite, trop vite. Et moi dans tout ça, je n’ai pas l’impression de changer. Tiens, c’est peut-être ça le réel problème ? Je ne change pas tandis que les autres deviennent quelqu’un d’autre… Et c’est bien complexe à comprendre d’ailleurs. Comment peut-on passer de l’espoir de s’améliorer à un état de "je m’en fiche de tout" en l’espace de quelques mois ? Étrange. C’est presque plus fort que moi cette tentative d’argumentation pour le convaincre de s’y remettre.

Quand même, parler de l’avenir doit être convaincant, non ? Si j’en suis bien persuadée, il suffit d’un regard pour comprendre que c’est faux. Et il suffit d’une oreille pour comprendre que vraiment, je devrais arrêter d’espérer autant. Car tout ce que voit Seth dans mes paroles, c’est une morale – en est-ce une ? Ce n’était pas l’impression que je voulais donner. Plutôt des conseils, de l’aide… Oui voilà, de l’aide. Mais c’était inutile je crois : il a l’air presque en colère. Je l’embête, c’est ça ? Il s’en fiche, veut juste continuer de faire l’idiot pour se retrouver à la rue sans avenir lorsqu’il aura terminé Poudlard. Dans deux ans, trois si l’école décide de le faire redoubler pour lui donner une nouvelle chance.

Sauf que ce sera trop tard. On ne rattrape pas des années de retard en quelques mois. Comment va-t-il faire ? Oh, la question ne se pose peut-être pas. Il suffit de l’écouter pour comprendre qu’il n’en a vraiment rien à faire. Comment en est-il arrivé là ? Pourquoi est-il si… Différent ? Est-ce moi qui ai dit une bêtise ? Je ne vois pas ce que vient faire ici l’histoire de mal dormir. Enfin si, je crois que je vois finalement. Mais bon, ce que fait cet élève n’est pas prêt d’avoir un impact sur mon sommeil qui se remet encore lentement des derniers événements. Croit-il vraiment que c’est pour cela que je suis venue ? Il a, je trouve, un avis très négatif sur moi.

Je recule de deux pas en l’écoutant, aussi étonnée qu’embêtée. Je ne voulais pas le déranger, le mettre en colère. Les gens voient-ils toujours ainsi l’aide qu’on tente de leur apporter ? Pourquoi ? Je ne comprends pas ! Je n’ai pas demandé à connaître toute sa vie moi. Et pourtant, clairement, c’est un peu ce qu’il fait. Un résumé court mais pourtant suffisant pour me faire grimacer – entre son vocabulaire et ce qu’il raconte… C’est pas que ça ne m’intéresse pas mais en vrai, ça ne m’intéresse pas : je ne veux pas savoir ce qu’il fait de ses journées au lieu d’être en classe. Au final, il a peut-être un soucis. De la colère, du désespoir, voir autre chose qu’il ne dit pas. Et comment on fait pour aider ces personne-là ?

Je n’en sais rien. On ne nous apprend pas à aider les autres, on nous dit juste de le faire. Sauf que ça ne s’invente pas ! Je ne peux pas deviner, j’ai besoin d’apprendre. Encore des livres à lire ? J’ai trop de choses à apprendre, et pas assez de temps. Mais il y a des gens qui n’ont pas le temps d’attendre, pas le temps de regarder la vie avancer car s’ils attendent, ils arriveront au bout, dans la rue, à regretter de s’être comporté ainsi plus jeune. Mais que faire lorsque la personne que l’on essaie d’aider se plaint presque de ma présence ? C’est ce que je veux dire pomper l’air, je l’ai appris en écoutant les autres et en observant leurs réactions, leurs gestes. Le Serpentard n’a aucune envie de m’écouter.

Mais pourquoi ? Oui, juste pourquoi ? Il voit juste le dérangement, pas l’aide. C’est dommage, non ? Je suis sûre que s’il essaie de réfléchir, il serait capable de voir que je n’ai pas envie de l’embêter. Au final, je n’ai pas non plus deux heures à perdre avec lui s’il n’en a rien à faire de mes paroles. Un cas perdu ? Moi, je ne peux y croire. «Je ne voulais pas te pomper l’air comme tu dis.» Je n’aime pas ce genre d’expression. Sauf que s’il l’utilise, c’est que ça décrit bien ce qu’il ressent, non ? «Juste t’aider. Je ne fais pas ça pour moi, ce serait un peu égoïste. Mais au final, la scolarité à Poudlard n’est pas éternelle. C’est bien, tu as un toit et à manger pour deux ans. Et après ? Tu finis ta vie dans la rue ?»

Il faut ouvrir les yeux un peu. Être réaliste, réfléchir pour de vrai. Pourquoi ne le fait-il pas ? J’enchaîne dans mes paroles en le regardant avec sérieux – pour une fois que je regarde quelqu’un quand je parle. «Ça ne me regarde pas le pourquoi du comment tu agis de cette manière. En réalité, je pourrais même te laisser te débrouiller comme tu fais. Mais… Ce ne serait pas juste. Parfois, on a besoin d’aide, il faut l’admettre. C’est peut-être compliqué, mais c’est quand même bête de continuer comme tu fais. Rien ne se perd jamais… Sauf qu’on ne peut pas tout faire pour toi.» Je ne suis pas sûre d’être claire, peut-être même que mes paroles ne veulent rien dire pour lui. Qu’importe : moi je me comprends. «Mais si tu préfères, je peux m’en aller. Il suffit de demander, je n’ai pas envie de t’embêter non plus.»

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